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église paroissiale Saint-Pélage, puis Saint-Marcellin-Saint-Antoine

Dossier IA05000852 réalisé en 1975

Fiche

Œuvres contenues

DESCRIPTION

Situation et composition d'ensemble

L'église est bâtie au cœur du hameau sur une pente peu perceptible, entourée sur trois côtés par le cimetière. La route la contourne au nord. Elle est accessible du côté ouest par une entrée du cimetière face au portail occidental, et par le sud, sur le cimetière.

L'édifice forme une masse compacte très stricte qui ne se distingue guère de loin des autres constructions du village et se signale seulement par son haut clocher.

Vue d'ensemble prise de l'ouest.Vue d'ensemble prise de l'ouest. Vue de volume prise du nord-est.Vue de volume prise du nord-est.

Matériaux et leur mise en œuvre

Dans l'édifice, constitué de deux parties distinctes, le clocher et le sanctuaire, sont utilisées plusieurs sortes de pierres de provenances diverses.

- Le clocher :

- Partie ancienne (XIe siècle) : petit appareil de moellons équarris de pierre locale noirâtre, de tuf, de diverses sortes de calcaires, liés par un mortier de chaux blanc grisâtre avec joints en creux tracés avec l'arête d'un outil. Cordons, modillons et arcatures sont en tuf.

- Partie haute (XVIIe siècle) : moyen appareil de tuf

- L'église :

Gros-œuvre en blocage de matériaux divers de toutes dimensions, pierres roulées, éclatées, équarries en calcaire noir local. Les soubassements de l'arc triomphal affleurant au niveau du sol de la nef sont de même nature.

- Chaînes d'angles, piliers, colonnes, chapiteaux, portails sont soigneusement appareillés en marbres roses, blancs veinés de rose et verts locaux avec des joints très fins.

- Corniches, frises d'arceaux et voûtes sont en tuf.

- Le chœur des chantres est construit avec les mêmes matériaux de remploi, et moins soigneusement.

- La chapelle nord et la sacristie ne se signalent à l'extérieur par aucun trait caractéristique.

Parti général, plan, coupes et élévations intérieures

- Plan

Eglise à nef unique orientée de deux travées couvertes d'une croisée d'ogives, et chœur de plan carré voûté de même. Une chapelle de deux travées peu profondes s'ouvre sur le côté gauche de la deuxième travée de la nef. La sacristie borde le côté nord du chœur et communique avec lui par une porte ; du côté sud un chœur des chantres a été élevé, sur un plan polygonal à l'intérieur, au XVIIIe ou au XIXe siècle.

Vue de la nef prise du choeur.Vue de la nef prise du choeur. Nef. Deuxième travée. Côté nord. Chapelle. Vue d'ensemble.Nef. Deuxième travée. Côté nord. Chapelle. Vue d'ensemble.

- Coupes

Le contrebutement des voûtes n'a pas été prévu, assuré seulement par la masse des murs, parementés en grand appareil de marbre aux retombées. La poussée des deux travées a nécessité au XVIIe siècle (1618-1672) la pose de deux poutres par travée, à mi-hauteur des voûtes, faisant office de tirants. Elles ont été renforcées au début du XXe siècle par des tirants en fer.

Le chœur ne semble pas avoir subi de déformations.

- Élévations intérieures

- Le chœur : l'élévation orientale, percée d'une fenêtre à remplage, est masquée entièrement par le retable. Les nervures retombent sur deux colonnettes d'angle couronnées d'un chapiteau sculpté ; seul le chapiteau de l'angle sud-est est accessible, orné d'un entrelacs reliant deux feuilles recourbées.

- Côté gauche, la porte de la sacristie a un chambranle mouluré en pierre verte (piédroits) et marbre gris (linteau) orné d'un fronton avec l'inscription IHS et de la date A.DNI, 1629 taillés en méplat sur le linteau. A sa droite, placard mural fermé par une menuiserie ancienne avec serrure.

- Côté droit, le chœur des chantres actuel, dépourvu de tout ornement, semble remplacer une disposition d'origine dont subsiste, adossé à la pile sud de l'arc triomphal, un pilastre flanqué d'une demi-colonne couronnée d'un chapiteau (h. 0, 52 m) orné d'une tête humaine entre deux feuilles. Le talloir chanfreiné est en retour, côté chœur, sur l'angle du pilastre ; côté sud, en retour oblique, s'enfonçant dans l'épaisseur du mur qui prolonge le côté est du clocher. Sous cette partie oblique, l'angle du pilastre est surmonté d'une pierre sculptée (de couleur verte) cassée, qui sort en avant de l'arête sans déborder le tailloir.

A quel élément pouvait appartenir cette colonne ainsi disposée, haute au total (au-dessus de la base qui affleure au niveau du plancher actuel du chœur) de 1, 80 m ? Son symétrique a été supprimé, le chapiteau étant remployé dans le mur extérieur est de la chapelle, avec la date gravée de 1769. Il a pu s'agir d'une petite chapelle couverte d'une croisée d'ogives dont la clé pourrait être celle remployée dans le mur sud, sous la fenêtre ; il faut noter que la partie biaise du tailloir est identique à celle des tailloirs des chapiteaux de l'arc triomphal du côté du chœur et portant la retombée des nervures de la voûte.

- La voûte a une clé ornée de l'agneau ; les nervures sont profilées de trois tores juxtaposés.

- Côté ouest s'ouvre l'arc triomphal flanqué de deux colonnes d'angles dont les chapiteaux sont placés en biais ; au sud-ouest, le chapiteau est orné d'un entrelacs surmonté d'un rang de pointes de diamant ; au nord-ouest, la corbeille porte un oiseau picorant une feuille recourbée dans l'angle du chapiteau. Les bases de ces deux colonnes, en pierre verte, portent deux griffes ornées d'une palmette.

- La nef : le côté oriental est percé par l'arc triomphal et un petit oculus circulaire. Les deux piédroits de l'arc reposent sur un soubassement de pierre noire qui affleure au niveau du plancher de la nef ; leur base est en pierre verte, à deux hauteurs différentes. Sur le tableau de ces piédroits sont adossées deux demi-colonnes de marbre rose, dont les chapiteaux s'ornent de feuilles et d'entrelacs ; le fût de la colonne du côté sud s'orne du T (tau), sculpté en méplat. Les tailloirs, communs avec les chapiteaux du chœur, sont en retour du côté de la nef. Sur ces chapiteaux retombe le deuxième rouleau de l'arc.

- Le côté ouest est percé de la porte d'entrée rectangulaire et d'une haute fenêtre en arc brisé à remplage. A mi hauteur le mur est caché par la tribune.

- Le côté sud, divisé en deux travées, a une élévation dissymétrique provoquée par la présence du clocher. L'axe de la première travée, occupé à mi-hauteur par la tribune, est percé d'une étroite fenêtre ébrasée. La deuxième travée est percée de quatre baies irrégulières disposées sur deux niveaux : au premier niveau la porte rectangulaire ouvrant au rez-de-chaussée du clocher, et le portail sud, rectangulaire. Au deuxième niveau, porte chanfreinée au linteau à soffite surélevé orné d'une fine accolade décentrée à droite, ouvrant sur le premier étage du clocher ; au droit du portail fenêtre en arc brisé.

Entre les deux travées dosseret et demi-colonne dont le chapiteau s'orne de deux têtes de béliers. Les nervures retombent sur les prolongements latéraux biais du tailloir. La base a la forme d'un chapiteau cubique renversé.

Aux deux extrémités de l'élévation, les nervures retombent sur deux culots constitués d'une sorte de corbeille surmontée d'un tailloir disposé en biais et s'enfonçant dans les deux murs perpendiculaires ; le culot est est sans ornement ; celui de l'ouest porte une tête grimaçante.

Nef. Première travée. Angle sud-ouest. Culot. Tête grimaçante.Nef. Première travée. Angle sud-ouest. Culot. Tête grimaçante.

- Le côté nord présente la même élévation que le côté sud, à l'exception des baies. Seule la deuxième travée est percée de l'entrée de la chapelle nord : deux arcs brisés à double rouleau retombent sur deux demi-colonnes adossées et sur une colonne centrale de marbre rose. Les chapiteaux latéraux sont de même type que tous les autres, à enroulements, et ornés d'étoiles à six branches. La colonne centrale n'a pas de chapiteau, mais un sommier portant l'amortissement des retombées d'arcs, chacune ornée d'un écusson martelé : côté sud : martelé ; côté est : quatre quartiers martelés ; côté nord : tête de taureau (?) martelée ; côté ouest : couronne (martelée) surmontant deux clés liées.

Entre les deux travées de la nef, la demi-colonne adossée a un chapiteau à entrelacs et une base à griffes. Des culots des deux extrémités, seul celui de l'est porte une triple tête humaine.

- La chapelle nord présente le même type d'éléments que le chœur et la nef : nervures à triple tore, clés circulaires, tailloirs biais. Seule exception le chapiteau central adossé au mur nord, de type cubique flanqué des amortissements godronnés des nervures. Il est orné d'un écusson inversé et d'une étoile à six branches. La clé de la travée ouest porte le T (tau), celle de la travée est une étoile à six branches.

- Le clocher est une tour carrée couronnée d'une flèche, bordant le côté sud de la deuxième travée de la nef. Il comprend un rez-de-chaussée voûté en berceau segmentaire et un haut étage, accessible depuis la nef, dans lequel sont installées des échelles montant aux cloches. Au sommet sont pratiqués trois étages éclairés par des fenêtres géminées :

- le premier de ces trois étages abrite actuellement l'horloge dont les cadrans masquent les fenêtres est et ouest ; celle du sud est intacte ; celle du nord est utilisée comme porte vers les combles de la nef.

- Le deuxième étage est intact.

- le troisième étage, identique, a été ajouté en même temps que la flèche. Ces deux derniers étages abritent les cloches.

Au-dessous, le rez-de-chaussée et la tour sont éclairés par des jours verticaux étroits, légèrement ébrasés et présentant des restes de joints identiques à ceux de l'extérieur. Au rez-de-chaussée, de curieux conduits de section carrée ouvrent sur l'extérieur au sud et au sud-est ; deux autres (est et nord-est) sont murés.

Clocher. Vue d'ensemble.Clocher. Vue d'ensemble. Clocher. Deuxième étage de cloches. Colonnettes des fenêtres. Détail des bases.Clocher. Deuxième étage de cloches. Colonnettes des fenêtres. Détail des bases.

Élévations extérieures

L'ensemble des façades de l'église présente une grande unité de composition, quel que soit leur emplacement, seul variant le détail de l'ornementation ou la disposition des baies. Toutes sont construites en blocage sur une plinthe dont le sommet, taillé en biseau, est appareillé en marbre blanc-rose. Aux angles, les chaînes appareillées en marbres rose et vert forment de larges pilastres corniers, avec leur propre soubassement (ressaut de la plinthe). Une corniche creusée d'un cavet, appareillée en tuf, surmontant une frise d'arceaux en plein cintre, couronne chaque façade ; les arceaux étant encadrés par le sommet des pilastres corniers.

- Façade antérieure ouest

Ordonnancée, percée d'une travée de deux baies : le portail occidental et une fenêtre.

- Le portail est constitué d'une porte rectangulaire couronnée d'un tympan, et encadrée de deux ébrasements portant une voussure ; celle-ci est inscrite dans un cadre mouluré rectangulaire.

- Le chambranle de la porte est en marbre rose ; les piédroits sont surmontés de coussinets moulurés.

- Le tympan est peint à fresque (Annonciation).

Portail ouest. Vue rapprochée.Portail ouest. Vue rapprochée. Façade ouest. Deuxième niveau. Fenêtre.Façade ouest. Deuxième niveau. Fenêtre.

- Les ébrasements sont à ressauts alternant avec trois colonnettes de marbre rose ; l'ensemble repose sur un soubassement(marbre vert) dans lequel sont taillées les bases ; le rebord en est orné de trèfles sculptés en méplat. Le couronnement (marbre vert) est monolithe et simule des chapiteaux au moyen de petites accolades à plusieurs ressauts ; les faces s'ornent de pampres où s'est posé un oiseau (côté gauche), de trèfles et de lys (martelés) à droite.

- La voussure en plein cintre (marbre rose et vert) reprend les alternances des ébrasements. Le sommet de l'encadrement du haut est souligné par une frise d'arceaux semblables à ceux des corniches, mais marqués par une accolade.

- Au-dessus s'ouvre la fenêtre ébrasée, en arc brisé, dont le remplage, orné d'un cœur gravé, constitue deux lancettes et un trilobe inversé (marbre vert).

- La corniche est interrompue, à ses extrémités, dans l'axe de chacun des deux pilastres corniers, par un retour vertical amorti par un second retour horizontal, à hauteur des corniches des façades latérales.

- Cette façade est fendue sur toute sa hauteur ; le portail est fortement disloqué, le linteau cassé.

- De part et d'autre du portail, deux croix de consécration sont peintes (en rouge) sur un carré de mortier blanc couvrant l'enduit du mur.

- Chevet

La façade orientale se compose des pignons de la nef et du chœur, et des faces latérales du chœur des chantres et de la sacristie qui seront évoquées séparément.

- Le pignon de la nef est percé d'un oculus circulaire à hauteur du faîtage de la toiture du chœur.

- Il est dépourvu de chaine d'angle à gauche, car le mur butte sur le clocher.

- L'amortissement de la corniche est identique à ceux de la façade occidentale, sur la chaine du côté droit.

- Les arceaux ne sont pas collés à la corniche, dont ils sont séparés par une bande de mortier blanc d'une trentaine de centimètres. Le côté gauche de la fri se n'est pas parallèle au rampant du pignon.

- Le pignon du chœur reprend la même composition.

- Vaste fenêtre en arc brisé, ébrasée, ornée d'un remplage au chanfrein arrêté sur le meneau par deux congés pyramidaux.

- La corniche, dont les deux extrémités sont cassées, retourne directement sur les faces latérales.

- Les arceaux sont légèrement brisés ; la bande enduite sous la corniche conserve les restes d'un quadrillage peint en rouge ; le compartiment inscrit dans l'arcature du sommet était orné d'une étoile à six branches peinte en rouge.

- Façade latérale droite

Elle se compose de plusieurs parties qui seront étudiées séparément : le mur de la nef ; le clocher ; la chapelle sud ; le chœur.

- La nef : la façade est divisée en deux travées inégales par un pilastre identique aux chaînes d'angles, interrompant les frises d'arceaux ; un second pilastre, d'une vingtaine de centimètres, borde le clocher au-dessus du portail. Chacune des deux travées est percée d'une fenêtre axiale, ébrasée, en plein cintre ; la deuxième est légèrement moins haute.

- La plinthe présente un ressaut vers le bas, dans la partie droite de la première travée.

- Le portail présente une composition identique à celle du portail occidental. Ne varient que quelques détails : - linteau sur coussinets portant, sculpté en méplat, le monogramme IHS.

- tympan peint à fresque : adoration des bergers,

- couronnement des ébrasements portant des inscriptions côté gauche : face : D-M-A-S- ET-I-D

ébrasement : A-D-M-CCCC-LXXXX

côté droit : ébrasement : H-O-A-A-T-S-E

face : cartouche martelé.

- l'encadrement supérieur est indiqué par deux colonnettes (marbre vert) dont les chapiteaux cubiques portent des étoiles à six branches (une à gauche, deux à droite ).

- Trois croix de consécration sont peintes sur des carrés de mortier blanc : deux sur la première travée ; une à gauche du portail.

Façade sud. Portail. Détail des inscriptions : piédroit gauche, face sud : D.M.A.S. ET. I.D.Façade sud. Portail. Détail des inscriptions : piédroit gauche, face sud : D.M.A.S. ET. I.D.

- Le chœur est presque entièrement masqué par la chapelle sud. N'apparaissent que : - la chaîne d'angle avec le retour du biseau de l'angle de la plinthe .

- Le départ de la première petite arcature sous la corniche. Le reste du mur est détruit.

- La chaîne d'angle porte le même cartouche que le côté droit du portail sud.

- Le chœur des chantres : ses deux faces sont étudiées ensemble car elles présentent un état modifié qu'il convient de signaler.

- Côté sud : le mur est encadré par un pilastre de 20 cm de largeur, en marbres rose et vert, collé contre le clocher, et par une chaîne d'angle comparable aux précédentes mais affleurant le nu du mur ; à mi -hauteur, une des pierres dépasse, en harpe, la largeur de la chaine. La plinthe est en ressaut au droit du premier pilastre, mais elle se poursuit rectiligne sur la chaîne d'angle.

- La fenêtre, ébrasée, est en plein cintre.

- Sous la fenêtre est encastrée une clé de voûte circulaire (diam. 35, 5 cm) en marbre blanc ornée d'une étoile à six branches entourée d'écailles, les amorces des nervures, ornées de trois tores identiques à tous ceux de l'église, sont disposées en rectangle.

- Côté est : demi -pignon aveugle limité par la chaîne d'angle en ressaut de ce côté, ainsi que la plinthe ; celle- ci est collée devant la plinthe du côté sud du chœur. Au centre est encastré un chapiteau identique à celui de la chapelle sud à l'exception du décor : personnage, dont on ne voit que la tête et les deux mains, tenant un écusson. Il porte la date de 1769 ( h. = 52, 5 cm - l. = 33, 5 cm ).

- L'ensemble est moins soigneusement construit que le reste de l'édifice ; le blocage est rempli de pierres de remploi, de pierres taillées en particulier. Les joints de la chaine d'angle sont plus épais et grossiers qu'ailleurs.

- Le clocher sera étudié plus bas.

- Façade latérale gauche :

Elle se compose de la nef, de la sacristie et de la chapelle nord et du côté nord du chœur.

- La nef : façade aveugle symétrique : un pilastre central sépare deux travées couronnées d'arceaux. Le bas de la deuxième est masqué par la chapelle nord.

- La chapelle nord : mur nord aveugle encadré de chaînes d'angles ordinaires. Le côté ouest en retour est percé d'une fenêtre au linteau délardé en plein cintre ébrasée. Le piédroit droit porte, tracé à la peinture : F.R. 1929. R.R.

- La sacristie est collée entre le chœur et la chapelle nord. Mur nord aveugle ; mur est percé d'une fenêtre ébrasée avec linteau délardé en plein cintre orné de dentelures.

Vue de volume de la nef prise du sud-ouest.Vue de volume de la nef prise du sud-ouest. Sacristie. Façade est. Fenêtre.Sacristie. Façade est. Fenêtre.

- Le chœur : n'apparaissent que les chaînes d'angle, la partie supérieure de sa plinthe et le départ du premier arceau sous la corniche.

- Le clocher présente quatre faces identiques, au moins dans les parties hautes, le bas du côté nord étant masqué par la nef. Chaque face se composait ainsi :

- Cinq niveaux percés de jours encadrés par deux chaînes d'angle formant pilastres corniers sont séparés par de petits cordons soutenus au premier niveau par cinq petits modillons, aux autres niveaux par six arcatures en plein cintre. Le cinquième niveau est percé d'une fenêtre géminée dont les deux colonnes chanfreinées jumelées dans le sens de la profondeur ont un chapiteau commun ;

- le sixième niveau est percé à l'aplomb des pilastres d'angle d'une fenêtre triple de même structure que la précédente ;

- le septième niveau est identique ; la fenêtre s'ouvre sur un cordon en quart de rond ; les colonnettes en marbre vert ont des bases et des chapiteaux cubiques. Ce niveau est couronné par un cordon en quart de rond et une sorte de corniche à modillon.

- Au-dessus s'élève une flèche octogonale dont les arêtes sont ornées de boules ; quatre fenêtres, en plein cintre, s'ouvrent à la base des faces cardinales ; quatre autres, très petites, sont percées au sommet des faces obliques.

Aux angles de la tour, quatre pinacles pyramidaux portent des croix en fer forgé.

Des modifications ont altéré cet état : - Côté ouest : les deux premiers niveaux sont occupés par la fresque des Damnés. Le cinquième niveau est aveugle (horloge).

- Côté sud : au quatrième niveau, cadran solaire peint sur enduit ; apparaissent deux états successifs, et badigeon blanc recouvrant le tout. Les couleurs qui ressortent sont le rouge, l'ocre jaune, le vert et le noir.

- Côté est : cinquième niveau aveugle (horloge ).

- Côté nord : la fenêtre du cinquième niveau est dénaturée et sert d'accès au comble de la nef.

- Dans l'ensemble les cordons, modillons et arcatures sont très dénaturés ou supprimés, dans le meilleur des cas, enduits ; cependant certaines arcatures apparaissent au sud, soulignées d'un liseret incisé (quatrième niveau).

Comble et couvertures

Toutes les toitures (à deux versants : nef, chœur ; en appentis : chapelles, sacristie) sont couvertes de bardeaux. Les toitures de la sacristie et de la chapelle sud masquent les corniches et les arcatures des façades latérales du chœur.

Distribution intérieure

L'ensemble de l'édifice est doté d'un plancher : au niveau du seuil de l'arc triomphal, surélevé d'une marche dans le chœur et les deux chapelles. Un regard donne accès à des sépultures à fleur de terre, face au portail sud.

Tous les murs sont enduits.

L'autel d'origine est une table monolithe en marbre rose posée sur un soubassement de maçonnerie évidé. L. = 2, 14 ; l. = 1, 30 ; h. = 0, 23 m.

NOTE DE SYNTHÈSE

Le seul point litigieux de l'édifice parait être la présence de la chapelle sud. Les vestiges en place et l'état actuel de la chapelle permettent de dire qu'elle a été agrandie et complètement transformée.

- Éléments en place : pilastre avec colonne adossée (h. = 1, 80) en retour sur la pile sud de l'arc triomphal. Le chapiteau est couronné d'un tailloir prolongé, au sud, par une partie biaise qui s'enfonce dans le mur. Au-dessous, couronnant la partie gauche du pilastre et la débordant, les restes d'un élément sculpté, en marbre vert. La base de la colonne est masquée par le sol actuel, surélevé.

Chapelle au sud du choeur. Piédroit ouest en place. Chapiteau de la colonne engagée.Chapelle au sud du choeur. Piédroit ouest en place. Chapiteau de la colonne engagée.

- Éléments déplacés susceptibles d'appartenir au premier état de la chapelle : - chapiteau de marbre rose encastré dans le parement est de la chapelle. Mêmes dimensions que celui en place, même composition, même sculpture.

- Clé de voûte encastrée dans le parement sud de la chapelle, avec des amorces de nervures à trois tores en position rectangulaire.

- Éléments en pierre de taille entrant dans la composition de la plinthe et de la chaine d'angle (marbres rose, vert).

- Éléments transformés du chœur

- façade sud,masquée : arcatures sous la toiture (détruites).

- Suppression d'une partie du mur sud après la mise en place du retable dont il manque une partie. Son aile droite, au départ appuyée en oblique sur ce mur, est actuellement dans le vide, l'aileron qui la décorait ayant été retourné vers la chapelle.

- Interprétation proposée : il semble qu'une petite chapelle, de plan rectangulaire, plus petite que la chapelle actuelle, voûtée d'une croisée d'ogive ait été construite en même temps que l'église. Sa faible hauteur (colonne : 1,80 m) devait laisser apparaître les arcatures du sommet de la face sud du chœur. Sa voûte devait avoir la même structure que celles des autres parties de l'église : nervures à trois tores retombant dans les angles sur les parties biaises des tailloirs ; ce système est général dans tout l'édifice et s'observe sur la colonne en place de cette chapelle. Si les éléments des deux autres angles n'ont pas été conservés, sans doute ne présentaient-ils aucun intérêt et n'étaient constitués que par des tailloir~fichés dans les deux murs perpendiculaires de la même façon que dans la chapelle nord.

Lors de la reconstruction (fin XVIIIe ou XIXe siècles), des éléments ont été récupérés et remontés, sans le soin avec lequel on a construit l'édifice : chaîne de marbre affleurant le nu du mur sud, pas de corniche, fenêtre faite de morceaux hétéroclites, remplois de marbres dans le gros-œuvre.

La chronologie générale semble s'établir ainsi :

- XIe ou XIIe siècle : édifice incluant le clocher jusqu'au cinquième niveau.

- Milieu XVe siècle : ornementation peinte (les damnés).

- Fin XVe siècle : destruction de cet édifice.

- 1490 : l'église actuelle est peut-être achevée. Tout au moins le portail sud où cette date est inscrite. L'église comprend la nef, le chœur et la chapelle sud.

- Début XVIe siècle (?) : chapelle nord dont la structure est encore très proche de celle du reste de l'édifice.

- 1633 : surélévation du clocher de un ou deux étages avec la flèche.

- fin XVIIIe ou XIXe siècle : démolition et reconstruction d'une chapelle au sud du chœur, de parti identique à celle de Plampinet.

Vocables Saint-Pélage, Saint-Marcellin-Saint-Antoine
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Briançon
Adresse Commune : Névache
Lieu-dit : Ville-Haute
Cadastre : 1846 C7 2854 ; 1977 AB 314

Cette église était au 12e siècle sous le vocable de Saint-Pélage. Elle comporte plusieurs inscriptions : 1490 sur la porte sud, 1498 sur les vantaux de la porte occidentale, 1537 sur le lambris de la nef. Elle a été consacrée en 1532. La date de 1769 sur un chapiteau du 15e siècle est celle d'une restauration. Les tirants en bois posés au 17e siècle ont été complétés par des tirants en fer au début du 20e siècle.

Période(s) Principale : 4e quart 15e siècle
Secondaire : 3e quart 18e siècle
Dates 1490, porte la date
1498, porte la date
1769, porte la date
Auteur(s) Auteur : maître d'oeuvre inconnu

L'église est bâtie au coeur du hameau et entourée sur trois côtés par le cimetière ; nef unique de deux travées et choeur de plan carré couverts d'une croisée d'ogives. Une chapelle de deux travées peu profondes s'ouvre sur le côté gauche de la deuxième travée de la nef. La sacristie borde le côté nord du choeur et communique avec lui par une porte. Un choeur des chantres polygonal ouvre au sud. Il semble remplacer une disposition d'origine dont subsiste, adossé à la pile sud de l'arc-triomphal, un pilastre flanqué d'une demi-colonne couronnée d'une chapiteau orné d'une tête humaine entre deux feuilles ; son symétrique a été supprimé, le chapiteau étant remployé dans le mur extérieur de la chapelle, avec la date gravée de 1769. Il a pu s'agir d'une petite chapelle couverte d'une croisée d'ogives. La chapelle nord présente le même type d'éléments que le choeur et la nef : nervures à triple tore, clés circulaires, tailloirs biais. L'ensemble des façades de l'église présente une grande unité de composition, quel que soit leur emplacement, seul variant le détail de l'ornementation ou la disposition des baies. Toutes sont construites en blocage sur une plinthe dont le sommet, taillé en biseau, est appareillé en marbre blanc-rose. Aux angles, les chaînes appareillées en marbres rose et vert forment de larges pilastres corniers, avec leur propre soubassement. Une corniche creusée d'un cavet, appareillée en tuf, surmontant une frise d'arceaux en plein-cintre, couronne chaque façade. Le clocher est une tour carrée couronnée d'une flèche ; il comprend un rez-de-chaussée voûté en berceau segmentaire et un étage haut dans lequel sont installées des échelles montant aux cloches. Au sommet sont pratiquées trois étages éclairés par des fenêtres géminées. Le portail est constitué d'une porte rectangulaire couronnée d'un tympan et encadrée de deux ébrasement portant une voussure, inscrite dans un cadre mouluré rectangulaire. Le couronnement des trois colonnettes alternant avec des ressauts de l'ébrasement est monolithe est simule des chapiteaux au moyen de petites accolades ; les faces s'ornent de pampres, oiseau et lys.

Murs tuf
calcaire
marbre
enduit
appareil mixte
moellon
maçonnerie
Toit bardeau, pierre en couverture
Plans plan allongé
Étages 1 vaisseau
Couvrements voûte d'ogives
voûte en berceau
Couvertures toit à deux pans
flèche polygonale
Techniques peinture
Représentations Vierge ange
Précision représentations

Annonciation sur le tympan du portail ouest.

Statut de la propriété propriété publique
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections classé MH, 1914/05/09
Précisions sur la protection

portail ; porte

Références documentaires

Bibliographie
  • Dictionnaire des églises de France. 2D Alpes, Provence, Corse. Paris : Robert Laffont, 1966.

  • Congrès Archéologique de France. Dauphiné. 1972. Paris : Société Française d'Archéologie, 1974. 553 p.

  • ROMAN, Joseph. Répertoire archéologique du département des Hautes-Alpes. Paris : Imprimerie nationale, 1888.

  • ROMAGNE, Louis. Eglises et chapelles de Névache. Lyon : Audin-Tixier, 1981. 63 p.

  • ROSTOLLAND, Henri. Névache et la vallée de la haute Clarée. Briançonnais. Marseille : Laffitte Reprints, 1982. 320 p. Reprod. en fac-similé de l'édition Louis-Jean, Gap, 1930.

  • SENTIS, Gabrielle. Névache et sa vallée : nature, art, histoire. Grenoble, 1982.

  • ALBERT, Antoine. Histoire géographique, naturelle, ecclésiastique et civile du diocèse d'Embrun. Embrun : Pierre-François Moyse, 1783 [1786], 2 tomes, VI-501 p. Edition 1959.

  • ROMAN, Joseph. Monuments et objets d'art récemment détruits dans le département des Hautes-Alpes. Dans Bulletin de la Société d'Etudes des Hautes-Alpes, 1er trimestre 1911.

    P. 42-50.
  • GUILLAUME, Paul (abbé). Notes sur les anciennes églises du diocèse d'Embrun (Hautes-Alpes). Dans : Bulletin de la Société d’Études des Hautes-Alpes, Gap, 1884.

    P. 152-182.
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général - Fray François - Marciano Florence