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église paroissiale Notre-Dame-de-la-Nativité

Dossier IA04002350 réalisé en 2011

Fiche

Œuvres contenues

Ancienne chapelle Saint-Mathieu

Dans la visite pastorale de 1712, l'évêque mentionne une chapelle Saint-Mathieu à Chateaugarnier mais refuse d'en faire la description, la considérant - à l'image de celle de chapelle Saint-Agathe à La Batie et celle de Saint-Barnabé au moutier - comme "inutile et seulement propre à séparer les peuples de leur Eglise paroissiale", il a d'ailleurs interdit d'y dire la messe depuis longtemps. L'évêque révise cependant son jugement en 1714 à la demande des habitants des hameaux qui ont un "grand désir d'y faire leur prière particulière" : l'évêque trouvant les chapelles dans un "meilleur état", nomme un "commissaire avec pouvoir, s'il les trouve régulières, de les bénir et d'y dire la messe".Plan de masse et de situation de la chapelle  Saint-Mathieu d'après le cadastre napoléonien de 1827, section A1, parcelle 94.Plan de masse et de situation de la chapelle Saint-Mathieu d'après le cadastre napoléonien de 1827, section A1, parcelle 94.

Dans la visites pastorales précédent la Révolution, on trouve ensuite régulièrement mention de cette chapelle. Ainsi en 1745, elle apparaît bien meublée mais "la voute de la chapelle est fendue en son milieu de même que l'arc de pierre et la muraille vers l'angle du côté de l'épitre". A tel point qu'à la fin de la visite, l'évêque ordonne que "la voute qui menace ruine sera refaite et mise hors de danger". C'est chose faite en 1749 puisque "la voute de la chapelle a été blanchie".

Dans les procès-verbaux d'estimation des biens saisis à la Révolution, la chapelle est mesurée et localisée afin d'être estimée : "chapelle au hameau du chateau garnier contenant douze cannes [...] confrontant couchant et septentrion la rue".

Les états de section du cadastre de 1827 mentionnent toujours une "église" en parcelle 94 (section A1), appartenant à la commune de Thorame-Basse.

Eglise paroissiale Notre-Dame-de-la-Nativité : historique

Jusqu'en 1858, l'église paroissiale de Château-Garnier, comme de la Bâtie se trouve à Saint-Thomas ; c'est une succursale de celle de Thorame-Basse. Cependant cette église paraît vétuste et insuffisante pour la population, elle est également isolée et fort éloignée du chef-lieu, Château-Garnier, ce qui la rend quasi inaccessible en hiver. Aussi, dans la visite pastorale de 1858, l'évêque écrit qu'"Une nouvelle église paroissiale va être construite au chef-lieu les travaux d'adjudication sont donnés. C'est ce qu'on pouvait faire de mieux pour le bien religieux de la paroisse et pour la santé des habitants". A compter de sa construction, l'église de Château-Garnier a donc le statut de paroissiale pour la paroisse de Château-Garnier.

Détail du projet de Piattini : plan du hameau.Détail du projet de Piattini : plan du hameau.La comparaison des deux cadastres, celui de 1827 et le moderne, permet d'établir que la nouvelle église est construite quasi à l'emplacement de l'ancienne chapelle Saint-Mathieu. Ce qui est confirmé par le devis de la nouvelle église où il est précisé que "l'église sera construite [...] au sud du village, à l'extrémité d'un pré, près de la chapelle qui doit être entièrement démolie", la situation est encore plus claire sur le plan de situation établi par l'architecte Piattini. L'église semble construite le long et perpendiculairement de l'ancienne chapelle. Il a donc peut-être été question pendant un temps, de conserver l'ancienne chapelle (l'hypothèse qu'elle ait été englobée, comme première travée, dans le nouvel édifice est à exclure : cela serait en effet lisible sur l'appareil). Ce qui explique sans doute l'orientation étrange de l'édifice actuel dont le chevet pointe vers le sud-est sans suivre une contrainte topographique ou urbaine. L'emplacement est considéré par l'architecte qui rédige le devis comme "convenable et très avantageux".

La nouvelle église de Château-Garnier, sous le titre de la Nativité de Notre-Dame, est construite sur les plans de l'architecte Piattini, également auteur de l'église paroissiale de Saint-André-les-Alpes (Référence IA04001893). Comme le précise l'Inventaire de 1906 : l'église "appartient exclusivement à la fabrique et [...] a été construite en 1859 avec les deniers de la Fabrique et le produit d'une souscription volontaire et de dons anonymes". Ainsi, dans sa conception, "l'église projetée aura une forme rectangulaire brisée par des avant et arrière corps, elle aura toute la solidité et la simplicité nécessitées par les faibles ressources qui pourront être affectées à cette construction". La date est gravée sur la clé de l'encadrement de pierres de taille de la porte d'entrée.

Dans le projet initial, seul un petit clocher à une seule arcature est prévue : "il sera établi sur la façade du couchant un petit clocher de 2,50 m de hauteur [..] la baie de la croisée pour fixer la cloche aura 2 m de hauteur". Le clocher actuel est érigé plus tard (après démolition du précédent ?), en 1870 (il est noté en construction dans la visite pastorale de 1869). Il est construit sur les plans et devis de Gabriel Chailan, établis en 1868, qui le place "sur l'angle formé par l'église et la sacristie".

Dans la 2e moitié du 20e siècle, des travaux de restauration sont effectués : en 1966, a lieu la réception des travaux de « grosses réparations au clocher et à l’église » ; en 1990, la couverture est révisée ; en 1988, travaux de réparation de la flèche de l'église ; en 2000 et 2001, la réfection de la façade est réalisée (décroutage puis enduit au mortier de chaux naturelle ; reprise des deux encadrements de lucarne et de la corniche).

Eglise paroissiale Notre-Dame-de-la-Nativité : description

Détail du projet de Piattini : façade principale.Détail du projet de Piattini : façade principale.L'église de Château-Garnier est située sur la frange sud du hameau, son chevet est visible depuis la route menant de Thorame-Basse à La Bâtie et, au-delà, à Saint-André-les-Alpes. La façade principale est ainsi tournée vers le hameau, ouvrant sur une placette.Vue de la façade principale.Vue de la façade principale.

L'église est construite en moellons de calcaire, grossièrement équarris, liés au mortier en provenance d'une carrière toute proche, à 4 kilomètres, nommée, au moment de la construction, la "carrière de l'Adrechon". Les façades sont couvertes d'un enduit à pierres vues, la base des murs est constituée d'un soubassement dont l'appareil est plus soigné avec des moellons de taille plus importante. Le traitement de la façade principale est le résultat d'une restauration puisque le devis prévoyait que "la façade du couchant [sera] crépie, grisée et blanchie au pinceau, toutes les autres façades extérieures seront crépies rustiquement". Seuls les encadrements des ouvertures de la façade principale bénéficient d'un traitement particulier : celui de la porte est en pierres de taille (provenant de la carrière dite "de l'Arras"), ceux des oculi en enduit moulé, tout comme les angles dont le relief est accentué par le même type de décor d'enduit moulé. L'ensemble est couvert d'un toit à longs pans sur trois rangs de génoises. Le matériau de couverture est aujourd'hui de la tôle ondulée, c'était de la tuile creuse à l'origine, "provenant des fabriques établies à 3 kilomètres de distance" du chantier.

Il s'agit d'un édifice à nef unique dont le plan est assez original : la nef est constituée de trois travées, la travée centrale, plus profonde et légèrement plus large que les deux autres, formant une légère saillie à l'extérieur, est carrée et couverte d'une coupole sur pendentifs, de part et d'autre, les deux autres travées, de plan barlong, sont voûtées d'arêtes. La troisième travée, la travée de choeur est prolongée d'un espace peu profond, aux angles arrondis, voûté en cul-de-four, faisant office d'abside. Les travées sont séparées par des arcs doubleaux retombant sur des piles polygonales accueillant également les retombées des arcs formerets. A l'arrière du choeur, se trouve la sacristie, également voûtée d'arêtes. Le clocher est placé, désaxé, entre la sacristie et le choeur, côté sud-est.

L'édifice est accessible par l'unique porte de la façade nord-ouest ; entrée surmontée d'un oculus et d'une demi-lune. La nef est également éclairée par deux oculi dans la deuxième travée et par deux petites baies en plein cintre dans la troisième travée. Toutes les menuiseries sont réalisées en noyer. Les murs, sans décor peint, sont animées par les modénatures d'un cordon à la retombées des arcs. Le sol est pavé de carreaux de terre cuite, il s'agit du pavement d'origine puisque le devis prévoyait : "le sol entier de l'église sera malonné avec des malons des fabriques du pays et qui devront avoir 0m20 de côté".

Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var - Allos-Colmars
Adresse Commune : Thorame-Basse
Lieu-dit : Château-Garnier
Cadastre : 2016 A 643

L'église paroissiale Notre-Dame-de-la-Nativité est construite en 1859 sur les plans de l'architecte Piattini. Elle est destinée à remplacée l'église Saint-Thomas dans son rôle de succursale de Thorame-Basse. Le clocher est érigé plus tard, en 1870 (il est noté en construction dans la visite pastorale de 1869).

Dans la 2e moitié du 20e siècle, des travaux de restauration sont effectués : en 1966, a lieu la réception des travaux de « grosses réparations au clocher et à l’église » ; en 1988, travaux de réparation de la flèche de l'église ; en 1990, la couverture est révisée; en 2000 et 2001, la réfection de la façade est réalisée (décroutage puis enduit au mortier de chaux naturelle ; reprise des deux encadrements de lucarne et de la corniche).

Période(s) Principale : milieu 19e siècle
Secondaire : 3e quart 19e siècle
Dates 1859, porte la date
1870, daté par source
Auteur(s) Auteur : Piattini Bernardin,
Bernardin Piattini

Architecte, domicilié à Barcelonette (04), actif dans la 2e moitié du 19e siècle.


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architecte, signature
Auteur : Chailan Gabriel,
Gabriel Chailan

Entrepreneur, maître d'oeuvre, actif dans les Alpes-de-Haute-Provence dans le 4e quart du 19e siècle.


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maître d'oeuvre, attribution par source

L'église de Château-Garnier est située sur la frange sud du hameau, son chevet est visible depuis la route menant de Thorame-Basse à La Bâtie et, au-delà, à Saint-André-les-Alpes. De plan simple, à nef unique, l'édifice est construit en moellons de calcaire et supporte un toit à longs pans avec trois rangs de génoises couvert de tôles ondulées.

La nef se découpe en trois travées, la travée centrale est surmontée d'une coupole sur pendentifs, les deux travées de part et d'autre de voûte d'arêtes, tout comme la sacristie située dans le prolongement du choeur.

Murs grès moellon enduit partiel
Toit tôle ondulée
Couvrements voûte d'arêtes
coupole en pendentifs
Couvertures toit à longs pans
Statut de la propriété propriété de la commune

Références documentaires

Documents d'archives
  • Procès-verbaux de visites pastorales, évêché de Senez, 1708-1723. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 G 18.

  • Etat de sections du cadastre de 1827, commune de Thorame-Basse. 1827. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 3 P 586.

    Mention section A1, parcelle 94 : Eglise, propriétaire : Thorame-Basse (la commune).
  • Projet d'église, hameau de Château-Garnier, commune de Thorame-Basse. 1856. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : E DEP 218 060.

    Plan, coupe, élévation, devis estimatif et descriptif établis par l'architecte Piattiny.
  • Projet de clocher, hameau de Château-Garnier, commune de Thorame-Basse. 1868. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : E DEP 218 060.

    Plan, coupe, élévation, devis estimatif et descriptif établis par Gabriel Chailan.
  • Inventaires des biens des fabriques des paroisses de l'arrondissement de Castellane dressés en exécution de l'article 3 de la loi du 9 décembre 1905. 1906. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 V 65

    Inventaire des biens de la fabrique de Chateaugarnier, dressé le 3 mars 1906.
  • Dossier de restauration de la chapelle Notre-Dame-de-la-Nativité, Château-Garnier, Thorame-Basse. 1964-2001. Archives communales, Thorame-Basse : non coté.

    105 Fi 218 / 002
Documents figurés
  • Plan cadastral de la commune de Thorame-Basse / Dessin à l'encre sur papier par Beaudun, Corriol et Ricard, 1827. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 105 Fi 218 / 001 à 022.

Bibliographie
  • COLLIER, Raymond. La Haute-Provence monumentale et artistique. Digne: Imprimerie Louis-Jean, 1986, 559 p. : ill.

    p. 382
  • VERLHAC, Josette, VIRE, Marie-Madeleine. Monuments d'hier et d'aujourd'hui. Dans : Annales de Haute-Provence ; le Haut-Verdon, n°306, 2e trimestre 1988, p. 221-271.

    p. 228, 268-269.
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