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fortification d'agglomération de Castellane

Dossier IA04000646 réalisé en 2006

Fiche

Parties constituantes non étudiées mur défensif, édifice fortifié
Dénominations fortification d'agglomération
Aire d'étude et canton Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var - Castellane
Adresse Commune : Castellane
Cadastre : 1834 Fu ; 2008 AB

Les fortifications de Castellane sont traditionnellement datées de 1359. C'est à cette date, selon le prieur Laurensi qui a travaillé au 18e siècle sur des archives aujourd'hui disparues, que les habitants de la ville obtinrent le droit du comte de Provence d'élever une enceinte. Les sommes nécessaires auraient été réunies par la levée d'une capitation sur tous les chefs de maisons et de nombreuses autres taxes. Plusieurs éléments peuvent conforter cette datation, comme les bossages ou les coussinets des linteaux.

Cette enceinte a été renforcée à la fin du 16e siècle d'une seconde ligne de protection dont la raison d'être était de garantir la défense du faubourg qui s'était développé entre la porte Saint-Michel et le couvent des Augustins. Cette fortification n'a peut-être pas donné lieu à la construction d'une nouvelle muraille tout autour du nouveau faubourg. Elle a pu consisté, comme souvent à cette époque, en un chantier beaucoup moins coûteux : construction partielle d'un mur, fermeture des baies des maisons qu'il fallait protéger et édification de tours à l'entrée des rues (IA04001008, IA04000894, IA04000714). Signalons toutefois que Laurensi, au sujet de l'église des Visitandines, indique que trois de ses chapelles étaient « enfoncées dans la muraille » (Laurensi, p. 329), ce qui laisse penser qu'un nouveau mur avait bien été édifié au pied du Serre. Une des tours conservées porte encore la date 1585. Au 16e siècle également, fut creusé un fossé tout autour de la ville.

L’Époque moderne est naturellement un temps difficile pour les fortifications, qui souffrent régulièrement de l'intervention des particuliers dont la maison s'adosse au rempart. Ainsi, les Pères de la Merci pratiquent-ils en 1710 une ouverture vite condamnée par la justice dans le mur qui divisait leur couvent (IA04001017) en deux parts. En 1739, c'est la partie contre laquelle est construite la maison de ville, jouxtant la porte Saint-Michel, qui s'effondre à la suite de travaux effectués à la demande des consuls. Cependant, et c'est leur chance, les remparts n'ont jamais eu à subir de projet de destruction planifié par les autorités, au 17e ou au 19e siècle. Seules trois tours ont été volontairement détruites, peu avant 1842 : une de celles qui, édifiées au 16e siècle, commandaient l'accès à la rue Basse, actuelle rue Nationale, à partir de la place de la Grave (l'autre tour existe toujours, au n° 1 de la place Marcel-Sauvaire) et celles qui fermaient la rue du Mazeau. Trois tours de l'enceinte médiévale ont été protégées au titre des monuments historiques dans les années 1920.

Période(s) Principale : 2e moitié 14e siècle
Secondaire : 4e quart 16e siècle
Dates 1359, porte la date, daté par travaux historiques
1585, porte la date, daté par travaux historiques

L'enceinte médiévale nous est parvenue dans un bon état de conservation. Elle dessine encore de manière très lisible son plan d'origine dont la forme, irrégulière, a pour axe de symétrie la rue Saint-Victor. Cette dernière étant située à la rupture de pente, l'enceinte médiévale a englobé des quartiers très pentus, au pied de la colline du Serre, et d'autres, plus à plat, au bord du lit du Verdon. Cette différence de la topographie explique que l'enceinte médiévale délimite aujourd'hui deux zones très peu comparables. La première, au nord de la rue Saint-Victor, est en forte pente. Le tissu urbain y est très lâche et la végétation très présente. La seconde, au sud de la rue Saint-Victor, est constituée d'un tissu urbain très dense où les rues sont étroites et les maisons hautes. Elle est aujourd'hui délimitée par la rue nationale, la place Marcel-Sauvaire et celle de l'église. Cette enceinte comptait au moins six portes et treize tours, une à chaque changement de direction. Plusieurs portes étaient dotées d'un pont levis. Seules subsistent les traces, partielles, du pont de la porte qui commandait la voie menant au pont du Roc. Au moins une des tours semble avoir totalement disparu : celle qui se trouvait à l'emplacement de l'actuel n°2 rue de la Fontaine. Toutes les autres existent encore, dans un état de vestige plus ou moins avancé pour celles qui se trouvent au nord du village ou dans un état transformé pour les autres qui ont été englobées dans des constructions plus récentes. Trois sont en très bon état (IA04001018, IA04000962). La muraille existe encore, très lisible dans la partie nord, beaucoup moins dans la partie basse où elle a été entièrement intégrée aux constructions plus récentes, parfois même détruite. Son tracé se lit néanmoins dans le parcellaire. Là où cela a été possible dans les maisons du côté impair du boulevard National, on a mesuré une épaisseur de mur variant de 100 à 125 cm du haut en bas. L'enceinte du 16e siècle a augmenté cette première enceinte vers l'ouest, en protégeant les faubourgs de l'actuel boulevard Saint-Michel et de la rue nationale. Elle est beaucoup moins bien conservée et se voit surtout dans l'épaisseur de murs qui traversent l'ancien couvent des Visitandines et dans les deux tours qui existent de part et d'autre du boulevard Saint-Michel. Une de ces tours est adossée à l'angle sud-ouest du cloître du couvent des Augustins. La maçonnerie de ces fortifications est assez inégale. La pierre de taille a été réservée à quelques éléments des tours (encadrement des baies, mâchicoulis). Les tours médiévales ont une maçonnerie de petits moellons bien assisés, alors que celle des deux tours de 1585 sont en blocage. Le mur de l'enceinte du 14e siècle, pour ses parties observables au pied du Serre, alterne les parties en blocage et celles en moellons assisés.

Murs calcaire
moellon
pierre de taille
Statut de la propriété propriété publique
propriété privée, []
Protections classé MH, 1920/09/13
classé MH, 1921/08/12
inscrit MH, 1927/03/09
Précisions sur la protection

tour de l'horloge : classement par arrêté du 13 septembre 1920 ; tour pentagonale : classement par arrêté du 12 août 1921 ; tour carrée (ruinée, cette tour n'a pas fait l'objet d'une notice Mérimée pour l'étude de l'Inventaire) : inscription par arrêté du 9 mars 1927.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Confession du nouveau cadastre et allivrement général des maisons et bastiment tant de la ville de [Castellane tant] bourg que hameau faict par nous Jean-Baptiste Bonnet d’Antrevaux et Honoré Brun, notaire de St Julien expert commis par déllibération du conseil de la communauté dud. Castellane... 1685 (propriétés bâties) et 1687 (propriétés non bâties). Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : E DEP 39-32.

    Dans le livre terrier de la ville de Castellane de 1685-1687 se trouvent de très nombreuses mentions permettant de localiser les maisons par rapport aux fortifications
  • Extrait des minutes du procès contre les Pères de la Mercy. 1710. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : B 1067.

    Procès contre les Pères de la Mercy qui ont percé une ouverture dans la muraille
  • Extrait des minutes du procès contre les consuls de Castellane. 1739. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : B 1095.

    Procès contre les consuls de Castellane consécutif à l'effondrement du mur attenant à la maison commune
Documents figurés
  • [La tour de l'horloge à Castellane]. Photographie, vers 1950.

  • CASTELLANE - L'Horloge. / Carte postale, vers 1900. Auteur inconnu.

  • CASTELLANE. Rue de l'horloge. / Carte postale, vers 1900.

  • Vallée du Verdon - CASTELLANE (B.-A.), alt. 723 m. - La vieille Rue de l'Horloge. / Carte postale, vers 1900.

  • Paysages de France Castellane (Basses-Alpes)- Altitude 724 mètres. La Tour Pentagonale et les vieux remparts du XIVe siècle. / Carte postale, avant 1970. Collection particulière.

Bibliographie
  • Mesqui, Jean. Parements à bossage dans la fortification et le génie civil en France au Moyen Âge. Dans : Études de castellologie médiévale, XIII, acte du colloque international tenu à Wageningen, 31 août - 6 septembre 1986, 1987, p. 97-126.

  • GRAS-BOURGUET. Antiquités de l'arrondissement de Castellane (Basses-Alpes). Digne : Repos, 1842, 314 p. : ill. ; 21 cm.

    p. 123 : Les deux portes de la grave ont été détruites peu avant 1842. La tour située à l'angle sud-est du couvent des Augustins portait la date 1588.
  • LAURENSI, Joseph. Histoire de Castellane ou Connaissance exacte des changements survenus à cette ville des différentes parties qui la composent des lieux qui en dépendent des évènements qui la concernent par rapport au gouvernement ecclésiastique et séculier avec une suite chronologique et historique des évêques de Senez, 1775. - Castellane : Gauthier Imprimeur, 1898 (première édition : 1775), 555 p. : notes.

    p. 163, 278, 329 et 444 : Construction des fortifications de Castellane à partir de 1359. Agrandissement au 16e siècle. Construction de la chapelle des visitandines le long de la nouvelle muraille. Etat des fortifications au 18e siècle
  • COLLIER, Raymond. La Haute-Provence monumentale et artistique. Digne: Imprimerie Louis-Jean, 1986, 559 p. : ill.

    p. 305
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