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église paroissiale Sainte-Marie-Salomé

Dossier IA00124860 réalisé en 1991

Fiche

HISTORIQUE

Édifice bâti entre 1696 et 1736 pour remplacer la précédente paroisse construite au Coulet en 1635 et démolie en 1696 à cause de sa trop grande proximité du château 1.

D1importantes réparations ont eu lieu en 1938 pour remédier aux désordres qui s'étaient manifestés dans la voûte et restaurer les enduits gâtés par des infiltrations d'eau 2.

DESCRIPTION

Situation

A l'extrémité orientale du village de Château-Queyras, en bordure de la principale et quasi-unique rue de l'agglomération qui serpente sur la rive nord du Guil. Dominé au nord par un coteau abrupt, l'édifice est longé du côté sud par la rue, qui s'élargit à cet endroit pour former une petite place agrémentée d'une fontaine. Un passage privé clos par une grille longe le côté ouest et un jardin le côté nord. Le terrain monte en pente légère vers l'ouest.

Façade sud, vue partielle.Façade sud, vue partielle. Façade sud. Le cadran solaire.Façade sud. Le cadran solaire.

Composition d'ensemble

L'édifice est formé de deux parties, le presbytère et l'église, juxtaposées d'ouest en est et reliées par un corps de porche que surmonte un clocher-tour. Tous les accès se font depuis la rue au sud. L'ensemble n'est pas régulier.

Matériaux

Tout le gros-œuvre est construit en maçonnerie de blocage recouverte d'enduit, sauf, du côté de la rue au sud, un soubassement parementé sur trois à cinq assises en pierre de taille et les appuis de fenêtre également en pierre de taille. Le presbytère a un balcon en bois. L'ensemble est couvert de tôle ondulée, à l'exception du clocher, dont le dôme est habillé de tôle plate de couleur cuivrée.

Structure

- Église : plan régulier en croix latine, composé d'une nef de trois travées accostée, au droit de la troisième travée, de deux chapelles latérales formant un faux transept et d'un chœur formé d' une courte travée droite et d'une abside en demi-cercle, lui -même flanqué, au sud, d'une sacristie rectangulaire.

L'église n'a pas d'accès direct mais communique, à l'ouest, avec le porche.

- Corps de porche : plan trapézoïdal allongé, intercalé entre l'église et le presbytère. Au rez-de-chaussée, le porche forme un couloir ouvert au sud sur la rue, au nord sur le jardin, et communiquant à l'est avec l'église et à l'ouest avec le presbytère. Le corps de porche comprend un étage carré de mêmes dimensions que le rez-de-chaussée, divisé en deux pièces, l'une au sud de plan carré, l'autre au nord de plan trapézoïdal, toutes deux accessibles depuis le premier étage du presbytère. Au-dessus de la pièce sud s'élève le clocher- tour, de plan carré, qui comprend un troisième étage. La pièce nord n'est surmontée que d'un comble qui communique avec celui de l'église.

- Presbytère : plan massé, trapézoïdal presque rectangulaire, sur deux étages carrés et un étage de comble distribués par un escalier rampe-sur-rampe logé dans l'angle nord-ouest. Le volume est recoupé au rez-de-chaussée par des murs épais qui séparent trois pièces voûtées, dans les étages par des cloisons légères qui ne se superposent pas.

Élévations

- Élévations intérieures de l'église

- Nef : trois travées égales couvertes de voûtes d'arêtes plates,séparées par des doubleaux peu saillants et surbaissés. Arêtes et doubleaux retombent sur des pilastres simples, couronnés d'une imposte moulurée, par l'intermédiaire d'un large cordon mouluré qui court sur l'ensemble des murs nord, ouest et sud. Chacune des deux premières travées est percée, au nord et au sud, d'une fenêtre en plein-cintre, largement ébrasée, appuyée sur le cordon. Deux petites fenêtres supplémentaires,également en plein cintre mais peu ébrasées, ajourent le côté sud au-dessous du cordon.

La troisième travée n'a pas de murs latéraux et communique directement avec les chapelles latérales par de grandes arcades surbaissées.

- Les deux chapelles latérales, peu profondes, sont couvertes de voûtes d'arêtes identiques à celles de la nef, mais un peu moins hautes, et soulignées par le même cordon mouluré. Chacune d'elle est éclairée par une fenêtre en plein -cintre du même type que celles de la nef.

- Le chœur est couvert d'un berceau (travée droite) et d'un cul-de-four (abside) à sept lunettes en plein-cintre, l'ensemble disposé comme une voûte d'ogives à huit quartiers. Les ogives sont ici remplacées par les étroits quartiers qui subsistent entre les lunettes et qui sont réduits aux dimensions de simples nervures. L'impression est d'ailleurs accentuée par le relief donné à l'enduit et le décor peint pour suggérer une voûte à quartiers rayonnants. Les fausses nervures et l'arc triomphal - traité comme les doubleaux de la nef - retombent sur une puissante corniche moulurée à denticules, soutenue par huit pilastres toscans. Deux fenêtres en plein-cintre occupent le fond des lunettes 2 et 6.

Vue de volume prise d'ouest en est.Vue de volume prise d'ouest en est. Choeur. Voûte.Choeur. Voûte.

L'ensemble des élévations intérieures de l'église est enduit et peint, sauf la partie inférieure des murs, sur environ 2 m de hauteur, qui est lambrissée.

Le sol est revêtu d'un parquet.

La sacristie est un petit volume rectangulaire voûté d'arêtes,sans décor. On y accède par une porte ouverte au sud du chœur. Une fenêtre en plein-cintre au sud et un placard mural au nord sont les seuls aménagements à signaler.

- Élévations extérieures

- Église :

Élévation sud : mur entièrement enduit, sauf trois assises de soubassement en pierre de taille, ce qui empêche d'observer les traces d'éventuels remaniements. L'enduit lisse, de teinte ocre clair, est agrémenté de fausses chaînes d'angle et d'encadrements de fenêtre en faux-appareil ocre foncé liseré de noir. Entre les deux fenêtres hautes de la nef est peint un cadran solaire encadré de deux inscriptions, en haut : LUX UMBRAM PRAEBET / MYSTERIA AUTEM VERITAS, en bas : EN REGARDANT L'HEURE QU'IL EST / PENSE A LA MORT ET TIENS-TOI PRET / NE COMPTE PAS SUR LA PREMIERE / CAR TOUT DEPEND DE LA DERNIERE / 1841-1938.

Les autres élévations sont enduites sans décor.

- Corps de porche :

Élévation sud : distincte de celle de l'église, bien que sur le même alignement. Le premier niveau, enduit et orné d'un faux-appareil peint au trait blanc sur fond ocre, est percé d'une porte bâtarde en plein-cintre. Les niveaux 2 et 3 sont aveugles, soulignés par des fausses chaînes d'angle et des bandeaux peints comme le rez-de-chaussée.

Au-dessus, le clocher a deux niveaux percés chacun d'une baie en plein-cintre, appuyée sur un cordon mouluré qui fait retour sur les pilastres d'angle peints d'un faux-appareil au trait rouge.

Élévation nord : au rez-de-chaussée, fenêtre en plein-cintre sans décor ; niveaux 2 et 3 aveugles, sans décor ; les niveaux 4 et 5 du clocher sont identiques sur les quatre élévations.

- Presbytère :

Élévation sud mur-pignon couronné par un large avant-toit sur chevrons ; façade ordonnancée sur deux travées et quatre niveaux ; au premier niveau, porte et fenêtre segmentaires ; aux deuxième et troisième niveaux, deux fenêtres rectangulaires ; au quatrième niveau, balcon suspendu sur quatre consoles en bois, régnant sur toute la largeur de la façade et couvert par l'avant-toit, qui repose sur quatre poteaux portés par les consoles.

La façade, entièrement enduite, a reçu un décor peint : au -dessus du soubassement en pierre de taille, sur le mur lisse et rose, quatre bandeaux blancs dessinent un ordre colossal, dans lequel les baies, séparées par des tableaux traités à la tyrolienne gris - rose foncé, se détachent sur un fond bleu. Ce décor est complété par l'imposte de la porte et les garde-corps des fenêtres en ferronnerie avec le chiffre IHS et le garde-corps en bois du balcon, dont la partie centrale s'orne d'une croix entre des balustres chantournés.

Les autres élévations sont sans décor. Celle du nord est masquée par un petit hangar en appentis servant de bûcher.

Couvertures

- Église : toit en quatre parties de même hauteur formant une croix, toutes à deux versants et couvertes de tôle ondulée. Les parties sur la nef et le chœur ont des vasistas.

- Clocher : bulbe octogonal couvert de tôle.

- Presbytère : toit à deux versants couvert de tôle ondulée.

Vue plongeante prise du nord-ouest. Les clochers de l'église paroissiale et de la chapelle des Pénitents.Vue plongeante prise du nord-ouest. Les clochers de l'église paroissiale et de la chapelle des Pénitents.

Distribution intérieure

- Corps de porche-clocher

Rez -de -chaussée : vestibule en forme de couloir voûté en berceau plein cintre ; murs et voûte enduits et peints en ocre avec des bandeaux bruns ; sol en carreaux de ciment alternativement gris uni et granité, posés en losange ; à l'est, porte d'entrée de l'église en anse-de-panier, sans décor sauf l'inscription IHS peinte.

Premier étage : couvert d'un berceau longitudinal en plein-cintre et divisé en deux pièces, un réduit carré au sud (clocher) et une pièce rectangulaire éclairée par une fenêtre en plein-cintre au nord, toutes deux commandées par le premier étage du presbytère.

Deuxième étage : pièce sud (clocher ) plafonnée et obscure, de plain-pied avec le comble du presbytère ; pièce nord sous comble, communiquant avec le comble de l'église.

Troisième étage (clocher) : accessible depuis le deuxième par une trappe et une échelle ; quatre grandes baies libres en plein-cintre, une de chaque côté, ajourent le volume plafonné, occupé par la grosse cloche et sa monture.

Quatrième étage (clocher) : accessible depuis le troisième par une trappe et une échelle ; volume ajouré comme le précédent, occupé par une autre cloche et couvert d'un bulbe octogonal en charpente revêtu de tôles.

- Presbytère :

Rez-de-chaussée : partagé en trois pièces dont les sols ne sont pas au même niveau. La plus haute, à l'ouest, est un couloir voûté en berceau anse-de-panier qui conduit de la porte d'entrée, précédée de deux marches à l'escalier ; celui-ci est en bois et éclairé à l'ouest par une travée de petites fenêtres.

Au sud-est, une grande pièce accessible par le porche et éclairée par une fenêtre sur la rue est couverte d'un berceau surbaissé à six lunettes segmentaires ; murs et voûte revêtus d'un enduit peint en rose, les lunettes peintes en blanc. Au nord-est, une petite pièce servant de cave et couverte d'un berceau segmentaire en blocage brut a son accès dans le couloir et un petit jour à l'est.

Premier étage : grande pièce servant de salle (côté sud) et de cuisine (côté nord), couverte d'un plafond à six caissons en plâtre ; fenêtre au sud, jour à l'est ; placard dans le mur nord et évier dans l'angle nord-est. Au sud-ouest, petite chambre commandée par la précédente et éclairée par une fenêtre au sud.

Deuxième étage : trois chambres, deux au sud et une au nord, plafonnées.Troisième étage comble d'un seul tenant, ouvert au sud sur le balcon.

CONCLUSION

De structure très homogène, l'église semble avoir été bâtie d'un seul jet et n'avoir subi aucun remaniement, ni dans son plan, ni dans ses élévations.

Les réparations effectuées en 1937-1938 n'ont apparemment affecté que les enduits et les décors peints de la nef et de l'élévation sud (cadran solaire).

Le presbytère et le clocher ont probablement été construits peu de temps après, sinon en même temps que l'église. La distorsion qui apparaît dans le plan entre les deux parties (orientation et alignement légèrement différents) pourrait provenir de la réutilisation, pour le presbytère, d'un édifice antérieur.

1Tivoller (J.), Isnel (P.). Le Queyras (Hautes-Alpes. Gap, 1938. Les auteurs disent avoir trouvé l'information dans un manuscrit appelé le Livre vert de Château-Queyras, registre relatif au culte et aux possessions de la cure.2Ibidem, témoignage direct des auteurs.
Vocables Sainte-Marie-Salomé
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Aiguilles
Adresse Commune : Château-Ville-Vieille
Lieu-dit : Château-Queyras
Cadastre : 1827 E3 2505 ; 1976 AB 148

La 1ère église paroissiale du village a été construite à l'ouest du fort, à l'emplacement de l'actuelle chapelle du cimetière ; jugée trop éloignée des habitations, elle fut reconstruite en 1635 au lieu-dit le collet (ou Coulet) où se trouvait alors le village ; suite à l'attaque de 1692, elle a été déplacée comme l'ensemble du bourg sur l'ordre de Vauban ; démolie en 1696, elle fut reconstruite à son emplacement actuel ; elle figure déjà sur le projet de Vauban de 1700, mais on ignore si elle avait alors été réalisée ; dans l'édifice une inscription commémorative récente donne 1722 comme date de construction ; le cadran solaire porte la date 1841 ; d'importantes restaurations ont eu lieu en 1938 ; le décor peint de la nef date de cette campagne de restauration.

Période(s) Principale : 4e quart 17e siècle, 1er quart 18e siècle , (?)
Secondaire : 2e quart 19e siècle
Secondaire : 2e quart 20e siècle
Dates 1722, porte la date, daté par travaux historiques
1841, porte la date
1938, daté par source
Auteur(s) Auteur : maître d'oeuvre inconnu
Murs pierre
enduit
moellon sans chaîne en pierre de taille
Toit tôle ondulée
Plans plan en croix latine
Étages 1 vaisseau
Couvrements voûte d'arêtes
Couvertures toit à longs pans
pignon couvert
Typologies choeur à l'est, clocher tour formant porche à l'ouest
États conservations restauré
Techniques peinture
vitrail
Représentations instrument de mesure colombe saint sainte feuillage ange croix guirlande fleur IHS
Précision représentations

sujet : cadran solaire, support : peint sur la façade sud ; sujet : colombe du Saint-Esprit, saints et saintes en pied, chutes de feuillages, IHS, angelots, croix, noeuds, guirlandes de fleurs, support : peints sur la voûte du choeur

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections inscrit MH partiellement, 1948/11/29
Précisions sur la protection

clocher et portail inscrits

Références documentaires

Documents figurés
  • Plan du fort et du village de Château-Queyras signé par Vauban, 3 décembre 1692. Service Historique de la Défense, Vincennes : Archives du Génie, Art. 8, section 1, carton 1, pièce 41.

  • Château-Queyras. [sous la neige]. Carte postale. [s.d.]

Bibliographie
  • ROMAN, Joseph. Répertoire archéologique du département des Hautes-Alpes. Paris : Imprimerie nationale, 1888.

  • TIVOLLIER, Jean, ISNEL, Pierre. Le Queyras (Hautes-Alpes), 2 vol. Marseille : Laffitte Reprints, 1985.

    T. 1, p. 50-51 ; t. 2, p. 356-357.
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