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ferme dite Aco d'Emilien

Dossier IA04002731 réalisé en 2014

Fiche

Dossiers de synthèse

Analyse chronologique

L'origine de cette ferme, située à environ 1 kilomètre au sud-est du village de La Palud en périphérie de l'écart de Boulogne, le long de l'ancien "Chemin de la Montagne", remonte au moins au 18e siècle.

Elle semble figurer sur la Carte des frontières Est de la France, de Colmars à Marseille, dans les années 1780. Sur le cadastre de 1835, elle est mentionnée comme "maison et cour" appartenant à Colombet Honoré, habitant à Boulogne, lequel possède également une "aire" à battre mitoyenne (1835 B1 368), une "terre labourable" (1835 B1 369) et une parcelle "aride" (1835 B1 366). La tradition orale nomme cette ferme "Aco d'Emilien", du nom de Flori Emilien, ancien propriétaire mort à la guerre en 1914 ; la famille était déjà propriétaire de bâtiments dans ce quartier sur le cadastre de 1835.

Vue d'ensemble prise du sud-ouest.Vue d'ensemble prise du sud-ouest.Le plan cadastral de 1835 montre qu'à cette époque, la ferme possède un plan de masse presque carré, qui correspond à la partie orientale du bâtiment actuel. Cet état de 1835 est le fruit d'un agrandissement du bâtiment originel, vers le nord et sur les trois niveaux, ce qui est confirmé par un collage de maçonnerie visible sur l'élévation est. Le bâtiment existant en 1835 a ensuite été progressivement agrandi, sur l'emprise de la cour mentionnée par l'ancien cadastre. Cela s'est fait en au moins deux temps, comme en témoignent les collages de maçonnerie lisibles sur l'élévation nord.

Le bâtiment originel correspond à l'actuelle partie sud-est, c'est-à-dire étable au premier étage de soubassement, chambre et cuisine au second étage de soubassement. La porte d'entrée était située au nord : murée, son emplacement est visible dans le mur sud de l'actuel cellier, sous le coffrage des quelques marches qui relient la cuisine et la chambre nord-ouest. Les anciennes lignes de toit, nettement visibles sur les élévations sud et est, indiquent que ce bâtiment possédait seulement deux niveaux et que son toit était à longs pans, orientés dans le même sens qu'actuellement.

Il a ensuite été surélevé d'un niveau, intégrant un étage de fenil, dont la baie fenière est encore visible dans l'actuel mur situé entre les fenils sud-est et nord-est.

Ainsi, une première partie, étroite, a été adossée côté nord-ouest. Plus tard, à la fin du 19e siècle ou au début du 20e siècle, elle a été englobée dans un agrandissement beaucoup plus important, qui a utilisé toute la surface de l'ancienne cour.

L'organisation de cette nouvelle partie, desservie par un couloir de distribution intérieur, a impliqué la construction d'une terrasse extérieure maçonnée desservant la porte de ce couloir, terrasse sous laquelle a alors été aménagé un poulailler. L'installation de la terrasse couverte, côté est, date sans doute de la même période, terrasse sous laquelle une citerne a été installée. Cependant, le mur nord de cet aménagement montre un collage prouvant une construction de ce mur pare-vent en au moins deux temps.

Enfin, au début du 20e siècle, une annexe a été accolée à l'angle sud-ouest de la ferme, accueillant l'étable à cochon. Pour terminer, une remise à été ajoutée dans le prolongement de la terrasse, côté ouest.

Les aménagements intérieurs visibles aujourd'hui datent des années 1910. Pour une meilleure compréhension de la topographie actuelle du site, on retiendra qu'un rehaussement du chemin qui longe la maison (1,5 m. d'après la tradition orale) masque la partie inférieure de l'élévation nord.

Analyse architecturale

Adossée perpendiculairement au sens de la pente, la ferme comporte deux étages de soubassement et un étage de comble.

- 1er étage de soubassement

La partie nord est occupée par une remise et un cellier. La remise est accessible par une porte charretière ouverte dans le mur ouest. Dans son mur oriental une porte intérieure donne accès au cellier, qui occupe l'angle nord-est du bâtiment. Les murs sont bruts de maçonnerie et le sol est en partie décaissé dans la roche.

La partie sud-ouest est occupée par une autre remise, accessible elle aussi par une porte charretière ouverte dans le mur ouest, et par une porte piétonne côté sud. Dans le mur oriental de cette remise, une porte intérieure donne accès à l'étable qui occupe l'angle sud-est du bâtiment. Cette étable est éclairée par trois jours en fente percés dans le mur sud ; une mangeoire sur banquette maçonnée est adossée à l'angle nord-ouest.

- 2e étage de soubassement

La partie nord-ouest est indépendante du reste du bâtiment. Elle est occupée par un fenil, accessible par une baie fenière ouverte dans le mur nord, flanquée d'un jour muré.

Le reste du bâtiment est distribué par un couloir intérieur, accessible par une porte piétonne percée dans le mur ouest. Le sol de ce couloir est en carreaux de terre cuite et les murs sont enduits.

La partie sud-ouest est occupée par un fenil, accessible par une porte intérieure depuis le couloir, et aéré par une baie ouverte côté sud.

La partie orientale est réservée au logis, qui est cloisonné en quatre pièces : une cuisine et une chambre côté sud, deux chambres côté nord.

Rez-de-chaussée surélevé, cuisine. Mur ouest : pile d'évier avec potager et cendrier, placard adossé suspendu et cheminée.Rez-de-chaussée surélevé, cuisine. Mur ouest : pile d'évier avec potager et cendrier, placard adossé suspendu et cheminée.

La cuisine est éclairée par une fenêtre ouverte dans le mur sud, le sol est en carreaux de terre cuite, et les murs sont enduits. Une cheminée est adossée au mur ouest, avec un manteau en maçonnerie et plâtre. Un placard en menuiserie est adossé entre cette cheminée et l'angle sud-ouest. Un potager-cendrier à grille unique associé à une pile d'évier sont adossés entre la fenêtre et l'angle sud-ouest, ils sont construits en maçonnerie légère sur armature métallique, et recouverts de carreaux de terre cuite glaçurés et de tomettes.

Une porte ouverte dans la cloison est de la cuisine donne accès à la chambre sud-est, éclairée par une fenêtre côté sud. Dans cette chambre, un placard maçonné est adossé à l'angle nord-est.Une porte ouverte dans le mur nord de la cuisine donne accès, après quelques marches en carreaux de terre cuite et nez-de-marches en bois, à la chambre nord-ouest. Elle est éclairée par une fenêtre, le sol est en tomettes et les murs sont enduits.

Une porte ouverte dans la cloison est de cette chambre donne accès à la chambre nord-est. Celle-ci est également accessible de plain-pied depuis l'extérieur par une porte piétonne, elle est éclairée par une fenêtre.

Un escalier intérieur droit est adossé au mur nord de la cuisine. Construit en maçonnerie légère sur une paillasse en bois, il dessert l'étage de comble. Les marches et contremarches sont en mortier, les nez-de-marches sont en bois.

- étage de comble

L'étage de comble ne couvre que la partie orientale de la ferme. Il est occupé par un grand fenil, coupé en deux par l'ancien pignon du bâtiment originel. Ce fenil est accessible depuis l'extérieur par une baie fenière ouverte dans le mur nord ; la communication entre les deux parties se fait par l'ancienne baie fenière du bâtiment originel. L'aération est assurée par deux jours côté sud. Le sol est constitué d'une chape de mortier sur un plancher plancher rustique.

Mise en oeuvre

L'ensemble du bâtiment est construit en maçonnerie de moellons calcaires, directement appuyée sur la roche en place qui est visible à de nombreux endroits du premier étage de soubassement, et à l'extérieur. Les chaînes d'angles sont en gros moellons équarris, voire en très gros blocs à la base de la chaîne sud-ouest. Les élévations reçoivent un enduit à pierres vues ou à inclusions de petits cailloux.

Au premier niveau de l'élévation sud, la porte de la remise sud-ouest est surmontée d'un grand arc de décharge en moellons clavés, venant s'appuyer sur l'ancienne chaîne d'angle.

Les encadrements des ouvertures sont façonnés au mortier de gypse, avec un linteau en bois.

La charpente est à pannes, et le toit à longs pans asymétriques est couvert en tuile creuse. L'avant-toit est constitué du débord des tuiles de couverture ou par un rang de génoise (élévation est). Sur les murs gouttereaux, on note la présence de crochets monoxyles qui servaient à supporter des chéneaux de gouttières qui recueillaient les eaux de toit en direction des citernes. Côté ouest, une grande terrasse maçonnée permet l'accès à la porte du couloir ; elle est aménagée au-dessus d'une remise et d'un poulailler. La remise est ouverte en hangar côté sud ; le poulailler possède une porte piétonne, et il est éclairé par un petit jour rectangulaire.

Elévation est, second niveau. Porte et fenêtre de la chambre.Elévation est, second niveau. Porte et fenêtre de la chambre.Côté est, une autre terrasse permet l'accès à la porte de la chambre nord-est. Cette terrasse est aménagée sur une citerne maçonnée, couverte en berceau segmentaire, dont le fond et les parois sont recouverts de carreaux de terre cuite glaçurés scellés sur enduit de type béton romain au tuileau. Cette terrasse était couverte par un toit reposant sur un mur gouttereau côté nord, et sur un pilier maçonné installé à l'angle sud-est.

Dépendances

Un petit bâtiment abritant une étable à cochon est adossé à l'angle ouest de l'élévation sud, il possède une porte piétonne et une baie basse (murée) pour alimenter l'auge. Il est couvert en appentis en tuile creuse.

Une autre petite dépendance, composée d'une unique pièce accessible par une porte piétonne, est disjointe à une dizaine de mètres de l'élévation est ; elle est ruinée.

Citerne. Vue d'ensemble prise du nord-est.Citerne. Vue d'ensemble prise du nord-est.Une citerne disjointe, maçonnée à la manière d'un puits, est située à quelques dizaines de mètres. hauteur = 215, largeur = 400, diamètre extérieur = 225, diamètre intérieur = 120

La partie enterrée est constituée d'un cuvelage circulaire, recevant un enduit d'étanchéité. Ce cuvelage est prolongé, avec le même diamètre, par un creusement du substrat rocheux. La partie aérienne, en forme de fer à cheval, est construite en maçonnerie de moellons calcaires, avec un enduit à pierres vues. Le couvrement en dôme est réalisé par des lauzes inclinées, supportées par deux pièces de bois, sans doute en genévrier. La baie de puisage possède un appui constitué d'une lauze sur chant, elle est fermée par un volet en bois. Son linteau est composé d'une grande lauze saillante et formant larmier. A l'extérieur du puits, une pierre de lapiaz est intégrée à la maçonnerie pour servir de trou d'attache.

Cette citerne était alimentée par les eaux de toiture de la ferme, sans doute grâce à un tronc évidé. Cette canalisation traverse la base de la maçonnerie grâce à deux tuiles creuses, scellées l'une sur l'autre.

Une treille de vigne court le long de l'élévation est, les corbeaux en bois qui servaient à la soutenir sont scellés dans la maçonnerie. Un frêne pousse à l'angle sud-ouest et un mûrier noir est planté devant l'élévation est ; on note également des poiriers, pommiers et amandiers.

Appellations Aco d'Emilien
Parties constituantes non étudiées citerne, étable, remise agricole, fenil, cellier, porcherie
Dénominations ferme
Aire d'étude et canton Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var - Moustiers-Sainte-Marie
Adresse Commune : La Palud-sur-Verdon
Lieu-dit : Boulogne
Cadastre : 1835 B1 367 ; 2014 Y1 109

La tradition orale nomme cette ferme "Aco d'Emilien", du nom de Flori Emilien, ancien propriétaire mort à la guerre en 1914 mais son origine remonte au moins au 18e siècle, elle semble figurer sur la Carte des frontières Est de la France, de Colmars à Marseille, dreséée dans les années 1780. Sur le cadastre de 1835, elle est mentionnée comme "maison et cour". Le plan cadastral montre qu'à cette époque, la ferme possède un plan de masse presque carré, qui correspond à la partie orientale du bâtiment actuel, c'est-à-dire étable au premier étage de soubassement, chambre et cuisine au second étage de soubassement. Le bâtiment existant en 1835 a ensuite été progressivement agrandi, sur l'emprise de la cour mentionnée par l'ancien cadastre. Cela s'est fait en au moins deux temps, comme en témoignent les collages de maçonnerie lisibles sur l'élévation nord. Au début du 20e siècle, une annexe a été accolée à l'angle sud-ouest de la ferme, accueillant l'étable à cochon. Pour terminer, une remise a été ajoutée dans le prolongement de la terrasse, côté ouest. Les aménagements intérieurs visibles aujourd'hui datent des années 1910.

Période(s) Principale : 18e siècle , (?)
Principale : 19e siècle
Secondaire : 1er quart 20e siècle

Cette ferme est située à environ 1 kilomètre au sud-est du village de La Palud, en périphérie de l'écart de Boulogne, le long de l'ancien "Chemin de la Montagne". Adossée perpendiculairement au sens de la pente, elle comporte deux étages de soubassement et un étage de comble.

La partie nord-ouest du premier étage de soubassement est occupée par une remise, accessible par une porte charretière ouverte dans le mur ouest. La partie sud-ouest du premier étage carré est occupée par une autre remise, accessible elle aussi par une porte charretière ouverte dans le mur ouest, et par une porte piétonne côté sud.

La partie ouest du second étage de soubassement est occupée par deux fenils, la partie orientale est réservée au logis, qui est cloisonné en quatre pièces : une cuisine et une chambre côté sud, deux chambres côté nord. Un escalier intérieur droit adossé au mur nord de la cuisine, construit en maçonnerie légère sur une paillasse en bois, dessert l'étage de comble.

L'étage de comble ne concerne que la partie orientale de la ferme. Il est occupé par un grand fenil, coupé en deux par l'ancien pignon du bâtiment originel. Ce fenil est accessible depuis la cuisine par un escalier intérieur, et depuis l'extérieur par une baie fenière ouverte dans le mur nord.

L'ensemble du bâtiment est construit en maçonnerie de moellons calcaires, directement appuyée sur la roche en place qui est visible à de nombreux endroits du premier étage de soubassement, et à l'extérieur. Les chaînes d'angles sont en gros moellons équarris, voire en très gros blocs à la base de la chaîne sud-ouest. Les élévations reçoivent un enduit à pierres vues ou à inclusions de petits cailloux.

La charpente est à pannes, et le toit à longs pans asymétriques est couvert en tuile creuse.

Un petit bâtiment abritant une étable à cochon est adossé à l'angle ouest de l'élévation sud, il est couvert en appentis en tuile creuse.

Une autre petite dépendance, composée d'une unique pièce accessible par une porte piétonne, est disjointe à une dizaine de mètres de l'élévation est ; elle est ruinée.

Une citerne disjointe, maçonnée à la manière d'un puits, est située au sud-ouest de la ferme.

Murs calcaire moellon sans chaîne en pierre de taille enduit
Toit tuile creuse
Étages 2 étages de soubassement, étage de comble
Couvrements
Couvertures toit à longs pans
Escaliers escalier intérieur : escalier droit, en maçonnerie
Typologies F3a : ferme à maison-bloc à bâtiments accolés et/ou disjoints

Cette ferme est conservée dans son état des années 1910.

Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • État de section du cadastre de la commune de La Palud, 1836. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains, 3 P 259.

    Section B, dite de Chaumas.
Documents figurés
  • Cartes des frontières Est de la France, de Colmars à Marseille. / Dessin à l'encre sur papier, par Jean Bourcet de La Saigne et Jean-Claude Eléonore Le Michaud d'Arçon, 1764-1778. Echelle 1/14000e. Cartothèque de l’Institut Géographique National, Saint-Mandé : CH 194 à 197.

    Feuille 195-33.
  • Plan cadastral de la commune de La Palud. / Dessin à l'encre sur papier par Gelinsky, géomètre du cadastre, 1835. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 105 Fi 144 1 à 105 Fi 144 14.

    Section B, feuille 1, parcelle 367, échelle d'origine 1/2500e.
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général - Laurent Alexeï