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entrepôt agricole ; cabane

Dossier IA04001188 réalisé en 2008

Fiche

Voir

I. Contexte de l’enquête

1. Le repérage

Ce dossier comprend les entrepôts agricoles de l’actuelle commune de Chaudon-Norante, composée de trois anciennes communes : Chaudon, Norante et Bédejun. Le terme d’entrepôt agricole correspond aux édifices destinés à stocker des denrées agricoles (foin notamment, produits de culture consommables tels que des fruits si l’entrepôt intègre un séchoir) ou de l’outillage (remise) et qui souvent possèdent une partie dévolue au bétail (étable, bergerie, écurie…)

Les dépendances de fermes ne sont pas intégrées à cette catégorie lorsque la relation est avérée puisqu’il s’agit d’étudier les entrepôts isolés dans le terroir. Ceux qui dépendent d’une exploitation agricole ont été le cas échéant traités dans le dossier collectif relatif aux fermes de Chaudon-Norante (REF IA04001187). Cependant les lacunes documentaires et l’absence de certitude sur place entraînent dans les faits la possibilité d’une prise en compte ponctuelle d’éléments qui pourraient dépendre d’une exploitation agricole. Mieux : il serait surprenant qu’un entrepôt entièrement autonome existât sur le territoire, mais l’incapacité à le rattacher à une entité définie en tant que ferme implique un traitement spécifique. Selon ces considérations, la prise en compte des entrepôts isolés tente notamment d’établir si formellement, fonctionnellement et/ou matériellement une ou des différence(s) est/sont perceptible(s) avec les entrepôts à proximité immédiate des fermes.

2. Les conditions de l’enquête

Le repérage s’est déroulé sur une campagne entre l’été et l’automne 2008. Le recensement s’est effectué à partir du cadastre le plus récent disponible, de 1955, édition mise à jour pour 1981 ou 1986, ainsi que du cadastre napoléonien levé en 1838 comme point de comparaison permettant d’apprécier l’évolution (inertie formelle, augmentation, diminution, apparition voire disparition) du bâti dans l’intervalle.

Le repérage, exhaustif, a par conséquent concerné l’intégralité des constructions portées sur le cadastre actuel. La différence entre les chiffres fournis par le bâti INSEE et ceux découlant du recensement effectif témoignent de l’écart induit par une prise en compte ciblée donc réduite de la famille concernée. En outre, le déclin général de la commune, dont les activités agricoles ont périclité, joint à l’exode rural, ont provoqué une diminution du bâti non exploité et progressivement abandonné. À telle enseigne que l’état des lieux des natures de bâti d’après les matrices cadastrales établies en 1839 dénombrait quelque 113 bâtiments ruraux (auxquels il faut ajouter 2 bergeries, 19 greniers, essentiellement à foin, qui ne correspondent pas aux entrepôts « génériques » déjà répertoriés et 17 ruines, soit 151 édifices au total à cette date) contre 30 aujourd’hui repéré. Soit une déperdition de 80 % en l’espace de 170 années…

La totalité des bâtiments a été vue au moins depuis l’extérieur. Les entrepôts ont été visités dans la mesure du possible. La plupart sont encore en activité. D’une manière générale des questions furent posées aux habitants afin d’obtenir des informations plus précises sur l’organisation intérieure, y compris sur son évolution le cas échéant.

Le repérage s’est basé sur une grille de description morphologique prenant en considération les questions :

- d’implantation du bâti (au sol)

- de répartition des fonctions par niveau

- du nombre d’étages visibles

- de matériaux principaux et secondaire(s) employés ainsi que leur mise en œuvre

- de décor extérieur éventuel

- de mode de couvrement

- d’aménagement intérieur (organisation spatiale, décor éventuel)

- de datation

- d’inscriptions historiques (dates portées, inscriptions éventuelles)

Cette grille de repérage a donné lieu à l’alimentation d’une base de données destinée à faire un traitement statistique et cartographique.

Le repérage est toujours confronté à la question de l’état du bâti. Les ruines n’ont pas été automatiquement écartées dans la mesure où l’état subsistant n’empêchait pas de leur restituer une lisibilité d’ensemble, sur la base des exemples présents et « intacts » observables sur le territoire. Ont également été repérés les bâtiment ayant subi des modifications légères n’entraînant pas de dénaturation. En revanche ceux ayant subi des transformations trop importantes, entraînant une impossibilité à lire les caractéristiques architecturales fondamentales pour l’établissement d’une typologie ont été rejetés. Cela concerne les remaniements profonds et récents selon des normes de construction, des matériaux et un vocabulaire architectural trop éloignés de ceux de l’architecture locale : élévations entièrement repercées de grandes ouvertures rectangulaires masquant les aies anciennes, utilisation de matériaux récents rendant illisible le parti d’origine, restructuration intérieure totale ou dénaturante.

II. Les caractères historiques et socio-économiques

Les données documentaires manquent pour comprendre l’évolution des entrepôts agricoles sur la commune, mais la comparaison entre les cadastres ancien et actuel permet de mettre en évidence la pérennité de 12 bâtiments depuis 1838 sur les 30 que comprend le repérage, soit 40 % (auxquels s’ajoutent peut-être 3 autres entrepôts pour lesquels il n’a pas été possible de certifier l’existence à cette époque). Cela signifie donc inversement aussi qu’une majorité d’entrepôts sont apparus depuis la fin du 1er tiers du 19e siècle.

Malgré une forte dénivelée positive entre les niveaux bas et haut dans la commune (environ 1 000 m) il n’existe pas de cabanes d’alpage ou d’estive, du moins qui auraient été conservées. Il est vrai que le territoire communal ne s’élève pas au-delà de 1 600 m d’altitude, et sur une frange limitée. Le plus haut entrepôt repéré, une bergerie située au lieu-dit les Gommiers, est implantée entre 1 170 et 1 180 m d’altitude. En outre la présence de la plaine de l’Asse, arrosée par le cours d’eau éponyme, réserve des surfaces propres à la culture essentiellement céréalière : les entrepôts servent donc essentiellement d’étable, de remise et de fenil, également de séchoir pour la production fruitière développée, essentiellement la prune dans ce secteur. Quoi qu’il en soit les disparitions totales ou partielles (ruines) dominent en nombre. Certains vestiges permettent toutefois d’être fonctionnellement identifiés, donc repérés : ils constituent les exemples les plus isolés, qu’ils se situent en altitude (ainsi la bergerie des Gommiers déjà citée [1986 A2 198]) et/ou soient perdus dans la végétation (entrepôt aux Hubacs, au-dessus du village de Norante, 1986 C3 non cadastré).

III. Caractères morphologiques

30 entrepôts ont été repérés.

1. Implantation et composition d’ensemble

La notion de bâti isolé est parfois complexe à appréhender pour les édifices relevant de la sphère d’influence directe du chef-lieu ou du hameau sans y être totalement intégré. On a choisi de prendre cette acception au sens géographique large pour dénombrer 13 entrepôts de ce type, soit un peu moins de 45 % du corpus d’étude (43,3 %). Dans les 17 entrepôts restants en milieu aggloméré, 12 sont implantés en village même (Chaudon et Norante), les autres en écarts. La question de la surface au sol et de la volumétrie en milieu isolé et en milieu aggloméré apparaît complexe car il faut inclure dans ce dernier des édifices à la lisière du village mais déjà dans le terroir agricole qui borde les villages. La comparaison risque par là-même d’être quelque peu faussée. D’une manière générale cependant, pour le bâti vernaculaire, les volumes et l’emprise au sol semblent tout de même légèrement plus importants en contexte isolé (les Gommiers [1986 A2 198], l’Espinasse [1981 B2 127], l’Amata [1981 D1 15, REF IA04001274 et fig. 10], les Granges [1986 E1 76]), même s’il convient également de faire une distinction entre les entrepôts situés en village, généralement de dimensions plus modestes, et ceux situés en écart, à connotation plus spécifiquement agricole. Mais les exceptions existent : le plus gros entrepôt observé sur la commune se trouve dans le village de Chaudon : il résulte il est vrai de la fusion de plusieurs parcelles anciennes (1986 A3 375 ; 1838 A3 43, 44, 45, 46). Notons aussi que les entrepôts très modestes, simples remises d’un niveau destinées à recevoir le petit matériel agricole émaillaient par ailleurs le territoire, en contexte isolé c’est-à-dire sur les terrains cultivables ou non (fig. 01-03). Isolés par essence, il convient de les mentionner même si la plupart ont disparu, car il faut éviter de scinder les bâtiments agricoles en fonction de leurs dimensions génériques respectives selon le critère géographique d’implantation (contexte isolé ou d’habitat groupé). La taille dépend avant tout de la ou des fonction(s) à remplir. Il est évident qu’une bergerie demandera plus de volume qu’un entrepôt à remiser l’outillage et directement situé sur le terrain d’exploitation. De la même manière, la fonction de logis ponctuel déterminera plus sûrement un bâtiment isolé, à l’écart de l’habitat groupé. La forme hangar n’apparaît pas sur la commune.

70 % des bâtiments présentent un soubassement (21 cas) et sont donc implanté contre la pente. Ce sont généralement des blocs en hauteur en contexte aggloméré. Même en contexte isolé les adjonctions ponctuelles de taille limitée proportionnellement au bâtiment principal sont rares ou ont disparu (par exemple les Granges [1986 E1 76] ou près du village de Norante [1986 C4 717 ; 1838 C3 21 ?]).

2. Matériaux et mise en œuvre

Le calcaire est le matériau traditionnel le plus employé (17 cas + 1 cas combiné avec du parpaing artisanal, soit 60 % [fig. 01-02, 04, 06-07, 09-10]), d’autant plus que dans les 6 cas indéterminés en raison de l’enduit de recouvrement récent il doit intervenir également. Pour le restant, on trouve 1 entrepôt monté en parpaing artisanal, 1 en parpaing de béton, 1 où ces deux matériaux sont mélangés (fig. 08), 1 autre où ces deux matériaux sont associés à la brique en complément significatif, 2 enfin montés en planches dressées. Hormis les entrepôts construits en moellons calcaire, tous sans exception sont postérieurs au 19e siècle. Dans les cas de construction avec du calcaire l’appareillage est fruste et les murs montés en moellons de petite voire de moyenne taille, plus rarement de grande taille et jamais uniquement (ainsi à l’Espinasse, 1981 B2 127) avec une assise le plus souvent irrégulière. Les matériaux constitutifs sont liés entre eux par un mortier de gypse de couleur ocre-rouge caractéristique autour du village ou par un mortier de chaux et de sable, qui a pu être presque entièrement lavé par les pluies lorsque ces bâtiments sont désaffectés. Des chaînages d’angle renforcent la structure ; ils sont plus soignés, avec des moellons équarris, même grossièrement (les Granges, 1986 E1 78 [fig. 07], l’Amata, 1981 D1 13 [fig. 04], la Bourgea, 1986 A2 131). Les maçonneries enduites sont minoritaires : 6 entrepôts, soit 20 %.

Reste que les entrepôts, vraisemblablement, devaient pour la plupart être enduits de façon à résister plus longtemps aux intempéries. Or certains paraissent presque avoir été montés en pierre sèche tant ils ont été lessivés (l’Amata, 1981 D1 13 [fig. 04]. Pour la petite remise située au Terrier, et ruinée, on pourrait croire à une construction peu ancienne en pierre sèche, mais elle était déjà portée sur le cadastre napoléonien de 1838 [1986 A3 562 ; 1838 A3 78]).

Les encadrements de fenêtres faisant intervenir la combinaison traditionnelle bois-façonné (avec emploi du mortier de gypse), ou soit l’un, soit l’autre, constituent près des trois-quarts du corpus (21 cas, 70 %).

L’idée générale qui ressort de ces questions de mise en œuvre est la remarquable adéquation, pour l’essentiel, des maisons, fermes et entrepôts agricoles. On ne constate pas sur ce plan de différence majeure ni de traitement spécifique entre les différentes familles étudiées pour ce qui est de la construction traditionnelle, à la différence – importante – d’une présence presque systématique d’enduit pour les maisons, surtout à Norante, qui a été très dénaturé.

3. Structure, élévation, distribution

Les entrepôts agricoles présentent dans leur majorité un ou deux niveaux :

Niveaux

1

2

3

Nbe total d’entrepôts

15

9

6

En milieu aggloméré

7

6

4

En milieu isolé

8

3

2

% age (aggloméré / isolé)

46,6/53,3

66,6/33,3

66,7/33,3

Les entrepôts à niveau unique représentent 50 % du total, à 2 niveaux 30 % et à 3 niveaux 20 %. L’intérêt est dans la répartition entre milieu aggloméré et isolé. Si les entrepôts à niveau unique sont très légèrement minoritaires dans le premier cas (rapport proche de l’équilibre), pour ceux de 2 et de 3 niveaux la tendance s’inverse pour atteindre un déséquilibre marqué avec un rapport équivalent de 2 pour 3. On observe donc qu’en milieu isolé se dégage une majorité d’entrepôts à niveau unique (61,5 %).

Tous les entrepôts d’au moins 2 niveaux reçoivent un plancher sur solives. Les cloisons, lorsqu’elles existent (5 cas recensés) et qu’on a pu visiter les édifices (7 non visités), sont réalisées en maçonnerie (4 cas) ou en parpaing artisanal (1 cas). On remarque ainsi une tendance à construire des entrepôts à pièce unique par niveau (l’usage possible de cloisons amovibles en bois peut également être possible, mais il n’en reste pas trace si cela fut le cas). Dans au moins 2 cas de bergeries le volume important est assuré par un pilier central (l’Espinasse [1981 B2 127] et les Gommiers [1986 A2 198]): cela permettait de regrouper le maximum de têtes sans devoir recourir à des modes de couvrement de type voûtement.

Les accès sont majoritairement aménagés en pignon (18 cas, auxquels s’ajoutent 1 cas d’ouverture double et 1 cas d’ouvertures affrontées, soit 20 cas).

4. Couverture

La répartition toits à longs-pans, toits à pan unique n’est pas significative : 16 cas d’un côté (fig. 03-04, 07, 10), 14 de l’autre (fig. 01, 05, 08). On compte 10 cas de couverture en tuile creuse, 2 en tuile plate mécanique, 17 en matériaux modernes (ciment-amiante ou tôle ondulée ; on y inclut les tuiles creuses sur ciment-amiante, 6 cas), 1 cas sans couvrement identifiable. Il est impossible d’en tirer un parti clair, puisqu’il n’y a pas domination outrancière d’un modèle par rapport à un autre. La prise en compte des entrepôts ruinés évoqués plus haut ferait évidemment la part belle aux matériaux traditionnels (tuiles creuses) si les toitures étaient encore en place. D’autre part, les couvertures modernes remplacent souvent des mises en œuvre plus anciens (tuile creuse bien sûr mais aussi tuile plate mécanique au 20e siècle).

IV. Typologie

1. ENTREPÔTS AGRICOLES UNIFONCTIONNELS

1.1 – Entrepôt agricole uni-fonctionnel : fenil (0 repéré ; 0 sélectionné)

Un ou deux niveaux ; fonction unique de fenil

Sous-type hangar : structure porteuse à piliers (éventuellement cloisonnée)

1.2 – Entrepôt agricole uni-fonctionnel : remise ou étable (14 repérés ; 3 sélectionnés)

Un ou deux niveaux ; fonction unique de remise ou d’étable

Sous-type hangar : structure porteuse à piliers (éventuellement cloisonnée)

2. ENTREPÔTS AGRICOLES MULTIFONCTIONNELS

2.1 – Entrepôt agricole multi-fonctionnel : fenil sur étable (2 repérés ; 0 sélectionné)

Deux niveaux ou plus : étable + fenil

2.2 – Entrepôt agricole multi-fonctionnel : polyvalent avec fenil (10 repérés ; 3 sélectionnés)

Deux niveaux ou plus : fonctions multiples + fenil

Sous-type hangar : possibilité d’un seul niveau : structure porteuse à piliers (éventuellement cloisonnée)

2.3 – Entrepôt agricole multi-fonctionnel : polyvalent sans fenil (4 repérés ; 2 sélectionnés)

Deux niveaux ou plus : fonctions multiples sans fenil

Sous-type hangar : possibilité d’un seul niveau : structure porteuse à piliers (éventuellement cloisonnée)

TBLEAUX DES ENTREPÔTS REPÉRÉS

(en gras, les 8 entrepôts faisant l’objet d’une notice Mérimée)

Lieux-dits

Cadastre

Niveaux

N1

N2

N3

Hangar

Typologie

Bourgea (la)

1986 A2 131 ;

1838 A2 86

3

remise

remise

remise

N

2.2

Gommiers (les)

1986 A2 198 ;

1834 A2 16

1

bergerie

s.o.

s.o.

N

1.2

Terrier (le)

1986 A2 198 ;

1834 A2 16

1

bergerie

s.o.

s.o.

N

1.2

Chaudon

Village (le)

1986 A3 372 ;

1838 A3 61

2

remise

logement

s.o.

N

2.3

Chaudon

Village (le)

1986 A3 375 ;

1838 A3 43, 44, 45, 46

3

bergerie, poulailler

remise, fenil, logement

fenil

N

2.2

Chaudon

Village (le)

1986 A3 395 ;

1838 A3 67

1

remise

s.o.

s.o.

N

1.2

Tourcha

1986 A3 421

2

remise

s.o.

s.o.

N

1.2

Terrier (le)

1986 A3 562 ;

1838 A3 78

1

remise

s.o.

s.o.

N

1.2

Lirette

1986 A3 (non cadastré)

1

remise

s.o.

s.o.

N

1.2

Tourcha

1986 A3 (non cadastré)

1

remise ; poulailler

s.o.

s.o.

N

1.2

Espinasse (l’)

1981 B2 127

1

bergerie

s.o.

s.o.

N

1.2

Hubacs (les)

1986 C3 (non cadastré)

2

bergerie

fenil

s.o.

N

2.1

Norante

Village (le)

1986 C4 381 ;

1838 C3 135, 136

1

bergerie

fenil, séchoir

s.o.

N

2.2

Norante

Village (le)

1986 C4 398

2

remise

fenil

s.o.

N

2.2

Norante

Village (le)

1986 C4 421 ;

1838 C3 198 ?

2

remise

séchoir

s.o.

N

2.3

Norante

Village (le)

1986 C4 434, 828

1

remise

s.o.

s.o.

N

1.2

Norante

Village (le)

1986 C4 447

2

remise

s.o.

s.o.

N

1.2

Norante

Village (le)

1986 C4 467 ;

1838 C3 211

3

remise ; étable ?

fenil

séchoir

N

2.2

Norante

Village (le)

1986 C4 807

2

remise

s.o.

s.o.

N

1.2

Norante

Village (le)

1986 C4 819 ;

1838 C3 145

1

remise, étable

fenil

s.o.

N

2.2

Norante

Village (le)

1986 C4 (non cadastré)

1

remise

s.o.

s.o.

N

1.2

Norante

Village (le, près de)

1986 C4 717 1838 C3 21 ?

1

remise, logis

s.o.

s.o.

N

1.2

Norante

Village (le, près de)

1986 C4 728

1

remise

s.o.

s.o.

N

1.2

Norante

Château (le)

1986 C4 601, 602

2

étable

fenil ; séchoir

s.o.

N

2.2

Norante

Château (le)

1986 C4 814 ;

1838 C3 87

3

étable, remise

fenil

séchoir

N

2.2

Amata (l’)

1981 D1 13

2

remise ; poulailler

fenil

s.o.

N

2.2

Amata (l’)

1981 D1 15

3

remise, étable ?

logis ponctuel

séchoir

N

2.3

Granges (les)

1986 E1 73 ;

1838 E1 75

3

étable

séchoir

séchoir

N

2.3

Granges (les)

1986 E1 76 ;

1838 E1 58

2

étable

fenil ; séchoir ?

s.o.

N

2.1

Granges (les)

1986 E1 78

2

bergerie

fenil

s.o.

N

2.2

Interprétation de la classification

La répartition s’effectue comme suit : 17 entrepôts en habitat groupé (village et écart), 13 en habitat dispersé .

On remarque d’abord l’absence de la forme entrepôt agricole de type hangar sur piliers : il en existe, mais les exemples observés sont trop récents pour avoir été pris en compte par exemple dans 2 hangars dans le quartier du Planet (D1 7 et 8, non cadastrés sur le cadastre de 1955 remis à jour en 1981) : ils servent essentiellement à l’entreposage du fourrage pour les bêtes et de remise pour le gros matériel agricole, reflet des mutations économiques.

La fonction remise intervient dans 20 cas soit dans les deux tiers du corpus repéré et dans 6 cas il s’agit d’une fonction partagée (avec un poulailler ou une étable). L’entrepôt servait avant tout à ranger (« remiser ») du petit matériel agricole pour les travaux des champs. Si les tracteurs, remorques et autre matériel moderne ont désormais tendance à prendre place dans les remises et autres hangars dépendant des exploitations agricoles (voir le paragraphe ci-dessus), les entrepôts autonomes conservent encore leur fonction de rangement dans le terroir, sur place, de l’outillage traditionnel aux dimensions plus modestes. Notons aussi que la fonction remise apparaît plus développée en habitat groupé (village ou écart) ; en contexte isolé, la fonction étable ou bergerie apparaît pour occuper une place considérable.

On la rencontre de fait à 15 reprises (dont 2 cas incertains), 7 fois en contexte aggloméré, 8 en isolé. Sur un nombre d’occurrences si faible, il apparaît délicat de tirer des conclusions, sauf à considérer que ce chiffre est significatif (la moitié du corpus).

La fonction fenil revient de façon avérée à 13 reprises (dont 1 cas incertain, soit environ 43 %), ce qui là encore semble modeste au regard des activités rurales traditionnelles de la commune, mais les modifications ont certainement entraîné une perte sur ce plan. La répartition amplifie la curiosité de ce faible nombre : 8 cas en habitat groupé, et seulement 4 (voire 5) en contexte isolé, ce qui paraît très peu.

La culture fruitière (pommes, poires, pêches et surtout prunes) était très bien représentée, mais les exemples réduits de séchoirs repérés (8, dont 2 très importants et anciens, à l’Amata [1986 E1 73, 1838 E1 60] et surtout aux Granges [1986 E1 73, 1838 E1 60] ne reflètent pas la réalité ancienne, très modifiée surtout en village à Norante où les dénaturations sont visibles. Le cas de l’actuelle mairie l’illustre bien (1986 C4 381, 1838 C3 135, 136) : ce qui servait de fenil et surtout de séchoir au niveau 2 a été transformé en logements modernes. Il faut y donc voir un bouleversement radical, une modification des modes de culture (les fruits en général, la prune en particulier ont périclité à la fin des années 1920 sur la zone) et aussi (sans doute) des bâtiments aux fonctions multiples soumis à une répartition des espaces fluctuante au cours de l’histoire, même sur une échelle courte. La disparition de nombreux entrepôts délaissés puis ruinés joue également un rôle important, n’en doutons pas.

En somme, la règle attribuant un espace à une fonction déterminée ne s’applique pas, dans une large mesure, au territoire étudié. Le fait qu’on ne rencontre que 2 fois le type 2.1 (entrepôt agricole multi-fonctionnel : fenil sur étable) révèle que même les formes multifonctionnelles, lorsqu’elles correspondent à deux fonctions distinctes superposées, sont rares dans une zone où l’on a coutume d’associer et de souvent faire varier plusieurs fonctions sur un même niveau.

Il convient donc de retenir la grande adaptabilité des entrepôts à des fonctions évolutives. Cela n’engage pas tant obligatoirement des changements structurels (car quoi de plus simple que de monter une cloison en planches et un grillage pour faire office de poulailler ou des claies d’osier sur des tréteaux pour installer un séchoir) : en effet, les besoins agricoles étant relativement simples, il était très facile de modifier une fonction sans modifier l’espace d’accueil qui n’exigeait le plus souvent que des aménagements légers pour ce faire. Cette réalité du terrain incite à ne surtout pas figer le bâti dans des fonctions spécifiques, lorsque manifestement il lui arrivait de les décliner très aisément.

De façon plus significative encore, on a remarqué au moins une fois (aux Granges, 1986 E1 73, 1838 E1 60) un glissement typologique récent : les 2 étages de séchoir ont perdu leur vocation suite à la fin de la culture de la prune, et des ouvertures ont été modifiées, voire bouchées. Il n’est pas impossible, mais rien n’est certain, que le premier niveau de séchoir ait servi de fenil pour nourrir les bêtes parquées dans l’étable, voire de logis, comme semble l’indiquer le façonnage au mortier de gypse soigné et de forme segmentaire des ouvertures, alors que les autres ouvertures, à l’étage supérieur, ne le sont pas et reçoivent un linteau monoxyle visible. Ces changements d’affectation nécessitent immanquablement des modifications d’aménagement intérieur et extérieur.

Plus que jamais la prudence est de mise car ce type de bâti agricole, dans des zones profondément et traditionnellement rurales, est soumis à des attributions fluctuantes au fil du temps.

Aires d'études Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var
Dénominations entrepôt agricole, cabane
Adresse Commune : Chaudon-Norante
Période(s) Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Typologies 1.2 : entrepôt agricole unifonctionnel : remise ou étable, 2.1 : entrepôt agricole multifonctionnel : fenil sur étable, 2.2 : entrepôt agricole multifonctionnel : polyvalent avec fenil, 2.3 : entrepôt agricole multifonctionnel : polyvalent sans fenil
Toits tuile creuse, ciment amiante en couverture, tôle ondulée
Murs calcaire moellon
ciment
bois
enduit
parpaing de béton
Décompte des œuvres repérés 30
étudiés 8
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général - Mosseron Maxence