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église paroissiale Saint-Martin

Dossier IA04000121 réalisé en 2004

Fiche

Œuvres contenues

Historique

Dans les pouillés du diocèse de Senez, on trouve mention dans le compte de décimes en 1300, à Colmars, d'une "ecclesia de Collomarcio", puis à nouveau en 1376 et en 1564.

Dans une visite pastorale de 1700, l'évêque mentionne la fondation en 1300, par Bérard de Chamberony, notaire de Colmars, de la chapellenie de Saint-Jean et c'est le même qui fait bâtir "cette même église de St-Jean qui est devenue aujourdhuy la Paroisse". Ainsi un premier édifice existe dans le bourg de Colmars en 1300 (un édifice plus ancien préexiste sur la colline à l'emplacement de l'actuel fort de Savoie, cf. annexe).

Au même emplacement, et sans doute après la destruction de l'ancienne au cours des diverses incursions dont est victime la ville de Colmars au 14e siècle, une nouvelle église est reconstruite en 1530 par Mathieu d'Anvers, sculpteur et architecte flamand. Cette construction est donc contemporaine du renforcement des fortifications médiévales de la ville réalisées sous le règne de François 1er.

La porte est de la façade nord porte deux inscriptions attestant de ces dates et attribution (il s'agit d'une porte de l'ancien édifice en remploi dans la paroissiale actuelle). A gauche, l'inscription est lisible sur l'imposte : "ANO MUDI / 73 / NOBILIS UNI/VERSITAS COLLI / FIERI FECIT", soit : "en l'an du monde 73 les nobles de Colmars ont fait faire" ; à droite, une autre inscription gravée dans la pierre en pendant : "ANO XPI 1530 / MATHEUS TEUTO/NICUS DAVERS / STRUXIT / AL OM BETER", soit "en l'an du Christ 1530 Mathieu le Teuton d'Anvers construisit", cette dernière inscription en latin est suivie d'une phrase en flamand "tout est pour le mieux". Ainsi les notables de Colmars ont demandé à Mathieu d'Anvers de construire une église, sans doute en [14]73, ce que le flamand a réalisé en 1530. Il s'agit de l'église Saint-Jean dans laquelle, d'après Monseigneur Soanen en 1718, on célébrait le service divin déjà en 1551.

Cette nouvelle église Saint-Jean est détruite par le grand incendie de Colmars le 8 août 1672, Mgr de Villeserin dans son récit de l'incendie rapporté par MZ Isnard écrit : "je me fis conduire ensuite à la grande église où il n'estoit absolument rien demeuré que quelques restes de murailles toutes calcinées ; tous les autels, les tabernacles, les tableaux estoient bruslés et démolis, et le feu avoit esté si violent que les fonts-baptismaux, qui étoyent faits d'une pierre fort dure et fort épaisse, étoyent réduits en cendre".

L'église est reconstruite avant 1690 date à laquelle elle apparaît sur le plan de la ville dessiné par l'ingénieur Niquet. Un prix fait stipule en effet que le chantier fut confié le 25 aout 1681 à "Pierre Routhier maistre esculpteur de la ville de Castelanne [pour] faire et parfaire l'église paroissiale", Pierre Routhier qui porte aussi le titre (dans une quittance de paiement ) de "maître entrepreneur". Cette nouvelle église est bien construite "en lieu et place où [elle] était avant l'incendie" mais de dimensions plus importantes.

Dès le prix-fait, apparaît un autre maître-maçon, de Montferrat (83?), Pierre Agneau (aussi nommé Pierre Agnel), auquel Pierre Routhier délègue la gestion du chantier, il est "procureur" de Pierre Routhier (Pierre Routhier a donc fait une procuration à Pierre Agneau pour agir en son nom). C'est ainsi ce dernier qui passe les commandes, règle les quittances et dirige le chantier sur place.

Pierre Agneau "en qualité de procureur de Pierre Routhier" a par ailleurs commandé par prix-fait à Honoré Barbaroux, maître menuisier de Colmars, la réalisation du "couvert" de l'église. Celui-ci est payé en 1685 (cf. quittances de paiement).

Le pilier sud entre la troisième et la quatrième travée de la nef porte la date de 1683 gravée sur une pierre, côté nef.

L'église change de vocable au tout début du 18e siècle : elle est, en 1700, toujours sous le vocable primitif de saint Jean, de même lors de la visite de 1712 à l'occasion de laquelle l'évêque commente son piètre état. Dans la visite pastorale suivante, en 1718, l'église paroissiale est dite "sous le titre toujours subsistant de saint Martin évêque". L'ancienne paroissiale ayant été démolie à la toute fin du 17e siècle, son vocables a sans doute été transféré à l'église du centre du village.

En 1769, le toit "dont partie était couverte de malons et partie de planches" s'effondre suite à de fortes chutes de neige.

En 1816, une délibération du conseil municipal vote des réparations à faire à l'église paroissiale et leur financement pour une grande part par l'Etat : le culte avait en effet été transféré à la chapelle Saint-Joseph "attendu l'occupation de cette église [paroissiale] pour l'approvisionnement des denrées de siège de cette place, laquelle a occasionné à ladite église des dégradations considérables qu'il est indispensable de réparer pour pouvoir y rétablir l'exercice du culte". L'église paroissiale semble, d'après les archives, vraiment en très mauvais état après les conflits révolutionnaires, elle a été occupée à des fins militaires, parfois civiles et en a été très dégradée.

En 1842, le conseil municipal vote des réparations urgentes : il s'agit notamment de refaire toute la toiture en bardeaux de mélèze, les forêts communicales sont mises à contribution.

En 1897, d'après les comptes de la fabrique, la toiture et le crépissage de la "petite nef" (bas-côté) sont refaits. En 1884-85, toujours d'après les comptes de la fabrique, la toiture de bardeaux est à nouveau entièrement refaite pour la "grande toiture", une délibération du conseil muncipal de 1883 mentionne le "don d'une quantité d'arbres essence mélèze pris dans la forêt commune de Monnier" pour aider au financement de ces travaux.

En 1841, l'église est décrite par l'évêque "dans un état satisfaisant de décence" l'exception du pavement qui n'est pas totalement couvert de plancher". Ce plancher de mélèze a été réalisée en 1838 "afin de la rendre moins humide et plus saine" (cf. délibération du conseil municipal du 13 mai 1838). Dans la visite de 1858 le plancher est "à peu près neuf".

En 1874 la petite porte est réparée.

Toujours d'après la visite pastorale de 1876, des travaux sont effectués dans le choeur entre 1873 et 1876 : pour placer le nouveau vitrail de l'immaculée conception et du Sacré-Coeur, "il a fallu ouvrir en plein la fenêtre du fond du choeur et abaisser de 80 centimètres le grand tableau ; puis en 1874, "le fond du choeur a été peint en couleur" et "un banc à panneaux pour les chantres a été ajouté au choeur".

En 1957, le conseil municipal décide de refaire la toiture de l'église : les travaux sont financés par l'Etat, la participation de la commune consiste en la fourniture complète du bois, sans versement d'argent.

En 1977, le conseil municipal décide de remplacer le plancher par du carrelage "sur hérisson de pierres du Verdon". En 1990, les travaux sont achevés pour la nef et le bas-côté ; en 1994 pour le choeur.

En 1990-91, la réfection de la toiture est entreprise en deux tranches. En 2007, la toiture est à nouveau restaurée avec renfort et modification de la structure des fermes ainsi que soutien des appuis de la charpente par des plots de béton. La couverture est également refaite avec les tuiles écailles.

En 1989, est engagée la réfection du sol de la nef et du bas-côté. Les derniers travaux de restauration datent de 2008 avec une nouvelle révision de la couverture, la réfection du sol du choeur ainsi que celle des murs de la nef et du bas-côté.

Concernant le clocher :

Le clocher ne comportait initialement qu'un seul niveau, il a été surélevé en deux fois : une première fois de 4,5 m en 1648 et à nouveau en 1846. En 1909, le conseil municipal décide de l'achat d'une nouvelle horloge publique (en 1912 elle doit déjà être réparée). En 1939, conformément à une commande du conseil municipal, M Ferrero, horloger à Digne s'engage à installer sur le clocher de l'église "quatre cadrans lumineux peints de 1m10 de diamètre" en remplacement de l'ancienne horloge. En 1982, les façades et la couverture du clocher sont restaurés (cf. délibération du Conseil municipal du 17 avril 1982).

Concernant la sacristie :

Prise dans la muraille d'enceinte du bourg de Colmars, premier niveau d'une des quatre tours bastionnées légères à trois niveaux percées de créneaux de fusillade, elle est construite par Niquet entre 1690 et 1693, soit ex nihilo soit par allongement d'une tour préexistante. Cette "tour de la sacristie" flanque à droite, un tronçon de courtine rectiligne vraisemblablement construit par Niquet en avant du mur gouttereau de l'église pour soustraire celle-ci aux coups direct d'un assaillant. Jusqu'en 1690, il semble que l'église ait fait partie de l'enceinte (cf plan de Niquet de 1690)

Plan de la ville de Colmars et des ouvrages à y faire pour la fortifier [vues des églises Saint-Martin et Saint-Jean, respectivement à l'emplacement de l'actuel fort de Savoie, et dans le bourg]. Projet Niquet. 1690.Plan de la ville de Colmars et des ouvrages à y faire pour la fortifier [vues des églises Saint-Martin et Saint-Jean, respectivement à l'emplacement de l'actuel fort de Savoie, et dans le bourg]. Projet Niquet. 1690..

Armoiries

Le pilier sud de la nef, entre la troisième et la quatrième travée, celui-là même qui porte sur sa face nord la date de 1683, porte également, sur sa face ouest cette fois, d'anciennes armoiries qui pourraient être celles de la ville de Colmars.

Pilier de la nef : détail, armoiries de la ville de Colmars.Pilier de la nef : détail, armoiries de la ville de Colmars.

La chapelle des pénitents gris de Saint-Joseph (Référence : IA04000123), construite à quelques rues dans les mêmes années (dans la 2e moitié du 17e siècle), porte sur la façade des armoiries auxquelles il semble intéressant de comparer celle de l'église paroissiale : elles sont similaires à l'exception de l'animal au centre de l'écu.Armoiries de la ville de Colmars, chapelle des pénitents gris.Armoiries de la ville de Colmars, chapelle des pénitents gris.

On trouve également des armoiries au-dessus de la porte de France : l'écu est de même forme que celles de l'église paroissiale mais les meubles ont été bûchés.Armoiries de la ville de Colmars, Porte de France, plaque commémorative au-dessus du passage.Armoiries de la ville de Colmars, Porte de France, plaque commémorative au-dessus du passage.

Ainsi la forme de blason de l'église paroissiale qui pourrait de prime abord être interprétée comme un écu en forme de chanfrein de cheval, pourrait en fait être l'évolution de la targe italienne (la française n'était échancrée qu'à droite pour laisser passer la lance) qui influence beaucoup la forme de l'écu porteur d'armoiries en Italie. L'influence italienne, si proche à Colmars, est donc ici clairement illustrée. La sangle figurée à l'arrière est sans doute la guigue par laquelle le cavalier suspend son bouclier hors de la bataille.

Au cours du 18e siècle, les armoiries évoluent : Achard les décrit ainsi "d'or à un monde d'azur bandé et croiseté d'argent". Au 19e siècle, étonamment, les lettres COL ne sont pas mentionnées alors qu'elles réapparaissent au 20e siècle : "d'azur à un monde d'argent, croisé du même, chargé de la lettre O de gueules, adextré de la lettre C d'or, et senestré de la lettre L du même".

A noter que l'entrée principale de l'église paroissiale porte un blason bûché aujourd'hui illisible. Selon Adrien Roux, il s'agirait d'un blason portant à l'origine les armoiries du comte de Grignan, alors gouverneur de Provence qui aurait fait un don de mille livres pour aider la communauté de Colmars à financer la construction de son église. Les armoiriées auraient été buchées à la Révolution.

Description

L'église paroissiale de Colmars se trouve dans le bourg, à l'intérieur des remparts, complètement au sud et, pour partie, au sein même de ces fortifications. Le bas-côté sud ainsi que la sacristie sont en effet parties intégrantes du mur d'enceinte de la ville. Le bas-côté est surmonté d'une partie du chemin de ronde percé de créneaux de fusillade. La sacristie est quant à elle située au rez-de-chaussée d'une tour de défense à trois niveaux également percée d'ouvertures pour le tir.

La chapelle des pénitents Notre-Dame-des-Grâces (Référence : IA04000122) s'élève perpendiculairement à l'axe de la paroissiale, au niveau de la quatrième travée, au nord sans que ne soit visible aucune communication interne entre les deux édifices.

L'église est construite en moellons de grès avec inclusion de galets, chaînage en pierres de taille pour les contreforts de l'élévation nord, du chœur et pour la tour de la sacristie et le clocher. Les murs ont un enduit à pierres vues, sauf pour le clocher dont l'exhaussement présente plutôt un enduit lisse. Les matériaux de couvertures sont différents selon les parties, il ne s'agit probablement pas partout des mêmes matériaux qu'à l'origine. La nef possède un toit à longs pans couvert de tuiles écailles, même matériau pour le chevet pour un toit polygonal ; en revanche le toit en pavillon du clocher est couvert de tuiles écailles vernissées formant un motif de croix ; la tour de la sacristie est quant à elle couverte de bardeaux de mélèze.

L'édifice est orienté. L'église présente un plan allongé, légèrement désaxé, à un seul bas-côté, au sud qui se termine par un mur plat. Le chœur, asymétrique, présente cinq pans. La sacristie ouvre sur le pan nord du chœur : on y accède en traversant le rempart, par une petite pièce voûté d'arêtes, dont le mur percé d'une meurtrière porte également un lavabo de pierre.

La nef comporte quatre travées barlongues voûtées sur croisées d'ogives, le bas-côté au sud est composé de quatre travées également mais il est couvert d'une voûte d'arêtes, il est séparé de la nef par des arcades en plein cintre. Le chœur est pentagonal et couvert d'ogives rayonnantes à six branches (en éventails), il ouvre sur la nef par un doubleau en cintre surbaissé.

L’élévation nord de l’église est scandée par quatre contreforts.

La nef présente une élévation intérieure très simple à un seul niveau. Le chœur est éclairé par une baie axiale fermée d’un vitrail. La nef n’est ouverte que côté nord (le côté sud étant pris dans les murailles) : par les deux portes et par trois baies en plein cintre avec encadrements en pierre de taille.

La sacristie

La sacristie, de plan barlong, est située au premier niveau de la tour de la sacristie, partie intégrante du système de défense de Colmars. On y accède par une petite pièce voûté d’arêtes, à l’intérieur des remparts, ouvrant d’une part sur le pan sud du chevet et sur l’extrémité ouest du bas-côté d’autre part. Cette pièce est munie d’un lavabo en pierre, pris dans l’épaisseur du mur ouest, sous une baie.

La sacristie est voûtée en berceau plein-cintre à lunettes. Elle est éclairée par deux archères monolithes, à l’ouest et à l’est.

Le clocher

Le clocher se dresse à l’aplomb de la petite pièce d’accès à la sacristie. Il est érigé en appareil de moellons avec enduit à pierres vues et chaînage d’angle en pierres de taille.

De plan carré, ce clocher-tour présente une élévation scandée de trois bandeaux. Les baies des différents niveaux ont été murées à l’exception de celle du dernier niveau où sont visibles les cloches. Des horloges sont placées à l’emplacement des baies de l’avant-dernier niveau.

Vocables Saint-Martin
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var - Allos-Colmars
Adresse Commune : Colmars
Adresse : place de l' Eglise
Cadastre : 1827 E 31, 39 ; 1983 AB 55

L'église paroissiale de Colmars a été reconstruite deux fois. Un premier édifice est édifié sur la commande de Bérard de Chamberony, notaire de Colmars en 1300, sous le vocable de Saint-Jean. Cet édifice, sans doute détruit au moment des combats du 15e siècle, est reconstruit par Mathieu d'Anvers en 1530 (cf. inscription aux piédroits de la porte est de la façade sud). En 1672, cette nouvelle église brûle dans le grand incendie de la ville. Un nouvel édifice, toujours sous le vocable de Saint-Jean semble-t-il, est édifié entre 1681 et 1683 par Pierre Routhier, maître maçon de Castellane qui délègue la gestion quotidienne du chantier à Pierre Agneau, maître maçon de Montferrat (83), qui lui-même délègue Honoré Barbaroux la réalisation du "couvert" de l'église. Un pilier de la nef porte la date de 1683 ainsi que les armoiries de la ville de Colmars. L'église paroissiale apparaît bien sur le plan de Niquet dessiné en 1690. L'église change de vocable sans doute au début du 18e siècle et devient l'église paroissiale Saint-Martin. Le clocher, qui a, semble-t-il, résisté à l'incendie de 1672, est exhaussé au milieu du 17e siècle puis à nouveau au 19e siècle.

Remploi provenant de Commune : Colmars Lieu-dit : porte est, façade nord ancienne église paroissiale Saint-Jean

Période(s) Principale : 14e siècle, 2e quart 16e siècle, 4e quart 17e siècle , porte la date, daté par source
Secondaire : 19e siècle
Dates 1300, daté par source
1530, porte la date
1683, porte la date
Auteur(s) Auteur : Mathieu, dit(e) Mathieu d'Anvers,
Mathieu , dit(e) Mathieu d'Anvers

Mathieu d'Anvers ou Mathieu le Teuton, sculpteur et architecte flamand qui travaille en Haute-Provence dans le 1er tiers du 16e siècle.


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maître d'oeuvre, signature
Auteur : Routhier Pierre,
Pierre Routhier

"Maistre esculpteur" (prix-fait pour Colmars 1681) de la ville de Castellane.


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maître d'oeuvre, attribution par source
Auteur : Agneau Pierre, dit(e) Agnel,
Pierre Agneau , dit(e) Agnel

Maître maçon de Montferrat (sans doute dans le Var). Nommé Pierre Agneau ou Pierre Agnel, participe en 1681 à la construction de l'église paroissiale de Colmars.


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maître maçon, attribution par source
Auteur : Barbaroux Honoré,
Honoré Barbaroux

Maître charpentier et maître menuisier de Colmars (04). Réalise le "couvert" de l'église paroissiale de Colmars entre 1681 et 1685.


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maître charpentier, attribution par source

L'église paroissiale de Colmars se trouve au sud du bourg, adossée et pour partie à l'intérieur des remparts. De plan allongé, elle est orientée : la nef comporte quatre travées voûtée d'ogives et s'ouvre sur un chevet pentagonal avec une voûte rayonnante. Au sud, un seul bas-côté longe la nef sur quatre travées également, il est couvert de voûtes d'arêtes.

Les matériaux de couverture sont divers : tuiles en écaille pour la nef et le choeur, tuiles en écaille vernissées pour le clocher, bardeaux de mélèze pour la sacristie.

La sacristie se trouve au premier niveau d'une tour défensive du rempart. Le clocher-tour de plan carré s'élève au sud du choeur.

Murs grès moellon
Toit bardeau, tuile en écaille, tôle ondulée, acier en couverture
Plans plan allongé
Étages 2 vaisseaux
Couvrements voûte d'arêtes
voûte d'ogives
voûte en éventails
voûte en berceau plein-cintre
Couvertures toit à longs pans
toit en pavillon
toit polygonal
États conservations mauvais état
Techniques peinture
sculpture
Représentations armoiries
Précision représentations

La voûte et les murs du choeur portent un décor peint : ciel bleu nuit parsemé d'étoiles dorées pour la voûte ; appareil de pierre en trompe-l'oeil pour les murs, avec frises et pilastres ornés de croix, de rinceaux végétaux et de motifs de vigne.

Le pilier entre la troisième et la quatrième travée de la nef porte en bas-relief sculpté dans la pierre les anciennes armoiries de la ville de Colmars : sur un écu en chanfrein de cheval (à moins qu'il ne s'agisse d'une targe italienne), une croix surmonte un losange avec les lettres COL.

Un autre blason, bûché cette fois, se trouve au-dessus de la principale porte d'entrée au nord.

Précision dimensions

Dimensions de la porte est de la façade nord : h = 176 ; la = 100.

Eglise ainsi que la chapelle des Pénitents qui lui est accolée : classement par un même arrêté du 18 juillet 1994.

Statut de la propriété propriété de la commune
Protections classé MH, 1994/07/18
Précisions sur la protection

1994/07/18 : classé MH

Annexes

  • Transcription du prix-fait pour la reconstruction de l'église paroissiale de Colmars, 25 août 1681

    Transcription d'Aurélie Bonan :

    Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence

    2 E 2762

    Minutes notariales de maître Antoine ROUBIONY d’octobre 1680 à décembre 1684

    Prix faict pour la communauté de la ville de Colmars, messire François de Laugier, prieur

    Au nom de Dieu, soict il en moy, l'an mil six cens huictante ung et le vingt ung jour du mois d'août, apprès midi, reignant très chrétien prince Louis quatorze de ce nom par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre longuemant soict il1, par devant messire Jean-François Granier, conseiller du Roi et son juge des villes de Colmars, Beauvezer et déppandances et commissaire en ceste partie dépputé, moy notaire et tesmoing establi en leurs personnes messire Jean-François de / Laugier, sieur de Verdaches, prieur de la ville de Colmars d’une part et messire Estienne Fabre, bourgeois, Bernard Chauve et Honnoré Ventre, consulz et au nom de la communauté du dit Colmars, suivant la charge à eulx donnée par le conseil général d’autre [part]2, de leurs grés ont donné en prix faict à Pierre Routhier, maistre esculteur de la ville de Castelanne présant stipulant de faire et parfaire l’églize parochialle de ceste ville en lieu et place où estoict advant l’insandie ainsy que s’ensuit :

    Premièrement, sera tenu d’abastre toutes les murailhes que sont à la dite église, tant du cousté de la ville que autres partz et ce faict, agrandira le plan d’icelle de trois cannes du cousté du levant, comme aussi du cousté du midi, l’argandira (sic) tout de long, tant que contient le cloucher, et à droict fil fera le (sic) grand nef de l’églize qu’aura quinze cannes de long et prandra du d’abas jusques à teste3 et cinq cannes de large, le tout franc en euvre du cousté du midi, y fera quatre chapelles qui auront seize pans francz en euvre de largeur à la longueur d’icelles comprandra tout ce que ce treuve despuis le bas de l’églize jusques au cloucher et seront divisez d’une largeur esgalle, l’autheur desquelles chapelles sera de trois cannes à mezurer du plan de l’églize et l’autheur de la grand nef aura sept cannes et demi, mesme mezure que dessus.

    Les murailhes de l’églize du cousté de la place de cellui du levant et du d’abas auront six pans d’espaiseur aux fondemans que seront faict à chaux et à sablé et contiennes jusques au couvert avec ses retranchemans nécessaires. D’ung cousté de la place sera faict trois encoules4 de l’espaiseur de six pans et sept pans / de largeur, lesquelles adjoustés avec la murailhe auront douze pans d’espaiseur finies et seront montées jusque à six pans au desoubz du couvert.

    Lesquelles encoules seront faictes en la dressière5 du pied des crousilhons et seront les cantons des dits encoules puis le débas jusques à teste de pierre de tailhe à [vive] arreste du dit cousté y sera faict deux portes, une grande et une autre plus petite, lesquelles seront faictes à l’endroict où estoict advant le brullemant et seront vouthées le tour de pierre de tailhe où sera faict les portes bois noier à la fasson que ce treuve faicte celle qui est en la maison du dit sieur juge, avec leurs fermantes et serures nécessaires. Du mesme endroict, y sera faict trois fenestres pour domné jour à l’églize, qui auront de largeur quatre pans et douze d’autheur, avec leurs brassemantz nécessaires, vouthées au dessus et le tour de pierre de tailhe que auront la distance convenable de l’une à l’autre.

    La murailhe que sera du cousté du levant sera pourtée par quatre arcz pour fere les chapeles cy dessus réglées de l’espaiseur de six pans, lesquelles seront vouthées de pierre de tailhe et sera montée à l’esgail de l’autre pour pourter la grande nef, ausquelles sera faict quatre fenestres, de la mesme fasson de celle du cousté de la place et dans une distance esgalle et convenable.

    La murailhe que ce fera dans les jardins pour fère les chapelles sera de quatre pans d’espaiseur, depuis le débas jusques au couvert et sera faict en la dressière de chasque arq une encoule de la largeur de sept pans et monthée jusques au couvert / des dites chapelles. Par-dessus l’arq que séparrera les dites chapelles, à la dressière des dites encoules sera faict une autre encoule de la largeur convenable et prandra toute la murailhe métresse des chapeles pour servir de basse à la grande nef, laquelle sera montée jusques à six pans dessous le couvert et seront les dits cantons des dites encoules tant haultes que basses, de pierre de tailhe, conformémant à celles du cousté de la place.

    A la chapelle que sera contre le cloucher, y sera faict une fenestre pour domné de jour, à icelle d’une autheur et largeur convenable que sera aussi vouthé, toute avec pierre de tailhe.

    Le presbictaire6 sera faict à cinq angles, les murailhes duquel auront aussi six pans comme les autres de l’églize et y sera faict deux encoules du cousté de la fontaine de la largeur, autheur et fasson des autres, et en faizant les murailhes du presbitaire, sera obligé de lesser ung [huider] pour y fere la porte de la sacristie à l’endroict où sera advizé7. Comme aussi du dit cousté, y sera faict deux fenestres conformémant à celles que sont cy dessus réglées, toutes lesquelles fenestres tant de l’églize que chapeles seront vitrées et trélizés de fere8.

    A la grand nef de la dite églize sera faicte quatre arcz doubleaux de pierre de tailhe que auront deux pans de largeur et ung pan espaiseur et les augives auront ung pan et quart de teste et ung pan et quart de lict ; lesquelz arcz doubleaux seront surmontés de deux pans et demi par-dessus son rond. Toute l’églize sera faicte à crousilhon avec leurs augives de pierre de tailhe ; le restant sera de tuve9 escari lequel aura ung pan et quart d’espaiseur.

    Le presbictaire sera faict à cinq angles et y sera faict une impérialle à sept branches d’augives / de pierre de tailhe qu’auront ung pan de largeur et ung de teste et seront maintenues par ung cul de lampe, le tout de pierre de tailhe et le restant sera vouthé avec de tuve, conformémant le restant de l’églize.

    Les chapelles seront vouthées à crousilhon avec leurs augives de pierre de tuve à [vive] arreste comme le restant de la grand nef et le pied droict que pourtera la vouthe que ce treuve entre les dites chapelles aura six pans de large et ung pan de rectour et ce prandra au debas des dites chapelles du cousté du midi conformémant à cellui qui sera du cousté de la grand nef, lequel fera face en quatre endroictz. Le restant des dites chapelles sera vouthé avec de tuve comme cellui de la grand nef.

    Les cantons des encoules du pied de l’églize auront six pans de largeur et seront faictes de l’autheur et pierre de tailhe cy dessus réglée. Les piedz droictz de tailhe que seront dans la grand nef et chapelles auront leurs basses et chapiteaux de pierre de tailhe, suivant l’ordre.

    Toute l’églize et chapelles seront blanchies avec de plastre et seront pavés de bricque. Au pied de l’églize et au pied du cloucher y sera faict ung demi-pied droict de la largeur de six pans et ung pan de rectour, de pierre de tailhe, pour pourter la vouthe des chapelles.

    Sur la grande porte de l’églize, sera mis les armes de Monseigneur le comte de Grigan, tailhés sur la pierre ou marbré, en recognaissance du don et gratiffication que [mon dit] seigneur le comte a faicte à la communauté de la somme de mille livres pour estre employées à la bâtisse de la dite églize.

    Le couvert de la dite églize et chapelles sera faict de tables de la longueur de six pans et au thiers poinct et sera le couvert de la grand nef à deux égoutz, le tout à la fasson du pais10 et sera couverte en fasson que les / murailhes ne puissent estre moulhées11 avec la charpante nécessaire, à condiction que sy le dit Routhier ne treuve pas de mathériaux dans la ville pour survenir à la bâtisse et fabrique de l’églize, lui sera permis d’aller prandre de bois au cartier de [L’ Ausoist] pour fere faire de tables et payera à la communauté pour le dit bois dix solz pour canne prins sur la place et par-dessus payera le travailh aux ouvriers qui le feront, encores prandra le gros bois au deffaus où bon lui samblera et de bois bas pour fere de fours de chaux, que le tout payera à la communauté à cognaisance des [présents] que la pierre de tailhe et autre que ce treuvera à l’églize Saint-Martin, à la rézerve de la chapelle qu’est en estat crole12 et des murailhes du cimetière apartiendront à Routhier pour les emplois sy bon lui samble à la bâtisse de la dite églize et [non] autremant. Et pour ce qui est des tuves que luy faudra pour icelle ou autre pierre de tailhe lui sera permis d’en prandre pourtout où en treuvera en payant le domaige qui pourtera aux [propriétaires]. Que les tables que sont dans l’églize péparées (sic) pour emploier au couvert, la communauté sera obligée les lui bailher à raison de vingt huict solz la canne. Sy bon lui samble au dit Routhier, le débris et fer de la dite églize lui appartiendra et pour le bois vielh qui restera apprès le travailh fini, la communauté ne sera tenuee de le prandre mais Routhier en fera à son plaizir et vollonté, tout lequel travailh soubz les paches13 cy dessus sera faict et fini, marchand et de recepte suivant et conformémant au plan, lequel plan a esté ret[…]s par Routhier, signé par le dit sieur Fabre consul et par lui, lequel sera obligé de représanter lhorsque requis et principalement lhors de la récepte du travailh sans que soict obligé de fere la sacristie conformémant à icellui14 et rapport qu’avoict esté dressé de la dite églize à la rézerve de la séparaction des chapelles que ni sera pas mais que seront faictes conformémant qu’a esté dict cy dessus / et ce suivant le verbal d’anchères qu’a esté faict par le dit sieur juge, lequel prix faict le dit Routhier mectra en estat dans quatre ans dès aujourd’hui comptables et sera recepte icellui faict et parfaict à condiction que Routhier respondra du dit travailh et bonté d’icelluy ung an apprès la récepte faicte.

    Tout lequel prix faict est faict moyenant la somme de neuf mille neuf cens livres et ce à lui deslivré par l’enchère du jourd’his, comme dernier encherisseur faizant la condiction meilleure pour le dit sieur prieur et communauté, paiables les dits neuf mille neuf cens livres savoir ung thierce par le dit sieur prieur et les autres deux thierces par la communauté, suivant l’arrest de nos seigneurs de la cour de Parlement de ce pais de Prouvance, du vingt deux mai mil six cens huictante, laquelle somme ce paiera deux cens livres tout présant que Routhier a receu en cours des ce argant au veu de moy notaire et tesmoingz des mains, argant des consuls et communauté et des mains de Jean Barbaroux, leur trézorier, absant maître Jacques Grangier, notaire, pour lui stipulant de quoi les quite trois cens livres que paieront dans quinze jours en travailhant Routhier au prix faict ce non autremant et le restant de la dite somme sera paiée par les dits sieurs consuls de la communauté, pandant le travailh du dit prix faict et suivant que icellui l’advancera ce à proportion jusques à perfection et ce de deux en deux mois à la rézerve de la somme de mille livres que resteront entre mains de la communauté jusques à la perfection et une année apprès la récepte du dit travailh, desquelles la communauté en paiera les intérêts que comanceront à courir apprès la récepte faicte cy Routhier ne veule donner cauption / d’icelle somme pour la pouvoir élargir ; le tout à paier de tous despans, domaiges, intérêts sauf à la con[naissance] d[…] du dit sieur prieur ce que le concernera du dit prix faict et qu’aura paier pour lui conformémant à l’arrest de la Cour estant les parties d’accord qu’en cas que la murailhe qui est au bas de l’églize joingnant la maison d’Anthoine Ratier soict sufizante à pourter les crousilhons et tout ce qu’elle doibt pourter en y mectant la tailhe et encres pourtés par le plan que le dit Routhier sen serve restant néangmoins à son périlh et fourtune sans que la communauté soict en rien tenuee et la murailhe subecptant ou la plus grande partie d’icelle15.

    Routhier sera obligé à ses fraictz de fere trélisser toutes les fenestres de l’églize avec de fil d’archal16, avec ung chasis et fere les degrés du mectre autel, ensamble l’autel de masonerie à la place où il sera advizé et pourra à cest esfaict y mectre les pierres de tailhe que sont à présant devant l’autel qui estoict en estat advant le brullemant.

    Et sy la dite murailhe ne pouvoit servir, Routhier sera deschargé des dits trelis, degrés et autel et fera la murailhe conformémant qu’a esté dict cy dessus et pour ce qui est des agrandessemans que font fere la communauté paiera la place et domaiges que pouroict cauzés l’abactemant des murailhes des maisons que seront nécessaires d’abactre et pour plus d’assurance du dit sieur prieur et communauté issi présentz Pierre Agneau, maistre masson de Monferrat de son gré, aux prières et requeste du dit Routhier c’est pour luy randeu plège17 et cauption, renonsant à la […] pourtant Routhier le relleive du sub dit aplègemant à paier de tous despans, domaiges, intérêts et pour l’observation de ce que dessus /.

    Les parties en tant que [leur touché] obligent scavoir le dit prieur tous ses biens, les consuls en vertu de son pouvoir, les rantes et revenus de la communauté et Routhier et Agnel aussi tous leurs biens présents et advenir à toutes cours avec deubes renonsiations sermant y requis et acte faict et publié au dit Colmars dans la maison comune, présents Alexandre Isnard, praticien du lieu de Thorame Haute et Jacques Gariel, docteur en médecine du dit Colmars, tesmoingtz requis à signer avec les parties (…).

    Signé : Granier, juge et commissaire, JF De Laugier, prieur de Colmars, Fabre consul, [Ventre] consul, Routhier, Pierre Agneau, Pierre Barbaroux, Grangier, Estienne Gracio, Isnard, Gariel médecin présent, Et moy Roubiony, notaire

    1Apostilles reléguées au bas du document original, insérées dans la transcription à la place qui convient.2Omission du scribe.3Du d’abas jusques à teste : du bas jusqu’à la tête (provençal)4Encoules : contreforts (provençal : ancoulo)5Dressière : chemin qui va tout droit6Employé pour chevet ?7Apostilles reléguées au bas du document original, insérées dans la transcription à la place qui convient.8Trélizés de fere : pourvues d’un treillis de fer9Tuve : tuffeau/tuf (provençal : touvo)10Apostilles reléguées au bas du document original, insérées dans la transcription à la place qui convient.11Employé pour mouillées ?12Crole : écroulée13Pache : accord, pacte (provençal)14Apostilles reléguées au bas du document original, insérées dans la transcription à la place qui convient.15Apostilles reléguées au bas du document original, insérées dans la transcription à la place qui convient.16Fil d’archal : fil de fer17Plège : caution, garantie
  • Transcriptions d'extraits de visites pastorales de la Série G concernant l'église paroissiale Saint-Martin de Colmars

    Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence

    2 G 17

    Visite du 1er au 5 novembre 1700:

    "[...] nous sommes allés visiter [...] l'église de Saint-Jean qui est maintenant celle de la paroisse, rebatie et bénie depuis deux ans, l'ancienne église paroissiale qui était sous le titre de saint Martin ayant été démolie même longtems devant l'année mille cinq cens quatre vints deux puisque Mgr Jean Clausse fesant la visite épiscopale à Colmars cette année impute cette vieille démolition aux guerres précédentes et atteste que le service se fesoit des lors en l'église de Saint-Jean".

    "La chapellenie de St Jean l'Evangéliste fondée par Bérard Chamberony notaire de Colmars le vint sept janvier mil trois cens lequel bâtist aussi cette meme église de St-Jean qui est devenue aujourdhuy la Paroisse. [...] Mais dans le même acte de mil trois cens nous avons vu que le dit Chamberony a fondé un hopital pour lequel il a donné trois maisons contiguës à l'église de St-Jean qu'il venoit de batir, lesquelles ayant été brulées dans l'incendie général de la Ville de 1672 : les Pénitens blans en ont pris le sol pour lequel en dédommagement ils sont construit près du magazin de poudres une autres maisons pour les pauvres".

    2 G 18

    Visite du 17 octobre 1712

    "Nous avons observé en 1700 l'ancienneté et la translation de l'église paroissiale de Saint-Martin dans celle de Saint-Jean, mais nous avons depuis justifié que ce transport est beaucoup plus ancien que nous n'avions dit alors puisqu'il subsistait dans Saint-Jean non seulement durant la visite de Mgr Clausse en 1582 ; mais encore dans celle de Mgr de Clermont en l'anclairement que le service divin de la paroisse se faisoit dans l'église de Saint-Jean et que celle de Saint-Martin ayant été brulée peu de tems auparavant on commençoit de la rebatir ; ce qui n'a pourtant pas eu d'effet à cause des guerres qui ont suivi. L'édifice du sanctuaire Saint-Jean quoique fait depuis peu d'années nous a paru fort altéré au sol par les eaux, les carreaux pourris par l'humidité, le fond du mur trop nu et les vitres des fenestres forts brisées. [....] La sacristie est obscure et les vitres étroites à cause de la Tour. [...] Le clocher où nous sommes allés nous a paru dangereux pour la montée ; il est exposé à bien des immondices et des quatre cloches celle qui était cassée en 1700 n'est point refaite malgré nos ordres. "

    Visite du 8 septembre 1718

    "L'église paroissiale de Colmars sous le titre toujours subsistant de Saint-Martin évêque, est aujourd'hui un peu mieux que cy devant pour les fenestres, les stalles et le balustre, mais le sol toujours humide et les carreaux gatés.

    Visite du 9 mai 1723

    "Sur l'état de l'église paroissiale, le fond du sanctuaire est toujours trop nud [...], le sol n'est plus humide de par les soins du prieur. [...] La nef, les fonts baptismaux sont en bon état, la grande porte ferme mieux [...], la petite porte est toujours fermée, les clocher est racomodé".

    2 G 19

    Visite du 25 septembre 1746

    "La nef. Les balustres sont bons ; la voute et les murailles tant de la grande que de la petite nef doivent être blanchies"

  • Les églises paroissiales de Colmars

    D'après Achard qui écrit en 1788, la première paroisse, et par conséquent la première paroissiale, était située sur une colline portant le nom antique du dieu de la guerre Mars (Collis Martis) : la ville de Colmars "étoit autrefois divisée en plusieurs parties, dont la principale étoit sur le côteau, où l'on trouve encore les débris de l'ancienne paroisse".

    Christine Rathgeber confirme cette hypothèse en écrivant que le premier noyau villageois se trouvait sur le promontoire Saint-Martin et que vers 720-730, "les premières populations christianisées du lieu y construisirent une collégiale dédiée à saint Martin". Ce même auteur mentionne le capitoul de 1296 qui précise que le village de Colmars était divisé en deux quartiers : le premier sur la colline Saint-Martin, comptant 126 feux au moins, le plus important, le second seulement 84 feux.

    Cette église primitive est détruite partiellement en 1576. Deux prix-faits passés en novembre 1576 commandent d'une part la démolition complète du clocher et la descente précautionneuse des cloches et, d'autre part, la démolition partielle de l'église. Partielle car le "perrier de Colmars" chargé des travaux doit démolir son toit, sa charpente et ses murs mais seulement jusqu'à hauteur des fenêtres, en préservant le parvis de l'église. Dans sa visite de 1700, au sujet de cette église, l’évêque écrit que « l’ancienne église paroissiale qui était sous le titre de saint Martin [avait] été démolie longtemps devant l’année 1582, puisque mgr Jean Clausse fesant [sic] sa visite épiscopale à Colmars cette année là impute cette vieille démolition aux guerres précédentes ».

    Entre 1576 et 1693, l'église est-elle reconstruite ? Sans doute pas, mais il doit en rester malgré tout des ruines encore debout.

    Toujours est-il qu’à son emplacement, entre 1693 et 1696, Richerand, directeur des fortifications du Dauphiné, responsable de la place de Colmars, fait édifier les forts du Calvaire et saint Martin (actuel fort de Savoie, référence : IA04000047) et, pour ce dernier, il est contraint de détruire l'église du même nom. D'après les plans de Vincennes (Vincennes, art. 8, carton 1), le mur gouttereau sud-ouest de l'église aurait servi de fondation à un tronçon de l'enceinte de la partie basse du fort, des embases de colonnettes, sans doute du chœur, sont encore visibles dans la cour (cf. illustrations IVR93_20130400269NUC1A_P, IVR93_20130400270NUC1A_P, IVR93_20130400692NUC1A_P, IVR93_20130400693NUC1A_P).

    Dans les pouillés du diocèse de Senez, on trouve mention dans le compte de décimes en 1300, à Colmars, d'une "ecclesia de Collomarcio", puis à nouveau en 1376 et au 16e siècle.

    Dans le bourg, un peu avant 1300, a été érigée l'église de Saint-Jean sur la commande Bérard de Chamberony, à l'emplacement de l'actuelle église paroissiale Saint-Martin. Elle est reconstruite en 1530 par Mathieu d'Anvers, sculpteur et architecte flamand (comme en témoignent les pierres portant des inscriptions en remploi dans l’encadrement de la petite porte de la façade nord. Détruite en 1672 dans le grand incendie de Colmars, elle est à nouveau rebâtie, au même emplacement, en 1683, par le maître-d'œuvre Pierre Routhier.

    La question de la date du transfert du statut de paroissiale depuis l'église ou collégiale Saint-Martin du hameau haut au village actuel ne peut être tranchée de manière définitive ; de même que la question du transfert de vocable.

    Concernant le statut de paroissiale, d'après la visite pastorale de Monseigneur Soanen en 1718, on peut affirmer que cela s'est produit avant 1551. De plus, la prédominance de l'implantation basse date de la fin du 14e siècle avec notamment l'édification de réelles fortifications sous le règne de François 1er qui fit développer le système défensif médiéval (attesté dès 1408 d'après A Roux). Ainsi on pourrait considérer que la nouvelle église édifiée en 1530 sous la titulature de saint Jean prend, dès sa consécration, le statut de paroissiale.

    Concernant le vocable de l'église, d'après le registre des délibérations du Conseil de communauté, l'assemblée se réunit le 18 juillet 1628 dans l'église "Saint-Jehan", puis en 1700, dans une visite pastorale, l'évêque mentionne à nouveau l'église Saint-Jean « qui est maintenant celle de la Paroisse, rebâtie et bénie depuis deux ans ». En revanche en 1718, elle est mentionnée sous celui de Saint-Martin. Entre 1693 et1696, l'ancienne paroissiale, située sur la colline, a été détruite pour l'édification du fort. Ainsi le vocable a peu de temps après été adopté par la nouvelle paroissiale au centre du bourg, au tout début du 18e siècle donc.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Extrait d'acte passé entre les consuls de Colmars et le prévôt de Sénez au sujet de la décime réglée au titre de la prébende du prévôt de Senez sur Saint-Martin de Colmars. 18 mai 1564. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : E DEP 061 GG2.

    18 mai 1564
  • Extraits du registre des délibérations du conseil de communauté de la commune de Colmars. 1621-1628. Archives communales, Colmars : non coté.

    18 juillet 1628 : l'assemblée du conseil de communauté se tient "dans l'église Saint-Jean".
  • Prix-faits pour la démolition de l'église paroissiale Saint-Martin, sur la colline Saint-Martin. 28 novembre 1576. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : E DEP 061 / GG2.

    28 novembre 1576. Il s'agit de l'ancienne église paroissiale (à l'emplacement de l'actuel fort de Savoie)
  • Prix-fait donné à Pierre Routhier pour l'église paroissiale du bourg de Colmars. Dans minutes de maître Antoine Roubiony, notaire à Colmars, d'octore 1680 à décembre 1684. 25 août 1681. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 E 2762.

    25 août 1681
  • Quittances entre le trésorier de la communauté de Colmars et Honoré Barbaroux maître menuisier de Colmars, pour le paiement de la réalisation du couvert de l'église paroissiale. 1685. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : E DEP 061 CC18.

    Trois quittances entre octobre et décembre 1685. y est notamment mentionné que la communauté de Colmars paie à "Honoré Barbaroux maître menuisier de la dite ville la somme de [...] à compte du prix fait du couvert de l'église paroissiale de la dite ville et ce suivant l'acte de prix fait que Pierre Agnel lui a donné en qualité de procureur de Pierre Routhier, maître sculpteur de la ville de Castellane".
  • Quittance pour un four à chaux. 30 octobre 1685. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : E DEP 061 CC18.

    30 octobre 1685 : la communauté de Colmars "paie à Jean Meisfred vingt sept livres qui lui sont dues par Pierre Agneau pour le port d'un four de chaux" conformément au prix-fait établi pour la "batisse de l’église" avec le "consentement de Pierre Routhier, entrepreneur de l'église, intervenant pour lui PIerre Agneau son procureur".
  • Procès-verbaux de visites pastorales, évêché de Senez. 1697-1707. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 G 17.

    Visites de 1698 et 1700
  • Procès-verbaux de visites pastorales, évêché de Senez, 1708-1723. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 G 18.

    Visites de 1712, 1718
  • Procès-verbaux de visites pastorales, évêché de Senez, 1745-1753, 1764 à 1768, 1775, 1779 à 1781, 1785 à 1788. Registre tenu successivement par Louis Jacques François de Vocance (évêque de Senez de 1741 à1756), Antoine-Joseph D'Amat de Volx (évêque de Senez de 1757 à 1771), Étienne François Xavier des Michels de Champorcin (évêque de Senez de 1771 à 1773), Jean-Baptiste Charles Marie de Beauvais (évêque de Senez de 1774 à 1783), Sixte-Louis-Constance Ruffo (Roux) de Bonneval (évêque de Senez de 1783 à 1784), Jean-Joseph-Victor de Castellane-Adhémar (évêque de Senez de 1784 à 1788). Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 G 19

    Visites de 1746, 1768, 1775, 1785
  • Requête de la communauté auprès de l'Intendant. 27 avril 1769. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 O 135.

    27 avril 1769. Requête des maire, consuls et communauté auprès de l'Intendant pour avoir l'autorisation d'emprunter pour refaire le toit de l'église paroissiale, effondré en raison de fortes chutes de neige.
  • Rapport sur l'état général de l'église paroissiale de Colmars après la Révolution. 1796. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : E DEP 061 2M1.

    1796. L'église paroissiale a servi de lieu de stockage de bois et fourrage ainsi que de magasin militaire.
  • Procès-verbaux de visites pastorales, évêché de Digne, doyennés de Castellane, Colmars, Digne et Entrevaux, 1840 - 1879. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 V 87

    Visites du 20 novembre 1858, du 11 octobre 1865, du 26 octobre 1869, du 12 octobre 1876.
  • Extraits du registre des délibérations du conseil municipal de la commune de Colmars et autres documents concernant les réparations à faire à l'église paroissiale après son occupation pour l'approvisionnement du siège de cette Place de Colmars. 1816. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : E DEP 061 2M1.

    1816. Pétition des fabriciens. Délibérations du 20 janvier. Devis estimatif de Jean-Pierre Barbaroux concernant les réparations à effectuer.
  • Procès-verbaux des visites pastorales, évêché de Digne, doyennés d’Allos, Annot, Banon, Barcelonnette, Barrême, de 1840 à 1879. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 V 86

    Visite de Marie Dominique Auguste Sibour évêque de Digne à Colmars du 6 juin 1841.
  • Extraits du registre des délibérations du Conseil municipal de la commune de Colmars. 1837-1855. Archives communales, Colmars : non coté.

    Délibération du 13 mai 1838 concernant le "boisage en planches de mélèze d'une partie du sol ou plancher de l'église paroissiale". Délibération du 15 mai 1842 par laquelle le conseil vote des réparations urgentes à l'église : "la reconstruction de la toiture de l'église et les autres réparations urgentes et indispensables". Délibération du 26 juin 1842 : le conseil municipal décide d'utiliser le bois d'une forêt communal pour la reconstruction du toit en bardeaux de la paroissiale ; il vote également une imposition exceptionnelle. Délibération du 8 janvier 1849 pour l'approbation du procès-verbal des travaux exécutés en 1846 pour l'exhaussement de la tour du clocher. Délibération du 15 mai 1883 : décision de "donner une quantité d'arbres essence mélèze pris dans la forêt communale de Monnier qui égaleront la valeur des deux tiers de la somme nécessaire à ces réparations indispensables [de l'église paroissiale]".
  • Courriers administratifs concernant les réparations faites à l'église paroissiale de Colmars. 1882-1885. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 O 135.

    Divers courriers rédigés entre 1882 et 1885 concernant les frais occasionnés par le remplacement de la toiture en bardeaux de l'église paroissiale de Colmars.
  • Comptes de la fabrique de l'église paroissiale de Colmars.1855-1897. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : E DEP 061 1P2.

    Exercices 1855, 1882, 1884, 1897
  • Extraits du registre des délibérations du Conseil municipal de la commune de Colmars. 1893-1924. Archives communales, Colmars : non coté.

    Délibération du 30 octobre 1909 : "M le Maire expose au conseil qu'il a reçu de nombreuses réclamations au sujet de l'horloge publique [...]. Le conseil vote l'acquisition d'une nouvelle horloge et indique que les fonds nécessaires à son achat devront être compris dans l'emprunt que le conseil municipal a décidé de contracter au Crédit Foncier de France".
  • Remplacement de l'horloge du clocher de l'église paroissiale. 1939. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 O 135.

    1939, ensemble de documents concernant le remplacement de l'horloge du clocher par M Ferrero, horloger à Digne.
  • Extraits du registre des délibérations du Conseil municipal de la commune de Colmars. 1956-1974. Archives communales, Colmars : non coté.

    Délibérations du 21 octobre 1957 et du 29 septembre 1959 concernant la décision de refaire la toiture de l'église et son financement par l'Etat, la commune participant en fournissant la totalité du bois nécessaire.
  • Extraits du registre des délibérations du Conseil municipal de la commune de Colmars. 1974-1988. Archives communales, Colmars : non coté.

    Délibération du 7 octobre 1977 : le conseil "décide la réfection du plancher [de l'église paroissiale Saint-Martin] par la construction d'un carrelage sur hérisson de pierres du Verdon et drainage du sous-sol de l'église". Séance du 18 juin 1982 : le maire rappelle la délibération du 17 avril 1982 concernant la restauration des façades et toiture du clocher et sollicite une aide publique pour le financement de ces travaux.
  • Notes sur l'histoire de Colmars. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 01 186, notes non publiées.

Documents figurés
  • Plan de la ville de Colmars et des ouvrages à y faire pour la fortifier. Projet Niquet. 1690. Service Historique de la Défense, Vincennes : Article 8, section 1, carton 1, pièce 1.

    Vue de situation des deux églises Saint-Jean (dans le bourg, à l'intérieur des fortifications) et Saint-Martin (sur la colline, à l'emplacement de l'actuel fort de Savoir)
Bibliographie
  • ACHARD, Claude-François. Description historique, géographique et topographique des villes, bourgs, villages et hameaux de la Provence ancienne et moderne, du Comté-Venaissin, de la principauté d'Orange, du comté de Nice etc. Aix-en-Provence : Pierre-Joseph Calmen, 1788, 2 vol.

    p.466-468
  • CIPRUT, Edouard-Jacques. La persistance des traditions gothiques en Provence au XVIIe siècle. Dans : Provence historique, T. XI, fasc. 44, 45, avril-septembre 1961, T. XII, fasc. 48, avil-juin 1962, T. XIV, fasc. 58, octobre-décembre 1964, p. 214-232.

    tome XII, fasc. 48, p. 227-232
  • CLOUZOT, Etienne. Pouillés des provinces d'Aix, d'Arles et d'Embrun. Diocèse de Senez. Paris : imprimerie nationale, 1923.

    Mentions de l'église de Colmars en 1300, 1376, 16e siècle
  • COLLIER, Raymond. La Haute-Provence monumentale et artistique. Digne: Imprimerie Louis-Jean, 1986, 559 p. : ill.

    p. 184-185.
  • COLLIER, Raymond. Monuments et art de Haute-Provence. Digne : Société Scientifique et Littéraire des Basses-Alpes, 1966, 225 p.

    p. 108, 112-113
  • GEAN, Jacky, GIORDANENGO, Jean. A l'ombre du clocher. Histoire d'un pays entre Var et Verdon. Breil-sur-Roya : Les Editions du Cabri, 1997. 207 p. : ill.

    p. 86-87
  • ISNARD, Marie Zéphirin. Récit de l'incendie de Colmars en l'évêché de Senez (8 aoûts 1672). Dans : Bulletin de la société scientifique et littéraire des Basses-Alpes, tome V, 1891-1892.

    p. 49
  • NOEL, Bernard. Dictionnaire des églises de France. tome II, Centre et Sud-Est, Paris : Robert Laffont, 1966.

    p. II D 65
  • Vie institutionnelle, économique et sociale d'une communauté du Haut-Verdon médiéval, Colmars-les-Alpes, 1233-1400. Mémoire de maîtrise sous la direstion de Laure Verdon, université de Provence : Aix-Marseille I, 1996-1997.

  • ROQUES, Marguerite. Mathieu d'Anvers. Architecte et sculpteur des Alpes du Sud au XVIe siècle. Extrait du Bulletin de la Société de l'Histoire de l'art français, Paris, 1954. Tiré à part.

    p. 3-8
  • THEVENON, Luc. L'art du Moyen-Age dans les Alpes méridionales. Nice : Editions Serre, 1983.

    p. 52, 67
  • VIRE, Marie-Hélène. Les cathédrales. Glandèves, Entrevaux, Senez, Riez. Dans : Annales de Haute-Provence, Bulletin de la Société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, tome 1, N°315, 1er semestre 1992.

    p. 175-176.
  • VERLHAC, Josette, VIRE, Marie-Madeleine. Monuments d'hier et d'aujourd'hui. Dans : Annales de Haute-Provence ; le Haut-Verdon, n°306, 2e trimestre 1988, p. 221-271.

    p. 238-248.
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