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ensemble canonial

Dossier IA84000456 réalisé en 1989

Fiche

Œuvres contenues

Le chapitre (C)

1. et 2. Cf. dossier ENSEMBLE CATHÉDRAL.

3. Matériaux

Localisation

Nature

Mise en œuvre

Extérieur

Élévation ouest

Premier niveau

- à la base

Moyen appareil en molasse

A droite, 3 assises partiellement remployées dans le stylobate

- arcature

Moyen appareil en molasse

Arcs non extradossés, entourés de blocage

Deuxième niveau

- zone 94

Moyen appareil en molasse

En assises suivies et horizontales, de hauteur régulière

- zone 97

Blocage

Zone de remaniement cohérente avec fenêtre 98, porte 99 et balcon 100

Troisième niveau

- zone 95

Moyen appareil en molasse et moellons en molasse et quelques-uns en calcaire blanc ; enduit

Chaînage d'angle en moyen appareil ; parement fait de moellons posés en assises suivies et horizontales, de hauteur régulière

Le mur de refend ouest vu dans la galerie orientale

Partie inférieure : la zone 61

Moyen appareil en molasse (?)

Posé en assises de hauteur variable, entre 0,26 et 0,40 m

Assise 60

Moyen appareil en calcaire blanc

Assise haute de 0,16 m, surmontée de blocs 60 A et 60 B au niveau des murs nord et sud de l'édifice C

Partie supérieure

Blocage

Surélévation cohérente avec le voûtement de la galerie orientale

Élévation nord

Moyen appareil en molasse

Assises suivies et horizontales, de hauteur variant entre 0,26 et 0,40 m, sauf l'assise 79 haute de 0,17 m. La taille de finition sur quelques pierres est au taillant : en stries diagonales parallèles et en fougère (visible dans Fa)

Deuxième niveau : porte 84

Moyen appareil

Obturation de la porte 84

Élévation est

Moyen appareil en molasse

Assises suivies et horizontales

Premier niveau

Moyen appareil

Baie en arc segmentaire 107 obturée avec appareil moyen

Deuxième et troisième niveaux

Blocage

Maçonnerie d'obturation d'une fenêtre en arc brisée 108, cohérente avec deux fenêtres rectangulaires 111 et 112. Le tout est enduit.

Élévation sud

Deuxième niveau

- zone 88

Moellons et moyen appareil en molasse

Chaînage d'angle sud-ouest en moyen appareil; grands claveaux (longs de 0,49m) pour la fenêtre 88A, et un parement en moellons et en moyen appareil posés en assises suivies et horizontales; joints de mortier épais, dont quelques-uns soulignés au fer (88A)

- portes 90 et 91

Moyen appareil en calcaire blanc à grain fin

Encadrement orné d'un bandeau plat en saillie, bûché et piqueté, ouvertures obturées

- porte 92

Plâtre

Ébrasement en plâtre, ouverture obturée avec des briques industrielles récentes

- porte 93

Pierre de taille

Piédroit oriental fait en pierre de taille; ouverture murée en blocage

- zone 117

Blocage

Percement muré

Troisième niveau

- zone 89

Moyen appareil en molasse et en calcaire blanc

Assises horizontales et suivies; joints de mortier, un peu épais, souligné au fer

- zone 116

Enduit ( moellons ? )

Surélévation de la façade pour créer un mur pignon, parait être faite en moellons, posés peut être assises ( relativement suivies ? )

Intérieur

Rez-de-chaussée

Les murs enveloppes nord, est, sud et le mur de refend ouest

Moyen appareil

Appareil, comme à l’extérieur, posé en assises suivies et horizontales de hauteur variant de 0,14 à 0,26 m

Les murs de refend est

Moellons de petite et de moyenne dimensions, de forme irrégulière

Moellons posés sans soin, en assises de hauteur variable, dont les lits ne sont pas rigoureusement rectilignes, et les joints de mortier épais

Les voûtes

- salle Ca

Moellons de petite, de moyenne et de grande dimensions

Maçonnerie enduite avec une couche de chaux blanc; par endroits dans la salle Ca on voit au nord et au sud l'intrados en moellons mal assisés, et dans le rein sud ( en face de la fenêtre ) 3 blocs en grand appareil (?)

- salles Cc et Cd

Moellons de petite et de moyenne dimensions

Moellons posés sans soin, en assises de hauteur variable dans la pièce Cd; dans la pièce Cc tout est enduit

Sol

Dalles de pierre mesurant environ

1 m x 0,50 m

Posées en rangées de façon soignée

Escalier sud-ouest

Tomettes industrielles récentes sur marches à nez de bois

Murs crépis, escalier à fonction utilitaire

Premier étage

  • Salle Ca

Escalier sud-ouest

Garde-corps en fer forgé

Posé au sol, délimitant la cage d'escalier; remploi

Sol

Tomettes industrielles

Plinthe en bois moulurée à la base des murs

Murs

Enduits

Peinture crème, écaillée sur couche bleu pâle

Plafond

Panneaux plâtrés avec encadrement moulurée

A grands panneaux entre poutres transversales nord-sud ; faux plafond cachant l'ancien qui prolongeait le plafond de la salle Cb

Placards

3 sud

1 ouest

Portes en bois

Aménagements récents dans des embrasures de baies plus anciennes

  • Salle Cb

Murs-enveloppes nord et sud

Moyen appareil enduit et peint

Maçonnerie soignée, avec un appareil bien assisé et des claveaux d'arc posés à sec

Mur de refend à l'est

Blocage irrégulier

Moellons noyés dans le mortier

Sol

Dalles de pierre mesurant environ

0,75 x 0,50 m

Posées en rangées et bien ajustées

Plafond

En bois, peint en blanc

Plafond à la française avec poutres transversales nord-sud chanfreinées ( espacées 1,75 m ) et solives longitudinales moulurées ( espacées 0,26 m ). Le fond, entre les solives, est plâtré

Escalier sud-ouest

Carreaux en terre cuite pré-industriels (?)

Deuxième étage

Voûte

Moyen appareil peint

Appareil bien assisé et soigné

Mur oriental

Blocage

Autour de la fenêtre en arc brisé

Sol

Mortier de plâtre

Coulé sur le plafond du premier étage

4. Structure

Parti du plan

L'édifice C est bâti sur un plan rectangulaire mesurant 14 x 4,95 m dans œuvre. Les murs maîtres sont épais de 0,90 m environ, ainsi que le mur de refend ouest au rez-de-chaussée. Par contre le mur de refend oriental nord-sud n'est épais que de 0,38 m. La salle Ca est délimitée à l'ouest et à l'est par ces murs de refend.

Au rez-de-chaussée, la longueur de l'édifice est écourtée de 3, 74 m par la galerie orientale Cb du cloître. A l'est deux petites pièces sont délimitées par des murs de refend orientaux.

La longueur totale de 14 m est conservée dans œuvre aux étages supé­rieurs. Ceux-ci s'étendent vers l'ouest au-dessus de la galerie orienta­ le Cb du cloître. Les murs de refend ne se retrouvent plus dans les pièces aux étages supérieurs.

Au premier étage la grande pièce Ca se trouve écourtée à l'ouest par la galerie orientale du cloître. La voûte de celle-ci porte le sol de la pièce Cb.

Au deuxième étage se trouve une seule grande pièce (14 m x 4, 95 m).

Le couvrement

La galerie orientale du cloître Cb est couverte par un berceau brisé haut de 5,15 m. La galerie sera décrite plus en détail dans la descrip­tion du cloître E. On peut cependant remarquer que son berceau naît au niveau du sol du premier étage en s'appuyant sur le mur maître ouest et le mur de refend ouest de l'édifice C.

La pièce Ca au rez-de-chaussée est couverte d'un berceau surbaissé. La fenêtre nord s'ouvre dans œuvre sous une lunette triangulaire péné­trant dans le berceau.

Le premier étage est couvert par un plafond porté par des poutres transversales nord-sud.

Le deuxième étage est couvert d'une voûte en berceau brisé longitu­dinal, dont les naissances se trouvent au niveau du sol.

Vue du chapitre, prise du sud au cours de la démolition de la prévôtéVue du chapitre, prise du sud au cours de la démolition de la prévôté Vue du chapitre, prise du sud-est au cours de la démolition de la prévôtéVue du chapitre, prise du sud-est au cours de la démolition de la prévôté

5. Élévations

A. Élévations Intérieurs

Au rez-de-chaussée, l'élévation du mur de refend ouest n'est plus recouverte d'un enduit. La maçonnerie en moyen appareil de moellons réguliers, un peu allongés, de pierre calcaire à grain fin rappelle de près celle de la zone 89 de la façade sud au troisième niveau. La porte 63 apparaît comme une baie percée dans le mur de refend ouest, sous le fenestron 118 ; la porte paraît être ouverte après coup dans des maçonneries liées à la voûte Cb actuelle.

Au rez-de-chaussée dans la salle Ca, la voûte en berceau surbaissé longitudinal naît des murs latéraux à 1,90 m du sol. La naissance n'est pas soulignée par un cordon. Les voûtes en plein cintre qui couvrent les pièces Cc et Cd sont traitées de la même façon : les retombées des voûtes sont lissées au droit des murs latéraux. Dans la pièce Ca la fenêtre 85 nord et la porte 63 ouest ouvrent toutes les deux dans œuvre sous un arc segmentaire. Dans les pièces Cc et Cd, les fenêtres 109 et 110 orientales s'ouvrent sous un arc segmentaire, mais la paroi supérieure de l'ébrasement interne de la baie est faite avec des planches de bois.

Bâtiment du chapitre, élévation nord, premier niveau, départ de voûte.Bâtiment du chapitre, élévation nord, premier niveau, départ de voûte. Salle capitulaire, voûte.Salle capitulaire, voûte.

Au premier étage, des arcatures murales nord et sud se voient clai­rement, ou bien on les devine malgré leurs maçonneries d'obturation enduites. Dans la pièce Ca, les arcs situés à l'est ne sont pas murés : ils sont plus hauts que larges (3,55 x 3,25 x 0,12 m). Ils pénètrent, à l'est, dans le mur oriental ; à l'ouest ils sont portés par des con­soles. Les tracés de deux autres arcs (l'enduit y est craqué par les mouvements dans le mur) permettent de suivre les grandes lignes de l'arcature murale nord. Dans la pièce Cb l'arc occidental des arcatures nord et sud n'est pas muré. Près de l'angle sud-ouest, dans la cage d'escalier, on peut voir qu'un cordon de section carrée est placé au­ dessus de l'arc et souligne en fait la naissance de la voûte en berceau brisé recouvrant le deuxième étage. Dans les angles sud-ouest et nord­ ouest - sous le plafond à la française de la pièce Ca du premier étage - sont conservées deux consoles moulurées. Ces consoles sont sous-jacente au cordon et portent l'arc formeret du berceau brisé.

Quatre placards sont aménagés sous les arcs de l'arcature murale sud. Les fenêtres 111 à l 'est et 98 à l'ouest ont des ébrasements internes à linteau droit ; ceux-ci sont enduits et n'ont pas reçu un traitement architectural particulier.

Au deuxième étage, trois arcs transversaux sont soutenus à la voûte : à l'est et à l'ouest se trouvent les arcs formerets et, au centre, un arc doubleau à simple rouleau. Leurs claveaux sont hauts de 0, 27 m ; les arcs formerets sont larges de 0,18 m et le doubleau de 0, 61 m. Il n'y a aucune taille de finition décorative ni marque de tâcheron sur l'appareil de la voûte. La fenêtre 112 à l'est a un ébrasement établi sous l'arc brisé 108 ; ce dernier a la particularité de n'épouser ni le profil de la voûte ni la baie rectangulaire de la fenêtre. La fenê­tre 104 ouest a un ébrasement rectangulaire qui part de façon cohérente du sol et qui a un linteau chanfreiné.

B. Élévations Extérieures

La façade orientale conserve les traces de la baie 107 ouverte au rez-de-chaussée sous un arc segmentaire large de 2, 26 m ; les deux piédroits sont chanfreinés et usés, celui de droite est mal conservé. Cette baie, qui se trouve décentrée à gauche sur la façade, fut obturée lorsqu'on a ouvert deux petites fenêtres 109 et 110, sous des arcs seg­mentaires ; ces fenêtres éclairent dans l’œuvre les pièces Cc et Cd. Au-dessus se trouvent les vestiges d'une grande fenêtre 108 établie sous un arc brisé; l'arc s'élève de la mi-hauteur du premier étage jusqu'en dessus de la corniche. L'encadrement est orné d'un décor mou­luré complexe : une baguette et un tore, placés au droit de la façade, soulignent notamment l'ouverture sous l'arc. Cette baie est obturée et son encadrement cassé (cf. la base prismatique du tore) par l'ouverture de deux baies rectangulaires superposées : la 111 au premier étage et la 112 au deuxième étage. Leurs encadrements sont formés par un bandeau plat en pierre de taille polie.

La façade nord n'est visible sur toute sa longueur qu'au niveau du rez-de-chaussée. A droite, la façade nord est liée dans l'angle avec le mur 61 de refend ouest. L'angle est arrondi par l'usure sur une hauteur de 1, 33 m ; à 1, 60 m se trouve le départ de l'arc 60, naissant vers l'ouest. La façade continuait peut-être plus loin vers l'ouest, portée sur l'arc 60, à juger des remaniements 129 dans l'angle. Le départ de l'arc 60 paraît avoir fait l'objet d'une réparation du contact cassé entre le piédroit et le sommier de l'arc.

Dans l'espace Fa, la façade nord comporte une assise 79 haute de 0, 17 m, qui se trouve à environ 2, 65 m du sol. Les pierres sont actuellement buchées au droit du mur. La pierre 79A, qui appartient à cette assise et qui a été épargnée, montre qu'à l'origine l'assise 79 donnait naissance à une voûte segmentaire. Une entaille 78 carrée est sans doute le point de départ d'un arc transversal nord-sud. Entre 78 et 129, l'assise 79 paraît cohérente avec la façade nord. Les entail­les 113 et 114 sont peut-être associées avec un niveau du sol établi sur la voûte, à 4 m environ du sol actuel dans Fa. Ce sol est reconnu par des traces 115 de rubéfaction conservés en haut du mur.

La façade nord porte d'autres traces d'aménagements fichés dans le mur vers l'ouest dans l'espace Fb. Ces aménagements superficiels sont dépendants de l'espace Fb (voir description Fb). En revanche, on peut noter pour l'histoire de l'édifice les percements de la porte 84 à 1'étage, et la fenêtre 85 au rez-de-chaussée. Cette dernière est établie sous un arc segmentaire comme l'ont été les fenêtres 109 et 110 sur la façade orientale.

La façade nord est liée avec la façade orientale dans l'angle nord­ est, par les assises des parements. Au sommet de l'élévation nord, la moitié supérieure du mur-pignon est rebâtie en blocage pour porter la toiture actuelle.

Le parement occidental du mur de refend ouest est visible dans la galerie Cb du cloitre. Son parement 61 bâti en moyen appareil est con­servé sur une hauteur de 1, 55 m environ ; l'assise supérieure accuse une légère courbure et apparait ainsi conserver le souvenir d'un départ de voûte longitudinale naissant à environ 1, 33 m du sol actuel dans la galerie. L'assise 60, haute de 0, 17 m, est buchée au droit du mur (com­me l'assise 79 dans la façade nord). L'assise 60 est surmontée de blocs 60A et 60B en moyen appareil, placés au niveau des murs latéraux nord et sud de l'édifice C qui existent encore au-dessus du cloitre. Enfin l'assise 60 apparait se poursuivre plus loin au sud : elle surmonte la maçonnerie 62 de l'édifice Db. (Les maçonneries 60 et 62 sont con­servées dans le mur oriental du cloitre).

Le parement du mur de refend 61 est rebâti en blocage au-dessus 60. Cette partie supérieure de l'élévation parait cohérente avec la voûte de la galerie du cloître.

La porte 63 est percée après coup dans le mur de refend, au milieu de son élévation et sous un arc segmentaire. L'encadrement de la porte 63, par sa facture et par la nature de la pierre de taille, ressemble aux fenêtres 85 nord, 109 et 110 orientales de l'édifice C.

La façade occidentale de l'édifice est visible dans le préau du cloître. Elle est percée après coup par l'arcature de la galerie orien­tale du cloître : quatre arcs sont non-extradossés à une zone de rema­niement en blocage cohérente avec le percement de l'arcature. A droite, trois assises 94a en moyen appareil sont remployées dans le stylobate de l'arcature ; elles apparaissent se poursuivre vers le sud sous le pilier 15 du cloître. Sous l'arc 13 cette maçonnerie 94a est interrompue par une baie de porte 80.

La façade occidentale est bâtie au rez-de-chaussée avec du moyen appareil bien assisé. Cette zone 94 est apparemment conservée à droite et à gauche. La zone 94 paraît ainsi être percée après coup à au moins deux reprises :

1) la fenêtre 96, actuellement murée, son appui se trouve à 4, 35 m au-dessus du sol Cb. Elle semble avoir éclairé un entresol qui n'existe plus aujourd'hui dans Cb.

2) La porte 99, avec son balcon 100, qui s'ouvre dans l’œuvre au premier étage dans la pièce Cb. La porte 99 s'ouvre à l'extérieur sur un balcon 100 construit en pierre de taille dont la dalle de sol est peut-être une table d'autel, à bordure chanfreinée, remployée. Le mur parapet du balcon est usé par l'action du frottement d'une corde : celle-ci devait probablement servir à hisser l'eau d'un puits situé en contrebas dans le préau. La porte 99 conserve encore la partie inférieure de ces piédroits chanfreinés ; la partie supérieure a été refaite à l'occasion de la mise en place d'une planche de bois faisant linteau pour la porte.

La zone 97 en blocage est cohérente avec le percement de la porte 99 et la mise en place du balcon. Le balcon 100 est porté par trois conso­les en encorbellement, et sous ces derniers, par un arc de décharge (bâti sans soin en moellons) qui répartit le poids du balcon sur le sommet des arcs 13 et 14 de l'arcature au rez-de-chaussée.

Il n'est pas exclu de penser que le percement de l'arcature au rez­ de-chaussée est contemporain à celui de la porte 99, avec son balcon 100. En effet, la zone 94 de blocage paraît se suivre entre le balcon 100 et les arcs 13 et 14. Cependant cette lecture est incertaine à cause des plaques d'enduit qui restent encore par endroit sur la façade.

Il n'est pas certain que la fenêtre 98 soit due aux mêmes travaux. La fenêtre 98 apparaît comme le successeur de la baie 96, suite à la suppression de l'entresol Cb.

La façade occidentale est bâtie au niveau des étages supérieurs de l'édifice avec une maçonnerie mixte : du moyen appareil pour les chaî­nages d'angle et des moellons bien assisés pour le parement. Cette zone 95 est ajourée au dernier étage par une fenêtre 104 rectangulaire. La baie a un linteau droit monolithe qui est porté par une colonnette axiale et par deux impostes moulurés. Le chapiteau de la colonnette est décoré avec des feuilles d'eau. L'enduit sur la façade empêche de voir si les piédroits sont liés ou percés dans la zone 95.

La façade sud au niveau des premier et deuxième étages est maintenant lisible sur une bonne partie de son élévation. Cela parce que l'enduit qui la recouvrait vient d'être enlevé pour faciliter l'étude de l'édifi­ce C.

La façade paraît être bâtie dans deux temps qui sont responsables pour deux zones de maçonnerie techniquement distinctes l'une de l'autre :

1) La zone 88 est bâtie avec une technique mixte de construction en moellons et en moyen appareil.

2) La zone 89 est bâtie avec la technique de construction en moyen appareil.

La zone 88c, dans l'angle sud-ouest, utilise des pierres qui mesurent environ 0, 50 m de long et 0, 34 m de haut. Il s'agit d'un moyen appa­reil de proportions robustes, dont la face extérieure n'a pas été tail­lée avec des bordures à angle vif. Les joints de mortier sont minces grâce à un layage soigné. En revanche, le parement est bâti avec des assises de moellons, qui sont horizontales et suivies. Cependant ces assises peuvent être interrompues par une assise moyen appareil ; dans ce cas, deux assises de moellons sont par exemple remplacées par une en moyen appareil. Les décrochements d'assises ainsi que l'alter­nance aléatoire des assises en moellons et en moyen appareil, dont les joints sont encore par endroits soulignés au fer, produisent un effet d'animation décorative. Il s'agit d'un art de bâtir soigné.

La zone 88A conserve encore le départ d'un arc porté sur un piédroit partiellement visible. Le départ de l'arc est composé de trois claveaux. Ces claveaux mesurent 0, 49 m dans l'axe du rayon de l'arc ; il s'agit donc de proportions très robustes. Le claveau supérieur porte un faux joint engravé sur sa face. Cette baie n88a ne cadre pas correctement avec les arcatures murales et le niveau du sol dans Ca à l'étage.

La zone 88B s'arrête à droite à la verticale, sur une hauteur de deux assises à la base de l'élévation visible. Cela est peut-être dû au percement 117, et il semble hasardeux d'y voir un aménagement primi­tif dans le mur 88.

La zone 89 apparaît comme la surélévation du mur 88. Elle correspond en gros avec le deuxième étage dans le bâtiment C : son niveau de pose se trouve à environ 0, 50 m au-dessus du sol de cet étage qui dans l' est couvert d'une voûte en berceau brisé.

La zone 116, le mur-pignon de la toiture apparaît être cohérent avec le toit actuel.

La façade a été percée après coup, au niveau du premier étage, par une série de baies 90-93 :

- les portes 90 et 91 sont de la même facture. Elles s'ouvraient dans la salle Ca à l'étage (elles sont devenus aujourd'hui des placards). Elles se remarquent sur des photographies anciennes prises vers 1915.

- La porte 92 s'ouvre correctement dans la salle Cb à l'étage ; elle était récemment murée avec des briques.

- La baie 93 se trouve à un niveau d'entresol qui n'existe plus, ni dans l'édifice C, ni dans le D. Le piédroit oriental paraît être ébrasé vers l'extérieur.

Bâtiment de la salle capitulaire, élévation ouest.Bâtiment de la salle capitulaire, élévation ouest.Bâtiment du chapitre, élévation sud, partie dégagée, vue d'ensemble.Bâtiment du chapitre, élévation sud, partie dégagée, vue d'ensemble. Bâtiment du chapitre, élévation est, fenêtre dégagée.Bâtiment du chapitre, élévation est, fenêtre dégagée.

6. Couverture

La toiture est recouverte de tuiles rondes à la provençale. Le faîte de la toiture est placé au centre de l'édifice, dans l'axe nord-sud. Deux pans de toit descendent vers l'est et vers l'ouest.

7. Distribution intérieure

L'espace intérieur est actuellement divisé en trois niveaux : deux étages supérieurs sont établis au-dessus du rez-de-chaussée.

Les pièces au rez-de-chaussée servent actuellement de remises, et la pièce Ca à l'étage, la plus belle des pièces, sert à abriter une collection de vêtements cléricaux, d'objets et de livres liturgiques, ainsi que quelques pièces de sculpture et reliquaires anciens. Les autres pièces sont actuellement vides.

Bâtiment du chapitre, premier étage, vue prise vers l'est.Bâtiment du chapitre, premier étage, vue prise vers l'est.

Une inscription lapidaire placée au-dessus de la porte d'entrée occidentale porte l'indication en lettres majuscules AULA CAPITULI. L'inscription laisse donc entendre que l'édifice est l'ancienne maison du chapitre.

La circulation dans l'édifice est actuellement rompue entre les étages supérieurs. L'escalier dans l'angle sud-ouest permet de passer du rez-de-chaussée au premier étage. La cage d'escalier est de plan rectangulaire. L'escalier, percé après coup dans la voûte Ca, est éta­bli sur rampes portées par un mur mitoyen disposé est-ouest ; elles font une révolution continue sans l'interruption d'un palier. Les marches sont faites avec des tomettes en terre cuite, de forme hexagonale, qui sont de type industriel récent ; les marches ont une bordure en bois. A l'étage, le débouché de la cage d'escalier au ras du sol est délimité par un garde-corps en fer forgé qui esquisse une courbure du côté nord. Il s'agit probablement d'une barrière du XVIIIe siècle (de chapelle ?) remployée au XIXe siècle.

Le bâtiment (D)

1. et 2. Cf. dossier ENSEMBLE CATHEDRAL;

3. Matériaux

Localisation

Nature

Mise en œuvre

L'intérieur Db

Rez de chaussée Db

Mur est, partie inf. 62

Moyen appareil en molasse

7 assises horizontales et suivies

Mur est, partie supérieur

Blocage

Enduit en pierre apparente (= mur sud, galerie est du cloître )

Mur sud

Blocage

Parfois assisé, et l'encadrement de la porte 21 en moyen appareil, cohérent avec le parement

A l'étage Db

Mur est

Moellons de formes irrégulières

4 assises horizontales et suivies sauf blocage autour de la porte sans l'angle nord-est

Mur sud

Moellons

Visibles sur une hauteur de 30 cm, moellons en vrac autour des poutrelles de la toiture

Mur ouest

Moellons de formes irrégulières

5 assises horizontales et suivies

Mur sud ( édifice C : zones 88a et 88c)

Moellons de formes irrégulières de petit appareil

Assises horizontales et suivies ; parement extérieur avec baie ouverte sous arc ; cohérent

Escalier

Dalles

Pour les marches

L’extérieur Db

Rez-de-chaussée

Façade sud

Blocage

Élévation inférieure en pierre apparente, avec une surélévation de 2,75 m de haut, bâtie en retrait de 5 cm, en blocage (?) enduit

Façade ouest

Moyen appareil

Voir zone 101 : chaînage d'angle ( visible dans le cloitre : dans l'angle sud-est du préau )

A l'étage

Mur ouest : zones 102 et 103

Moyen appareil en molasse et blocage

Deux assises en moyen appareil ( 102 ) sont surmonté d'une maçonnerie 103 en blocage associé avec la toiture

Mur est

Enduit

4. Structure

Parti du plan

Au rez-de-chaussée, la pièce Db existe partiellement ; le souvenir de son emplacement est conservé par l'angle sud-est du cloître qui est voûté d'arêtes.

A l'étage, l'élévation partielle de la pièce Db existe. Elle a un plan rectangulaire mesurant 4, 31 x 3, 68 dans l’œuvre.

Le reste de l'édifice a été détruit vers 1912 pour faire place à la construction des halles ; celles-ci furent transformées en école commu­nale vers 1930. Deux photographies prises lors des travaux de démoli­tion permettent de reconnaître que l'édifice D était une construction hétérogène, établi sur un plan essentiellement rectangulaire, compor­tant des parties Da-b-e-d-e, bâties contre la façade sud de L'édifice C. Le plan du presbytère dessiné en 1855 permet d'esquisser les différen­tes parties du plan de L'édifice démoli en 1912.

5. Élévations

L'élévation Db

Le mur occidental n'est que partiellement conservé en élévation. Il a été supprimé dans la galerie sud du cloître. Avant sa suppression, le berceau brisé de la galerie sud semble avoir buté à l'est contre lui ; le souvenir de ce collage est conservé dans le berceau actuel. Le mur ouest est actuellement porté au-dessus de la galerie par l'arc doubleau oriental du berceau et par le pilier 15 du cloître.

La façade occidentale se voit dans le préau du cloître où elle apparaît comme une construction hétérogène composée de quatre parties :

1) Dans l'angle sud-est du préau, la maçonnerie en moyen appareil 94a de l'édifice C se poursuit vers le sud et passe sous le pilier 15. Un programme architectural d'envergure réunit les édifices C et D à ce niveau.

2) Dans l'angle sud-est du préau, au-dessus de 94a, est conservé l'angle nord-ouest de Db : c'est la zone 101. L'angle 101 est bâti con­tre L'angle sud-ouest de l'édifice Cet aligné sur ce dernier. L'angle 101 est entamé par le percement de l'arcature orientale du cloître ; le piédroit oriental de l'arc 15 de l'arcature sud est bâti contre lui. L'angle 101 paraît être conservé jusqu'au niveau de la toiture recou­vrant la galerie sud.

3) Au-dessus de cette toiture se trouvent deux assises 102 en moyen appareil. Il s'agit probablement du mur ouest de l'édifice D rebâti sur la voûte de la galerie sud.

4) La surélévation 103 est le pignon en blocage, cohérent avec la toiture recouvrant l'appentis Db actuel.

L'élévation intérieure de Db est partiellement conservée au rez-de­ chaussée dans l'angle sud-est du cloître.

Son mur oriental est conservé sur une hauteur d'environ 1, 70 m ; au­ dessus de ce niveau il apparaît être rebâti. La partie inférieure 62 et 60 est construite en moyen appareil et conservée sur une hauteur de six assises. Ces assises sont par la nature de la pierre et par la technique de constructions similaires à celles du mur de refend ouest de C conser­vées dans le mur oriental du cloître (zones 61 et 60). Comme dans la zone 61, la cinquième assise accuse sensiblement une courbure et par cela conserve le souvenir d'un départ de voûte à environ 1, 33 m du sol actuel dans la galerie. L'assise 60 est toujours haute d'environ 16 cm et buchée au droit du mur ; cependant la pierre 60c conserve en­core une courbure amorcée par l'assise en-dessous.

La maçonnerie 94a à la base de la façade occidentale et les maçonne­ries 60, 61 et 62 suggèrent qu'un programme architectural régissait la construction des espaces Cb-Db qui au rez-de-chaussée étaient réunis sous un berceau longitudinal nord-sud naissant à 1, 33 m du sol actuel.

Au-dessus de l'assise 60, la partie supérieure du mur oriental est reconstruite en blocage. L'homogénéité du blocage est probable, mais on peut voir l'emploi de petits blocs non assisés sous le niveau des conso­les de la voûte d'arêtes Db, et des blocs relativement assisés au-dessus de ce niveau jusqu'à la rencontre avec la voûte.

La porte 64 orientale conserve des traces de trois aménagements dont l'ordre chronologique relatif n'est pas certain : 1) la porte 64, cohé­rente (?) avec la maçonnerie 62 ; 2) des entailles latérales faites dans la cinquième assise de 61 et de 62, peut-être pour recevoir l'insertion d'un arc segmentaire (?) ; 3) le rétrécissement de la porte 64, avec un linteau droit monolithe qui paraît cohérent avec le blocage environnant. La porte 64 est murée.

Le mur sud Db est bâti en blocage cohérent avec la porte 21. Le linteau de la porte est une planche de bois, et les piédroits sont en moyen appareil en molasse. Le parement intérieur vu dans le cloître paraît fait plus soigneusement que le parement extérieur. Le parement intérieur est peut-être une construction homogène sur toute son éléva­tion, et cohérente avec la voûte d'arêtes dans l'angle sud-est du cloî­tre. Dans le parement extérieur du mur sud, en bas et à droite, est conservé apparemment un bloc en moyen appareil appartenant à la maçonne­rie 62 du mur oriental Db. La partie inférieure du parement extérieur est bâtie en blocage; elle porte une surélévation enduite, en retrait de 0, 05 m et haute de 2, 75 m.

La pièce Db à l'étage est bâtie sur la voûte d'arêtes qui couvre l'an­gle sud-est du cloître.

La pièce Db à l'étage n'a conservé qu'une partie réduite de son élé­vation. Elle ressemble actuellement à un appentis construit contre la façade sud de l'édifice C. Ses murs est et ouest s'appuient contre cette façade.

Le mur ouest est une construction hétérogène. Le parement extérieur 102 est bâti avec deux assises de moyen appareil au-dessus de la toiture de la galerie sud du cloître ; ces assises sont surmontées d'une maçon­nerie 103 de pignon faite en blocage cohérent avec la toiture actuelle. Son parement intérieur est fait avec des moellons assisés.

Le mur oriental est enduit à l'extérieur. A l'intérieur on voit que la maçonnerie en moellons assisés est percée après coup par l'0uverture de la porte orientale dans l'angle nord-est de la pièce, et remaniée en haut par la pose de la charpente de la toiture.

Le mur sud est arasé à l'étage ; on ne voit ici qu'une petite zone de maçonnerie en blocage associée avec la charpente de la toiture. Cette zone n'est pas liée dans l'angle sud-est avec le mur oriental.

Le mur nord - la façade sud de l'édifice C - vu dans la pièce Db, est ouvert au centre par une porte 92 qui suggère un volume à restituer à la pièce. La porte 92 est actuellement murée, mais auparavant elle donnait accès à la pièce Cb au premier étage dans l'édifice C.

La porte orientale ouverte dans l'angle nord-est de la pièce Db a un piédroit sud en moyen appareil. Le linteau, une planche de bois, est fiché au nord dans le mur de l'édifice C. La porte orientale s'0uvre dans la pièce Db et donne directement sur un escalier de cinq marches. Le sol dans la pièce Ab se trouve ainsi à environ 1 m au-dessus du seuil actuel de la porte orientale. Le sol paraît ainsi être surhaussé d 1 un mètre pour être posé sur la voûte d 1 arêtes sud-est du cloître. La porte orientale s'0uvre à l'est sur une terrasse de l'école.

6. Couverture

La pièce Db est couverte d'une toiture à pan unique descendant du nord au sud. La charpente est fichée au nord dans le mur de l'édifice C, et posée sur le mur sud rasé au niveau du sol dans la pièce. Deux poutres transversales est-ouest portent la toiture qui est recouverte de tuiles rondes en terre cuite. Db n'a pas de plafond.

Le cloître (E)

1. et 2. Cf. dossier ENSEMBLE CATHEDRAL.

3. Matériaux

Localisation

Nature

Mise en œuvre

L'intérieur

Galerie ouest (Ea)

Mur ouest

Moyen appareil en molasse

Posé en assises horizontales et suivies. 5 exemple de taille en fougère

Arcature

Moyen appareil en molasse

Claveaux des arcs posés à sec

4 exemple de taille en fougère sur claveaux. Ecoinçons appareillés en assises. Sur pilier 1, une taille en diagonale, une en fougère

Voûte

Moyen et petit appareil allongés, en molasse

Posés en assises horizontales et suivies ; dans les reins de chaque travée de voûte 3 trous de boulin ( ou 4 )

Galerie nord (Eb)

Mur nord

Moyen appareil en molasse

Posé en assises horizontales et suivies. Marques de tâcherons sur les contreforts

Arcature

Moyen appareil en molasse

Claveaux des arcs posés à sec. Une taille en fougère sur pilier 5. Ecoinçons appareillés en assises.

Voûte

Moyen et petit appareil en molasse

Posés en assises horizontales et suivies. Rein en moyen appareil

Galerie est (Cb)

Mur nord

En blocage

Mur sud

En blocage

Mur est

  • Partie supérieure

En blocage

  • Partie inférieure

Moyen appareil en molasse

Posé en assises horizontales et suivies. Une taille en fougère prés de l'angle sud-est

Arcature

Moyen appareil en molasse

Claveaux des arcs posés à sec. Sur pilier 13, deux tailles en fougère, une verticale? Ecoinçons en blocage

Voûte

En moellons

Posé en assises relativement suivies

- entre pilier 14 et 15

Moyen appareil en molasse

Posé en assises horizontales et suivies

Galeries sud (Ec)

Mur sud

En moellons, petits et moyens, en molasse

En assises horizontales et suivies

Arcature

Moyen appareil

Claveaux des arcs posés à sec. Ecoinçons appareillés en assises. Pilier 1, deux tailles diagonales, une en fougère

Voûte

Moyen et petit appareil en molasse

Posés en assises horizontales et suivies, le départ est en moyen appareil

Façades extérieurs

L'angle sud-ouest

- mur ouest

En moellons petits et moyens

  • partie inférieure

Posés en trois assises suivies

  • partie supérieure

Blocage

Enduit

- mur sud

Moellons petits et moyens

  • partie inférieure

Trois assises à la base

  • partie supérieure

Blocage

Enduit à pierre vue

Mur 147 ouest (Ea)

Moellons

Assises suivies et horizontales, récemment rejointoyées. Les moellons sont parfois de forme allongée

L'angle sud-est

Mur sud

Moellons

Non assisés ( voir édifice Db )

Façades intérieures côté préau

Galerie ouest (Ea)

- Ecoinçons de l'arcature

En moellons et en moyen appareil en calcaire blanc et en molasse

- Les écoinçons près des piliers d'angle 1 et 5 sont en moellons

- Les écoinçons au dessus des piliers 2 et 3 sont en moyen appareil

- L’écoinçon au dessus du pilier 4 est en moyen appareil en molasse

- La surélévation de l'arcature ( au niveau de la voute en berceau )

moyen appareil en calcaire blanc et en molasse

9 assises horizontales, suivies :

- Les 6 inférieures: en moellons avec joints fins

- les 3 supérieures : en molasse et en calcaire ; l'appareil est plus petit et plus irrégulier, avec joints un peu épais

- A l'étage, au dessus de l'angle sud-ouest du cloître

Blocage avec des galets de rivière

Les galets sont noyés dans du mortier, et ne sont pas posés en assises

Galerie nord (Eb)

Ecoinçons et surélévation des arcs 5 et 9

moyen appareil en calcaire blanc et en molasse

8 assises suivies horizontales :

- 6 assises inférieures bâties en moyen appareil en molasse, joints de mortier fins

- 2 assises supérieures bâties en moyen appareil en calcaire blanc et en molasse, de forme plus petite et irrégulière, joints un peu plus épais

Les assises au-dessus des arcs 8 et 9 penchent sensiblement vers l'est

Ecoinçons et surélévation de l'arc 10, au rez-de-chaussée et à l'étage ( édifice G )

Blocage

Élévation cohérente avec l'arc 10

Galerie est (Ca)

- La façade C

  • Ecoinçons

Blocage

  • Surélévation

Moyen appareil et moellons

Voir : Édifice C ( description )

- L'angle de D

Moyen appareil et moellons

Voir : Édifice D ( description )

Galerie Sud (Ec)

Moyen appareil et molasse

10 assises, suivies et horizontales

4. Structure

Parti de plan : le rez-de-chaussée

Le cloître est organisé autour d'un préau central délimité par quatre galeries. Chaque galerie s'ouvre sur cet espace central par une arcature à double rouleau. Chaque galerie est recouverte d'une voûte. Les largeurs respectives des galeries mesurées près des piliers d'angle (1, 5, 11, 15)et au pilier 16 sont les suivantes :

Galerie ouest (Ea) :

pilier 1 : 3,52

pilier 5 : 3,50

Galerie nord (Eb) :

pilier 5 : 3,50

pilier 11 : 3,50

Galerie est (Cb) :

pilier 11 : 2,80

pilier 15 : 2,70

Galerie sud (Ec) :

pilier 1 : 3,46

pilier 16 : 3,48

pilier 15 : 3,35

La composition des arcades de la galerie est la suivante :

Galerie ouest : 4 arcs

Galerie nord : 6 arcs

Galerie est : 4 arcs

Galerie sud : 5 arcs

Les arcades sont portées par des piliers qui ont les plans suivants :

côté galerie

côté préau

Piliers 1 à 5

angle droit

à 4 ressauts

Piliers 2 à 4

6 à 10

17 à 19

colonnette adossée

cruciforme à 3 ressauts

Pilier 16

colonnette adossée dans un ressaut d'angle

angle droit découpé d'un ressaut latéral

Piliers 12 à 14

pilastre à double chanfrein

cruciforme à 3 ressauts

Pilier 11

angles droits

angles droits

angles droits

à deux ressauts latéraux irréguliers

Cloître. Détail : galerie ouest, base du pilier 1, bas-relief en remploi.Cloître. Détail : galerie ouest, base du pilier 1, bas-relief en remploi. Cloître. Détail : angle sud-ouest, pilier 1.Cloître. Détail : angle sud-ouest, pilier 1.

Le voûtement du cloître est établi sur des travées délimitées par des doubleaux. On distingue quatre travées de plan carré d'angle entre lesquelles se développent des travées droites. Dans la galerie ouest, deux travées de plan carré sont séparées par le doubleau du milieu repo­sant sur le pilier 3.

Dans la galerie nord, deux travées rectangulaires et de longueurs inégales sont séparées par un doubleau central qui repose sur l'arc 7.

Cloître. Détail : galerie nord, mur nord : porte murée et console du doubleau.Cloître. Détail : galerie nord, mur nord : porte murée et console du doubleau. Cloître, galerie nord, élévation sud.Cloître, galerie nord, élévation sud.

Dans la galerie est, la voûte est établie sur une longue travée rec­tangulaire unique.

Dans la galerie sud, deux travées rectangulaires et de longueurs inégales sont séparées par un doubleau central qui repose sur l'arc 17.

Le plan de voûtement montre que la concordance entre les structures de la voûte et de l'arcature ouest ne se retrouve pas dans les galeries nord et sud et diffère également de celle de la galerie est.

Dans le préau n'existe aucune butée bâtie contre les arcatures en vue de contrebuter le voûtement.

Six portes sont ouvertes dans le cloître. Deux permettent de sortir à l'extérieur, la porte orientale 59 dans l'angle nord-est, et la porte occidentale 38 dans l'angle sud-ouest. Trois autres permettent d'entrer dans la cathédrale A : deux se trouvent dans la galerie ouest, la 41 et la 44, et la troisième 54 dans la galerie nord. La porte sud 33 dans l'angle sud-ouest s'ouvre sur un escalier tournant qui donne accès à l'étage Ea au-dessus de la galerie ouest.

Cloître. Détail : travée d'angle sud-ouest, mur sud : porte d'accès à l'étage et baies murées.Cloître. Détail : travée d'angle sud-ouest, mur sud : porte d'accès à l'étage et baies murées.

A l'étage

L'escalier de la porte 33 débouche à l'étage sur un corridor nord­ sud. Le corridor se trouve porté à la fois par le mur périphérique ouest du cloître et par des arcs adossés au parement occidental de ce même mur et qui sont visibles dans la chapelle 3 sud. Deux pièces, situées au-dessus de la galerie ouest Ea, s'ouvrent à l'ouest sur le corridor.

Au-dessus de la galerie est se trouve la pièce Ca de l'édifice C (voir supra, description de l'édifice C).

Au-dessus de l'angle nord-est du cloître se trouve la pièce G voûtée d'arêtes (voir la description de l'édifice G). On accède à cette pièce par l'escalier en vis logé dans le contrefort 7 sud de la cathédrale A. Une porte sud de la pièce G permet de communiquer avec la pièce Ca à l'étage. Deux portes occidentales permettaient probablement de passer de G à un étage bâti au-dessus de la galerie nord, construction qui n'existe plus aujourd'hui.

Un appentis Db est conservé à l'étage au-dessus de l'angle sud-ouest (voir la description de l'édifice D). Aucune construction n'est conser­vée à l'étage au-dessus des galeries nord et sud, ainsi qu'au-dessus de l'angle nord-ouest.

5. Élévation

A. Élévations extérieures

Le mur 147 ouest de la galerie occidentale est parementé soigneuse­ment avec des moellons bien calibrés, de forme parfois allongée. Les moellons sont posés en assises suivies bien rectilignes. Les joints ont été abusivement refaits. Une arcature composée de deux arcs chanfreinés, bâtis en moyen appareil, est adossée au mur. L'arc nord est surbaissé ; l'arc sud, partiellement visible, est segmentaire. L'arcature profonde d'environ 1, 15 m est adossée au mur ouest qui est épais de 0, 90 m.

Dans l'angle sud-ouest, le mur ouest est presque entièrement enduit. A la base de l'élévation, l'enduit ne couvre plus la maçonnerie en moellons. Ceux-ci sont de forme variable, et posés en assises relative­ment suivies. Il y a un ressaut de fondation à la base de l'élévation. Le mur paraît être interrompu au sud et un chaînage bâti en moellons à la base et en moyen appareil au-dessus est établi dans l'angle. La porte 38 en arc segmentaire est percée, probablement après coup, dans le mur.

Dans l'angle sud-ouest le mur sud est bâti en blocage et enduit à pierre vue. Il s'appuie à l'est contre l'église B. Trois assises de moellons sont cependant conservées à la base de l'élévation, près de l'église, sur une hauteur de 0, 45 m. L'élévation paraît ainsi comme un mur d'obturation d'une construction nord-sud, située dans l'aligne­ment de la galerie ouest du cloître, et qui fut amputée au sud.

Dans l'angle sud-ouest, le mur sud est bâti en moellons non assisés son élévation est conservée sur une hauteur de 3, 60 m. La baie 21 n'a plus de linteau. Les piédroits sont faits avec des pierres de taille en remploi, dont certaines pierres longues sont dressées en délit. Le seuil se trouve à 0, 70 m du sol et il est fait de moellons posés en radier (voir description de l'édifice D).

Dans l'angle nord-ouest, le mur nord est ouvert au rez-de-chaussée par une porte en plein-cintre établie sous un arc brisé de décharge. L'élévation au-dessus de cette porte cochère est bâtie en moyen appa­reil (voir description de l'édifice F).

B. Les arcatures

De façon générale, les arcatures sont composées d'une série d'arcs en plein cintre à double rouleau. Elles naissent de deux massifs pi­liers d'angle et reposent sur des piles intermédiaires cruciformes du côté du préau et avec colonnettes du côté de la galerie. Les arcatures reposent sur un stylobate à deux degrés, le plus élevé soutient les piliers, tandis que les colonnettes ont pour appui le degré inférieur.

Les dimensions des ouvertures sans l'arcature sont les suivantes :

Localisation

Hauteur

Longueur

Épaisseur

Galerie ouest

Arc 1

2

3

4

2,12

2,13

2,15

2,15

1,35

1,36

1,37

1,35

0,62

0,62

0,62

0,62

Galerie nord

Arc 5

6

7

8

9

10

2,16

2,13

2,15

2,16

2,14

2,16

1,37

1,35

1,32

1,33

1,23

1,12

0,67

0,67

0,67

0,67

0,67

0,67

Galerie est

Arc 11

12

13

14

2,23

2,23

2,23

2,15

1,14

1,29

1,29

1,29

0,86

0,86

0,86

0,86

Galerie sud

Arc 15

16

17

18

19

2,27

2,23

2,21

2,20

2,18

1,86

1,86

1,86

1,86

1,86

0,67

0,67

0,67

0,67

0,67

Cloître. Galerie ouest, arcades de la partie sud.Cloître. Galerie ouest, arcades de la partie sud. Cloître. Galerie sud. Arcades de la partie est.Cloître. Galerie sud. Arcades de la partie est.

Il ressort de ce tableau que dans la galerie ouest la hauteur et la largeur des arcs sont régulières, autour de 2,13 m et 1, 36 m, respec­tivement. Dans la galerie nord, les arcs 5 à 10 sont de hauteur régu­lière, proche de 2, 14 m ; les arcs 5 à 8 sont larges de 1, 34 m envi­ron, en revanche les arcs 9 et 10 sont de 10 et 20 cm moins larges. La galerie sud présente des dimensions relativement constantes et proches de celles de la galerie nord (mis à part l'arc 15), à savoir 2,20 m pour la hauteur et 1, 35 m pour la largeur. Dans la galerie est, les deux arcs latéraux sont plus étroits (1,14 et 1,19) tandis que seul le 14 est moins haut que les autres qui mesurent 2, 23 m.

L'arc 15 fait exception dans la composition de ces arcatures l'ou­verture est en effet établie sur un arc segmentaire à simple rouleau large de 1, 86 m. En outre son élévation est désaxée vers le sud-est de 0, 15 m par rapport à l'alignement de l'arcature sud.

La galerie ouest a une épaisseur de 0, 62 m, les galeries nord et sud de 0, 67 m, alors que la galerie est a une épaisseur atteignant 0, 86 m. Ces différences d'épaisseur pourraient correspondre à trois temps de construction.

L'épaisseur des murs portés par les arcatures absorbe actuellement les forces d'évasement qu'exerce la voûte vers le préau. Cependant cette épaisseur semble insuffisante pour contrebuter les voûtes : une fissure s'est développée dans le mur sud, du côté du préau, là où s'exerce la poussée de l'arc doubleau du milieu de la galerie sud.

C. L'élévation intérieure des arcatures dans les galeries

Dans la galerie ouest, l'arcature composée de quatre arcs paraît homogène ; elle est bâtie en moyen appareil. Elle s'appuie sur les piliers d'angle massifs 1 et 5 et sur les piliers intermédiaires 2, 3 et 4 où les colonnettes reçoivent le rouleau supérieur des arcs. Ces trois colonnettes sont galbées, les 2 et 3 sont de section circulaire, et la 4 de section octogonale. L'usure du temps a rendu informes leurs bases. Elles sont posées sur des socles carrés, le socle 2 est haut de 0, 12 m, le socle 3 de 0, 13 m et le 4 de 0, 17 m. Les socles reposent sur une assise de pierre en moyen appareil qui paraît cohérente avec les plinthes des piliers d'angle. Les piliers 1 et 5 sont ornés de mou­lures au niveau de leurs bases et à l'arrivée des arcs. Les moulures entourent les piliers de manière continue, tant à l'intérieur qu'à l'ex­térieur. La base du pilier 1 réemploie une pierre sculptée ornée d'un entrelac tripartite dont chaque partie de la tresse est formée elle-même de trois brins. Un des interstices ménagé dans l'entrelac est orné de deux boutons. Ce motif apparait sur une surface haute de 0, 11 m et longue de 0, 33 m.

Les arcs sont ornés de moulures composées d'une doucine et de deux filets. Ce décor est porté par les claveaux des arcs extradossés

L'élévation paraît être reprise au-dessus de l'arcature, où l'assise épouse maladroitement l'extrados des arcs. Cette assise est en moyen appareil à l'exception de la section surmontant l'arc 4, qui est maçon­née avec des moellons. Cette reprise parait cohérente avec le cordon soulignant la naissance de la voûte.

L'arcature de la galerie nord nait du pilier 5, où elle accuse une reprise, et est composée de six arcs. L'élévation de cette arcature n'est pas homogène car il y a une reprise verticale au-dessus du pilier 10.

L'élévation des arcs 5 à 9 est faite d'une seule venue ; elle s'ap­puie sur des colonnettes cylindriques, à l'exception de la colonnette 8 qui présente six facettes. Les bases sont usées mais on discerne encore une composition de deux tores entourant une scotie. Les socles sont rec­tangulaires et ont une hauteur de 0, 12 m. Ils s'appuient sur un stylo­bate maçonné et enduit, dont le sommet est couvert de dalles de pierre.

Les arcs 5 à 9 sont extradossés. Leurs claveaux portent un décor mou­luré formé d'un boudin et d'un bandeau.

L'arc 10 est, en revanche, non extradossé. Il est décoré d'une doucine et d'un filet. Les écoinçons des arcs 5 à 9 sont bâtis en moyen appareil bien assisé, comme l'assise tangente à l'arcature. Il n'y a aucun signe de rupture entre l'arcature et le cordon de la voûte. Par contre, les écoinçons de l'arc 10 sont bâtis en moellons. Cet arc repose sur la colonnette 10, de section circulaire, dont la base est composée de deux tores et le socle rectangulaire est haut de 0, 18 m. A l'est l'arc 10 est encastré dans le pilier d'angle 11 dont il pour­rait être contemporain.

Le pilier a une plinthe droite, haute de 0,16 m au-dessus d'elle, le pilier est taluté.

L'arcature de la galerie est composée de quatre arcs ; au nord, elle est encastrée dans le pilier 11, comme l'arc 10 de la galerie nord. Au sud, elle repose sur le pilier d'angle 15 par l'intermédiaire d'un tailloir. Les piliers intermédiaires 12, 13 et 14 ont des colonnettes engagées, pentagonales.

A la différence des trois autres galeries du cloître, les colonnettes sont dépourvues de chapiteaux. Elles reposent sur des bases ornées d'un listel et d'un tore qui elles-mêmes surmontent des socles d'environ 0, 28 m de hauteur. Le stylobate est maçonné et enduit, et couvert de dalles et de pierres plates.

Les arcs 11 à 14, comme l'arc 10, ne sont pas extradossés. Leurs claveaux portent un décor mouluré : pour les arcs 11 et 12, il s'agit d'un quart-de-rond et d'un bandeau pour les arcs 13 et 14, d'une dou­cine et d'un filet. Les écoinçons de l'arcature sont faits avec des moellons non assisés et noyés dans du mortier. La voûte naît, sans l'in­termédiaire d'un cordon, au droit des arcs 11 et 12 et sensiblement en retrait des arcs 13 et 14.

le pilier 15 est orné a l'est d'une plinthe droite, haute de 0, 17 m et il est taluté. Le milieu de sa face orientale porte les traces d'une fissure verticale due aux mouvements de la structure architecturale. L'assise supérieure est placée en retrait et porte le cordon de la voûte d'angle. La face sud n'a pas de plinthe à sa base, elle est cependant talutée. La construction de ce pilier a peut-être entraîné une reprise de la partie inférieure du piédroit de 11 arc 15 sur une hauteur de 0, 90 m. Cette partie inférieure est maçonnée de sorte qu'elle prolonge le pilier taluté 15. La partie supérieure du piédroit de l'arc 15 est en effet à 0, 07 m en retrait de cette maçonnerie. L'assise supérieure du pilier, comme sur sa face est, est placée en retrait du droit du parement.

L'arcature de la galerie sud naît du pilier 1 où elle accuse une reprise et est composée de cinq arcs. Les arcs 16 à 19 paraissent être bâtis d'une seule venue et retombent sur le pilier 16. Ces arcs repo­sent sur les colonnettes 16 à 19. Les colonnettes sont toutes de sec­tion hexagonale sauf la 18 qui est circulaire. Les colonnettes 17 à 19, comme dans la galerie nord ont des astragales à leur sommet et ne sont pas galbées.

La base des colonnettes 17 et 18 comporte deux tores, celle de la 19, trois tores. Toutes trois sont posées sur des socles hauts de 0, 19 m environ. La colonnette 16 paraît être remaniée : elle n'a pas d'astragale à son sommet et sa base ne comprend pas de tore. Il se peut que la base soit un élément de chapiteau décoré de feuilles d'angle plates ; elle paraît ne conserver que le tiers supérieur d'un chapiteau renversé et remployé. Mais la pierre est très usée par le temps et cette identification est faite avec beaucoup de réserves. Au-dessus de la co­lonnette 16, le sommier de l'arc est entaillé au-dessus du tailloir est-ce un signe de reprise ?

Les arcs 16 à 19 sont extradossés et ornés de moulures formées d'une bordure plate sur un boudin et un bandeau plat. La moulure commence curieusement au-dessus du pilier 16 où elle est absente sur le sommier. Est-ce un signe de reprise ?

L'arc 15, à la différence de tous les autres arcs du cloître, est un arc segmentaire et n'est pas porté par des colonnettes ; il n'est pas décoré de moulures. A l'est, il retombe sur un piédroit dont la partie supérieure est conservée. Cette parti et l'écoinçon sus-jacent sont cohérents avec l'arc 15 et s'arrêtent franchement à la verticale. L'é­coinçon droit de l'arc 15 est bâti en moyen appareil de grand format. Est-ce un signe de reprise ? L'arc 15 bute à l'est contre une construc­tion pré-existante (probablement l'angle 101 de l'édifice D).

Le stylobate des arcs 16 à 19 est maçonné. Sous le pilier 17 est encastrée une petite inscription lapidaire 133 mesurant 0, 17 m sur 0, 08 m. Le stylobate paraît fait en moyen appareil, mais l'enduit empêche d'en faire une lecture assurée. Le pilier 16 pourrait être fondé sur des blocs de plus grandes dimensions. Un sondage archéologi­que, ouvert sur toute la largeur de la galerie par S. Grange, conser­vateur du musée de Cavaillon, et au niveau de l'arc 15 montre ceci : le stylobate sous l'arc 15 et le pilier 16 paraissent être fondés sur le mur nord d'un caveau funéraire(?) 127 .

Le pilier 16, cohérent avec l'arc 15, paraît être dû à une reprise. Les signes de cela sont : la retombée curieuse de la moulure de l'arc 16 au-dessus du pilier 16 ; le sommier entaillé de l'arc 16 au-dessus du tailloir de la colonnette 16 ; la cassure de la colonnette 16 ; l'arc 15 segmentaire unique dans les arcatures ; l'écoinçon droit de l'arc 15 fait avec une grande pierre de taille. La reprise est cohéren­te avec le cordon de la voûte.

C. Élévations intérieures dans le préau

La façade ouest montre quatre temps de construction dans son éléva­tion.

1) L'arcature est posée sur un stylobate fait en moyen appareil assi­sé. Le sommet du stylobate est couvert de pierres plates. Il paraît construit d'une seule venue ; il tourne à angle droit au nord et au sud pour amorcer le départ des stylobates des arcatures nord et sud, et pour recevoir les piliers d'angle 1 et 5. Le stylobate et l'arcature semblent ainsi faire partie de la même campagne de construction.

L'arcature est portée sur des piliers à ressauts cruciformes, qui sont ornés de plinthes et d'impostes moulur. Les arcs sont extrados­sés et décorés d'une moulure composée d'un bandeau plat sur une doucine soulignée par deux filets. Cette moulure est portée sur les claveaux et, dans les angles des piliers 1 et 5, fait un retour à angle droit qui amorce le départ des arcatures nord et sud.

2) Une rupture dans la cohérence de l'élévation se voit au niveau des écoinçons de l'arcature. Les écoinçons 1 et 5 sont faits avec des moellons, les écoinçons 2 et 3 avec des pierres de taille en calcaire blanc et l'écoinçon 4 avec une pierre de taille en molasse.

Au-dessus des écoinçons sont posés six assises en moyen appareil de molasse. Il s'agit d'une maçonnerie soignée située au niveau du berceau brisé de la galerie ouest. Cette maçonnerie fait un retour à angle droit dans l'angle au-dessus du pilier 1, où trois pierres d'attente servent d'amorce pour la façade sud. En revanche la façade nord paraît buter contre cette même maçonnerie, au-dessus du pilier 5.

3) Au-dessus, la façade est bâtie sur une hauteur de trois ou quatre assises en moyen appareil de molasse et de calcaire ; le changement dans la nature de la pierre indique une reprise ou un repentir dans la cons­ truction de l'élévation entre la sixième et la septième assise au-dessus des écoinçons. Les trois assises supérieures font un retour à angle droit au-dessus des piliers d'angle pour se poursuivre de façon conti­nue dans les façades nord et sud.

4) Une construction bâtie à l'étage en blocage enduit se trouve au­ dessus de la moitié sud de la galerie ouest. L'élévation de l'étage est percée de deux fenêtres rectangulaires sans caractère et fait retour à angle droit vers l'ouest, au-dessus du pilier 3. Cette face nord est percée d'une porte sans caractère qui donne accès au corridor.

L'élévation nord est une construction bipartite, composée d'une par­tie en moyen appareil bâtie au-dessus des arcs 5 à 9 et d'une autre en blocage au-dessus de l'arc 10. Cette dernière est en fait l'élévation sud de l'édifice G.

L'élévation des travées 5 à 9 paraît relativement homogène, excep­tion faite de collages associés à la travée 10.

Le stylobate est maçonné avec quelques moellons et du moyen appareil. Il paraît homogène entre les piliers 5 et 8 ; on l'a prolongé après coup vers l'est sous les arcs 9 et 10. Le stylobate est recouvert de dalles sur toute sa longueur. Le stylobate paraît donc ne posséder de cohéren­ce structurale que dans les travées 5 à 8.

Y a-t-il eu une porte libre établie sous l'arc 9 ?

Les arcs 5 à 9 sont portés par des piliers cruciformes comparables à ceux de la galerie ouest. Les piliers sont ornés de plinthes et d'im­postes moulurées. L'arc 10 est porté à l'est par un pilier sans ressaut.

Les arcs 5 à 9 sont faits de claveaux extradossés et moulurés. La moulure est composée d'une bande plate, d'un boudin et d'un bandeau ; elle est similaire à celle de l'arcature sud. L'arcature reprend l'amorce donnée par le tas de charge placé sur le pilier 5. L'arcature 5-9 nord est bâtie en molasse à gros grain, comme l'arcature sud, tandis que l'arcature ouest utilise un calcaire à grain fin pour les claveaux moulurés.

L'élévation ne montre pas de signes de reprise certaine au-dessus de arcs 5 à 9 sur une hauteur de six assises de moyen appareil en molasse. Au-dessus, deux ou trois assises de moyen appareil en molasse et en calcaire blanc complètent l'élévation depuis l'arcature jusqu'au niveau de la voQte de la galerie.

Le pilier 10 est une construction plus récente que les piliers 6 à 9, qui sont très usés par le temps. Le tas de charge sur le pilier 10 est plus grand que celui des piliers 6 à 9, et paraît cohérent avec l'arc 10.

L'élévation des travées 5 à 9 s'arrête pile à la verticale au-dessus du pilier 10, ce qui montre qu'elle bute à l'est contre l'édifice G. Le rouleau supérieur de l'arc 9 est taillé droit à la verticale parce qu'il butait aussi contre l'édifice G. De toute évidence, l'angle sud­ ouest de l'édifice G occupait primitivement l'emplacement du pilier 10.

La travée 10 est surmontée d'une élévation en blocage. Cette éléva­tion est portée de façon cohérente par les piliers 10 et 11 et par l'arc 10. Il est donc évident que l'angle sud-ouest primitif de l'édifice G a été supprimé et rebâti sur toute sa hauteur. Cela explique pourquoi l'édifice G n'a pas de chaînage d'angle sud-ouest au niveau du rez-de­ chaussée, tandis qu'à l' étage le chaînage est décalé vers l'0uest et posé sur la façade en moyen appareil.

L'élévation orientale est différente des autres. Pour l'essentiel, elle est composée en fait par l'élévation occidentale de l'édifice C, percée après coup d'une arcature à quatre baies. Cette élévation montre les rapports de contiguïté des trois édifices conventuels C, D et G. Au-dessus du pilier d'angle 11, l'édifice G bute contre la façade de C. Au-dessus du pilier d'angle 15, l'angle nord-ouest de D (la zone 101) est jointif et aligné sur l'angle sud-ouest de C (la zone 94).

L'arcature fut percée après coup dans ces élévations de C et de D. Le stylobate conserve à droite deux ou trois assises qui se poursuivent au sud derrière le piédroit de l'arc 15. Ces assises semblent conserver le souvenir d'une porte 80 ouverte sous l'arc 13.

L'arcature orientale n'est ni extradossée ni décorée comme l'arc 10 nord. Elle est surmontée d'une zone de blocage qui lui est contemporai­ne. Elle est portée au nord par le pilier 11 ; elle retombe sur ce pilier comme l'arc 10. L'arc 10 (donc la reconstruction de l'édifice G) et le percement de l'arcature orientale sont probablement dus à une même campagne de construction.

Une description plus détaillée de l'élévation orientale du préau est fournie dans celle de l'édifice C.

L'élévation sud est ouverte au rez-de-chaussée par une arcature bipartite, composée d'une travée ouverte sous un arc segmentaire 15 et quatre travées ouvertes sous des arcs en plein cintre 16 à 19.

Le stylobate de l'arcature est une construction hétérogène. Il est peut-être cohérent sous les travées 16 à 19 où il est bâti avec des petites pierres, des moellons et du moyen appareil. Il apparaît cepen dant particulièrement bien fait sous le pilier 16, où il est construit en moyen appareil. Sous l'arc segmentaire 15, le stylobate est construit après coup entre les piédroits de l'arc : l'arc 15 était peut-être à l'origine une porte, comme l'arc 9 nord situé en face.

Les arcs 16 à 19 sont portés sur des piliers à ressauts cruciformes comme à l'ouest et au nord. Les piliers sont ornés de plinthes et d'im­postes moulurés. Les arcs sont extradossés et décorés d'une moulure por­tée par les claveaux. Le profil de la moulure est le même que celle de l'arcature nord (une bande plate, un boudin et un bandeau).

La moulure retombe à l'est jusqu'au niveau de l'imposte du pilier 16, c'est-à-dire à un niveau plus bas qu'ailleurs dans le cloître. Cette retombée basse de la moulure annonce sans doute l'arc segmentaire 15. Celui-ci est extradossé, mais dépourvu de décor mouluré.

Le pilier 16 comporte deux assises inférieures qui sont légèrement saillantes sur le nu de la façade ; les assises au-dessus sont posées au droit du mur. C'est probablement le signe d'une reprise architectu­rale associée à l'arc 15 segmentaire.

Le piédroit de gauche de l'arc 16 et l'élévation qui le surmonte butent à l'est contre l'édifice D. L'élévation au-dessus des arcs 15 à 19 pourrait être homogène. On peut remarquer cependant que deux assises de moyen appareil hautes d'environ 17 cm sont posées au-dessus des arcs comme des assises de réglage ; on peut les suivre sur toute la longueur de l'élévation. Ces deux assises et les quatre posées au-dessus d'elles butent toutes contre l'élévation occidentale. Les trois assises supérieures sont par contre liées à celles de l'élévation ouest.

Cloître. Détail : angle sud-est, élévations sur le préau.Cloître. Détail : angle sud-est, élévations sur le préau. Cloître, galerie est : élévation sur le préau.Cloître, galerie est : élévation sur le préau.

D. Élévations intérieures

L'élévation 37 en moyen appareil du mur ouest est conservée jusque dans l'angle sud-ouest du cloître. A 1,10 m de l'angle est ouverte une porte 38 moderne couverte en arc segmentaire. Le mur paraît avoir été rebâti antérieurement, au même endroit, en moellons au moment de l'amé­nagement d'un enfeu 39 - ou d'une baie - couronné d'un fronton triangu­laire élancé, dont ne subsiste que le rampant droit dans l'écoinçon de la porte moderne. A droite, la maçonnerie 37 est surmontée d'une assise réglée pour recevoir le cordon de la voûte. Deux portes modernes donnent accès à la cathédrale, au vestibule de l'église pour la 44, à la troisième chapelle sud pour la 41. Chacune d'entre elles entame un côté de deux arcs brisés 42 et 43 voisins, de type gothique, actuellement murés.

La base de ces deux arcs est constituée de grands blocs monolithes dont l'un est décoré d'un motif trilobé. L'arc de droite est orné d'une gorge et d'un tore en amande, l'arc de gauche d'un tore circulaire et s'ouvre à 0, 45 m du sol actuel. La hauteur de l'arc de droite est de 2, 20 m environ, celle de l'arc de gauche est de 1, 85 m. La largeur de l'arc de gauche peut être restituée à 2 m environ. La porte 44 du vestibule est couverte d'un arc en plein cintre retombant sur des pilastres à chapiteau toscan de type classique. La porte 41 de la troisième chapel­le sud est couverte d'une platebande.

L'élévation du mur nord est constituée par la face sud des contrefort 4, 5 et 6 de la cathédrale liés entre eux par des cloisons. Dans la cloison 45 entre les contreforts 4 et 5 s'ouvre une petite fenêtre 46 rectangulaire sans décor. Dans la cloison 50 entre les contreforts 5 et 6 s'ouvre une porte 51 percée après coup et couverte d'un arc segmentaire. Son encadrement est orné d'un tore. La porte 51 est murée, sans doute en raison de l'aménagement de la quatrième chapelle sud de la cathédrale. Dans le contrefort 6 est encastré le monument funéraire 52, qui comprend un fronton triangulaire sculpté au-dessus d'une épitaphe. Son fronton a été entaillé pour poser le cordon de la voûte. Entre le monument 52 et la porte se trouve le négatif 57a d'un mur nord-sud disparu, sous la forme de traces d'arrêt des colorations ; il s'agit vraisemblablement du mur ouest de l'édifice G, épais de 0, 67 m. Une porte 54 couverte d'un arc segmentaire appareillé donne accès, par un couloir, au chœur de l'église. La porte 56, actuellement murée, s'ouvrait sous un linteau droit surmonté d'une fenêtre carrée. L'obturation de cette porte pouvait concorder avec la création de l'escalier conduisant à la tribune des fausses orgues de la cathédrale. Une rainure inclinée 49, large de 0, 07 m et profonde de 0, 05 m, est taillée dans le mur à la base de son élévation. Des inscriptions funéraires lapidaires 47 et 49 sont encas­trées dans le contrefort 5, tandis que la 53 et la 70 sont dans le con­trefort 6.

Trois portes s'ouvrent dans le mur est. La 59, la plus grande, près de l'angle nord-ouest, donne accès au passage Fa. Elle atteint le som­met des voûtes du cloître et du passage par un arc brisé chanfreiné. Les montants sont à angle vif, à l'exception de la partie inférieure du montant sud qui est arrondi sur une hauteur de 1, 33 m. La porte 63 centrale s'ouvre dans l'axe du bâtiment C, sous un arc segmentaire. La porte 64, couverte d'un linteau droit monolithe, est murée. Le linteau est fissuré parce que l'arc doubleau qui part du pilier 15 repose au­ dessus de lui. Cette porte a pris la place d'une porte antérieure, dont elle a réutilisé le piédroit gauche et dont l'ouverture était plus large de 0, 26 m. Le piédroit droit de la porte primitive est conservé en place sur une hauteur de 1, 55 m. Le sommet actuel des deux piédroits primitifs est échancré vers l'extérieur, évoquant la pose d'une plate­ bande ou plus probablement une reprise.

L'élévation du mur sud conserve la trace de multiples percements. La porte 21 est une baie rectangulaire à linteau en bois, actuellement murée. Le chaînage en grand appareil 22 est l'angle nord-est de la nef de la deuxième église B. La baie 23, actuellement murée, est de forme rectangulaire et surmontée d'un écusson sculpté. Elle ouvrait à 0, 45 m environ du sol actuel ; il s'agit cependant probablement d'une porte dont le percement a détruit une partie de la porte 24 sur toute l'épaisseur du mur. La porte 24 a été bâtie en deux temps. Le premier état 35 est attesté par une longue pierre 35a établissant le seuil à 0, 08 m du sol actuel et par une portion de piédroit 35 conservé sur 0, 40 m de hauteur. Du deuxième état subsiste l'encadrement d'une porte 24 en plein-cintre bâtie en moyen appareil. Deux arcs brisés jumelés 25 et 30 sont ouverts dans la partie centrale de la galerie, à environ 0, 50 m du sol. Ils sont larges de 1,90 m environ et hauts d'approximativement 1, 80 m. Les encadrements sont ornés d'un tore entouré de part et d'autre par une gorge. Les ouvertures 25 et 30 ont été chacune rétrécies à deux reprises, la 25 par les baies 26 et 27, la 30 par les baies 28 et 29. Parmi ces quatre baies, seule la 28 atteint le sol actuel, les au­tres en restent éloignées de 45 à 55 cm. Au sud du pilier 1, la baie 31 couverte d'un arc en anse de panier a un encadrement fait en mortier exclusivement. La porte 33, proche de l'angle sud-ouest du cloître, donne accès à l'escalier menant à l'étage supérieur de la galerie est. Les piédroits de la porte 33 sont appareillés et son linteau est une planche en bois. Elle se trouve à l'emplacement de deux baies plus an­ciennes, les 32 et 34. De la plus ancienne des deux, la 32, n'est con­servé que le piédroit gauche placé à 0,50 m du sol actuel ; il conserve le départ d'un arc segmentaire. L'arc et le piédroit sont ornés d'un large cavet. Cette ouverture paraît avoir été détruite par l'installa­tion de la porte 24, établie sous un arc en plein cintre appareillé et non extradossé. La 24 a été murée à l'occasion de la création de la porte 13.

E. Le couvrement

Le voûtement des quatre galeries du cloître est hétérogène ; des différences sont visibles dans les modes de voûtement, dans le profil des cordons marquant la naissance des voûtes, dans le type des consoles portant les arcs qui sous-tendent les voûtes, et dans les liens, les ruptures et les collages des maçonneries. Le tableau suivant présente ces données architecturales.

Localisation

Voûte

Profil du cordon soulignant la naissance de la voûte

Profil des arcs sous-tendant la voûte

Forme des consoles à la retombée des arcs

Liaisons

Ruptures

Collages

Galerie ouest

Berceau brisé en moyen appareil

Réglet + tore + cavet + tore

Arc plat + arêtes chanfreinées

- 4 ressauts en quart-de-rond : arc sud, console E et O; arc central, console O; arc nord, console E

- 1 ressaut en quart-de-rond + tore : arc central, console E

- 2 quarts-de-rond + bandeau + 2 baguettes : arc nord, console O

- Entre cordons et consoles

- Entre les appareils des deux travées

- Consoles E du doubleau central et O du doubleau nord différentes des autres

- sur le mur ouest, consoles des croisées d'ogives N-O et S-O et du berceau brisé O

Angle nord-ouest

Croisée d'ogives en moyen appareil

Tore à listel entre 2 baguettes + quarts de rond

- 4 quarts-de-rond : consoles N-E et S-E

- 4 ressauts plats : consoles N-O et S-O

- Entre les retombées de la croisée et celles des berceaux ouest et nord : programme architecturale ?

Galerie nord

Berceau brisé en moyen appareil

- Réglet + tore + cavet + baguette

- Bandeau + doucine : cordon S au dessus de l'arc 10

- 2 quarts-de-rond : cordon S au dessus du pilier 11

Arc plat + arêtes chanfreinées

- 4 quarts-de-rond : arc ouest, consoles N et S

- Pyramide renversée : arc central, culot 131 N

- Entre cordon nord et culot 131

- Entre les appareils des 2 travées

- Entre les maçonneries 57 et 58 au S ( même assises )

- De niveau entre les consoles du doubleau O et les cordons

- Le doubleau central n'a pas de console S

- Changements de profil du cordon S dus aux reprises 57 et 58

- Rectilignes 57 et 58 dans la maçonnerie du berceau : prolongement du berceau vers l'est d'environ 2,20m, en 3 phases :

1. 57, pour porter le mur ouest de G

2. 58, pour porter le plancher de l'étage de G

3. doubleau est, lors de la reconstruction du G

Voûte d'arêtes en moellons assisés

- 2 quarts-de-rond

- Entre la voute et le doubleau O de la galerie nord ( 3 assises communes au départ de l'arête N-O )

Berceau brisé en moellons assisés

Arc plat + arêtes chanfreinées

- 2 quarts-de-rond : Arcs N et S

- Maçonnerie identique à celles des voûtes d'arêtes N-E et S-E

- Repentir au milieu du berceau en moellons assisés ; à l'est, bandeau de 0,90 m de large en moyen appareil sous le mur sud de C

- Partie du berceau en moellons collée sur la section en moyen appareil

- Section en moyen appareil collée sur le doubleau sud

Angle sud-est

Voûte d'arêtes en moellons assisés

- 2 quarts-de-rond

- Entre les doubleaux sud ( de la galerie est ) et est ( de la galerie sud ) et les arêtes : retombées cohérentes sur les mêmes consoles

Galerie sud

Berceau brisé en moyen appareil

Réglet + tore + cavet + baguette

Arc plat + arêtes chanfreinées

- 2 quarts-de-rond : arc est

- 4 quarts-de-rond :

arc ouest, console N

- Cordon identique à celui de la galerie nord

- Voûte et doubleaux identiques à ceux des galeries ouest et nord

- retombée N du doubleau central directement sur le cordon comme dans la galerie N

- Entre le berceau et le doubleau 128 qui porte l'élévation sud de D

- Absence de consoles au nord du doubleau central et au sud du doubleau ouest

- Doubleau est 128 collé sur le berceau

Angle sud-ouest

Croisée d'ogives en moyen appareil

- 4 quarts-de-rond : console N-E

- Fragments sculptés en remploi : consoles N-O et S-O

- Entre les retombées de l'ogive N-E et des doubleaux des galeries sud et ouest sur la console du pilier 1

- Entre la croisée et le doubleau ouest de la galerie sud : l'ogive S-E retombe sur le sommier sud du doubleau, orné d'un tore et posé sur le cordon

Ce tableau permet de constater que les galeries ont été voûtées en deux temps :

1)Les galeries ouest, nord et sud, y compris les angles nord-ouest et sud-ouest.

2) La galerie est, y compris les angles nord-est et sud-est. Les ruptures dans le voûtement du cloître se trouvent au nord du pilier 10 et au sud du pilier 15.

Cloître. Galeries nord et ouest vues de l'angle nord-ouest.Cloître. Galeries nord et ouest vues de l'angle nord-ouest. Cloître, angle nord-est.Cloître, angle nord-est.

Dans un premier temps, le programme de voûtement des trois galeries ouest, nord et sud paraît avoir été réalisé par étapes. La cohérence globale se voit au-dessus des piliers d'angle 1 à 5 où retombent de façon cohérente les arcs doubleaux des berceaux brisés et les ogives des voûtes quadripartites. La voûte de l'angle nord-ouest paraît avoir été réalisée après le berceau occidental à en juger par le collage des consoles sur le mur nord. Les deux voûtes d'angle ont des voûtains techniquement identiques, mais des ogives d'un profil différent, ce qui suggère qu'elles appartiennent à des campagnes de construction différen­tes. Les berceaux nord et sud sont identiques : leurs cordons ont le même profil (qui est d'ailleurs assez proche de celui des cordons de la galerie ouest). Il est donc possible que les berceaux nord et sud soient dus à la même campagne de construction, ce qui expliquerait le traitement similaire de la retombée de leur doubleau central au-dessus d'un arc du côté préau. Le cordon nord dans la galerie nord est posé plus haut que la console à l'ouest : ce décrochement était apparemment nécessaire pour faire passer le cordon au-dessus de la porte 51 et du monument funéraire 52. La porte 51, la console 131 et le cordon nord forment un ensemble apparemment cohérent. En revanche le cordon nord traverse après coup le fronton du monument 52. Le voûtement est donc postérieur au 52 et contemporain de 51 et 131. Au sud, la voûte d'ogive semble avoir été bâtie après le berceau sud : cela est montré par la console 130, qui est placée sur le cordon sud et qui sert d'appui à l'ogive de la voûte d'angle sud-ouest.

L'ordre chronologique relatif des campagnes du voûtement est : 1) berceau nord ; 2) voûte d'ogive nord-ouest ; 3) berceaux nord et sud; 4) voûte d'ogive sud-ouest.

Des ruptures dans les berceaux se trouvent au nord du pilier 10 et au sud du pilier 15. Ces ruptures correspondent à la suppression des murs occidentaux des édifices G et D dans les galeries.

Dans un deuxième temps, la suppression de ces murs a précédé la réa­lisation d'un programme de voûtement de la galerie orientale sur le modèle des trois autres. La cohérence architecturale du berceau brisé oriental et des voûtes d'arêtes nord-est et sud-est apparaît dans la similitude de leur maçonnerie et du profil de leurs consoles : les voûtains sont en moellons assisés, à l'exception des zones en moyen appareil qui portent à l'étage les murs des édifices G, C et D. A la même campagne peut être attribuée aussi la reconstruction des murs nord et sud et de la partie supérieure du mur est dans la galerie orientale, ainsi que le percement de son arcature. La galerie orientale apparaît comme une entité architecturale cohérente.

F. A l'étage : l'intérieur Ea

La cage d'escalier sud-ouest paraît avoir entamé la façade ouest de l'église B, dans l'angle nord-ouest de la nef. L'angle nord-ouest de B est arasé à 3, 75 m au-dessus du sol actuel de la galerie du cloître ; l'angle arasé forme un ressaut à l'est dans la cage d'escalier. Un deu­xième ressaut est conservé à la même hauteur au-dessus de la porte 34, dans le mur nord de la cage d'escalier. Ces deux ressauts ont peut-être servi d'appui au plancher d'un étage (disparu) à restituer à environ 4,05 m au-dessus du sol du cloître. Avant la création de la cage d'es­calier, l'arc 34 couvrait une grande porte dans le mur périphérique sud du cloître, qui faisait communiquer la galerie ouest du cloître avec le rez-de-chaussée situé au-dessous de cet étage.

La cage d'escalier donne accès à l'étage Ea actuel. Ses parois inter­nes sont enduites.

Le corridor nord-sud commence au sud au droit du mur périphérique sud du cloître. Au nord, il est tronqué par la toiture posée sur la moitié nord de la galerie occidentale. Il faut donc imaginer que le corridor actuel continuait primitivement plus loin au nord jusqu'au mur de la troisième chapelle sud à l'étage. Une porte sans décor est percée dans le mur nord du corridor, à 1, 15 m environ au-dessus du sol dans ce dernier.

Deux pièces existent à l'étage. A l'origine, il s'agissait d'une seule pièce, que l'0n a subdivisée en deux. La structure intermédiaire est un placard qui s'0uvre dans la pièce nord et qui servait à entre­poser les vêtements sacerdotaux.

Les murs sont enduits. Les fenêtres orientales et les portes occiden­tales sont sans caractère, leurs encadrements en bois datent du XXe siècle.

Le sol est recouvert d'un carrelage en terre cuite (pré-industriel ?) .

Le bâtiment (F)

Vue d'ensemble prise du nord-est : à gauche le chapitre, au centre le bâtiment F, à droite le chevet de la cathédrale.Vue d'ensemble prise du nord-est : à gauche le chapitre, au centre le bâtiment F, à droite le chevet de la cathédrale.

1. et 2. Cf. dossier ENSEMBLE CATHÉDRAL.

3. Matériaux

Localisation

Nature

Mise en œuvre

Intérieur Fa

Rez-de-chaussée (Fa)

Mur nord

- Piédroit de la porte 59

Moyen appareil en molasse

Bâti en assises contre le contrefort 7 de l’église A ; cohérent avec la porte 132

- Face sud du contrefort 7 de l'église A

Moyen appareil en molasse

Entaillé pour lancer l'arc transversal 78 et bûché pour supprimer le départ de la voute 79. L'assise 79 introduite après coup dans 7

Mur sud ( élévation nord de l'édifice C )

Moyen appareil en molasse

Entaillé pour lancer l'arc transversal 78 et bûché pour supprimer le départ de la voute 79.

Mur est

Porte 86

Encadrement

Moyen appareil en molasse

Posé avec joints de mortier relativement fins

Tympan

En blocage

Entourant l'encadrement en pierre de taille d'une fenêtre rectangulaire sous un arc brisé

Voûte

Moellons

Assisés et noyés dans du mortier

Sol

Ciment

A l'étage ( Fa )

4 Murs

Enduits

Voûte

Moellons irréguliers

Intrados enduit sauf une petite zone : moellons ( assisés ? ) noyés dans du mortier

Sol

Dalles de pierre

Dallage ancien

L’extérieur Fa

Élévation oriental

Porte 86 et arc brisé de décharge

Moyen appareil en molasse

Assisé avec joints de mortier fins

Parement

Moyen appareil en calcaire blanc et en molasse

Assisé avec joints de mortier. Les 9 assises au dessus de l'arc brisé sont en calcaire blanc ; les 8 assises supérieures en molasse

Cote ouest

Porte 59

Moyen appareil en molasse

Assisé avec joints de mortier un peu épais

Intérieur Fb

Mur nord

Moyen appareil

C'est l'abside de la cathédrale A

Mur ouest

- à droite

Moyen appareil

C'est le contrefort 7 de la cathédrale A

- à gauche

Moyen appareil

C'est l'élévation orientale Fa

Mur sud

Moyen appareil

C'est l'élévation nord de l'édifice C

Mur est

Disparu

4. Structure

Parti de plan

Les constructions Fa et Fb sont délimitées au nord par la cathédrale A et au sud par l'édifice C.

La construction Fb n'existe plus ; elle a laissé des traces de son aménagement interne sur deux niveaux. Ces traces se voient au nord et au sud.

La construction Fa est délimitée à l'ouest au rez-de-chaussée par le cloître E et à l'étage par la salle G voûtée d'arêtes.

Au rez-de-chaussée, l'espace Fa s'ouvre actuellement à l'ouest dans le cloître par la porte 59 et, à l'est, à l'extérieur de l'église par la porte orientale 86. Cette dernière est précédée par un degré exté­rieur de deux marches. L'espace Fa, établi sur un plan rectangulaire, est recouvert d'un berceau brisé longitudinal.

A l'étage, la salle Fa, plus courte du côté ouest, est établie sur un plan carré, et couverte d'un berceau en plein cintre.

On communique entre les deux étages de Fa par l'escalier en vis logé dans le contrefort 7 de la cathédrale.

A l'étage, la salle Fa communique par une porte occidentale avec la salle G. A ce niveau, la salle Fa est éclairée par une fenêtre orientale.

Une porte sud-ouest de l'escalier 7 en vis, actuellement murée, s'ou­vrait à environ 4 m au-dessus du sol de Fa, pour donner accès à un étage qui n'existe plus aujourd'hui.

5. Élévations

L'intérieur de la construction Fa

Au rez-de-chaussée

Les murs latéraux nord et sud portent tous les deux les traces de l'aménagement d'un couvrement bipartite :

1. l'arc transversal 78

2. la voûte 79.

Ce couvrement n'existe plus. De la voûte n'est conservée que la pier­re 79A (sommier) placée au sommet du mur nord et remployée pour recevoir le rouleau supérieur de l'arc de couvrement de la porte orientale 86.

La voûte 79 couvrait l'espace Fa au rez-de-chaussée ; elle butait, semble-t-il, à l'ouest contre l'arc 78 qui portait le mur ouest de l'étage de l'édifice G. Le rouleau supérieur de la porte 86, en arc segmentaire, conserve probablement le souvenir de la voûte 79. Les naissances nord et sud de la voûte étaient faites avec une assise de moyen appareil en calcaire blanc, haute de 0, 17 m, qui ressemble à l'assise 60 du mur oriental du cloître. Cette assise 79 se trouve, au nord, à 2, 75 m du sol et introduite après coup dans le mur ; au sud, elle est cohérente avec le mur et à 2, 62 m de hauteur. Les pierres de l'assise 79, au nord et au sud, ont été bûchées au droit des parements. Le négatif de la voûte, épaisse de 0, 32 m, est conservé des deux côtés, juste au-dessus de l'assise 79 où des entailles témoignent de la suppres­sion de la voûte entre 79a et 78.

Les murs nord et sud, à environ 1, 20 m au-dessus de l'assise 79 conservent des traces 115 de rubéfaction par le feu. Ces traces sur le mur nord permettent de reconnaître le négatif de l'arc 78, large de 0, 57 m, ainsi que le niveau de l'ancien étage, établi à environ 4, 10 m au-dessus du sol, sur la voûte 79.

La voûte 79 se prolongeait sans doute vers l'est, dans l'espace Fb. Sur le mur sud de celui-ci (voir l'élévation nord de l'édifice C) sont conservés les traces d'une entaille 81, probablement celle d'une voûte. L'entaille 81 se trouve au même niveau que la 79. En revanche l'assise en calcaire blanc ne se trouve plus sur le mur sud dans l'espace Fb. L'entaille 81 est haute d'environ 0, 32 m. Dans le mur nord, la porte 132 nord fut percée après coup dans le parement du contrefort 7 ; son linteau droit monolithe paraît cohérent avec le piédroit de la porte 59 occidentale.

Dans le mur est, la porte orientale 86 remploie la pierre 79A qui appartenait à la voûte 79. La porte orientale semble avoir été cons­truite après la suppression de la voûte 81 dans Fb.

La porte 86 orientale est couverte d'un arc en plein cintre à deux rouleaux, dont le rouleau supérieur, un arc segmentaire, est adossé à un arc préexistant, lui aussi segmentaire. L'arc préexistant paraît être collé à la pierre 79A de la voûte 79, peut-être à un moment où cette voûte était encore en place.

L'arc segmentaire préexistant et le rouleau supérieur qui lui est adossé portent tous les deux l'élévation de la façade : un tympan éta­bli sous un arc brisé et ajouré d'un fenestron (actuellement muré).

La porte orientale 86 est couverte d'un arc en plein cintre. Ce dernier est le rouleau inférieur, qui comporte une embrasure segmen­taire interne, conforme à une arrière-voussure. Le rouleau supérieur est lissé au plâtre pour le raccorder maladroitement au tampon sous l'arc brisé de décharge. Ce raccord de plâtre démontre que la voûte 79 n'existait plus au moment de la construction de la porte.

Le mur ouest est entièrement ouvert sous l'arc brisé de la porte 59. L'arc brisé de la porte s'enchaîne dans la voûte en berceau brisé ; la porte 59 ouest et l'actuelle voûte Fa constituent un ensemble cohérent. Cette voûte tardive, légèrement rampante, obture partiellement le fenes­tron du tympan oriental.

A l'étage

Le mur oriental est épais de 0, 48 m, sur une hauteur de 1, 50 m ; au-dessus de ce niveau, son épaisseur se réduit à 0, 40 m. Le décrochement se fait au niveau du linteau de la fenêtre orientale. Cette baie est rectangulaire, et sans caractère.

La porte nord est couverte d'un arc segmentaire. L'ouvé mesure 1, 60 x 0, 65 m (cette baie est identique à la porte occidentale au rez-de-chaussée de l'escalier, s'ouvrant dans G).

La porte ouest a un linteau droit ébrasé permettant de descendre un degré dans la salle G voisine à l'étage. La baie mesure 1, 80 x 0, 70 ; elle est sans caractère.

La voûte en plein cintre, légèrement rampant, naît des murs nord et sud sans l'intermédiaire d'un cordon.

Le sol est recouvert d'un dallage de pierre.

L’extérieur Fa

L'élévation orientale est portée par un arc segmentaire, dont le poids de tassement est réparti latéralement par un arc brisé de décharge. Une petite fenêtre rectangulaire est ouverte sous l'arc brisé, et une autre est percée à l''étage. La fenêtre dans le tympan est murée.

L'élévation de la façade orientale conserve des traces d'une, sinon de deux reprises :

- la première est l'arc en plein cintre de la porte 86 qui est extra­dossé à un arc segmentaire préexistant. La porte mesure 2, 85 m de haut sur 2, 14 m de large ; ce sont en principe les dimensions d'une porte cochère

- la deuxième se voit dans les huit assises supérieures de l'éléva­tion, où le moyen appareil est en molasse et non plus en calcaire blanc comme les assises inférieures.

La façade ouest est percée de la grande porte 59 dont l'ouverture mesure 5, 10 x 2, 34 m. L'arc brisé de la porte est chanfreiné et retom­be légèrement plus haut au sud qu'au nord.

L'espace Fb

Fb a été alternativement un espace non bâti et bâti. Actuellement l'espace Fb est un lieu non bâti. Son sol est caladé et s'ouvre vers l'est sur la place Abbé Béranger.

L'espace Fb est délimité sur trois côtés par des murs : - au sud, par l'élévation nord de l'édifice C ;

- au nord, par l'abside de la cathédrale A ;

- à l'ouest : - à droite, par le contrefort 7 de A

- à gauche, par la porte 86 de Fa.

Au sud, l'élévation de l'édifice C porte des traces des structures suivantes qui ont été insérées successivement dans son parement :

1) Deux arcs 74 et 75 tracés en plein cintre, hauts de 3, 60 m et larges de 2, 80 m, reposaient sur trois piédroits larges de 0, 33 m et hauts de 2, 10 m. Le piédroit 71 à gauche se trouvait à 0, 75 m de l'angle nord-ouest de la façade : son négatif est conservé par une zone de maçonnerie reparementée en moyen appareil. Les piédroits 72 du milieu et 73 à droite ont laissé quelques entailles dans le parement. Le tracé des arcs est gravé dans le parement comme pour marquer l'emplacement d'un décor architectural.

2) Deux arcs brisés 76 et 77, hauts de 3, 50 m et larges de 2, 25 m, ont remplacé la structure précédente, ce qui a partiellement effacé le tracé des arcs 74 et 75 en plein cintre. Le négatif des deux arcs brisés n'est entaillé que sur une profondeur de 0, 05 m dans le parement de la façade. La trace d'un piédroit 87 à gauche est conservée à 1, 60 m de l'angle nord-ouest de la façade.

3) Une voûte longitudinale est-ouest naissait à 2, 80 m du sol. La façade à ce niveau est entaillée sur presque toute sa longueur pour recevoir le départ de cette voûte, qui implique la suppression des arcs 76 et 77. Le négatif de la voûte s'arrête à gauche à 0, 70 m de l'angle nord-est de l'édifice C, dans une zone de remaniement difficile à lire. A droite elle paraît buter contre l'arc segmentaire de la porte 86.

4) Une charpente 82 pour un plancher a été ancrée dans la façade de l'édifice C, à environ 3, 50 m au-dessus du niveau du sol Fa actuel. La façade conserve les négatifs de 13 solives nord-sud de section rectangulaire qui constituaient le plancher 82. Les traces de la charpente s'arrêtent à l'est au niveau du trou 83, de forme rectangulaire : peut­ être s'agit-il du départ d'un arc transversal nord-sud qui aurait délimité à l'est le sol de l'étage ?

Au nord, dans le parement extérieur de l'abside cathédrale, sont conservés les négatifs du même plancher 82 à solives.

Deux portes semblent avoir été ouvertes, l'une au sud et l'autre à l'0uest, pour donner accès à l'édifice Fa à l'étage :

- la porte 84 percée au sud dans l'élévation de l'édifice C, s'0uvrait à un degré au-dessus du sol 82.

- la porte ouest s'ouvrait à un degré sous le même plancher. Cette porte ouest fut percée après coup dans la cage d'escalier du contrefort 7 de la cathédrale. La porte fut couverte d'un arc segmentaire orné d'une baguette ; celle-ci descendait sur les piédroits. La porte ouest (comme la porte 84 sud d'ailleurs) est actuellement murée. Elle a été repercée d'un petit jour, étroit comme une meurtrière.

La toiture de l'édifice Fb a laissé une trace de son encastrement au sud. Cette trace se trouve au sommet de l'élévation de l'édifice C ; elle part du niveau de la corniche Fa pour descendre en pente douce vers l'est, comme un appentis.

6. Couverture

La construction Fa est couverte d'une toiture à versant unique, descendant vers l'est. Elle porte la typique couverture de tuiles rondes en terre cuite.

7. Distribution intérieure

L'espace Fa sert au rez-de-chaussée de passage voûté, soit de tam­bour d'entrée du cloître, et, à l'étage, de lieu de passage vers la salle G voûtée.

L'espace Fb est un lieu non bâti et dégagé devant la porte cochère du cloitre. Il s'ouvre à l'est sur la place Abbé Béranger.

La boulangère voisine a vu des inhumations sous la place lors des travaux de voirie récents.

Le bâtiment G

1. et 2. Cf. dossier ENSEMBLE CATHÉDRAL.

3. Matériaux

Localisation

Nature

Mise en œuvre

Mur sud extérieur

Blocage + moyen appareil

Pas de chaînage contre le mur de la galerie nord du cloitre. Chaînage irrégulier au-dessus. Remplois

Mur ouest extérieur

Enduit (blocage)

Mur est ( étage au-dessus du passage )

Enduit dans Fa

4. Structure

Ce bâtiment se partage entre un rez-de-chaussée comprenant l'angle nord-est du cloître, le volume où se loge l'escalier conduisant à la tribune du faux orgue et l'entrée ouest du passage Fa, et un étage abritant un volume de plan carré voûté d'arêtes limité au nord par l'élévation sud du chœur, à l'est par le contrefort 7 (escalier en vis) et l'étage de Fa aligné sur ce contrefort. Cet étage est acces­sible depuis l'escalier en vis du contrefort 7 et donne sur le premier étage de Cb. Deux portes murées rectangulaires ouvraient au-dessus de la galerie nord du cloître.

5. Élévations

Élévations intérieures

Au rez-de-chaussée les murs ouest, sud et est n'existent pas. Les murs correspondants, à hauteur de l''étage, sont portés par les voûtes du cloître et la voûte du passage Fa. L'angle sud-ouest repose sur le pilier 10 du cloître. Quant au mur nord, c'est sur toute sa hauteur le côté sud du centre les contreforts 6 et 7.

A l'étage on observe : - Mur sud : collage de l'angle nord-ouest du bâtiment C.

- Mur ouest : collage de l'angle sud-est du contrefort 6, au-dessus du piédroit droit de la deuxième porte.

- Mur nord : baie rectangulaire ouvrant sur le revers du faux orgue à droite sorte de niche rectangulaire attenante.

- Mur est : dans l'angle nord-est, trace 65 arrondie oblique ressem­blant à une retombée de formeret plaqué sur le contrefort 7 ; au-dessus du piédroit gauche de la porte, colla9e de l'angle sud-ouest de ce contrefort.

Les assises du mur nord (chœur) ne s'alignent pas sur celles des contreforts 6 et 7.

Dans les quatre angles, culots cubiques sur une doucine.

6. Couverture

Appentis à l'ouest. Tuiles creuses.

7. Distribution intérieure

A l'étage, murs et voûtes sont enduits et badigeonnés. Sur la voûte trace de lignes sombres peintes sur les arêtes.

NOTE DE SYNTHÈSE 1

A. L’ÉPOQUE ROMAINE TARDIVE

Le cloître a apparemment été réalisé selon un programme architectural prévoyant la construction des trois galeries ouest, nord et sud, appuyées vers l'est contre l'alignement de bâti formé par les édifices G, C et D. Les trois galeries ajourées d'arcatures délimitaient un préau central de plan rectangulaire, bordé à l'est par le passage voûté Cb-Db.

Les particularités du programme - création de trois et non de quatre galeries, sur un plan rectangulaire et non carré - semblent tenir compte de la préexistence du bâti nord-sud établi entre le chœur de la cathédrale A et l 'église B par les façades occidentales des édifices G, C et D. Le cloître est donc postérieur à toutes ces constructions et ne peut être daté avant le début du 13e siècle.

L'élévation des arcatures montre que le chantier s'est déroulé en deux campagnes. L'arcature ouest, avec ses retours d'angle amorçant le départ des arcatures nord et sud au-dessus des piliers 1 et 5, fut réalisée durant la première campagne. Les arcatures nord et sud firent l'objet de la deuxième campagne. La régularité des dimensions et des formes données aux piliers ainsi qu'aux arcs moulurés des trois galeries autorisent à penser que les deux campagnes furent rapprochées dans le temps.

Les chapiteaux 2 des arcatures se divisent en deux groupes appartenant à deux périodes distinctes, 1160-118pour le premier, 1200-1220 pour le second, d'où l'hypothèse que le fond d'un atelier de sculpture fut acheté pour permettre de réaliser rapidement la mise en œuvre des arcatures des trois galeries.

Les récentes données chronologiques établies sur les chapiteaux autorisent à penser que les trois arcatures furent bâties au plus tôt dans les années 1200-1220.Le style architectural des arcatures ne contredisant pas une datation haute, on peut placer la création du cloître tardivement, dans le premier quart du 13e siècle.

Le cloître a été créé dans une cour qui apparaît délimitée sur trois sinon quatre côtés:

1 : au sud, par la nef de 1'église B, attribuée au 2e quart du 11e siècle.

2 : à l 'ouest, peut-être par le mur 147, dont le parement occidental (visible dans la 3e chapelle latérale sud) est bâti avec des moellons bien calibrés et soigneusement assisés. Comparé au mur nord de B, au mur ouest de A et au mur 88 sud de C, on peut placer provisoirement sa construction au tournant du 12e siècle, sans pouvoir l'affirmer.

3 : à l'est, par les façades des édifices C, D et O.

4 : au nord, par la nef de la cathédrale A, dont les contreforts furent bâtis dans la cour.

Pour porter la couverture du cloître, on a apparemment reparementé le mur ouest en moyen appareil bien assisé. Au nord, on a bâti des cloisons entre les contreforts 4, 5 et 6, alignées sur la face sud de ces butées.

L'élévation du cloître du 13e siècle ne semble pas s'être conservée dans ses parties hautes.

- à l 'ouest, l'élévation de l'arcature montre des traces de reprise au-dessus des arcs et de leurs écoinçons, à la fois au-dedans et au-dehors de la galerie. Le mur ouest en moyen appareil porte la trace d'une reprise au niveau de l 'assise supérieure associée au cordon de la voûte.

- au nord, le monument funéraire gothique (52)3 a le sommet du fronton entamé par le cordon de la voûte.

- au sud, le pilier 16 montre les signes d'une reprise associée avec la construction de l'arc segmentaire 15 et de son piédroit oriental. Le cordon de la voûte sud dans la galerie paraît cohérent avec l'arc 15, de même que toute la surélévation murale portée par l'arcature sud du côté préau.

Ces traces de ruptures et de collages suggèrent la restitution suivante. A l 'origine, le préau du cloître a été bordé d 'arcatures composées uniquement d'arcs en plein cintre : quatre arcs à l 'ouest, cinq au nord et six au sud. Les trois galeries étaient charpentées et non voûtées. Ce type de couvrement est suggéré par l'absence de contrebutement pour les arcatures (épaisses de 0,65 m), comme il était d'usage pour les cloîtres voûtés romans tardifs de Provence.

B. L’ÉPOQUE GOTHIQUE

Les trois galeries ont été couvertes avec des berceaux brisés porté par des arcatures et avec des voûtes sur croisée d 'ogives dans les angles nord-ouest et sud-ouest.

C'est au cours de ces travaux que l 'arc 15 segmentaire paraît avoir été ouvert, probablement grâce à la suppression de deux travées de l 'arcature sud primitive. Cet arc segmentaire s'ouvrait dans l 'angle sud-est du préau, en face de la porte 24 de l'avant­ chœur de l 'église B. L'arc segmentaire suggère qu'un lavabo-puits fut établi dans l'angle sud-ouest du préau. Logiquement, cela suggère un itinéraire réservé aux chanoines qui, sortant de l 'église B pour passer au réfectoire, se lavaient les mains à ce lavabo. Si cette hypothèse est juste, l 'église B servait peut-être d 'église canoniale. Le réfectoire se trouvait probablement à l 'étage dans la grand salle voûtée Ca. 4

L'arc segmentaire 15 et le voûtement du cloître sont datés par les éléments suivants :

- le profil du cordon ressemble à celui utilisé dans la galerie orientale du cloître de Saint-Trophime d'Arles, daté du début des années 1200-1220.5

- le culot 151 et la porte 51 du mur nord, sous le doubleau du milieu, sont cohérents avec le cordon de la voûte. Le culot 151 , en pyramide renversée, rappelle celui du corps-de-logis à Oppède-le-Vieux, daté de la première moitié du 14e siècle. 6 La porte pourrait dater de cette période, mais des recherches seront nécessaires pour pouvoir l'affirmer.

- le cordon du mur nord a entamé le fronton du monument funéraire gothique 52 de Rostaing Belinger, mort en 1261.

- les retombées des voûtes d'ogives et des berceaux brisés convergent de façon cohérente sur les culots portés par les piliers d'angle 1 et 5. Le profil des ogives gothiques, avec un filet axial sur les tores est, en principe utilisé dès la fin du 13e siècle. 7

Ces données chronologiques indiquent que le voûtement du cloître et la création de l'arc 15 remontent à la première moitié du 14e siècle.

La fonction funéraire du cloître est bien attestée pour l'époque gothique.

Le sondage de S. Grange a montré la présence d'inhumations dans le sous-sol, sous le dallage actuel. Celui-ci ne porte plus de traces de caveaux funéraires et est donc postérieur à la Révolution. Deux caveaux 126 et 127 ont été mis à jour dans le sondage. Le mur nord du caveau 127 a été remployé pour fonder le pilier 16 et le mur-bahut sous l 'arc 15. Ce caveau est donc antérieur au voûtement du cloître au 14e siècle.

Des inscriptions lapidaires funéraires sont encastrées dans le mur nord du cloître, plus exactement dans les faces des contreforts de la nef : 47 et 48 dans le contrefort 5, 52, 53 et 70 dans le contrefort 6. Leur situation exclut de les utiliser pour la datation du cloître 8 parce qu'elles ne sont pas placées dans les cloisons entre les contreforts qui, elles, sont contemporaines de la création du cloître. En revanche, leur contact avec la cathédrale est peut-être significatif. Une dernière inscription 133 est encastrée dans le stylobate sous le pilier 17.

Le monument funéraire 52 (Rostaing Belinger) a reçu un tympan sculpté établi sous un fronton. Sur le mur ouest, la structure 39 est peut-être le fronton d'un monument cassé.

Quatre enfeux sont logés dans les murs périphériques ouest et sud, sous des arcs brisés gothiques. Leurs profils suggèrent les datations (provisoires) suivantes :

- les arcs 42 et 43, à l'ouest, deuxième tiers du 14e siècle 9 ;

- les arcs géminés 25 et 30, au sud, deuxième moitié du 15e siècle 10.

L'arc 31 sud, en segment, complète la série d'arcs qui appartenaient probablement aux enfeux installés dans les murs du cloître médiéval.

C. L’ÉPOQUE DE LA RENAISSANCE II

La galerie orientale a été percée dans l 'alignement du bâti G, C, D qui bordait le cloître médiéval, à l 'est. Le percement a été fait aux frais, notamment, du passage Cb-Db qui était voûté d'un berceau haut d 'environ 2,70 m, jugé probablement trop bas. La nouvelle voûte a 5,15 m environ de haut, comme celle des autres galeries. Une arcature fut percée dans le mur ouest de l 'édifice C pour harmoniser les quatre façades entourant le préau.

Le chantier s'est déroulé en deux campagnes, probablement rapprochées dans le temps, à en juger par les techniques de construction similaires des voûtes d'arêtes et le collage au milieu du berceau brisé.

Pendant une campagne, la partie sud-ouest de l 'édifice G fut détruite pour faire de la place à la construction de l 'arc 10 de l 'arcature nord et à celle du pilier taluté 11 ; les arcs 11 et 12 étaient en même temps ouverts à l'est. L'angle nord-ouest du cloître a nécessité la construction de son mur nord, ainsi que celle des piliers 10 et 11 pour l'arc 10. La partie sud-ouest de l 'édifice G fut rebâtie sur l 'arc 10 et la grande porte 59, ouverte à l 'est dans l 'angle du cloître. Ensuite, cet angle nord-est a été voûté d'arêtes, ce qui a permis d 'achever la reprise de l'édifice G à l'étage. C'est durant cette étape que le doubleau naissant du pilier Il fut lancé pour porter le mur nord de Cb conservé à l'étage. En même temps, la moitié nord du berceau brisé a été lancée au-dessus des arcs 11 et 12 de l'arcature orientale.

L'autre campagne fut responsable de la démolition de la partie ouest de l'édifice D, de la construction du pilier taluté 15 et du percement des arcs 13 et 14 dans le mur ouest de l 'édifice C. Le voûtement de l'angle sud-est du cloître a nécessité la construction de son mur sud, la reconstruction partielle de son mur oriental et le lancement de son pilier taluté 15 pour porter le mur sud de l'édifice C et le mur ouest de l 'édifice D. La construction de la voûte d 'arêtes dans l'angle sud-est du cloître a permis de compléter la reprise de l 'édifice D conservé à l'étage.

Ces travaux s'achevaient avec le berceau brisé qui naît de l'arcature orientale sans l'intermédiaire d'un cordon pour démarquer la naissance de la voûte.

La chronologie relative permet de placer la création de la galerie est :

- après le voûtement au 14e siècle des trois galeries romanes tardives ;

- après le plafond à la française placé dans l'édifice C pour créer un deuxième étage sous le berceau brisé Ca, à l'époque gothique tardive.

La porte 56, surmontée d'un fenestron et percée dans le mur nord, les colonnettes prismatiques engagées dans les piliers de 1'arcature orientale, les consoles en encorbellement des voûtes d 'arêtes, la porte 99 ouverte à l'étage dans la façade ouest de l'édifice C avec ses piédroits chanfreinés et son balcon 100 porté par des consoles en encorbellement, et le portail 59, chanfreiné percé à l'est dans l 'angle nord-est du cloître, appartiennent tous à ce chantier et à un art de bâtir antérieur au 17e siècle.

La création de la galerie orientale apparaît donc comme relevant d'un 16e siècle tardif.

D. L’ÉPOQUE CLASSIQUE

La porte 54 a été ouverte dans le mur nord lorsque la porte 56 était obturée par la construction dans G de l 'escalier desservant la tribune du faux orgue de la cathédrale A.

Le portail 44, avec ses chapiteaux toscans, fut créé dans l'angle nord-ouest du cloître, pour donner accès à la troisième chapelle sud faisant alors office de vestibule pour la cathédrale A. Les chapiteaux suggèrent que ce portail est peut-être dû au 17e siècle avancé.

La porte 38 ouest, percée près de l'angle sud-ouest du cloître et aux dépens de la structure 39 (monument funéraire à fronton?), paraît être être tardive, de l'époque classique.

Deux portes, actuellement murées, sont conservées à l'étage dans le mur occidental de la pièce G. Elles laissent à penser qu'une construction Eb existait à l'étage au-dessus de la galerie nord. Des traces d'encastrement de toiture sont visibles dans le mur sud de la cathédrale, au-dessus de la 4e et de la se chapelle sud. Ces traces pourraient aussi garder le souvenir de cet étage Eb, aujourd'hui disparu.

La construction Ea conservée à l'étage au-dessus de la moitié sud de la galerie ouest semble exister déjà au 18e siècle. Sa présence est suggérée par la travée sud de la 3e chapelle sud, bâtie entre la 2e chapelle sud et cette construction Ea.

E. L’ÉPOQUE CONTEMPORAINE

Le percement d'une fenêtre géminée dans les murs sud des 4e et 5e chapelles sud de la cathédrale implique l'arasement de l 'étage de construction Eb, situé au-dessus de la galerie nord du cloître, ainsi que celui de Ea, situé au-dessus de la moitié nord de la galerie ouest. La facture des fenêtres géminées permet de dater cet état du cloître au 19e siècle. La porte 41 fut percée dans le mur ouest. Elle permet d'entrer dans la travée sud de la 3e chapelle sud.

1(établie d'après l 'étude inédite de Rollie Guild, en 1989) 2Voir notices alissy IM8400145 et IM840014533Voir notice Palissy IM840014554Y. Esquieu, Quartiers canoniaux des cathédrales dans la France méridionale, thèse d'Etat, Université de Toulouse, 1986, polycopiée, p. 348-354.5J. Thirion (1976), idem. 6E. Sauze, Etude de l'Inventaire Général. Le cu lot d'Oppède-le-Vieux a un profil plus évolué que le culot 151 , mais ils sont typologiquement proches.7Précision communiquée par J. Thirion.8 L.-H. Labande, «Cavaillon : la cathédrale Notre-Dame», dans Congrès archéologique de France, 1909, p. 249. Ille suggère avec l'obit d'Hugues de Cavaillon, du 14 mai 1203.9L'arc 42 rappelle Sa int-Nicolas de Pertuis, 14e-t5• siècle (1. G.). L'arc 43 évoq ue la nef Sainte-Marie de la cathédrale d 'Aix-en-Provence (R. Guild, J. Guyon, L. Rivet, M. Vecchione, « Saint-Sauveur d 'Aix-en­ Provence », dans Congrès archéologique, 1988, p. 52-60, fig. 36.10Les arcs 25 et 30 rappellent le portail des Augustins, à Aix-en-Provence (1. G.).
Parties constituantes non étudiées cloître
Dénominations ensemble canonial
Aire d'étude et canton Cavaillon - Cavaillon
Adresse Commune : Cavaillon
Adresse : place Voltaire
Cadastre : 1832 G1 665 ; 1982 CK 771

Attesté depuis le 11e siècle, le chapitre cathédral de Cavaillon semble avoir mené une vie conventuelle jusqu'au 13e siècle avant de s'éparpiller en divers endroits de la ville, laissant auprès de la cathédrale un bâtiment commun et les demeures de certains dignitaires (le prévôt et le sacristain). Le chapitre, construit au début du 12e siècle, augmenté d'un étage dans la première moitié du 13e siècle, abritait le réfectoire, lieu de réunion ordinaire. Recoupé au 16e siècle par un plancher supplémentaire, il abrite aujourd'hui un dépôt d'objets sacrés appartenant à l'église de Cavaillon. La prévôté, transformée après la Révolution en presbytère, a été détruite en 1912. Le logement du sacristain, détruit avant 1834, était suspendu au-dessus du passage oriental, entre le chevet de la cathédrale et le cloître et quelques prêtres avaient des chambres au-dessus de la galerie nord du cloître. Le cloître lui-même occupait une partie du cimetière paroissial et accueillit des inhumations jusqu'au 17e siècle. Construit au 13e siècle en remployant des chapiteaux de provenance inconnue, il comportait initialement 3 galeries couvertes en charpente. Ces galeries ne reçurent leur voûte que dans le courant du 14e siècle. La galerie orientale, édifiée dans la seconde moitié du 16e siècle, prit la place d'un passage voûté indépendant établi en contrebas du cloître pour relier directement les choeurs de la cathédrale et de l'église Saint-Pierre.

Période(s) Principale : 1er quart 12e siècle
Principale : 1ère moitié 13e siècle
Principale : 14e siècle
Principale : 2e moitié 16e siècle
Auteur(s) Auteur : maître d'oeuvre inconnu

Ensemble composé d'un cloître et de plusieurs corps de bâtiment à l'est et au nord de celui-ci. Le cloître, de plan rectangulaire, comprend 4 galeries ajourées sur le préau central par des arcades en plein-cintre. Les galeries nord, ouest et sud sont couvertes chacune d'un berceau brisé divisé en 2 travées par un doubleau retombant sur un culot en quart-de-rond. Des croisées d'ogives moulurées en tore à listel couvrent les travées d'angle nord-ouest et sud-ouest. Les arcades à double rouleau, soulignées d'un cordon d'archivolte, retombent à l'extérieur sur un simple pilastre et à l'intérieur sur une colonne adossée. La galerie orientale est couverte d'un berceau brisé en blocage sans doubleau et les travées d'angle nord-est et sud-est de voûtes d'arêtes. Immédiatement à l'est du cloître, le chapitre, de plan rectangulaire, a un rez-de-chaussée couvert d'un berceau plein-cintre avec deux réduits voûtés de même et deux étages étendus sur la galerie orientale du cloître, le premier plafonné, le second couvert d'un berceau brisé avec un doubleau retombant sur des consoles chanfreinées et des arcades latérales aveugles. L'élévation ouest, sur le cloître, conserve au deuxième niveau une latrine en encorbellement sur des consoles à triple ressaut et au troisième niveau une fenêtre jumelée au linteau porté par des impostes moulurées et une colonnette à chapiteau corinthien simplifié. L'élévation est porte les vestiges d'une grande fenêtre en arc brisé moulurée. Au nord du cloître, un petit corps de bâtiment assis sur la travée d'angle nord-est et composé d'une unique pièce voûtée d'arêtes est desservi par l'escalier en vis du clocher. Du logement du sacristain jadis bâti à l'est du même escalier, il ne reste que des arrachements sur le chevet de la cathédrale et sur le mur nord du chapitre.

Murs molasse
moyen appareil
moellon
Toit tuile creuse
Étages en rez-de-chaussée, 2 étages carrés
Couvrements voûte en berceau plein-cintre
voûte en berceau brisé
voûte d'ogives
voûte d'arêtes
Couvertures toit à longs pans
appentis
États conservations vestiges
Techniques sculpture
sculpture
Représentations ornement végétal
Précision représentations

Chapiteau de la fenêtre jumelée.

Seuls éléments conservés d'un ensemble beaucoup plus important.

Statut de la propriété propriété publique
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables cloître, salle capitulaire
Protections classé MH, 1862
Précisions sur la protection

Cloître classé en 1862.

Références documentaires

Documents figurés
  • Partie sud du cloître détruit de l'ensemble canonial de Cavaillon (vue prise depuis l'extrémité est de la galerie nord) / Dessin au crayon non signé, [1ère moitié du 19e siècle]. Bibliothèque municipale Inguimbertine, Carpentras : fonds Laurens, album 1849 "Architecture" (n°81).

    f°60
  • Projet de restauration et d'appropriation du presbytère (ancien prévôté) de Cavaillon / Dessins au crayon non signés, 7 avril 1855. Archives départementales de Vaucluse, Avignon : 2 O 35 (10).

    Plans des rez-de-chaussée, premier et deuxième étages, coupe AB
  • Vue du chapitre de Cavaillon, prise du sud au cours de la démolition de la prévôté / Photographie, [vers 1912]. Collection particulière.

  • Vue du chapitre de Cavaillon, prise du sud-est au cours de la démolition de la prévôté / Photographie, [vers 1912]. Collection particulière.

  • Cavaillon. [Le cloître.]. Dessin, sd.

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