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église paroissiale Notre-Dame

Dossier IA04000486 réalisé en 2005

Fiche

Œuvres contenues

Apport des archives à la connaissance de l'édifice

L'église paroissiale

Il y a très peu de documents médiévaux concernant l’église paroissiale Notre-Dame de Clumanc. Elle a appartenu successivement aux chanoines réguliers de saint Augustin et au chapitre de Senez, qui n’ont, ni l’un, ni l’autre, laissé d’archives. Les seules mentions connues se trouvent dans les rares et tardifs comptes ecclésiastiques conservés pour le diocèse : dans un compte des décimes vers 1300, l’ecclesia de Clumanco est taxée pour un revenu annuel de 20 livres, ce qui la place au 23e rang des 48 bénéfices du diocèse ; en 1376, elle doit 4 florins de taxe des procurations (21e sur 36)1. Ces quelques données ne doivent pas faire illusion. Les contributions enregistrées n’étaient pas proportionnelles au nombre des paroissiens desservis, mais à l’importance du capital détenu par les bénéficiaires. L’église Saint-Honorat, comptabilisée parmi les plus gros bénéfices du diocèse, devait son rang aux droits seigneuriaux possédés par son prieur et non à la population qu’elle accueillait.

Un compte de la taxe synodale du XVIe siècle place Clumanc, avec 8 deniers de contribution, au 15e rang sur 36, sans distinguer les deux églises. Peut-on en déduire qu’à cette époque elles ne formaient qu’une seule paroisse ? Après la profonde dépression économique et démographique de la fin du Moyen-âge, la chose n’aurait rien de surprenant. Au début du XVIIIe siècle, le vicaire prétendait bien avoir la preuve de cette union, qui n’aurait pris fin que dans le courant du XVIIe siècle.

Le prieuré et les chapellenies

Le prieuré, à l’inverse, a été durablement uni à celui de Saint-Honorat au tout début du XVIIe siècle, alors qu’auparavant il appartenait à l’archidiacre de Senez : c’est l’évêque Jean Soanen qui nous l’assure dans le procès-verbal de sa visite du 22 juin 17032, après avoir enquêté dans les archives. Après la réunion, le prieuré désormais mis en commende et les dîmes sont partagés pour moitié entre le prieur et le chapitre cathédral. L’enquête, étendue aux 5 chapellenies fondées dans l’église, fait remonter leur érection avant 1560. Primitivement indépendantes, elles ont dû elles aussi mettre en commun leurs maigres revenus pour assurer correctement l’entretien des 5 autels latéraux : au nord, dans des chapelles, ceux de saint Jean-Baptiste et du Rosaire, au sud, ceux de saint Marc et de saint Joseph dans des chapelles et celui de saint Antoine et saint Paul dans la nef, que l’évêque fait supprimer parce qu’il est trop près de la porte. La chapelle Notre-Dame de Pitié a changé de vocable depuis la création, le 30 juillet 1649, de la confrérie du Rosaire. La chapelle Saint-Joseph (1ère du côté sud) est alors toute neuve : elle a été construite, avec la petite sacristie qui la sépare de la chapelle Saint-Marc, en 1693 par le maçon Giraud et a coûté 47 écus au luminier du Rosaire, gestionnaire commun des chapellenies3.

Les visites pastorales du 18e siècle

Lors de sa visite suivante, le 2 novembre 1717, le même évêque de Senez trouve la paroisse Notre-Dame, d’environ 350 communiants, administrée par un vicaire et un prêtre secondaire. L’église est en assez bon état, le chœur « fort propre, bien voûté, crépi et blanchi, excepté un petit coin du coté de l’Evangile », mais à l’extérieur le mur nord est fissuré et le toit dérangé par le vent ; la nef est « assez vaste et propre, avec une voûte de pierres de taille », mais le pavement présente des inégalités, le toit a besoin de réparations, l’arc triomphal, surchargé par le clocher-mur qui le surmonte, menace de s’affaisser et, surtout, il y a d’inquiétantes fissures dans les angles nord-ouest et sud-ouest « qui font juger que les deux murs du midy et du nord sont altérez, ou par la foiblesse des fondements, ou par la pesanteur de la voûte, et qu’il faut les appuyer de chaque costé ». Ce constat alarmiste a d’ailleurs déjà été fait au cours des visites précédentes, en 1693 et 1703, sans que les responsables (le chapitre de Senez, le prieur et la communauté) aient rien fait pour y remédier4.

Malgré les ordres donnés par l’évêque, la situation est à peu près identique en 1722. Les décimateurs n’ont rien fait, l’humidité pénètre à l’intérieur du chœur. La communauté a fait refaire le pavement et déplacé le clocher, mais les fissures des angles persistent et le toit reste est mauvais état5.

L’insistance du prélat et la saisie des revenus du prieuré ont fini par faire leur effet. De passage à Clumanc le 15 octobre 1750, l’évêque Louis-Jacques-François de Vocance trouve peu de choses à redire à l’état de l’édifice : boucher une fissure et recrépir les murs de la chapelle du Rosaire6. En 1764, l’évêque Antoine-Joseph d’Amat exprime de même sa satisfaction : « La nef de l’église est belle, toute en pierre de taille. Il y a sur les côtés quatre chapelles. Celle de saint Jean-Baptiste n’est guères décente, celle de saint Marc l’est assez (…). Celle de saint Joseph est bien (…). celle de Notre-Dame du Rosaire est très en état » . Constat identique le 7 novembre 1779 par monseigneur Jean-Baptiste-Charles-Marie de Beauvais, sauf à refaire le badigeon des chapelles de saint Joseph et du Rosaire7.

19e siècle

Il faut attendre ensuite presque le milieu du XIXe siècle, vers 1840, pour avoir de nouveaux renseignements. Questionné par circulaire sur l’état de sa paroisse, le curé note laconiquement : il y a une église en mauvais état et une chapelle sur le point de tomber et interdite8.

En 1867, le curé Amavet ouvre le registre de fabrique par une notice historique sur sa paroisse : « On ne connaît pas la date de l’érection de la paroisse, mais tout indique qu’elle est ancienne. (…) Quant à l’église, qui est sans contredit la plus belle de nos contrées, on ignore également l’époque de sa construction et de sa consécration. Elle a quatre chapelles latérales, mais qui n’ont pas été bâties en même temps. (…) En 1840, une réparation importante a été faite à l’église Notre-Dame, on a remonté tout le mur du levant qui menaçait ruine. En 1856, on a réparé les autels de saint Jean-Baptiste et de saint Marc, où l’on ne disait plus la messe depuis longtemps. En 1858, on a placé le tambour à la porte d’entrée, qui a coûté 85 francs. En 1861, l’église a été blanchie entièrement au pinceau ».

Dans les décennies suivantes, la chute démographique provoquée par l’exode rural fait sentir ses effets. L’église n’est plus entretenue. Sa situation devient critique dès le début des années 1880, au dire des marguillers de la paroisse. Le premier rapport d’expertise qu’ils dressent le 24 avril 1881 constate l’ampleur des dégâts. Les voûtes des chapelles menacent de s’effondrer, celle du chœur a perdu récemment un gros morceau d’enduit qui a brisé en tombant la table en pierre du maître-autel. La cause des désordres réside dans la couverture en lauses posée sur l’extrados des voûtes, qui manque de stabilité et laisse trop constamment passer l’eau de pluie. Une seule solution : relever les murs d’au moins 1 m pour poser une charpente qui recevra une couverture en tuiles plates mécaniques. Coût total de l’opération et de la remise état des parois endommagées : au moins 3827 francs. Une seconde expertise effectuée le 2 avril 1882 par les mêmes, avec l’assistance du maçon Basile Chailan, chiffre les travaux à 3922 francs et 45 centimes.

Ce programme n’a pas été exécuté. Les voûtes des deux premières chapelles et de la sacristie ont fini par s’écrouler. Le reste n’a été sauvé, dans la seconde moitié du XXe siècle, que par la pose d’un toit en charpente et fibro-ciment sur une surélévation des murs en béton banché.

Analyse architecturale

Situation

L’église Notre-Dame a été bâtie au pied du versant est du piton qui portait au Moyen-âge le bourg castral de Clumanc, près des quelques maisons qui perpétuent l’ancien village. Le terrain choisi, sur le col qui relie ce piton aux collines de la bordure orientale de la vallée de l’Asse, est peu pentu et jouxte au nord et à l’ouest le chemin d’accès au hameau. Le cimetière paroissial, clos de murs, longe les autres côtés de l’édifice.

Composition d’ensemble

L’édifice, de plan allongé et orienté, se compose d’une nef accostée de part et d’autre de quatre chapelles latérales et prolongée par une abside carrée. Le seul accès s’ouvre à l’ouest, sur le chemin qui mène au hameau.

Matériaux

Tout le gros-œuvre a été réalisé à l’aide des ressources minérales du terroir proche : moellons en calcaire marneux prélevés dans le substrat et dalles de grès extraites du gisement tout proche de la Lèche, dans le vallon qui longe au nord le piton. Les murs de la nef et de l’abside ont été montés en assises à peu près régulières de moellons équarris, ceux des chapelles latérales en blocage de moellons bruts, le tout lié et revêtu par endroits d’un enduit discontinu au mortier de chaux. Le grès, plus facile à tailler, a été utilisé pour les encadrements de certaines baies. Pour les arcs et cordons des voûtes, probablement aussi pour l’appareil des berceaux que l’enduit empêche d’observer, on a employé un calcaire marneux de meilleure qualité, sans doute venu d’une carrière un peu plus lointaine.

Structure

La nef, couverte d’un berceau en plein-cintre, est rythmée en trois travées par deux arcs doubleaux qui retombent sur des pilastres simples. De chaque côté des 2e et 3e travées, des chapelles latérales désaxées ouvrent sur la nef par des arcades en plein-cintre, entre lesquelles

1E. Clouzot, Pouillés des provinces d’Aix, d’Arles et d’Embrun…, p.2A. D. Alpes-de-Haute-Provence, 2 G 17.3A. de la paroisse, registre de fabrique du curé Amavet, qui a eu sous les yeux le prix-fait.4A. D. Alpes-de-Haute-Provence, 2 G 18, p. 425-434.5Ibidem, p. 654-666.6A. D. Alpes-de-Haute-Provence, 2 G 19, cahier 3.7Ibidem, cahier 4.8Ibidem, cahier 8.
Vocables Notre-Dame
Parties constituantes non étudiées cimetière
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var - Barrême
Adresse Commune : Clumanc
Lieu-dit : le Château
Cadastre : 1837 B 1145, 1147 ; 2000 WD 15

Mentionnée seulement à partir du 14e siècle, l'église Notre-Dame a vraisemblablement été fondée en même temps que le bourg castral de Clumanc, au plus tard au 11e siècle. Mais la construction de la nef et de l'abside aujourd'hui visibles ne peut guère avoir eu lieu avant le 14e siècle. Au 16e siècle, la façade occidentale a subi une réfection, ainsi qu'en témoigne la mouluration de la porte. La construction des 2e chapelles latérales nord et sud a du intervenir vers le milieu du 16e siècle. Cette datation se base sur le style des armoiries de la famille d'Oraison, seigneurs de Clumanc, sculptées sur les clefs des croisées d'ogives et sur une indication fournie par la visite pastorale de 1717 à propos de l'érection des chapellenies. La 1ère chapelle latérale sud, avec la sacristie voisine, a été bâtie entre 1693 et 1697, la 1ère chapelle latérale nord sans doute dans les décennies précédentes. La déformation des doubleaux suggère une reprise au moins partielle de la voûte de la nef avant la fin du 17e siècle. En 1840, le mur du chevet est reconstruit et en 1861, le décor peint est complété ou repris. On situe entre ces deux dates l'aménagement de la sacristie du fond de l'abside. Le toit en ciment amiante et charpente posé sur une surélévation des murs en béton a remplacé vers la fin des années 1970 l'ancienne couverture en lauses de grès posée directement sur l'extrados des voûtes.

L'église Notre-Dame a toujours été entourée d'un cimetière. Mais le cantonnement de celui-ci sur les côtés sud et est ne date que du 19e siècle. Il s'étendait auparavant plutôt à l'ouest et au nord.

Période(s) Principale : 14e siècle , (?)
Secondaire : milieu 16e siècle
Secondaire : 2e moitié 17e siècle
Secondaire : milieu 19e siècle
Auteur(s) Auteur : ,

Edifice orienté, composé d'une nef accostée de 4 chapelles latérales et d'une abside rectangulaire. Une voûte en berceau brisé, soutenue par deux arcs doubleaux et soulignée par des cordons moulurés, couvre la nef, un berceau brisé identique, mais sans doubleau, couvre le choeur qui n'occupe que la partie antérieure de l'abside, dont le fond isolé par une cloison, est occupé par une sacristie et un réduit plafonnés. Les 2 premières chapelles latérales, ouvertes sur la nef par des arcades en plein-cintre, ont perdu leur couvrement, voûte en pendentifs au nord et voûte d'arêtes au sud. Les 2 autres chapelles latérales sont couvertes de voûtes d'ogives moulurées à clef sculptée d'armoiries. De chaque côté, une petite sacristie a été aménagée entre les chapelles, celle du nord aujourd'hui dépourvue de couvrement, celle du sud couverte d'un petit berceau segmentaire. L'unique porte, au plein-cintre mouluré taillé dans le grès, s'ouvre à l'ouest. Un clocher-mur à deux baies en plein-cintre couronne le mur de chevet.

Murs calcaire
moellon sans chaîne en pierre de taille
Toit ciment amiante en couverture
Plans plan allongé
Étages 1 vaisseau
Couvrements voûte en berceau brisé
voûte d'ogives
voûte en pendentifs
voûte d'arêtes
Couvertures toit à longs pans
appentis
Techniques sculpture
sculpture
peinture
Représentations armoiries
Précision représentations

Sur la clef de voûte de la 2ème chapelle latérale nord, armoiries de la famille d'Oraison : 4 fasces ondées ; sur la clef de 2ème chapelle latérale sud, armoiries non identifiées : parti, en 1 deux fasces ondées surmontées d'une étoile à 7 rais (branche de la famille d'Oraison), en 2 un lion rampant (Sabran ?).

Statut de la propriété propriété de la commune, []

Annexes

  • Visite pastorale de Notre-Dame de Clumanc, 1717.

    1717, 2 novembre. Visite pastorale de l’évêque de Senez Jean Soanen.

    (...) nous nous sommes rendus le matin dans la paroisse de Notre-Dame de Clumanc (…) nous avons trouvé toutes choses en l’état qui suit.

    I. 1. Quant au spirituel, il nous a paru que le service des messes, prônes, offices, sacrements est bien réglé ; que le vicaire d’aujourd’huy est le sr Jean Peyron, fait prêtre par nous en septembre 1699 et pourvu en octobre 1704 (…). Et le secondaire est aujourd’huy le sr Honoré Beraud, prêtre de Barême ordonné par nous en septembre dernier (…).

    2. Les laïques suivant le témoignage du vicaire sont d’environ 350 communians en quinse hameaux (…).

    II. 1. Pour l’extérieur de l’église sous le titre de Notre-Dame, nous avons trouvé que le sanctuaire est fort propre, bien voûté, crépi et blanchi, excepté un petit coin du côté de l’Evangile, et qu’au dehors la muraille du nord est fort entre-ouverte et le toit en danger à cause des vents, sans qu’on n’y ait rien fait quoyqu’ordonné depuis 1793.

    Le maître-autel propre est à la romaine et le pavé décent, le tabernacle régulier.Les vases sacrés consistent en un calice d’argent vien doré en dedans et sa patenne de même, un ciboire d’argent sans pied, un soleil d’argent, une petite boëte de même pour le saint viatique, deux croix de leton, deux chandeliers de même, un mauvais encensoir, une bonne pierre sacrée, un crucifix de bois et deux burettes d’étain.Pour ornements cinq chasubles, celle de ligature est fort usée, celles de camelot blanc et la verte peuvent encore servir, la 4e de camelot violet est bonne de même que celle de camelot noir. Pour chapes, il n’y en a qu’une de ligature fort usée et point de noire, deux dalmatiques de ligature assez bonnes, deux pavillons pour le tabernacle bien médiocres, l’un blanc de ligature et l’autre de camelot verd, deux devants d’autel de ligature et de cuir doré, trois bourses de corporaux assez mauvaises. Pour linges trois napes et mauvaises deux aubes, dont une en mauvais état, six corporaux dont trois fort usez, et douse purificatoires bien usez aussi. Pour livres, un missel fort usé, un rituel fort gâté et nuls livres de chant quoyqu’ordonnez depuis longtems.

    2. La nef est assez vaste et propre, avec une voûte de pierres de taille, le pavé inégal en plusieurs endroits, les fonts baptismaux et les crémières en bon état avec leur armoire. Le toit a besoin d’être réparé, il y a deux crevaces ou serpentaux vers les deux angles de la porte qui font juger que les deux murs du midy et du nord sont altérez ou par la foiblesse des fondements ou par la pesanteur de la voûte et qu’il faut les appuyer de chaque costé. Le clocher dont la communauté est chargée cause un domage considérable sur le mur et le mal s’augmente tous les jours, sur quoy nous ordonâmes en 1703 qu’il seroit ôté du sanctuaire et placé entre les deux chapelles du midy, ce qui n’a point été exécuté non plus que d’autres articles.

    3. Le cimetière est aujourd’huy bien bâti à chaux et à sable, la croix de bois qui étoit au milieu vient d’être brisée par les vents. Il n’est plus profané par les lescives du linge ni par les conseils de la communauté, mais les murs sont trop bas.4. La maison claustrale que la communauté avoit donnée à feu sr Honoré Peyron vicaire et le sr Jean Peyron son neveu et son successeur ayant plaidé pour en avoir une, puis s’étant accomodé, est aujourd’huy bien logeable et la communauté depuis ce tems a bâti tout auprès un logement pour le secondaire.

    III.1. Quant à l’état des décimateurs et de la vicairie et chapellenies, nous n’avons rien à ajouter à notre visite de 1703, sinon que ces deux prieurez qu’on a obtenu en commende per odum unius sont pourtant séparez réellement par leur origine, celuy de Saint-Honoré appartenant aux bénédictins de Lérins et celuy de Notre-Dame auc chanoines réguliers de Saint-Augustin à qui notre chapitre de Senez a succédé et sa portion de la dîme sur les deux paroisses par une prétendue convention s’arrente environ 800 £.

    2. La vicairie est une des plus anciennes et le sr Jean Peyron aujourd’huy titulaire prétend qu’anciennement tous les habitans de Saint-Honoré étoient de la paroisse de Notre-Dame et il soutient que son bénéfice n’a jamais reconnu aucun juspatron et que de tout tems ses prédécesseurs ont eu la dîme pour leur propre dot. Comme il nous a citté des documents qu’il dit être chez me Tornière, avocat de Digne, cela mérite d’être examiné.

    3. Les chapellenies par nous mentionnées en 1703 n’ont plus de titulaires et elles ont pourtant quelques fonds qui y sont marquez, surtout celle de saint George et celle de saint Joseph (…).

    IV. 1. Pour les chapelles, confréries, comptes etc., les quatre chapelles qui sont dans l’église sont celles de saint Jean et du Rosaire du côté de l’Evangile et celles de saint Marc et de saint Joseph du côté de l’Epitre, toutes en bon état parce que tout y est en commun et fourni par le Rosaire. A quoy nous ajoutons seulement 1° que personne ne nous a fait apparoir aucun titre de sépulture dans les trois tombes de saint Jean, de saint Marc et du Rosaire, 2° que la fente de la voûte de Saint-Jean n’est point réparée quoyqu’ordonnée ; 3° que depuis 1703 l’autel de saint Paul et de saint Antoine, qui étoit trop près de la porte, a été démoli suivant nos ordres.

    2. Comme toutes les confréries de la paroisse sont dans une louable société d’ornemens, nous faisons icy un seul inventaire de tout ce qui leur appartient, savoir pour les vases sacrez un calice, la coupe d’argent mais le pied de leton, une patenne et un ciboire d’argent, un soleil dont les seuls rayons sont d’argent, trois petits crucifix, deux grands lampiers au milieu de l’église, l’un de sept lampes et l’autre de six, quatorse chandeliers de leton, huit autres en ange dorez, une cuvette de leton. Pour ornements quatre chasubles de satin à fleurs, de camelot varié, de camelot noir et de bonne ligature ; sept devant d’autel dont un de camelot, trois bons de ligature et trois autres avec des figures sur la toile ; une chape de ligature, un dais de même, une bannière, un tapis d’indienne, deux statues dorées de la Sainte Vierge, sept bouquets avec leurs vases, deux phanaux. Pour linge trente napes d’autel, une aube un peu usée, cinq corporaux, dix purificatoires et un cayer pour les messes des morts. Il n’y a plus de profanation de leur feste ni par jeu de quilles comme autrefois.

    3. Les chapelles hors de l’église paroissiale savoir celle de Saint-Pancrace aux Sozeries Hautes hameau commun à Notre-Dame et à Tartonne, celle de Sainte-Agathe aux Sozeries Basses et celle de Saint-Antoine prez du chef-lieu sont détaillées en 1703. Nous ajouterons seulement que les marguillers de Sainte-Agathe se sont donnez de leur seule autorité un petit clocher et une cloche et ne rendent aucun compte au sr vicaire.

    4. Les comptes sont demeurez impénétrables pour nous aussi bien dans cette visite que dans les précédentes et quoyque le sr vicaire nous ait attesté que chaque confrérie ne produit que dix ou douse sols en questant dans l’église toute l’année et dix ou douze panaux de bled en questant au dehors durant la récolte, cela est remis aux marguilliers qui fournissent à tout et que les comptes sont bien rendus, nous sommes fondez en droit d’en juger autrement par les frais que les confréries ont fait à bâtir leurs chapelles et à les orner.

    5. Pour les légats (…)

    Sentence

    I. 1. Pour le spirituel (…)

    II. 1. Pour les réparations de l’église, toutes nos visites de Notre-Dame de Clumanc n’ayant guères été exécutées, nous sommes forcés de les renouveller et d’ordonner comme nous faisons à notre chapitre de Senez et au sr prieur de Clumanc comme décimateurs par moitié de réparer incessament le dehors du santuaire fort endommagé du côté du nord aussi bien que le toit, de donner un pied d’argent au soleil ou au ciboire, ne voulant plus qu’un seul serve aux deux ; comme aussi d’acheter un meilleur encensoir, un crucifix convenable de leton pour l’autel, une lampe de leton qui soit allumée jour et nuit, un moule de fer pour les hosties, de réparer les chasubles qui sont gâtées, d’en acheter une de soye blanche et rouge pour les solemnitez, une chape noire de camelot, un pavillon du tabernacle à deux envers violet et noir, un devant d’autel des deux mêmes couleurs, comme aussi deux bourses à deux envers, l’une de violet et noir et l’autre de blanc et rouge, deux napes, deux aubes avec amict et cordon, deux corporaux, six purificatoires, quatre essuimains, un tapis pour l’autel, un missel qui ait les saints nouveaux, un rituel romain, un petit graduel et antifonaire pour le chant, une fontaine d’étain pour la sacristie, une certe pour les préparations, une clochette pour l’Elévation, un triangle pour la semaine sainte. Et sera le tout exécuté par le sr économe de notre chapitre et par le sr prieur de Clumanc, sauf leur prétention respective, dans quatre mois de la signification des présentes, mais pour punition de la longue négligence du passé et pour plus de sûreté des besoins présents, nous ordonnons que la troisième partie du revenu dud. chapitre et dud. prieur sera et demeurera saisie dès maintenant entre les mains de leurs rentiers (…).

    2. Pour les réparations qui concernent la communauté, en renouvellant et confirmant notre précédente sentence de visite, nous ordonnons que le pavé de la nef soit rendu égal partout, que le toit sera mieux couvert, que la grande fenestre de l’entrée sera vitrée avec du fil d’archal plus serré pour mieux rabattre les vents, que la grande porte sera mieux fortifiée par une bonne serrure et une barre de fer dedans, que le dais du Saint Sacrement sera racomodé, que l’on fera un second confessional, que l’on bâtira une croix de pierres au milieu du cimetière pour mieux résister au vent, que l’on mettra aux deux portes de ce lieu saint une serrure avec une bonne clef, que les murs en seront relevez de six pans en tout, qu’il sera acheté un drap de camelot noir avec une représentation pour les absoutes comme aussi deux bénitiers, l’un de leton portatif pour le cimetière et les processions, l’autre de pierres qui sera fixé pour l’entrée de l’église. Et comme nous craignons plus que jamais une ruine prochaine de la nef par le clocher qui charge trop le mur mitoyen entre la nef et le santuaire, nous ordonnons de nouveau que ledit clocher sera ôté de lad. place pour être bâti entre les deux chapelles du cimetière, si mieux on n’aime le bâtir à l’angle du midy vers la porte pour soutenir la voit aux dépens de la communauté dans un an à compter de la signification des présentes (…).

    3. Pour règlement sur les chapellenies (…)

    4. Pour règlement des chapelles, confréries, comptes etc., comme elles ont tout en commun par une union aussi utile pour l’église qu’édifiante pour le public, nous chargeons les recteurs du Rosaire qui selon l’usage fournissent tout aux autres de pourvoir les quatre autels des chapelles d’un crucifix convenable, de deux chandeliers propres, d’un bon devant d’autel et d’un marche-pied, comme aussi d’appliquer le pied d’argent de leur ciboire à leur calice avec défense de luy laisser plus longtems son pied de leton. Défendons au sr vicaire d’enterrer personne dans aucune des trois tombes des chapelles jusqu’à ce que les prétendans droit, s’il y en a, nous ayent justifié de leur prétention par de bons titres. Faisons aussi défense aux recteurs sous eine d’interdit des confréries de prester l’argent des questes. Et au surplus ordonnons (…) que l’école des enfans soit autant bien gouvernée que la rigueur de l’hyver et la distance des hameaux le peut permettre, ayant la douleur de n’oser espérer un meilleur remède dans la misère générale dont nous conjurons notre cher troupeau de faire un usage de pénitence pour son salut. (…)

  • Visite pastorale de Notre-Dame de CLumanc, 19 et 20 juin 1722

    1722, 19-20 juin. Visite pastorale de l’évêque de Senez Jean Soanen.

    I. Etat du spirituel

    1. Les choses sont pour le clergé comme en 1717 (…).

    2. Les laïques d’environ 350 communians en quize hameaux écartez ont un peu moins de procez qu’autrefois mais toujours le même esprit d’inimitié (…).

    II. Etat de l’église pour les décimateurs et consuls

    1. Le santuaire de l’église paroissiale a une muraille au dehors qui menace d’une prochaine ruine et le toit est toujours plus mauvais malgré tous nos ordres depuis prez de 20 ans, la pluye passe au milieu de la muraille entre-ouverte. L’intérieur est en bon état excepté quelques endroits qu’il faut recrépir.Les vases sacrez consistent en un calice bien doré et sa patenne, mais la coupe foible, un soleil d’argent avec son pied, mais le ciboire sans pied et la petite boete sans dorure, deux croix de leton, deux chandeliers de même, mauvais encensoir, bonne pierre sacrée, curcifix de bois propre, deux burettes d’étain passables, point de clochette ni de fer pour les hosties, te igitur et marchepied bons et grande pierre pour le plan de l’autel, mais nul tapis pour le couvrir.Pour ornemens six chasubles, toutes de ligature, mais la blanche et rouge est déchirée par devant et la noire aux galons, deux dalmatiques de ligature bonnes, la chape de même passable, point de noire, deux pavillons du tabernacle verd et ligature, point de violet ni de noir, trois mauvaises bourses. Chaque chasuble a son voile.Pour linges trois mauvaises napes, une autre assez bonne et une fort mauvaise, deux amicts dont un bon, six corporaux dont deux ne peuvent servir que dans le tabernacle, huit purificatoires passables.Pour livres le missel est fort mauvais, le rituel gâté, mais ni graduel ni antiphonaire ny cayer de morts.La sacristie est bien tenue, l’armoire est bonne, la vitre avec fil d’archal et le marchepied bon, mais il n’i a ni image, ni carte de préparation, ni fontaine.

    2. La nef est très bien en la voûte et son pavé, les fonts baptismaux avec leur armoire en bon état, le toit dérangé par les vents et la communauté vient de charger les consuls d’y faire travailler, les serpentaux de deux angles donnent lieu de craindre. Le cimetière a été très bien réparé depuis notre visite de 1717 et il est aujourd’huy le plus régulier du diocèse. La maison claustrale est belle, il n’y a qu’une habitation qui y déplait et l’appartement destiné pour le secondaire est défectueux au toict.

    3. Pour l’état des décimateurs nous n’avons rien à ajouter à notre visite de 1717. (…)

    IV. 1 Les quatre chapelles qui sont dans l’église sont comme en 1717 et en bon état, mais il n’i a aujourd’huy non plus qu’alors pour personne aucun titre ou droit de sépulture dans les trois tombes de Saint-Jean, de Saint-Marc et du Rosaire.

    2. L’état de toutes les confréries est fort bon parce que tout est commun entre elles et il n’i a qu’à veiller lur leurs légats et sur leur argent. (…)

    Sentence

    II. Règlement des réparations de l’église

    1. Le besoin de réparer les breschesdu santuaire devenant toujours plus grandes et confirmant nos visites précédentes dont la pluspart des articles ont été violez, nous ordonnons pour dernier délay dans six mois de la signification que le mur du dehors qui menace par ses ouvertures sera réparé de même que le toit, que l’intérieur sera recrépi en quelques endroits, que la petite boete d’argent sera doré en dedans, qu’il sera mis un pied d’argent au ciboire, un encensoir neuf, un moule pour les hosties, une clochette pour l’Elévation une chape noire, un pavillon violet pour le tabernacle, un tapis pour l’autel, deux devants d’autel noir et violet, trois bourses, l’une blanche et rouge, l’autre violette, la 3e noire, trois napes, une aube, quatre amicts, six purificatoires, quatre essuimains, un missel neuf, un cayer pour les morts, un rituel romain, un petit graduel et antifonaire pour le chant, un chandelier triangulaire pour la semaine sainte, une fontaine d’étain pour la sacristie et que la chasuble blanche et rouge, de même que la noire seront réparées, le tout aux dépens de notre chapitre dans les six mois susd. (…)

    2. Ne pouvant que louer la communauté d’avoir exécuté fidèlement la plus part des articles de notre dernière visite pour la nef et pour le cimetière, nous chargeons les srs consuls de retoucher le toit de l’église et de prendre des précautions contre les fentes du fond. Ordonnons aussi qu’il y aura un drap noir pour les morts, une représentation pour les absoutes, un bénitier portatif de leton et que le logement du secondaire qui fait partie de la maison claustrale sera mis en état, le tout aux dépens de la communauté dans six mois de la signification.

    III. Règlement pour les chapellenies délaissées(…)

    IV. Règlement pour les chapelles, confréries, comptes etc.

    1. Conformément à notre visite précédente, nous ordonnons que les quatre autels des chapelles de la nef seront pourvus des choses nécessaires pour le Sacrifice et pour la décence par les marguillers du Rosaire qui en sont chargez en vertu de l’union de toutes les confréries à celle de la Vierge.(…)

  • Extrait du registre paroissial de la fabrique de Clumanc

    Registre paroissial dressé conformément à l’article 558 des statuts diocézains par nous soussigné le 1er janvier 1867

    Amavet [curé de la paroisse]

    On ne connaît pas la date de l’érection de la paroisse, mais tout indique qu’elle est ancienne. On peut mettre au nombre des monumens les plus importants l’église, le château et la tour. La tour est un ancien couvent qui a subi le sort de tant d’autres, il n’en reste que la chapelle qui a été convertie en maison d’habitation, grange et écurie par le moyen d’un plancher qui la partage en deux étages. Les piliers et la voûte en pierre de taille sont très bien conservés.

    Quant à l’église, qui est sans contredit la plus belle de nos contrées, on ignore également l’époque de sa construction et de sa consécration. Elle a quatre chapelles latérales, mais qui n’ont pas été bâties en même temps.

    J’en juge par un document que j’ai sous les yeux, où il est dit que la chapelle de saint Joseph, vis-à-vis celle du saint Rosaire, a été construite par me Giraud, masson du lieu, moyennant la somme de 47 écus trois livres que le sieur Antoine Roux, luminaire du saint Rosaire, lui a comptés. L’accord a été fait le 21 juin 1693 et la chapelle était terminée en 1697.

    Le même maçon s’obligeait en outre à faire une petite sacristie attenante à ladite chapelle et à réparer la chapelle du saint Rosaire.

    En 1840, une réparation importante a été faite à l’église Notre-Dame, on a remonté tout le mur du levant qui menaçait ruine.

    En 1856, on a réparé les autels de saint Jean-Baptiste et de saint Marc, où l’on ne disait plus la messe depuis longtemps.

    En 1858, on a placé le tambour de la porte d’entrée, qui a coûté 85 francs.

    En 1861, l’église a été reblanchie entièrement au pinceau.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Procès-verbaux de visites pastorales, évêché de Senez, 1708-1723. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 G 18.

    Visites de Notre-Dame de Clumanc, 2 novembre 1717 et 19/20 juin 1722.
  • Procès-verbaux de visites pastorales, évêché de Senez, 1745-1753, 1764 à 1768, 1775, 1779 à 1781, 1785 à 1788. Registre tenu successivement par Louis Jacques François de Vocance (évêque de Senez de 1741 à1756), Antoine-Joseph D'Amat de Volx (évêque de Senez de 1757 à 1771), Étienne François Xavier des Michels de Champorcin (évêque de Senez de 1771 à 1773), Jean-Baptiste Charles Marie de Beauvais (évêque de Senez de 1774 à 1783), Sixte-Louis-Constance Ruffo (Roux) de Bonneval (évêque de Senez de 1783 à 1784), Jean-Joseph-Victor de Castellane-Adhémar (évêque de Senez de 1784 à 1788). Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 G 19

    Visites de Notre-Dame de Clumanc des 15 octobre 1750, 3 mai 1754, 7 novembre 1779.
  • Registre paroissial de fabrique, des 1eres communions et des confirmations de la paroisse de Clumanc. 2e moitié 19e siècle. Archives paroissiales de Clumanc, presbytère de Barrême : non coté.

    Le registre de fabrique porte sur la 2e moitié du 19e siècle. Il comporte des transcriptions partielles d'archives paroissiales de l'Ancien Régime et les dates de plusieurs travaux apportés à l'église aux 17e et 19e siècles, probablement extraites des archives paroissiales aujourd'hui disparues. Deux visites de l'église par les membres du conseil de fabrique en 1881 et 1882 énumèrent les travaux de réparation urgentes à engager. Construction de la chapelle de saint Joseph entre 1693 et 1697 par Giraud, maçon de Clumanc. Reconstruction du mur du chevet en 1840. Blanchiement de l'intérieur en 1861. Réparations à faire en 1881 et 1882.
  • Inventaire de l'église de Notre Dame à Clumanc. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 V 66

    Inventaire 1905 église Notre-Dame.
  • Direction générale des domaines. Inventaire des biens dépendant de la fabrique paroissiale de Notre-Dame, commune de Clumanc, dressé en exécution de l'art. 3 de la loi du 9 décembre 1905. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 V 66

    Inventaire descriptif et estimatif des biens de l'église paroissiale de Notre-Dame de Clumanc, 1906.
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