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fermes

Dossier IA04001722 réalisé en 2009

Fiche

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I. Contexte de l'enquête

Le repérage

Le terme de "ferme" correspond aux bâtiments ou ensembles de bâtiments associant des fonctions domestiques et agricoles, ces dernières occupant un espace proportionnellement plus important.

Les conditions de l'enquêteLe repérage des fermes sur la commune de La Rochette a été effectué au cours du mois de juin 2009. Le recensement s'est fait à partir du cadastre le plus récent disponible, édition mise à jour pour 1988. Le plan cadastral dit "napoléonien", levé en 1818, a servi de point de repère et de comparaison pour les bâtiments antérieurs à cette date ; l'ensemble des états de section de ce cadastre a été consulté.

Toutes les constructions portées sur le cadastre actuel ont été vues, au moins de l'extérieur.Le repérage a été effectué à l'aide d'une grille de description morphologique propre aux fermes et décrivant :

- l'implantation par rapport à la pente,

- la composition des bâtiments,

- les fonctions visibles des bâtiments,

- la présence éventuelle et la caractérisation des espaces libres,

- la mitoyenneté,

- les matériaux principaux et secondaires et leur mise en œuvre,

- la forme du toit et la nature de la couverture et de l'avant-toit,

- le nombre d'étages visibles,

- la description des élévations et des baies,

- les décors extérieurs,

- les aménagements intérieurs (voûtes, escalier, cheminée, cloisons…)

- les inscriptions historiques : dates portées, inscriptions…

Cette grille de repérage a donné lieu à l'alimentation d'une base de données destinée à faire un traitement statistique et cartographique. Le repérage est toujours confronté à la question de l'état du bâti. Ainsi, ont été repérés les bâtiments ayant subi quelques modifications de détail n'affectant pas leur lecture architecturale. Les bâtiments ruinés mais dont le parti pris architectural d'origine restait lisible ont également été repérés. En revanche, les bâtiments ayant subi des transformations majeures rendant illisibles leurs caractères architecturaux n'ont pas été retenus. Les bâtiments non retenus sont principalement ceux qui ont été très remaniés à une période récente, selon des normes de construction, des matériaux et un vocabulaire architectural très éloignés de ceux de l'architecture locale : élévations entièrement repercées de grandes ouvertures rectangulaires masquant les baies anciennes, utilisation de matériaux récents rendant illisible le parti d'origine, restructuration intérieure totale ou profonde.

II. Caractères morphologiques

26 fermes ont été repérées, 5 d'entre elles ont été sélectionnées (19 % du corpus).

Très peu de dates ont été relevées sur les bâtiments. Une ferme porte une date de la dernière décennie du 18e siècle, qui correspond à une extension. La ferme de Marsolin porte trois chronogrammes (1763, 1771 et 1885) qui datent des extensions. La ferme du Bon Villar est déjà mentionnée à l'époque médiévale (cité par Durbec). Mais dans l'ensemble, les fermes de la commune trouvent leurs origines aux 16e et 17e siècle, avec nécessairement des ré-aménagements aux 18e, 19e et 20e siècles. Elles sont toutes mentionnées sur la Carte des frontières est de la France levée entre 1764 et 1778, sauf la ferme de La Baume qui n'existe pas encore sur le cadastre de 1818.

Implantation et composition d'ensemble

On ne trouve aucune ferme au village. Trois fermes sont situées au hameau du Cheinet, trois autres au hameau d'Avenos. Les autres fermes sont dispersées dans le terroir agricole. Seule quatre fermes possèdent un mur mitoyen, deux sont situées au hameau du Cheinet, une à Avenos et une autre à Chamengearde. Les autres fermes ne possèdent aucun mur mitoyen.Du fait du relief, aucune ferme n'est implantée en terrain plat. 92 % des fermes du corpus sont implantées perpendiculairement au sens de la pente ; 8 % parallèlement.Ces dispositions se traduisent par la présence systématique d'un à trois étages de soubassement.Toutes les fermes sont composées de bâtiments accolés, et 30,5 % possèdent également des dépendances disjointes. Cependant, on peut noter à l'origine un bâtiment bloc en hauteur dans 11,5 % des cas, avec une organisation de façade en deux ou trois travées.Toutes les fermes de la commune possèdent une cour (fermée dans deux cas, avec porche couvert), 88,5 % d'entre elles possèdent également une aire à battre mitoyenne et 81 % un jardin attenant. De grands arbres sont souvent plantés à proximité, tilleuls ou noyers le plus souvent. La présence de chênes, châtaigniers, figuiers ou pommiers a également été relevée. Un olivier a été repéré à Chamengearde. La ferme du Grand Cheinet est la seule de la commune à avoir exploité une oliveraie qui subsiste encore partiellement.

La Baume, parcelle B 74. Vue de situation de la ferme de La Baume.La Baume, parcelle B 74. Vue de situation de la ferme de La Baume. Vue d'ensemble de la ferme de La Croix, parcelle E2 122.Vue d'ensemble de la ferme de La Croix, parcelle E2 122.

Matériaux et mise en œuvre

Les bâtiments sont construits en moellons calcaires (23 %), en moellons de grès (19 %) ou en appareil mixte calcaire-grès (54 %). Cette maçonnerie est parfois complétée par des galets (27 % des fermes, situées dans la partie basse de la commune) ou par des blocs de tuf (19 % des cas). Les moellons sont liés entre eux par un mortier de chaux et de sable. Les chaînes d'angles sont renforcées par des moellons plus gros, mieux équarris. Des chaînes d'angles en pierre de taille de grès ont été repérées dans 19 % des cas, en pierre de taille calcaire dans 11,5 % des cas. Les enduits anciens conservés sont à pierres vues (73 % du corpus), à inclusions de petits cailloux (23 %) ou rustiques (15,5 %). Ces chiffres indiquent que certaines fermes possèdent différents types d'enduits selon les élévations. Il faut également préciser que près d'un quart des fermes possèdent un enduit récent.

Les encadrements des fenêtres sont en maçonnerie façonnée au mortier, avec un linteau en bois. Deux fermes possèdent des encadrements en pierre de taille : porte de logis avec arc segmentaire.

Des voûtes en berceau segmentaire ont été repérées dans 65,5 % des fermes de la commune. Une voûte d'arêtes à plusieurs travées à été repérée à la ferme du Pré. Cependant, un quart des fermes de la commune ne possèdent pas de voûte.

Un cas d'étable avec un sol constitué d'un pavage en grès a été repéré, dans les autres cas il s'agit d'un sol en terre.

Les pièces possèdent généralement un plancher sur solives. Les sols des pièces à usage d'habitation sont souvent couverts en carreaux de terre cuite carrés ou rectangulaires, en tomettes hexagonales ou en carreaux de ciment teintés. Un cas de sol en dalles de grès sur plancher à été noté.

Les sols des fenils sont en plancher rustique. Un cas de fenil avec le sol directement constitué de l'extrados de la voûte de l'étable a été repéré.

Les murs des pièces d'habitation reçoivent un enduit lisse réalisé au mortier de chaux et sont souvent peints en blanc avec des plinthes de couleur foncée (brun, noir, rouge, etc.). Les cloisons intérieures sont réalisées principalement en maçonnerie légère et pans de bois.Les plafonds des pièces d'habitation reçoivent parfois un enduit lisse au plâtre.

La pièce servant de cuisine dispose d'une cheminée adossée ou a demi-engagée dans un mur. La forme des manteaux de cheminée est rectangulaire ou galbée, avec une corniche moulurée ; le manteau des cheminées est construit en ossature bois avec un remplissage de carreaux de terre cuite, de lauzes ou de gravas et un enduit de finition lissé. Cette cheminée est souvent flanquée d'une niche regroupant un potager de cuisson et un cendrier. Une pile d'évier est aménagée dans un angle de la cuisine ou sous une fenêtre. Des placards muraux ou en maçonnerie légère sont installés dans la cuisine et les chambres.

Les éventuels escaliers intérieurs sont construit en maçonnerie légère de chaux et de plâtre sur une structure en bois. Les contre-marches sont façonnées au mortier ou sont en bois, les nez de marche sont en bois et les marches reçoivent généralement des carreaux de terre cuite.

La Baume, parcelle B 74. Logis en second étage de soubassement, plan de travail carrelé et potager.La Baume, parcelle B 74. Logis en second étage de soubassement, plan de travail carrelé et potager.

Structure, élévation, distribution

Les fermes de la commune de La Rochette possèdent de deux à quatre niveaux d'élévation : deux niveaux (8 % du corpus), trois niveaux (69 %), quatre niveaux (23 %).

Une seule ferme possède trois étages de soubassement. Près d'un quart des fermes possèdent deux étages de soubassement et 69 % du corpus possède un étage de soubassement.

L'occurrence la plus fréquente (58 % des cas) est celle-ci : étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, étage carré et/ou étage de comble. L'accès au logis se fait presque toujours de plain-pied ou par un escalier intérieur, droit ou tournant.

15,5 % des fermes possèdent également un escalier de distribution extérieur maçonné. Ces escaliers sont perpendiculaires ou parallèles à la façade, avec un repos devant la porte du logis.

65,5 % des fermes ne possèdent qu'un escalier intérieur.Toutes les fermes possèdent au moins une étable et un fenil. Près des trois quarts des fermes possèdent également une remise.

La présence d'un four à pain a été relevée dans 69 % des cas. 50 % des fermes possèdent un hangar. 31 % des fermes possèdent un cellier, 19 % un séchoir. La présence d'un point d'eau aménagé a été repérée pour un tiers des fermes : source, bassin ou citerne (une source aménagée à l'intérieur d'une étable à été notée à La Baume). Enfin, on note la présence d'un pigeonnier dans trois fermes, celle d'un pressoir à vin également dans trois fermes. La ferme du Grand Cheinet possédait un pressoir à olives dont subsiste un élément lapidaire constitué d'un grand bloc de pierre de taille calcaire, monolithe. Une vasque centrale circulaire, communique avec deux bassins, également circulaires, par deux orifices. Ces bacs servaient à recueillir l'huile. La face principale, bouchardée, est ornée d'un médaillon rayonnant sculpté en bas-relief et portant les initiales MG au centre. La face arrière est smillée. Cet élément est conservé dans une collection particulière.

Avenos, parcelle A2 275, 276. Etable en premier étage de soubassement, vue de volume.Avenos, parcelle A2 275, 276. Etable en premier étage de soubassement, vue de volume.

Le Pré, parcelle D2 216. Etable en premier étage de soubassement, vue de volume.Le Pré, parcelle D2 216. Etable en premier étage de soubassement, vue de volume.

Couverture

Les toitures sont très majoritairement à longs pans (73 % des cas), plus rarement à un pan. Dans 15 % des fermes, le bâtiment principal est couvert par un toit à longs pans et les bâtiments annexes par un toit à un pan. La présence d'une pile de fond soutenant la panne faîtière de la charpente à été notée deux fois.La grande majorité des fermes possèdent un avant-toit constitué par un (50 %) ou deux rangs (19 %) de génoises maçonnées. Cependant des avant-toits très simples, constitué du seul débord des tuiles de couverture ou de l'avancée des chevrons de couverture, ont été repérés pour 15,5 % du corpus. Lorsqu'il y en a une, la saillie de rive des pignons est réalisée par un rang de génoise (34,5 % du corpus).Les toits étaient couverts à l'origine en tuiles creuses, conservé dans 73 % des cas, le reste étant couvert par des plaques modernes de fibro-ciment. La présence de tuile plate mécanique a été notée dans deux fermes.

Décor

Seules trois fermes possèdent un décor peint de faux encadrement.

Typologie

F1 Ferme en maison-bloc à terre (0 % du corpus)

F2 Ferme en maison-bloc en hauteur (0 % du corpus)

F3 Ferme à bâtiments accolés et/ou disjoints (100 % du corpus : 26 repérées ; 5 sélectionnées)

Interprétation de la classification

Sur la commune de La Rochette, toutes les fermes sont constituées de bâtiments d'habitation ou agricoles, accolés successivement. Parfois, quelques dépendances agricoles sont disjointes. Cependant, on peut noter que dans deux cas, le bâtiment initial correspond à une maison-bloc en hauteur.

Aires d'études Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var
Dénominations ferme
Adresse Commune : La Rochette

Très peu de dates ont été relevées sur les bâtiments. Une ferme porte une date de la dernière décennie du 18e siècle, qui correspond à une extension. La ferme de Marsolin porte trois dates (1763, 1771 et 1885) qui correspondent à des extensions. La ferme du Bon Villar est déjà mentionnée à l'époque médiévale (citée par Durbec). Mais dans l'ensemble, les fermes de la commune trouvent leurs origines aux 16e et 17e siècle, avec nécessairement des ré-aménagements aux 18e, 19e et 20e siècles. Elles sont toutes mentionnées sur la Carte des frontières est de la France de 1764-1778, sauf la ferme de La Baume qui n'existe pas encore sur le cadastre de 1818.

Période(s) Principale : Temps modernes, 19e siècle, 20e siècle

Trois fermes sont situées au hameau du Cheinet, trois au hameau d'Avenos, les autres sont dispersées. Du fait du relief, les fermes sont implantées perpendiculairement au sens de la pente, quelques unes parallèlement. Ceci se traduit par la présence systématique d'un à trois étages de soubassement. Les fermes sont composées de bâtiments accolés, un tiers possèdent également des dépendances disjointes. Elles possèdent de deux à quatre niveaux d'élévation. Elles disposent généralement d'une cour, d'une aire à battre et d'un jardin. Les bâtiments sont construits en moellons calcaires et/ou de grès, parfois complétés par des galets ou des blocs de tuf, liés entre eux au mortier de chaux et sable. Les chaînes d'angles sont en gros moellons équarris, parfois en pierre de taille de grès ou de calcaire. Les enduits sont à pierres vues, à inclusions de petits cailloux ou rustiques. Les encadrements des ouvertures sont en maçonnerie avec un linteau en bois, deux fermes possèdent des encadrements en pierre de taille. Des voûtes en berceau (principalement segmentaire) ont été repérées dans les trois quarts des fermes de la commune ; une voûte d'arêtes à plusieurs travées à été notée. Les deux tiers des fermes ne possèdent qu'un escalier intérieur, quelques-unes ont également un escalier de distribution extérieur, maçonné, avec un repos devant la porte du logis. Toutes les fermes possèdent au moins une étable et un fenil, près des trois-quart d'entre elles ont également une remise, la moitié disposent d'un hangar, un tiers d'un cellier et un quart possèdent un séchoir. La présence d'un four à pain a été relevée dans les trois quart des fermes. La présence d'un point d'eau immédiat a été repérée pour un tiers des fermes : source, bassin ou citerne. Enfin, on note la présence d'un pigeonnier dans trois cas, celle d'un pressoir à vin aussi. Les toitures sont à longs pans, plus rarement à un pan ; dans quelques cas, le bâtiment principal a un toit à longs pans et les bâtiments annexes un toit à un pan. Les toits étaient couverts à l'origine en tuiles creuses, la présence de tuile plate mécanique a été notée dans deux cas. Seules trois fermes possèdent un décor peint de faux encadrement.

Typologies F3 : ferme à bâtiments accolés et/ou disjoints
Toits tuile creuse, tuile plate mécanique
Murs calcaire
grès
tuf
Décompte des œuvres repérées 26
étudiées 5
bâti INSEE 61
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général - Laurent Alexeï