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Eglise paroissiale puis chapelle Saint-Martin

Dossier IA04001894 inclus dans Village puis écart dit Hameau de Méouilles réalisé en 2006

Fiche

Œuvres contenues

Vocables Saint-Martin
Destinations chapelle
Parties constituantes non étudiées cimetière
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var
Adresse Commune : Saint-André-les-Alpes
Lieu-dit : Méouilles
Cadastre : 1838 F6 29, 30 ; 1983 F4 166, 167

On trouve trace de l'église de Méouilles, sous le terme de Medulla ou Medulha, dans les pouillées dès 1 300 ; l'édifice pourrait en fait dater de la période romane. A cette période, et jusqu'à la fin du 18e siècle, cette église est une église paroissiale dont dépend l'église de Saint-André (cf. annexe). Il s'agit d'un prieuré prébendé du chapitre cathédral de Senez, ainsi que le rapelle l'évêque dans sa visite de 1708.

Sur la carte de Cassini, Méouilles comporte une église mais elle est mentionnée comme une succursale. Dans les visites pastorales du 18e siècle, l'église est sommairement décrite, pas toujours en bon état mais jamais ruinée, l'intérieur s'y répartit entre deux chapelles et un maître-autel : ce dernier semble dédié à Notre-Dame, ou à l'Assomption (1697 et 1745), la première chapelle, à côté et au nord du maître-autel, est dédiée au Saint-Esprit (mention dès 1697) et appartient au seigneur du lieu, la seconde, dédiée à saint Jean (puis en 1786 à la sainte Croix) se trouve contre le mur nord. Dans une visite de 1779, la sacristie est située "derrière le grand autel". La chapelle ne semble par ailleurs pas en très bon état puisque l'évêque écrit "les murs en dehors doivent être reparés vers les fondemens [sic] pour prévenir à peu de frais une ruine prochaine".

Le cadastre napoléonien de 1838 figure un édifice de plan trapézoïdal dont l'abside orientée est légèrement décentrée, la structure de l'église semble alors être identique à celle de ces visites pastorales. Sur un plan dessiné en 1892, le plan de l'église est nettement rectangulaire (plus d'abside donc) et une sacristie lui est accolée au nord ; l'entrée se fait toujours par le sud (porte en plein cintre aujourd'hui murée). Ainsi avant 1892, l'abside est a été arasée et un chevet plat réalisé, l'église a de plus désormais une nef rectangulaire avec un seul autel, toujours à l'est cependant.

Entre ces deux dates, 1838 et 1892, des travaux d'importance ont donc été entrepris. Dans la visite pastorale de 1858, l'évêque de Senez enjoint les marguilliers de faire des réparations importantes à l'église dont le mur sud notamment menace ruine, tout comme le clocher. Le conseil municipal de Saint-André vote les travaux de réparations à l'église et au cimetière en 1882, et, en 1884, le maire atteste de leur réalisation auprès du préfet. L'inventaire de 1906 mentionne une "église très misérable, presque en ruine [et qui n'est] plus desservie", il précise également que l'église appartient à la commune ainsi "la fabrique n'existe plus depuis l'année 1894, date à laquelle remonte le dernier acte constaté sur [son] registre". Dans le courant du 20e siècle, la porte sud a été murée et une nouvelle porte percée à l'est, à l'emplacement de l'ancien maître-autel, alors déplacé contre le mur ouest. La chapelle a été restaurée en 2006 : ses murs sont notamment désormais enduits.

Le cimetière, clos de murs, est mentionné dans une visite pastorale dès 1779, en 1786, les murs doivent être exhaussés ; en 1858 la clôture n'est plus qu'une haie de buissons, elle n'existe plus en 1876. Les murs du cimetière ont donc sans doute dû être reconstruits en même temps que les travaux de transformation étaient effectués à la chapelle. Dans le cimetière actuel, les tombes sont très modestes, en général de simples croix de métal signalent un emplacement. La dernière inhumation date de 1999.

Période(s) Principale : 13e siècle , (?)
Secondaire : 2e moitié 19e siècle

La chapelle a été construite parallèlement à la pente sur les hauteurs de Méouilles. Il s'agit actuellement d'un édifice occidenté à un seul vaisseau ouvert au sud par deux baies hautes en plein cintre, et par une porte, également en plein cintre, sur la façade est. A l'intérieur du bâtiment, une porte de communication permet l'accès à la sacristie qui se trouve au nord et est éclairée par une baie au nord. La nef est couverte d'un plafond de bois puis d'un toit à longs pans avec tuiles creuses.

Murs grès
enduit
galet
Toit tuile creuse
Plans plan allongé
Couvertures toit à longs pans
Statut de la propriété propriété de la commune

Annexes

  • Transcriptions des archives de la série V des archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence concernant la chapelle Saint-Martin de Saint-André-les-Alpes

    2 V 90

    1858/06/16

    Dans la rubrique état de l'église : "le mur du côté du midi menace ruine, étant écrasé par le clocher qui aussi va crouler [...] toiture : en assez bon état". Etat du cimetière : "clôture : une haie morte en buissons, en bon état ; croix du milieu : en bon état".

    1865/10/19

    L'église est décrite comme en bon état ; la sacristie en revanche "laisse à désirer" ; concernant le cimetière, il n'y a plus de clôture, le cimetière est divisé en cinq parties.

    1866/05/18

    Etat de l'église : "murs : solides ; toiture : elle demande quelques réparations". Sacristie "état : passable". Cimetière " clôture : à faire ; croix du milieu : passable".

    1876/10/24

    Etat de l'église : "murs : le mur du sanctuaire en ruines, les autres en bon état ; la toiture : elle a besoin de réparations urgentes". Sacristie : "état de la sacristie : passable, toiture à réparer". Etat du cimetière : "clôture : à faire ; croix du milieu : trop petite".

  • Transcription des archives de la série G des archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence concernant la chapelle Saint-Martin de Saint-André-les-Alpes

    2 G 17

    1697/05/25

    L'évêque de Senez mentionne notamment le tableau du maître-autel représentant "l'Assomption de la Vierge, saint Paul et Barnabé" ainsi qu'un second autel du Saint-Esprit. Concernant l'état de l'église, l'évêque demande une réparation du toit et un nouveau crépi blanc pour les murs

    2 G 18

    Visite des 7, 8 et 9 septembre 1708 de Jean Soanen

    « L’église du lieu de St-André sous le nom de ce grand apôtre n’a jamais été qu’une annexe de l’église paroissiale de Méouilles, ainsi qu’il appert de nos archives par les visites des anciens évêques, par un grand nombre de leurs collations, en particulier il y a cent cinquante ans par celles de Mgr Clausse qui dans son tems [sic] a parlé de l’union dès lors immémoriale et de la dépendance de l’église de St-André envers celle de Méouilles, comme d’une chose qu’il trouvoit établie longtems avant luy, ce qui est encore justifié par son registre fol. 25 par la norme de ses sinodes fol. 70 comme aussi par le registre de Mgr Martin son successeurs en 1602 ».

    2 G 19

    1745/09/09

    Outre la liste exhaustive des objets mobiliers conservés dans l'église, l'évêque de Senez donne un état du bâtiment : "la nef de l'église a le couvert détruit, le pavé dans le bas a besoin d'être réparé de même que le bas de la porte, les murailles en dehors du côté du midi doivent être recrépies"

    L’évêque avait mentionné que « le tableau de l’autel représentant l’Assomption de la Vierge et son retable sont assez bons », il décrit un peu plus loin la répartition intérieure : "Dans lad. église il y a deux chapelles. Celle qui est du côté du maître autel sous le vocable du St Esprit apartient au seigneur du lieu, [...]. L'autre chapelle de dessous du même côté sous le vocable de St Jean a aussi besoin d'être netoyée".

    1779/11/03

    Travaux à effectuer : « la sacristie qui est derrière le grand autel doit être blanchie. Les murs en dehors doivent être reparés vers les fondemens [sic] pour prévenir à peu de frais une ruine prochaine. […] Il doit être mis quelques tuiles au toit pour empecher qu’il ne pleuve dans l’église ».

    Mention du cimetière qui "est clos de murailles" et où "il est nécessaire [...] de mettre une porte plus solide".

    1786/08/21

    L'évêque de Senez mentionne le "titre" de la chapelle qui est celui de Notre-Dame ; il note "qu'elle a besoin en général de décoration", de menues réparations aux objest sont préconisées. Concernant le bâtiment, "en examinant la sacristie en dehors, nous avons vu qu'elle menaçait une ruine prochaine". Deux chapelles sont mentionnées dans l'église : la chapelle du Saint-Esprit et celle de la Sainte-Croix. Enfin, "dans la visite [...] du cimetière attenant à l'église, [...] il doit être fait une porte neuve et les murailles du levant et du midi doivent être exhaussées du trois pans".

Références documentaires

Documents d'archives
  • Extrait des registres des sentences de visite de l'évêché de Senez. Paroisses de Saint-André et Méouilles. 7 septembre 1708. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne : E DEP 173 / 004.

    1708/09/07. Mention des divers sentences de l'évêque faisant suite à sa visite. Notamment il mentionne "les tombeaux des sieurs de Méouilles" qui étaient placés près des fonts baptismaux.
  • Procès-verbaux de visites pastorales, évêché de Senez. 1697-1707. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 G 17.

  • Procès-verbaux de visites pastorales, évêché de Senez, 1708-1723. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 G 18.

    folios 15-47. 7, 8 et 9 septembre 1708
  • Procès-verbaux de visites pastorales, évêché de Senez, 1745-1753, 1764 à 1768, 1775, 1779 à 1781, 1785 à 1788. Registre tenu successivement par Louis Jacques François de Vocance (évêque de Senez de 1741 à1756), Antoine-Joseph D'Amat de Volx (évêque de Senez de 1757 à 1771), Étienne François Xavier des Michels de Champorcin (évêque de Senez de 1771 à 1773), Jean-Baptiste Charles Marie de Beauvais (évêque de Senez de 1774 à 1783), Sixte-Louis-Constance Ruffo (Roux) de Bonneval (évêque de Senez de 1783 à 1784), Jean-Joseph-Victor de Castellane-Adhémar (évêque de Senez de 1784 à 1788). Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 G 19

    Visites du 9 septembre 1745, du 3 novembre 1779 et du 21 août 1786.
  • Procès verbal d'estimation et de divisions des biens nationaux du district de Castellane. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 Q 062

    Estimation des biens "provenant des églises, chapelles [...]" : commune de "Meouille / 1er lot / édifice cy devant paroisse contenant vingt can. sol estimé cinq cent livres".
  • Procès-verbaux des visites pastorales, évêché de Digne, doyennés de Peyruis, Reillane, Riez, Saint-André. 1840-1879. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 V 90.

    Visites du 16 juin 1858, du 19 octobre 1865, du 15 mai 1866, du 24 octobre 1876
  • Documents concernant les travaux de réparations à l'église et au cimetière de Méouilles. 1882-1884. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 O 396.

    Délibération du conseil municipal de St-André concernant les réparations à faire à l'église et au cimetière de Méouilles, 18 mai 1882. Lettre du conseil de fabrique au préfet lui demandant un secours financier, 19 août 1882. Attestation du maire de St-André au préfet certifiant l'exécution des travaux de réparations à l'église et au cimetière de Méouilles, 29 février 1884.
  • Inventaires des biens des fabriques des paroisses de l'arrondissement de Castellane dressés en exécution de l'article 3 de la loi du 9 décembre 1905. 1906. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 V 65

    Inventaire descriptif et estimatif des biens de toute nature détenus par la fabrique paroissiale de Méouilles.
Documents figurés
  • Plan cadastral de la commune de Saint-André-les-Alpes. 1838. / Dessin à l'encre. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 105 Fi 073 / 001 à 028. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : AC 170 001 à AC 170 031 et 105 Fi 173 21.

    AC 173 031
  • Réparations d'entretien à l'église de Méouilles. Vue et plan d'ensemble. / Dessin encre et lavis sur papier . 1892/05/28. Archives communales, Saint-André-les-Alpes : non coté.

    Vue cavalière et plan de la chapelle Saint-Martin et du cimetière dressés en 1892.
Bibliographie
  • COLLIER, Raymond. Monuments et art de Haute-Provence. Digne : Société Scientifique et Littéraire des Basses-Alpes, 1966, 225 p.

    p. 133 : Concernant la première moitié ou le milieu du 17e siècle : "le château de Méouilles, près de Saint-André-les-Alpes, courte masse rectangulaire, flanquée d'une tour ronde unique, ceinte d'une moulure (ses baies cintrées indiqueraient peut-être une date plus récente)".
  • CLOUZOT, Etienne. Pouillés des provinces d'Aix, d'Arles et d'Embrun. Diocèse de Senez. Paris : imprimerie nationale, 1923.

    Dans les pouillés, mentions vers 1300 "ecclesia de Medulla et Sancto Andrea", en 1376 pour Méouilles de l'"ecclesia de Medulha", au 16e siècle pour Méouilles de "Medulla".
  • GEAN, Jacky, GIORDANENGO, Jean. A l'ombre du clocher. Histoire d'un pays entre Var et Verdon. Breil-sur-Roya : Les Editions du Cabri, 1997. 207 p. : ill.

    Description sommaire de l'église : "constituée de deux chapelles attenantes, dont l'une est placée sous le vocable du Saint Esprit, qui appartenait au seigneur du lieu, l'autre dédiée à Saint Jean".
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