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fermes

Dossier IA04001598 réalisé en 2009

Fiche

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I. Contexte de l’enquête

1. Le repérage

Ce dossier regroupe dans une même famille toutes les habitations comprenant des fonctions agricoles fortement marquées, quelle que soit leur taille ou leur mode de regroupement. Le terme de fermes correspond aux bâtiments ou ensembles de bâtiments associant des fonctions domestiques et agricoles, ces dernières occupant un espace proportionnellement plus important.

2. Les conditions de l’enquête

Le repérage s’est déroulé sur une campagne de terrain de l’été 2009. Le recensement s’est effectué à partir du cadastre le plus récent disponible, édition mise à jour pour 1990, ainsi que du cadastre napoléonien levé en 1830 comme point de comparaison permettant d’apprécier l’évolution. L’ensemble des états de section de ce cadastre a été consulté. Toutes les constructions portées sur le cadastre actuel ont été vues, au moins de l’extérieur. Plusieurs bâtiments isolés et abandonnés n’ont pas été repérés, ainsi que ceux ayant subi de profondes modifications, ayant dénaturé les fonctions initiales et leur interprétation.

Le repérage s’est basé sur une grille de description morphologique prenant en considération les questions :

d’implantation du bâti (au sol et par rapport aux autres constructions)

de répartition des fonctions par niveau

du nombre d’étages visibles

de matériaux principaux et secondaire(s) employés ainsi que leur mise en œuvre

de description des élévations et des baies

de décor extérieur éventuel

de mode de couvrement

d’aménagement intérieur (escalier de distribution, organisation spatiale, cheminées, décor éventuel)

de datation

d’inscriptions historiques (dates portées, inscriptions éventuelles)

Cette grille de repérage a donné lieu à l’alimentation d’une base de données destinée à faire un traitement statistique et cartographique.

II. Les caractères historiques et socio-économiques

Sur les 23 fermes repérées, 21 - soit près de 91,5% – étaient portées sur le cadastre napoléonien levé en 1830. Il est vraisemblable qu’elles remontent à la seconde moitié du 18e siècle, au moins. La date 1617 a été relevée sur une des fermes intéressantes de la commune.

L’économie de Saint-Benoît semble avoir reposé en partie sur la culture de la vigne, des arbres fruitiers, des céréales et de l’élevage (se reporter à la présentation de la commune – paragraphe sur l’économie rurale).

Actuellement, la plupart des fermes ont été soit abandonnées, soit transformées en résidence. Quelques-unes ont conservé leur fonction agricole mais ont subi des agrandissements, pour répondre à de nouveaux objectifs (transformation exclusive pour l’élevage du bétail).

III. Caractères morphologiques

23 fermes ont été repérées, 4 ont été sélectionnées.

1. Implantation et composition d’ensemble

a) Implantation du bâti

Les fermes de la commune sont majoritairement situées en contexte isolé, mais certaines fermes auraient pu faire partie d’un hameau, difficile aujourd’hui à identifier, du fait d’un nombre important de bâtiments ruinés. De plus, la confrontation des cadastres napoléonien et actuel, ainsi que la nature du bâti sur les matrices cadastrales établies en 1833 ne permettent pas d’évaluer l’évolution de cette répartition. En effet, la distinction entre ferme et maison n’était pas établie sur les registres.

Le sens d’implantation présente 10 cas de fermes parallèles à la pente, représentant 44 % du corpus, contre respectivement 7 cas correspondant à 30 % du corpus sur terrain plat et 6 cas perpendiculaires à la pente, soit 26 %.

b) Composition d’ensemble des bâtiments

La ferme à maison-bloc (un édifice primitif en maison bloc auquel se sont ajoutés des extensions mitoyennes et des petits bâtiments disjoints) est largement majoritaire, car elle représente 18 cas soit 78% du corpus. Dans le cas des fermes à maison-bloc, 3 exemples résultent du rassemblement de plusieurs parcelles sur le cadastre de 1830. Un seul a subi des extensions postérieures au cadastre napoléonien.

Dans tous les cas, des édicules (fours, citerne, porcherie, poulailler) ou des bâtiments agricoles de plus grande taille (grange, étable, hangar) sont associés au bâtiment principal.

Champ Long, exemple de ferme isolée constituée par l'ajout progressif de dépendances à une maison-bloc primitive.Champ Long, exemple de ferme isolée constituée par l'ajout progressif de dépendances à une maison-bloc primitive.

2. Matériaux et mise en œuvre

Les bâtiments sont construits le plus fréquemment en mœllons de calcaires, peu équarris, dans 10 cas, soit 43,5 % du corpus. Cependant la présence de grès est présent dans 6 cas, soit 26 % du corpus. Toutefois, dans 8 cas le matériau n'a pu être déterminé, soit 30,5 % du corpus en raison d’un enduit de couvrement récent. Les murs ne présentent pas d’assises véritablement régulières et les moellons employés sont de taille modeste voire moyenne. Les chaînes d’angles sont en moellons mieux équarris. L’enduit à pierre vue est le plus présent. Il représente 11 cas, soit 48% du total repéré. L’enduit lisse est présent sur 3 cas, soit 13 % du corpus, pour un enduit rustique (de type jeté au balai), soit 4 %. Les 35 % restants correspondent aux 7 fermes dont les façades ont été enduites plus récemment.

Sur l’ensemble de la commune, les encadrements des fenêtres sont le plus souvent en bois, dans 11 cas et représente 48 % du corpus (linteau uniquement). Toutefois, 7 cas ont été répertoriés dans la catégorie des non significatifs et représente 30,5 % du corpus. Les autres cas, soit 17,5 % sont hétérogènes et un seul cas est façonné, soit 4 % du corpus. Les baies du logis sont dans la majorité façonnées, dans 20 cas et représente 87 % du corpus. La pierre de taille calcaire n’apparaît qu’à 3 reprises. Les fermes de la commune restent donc de facture modeste.

3. Structure et élévation, distribution

70 % des fermes sont en pente (16 cas sur 23). Cela induit la présence quasi systématique d’un soubassement. 7 fermes sont sur terrain plat.

Dans tous les cas recensés, le bâtiment principal est accompagné d’édicules situés à proximité (four, bûcher, porcherie, poulailler…) et/ou de bâtiments agricoles de taille moyenne (grange, étable, hangar), soit isolés, soit à un moment donné de l’histoire de la construction du bâtiment, rajoutés à la partie principale.

Le premier niveau est occupé par l’étable, la bergerie ou l'étable à mulet/âne (21 cas sur 23), parfois associé à une remise ou une cave (13 cas de remise et 6 cas de cave). 2 cas de citernes ont pu être observés, depuis l’extérieur. Dans les 5 fermes comportant des bâtiments accolés, un seul a conservé sa vocation spécifiquement agricole. Le second niveau d’élévation est occupé par la partie destinée au logement. Ce dernier pouvait être associé à des fonctions complémentaires (fenil ou resserre), grâce à une communication directe par une porte intérieure. Le niveau 3 peut être occupé par une partie logement (lorsque 4 niveaux ont été observés). Le comble est occupé par un fenil et peut aussi servir de séchoir. Les différentes adjonctions rendent la lecture des fonctions complexe selon les niveaux d’autant plus que peu de fermes ont pu être visitées de l’intérieur.

Les fermes situées plus en altitude sur la commune sont adossées à la montagne et enterrent le plus possible leur façade orientée au nord ou nord-ouest. L’élévation dite principale n’est pas systématiquement celle où se trouve la porte d’accès au logis. Celle-ci peut être aussi sur le côté, en rez-de-chaussée surélevé, soit sur un replat aménagé à partir de la pente, soit située sur la façade arrière), soit est accessible grâce à un escalier extérieur en maçonnerie, le plus souvent de forme droite avec un retour (14 cas sur 23 fermes repérées). Les escaliers de distribution intérieure qui ont pu être observés (8 cas) sont la plupart du temps maçonnés.

Le Serre, porte d'étable en soubassement.Le Serre, porte d'étable en soubassement. Le Plan, séchoir. Photographie des années 1960.Le Plan, séchoir. Photographie des années 1960.

4. Couvertures

Les toits à longs pans représentent près de 83 % du total repéré (19 cas sur 23), pour 4 cas en pan unique, soit 17 % du corpus. L’adjonction de bâtiments mitoyens, sauf à prolonger la pente naturelle du toit peut induire des couvrements complexes, mêlant longs pans et pan unique, dans des directions parfois différentes. La tuile creuse constitue le matériau traditionnel de couvrement le plus utilisé pour les fermes repérées (19 cas, soit 83 % du corpus). Un seul exemple de tuile mécanique a été repéré, soit 4 % du corpus. Le couvrement moderne intervient de façon unique dans trois cas et représente 13%. Le traitement des avant-toits inclut la présence de génoise sur 1 ou 2 rangs dans 14 cas, soit 61 % du corpus (respectivement 6 et 8 cas). Les bâtiments présentant une saillie de rive correspondent à 7 cas, soit 30 % du corpus.

Une des fermes abandonnées mais accessible a permis de constater la présence de placard à grains aux parois maçonnés, disposant d’un espace réservé. Il s’agit d’un grand contenant d’environ 1,20 mètre de haut. La hauteur devait sans doute assurer les denrées contre les rongeurs.

La présence d’aire à battre a été localisée dans presque tous les cas. Il s’agit d’une surface la plus plane possible, située à proximité immédiate de la ferme.

5. Décor

Trois fermes repérées ont un décor peint.

Le Villard. Cadran solaire.Le Villard. Cadran solaire.La ferme du Villard présente un enduit jeté au balai, badigeonné de blanc puis lissé, afin de délimiter le cadran solaire, localisé sur la façade sud. Il s’accompagne d’un bandeau rouge, qui court sur la passée de toiture en incluant une partie de la génoise. Il cherche à imiter la brique sur la chaîne d’angle, signe de modernité et de diffusion des modèles manufacturés et architecturaux de la fin du 19 siècle.

La ferme du Plan constitue également un exemple intéressant. Le bâtiment principal possède par endroit la trace d'un enduit lissé et d'une modénature (bandeau noir, motif de vigne à l'emplacement de la porte d'accès à l'habitation).

3 fermes ont des dates portées. A la ferme du Villard, la date est localisée dans un cartouche situé sur la clé de voûte de l’arc segmentaire. Elle serait antérieure au cadastre napoléonien (1617). A la ferme de la Ribière, qui semble avoir été très transformée au début du 20e siècle, la date 1903 apparaît sur le claveau de l’arc segmentaire de l’ancienne porte charretière. Au quartier des Plans, la date 1801 est portée sur une pierre d’angle. Il s’agit vraisemblablement d’un rajout à la ferme des Plans.

6. Typologie des formes d’exploitations

Le repérage des quelques fermes encore lisibles et existantes permettrait de formuler une hypothèse sur les formes d’exploitations observées sur la commune de Saint-Benoît. Elles pourraient être au nombre de 3 et distingueraient :

- La grande ferme autonome

La ferme du Villard (1990 B2 135/134 ; 1830 B2 606, 607, 608, 609, 610, 603), ou celle du Plan de Coulomb en sont les exemples. Cette dernière figure sur le cadastre de 1830.

Il s'agit d'un domaine regroupant 2 parcelles bâties (A 271 ; 274) et 80 hectares répartis au-delà de la rivière. Ce domaine a subi de nombreuses transformations et les traces des fonctions antérieures restent difficilement lisibles, à l'exception d'une chapelle privée encore existante. La partie cave a été réutilisée en remise. La présence des allées de muriers pourrait témoigner de la culture du vers à soie et de l'utilisation de séchoir. La ferme a été transformée en logements (parcelle A 271), l'autre parcelle, vraisemblablement un ancien entrepôt a été aménagé en salle et atelier. La tradition orale fait état d'un cheptel d'une trentaine de vaches et de 4 à 5 chevaux. Ces deux exemples illustrent cette catégorie de fermes importantes, disposant de terrains agricoles alentours ainsi que de dépendances pour subvenir à leurs propres moyens.

- Les hameaux agricoles

Les Plans.Les Plans.Le hameau des Claux (1990 B2 859 ; 1830 B2 552), situé au nord du chef-lieu, ou celui des Plans semblent avoir été de bons exemples. Ce dernier figure sur le cadastre de 1830 (parcelle B1 146). Sur le bâtiment principal, malgré des transformations, les fonctions antérieures restent assez lisibles : partie basse remise et ancienne bergerie, partie habitation (rez-de-chaussée surélevé) comportant 2 pièces (cuisine et chambre). La présence d'un grenier, sans doute ancien fenil permet d'accéder aux chambres actuelles. La tradition orale rapporte que plusieurs familles vivaient sur ce lieu. La présence de bâtiments formant un ensemble plus ou moins enchevêtré s’est constituée après 1830, créant une sorte de petit hameau capable de vivre en auto suffisance.

- Les fermes isolées

La ferme de la Colle ou celle de Champ Long illustrent l’existence de fermes isolées, totalement indépendantes sur le plan fonctionnel. La partie plus montagneuse offre un environnement propice à l’installation de ce type de fermes.Toutefois, il semblerait que ce type de fermes se soit également disséminé sur l’ensemble du territoire, y compris dans les zones de plaine. L’exemple de la ferme du Passet l’atteste.

IV. Classification

Deux catégories de fermes sur les trois prédéfinies ont pu être observées, par rapport à l’échantillonnage réduit repéré :

F1 : ferme à maison-bloc à terre (0 repérée, 0 sélectionnée)

F2 : ferme à maison-bloc en hauteur : (18 repérées, 2 sélectionnée)

F3 : ferme à bâtiments accolés et/ou disjoints (5 repérées ; 2 sélectionnées)

Interprétation de la classification

Toutes les fermes observées sont situées à l’extérieur du chef-lieu et occupent le territoire de la commune de Saint-Benoît dans son ensemble. La ferme à maison bloc en hauteur prédomine et tend à prouver la nécessité de regrouper à l'origine les fonctions agricoles et l’habitation sous le même toit. Dans les zones plus montagneuses, l’habitation s’adosse à la montagne et enterre sa façade nord, dans un souci de protection maximale. L’utilisation du bois semble être plus abondante, lorsque l’on progresse en altitude. L’emploi des matériaux locaux est optimale : grès, dallage de lauzes, charpente avec toiture à deux pans.

Les fermes à bâtiments accolés et/ou disjoints sont également représentées sur le territoire de la commune de Saint-Benoît.

Aires d'études Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var
Dénominations ferme
Adresse Commune : Saint-Benoît

Les plus anciennes fermes localisées sur la commune de Saint-Benoît pourraient remonter au 17e siècle ou 18e siècle. Les fermes repérées sont mentionnées sur le plan cadastral de 1830, à l’exception de 2 cas. Quelques dates portées ont été observés. La plus ancienne remonte au second quart du 17e siècle.

Période(s) Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle

Le recensement s’est effectué à partir du cadastre napoléonien levé en 1830 et du cadastre le plus récent disponible, édition mise à jour pour 1990 : 23 fermes ont été repérées ; 4 ont été sélectionnées sur un bâti INSEE de 93 immeubles au recensement de 1975. Les fermes de la commune sont majoritairement situées en contexte isolé, mais certaines fermes auraient pu faire parti d’un hameau, difficile aujourd’hui à identifier, du fait d’un nombre important de bâtiments ruinés. Sur les 23 fermes repérées, 21 - soit près de 91,5% étaient portées sur le cadastre napoléonien levé en 1830. La ferme à maison-bloc en hauteur est largement majoritaire, car elle représente 18 cas , soit 78 % du corpus. Les 5 fermes restantes sont du type à bâtiments accolés et/ou disjoints. Dans tous les cas recensés, le bâtiment principal est accompagné de petites dépendances situés à proximité (four, bûcher, porcherie, poulailler…) et/ou de bâtiments agricoles de taille moyenne (grange, étable, hangar), soit isolés, soit accolés à la partie principale. 70 % des fermes sont en pente, ce qui induit la présence quasi systématique d’un soubassement. Le premier niveau est occupé par l’étable, la bergerie ou l’écurie (21 cas sur 23), parfois associé à une remise ou une cave - cellier (13 cas de remise et 6 cas de cave - cellier). 2 cas de citernes ont pu être observés, depuis l’extérieur. Le second niveau d’élévation est occupé par la partie destinée au logement. Ce dernier pouvait être associé à des fonctions complémentaires (fenil ou resserre), grâce à une communication directe par une porte intérieure. Le niveau 3 concerne le plus souvent la partie logement (lorsque 4 niveaux ont été observés). Le comble est occupé par un fenil et peut aussi servir de séchoir. Les différentes adjonctions rendent complexes la lecture des fonctions selon les niveaux, d’autant plus que peu de fermes ont pu être visitées de l’intérieur.

Typologies F2 : ferme à maison-bloc en hauteur, F3 : ferme à bâtiments accolés et/ou disjoints
Décompte des œuvres repérées 23
étudiées 4
bâti INSEE 93

Références documentaires

Documents figurés
  • [Le Plan, ferme sur parcelle 1990 D3 606. Détail de la partie séchoir.] Photographie noir et blanc, années 1960.

    Collection particulière
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général - Autric Françoise