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entrepôts agricoles ; cabanes ; bergeries

Dossier IA04001165 réalisé en 2008

Fiche

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I. Contexte de l’enquête

1. Le repérage

Ce dossier comprend les entrepôts agricoles de l’actuelle commune de Senez, composée de l’ancienne commune de Senez à laquelle est venue s’ajouter en 1973 celle du Poil. Le terme d’entrepôt agricole correspond aux édifices destinés à stocker des denrées agricoles (foin notamment, produits de culture consommables tels que des fruits si l’entrepôt intègre un séchoir) ou de l’outillage (remise) et qui souvent possèdent une partie dévolue au bétail (étable, bergerie, écurie…)

Les dépendances de fermes ne sont pas intégrées à cette catégorie lorsque la relation est avérée puisqu’il s’agit d’étudier les entrepôts isolés dans le terroir. Ceux qui dépendent d’une exploitation agricole ont été traités dans le dossier collectif relatif aux fermes de Senez (REF IA04001166). Cependant les lacunes documentaires et l’absence de certitude sur place entraînent dans les faits la possibilité d’une prise en compte ponctuelle d’éléments qui pourraient dépendre d’une exploitation agricole. Mieux : il serait surprenant qu’un entrepôt entièrement autonome existât sur le territoire, mais l’incapacité de le rattacher à une entité définie en tant que ferme implique un traitement spécifique. Selon ces considérations, la prise en compte des entrepôts isolés tente notamment d’établir si formellement, fonctionnellement et/ou matériellement une ou des différence(s) est/sont perceptible(s) avec les entrepôts à proximité immédiate des fermes.

2. Les conditions de l’enquête

Le repérage s’est déroulé sur une campagne entre le printemps et l’été 2008. Le recensement s’est effectué à partir du cadastre le plus récent disponible, édition mise à jour pour 1986, ainsi que du cadastre napoléonien levé en 1811 comme point de comparaison permettant d’apprécier l’évolution (inertie formelle, augmentation, diminution, apparition voire disparition) du bâti dans l’intervalle.

Le repérage, exhaustif, a par conséquent concerné l’intégralité des constructions portées sur le cadastre actuel. Le déclin général de la commune, dont les activités agricoles ont périclité, joint à l’exode rural, ont provoqué une diminution importante de ce type de bâti non exploité et progressivement abandonné. La totalité des bâtiments a été vue au moins depuis l’extérieur. Les entrepôts ont été visités dans la mesure du possible, le problème ne se présentant pas pour les hangars, ouverts par définition, à moins qu’une cloison en planche ne masque leur intérieur. La plupart sont encore en activité. D’une manière générale des questions furent posées aux habitants afin d’obtenir des informations plus précises sur l’organisation intérieure, y compris sur son évolution le cas échéant.

Le repérage s’est basé sur une grille de description morphologique prenant en considération les questions :

- d’implantation du bâti (au sol)

- de répartition des fonctions par niveau

- du nombre d’étages visibles

- de matériaux principaux et secondaire(s) employés ainsi que leur mise en œuvre

- de décor extérieur éventuel

- de mode de couvrement

- d’aménagement intérieur (organisation spatiale, décor éventuel)

- de datation

- d’inscriptions historiques (dates portées, inscriptions éventuelles)

Cette grille de repérage a donné lieu à l’alimentation d’une base de données destinée à faire un traitement statistique et cartographique.

Le repérage est toujours confronté à la question de l’état du bâti. Les ruines n’ont pas été automatiquement écartées dans la mesure où l’état subsistant n’empêchait pas de leur restituer une lisibilité d’ensemble, sur la base des exemples présents et « intacts » observables sur le territoire. Ont également été repérés les bâtiment ayant subi des modifications légères n’entraînant pas de dénaturation. En revanche ceux ayant subi des transformations trop importantes, entraînant une impossibilité à lire les caractéristiques architecturales fondamentales pour l’établissement d’une typologie ont été rejetés. Cela concerne les remaniements profonds et récents selon des normes de construction, des matériaux et un vocabulaire architectural trop éloignés de ceux de l’architecture locale : élévations entièrement repercées de grandes ouvertures rectangulaires masquant les aies anciennes, utilisation de matériaux récents rendant illisible le parti d’origine, restructuration intérieure totale ou dénaturante.

II. Les caractères historiques et socio-économiques

Les données documentaires manquent pour comprendre l’évolution des entrepôts agricoles sur la commune, mais la comparaison entre les cadastres ancien et actuel permet de mettre en évidence la pérennité de 15 bâtiments depuis 1811 sur les 36 que comprend le repérage, soit plus de 40 %. Cela signifie donc inversement aussi qu’une majorité d’entrepôts sont apparus depuis le début du 19e siècle.

L’absence de fortes différences d’altitude dans la commune et surtout la présence de la plaine de l’Asse, arrosée par le cours d’eau éponyme, réservant des surfaces propres à la culture essentiellement céréalière historiquement, ainsi que des fourrages, expliquent en partie l’absence de cabanes d’alpage ou d’estive, du moins qui auraient été conservées. Les entrepôts servent donc essentiellement d’étable, de remise et de fenil, également de séchoir pour la production fruitière développée, essentiellement la prune dans ce secteur. Quoi qu’il en soit les disparitions totales ou partielles (ruines) dominent en nombre. Ainsi le lieu-dit Les Granges, près du hameau ruiné de Lioux, situé à 1 084 mètres d’altitude, n’est plus qu’une ruine envahie par la végétation et ne laisse entrevoir que des murs largement effondrés montés en moellons calcaire grossier et liés au sable et au mortier. Le bâtiment devait servir de fenil et d’étable, mais l’état général ne permet pas d’être plus précis. Les entrepôts isolés repérés sont de fait tous situés en-deçà de 1 000 mètres. Autour de l’ancien village du Poil, des vestiges ont été observés, mais là encore trop altérés pour faire l’objet d’un repérage. Tout juste peut-on avancer l’hypothèse qu’ils servirent majoritairement d’enclos à bétail (quelques têtes) et de remise, le cas échéant, sans doute pas de logis vu l’exiguïté des éléments rencontrés ; l’état ruiné ne permet en tout cas pas d’estimer s’il existait ou non un niveau supérieur qui aurait servi par exemple de fenil. On en reste donc aux conjectures, et malheureusement les témoins du temps passé ont tous disparu.

III. Caractères morphologiques

36 entrepôts ont été repérés.

1. Implantation et composition d’ensemble

La notion de bâti isolé est parfois complexe à appréhender pour les édifices relevant de la sphère d’influence directe du chef-lieu ou du hameau sans y être totalement intégré. On a choisi de prendre cette acception au sens géographique large pour dénombrer 15 entrepôts de ce type, soit un peu plus de 40 % du corpus d’étude. Dans les 21 entrepôts restants en milieu aggloméré, 12 sont implantés dans le village de Senez même (le tiers du total et près de 60 % des entrepôts en milieu aggloméré. La question de la surface au sol et de la volumétrie en milieu isolé et en milieu aggloméré apparaît complexe car il faut inclure dans ce dernier des édifices à la lisière du village mais déjà dans le terroir agricole qui borde Senez. La comparaison risque par là-même d’être quelque peu faussée. D’une manière générale cependant, pour le bâti vernaculaire, les volumes et l’emprise au sol semblent tout de même légèrement plus importants en contexte isolé (Grand Pré D2 601 [REF IA04001221], Malvoisin A2 1036, Roche Blanche A2 827). La bergerie de Malvoisin (A2 988 [REF IA04001217]) propose ainsi une taille sensiblement plus grande que les exemples du village ou des écarts. Encore faut-il déterminer s’il s’agit bien à l’origine d’un entrepôt agricole ou une ferme transformée. L’entrepôt de la parcelle E 108 à Senez, il est vrai en périphérie de l’agglomération (les deux gros entrepôts accolés E 4 et 190 sont plus tardifs, construits à la fin des années 1920), constitue à ce titre une exception quant à sa taille (l’ensemble actuel résulte de l’ajout postérieur d’un appentis sur piliers à la structure initiale). La forme hangar est plus représentée en contexte isolé qu’en aggloméré (5 cas contre 2). C’est aussi une forme plus moderne, qui ne semble pas remonter pas au-delà du début du 20e siècle, pour les cas observés (absence du cadastre napoléonien de 1811).

Les trois quarts environ des bâtiments présentent un rez-de-chaussée (26 cas) et pour le chef-lieu, il n’y a pas qu’un seul cas de soubassement (E 148). Cela montre que les entrepôts sont largement implantés en contexte plat. Ce sont généralement des blocs en hauteur en contexte aggloméré, plus allongés en contexte isolé, avec des adjonctions ponctuelles de taille limité proportionnellement au bâtiment principal.

2. Matériaux et mise en œuvre

Le calcaire est le matériau traditionnel le plus employé (23 cas), auquel sont parfois associés le grès et/ou le galet (ce dernier peut être cassé en deux et présenté pan coupé, comme aux Rives, D2 523-524) ; le tuf intervient en complément ponctuel à 4 reprises. Les matériaux plus récents (parpaings artisanal, brique, parpaing de béton) jouent le rôle de complément dans 7 cas, et dans 5 cas ils sont les matériaux uniques (fig. 03 et 08). Quelques entrepôts recouverts d’enduit ne laissent pas voir leur(s) matériau(x) constitutif(s). Dans les cas de construction en matériaux traditionnels (calcaire essentiellement), l’appareillage est fruste et les murs montés en moellons de petite voire de moyenne taille avec une assise le plus souvent irrégulière. Les matériaux constitutifs sont liés entre eux par un mortier de gypse de couleur ocre-rouge caractéristique autour du village ou par un mortier de chaux et de sable. Des chaînages d’angle renforcent la structure ; ils sont plus soignés, avec des moellons équarris, même grossièrement (E 108, A2 988 [REF IA04001217], B1 393, D2 290). Les maçonneries enduites sont majoritaires : 8 entrepôts, soit moins du quart, en sont dépourvus, et dans 6 cas, fort logiquement, cela concerne les hangars (on compte 3 hangars dont les intervalles entre les poteaux porteurs ont été entièrement ou partiellement murés, et la surface résultante parfois enduite : B1 28, D4 1160). Les entrepôts non repérés car ruinés ne font pas état, pour ce qu’il en reste, d’enduit. Les murs étaient sans doute montés au mortier de sable et de chaux, sans doute en proportion réduite, mais il est vrai que les eaux de pluie et l’absence d’entretien ont pu lessiver les murs. Quoi qu’il en soit, à Lioux comme autour de l’ancien village du Poil, en contexte plus pentu, on remarque un usage plus prépondérant du moellon calcaire, de taille plus importante qu’au chef-lieu, et la faible teneur du liant (alors qu’à Senez les moellons peuvent être littéralement noyés dans le mortier de gypse), qui affecte évidemment aussi la construction des entrepôts agricoles (Sur ces questions générales de structure voir le dossier présentation de la commune de Senez, REF IA04001162).

Les encadrements de fenêtres faisant intervenir la combinaison traditionnelle bois-façonné, ou soit l’un, soit l’autre, constituent moitié du corpus (19 cas). On recense aussi 9 entrepôts sans encadrement dont 6 hangars.

L’idée générale qui ressort de ces questions de mise en œuvre est la remarquable adéquation, pour l’essentiel, des maisons, fermes et entrepôts agricoles. On ne constate pas sur ce plan de différence majeure ni de traitement spécifique entre les différentes familles étudiées pour ce qui est de la construction traditionnelle.

3. Structure, élévation, distribution

Les entrepôts agricoles présentent dans leur majorité un ou deux niveaux :

Niveaux

1

2

3

4

Nbe total d’entrepôts

15

19

1

1

En milieu aggloméré

11

8

1

1

En milieu isolé

4

11

0

0

% age (aggloméré/

isolé)

73,5/

26,5

42/

58

100/

0

100/

0

Les entrepôts de 1 et 2 niveaux représentent 95 % du total. L’intérêt réside dans la répartition entre milieu aggloméré et isolé. Si les entrepôts à niveau unique sont très largement majoritaires dans le premier cas (de l’ordre de 1 pour 3), pour ceux de 2 niveaux la tendance s’équilibre et s’inverse même légèrement. Surtout, on remarque qu’en milieu isolé les entrepôts de 2 niveaux dominent (près des deux tiers du corpus considéré).

Tous les entrepôts d’au moins 2 niveaux reçoivent un plancher sur solives (dans le cas des édifices archétypaux, hangars exceptés). Une seule voûte a été repérée, comme mode de couvrement d’un cellier au quartier de Roche Blanche (A2 615). Les cloisons, lorsqu’elles existent (12 cas contraires avérés) et qu’on a pu visiter les édifices (9 non visités), sont réalisées en maçonnerie (7 cas, dont 2 combinaisons), en parpaing artisanal (5 cas) ou en planches (3 cas). Il est difficile de tirer une conclusion pertinente de ces chiffres, car aucune tendance prioritaire ne s’en dégage.

Les accès sont majoritairement aménagés en pignon (17 cas, auxquels s’ajoutent 2 cas d’ouverture double et 2 cas d’ouvertures affrontées, soit 21 cas). On dénombre par ailleurs 10 entrées dans les murs gouttereaux, 1 cas d’ouverture orthogonale. On recense aussi 8 hangars dont 3 sont complètement ouverts donc sans porte ni accès prioritaire.

4. Couverture

La répartition toits à longs-pans, toits à pan unique n’est pas très significative : 20 cas d’un côté, 15 de l’autre, et un cas en suspens car le niveau comble n’existe plus (entrepôt agricole de la Roche Blanche, A2 615). On compte 7 cas de couverture en tuile creuse, 5 en tuile mécanique, 17 en matériaux modernes (ciment-amiante ou tôle ondulée ; on y inclut les tuiles creuses sur ciment-amiante), 2 cas sans couvrement (A2 615 et B1 728) et 5 à combinaison (tuiles creuses – tuiles plates mécanique / tuiles creuses – tôle…). Là encore, impossible d’en tirer un parti clair, puisqu’il n’y a pas domination outrancière d’un modèle par rapport à un autre. La prise en compte des entrepôts ruinés évoqués plus haut ferait évidemment la part belle aux matériaux traditionnels (tuiles creuses) si les toitures étaient encore en place. D’autre part, les couvertures modernes remplacent souvent des mises en œuvre plus anciens (tuile creuse bien sûr mais aussi tuile plate mécanique au 20e siècle).

IV. Typologie

1. Typologie et tableau des entrepôts repérés

a) Entrepôts agricoles unifonctionnels

1.1 – Entrepôt agricole uni-fonctionnel : fenil (0 repéré ; 0 sélectionné)

Un ou deux niveaux ; fonction unique de fenil

Sous-type hangar : structure porteuse à piliers (éventuellement cloisonnée)

1.2 – Entrepôt agricole uni-fonctionnel : remise ou étable (13 repérés ; 1 sélectionné)

Un ou deux niveaux ; fonction unique de remise ou d’étable

Sous-type hangar : structure porteuse à piliers (éventuellement cloisonnée)

b) Entrepôts agricoles multifonctionnels

2.1 – Entrepôt agricole multi-fonctionnel : fenil sur étable (1 repéré ; 0 sélectionné)

Deux niveaux ou plus : étable + fenil

2.2 – Entrepôt agricole multi-fonctionnel : polyvalent avec fenil (19 repérés ; 6 sélectionnés)

Deux niveaux ou plus : fonctions multiples + fenil

Sous-type hangar : possibilité d’un seul niveau : structure porteuse à piliers (éventuellement cloisonnée)

2.3 – Entrepôt agricole multi-fonctionnel : polyvalent sans fenil (3 repérés ; 1 sélectionné)

Deux niveaux ou plus : fonctions multiples sans fenil

Sous-type hangar : possibilité d’un seul niveau : structure porteuse à piliers (éventuellement cloisonnée)

c) Tableau des entrepôts repérés

(en gras et en italiques, les 11 entrepôts faisant l’objet d’une notice Mérimée)

Lieux-dits

Cadastre

Niveaux

N1

N2

N3

N4

HANGAR

Typologie

Boades

1811 B1 495/

1986 B1 393

2

remise, étable

fenil

s.o.

s.o.

N

2.2

Boades

1811 B1 517, 520 ?/

1986 B1 664, 738

2

remise, écurie

fenil

s.o.

s.o.

N

2.2

Boades

1986 B1 730

2

remise

remise, fenil

s.o.

s.o.

N

2.2

Chaurits

1986 D4 1160

2

remise, étable

remise, fenil,

logement

s.o.

s.o.

O

2.2

Chaurits

Non cadastré (1986 D4)

1

remise, poulailler,

fenil

s.o.

s.o.

s.o.

O

1.2

Dégoutail (le)

1811 A1 658/

1986 A1 40

1

remise, étable ?

s.o.

s.o.

s.o.

N

1.2

Dégoutail (le)

1811 A1 735-736/

1986 A1 525

2

remise, poulailler

remise

s.o.

s.o.

N

2.3

Dégoutail (le)

1986 A1 1768

2

remise

remise, fenil

s.o.

s.o.

N

2.2

Féraïs (les)

(près du village)

1986 D3 637

2

remise

remise, fenil

s.o.

s.o.

N

2.2

Féraïs (les)

(près du village)

1986 D3 640

1

remise

remise, fenil

s.o.

s.o.

N

2.2

Féraïs (les)

(près du village)

1986 D3 1457a

1

remise

s.o.

s.o.

s.o.

O

1.2

Grand Pré (près du Village)

1986 D2 601

2

remise, poulailler,

bûcher

fenil, séchoir

s.o.

s.o.

N

2.2

Grand Pré (le)

(près du village)

Non cadastré

(1986 D2 1412 ?)

1

remise

s.o.

s.o.

s.o.

N

1.2

Malvoisin

1811 A2 2612/

1986 A2 988

2

bergerie, remise

fenil, séchoir ?

s.o.

s.o.

N

2.2

Malvoisin

1811 A2 2653/

1986 A2 1036

2

étable, remise

remise, fenil,

logis ?

s.o.

s.o.

N

2.2

Maurelière (la)

1986 D2 235

1

atelier

s.o.

s.o.

s.o.

O

1.2

Maurelière (la)

1986 D2 290

2

bergerie

fenil, séchoir ?

s.o.

s.o.

N

2.2

Moulières (les)

Non cadastré

(1986 153 W 25 ?)

2

remise

remise

s.o.

s.o.

N

1.2

Plan Reynard

(près du Riou d’Ourgeas)

1986 D4 1271

1

remise, fenil

s.o.

s.o.

s.o.

O

2.2

Ponchus (les)

1986 B1 728

1

remise, bûcher,

porcherie

s.o.

s.o.

s.o.

N

2.3

Riou d'Ourgeas (le)

1986 D4 1091-1092

2

poulailler, pigeonnier,

remise, bûcher

fenil, remise

s.o.

s.o.

O

2.2

Rives (les)

(près du village)

1811 D2 81-82 ?/

1986 D2 523-524

2

remise, étable,

poulailler ? bûcher

fenil, séchoir ?

s.o.

s.o.

N

2.2

Roche Blanche

1811 A2 827/

1986 A2 615

2

étable, cellier

fenil ?

s.o.

s.o.

N

2.1

Vallon du Pin (le)

1986 B1 4

2

étable à chevaux, remise

fenil, logement

s.o.

s.o.

N

2.2

Vallon du Pin (le)

1986 B1 4

1

fenil, remise

s.o.

s.o.

s.o.

O

2.2

Tuilière (la)

1986 B1 28

1

remise, logis,

atelier

s.o.

s.o.

s.o.

O

2.3

Tuilière (la)

1986 B1 28

1

remise

s.o.

s.o.

s.o.

N

1.2

Village (le)

1986 E 4, 190

1

remise

s.o.

s.o.

s.o.

N

1.2

Village (le)

1811 E 20, 21/

1986 E 12

2

remise, étable

fenil

s.o.

s.o.

O

2.2

Village (le)

1811 E 19/

1986 E 13

3

remise, étable

fenil

fenil

s.o.

N

2.2

Village (le)

1986 E 14

1

remise

s.o.

s.o.

s.o.

O

1.2

Village (le)

1986 E 67

1

remise

s.o.

s.o.

s.o.

N

1.2

Village (le)

1811 E 51/

1986 E 92

4

remise, étable

fenil

fenil

fenil

N

2.2

Village (le)

1811 E 72/

1986 E 103

1

remise

s.o.

s.o.

s.o.

N

1.2

Village (le)

1811 E 88, 89, 90/

1986 E 108

2

remise

remise, fenil

s.o.

s.o.

N

2.2

Village (le)

1811 E 134/

1986 E 110

1

étable

s.o.

s.o.

s.o.

N

1.2

Village (le)

1986 E 148

2

remise

fenil

s.o.

s.o.

N

2.2

Village (le)

1811 E 186/

1986 E 154

2

remise

fenil

s.o.

s.o.

N

2.2

Village (le)

1986 E 204

2

remise

remise

s.o.

s.o.

N

1.2

2. Interprétation de la classification

La fonction remise intervient dans 32 cas soit près de 90 % du corpus repéré. L’entrepôt servait avant tout à ranger (« remiser ») du petit matériel agricole pour les travaux des champs. Si les tracteurs, remorques et autre matériel moderne prennent désormais place dans les remises et autres hangars dépendant des exploitations agricoles, les entrepôts autonomes conservent encore leur fonction de rangement dans le terroir, sur place, de l’outillage traditionnel aux dimensions plus modestes.

On rencontre la fonction étable ou bergerie à 12 reprises (dont 2 cas incertains), 5 fois en contexte aggloméré, 7 en isolé. Sur un nombre d’occurrences si faible, il apparaît délicat de tirer des conclusions, sauf à considérer que ce chiffre est peu élevé (le tiers du corpus).

La fonction fenil revient à 20 reprises (soit environ 55 %), ce qui là encore semble modeste au regard des activités rurales traditionnelles de la commune, mais les modifications ont certainement entraîné une perte sur ce plan. Par exemple au Dégoutail (A1 40) l’entrepôt transformé en maison de villégiature, de taille très modeste, est manifestement une ancienne remise-étable qui devait disposer d’un second niveau de fenil aujourd’hui disparu. De la même manière la remise servant de garage de la parcelle E 103 a perdu une partie de sa superficie ; peut-être a-t-elle également perdu un niveau d’élévation. Si l’on considère à présent les seuls entrepôts en milieu isolé, les chiffres sont plus significatifs : 12 sur les 15 soit 80 % possèdent une fonction de fenil avérée ou probable (1 cas incertain, A2 615) . On notera que cette fonction peut s’exercer en niveau 1 notamment pour les hangars lorsque la structure dispose de cloisons en planches la plupart du temps montées à claire-voie pour protéger le fourrage. Il s’agit dans ce cas d’entrepôts uni-fonctionnels destinés à l’entreposage du fourrage (ce sont donc des fenils).

La culture fruitière (pommes, poires, pêches et surtout prunes) était très bien représentée, mais les exemples réduits de séchoirs repérés (4, un seul cas certifié, car il reste une partie de la cheminée servant à préparer les fruits avant le séchage, D2 601, REF IA04001217) laissent perplexe : il faut y voir une transformation des entrepôts, une modification des modes de cultures (les fruits en général, la prune en particulier ont périclité à la fin des années 1920 sur la zone) et aussi (surtout ?) des bâtiments aux fonctions multiples soumis à une répartition des espaces fluctuante au cours de l’histoire, même sur une échelle courte. La disparition de nombreux entrepôts délaissés puis ruinés joue également un rôle important, n’en doutons pas.

En somme, la règle attribuant un espace à une fonction déterminée ne s’applique pas, dans une large mesure, au territoire étudié. Le cas de l’entrepôt D2 601 mentionné plus haut est à ce titre évocateur. On peut supposer qu’il a servi de remise en niveau 1 et d’atelier de préparation des pruneaux avec les prunes ramassées dans les champs alentours (on blanchissait les fruits avec l’eau bouillante chauffée dans la cheminée qui fait l’angle). En niveau 2 les fruits séchaient sur des claies d’osier, aérés par les vents. Un petit espace a pu être réservé pour une fonction complémentaire de fenil. Mais un poulailler est venu occuper un angle de la remise en bas, et le rez-de-chaussée surélevé a aussi accueilli une seconde remise. L’entrepôt s’est ensuite agrandi d’un appentis servant de bûcher. On pourrait multiplier les exemples. Le fait qu’on ne rencontre qu’une fois le type 2.1 (entrepôt agricole multi-fonctionnel : fenil sur étable) – et encore cette classification est-elle sujette à caution dans la mesure où l’entrepôt en question est partiellement ruiné donc difficilement identifiable de façon certaine – révèle que même les formes multifonctionnelles, lorsqu’elles correspondent à deux fonctions distinctes superposées, sont rares dans une zone où l’on a coutume d’associer et de souvent faire varier plusieurs fonctions sur un même niveau.

Il convient donc de retenir la grande adaptabilité des entrepôts à des fonctions évolutives. Cela n’engage pas tant obligatoirement des changements structurels (car quoi de plus simple que de monter une cloison en planches et un grillage pour faire office de poulailler ou des claies d’osier sur des tréteaux pour installer un séchoir) : en effet, les besoins agricoles étant relativement simples, il était très facile de modifier une fonction sans modifier l’espace d’accueil qui n’exigeait le plus souvent que des aménagements légers pour ce faire. Cette réalité du terrain incite à ne surtout pas figer le bâti dans des fonctions spécifiques, lorsque manifestement il lui arrivait de les décliner très aisément.

De façon plus significative encore, on a remarqué à deux reprises au moins (Dégoutail A1 525 et Malvoisin A2 988 un glissement typologique peut-être entraîné par les changements de propriétaires successifs. L’entrepôt agricole du Dégoutail pouvait ainsi être une maison ou une fermette au début du 19e siècle, un phénomène que l’on retrouve à Malvoisin. Les circonstances, l’exode rural qui s’est fait jour dès le second tiers du 19e siècle sur le territoire sénézien, laissant des bâtiments vides et disponibles, l’intensification progressive de l’élevage ovin, ont pu entraîner des changements d’affectation nécessitant des modifications d’aménagement intérieur et extérieur.

Plus que jamais la prudence est de mise car ce type de bâti agricole, dans des zones profondément et traditionnellement rurales, est soumis à des attributions fluctuantes au fil du temps.

Aires d'études Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var
Dénominations entrepôt agricole, cabane
Adresse Commune : Senez

Les sources écrites étant pauvres il apparaît impossible de dater avec précision les bâtiments conservés aujourd'hui. Il est cependant probable qu'ils ne remontent guère au-delà du 18e siècle, en leur état actuel. Les données documentaires manquent donc aussi pour comprendre l’évolution des entrepôts agricoles sur la commune, mais la comparaison entre les cadastres ancien et actuel permet de mettre en évidence la pérennité de 15 bâtiments depuis 1811 sur les 36 que comprend le repérage, soit plus de 40 %. Cela signifie donc inversement aussi qu’une majorité d’entrepôts sont apparus depuis le début du 19e siècle. On notera qu'une portion importante d'entrepôts aujourd'hui ruinés n'ont pas fait l'objet d'un repérage car leur état s'avérait trop lacunaire. La multiplicité des matériaux rencontrés montre l'utilisation contemporaines de ces édifices qui ont parfois changé de fonction suivant l'évolution de l'économie rurale et donc de forme (la transformation en habitation constituant le degré le plus dénaturant).

Période(s) Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle

La majorité des bâtiments présente un rez-de-chaussée (75 %) et pour le chef-lieu, on ne dénombre qu'un seul cas de soubassement. Cela montre que les entrepôts sont largement implantés en contexte plat. Ce sont généralement des blocs en hauteur en contexte aggloméré, plus allongés en contexte isolé, avec des adjonctions ponctuelles de taille limité proportionnellement au bâtiment principal. Le calcaire est le matériau traditionnel le plus employé, auquel sont parfois associés le grès et/ou le galet (ce dernier peut être cassé en deux et présenté pan coupé) ; le tuf intervient en complément ponctuel à 4 reprises. Les matériaux plus récents (parpaings artisanal, brique, parpaing de béton) jouent le rôle de complément dans 7 cas, et dans 5 cas ils sont les matériaux uniques. Quelques entrepôts recouverts d'’enduit ne laissent pas voir leur(s) matériau(x) constitutif(s). Dans les cas de construction en matériaux traditionnels (calcaire essentiellement), l’'appareillage est fruste et les murs montés en moellons de petite voire de moyenne taille avec une assise le plus souvent irrégulière. Les matériaux constitutifs sont liés entre eux par un mortier de gypse de couleur ocre-rouge caractéristique autour du village ou par un mortier de chaux et de sable. Des chaînages d'’angle renforcent la structure. Les entrepôts de 1 et 2 niveaux représentent 95 % du total. L'’intérêt est dans la répartition entre milieu aggloméré et isolé. Si les entrepôts à niveau unique sont très largement majoritaires dans le premier cas (de l’'ordre de 1 pour 3), pour ceux de 2 niveaux la tendance s'’équilibre et s’inverse même légèrement. Surtout, on remarque qu’'en milieu isolé les entrepôts de 2 niveaux dominent (près des deux tiers du corpus considéré). Les accès sont majoritairement aménagés en pignon (17 cas contre 10 en mur gouttereau). La fonction remise intervient dans 32 cas soit près de 90 % du corpus repéré. La fonction fenil revient à 20 reprises (soit environ 55 %) ce qui semble modeste au regard des activités rurales traditionnelles de la commune, mais les modifications ont certainement entraîné une perte sur ce plan.

Typologies 1.2 : entrepôt agricole unifonctionnel : remise ou étable, 2.1 : entrepôt agricole multifonctionnel : fenil sur étable, 2.2 : entrepôt agricole multifonctionnel : polyvalent avec fenil, 2.3 : entrepôt agricole multifonctionnel : polyvalent sans fenil
Toits tuile creuse, tuile plate mécanique, ciment amiante en couverture, tôle ondulée
Murs calcaire
grès
brique creuse
ciment
bois
enduit
parpaing de béton
Décompte des œuvres repérés 36
étudiés 8
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