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ferme des Vignasses

Dossier IA05001380 réalisé en 2016

Fiche

  • Vue d'ensemble prise du nord-est.
    Vue d'ensemble prise du nord-est.
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • étable
    • resserre
    • cellier
    • fenil
    • séchoir
    • remise agricole
    • porcherie
    • fontaine
    • aire à battre
    • cour

Evolution du bâti

Cette ferme est isolée à approximativement 2 kilomètres au nord du hameau du Plan, à une altitude d'environ 550 mètres. Elle est constituée d'un bâtiment principal, orienté nord-sud, comprenant le noyau primitif de l’édifice, de dépendances accolées à l'est, et de deux autres dépendances disjointes au nord et à l'est.

La lecture des maçonneries montre que l’édifice primitif est une ferme en maison-bloc en hauteur (logis sur étable), constituant à présent la partie sud du bâtiment principal. Son origine ne paraît pas antérieure à la seconde moitié du 18e siècle. La partie nord (cellier, resserre, étable surmontés d’un fenil-séchoir) a ensuite été accolée en L, en deux temps, sans doute à la fin du 18e siècle ou au début du 19e siècle.

Maison-bloc primitive. Pignon nord.Maison-bloc primitive. Pignon nord. Première dépendance accolée au nord de la maison-bloc. Elévation est.Première dépendance accolée au nord de la maison-bloc. Elévation est.

Sur le plan cadastral de 1824, le plan de masse montre qu'à cette époque la ferme a un plan de masse en L, qui correspond aux actuelles parties nord-ouest et sud-ouest. Sur ce plan, ce quartier est appelé « La Vignasse ». L'état des sections cadastrales mentionne alors cette parcelle comme « maison, sol et cour », appartenant à « Abel Capitaine », lequel possède de nombreux terrains situés à proximité, dont le domaine de « Pré Gauthier » et le « moulin ruiné » situé à un kilomètre au nord, ainsi que sur l'ensemble du territoire communal. Sur ce document, ce quartier est nommé « Les Vignasses ». Dans la matrice cadastrale, ce propriétaire est nommé : « Abel du Plan, François, Capitaine, Chevalier à Châteauneuf ». Ce document précise qu'en 1844, cette ferme et ses terres passent à « Gourgeon Pierre Paul », puis en 1856 à « Gourgeon Victor ».

L'ensemble du bâtiment principal a été repris à la fin du 19e siècle ou au début du 20e siècle, avec notamment la réalisation de nouveau encadrements en pierre de taille, l'installation de la cuve à bouillir dans le cellier, le couvrement de l'étable en voûtains, et la construction du petit bâtiment du poulailler.

Le bâtiment de la remise, accolé à l'est du logis, a été ajouté à la fin du 19e siècle ou au début du 20e siècle. Son pignon nord montre une trace de surélévation partielle, avec le passage d'un toit à longs pans asymétriques vers un toit à longs pans symétriques. On note des graffitis gravés sur les briques des encadrements de porte, avec des dates : « 1914 », « 16 mars 1935 », accompagnés de signatures.

Pignon sud de la maison-bloc et remise accolée à l'est. Vue prise du sud-est.Pignon sud de la maison-bloc et remise accolée à l'est. Vue prise du sud-est.

La porcherie, accolée au nord de la remise, date de la première moitié du 20e siècle. Son couvrement a été repris vers le milieu du 20e siècle.

La petite dépendance disjointe à l'est date de la fin du 19e siècle ou du début du 20e siècle. La partie sud, abritant la fontaine, est la plus ancienne, et la partie nord a été ajoutée ultérieurement. La dépendance disjointe au nord-ouest date du milieu du 20e siècle. Elle a été prolongée vers l'ouest au cours du troisième quart du 20e siècle.

La fontaine installée face à l'élévation sud du bâtiment principal porte la date gravée 1930. Le lavoir installé au sud-est date de la même époque.

Analyse architecturale

La ferme en maison-bloc d’origine

Elle comporte trois niveau : un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé et un étage carré. L'étage de soubassement est occupée par une grande étable, orientée est-ouest et couverte par une voûte en berceau plein-cintre, avec cinq doubles pénétrations ; des mangeoires sur banquette maçonnée sont installées dans ces pénétrations. Cette étable est prolongée à l'ouest par une petite resserre, également couverte par une voûte en berceau plein-cintre.

Le rez-de-chaussée est occupé par le logis, composé d'une cuisine, avec deux petites pièces d'arrière-cuisine, et de deux chambres distribuées par un couloir ; un four à pain, condamné, occupe une partie de l'angle sud-ouest de ce rez-de-chaussée. Le sol est en carreaux de terre cuite ou de ciment granité, les murs et les plafonds sont enduits ; les menuiseries des portes sont à panneaux moulurés. Dans la cuisine, un placard mural accueille un petit coffre à grains dans sa partie inférieure ; il est flanqué d'une niche avec un potager à deux grilles, avec un revêtement en carreaux de terre cuite glaçurés. Dans le couloir, un escalier droit en charpente dessert l'étage, réservé aux chambres, où le sol est en carreaux de terre cuite et les murs et les plafonds enduits.

Elévation nord de la maison-bloc, porte de l'étable.Elévation nord de la maison-bloc, porte de l'étable. Etage de soubassement de la maison-bloc, étable. Vue de volume partielle prise de l'est.Etage de soubassement de la maison-bloc, étable. Vue de volume partielle prise de l'est.

Dépendances accolées au nord

L’étage de soubassement est séparé en deux pièces indépendantes. La pièce sud est occupée par un grand cellier couvert par une voûte en berceau plein-cintre. Une cuve à bouillir maçonnée, de plan circulaire, y est aménagée, munie d'une trappe de vidange en fonte portant la signature du fabriquant : « CELESTIN COQ & CIE – AIX EN PROVENCE » ; des foudres et barriques sont installées sur une estrade en poutres. Un escalier maçonné tournant occupe l'angle sud-est, condamné, il desservait le logis. Une petite resserre basse, également couverte par une voûte en berceau plein-cintre, prolonge ce cellier vers l'ouest. La pièce nord est occupée par une étable et un atelier, précédés d’un vestibule d'entrée et voûtés comme lui de voûtains en brique sur poutrelles métalliques. L'étable dispose d'une mangeoire maçonnée avec un râtelier métallique et des distributeurs d'eau mécaniques fixés sur des rondins dressés. Dans le vestibule un escalier droit maçonné, actuellement condamné, desservait le fenil-séchoir. Un bac d'abreuvoir maçonné est installé contre cet escalier. Le fenil-séchoir, au rez-de-chaussée surélevé, est également accessible depuis l'aire à battre située au nord par une grande baie fenière.

Première dépendance accolée, cellier. Vue de volume prise de l'est.Première dépendance accolée, cellier. Vue de volume prise de l'est. Première dépendance accolée, étable nord. Mur ouest, mangeoire.Première dépendance accolée, étable nord. Mur ouest, mangeoire.

Ce premier ensemble est construit en maçonnerie de moellons calcaires et de galets, et les élévations portent un enduit récent. La porte du logis possède un encadrement en pierre de taille calcaire, avec une plate-bande lisse. Les encadrements des autres ouvertures sont soit en pierre de taille calcaire avec un linteau droit monoxyle, soit en brique avec une anse-de-panier pour les portes agricoles ou un arc segmentaire pour les fenêtres.

La charpente est à pannes, et le toit à longs pans est couvert en tuile creuse et en plaques ondulées de fibro-ciment. L'avant-toit et la saillie de rive sont constitués d'un rang de génoise.

Dépendances accolées à l’est : remise et porcherie

Remise et porcherie, vue prise de l'est.Remise et porcherie, vue prise de l'est.Le bâtiment de la remise comporte un unique rez-de-chaussée. Il est accessible par deux portes charretières, dont l'encadrement est en pierre de taille calcaire et en brique, en arc segmentaire. Un séchoir en mezzanine est aménagé côté ouest. Le toit à longs pans est couvert en tuile creuse, sur une charpente à pannes.

Au nord de cette remise, un bâtiment accolé accueille une porcherie à trois loges distribuées par un couloir. Chaque loge possède une porte piétonne, flanquée pour deux d'entre elles par un volet d'auge, et une mangeoire façonnée en tuile creuse. Ce bâtiment était anciennement couvert par une voûte en anse-de-panier en briques creuses, remplacée par un couvrement en briques autoporteuses. La porte d'accès possède un encadrement en pierre de taille calcaire, sur laquelle on note plusieurs inscriptions, dessins et dates gravées dans des cartouches : drapeau tricolore, sabre, « 1914 », « 1915 », « 1920 », « BL ».

Dépendance disjointe nord

Remises nord. Vue d'ensemble prise du sud-est.Remises nord. Vue d'ensemble prise du sud-est.La dépendance disjointe au nord abrite des remises, accessibles par deux grandes portes charretières. Une extension côté ouest repose sur des piliers en béton.Le bâtiment est construit sur une fondation en béton banché. La maçonnerie est en moellons calcaires et galets ; les chaînes d'angles et la partie supérieure de la construction sont en parpaings pleins de béton. Le toit à longs pans est couvert en plaques de tôle ondulée, sur une charpente à chevrons sur pannes.

Dépendance disjointe est

La petite dépendance disjointe à l'est de la ferme, face à la porcherie, accueille une fontaine, au sud, et une pièce disposant d'un foyer pour le chaudron des cochons, au nord. Le bâtiment est construit en maçonnerie de galets, de moellons calcaires et de briques, avec des chaînes d'angles en gros moellons ou galets. La partie sud, originelle, est composée d'un mur en L et d'un pilier ; celui-ci est en brique, ainsi que les deux extrémités du mur. L'ensemble est couvert par un toit à un pan, en tuile creuse ; l'avant-toit est constitué du simple débord de ces tuiles. La fontaine possède un bassin rectangulaire monolithe en pierre de taille calcaire, ainsi qu'une pompe à bras.

Une cour fermée par un mur maçonné est aménagée devant l'élévation nord. Son portail est en parpaings pleins de béton, avec une pierre de taille calcaire à angles biseautés en couvrement. Une aire à battre est aménagée entre le bâtiment principal et la dépendance nord.

Une fontaine est installée face à l'élévation sud. Le bassin à deux bacs et le buffet sont construits en béton armé. Un bassin de lavoir est aménagé au sud-est de la ferme. Construit en béton, à même le sol, il était alimenté par une dérivation du canal d'arrosage.

Une allée de tilleuls borde le chemin d'accès.

Appellations Les Vignasses
Parties constituantes non étudiées étable, resserre, cellier, fenil, séchoir, remise agricole, porcherie, fontaine, aire à battre, cour
Dénominations ferme
Aire d'étude et canton Parc naturel régional des Baronnies Provençales - Laragne-Montéglin
Adresse Commune : Val Buëch-Méouge
Lieu-dit : les Vignasses
Cadastre : 1824 B 259 ; 1984 B 154 ; 2016 034B 154
Précisions anciennement commune de Châteauneuf-de-Chabre

L’édifice primitif, remontant probablement à la seconde moitié du 18e siècle, est une ferme à maison-bloc en hauteur (logis sur étable). Une première série de dépendances a été accolée en L, fin 18e ou début 19e siècle. D’autres dépendances ont été ajoutées à la fin du 19e et au 20e.

Période(s) Principale : 2e moitié 18e siècle, limite 18e siècle 19e siècle, limite 19e siècle 20e siècle, milieu 20e siècle
Secondaire : 1ère moitié 20e siècle
Secondaire : 3e quart 20e siècle

Ferme à maison-bloc en hauteur, complétée par plusieurs dépendances agricoles accolées et disjointes. La maison-bloc comprend un soubassement occupé par l'étable, une cuisine et deux chambres au rez-de-chaussée et d'autres chambres à l'étage, desservi par un escalier droit en charpente. Les dépendances accolées au nord regroupent en soubassement un cellier et une resserre couverts par une voûte en berceau plein-cintre, ainsi qu'une étable couverte de voûtains en brique. Un escalier maçonné tournant dessert le logis et un autre escalier maçonné, droit, donne accès au fenil-séchoir en rez-de-chaussée surélevé. Ce premier ensemble est construit en maçonnerie de moellons de calcaire et de galets recouverte d'un enduit récent. Le toit à longs pans est couvert en tuile creuse et en plaques ondulées de fibro-ciment.

Deux autres dépendances sont accolées à l'est : une remise à toit à longs pans couvert en tuile creuse et une porcherie dont le toit à un pan est couvert de fibro-ciment. La dépendance disjointe au nord abrite des remises, sa maçonnerie est pour partie en moellons de calcaire et galets, pour partie en parpaings de béton. Le toit à longs pans est couvert de tôle ondulée. La ferme comprend également deux fontaines avec bassins de lavoir, une cour et une aire à battre.

Murs calcaire moellon enduit
calcaire galet
brique
béton
Toit ciment amiante en couverture, tuile creuse, tôle ondulée
Étages étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré
Couvrements voûte en berceau plein-cintre
Couvertures toit à longs pans
toit à un pan
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant, en maçonnerie
escalier dans-oeuvre : escalier droit, en maçonnerie
escalier dans-oeuvre : escalier droit, en charpente
Typologies F3a : ferme à maison-bloc à bâtiments accolés et/ou disjoints
Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • État de section du cadastre de la commune de Châteauneuf-de-Chabre, 1825. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap, 3 P 279.

    Section B.
  • Matrice cadastrale de la commune de Châteauneuf-de-Chabre, 1827-1888. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : E DEPOT 2 D 1.

Documents figurés
  • Plan cadastral de la commune de Châteauneuf-de-Chabre. / Dessin à l'encre sur papier par Allec ainé, géomètre du cadastre, 1824. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 3 P 378.

    Section B.
(c) Parc naturel régional des Baronnies Provençales ; (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général - Laurent Alexeï - Brunet Marceline