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église paroissiale Notre-Dame-de-Valvert

Dossier IA04000164 réalisé en 2004

Fiche

Œuvres contenues

Vocables Notre-Dame-de-Valvert
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var - Allos-Colmars
Adresse Commune : Allos
Lieu-dit : le Plan-Nord
Cadastre : 1825 D5 765 ; 2015 AC 63

La première mention de l'église d'Allos apparaît vers 1300 au diocèse de Senez. Elle a été église paroissiale jusqu'à la Révolution. Jacques Thirion la date du milieu du 13e siècle en la rapprochant d'édifices provençaux bien datés, comme les cathédrales de Digne et de Senez, celle-ci ayant pu, dans une certaine mesure, servir de modèle. Au début du 17e siècle, elle a été endommagée par les guerres. En 1697, à la suite de l'effondrement du clocher au cours de l'invasion savoyarde, l'évêque ordonne la réparation de la voûte du choeur. Les travaux sont confiés au maître-maçon Joseph Classe. L'oculus du pignon oriental de la nef a probablement été muré lors de la surélévation induite par l'établissement d'une charpente, à une date inconnue, antérieure à 1723, date à laquelle l'évêque parle déjà de la couverture en mélèze. L'auvent en charpente soutenu par des colonnes en pierre de taille mentionnées en 1712 a disparu à une date inconnu. En 1727, alors que le bâtiment est en très mauvais état, des travaux sont entrepris à peu de frais sur les voûtes et les murs de l'abside, le clocher est abattu et une sacristie est construite sur ses fondations. L'incendie qui ravage le bourg en 1747 endommage gravement l'église. Une aide financière est accordée dès l'année suivante. En 1751, un clocher-arcade est construit au-dessus de l'arc triomphal. Considérée comme l'un des sanctuaires les plus anciens du département, Notre-Dame-de-Valvert figure sur la liste des Monuments historiques de 1846. Il faut cependant attendre la fin du 19e siècle pour que des travaux d'envergure soient entrepris. En 1891, deux rapports signés l'un par l'architecte Révoil, l'autre par Boeswilwald signalent les importants désordres de la maçonnerie (contreforts affaissés, murs de l'abside et de la façade lézardés, festons du chevet presqu'entièrement disparus). La première campagne de restauration dirigée par Révoil entre 1894 et 1896 concerne la réfection de la base moulurée de la façade et des murs gouttereaux, la réparation des baies, glacis et moulures compris, la reconstruction complète des contreforts, la reprise en pierres de taille des parements extérieurs de l'abside et du mur nord de la dernière travée, le rétablissement de la corniche en doucine sous la toiture et de l'arcature du chevet, enfin la reconstruction de la voûte de la troisième travée de la nef. La deuxième campagne, dirigée par l'architecte Jacob de 1899 à 1904, concerne la réfection des voûtes des deux premières travées, la restauration de la nef, la reconstruction du clocher arcade et la remise en état de la couverture en bardeaux de mélèze. De cette restauration date la disparition des peintures murales dont il ne reste que quelques traces. Les travaux de restauration ont été suivis par Emile François-Bongarçon, inspecteur des édifices diocésains.

Période(s) Principale : milieu 13e siècle , (?)
Secondaire : 4e quart 19e siècle
Auteur(s) Auteur : Classe Joseph, maître maçon, attribution par source
Auteur : Révoil Henry, architecte, attribution par source
Auteur : Jacob, architecte, attribution par source
Auteur : Boeswildwald, architecte, attribution par source
Auteur : François-Bongarçon Emile, architecte, attribution par source

L'église Notre-Dame-de-Valvert est située à 200 mètres au sud du bourg d'Allos, sur un coteau de la rive gauche du Chadoulin, à 1400 mètres d'altitude, à l'ancien lieu-dit La Paroisse. C'est un édifice orienté, construit en moyen appareil de calcaire marneux gris. Un léger badigeon ocre très usé est encore visible sur l'élévation ouest. L'église comporte une nef unique de trois travées et une courte travée de choeur légèrement plus basse, terminée par une abside en hémicycle. La nef est couverte d'un berceau plein-cintre et la travée de choeur d'un berceau brisé. L'abside est voûtée en cul-de-four. Dans la nef, les arcs doubleaux de profil carré retombent sur des colonnes engagées à chapiteaux sculptés, les formerets sur des pilastres. La base des voûtes est soulignée d'un cordon profilé d'un méplat sur un quart-de-rond. Les tailloirs des chapiteaux adoptent le même profil de moulure. L'entrée du choeur est flanquée de colonnes engagées qui reçoivent l'arc brisé supportant le mur-pignon de la nef, percé d'un oculus. Les colonnes sont munies de chapiteaux à deux rangs de crochets sous un grand tailloir. La nef est éclairée au sud par trois grandes baies en plein-cintre, à large ébrasement, appui taluté et encadrement à ressauts. La travée droite du choeur est munie au sud d'une fenêtre identique à celles de la nef, bien que plus grande. L'abside est éclairée par trois baies en plein cintre encadrées de fines moulures. A l'extérieure, la baie axiale est munie d'une double mouluration. Au nord, la sacristie de plan carré est couverte d'une voûte à pénétrations soulignée par un cordon mouluré en plâtre. Elle est éclairée à l'est par une fenêtre rectangulaire. La porte qui ouvre sur la nef est percée sous une arcade murée, à profil segmentaire. Une ancienne arcade est également visible dans le mur sud. A l'ouest une porte donne accès aux combles. On peut y voir, dans le mur nord de la travée droite du choeur, un grand arc plein-cintre à double rouleau et larmier de profil carré, muni d'une série de corbeaux et d'un cordon en quart-de-rond. A l'extérieur, la façade occidentale se termine par un pignon couronné d'une corniche rampante à profil en quart-de-rond. Elle est renforcée aux angles par deux contreforts de plan carré faiblement saillants, à amortissement taluté couvert de bardeaux de mélèze. La porte en plein cintre, sans tympan est précédée de six degrés. Elle est munie de voussures toriques à trois ressauts retombant de chaque côté sur deux colonnettes à socle mouluré, par l'intermédiaire de chapiteaux formant frise, taillés dans un seul bloc. Deux corbeaux en pierre sont visibles au-dessus de la porte au niveau de la septième assise. L'élévation sud s'appuit sur une plinthe moulurée, plus basse au niveau de la première travée. Elle est pourvue de quatre contreforts identiques aux précédents. Une porte en plein-cintre, sans tympan, à claveaux extradossés et à clef, est percée dans la troisième travée. L'élévation est amortie par un cordon mouluré d'un méplat sur un quart-de-rond. Un cordon en doucine souligne le bord de la toiture. L'élévation nord est aveugle, elle s'appuie sur un soubassement mouluré. Elle est renforcée par deux pilastres identiques aux précédents. La sacristie, construite en moellons de calcaire enduits s'appuit contre l'élévation nord. Un clocher-mur à arcade en plein cintre surmonte le pignon est de la nef, au-dessus de la travée droite du choeur. Le toit à longs pans établi au-dessus des voûtes est couvert de bardeaux en mélèze. A l'intérieur, le sol est recouvert d'un plancher. Dans la première travée de la nef, une tribune en bois est supportée par deux colonnes en pierre.

Murs calcaire
pierre de taille
Toit bardeau
Plans plan allongé
Étages 1 vaisseau
Couvrements voûte en berceau brisé
cul-de-four
voûte en berceau plein-cintre
Couvertures toit à longs pans
appentis
États conservations restauré
Techniques sculpture
maçonnerie
Représentations ornement géométrique ornement architectural
Précision représentations

La travée droite du choeur et le chevet sont décorés d'un motif de dents d'engrenage et d'une série d'arcatures monolithes en plein cintre reposant sur des consoles pyramidales.

Malgré la restauration radicale dont elle a été l'objet à la fin du 19e siècle, Notre-Dame-de-Valvert reste un témoin très intéressant de l'art roman dans les Alpes.

Statut de la propriété propriété de la commune, []
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections classé MH, 1846
Précisions sur la protection

Classement par liste de 1846.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Testament de Peire Janvier. Parchemin, 1395, expédition originale. Document incomplet (le second feuillet manque). Archives communales, Allos : non coté.

    Le testateur, sur le point de partir en pélerinage à Rome, fonde une chapellenie sous le titre de Saint-Michel dans l'église Notre-Dame d'Allos.
  • Note au sujet des tombes découvertes dans les environs de Notre-Dame de Valvert. Document dactylographié, 1967. Archives communales, Allos : non coté.

    [cité dans la Carte archéologique de la Gaule 04]
Documents figurés
  • Plan de l'église du chef-lieu de la commune d'Allos. Arrondissement de Barcelonnette. Basses-Alpes. / papier aquarellé par Piot[on], 15 février 1854. Archives communales, Allos : non coté.

    Elévation principale, plan horizontal, coupe en traverse [sic].
Bibliographie
  • GEAN, Jacky, GIORDANENGO, Jean. A l'ombre du clocher. Histoire d'un pays entre Var et Verdon. Breil-sur-Roya : Les Editions du Cabri, 1997. 207 p. : ill.

    p. 69-70.
  • VERLHAC, Josette, VIRE, Marie-Madeleine. Monuments d'hier et d'aujourd'hui. Dans : Annales de Haute-Provence ; le Haut-Verdon, n°306, 2e trimestre 1988, p. 221-271.

    p. 222-326.
  • THIRION, Jacques. Notre-Dame de Valvert à Allos. Dans Bulletin de la Société scientifique et littéraire des Basses-Alpes, tome 32, p 7-17, 1952. Digne : Imprimerie Vial.

  • THIRION, Jacques. Alpes romanes. La Pierre-qui-vire (Yonne) : Impr. des Ateliers de la Pierre-qui-Vire et des Ateliers de l'Abbaye Sainte-Marie, 1980, 434 p.

    p. 322-326.
  • THEVENON, Luc. L'art du Moyen-Age dans les Alpes méridionales. Nice : Editions Serre, 1983.

    p. 66-67.
  • COLLIER, Raymond. La Haute-Provence monumentale et artistique. Digne: Imprimerie Louis-Jean, 1986, 559 p. : ill.

    p. 114-115.
  • FERAUD, Jean-Joseph-Maxime. Histoire et géographie des Basses-Alpes. Digne : F. Giraud ; 3e éd. revue, corrigée et augmentée, 1890, 529 p. : ill. ; 21 cm.

    p. 240-241.
  • CLOUZOT, Etienne. Pouillés des provinces d'Aix, d'Arles et d'Embrun. Diocèse de Senez. Paris : imprimerie nationale, 1923.

    p. 290, 292, 294 : Première mention : "ecclesia de Alosio" au diocèse de Senez vers 1300. En 1376 "ecclesia de Alosio". Au 16e siècle "Allosius".
  • PELLISSIER, Jean-Esprit. Histoire d'Allos : depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours. Digne : Chapsoul et Vve Barbaroux, 1901.

    Transcription de la visite pastorale de Jean Soanen de 1699.
  • REVOIL, Henry. Architecture romane du midi de la France. Paris : Vve A. Morel & cie, 1873, 3 v. : illus., 211 pl. (part col., part fold.; incl. plans) ; 45 cm.

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