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église paroissiale Notre-Dame-d'Entraigues

Dossier IA04000720 réalisé en 2005

Les origines

Dans l’état actuel de la documentation, on ne possède pas de mention de l’église de Tartonne avant le milieu du XIVe siècle. Encore n'est-on pas bien sûr de l'identité de l'édifice désigné à cette époque comme siège de la paroisse, sans indication de son vocable. S'agissait-il de Notre-Dame d'Entraigues ou de l'église Saint-Jean, dont on voit les vestiges sur le site du castrum médiéval ?

Un compte de décimes de l’évêché de Senez, daté par son éditeur des environs de 1300 mais plus probablement proche de 1350, attribue à cette église un revenu annuel de 30 livres qui la place au 14e rang des 48 bénéfices ecclésiastiques taxés du diocèse. Ce rang, remarquable pour la paroisse d’une très petite communauté rurale, est sans doute dû, comme à Saint-Honorat de Clumanc, à l’importance du domaine prieural, bien doté en terres et peut-être aussi en droits seigneuriaux. Le compte des procurations de 1376 cite l’église sans la taxer, car cette année-là, en raison de la personnalité de son possesseur, le cardinal de Glandèves, l’évêque de Senez renonça à y exercer son droit de visite.

XVIe siècle

D’après un autre compte synodal établi au XVIe siècle, l’église de Tartonne, avec 8 deniers de taxe, venait au 15e rang des paroisses du diocèse1.

L'église comportait alors au moins un autel secondaire, dédié à saint Blaise, dont la dotation fut augmentée le 8 septembre 1503 en faveur de son recteur, Peire Infern.

L'autel de saint Blaise prenait appui contre l'un des murs latéraux de la nef, probablement du côté sud. La construction de la chapelle latérale destinée à abriter cet autel ne peut, en effet, avoir eu lieu qu'après la construction du clocher, que la date gravée sur la porte qui débouche dans la travée droite du choeur situe en 1564.

Jusqu'à cette date, les cloches devaient, conformément à la coutume, se trouver dans un clocher-mur bâti au-dessus de l'arc triomphal ou au-dessus de la façade occidentale.

Le clocher tour resta longtemps inachevé. L'interruption du chantier eut sans doute pour cause principale les guerres de religion, particulièrement virulentes en Haute-Provence dans les années 1570 et 1580.

XVIIe siècle

Le 1er octobre 1618, la communauté de Tartonne chargea le maître maçon Pierre Reboul, de Courchon (paroisse absorbée par la commune de Saint-André-les-Alpes), de "rabilher l'esglize dudit Tartonne en tout ce qui luy sera nécessère et est rompeu au dheour et couvert d'icelle, excepté le clocher et pinacle". Les termes du prix-fait et la somme, assez modique (12 écus), ne permettent pas d'envisager une reconstruction, mais de simples réparations des parements extérieurs et de la couverture, pour lesquels le maçon fut autorisé à prendre des pierres dans les ruines de l'église Saint-Michel située dans l'ancien bourg castral.

Les travaux ne furent sans doute pas exécutés ou tout au moins achevés, car le 17 mars 1621, deux maçons dignois, Jean Roubaud et Pierre Lavigne, promettaient à la communauté de Tartonne de "rabilher l'esglize Notre-Dame et parochialle de cedit lieu suivant les murailhages ja commancés et à proportion et mesure d'icelle et de mesme hauteur et largeur ; barder le couvert d'icelle ansin comme s'apartient ; de plus rédiffier le presbytère à pierres de tailhe et les courdons autour de ladite esglize nécessères et comme estoient cy devant faitz et encore parties en estat". Le programme des travaux laisse entendre une reconstruction partielle que le précédent prix-fait n'avait pas envisagée et que confirme le coût, d'un montant de 40 écus. La découverte d'un décor peint médiéval sur la voûte de l'abside oblige à relativiser les termes du contrat. La réédification prévue n'a probablement concerné que les parties externes des murs et du couvrement. Pour l'essentiel, les maçons devaient refaire l'ensemble de la toiture en lauses. La seconde partie du même acte prévoit par ailleurs qu'ils devront "rellever le clocher de ladite esglize ansin qu'est commancé, à quatre fenestrage et à deux courdons pierres ou thuves, talhés iceux courdons, et mettre la pointe dudit clocher à piramaide avec une croix au dessus ; de plus mettre les cloches avec leurs basuques en façon que puissent sonner à vent ; de mesme fere la crotte 2et rabilher la sacristie quy est au dessoubz le clocher"3.

De la surélévation du clocher réalisée en 1621, nous n'avons plus sous les yeux que deux étages : l'étage supérieur et la flèche ont été refaits au 19e et au 20e siècles.

Le prix-fait du 17 mars 1621 a bien été exécuté : deux autres actes passés le mois suivant en attestent, l'un pour réclamer sa contribution à l'évêque de Senez, prieur de Tartonne, l'autre pour donner quittance aux consuls de Tartonne du paiement d'une partie du prix fixé.4

En complément des travaux de maçonnerie, les consuls et l'évêque passèrent commande, le 30 août 1627, au menuisier François Viret, de Castellane, de deux portes en noyer pour les deux entrées de l'église, la grande à l'ouest et la petite au sud, "avec les chambranles et moulures tout à l'entour et (...) avec les clous à pointe de diaman de pan en pan au dessus des mollures, avec ses parnes, goufons et ferrements".5

Le 30 juin 1630, les consuls et les recteurs de la chapellenie Saint-Michel confièrent au maçon Grégoire Roubaud la reconstruction de la chapelle "quy esty dans l'esglize Notre-Dame qui est soubz le titre de monsieur saint Blaize, soubz la mezsme grandeur, autheur de la houlte de courdon de l'antrée de ladite chapelle, crotte à la mesme forme qu'est celle de ladite esglize, de touve, avec une petite fenestre devers couchant ou autre lieu plus propre qui sera advizé tailhe de tuvves, fère une petite murailhe à l'antrée de ladite chapelle de l'auteur de quatre pans avec son ballustre de bois blanc et les murailhes de ladite chapelle dedans et dehors rebouchées à chaux et sable"6.

Cette chapelle, qui abritait l'autel de saint Michel, se trouvait au sud de la nef, contre la base du clocher. Sa construction avait probablement suivi de peu celle du clocher en 1564. Elle devait alors être la seule de ce côté, car le contrat prévoit l'ouverture d'une fenêtre à l'ouest. Les travaux furent ans doute plus longs que prévus, les dernières quittances datent respectivement du 10 octobre et du 8 décembre 1648, 7 au moment même où la communauté faisait procéder à une nouvelle réfection de la toiture en lauses par les maçons Jacques Féraud, de Castellane et Pierre Silve, de Tartonne.8

La documentation conservée ne mentionne, dans la deuxième moitié du 17e siècle, que la reconstruction du mur de clôture du cimetière, oeuvre du maçon tartonnais Jacques Maurel en 1680 et la commande du retable du maître-autel, de la chaire à prêcher, et d'une cloche.

La deuxième moitié du 17e siècle vit sans doute l'édification des chapelles mentionnées dans les visites pastorales du début du 18e siècle : la chapelle du Purgatoire, à l'ouest et à côté de la chapelle Saint-Blaise et Saint-Michel et la première chapelle latérale nord, dédiée à Notre-Dame du Rosaire, dont la confrérie avait été créée en 1637. La chapelle saint-Jean-Baptiste, deuxième du côté nord, qui abritait le banc et le tombeau des seigneurs de Tartonne, était probablement plus ancienne. L'aménagement de la sacristie au fond de l'abside, derrière le maître-autel, date aussi probablement de cette période, avant la construction du retable du maître-autel en 1678.

XVIIIe siècle

Le 1er novembre 1717, l’évêque de Senez Jean Soanen trouve l’église en mauvais état. Les voûtes du choeur et de la nef sont fendues sous le poids des lauses qui couvrent le toit aux pentes trop faibles. Les murs ont été mis à l’abri des crues du torrent proche, mais la porte menace de s’effondrer, l’intérieur est sale, noirci par la fumée des cierges, la nef très obscure ne prend la lumière que d’un petit oculus. La sacristie, située au fond de l’abside, et le choeur ne disposent chacun que de la moitié de la petite fenêtre ouverte au sud. Le clocher, qui contient 3 cloches, n’a pas d’escalier et son rez-de-chaussée n’est qu’un débarras plein d’ordures. Des deux chapelles latérales du côté de l’Evangile (au nord), la 1ère, dédiée au Rosaire, a son toit enfoncé, ses murs pourris par l’humidité qui vient du terrain adjacent ; la 2e, sous le vocable de saint Jean-Baptiste, appartient au seigneur, qui la laisse dans un état « indécent », sans même un rideau pour la cacher aux yeux des fidèles. Au sud, la « petite nef» formée par les chapelles Saint-Michel, Sainte-Barbe et du Purgatoire avait commencé à s’effondrer et a été réparée, mais son sol est très inégal et les autels manquent du mobilier le plus élémentaire. Monseigneur Soanen menace de mettre en interdit l’église et le cimetière si les réparations indispensables ne sont pas faites et autorise le procureur fiscal du diocèse à saisir le tiers des revenus du prieuré, que se partagent l’évêque lui-même et le prieur Gassendi, chanoine de Riez et frère du seigneurs de Tartonne9 .

De retour le 21 juin 1722, le même évêque constate avec satisfaction que la nef principale et la petite nef ont été réparées, mais le choeur donne toujours du souci avec sa voûte fendue sous un toit trop plat et son sol sans pavé. La chapelle du seigneur a été remise en état, mais elle est trop petite et dépourvue de mobilier. Les autres chapelles ont reçu le mobilier qui leur manquait, celle du Rosaire continue à avoir ses murs humides et sa voûte crevassée. Le cimetière n’a toujours pas de clôture suffisante10 .

Le 25 mai 1732, Honoré Giraud, maçon de Clumanc, fut chargé par les consuls de Tartonne de "reboucher et crépir les murailles du cimetière de ce lieu, d'abattre parties desdites murailles où besoin sera et de les faire de neuf de la même hauteur et épaisseur des autres ; de faire trois portes de bois blanc en forme de grille pour fermer ledit cimetière et y mettra les pantures, gonds et verrouil nécessaires pour qu'elles se puissent commodément fermer. De plus faira de neuf la petite porte d ladite église de bois de noyer doublée de bois blanc et la posera en place et y mettre la même serrure, pantures et agons qui sont à celle qui est à présent, laquelle appartiendra audit Giraud ; réparera la grande porte de ladite église aux endroits où besoin sera. Retouchera tout le couvert de ladite église et fournira toutes les pierres plates vulgairement appelées lauses qui pourrait y manquer"11.

Nouvelles réparations commandées le 17 avril 1747 au maçon tartonnais Philippe Maurel : réfection d'une partie de l'élévation nord, de l'angle sud-ouest et du toit, en tuf et en lauses, dui clocher ; réparation du toit en lauses et de la corniche en tuf de l'église ; réfection partielle du mur de clôture du cimetière, couronné de lauses.

Le procès-verbal de la visite effectuée le 19 octobre 1750 par Louis-Jacques-François de Voconce ne signale rien quant au bâtiment et se borne à prescrire quelques réparation au mobilier, en particulier pour l’autel Sainte-Barbe et l’autel du Purgatoire12 . Son successeur Antoine-Joseph d’Amat, présent le 4 mai 1764, juge la nef en bon état, sauf le pavement qui a besoin de réparations. Le choeur et la sacristie donnent satisfaction, mais il faut réparer la porte du clocher et boucher les fentes de la voûte de la chapelle du Rosaire. Il n’est plus question de la chapelle Saint-Jean-Baptiste. Dans la petite nef, la chapelle Saint-Michel a besoin d’être repavée, il faut acheter un crucifix et des chandeliers pour l’autel du Purgatoire. Il faut aussi combler quelques brèches au mur du cimetière et mettre un verrou à la porte. 13

Nouvelle visite le 6 novembre 1779 par monseigneur de Beauvais. Le choeur est en état, de même que la sacristie qui est derrière le maître-autel. Dans la nef, une fente règne dans la voûte depuis l’arc triomphal jusqu’au 1er doubleau et le rein sud s’est affaissé, l’évêque prescrit de consulter à ce sujet un architecte. Tous les murs et ceux des chapelles ont besoin d’un blanchiment. Le cimetière est bien clos, mais a besoin d’une nouvelle porte et d’une croix14 .

XIXe siècle

Le 4 février 1833, répondant à un questionnaire de l’évêché, le curé de Tartonne affirme que le vaisseau de l’église, réparé 3 ans auparavant, est en très bon état, mais déplore l’irrégularité du pavement, la vétusté des autels et de la clôture du choeur, la pauvreté des vêtements liturgiques.15 Il faut donc situer en 1830 la réfection partielle de la voûte de la nef, dont le tracé n'est pas identique à celui des arcs doubleaux. Ceux-ci accusent un affaissement très marqué du côté sud, que la voûte elle-même ne reproduit pas. La reconstruction n'a affecté que cette dernière, sans toucher aux doubleaux.

En 1860, un projet de reconstruction du clocher, dressé par Joseph Chaillan, maçon de Barrême, est approuvé par le conseil municipal16. Le projet, remanié par Arnaud, agent-voyer d'arrondissement à Digne, est approuvé en 1863 par l'architecte diocésain Raymond, puis par le préfet. La réception des travaux est faite en 1868 par Fournier, agent-voyer à Thorame-Haute, mais les travaux ont du être achevés en 1865 : en visite le 24 octobre 1865, l’évêque constate que le clocher a été doté d'un étage supplémentaire, avec une flèche carrée et deux cloches.

Il dénonce cependant toujours le mauvais état du toit et du pavement, trouve les fenêtres trop petites et la sacristie étroite. Il recense 4 chapelles latérales, dédiées respectivement au Rosaire, à saint Joseph, à saint Michel et saint Blaise et aux Ames du Purgatoire. 17 . Même description en 1870, il faut remplacer les portes du cimetière18.

En 1884, le clocher ayant été foudroyé, la flèche s'est écroulée en partie et la partie restante menace de s'effondrer sur l'église. Le conseil municipal adresse une demande de secours au préfet pour financer les réparations dont le coût s'élève à 395 francs. Les archives n'ont pas conservé trace des travaux effectués à ce moment. Quelques années plus tard, de nouvelles réparations sont devenues nécessaires.

Le 9 avril 1891, Joseph Cressy, maçon à Tartonne, donne le devis de réparations pour un montant de 2000 francs :

1° démolition de 50 m3 de murs, la petite nef jusqu’aux fondations, l’élévation ouest jusqu’au niveau de la petite fenêtre au dessus de la porte, la partie supérieure du mur sud sur toute sa longueur pour donner plus de pente au toit, le mur qui sépare l’abside de la travée droite du choeur ;

2° réfection totale du toit, d’une superficie totale de 240 m², en tuiles creuses sur des chevrons espacés de 0,25 m et des pannes assises sur des piliers au dessus des doubleaux, avec génoise à 2 rangs ;

3° construction de cloisons en maçonnerie enduite pour fermer les arcades qui ouvraient la petite nef et la 2e chapelle latérale nord sur la nef ;

4° réfection partielle des enduits extérieurs, blanchissage au lait de chaux de la totalité des parois intérieures ;

5° aménagement d’une nouvelle sacristie au rez-de-chaussée du clocher, dont la voûte sera remplacée par un plancher, et de 2 placards, l’un dans la cloison de fermeture de l’arcade de la 2e chapelle latérale nord, l’autre, pour les fonts baptismaux, contre le mur ouest de la nef ;

6° réfection totale du pavement avec les lauses provenant du toit démoli, avec des degrés de la même pierre devant la porte d’entrée et sous l’arc triomphal ;

7° déplacement du maître-autel au fond de l’abside ;

8° réparation et réfection partielle du mur de clôture du cimetière.

Le décompte des travaux effectués par l’entrepreneur tartonnais Jules-André Roux, signé le 2 novembre 1892 par le maire, garantit l’exécution du devis, à deux détails près : le rez-de-chaussée du clocher a conservé sa voûte et la sacristie a finalement été aménagée dans la 2e chapelle latérale nord désaffectée19.

Les travaux étaient en cours au moment de la visite pastorale du 29 septembre 1891. L’évêque note : « Une quantité considérable de terre, prise dans le cimetière attenant à l’église, a été trouvée sur la voûte. Mr le curé et les ouvriers employés à ce déblaiement constatent que des ossements humains en grande quantité ont été retrouvés dans cette terre et même, à un endroit, les os sont un cadavre encore en ordre ».

XXe siècle

En 1928, la foudre ayant de nouveau frappé le clocher, des lézardes menacent la flèches et les pyramidions. Le conseil municipal charge le service des Ponts et Chaussées de la conduite des travaux de réfection. En 1929, un projet de réfection est conduit par Parat, ingénieur des Travaux publics de l'Etat. Il préconise la "... démolition de la flèche et de la partie supérieure du clocher sur une hauteur de 1m,00 environ et des clochetons ébranlés et lézardés par la foudre ; la reconstruction en maçonnerie au mortier de chaux hydraulique de ces mêmes ouvrages. Les ouvrages ainsi reconstruits devront être absolument identiques à ceux existant précédemment ...". Sont également prévus le remplacement des tuiles et des chevrons cassés sur la toiture ; la réfection des voûtes. Quant aux matériaux : le sable doit être pris dans l'Asse ; les moellons proviendront de la démolition des maçonneries ou pris dans l'Asse ou dans des ravins de Tartonne ; la chaux hydraulique d'une usine française.

Le 21 mars 1931 est dressé le procès-verbal de réception définitive des travaux de réparation de l'église exécutés par Etienne Arniaud, entrepreneur à Digne.

L’église a fait l’objet d’une campagne de restauration (toit, voûte, enduits) en 1976 sous la conduite de l’architecte en chef des Monuments Historiques J.-P. Ehrmann.

Synthèse historique

La petite travée droite qui précède l’abside et l’appareil réglé de celle-ci pourraient faire croire à une oeuvre du XIIe siècle. Mais le décor sculpté et le tracé brisé de l’arc triomphal annoncent plutôt le XIIIe siècle. Dans la courte notice qu’il a consacrée en 1980 à Notre-Dame d’Entraigues, Jacques Thirion décrit la figure sculptée qu’on ne distingue plus du tout aujourd’hui sur l’imposte nord du premier rouleau de l’arc triomphal : « un atlante en buste, la chevelure disposée en rangées de bouclettes sur le front » et date ce décor sculpté du XIIIe siècle.20

La nef est probablement contemporaine du choeur, mais reprend peut-être les bases d’un édifice plus ancien, auquel elle devrait son plan légèrement trapézoïdal (4,60 m de large à l’extrémité est, 5 m à l’extrémité ouest).

L’édifice médiéval a subi quelques remaniements. La voûte de la nef a probablement été partiellement reconstruite en 1830, de même que l’élévation occidentale avec la porte d’entrée, signalée en très mauvais état à plusieurs reprises au XVIIIe siècle.

La base du clocher porte la date gravée 1564, mais les étages et la flèche n'ont été élevés qu'en 1621. Les étages ont été reconstruits entre 1863 et 1865, puis réparés en 1884 et 1929.

Les chapelles latérales ont sans doute été bâties dans le courant du XVIIe siècle. La date de création de la confrérie du Rosaire, 1637, peut constituer un terminus pour la 1ère du côté nord. La 2e du même côté, qui fut celle des seigneurs de Tartonne, était probablement plus ancienne. Dans l’état où elle nous est parvenue, on ne peut plus en dire grand chose et le constat vaut pour les deux chapelles communicantes qui formaient la « petite nef » au sud. Le plan cadastral de 1837 nous indique cependant le développement de cette dernière, dont le mur sud était aligné sur celui du clocher. Le devis des travaux effectués en 1891 et 1892 n’a pas besoin de commentaire. Il confirme ce que laissent entendre les visites pastorales du XVIIIe siècle au sujet de la sacristie de cette époque, isolée par une cloison au fond de l’abside.

Date

Nature des travaux

Auteurs des travaux

13e siècle

construction de l'église

1564

construction du clocher

1618

réparation aux parements extérieurs et à la couverture

Pierre Reboul, maître maçon de Courchon

1621

reconstruction partielle : parties extérieures des murs et des couvrements, toiture en lause

surélévation du clocher et construction de la flèche

Jean Roubaud et Pierre Lavigne, maçons de Digne

1627

réalisation de deux portes en noyer

François Viret, menuisier de Castellane

1630-1648

reconstruction de la chapelle Saint-Blaise

Grégoire Roubaud, maçon

1648

réfection de la toiture en lause

Jacques Féraud, maçon de Castellane et Pierre Silve, maçon de Tartonne

1680

reconstruction du mur de clôture du cimetière

Jacques Maurel, maçon de Tartonne

2e moitié 17e siècle

construction de la chapelle du Purgatoire et de la chapelle du Rosaire, aménagement de la sacristie derrière le choeur

entre 1717 et 1722

réparation de la nef et de la chapelle Saint-Jean-Baptiste

1732

réparation du mur du cimetière et des portes de l'église

Honoré Giraud, maçon de Tartonne

1747

réfection de l'élévation nord, de l'angle sud-est, du toit du clocher et de l'église, du mur et du retable de la chapelle du Purgatoire

Philippe Maurel, maçon de Tartonne

1830

réparation de la voûte de la nef

1860

1er projet de reconstruction du clocher

Joseph Chaillan, maçon de Barrême

1863 - 1865

2e projet et travaux de reconstruction et surélévation du clocher

Arnaud, agent voyer

1884

dommages au clocher causés par la foudre

1891 - 1892

démolition de la "petite nef" formées par les chapelles latérales sud, de l'ancienne sacristie derrière le choeur, remplacement des lauses de la toiture par des tuiles creuses, arasement du mur sud, réfection de l'élévation ouest, aménagement d'une nouvelle sacristie au rez-de-chaussée du clocher

Joseph Cressy maçon faisant fonction d'architecte, Jules-André Roux, entrepreneur à Tartonne

1929

démolition et reconstruction à l'identique de la partie supérieure du clocher, de la flèche et des pyramidions, après dommages causés par la foudre

Parat, ingénieur TPE, Etienne Arniaud, entrepreneur à Digne

1976

restauration

J.-P. Ehrmann, architecte en chef des Monuments Historiques.

Tableau récapitulatif des travaux documentés

Analyse architecturale

Situation

Au fond de la cuvette centrale du territoire de Tartonne, sur un coteau en pente douce, près du confluent du Rivet et du torrent de la Salaou. L’église se trouve complètement isolée, à environ 250 m du château et 700 m du chef-lieu. Elle est directement dominée, au nord, par le piton de Saint-Jean, site de l’ancien bourg castral de Tartonne. On y accède par un chemin qui s’embranche à l’ouest sur la route D 19 et remonte ensuite le vallon de la Salaou.

Composition d’ensemble

Edifice massé et orienté, composé d’une nef unique prolongée par une abside semi-circulaire et accostée au nord de deux chapelles latérales, au sud d’un clocher-tour. Le cimetière l’entoure sur trois côtés, sauf à l’ouest où un parvis gazonné précède la porte d’entrée.

Matériaux

Le côté nord de la nef a conservé son parement en moellons équarris et assisés de calcaire marneux gris d’origine locale, avec des chaînes d’angle en pierre de taille du même matériau. Du côté sud et sur la majeure partie de l’élévation occidentale, le parement a été refait en blocage de moellons bruts. Le même blocage, assorti de chaînes d’angle en pierre de taille, a été utilisé pour les chapelles latérales et le clocher. Le calcaire marneux gris a été taillé pour les parements de l’abside, en moyen-appareil réglé, ainsi que pour les doubleaux et les cordons de la nef, dont les murs sont masqués par un enduit. Le tuf qui a servi à tailler les encadrements des baies, les cordons, les pinacles et la flèche du clocher vient probablement du territoire communal, mais les constructeurs sont allés chercher à Clumanc le grès molassique de la porte d’entrée, de la corniche et de la fenêtre de l’abside.

Structure

La nef a trois travées, les 2 premières carrées, la 3e plus courte, voûtées en berceau brisé sur 2 doubleaux retombant sur des pilastres à simple rouleau. Le mur sud des 2 premières travées est évidé d’une grande arcade aveugle en plein-cintre, celui de la 3e travée est percé de 2 portes, l’une ouvrant sur le cimetière, l’autre sur le clocher-tour. Celui-ci a des murs très épais et comporte, au dessus du rez-de-chaussée voûté en berceau plein-cintre, 3 étages plafonnés. Du côté nord, la 1ère chapelle latérale, couverte d’un berceau en plein-cintre, communique avec la 2e travée de la nef par une grande arcade et à l’est avec la 2e chapelle, qui ouvrait jadis sur la 3e travée de la nef par une grande arcade en plein-cintre qui a été murée. L’abside semi-circulaire, éclairée au sud par une fenêtre à ébrasement intérieur, est précédée d’une très courte travée droite voûtée en berceau brisé et ouverte sur la nef par un arc triomphal à double rouleau.

Elévations

Elévation ouest : mur-pignon parementé à la base par 5 assises de moellons équarris, au dessus par un blocage de moellons bruts rejointoyé au ciment. L’angle nord est chaîné en blocs taillés de calcaire gris, l’angle sud en simples moellons équarris. Au centre, légèrement désaxée vers le sud, la grande porte en plein-cintre a son seuil, ses piédroits et ses claveaux taillés dans le grès, avec une clef très étroite. Au dessus, grande fenêtre rectangulaire sans ébrasement, couverte d’un linteau en bois sur des piédroits et un appui en moellons et protégée par une grille en fer forgé à 5 barreaux et 5 traverses entrecroisés. Le pignon porte la trace d’une surélévation d’environ 0,60 m.

Elévation sud : le mur sud de la nef, entièrement en blocage, est couronné d’un rang de génoise. Le rejointoiement grossier au ciment laisse apparaître deux grandes arcades en plein-cintre appareillées en tuf et murées et des lambeaux de l’ancien enduit discontinu en plâtre rose. Une petite fenêtre en fente rectangulaire encadrée de tuf est percée dans le mur de l’arcade occidentale (fig. 6). A l’extrémité est, contre le mur en retour du clocher, s’ouvre une porte en plein-cintre également encadrée de tuf, transformée en fenêtre par un muret en maçonnerie et une grille en fer forgé à 5 barreaux et 7 traverses entrecroisés.

Clocher : toutes les élévations sont en blocage rejointoyé au ciment avec des chaînes d’angle taillées en calcaire gris sur la hauteur du 1er niveau et en tuf au dessus. Des cordons chanfreinés en tuf couronnent les 3 niveaux supérieurs. Les 1er et 2e niveaux sont percés d’un jour en fente au sud, le 3e niveau d’un jour en fente à l’est. Le 4e niveau prend jour sur chaque face par une fenêtre en plein-cintre murée et repercée à sa partie supérieure d’un oculus rond. Le 5e niveau ouvre de chaque côté par une baie en plein-cintre encadrée, comme les précédentes, de tuf. Au dessus du dernier niveau s’élève la flèche pyramidale appareillée en tuf, cantonnée de 4 pyramidions ou pinacles et ajourée sur chaque face de 2 baies en plein-cintre superposées, surmontées chacune d’un cordon chanfreiné. Un cadran solaire peint, à demi effacé, orne le 3e niveau de l’élévation sud.

Chevet : entièrement parementé en moyen-appareil réglé de calcaire gris et couronné d’une corniche en quart-de-rond en tuf. Au sud a été percée une petite fenêtre étroite dont l’arc brisé monolithe, les piédroits et l’appui sont taillés dans le grès. Le clocher masque l’épaulement sud de la travée droite, qui reste visible du côté nord.

Elévation nord : la nef a gardé ici son parement en moellons équarris et assisés, visible sur la longueur de la 1ère travée et partiellement au dessus du toit des chapelles latérales. Une corniche en quart-de-rond en tuf, identique à celle du chevet, et une génoise à 2 rangs couronnent le mur, qui a été percé à son extrémité est, au dessus du toit de la 2e chapelle, d’une fenêtre rectangulaire encadrée de moellons. Les chapelles latérales ont au nord une même élévation, parementée, comme les retours à l’est et à l’ouest, en blocage rejointoyé au ciment (fig. 12). Le pignon nord de la 1ère chapelle est percé d’un oculus rond et ébrasé, en tuf, que surmonte un petit bas-relief également en tuf figurant une croix pattée inscrite dans un cercle. Du côté ouest, la fenêtre de la 1ère chapelle, ébrasée, a son encadrement en plein-cintre taillé aussi dans le tuf. A l’extrémité ouest du mur de la nef apparaît une ancre de tirant en fer plat boulonnée.

Couverture

Le toit de la nef, à longs pans, est légèrement dissymétrique, le pan nord a été allongé pour placer la pointe du pignon dans l’axe de la porte. La surélévation visible sur le pignon correspond à la pose, au dessus des reins de la voûte, d’une charpente constituée de pannes et de chevrons qui soutient la couverture en tuiles creuses. Un seul toit couvre les deux chapelles latérales, à longs pans au dessus de la 1ère, en appentis au dessus de la 2e, formée et couverte comme celle de la nef. La travée droite de choeur, aussi à longs pans, et celui de l’abside, de forme conique, paraissent reposer directement sur l’extrados des voûtes.

Distribution intérieure

Nef : le sol est pavé de grandes lauses en grès, les murs et la voûte recouverts d’un enduit au mortier de chaux ocre claire, repris par endroits au ciment gris.

1ère travée : à l’ouest, la porte a une embrasure droite, couverte d’un arc segmentaire, entièrement enduite. Au dessus de la porte, le mur fait une retraite, au dessus de laquelle s’ouvre l’embrasure ébrasée de la grande fenêtre rectangulaire. Du côté sud, grande arcade aveugle en plein-cintre, dont l’ouverture a interrompu le cordon mouluré en bandeau et quart-de-rond qui souligne le départ du berceau. Sous l’arcade, petite fenêtre en fente rectangulaire ébrasée, à appui droit et plafond incliné. Dans le mur nord, totalement aveugle, se retrouve le même cordon mouluré, interrompu au centre sur une longueur d’environ 0,80 m. Le 1er arc doubleau repose sur 2 pilastres simples que contournent les cordons du berceau (fig. 18). L’arc brisé est appareillé avec un joint de tête ; un tirant métallique a été posé pour maintenir son rein sud déformé par un affaissement des claveaux.

2e travée : dans le mur sud s’ouvre une grande arcade aveugle en plein-cintre identique à celle de la 1ère travée. Il ne reste du cordon qui soulignait la retombée du berceau qu’un court fragment attaché au pilastre du 2e doubleau. La chute de l’enduit permet de voir à la base du mur 4 assises en moellons équarris. Au nord, une autre arcade, plus large et plus haute, pénètre dans la voûte et ouvre sur la 1ère chapelle latérale, portée de chaque côté par un pilastre plat appareillé en tuf et couronné d’une imposte à retours moulurée en filet et quart-de-rond. Le 2e doubleau est identique au 1er, avec la même déformation, mais ses angles et ceux des pilastres sont chanfreinés.

3e travée : le sol est surélevé d’une marche. La voûte est ornée en son centre d’un petit motif peint figurant la colombe du Saint Esprit entourée d’une gloire aux rayons rouges et jaunes. Sur le mur sud, un fragment de cordon subsiste entre le pilastre du 2e doubleau et l’embrasure droite de la porte du cimetière transformée en fenêtre ; au delà, vers l’est, le cordon qui reprend et s’interrompt à l’aplomb du milieu de la porte du clocher est taillé dans le tuf, avec la même mouluration.

La porte du clocher a ses piédroits et son arc en anse-de-panier à 3 claveaux taillés dans le calcaire gris, sans aucun décor, mais avec la date 1564 gravée sur la clef. Les pierres en saillie qui apparaissent entre les deux portes du cimetière et du clocher correspondent vraisemblablement au support d’une chaire à prêcher. Le mur nord est évidé par la grande arcade en plein-cintre qui ouvrait sur la 2e chapelle latérale et qui a été murée, à l’exception d’une porte rectangulaire sans décor ; dans l’écoinçon est, contre l’arc triomphal, est percée une petite fenêtre rectangulaire dont l’embrasure droite pénètre dans la voûte.

L’arc triomphal, à double rouleau, appareillé avec un joint de tête, retombe sur des pilastres dotés de bases, très abimées, à mouluration complexe (de bas en haut : bandeau, quart-de-rond renversé, filet, cavet, double filet) et d’impostes sculptées également très érodées. Du côté nord, l’imposte du 1er rouleau, très saillante et posée sur une assise débordante en grès, est en calcaire gris, profilée en bandeau sur un large chanfrein qui porte un motif (mascaron ?) en bas-relief très usé et complètement indistinct. L’imposte du 2e rouleau est en grès, orné sur ses 3 faces d’une frise de feuilles nervurées à pointe recourbée (une sur chaque angle et une sur chaque face) entre deux moulures, simple filet en bas, deux doubles filets séparés par une gorge en haut. Du côté sud, l’imposte du 1er rouleau, également en calcaire gris, a sa face ouest moulurée de bas en haut en bandeau, quart-de-rond et double filet. L’imposte du 2e rouleau, en grès, porte sur ses 3 faces une frise à peine distincte qui paraît composée, comme celle du pilastre nord, de feuilles nervurées entre un filet simple en bas et 2 doubles filets séparés par une gorge en haut.

La travée droite de choeur , très courte, est couverte d’un berceau en plein-cintre dont l’appareil en tuf est revêtu d’un enduit à la chaux badigeonné en bleu ciel. Ce berceau retombe de part et d’autre sur un cordon en grès mouluré d’un bandeau sur un large cavet. Les murs sont parementés en moyen-appareil de calcaire gris, dans celui du nord est percée une niche rectangulaire dont l’encadrement formé de 4 monolithes en grès est creusé d’une feuillure. Le sol, surélevé d’une marche et pavé d’une seule dalle de grès, a été abaissé et dégage une assise de fondation sous les bases de l’arc triomphal et sous l’appareil des murs. Sur les côtés, entre l’arc triomphal et les épaulements de l’abside, on voit des restes de l’ancien dallage en pierre posé sur une épaisse semelle de mortier. L’abside a son mur parementé comme celui de la travée droite et couronné d’un cordon en grès mouluré en cavet entre un filet simple (en bas) et un double filet (en haut) et orné à chaque extrémité d’un motif sculpté en bas-relief, bouton de feuilles au nord, volutes affrontées au sud. Du côté sud est ouverte une fenêtre dont l’embrasure, dotée d’ébrasements intérieurs, d’un appui taluté et d’un plafond dallé, est cohérente avec le parement du mur. Sous la fenêtre, un bloc du parement a été enlevé pour ménager une petite niche au sol de plâtre. L’appareil en tuf du cul-de-four est habillé d’un enduit à la chaux badigeonné en bleu ciel et décoré au sommet d’une petite rosace à 3 rangs de pétales en gypserie. Le sol, au même niveau que celui de la travée droite, est pavé de carreaux en ciment à décor de quadrilobes et de bouchons carrés en camaïeu de gris.

La 1ère chapelle latérale nord est voûtée en berceau plein-cintre, probablement en blocage sous l’enduit à la chaux. Le sol est dallé comme celui de la nef. Une balustrade en bois à double vantail ferme l’entrée. Dans le mur ouest sont percées une grande niche rectangulaire appuyée sur le sol et couverte d’un plafond en planches et une fenêtre en plein-cintre, ébrasée intérieurement, avec un appui droit, une voûte en canonnière enduite et un châssis vitré que protège une grille en fer forgé à 5 traverses et un barreau. Un oculus ébrasé est ouvert au ras de la voûte dans le mur nord. A l’est, l’arcade en plein-cintre qui ouvrait sur la 2e chapelle a été fermée par une cloison en parpaings repercée d’une petite porte rectangulaire.

La 2e chapelle latérale, qui sert de débarras, a perdu sa voûte d’arêtes, dont les arrachements apparaissent du côté nord. Le couvrement est assuré par le toit en appentis formé de 5 poutrelles et de plaques de ciment qui portent les tuiles. Le sol a conservé son carrelage en terre cuite (carreaux de 0,17 m). Les murs nord et est sont en blocage recouvert d’enduit à la chaux, celui de l’est creusé, à environ 1 m de hauteur, d’une cavité qui a probablement contenu un retable. Au sud, l’arcade en plein-cintre appareillée en grès qui ouvrait sur la nef a été fermée par une cloison en briques creuses. Dans l’angle sud-est, on voit un vestige de la chaîne d’angle de l’épaulement de la nef.

Le clocher : le rez-de-chaussée a son sol en terre battue et pour couvrement un berceau en plein-cintre en blocage. Une étroite fenêtre rectangulaire, à peine ébrasée, percée dans le mur sud, l’éclaire. Dans l’embrasure de la porte, au nord, une ouverture murée donnait accès à la chaire. Une simple échelle et une ouverture zénithale dans l’angle nord-est donnent accès au 1er étage.Le 1er étage est couvert d’un plafond en bois de confection récente. L’extrados de la voûte du rez-de-chaussée forme son sol. Le mur nord, ancienne élévation sud de la nef, est parementé en moellons assisés et couronné d’une corniche en calcaire moulurée en bandeau et quart-de-rond. L’ouverture pratiquée dans la voûte du rez-de-chaussée pour accéder à l’étage laisse voir dans ce mur deux fragments de piédroits appareillés qui ont peut-être appartenu à une fenêtre qui éclairait la 3e travée avant la construction du clocher. Les autres murs sont construits en blocage de moellons bruts. On y observe, à l’est et à l’ouest, des trous de boulins qui ont probablement servi à ancrer les poutres d’un plancher intermédiaire qui a été supprimé. Un jour ébrasé, à appui et plafond droits en dalles de pierre, est percé dans le mur sud, un autre jour semblable, mais sans ébrasement, dans le mur est. Une échelle conduit à l’étage supérieur.Le 2e étage est couvert d’un plafond identique au précédent. Dans les murs en blocage, des trous de boulin indiquent comme précédemment l’existence d’un plancher intermédiaire supprimé. On voit aussi les extrémités sciées de 2 poutres du précédent plafond du 1er étage, qui était ancré 0,30 m au dessus de l’actuel. Dans chaque mur, une grande baie en plein-cintre appareillée en tuf a été murée et remplacée par un oculus rond également encadré de tuf.Le 3e étage est la chambre des cloches, couverte comme les étages précédents d’un plafond en bois et ajourée par 4 grandes baies en plein-cintre appareillées en tuf. Le 4e étage est situé à l’intérieur de la flèche. La partie inférieure, de plan circulaire, est percée de 4 petites fenêtres en plein-cintre ; à la partie supérieure, de plan carré, les embrasures des 4 oculus, voûtées en plein-cintre, se touchent.

LE CIMETIERE

Le cimetière de Tartonne entoure l’église paroissiale sans doute depuis la construction de celle-ci.

Dans sa configuration actuelle, il remonte au moins au 18e siècle, le plan cadastral de 1837 lui donne le même développement qu'aujourd'hui.

L’enclos, de forme irrégulière, possède deux accès, l’un,piétonnier, à l’ouest, l’autre, pour les véhicules, à l’est. Les tombeaux sont disposés de manière assez désordonnée de part et d’autre d’une unique allée qui fait le tour de l’église, le long du mur de clôture et des élévations de l’édifice.

1Etienne Clouzot, Pouillés des provinces d’Aix, d’Arles et d’Embrun2(la voûte) 3A.D. 04 2 E 1040, f°304ibidem, f° 59v°, 60v°.5A.D. 04 2E 10466A.D. 04 2E 1049, f°85.7A.D. 04 2E 10628A. D. 04 2E 10629A. D. Alpes-de-Haute-Provence, 2 G 18, pp. 418-425.10Ibidem, pp. 667-674.11A. D. 04 2E 107912A. D. Alpes-de-Haute-Provence, 2 G 19, 3e cahier.13Ibidem, 4e cahier14Ibidem, 8e cahier.15A. D. Alpes-de-Haute-provence, 2 V16A. D. 04 1 O 47517A. D. Alpes-de-Haute-provence, 2 V18Ibidem19Ibidem, 1 O 475.20Alpes romanes, la Pierre qui Vire, 1980, (collection Zodiaque), p. 64.
Vocables Notre-Dame-d'Entraigues
Parties constituantes non étudiées cimetière
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var - Barrême
Adresse Commune : Tartonne
Lieu-dit : Notre-Dame
Cadastre : 1837 B 874, 875 ; 1987 ZB4 415, 417

D'après leur morphologie et leur décor sculpté, la nef et le choeœur paraissent avoir été construits au 13e siècle. Le clocher, version fidèle du modèle alpin dont le prototype est le clocher de la cathédrale d'Embrun, porte la date 1564 mais n'a été achevé qu'en 1621 par les maçons dignois Jean Roubaud et Pierre Lavigne. Au 17e siècle ont été édifiées les chapelles latérales. La voûte de la nef a été partiellement reconstruite en 1830 et le clocher surélevé d'un étage entre 1863 et 1865, sur un projet de l'agent-voyer Arnaud. En 1891 et 1892 a eu lieu une importante campagne de travaux effectués par l'entrepreneur Jules-André Roux sous la direction de Joseph Cressy, maître maçon faisant fonction d'architecte, qui a substitué un toit en tuiles creuses sur charpente à la couverture initiale en lauses, démoli la petite nef que formaient les 2 chapelles latérales sud et supprimé la cloison qui isolait, au fond de l'abside, une petite sacristie. En 1931, le clocher, lézardé par la foudre, a de nouveau fait l'objet de travaux de restauration, sous la direction de l'ingénieur des Travaux publics Parat. Exécutés par Etienne Arniaud, entrepreneur à Digne, les travaux consistaient en une démolition, puis reconstruction à l'identique de la partie supérieure de la flèche et des pyramidions. L'architecte en chef J.-P. Ehrmann a conduit en 1976 une autre campagne de restauration.

Période(s) Principale : 13e siècle
Secondaire : 3e quart 16e siècle
Secondaire : 17e siècle
Secondaire : 2e quart 19e siècle
Secondaire : 4e quart 19e siècle
Secondaire : 2e quart 20e siècle
Dates 1564, porte la date
1621, daté par source
1830, daté par source
1865, daté par source
1892, daté par source
1931, daté par source
Auteur(s) Auteur : Roubaud Jean,
Jean Roubaud

Jean Roubaud, maçon à Digne, 1ere moitié 17e siècle


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maçon, attribution par source
Auteur : Lavigne Pierre,
Pierre Lavigne

Piere Lavigne, maçon à Digne, 1ère moitié 17e siècle


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maçon, attribution par source
Auteur : Arnaud,
Arnaud ( - 1868)

Arnaud, agent-voyer d'arrondissement, à Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence), 2e moitié 19e siècle.


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agent voyer, attribution par source
Auteur : Cressy Joseph,
Joseph Cressy

Joseph Cressy, maître-maçon à Tartonne à la fin du 19e siècle.


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maître maçon, attribution par source
Auteur : Roux Jules-André,
Jules-André Roux

Jules-André Roux, maçon à Tartonne, 4e quart 19e siècle


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maçon, attribution par source
Auteur : Parat,
Parat

Parat, ingénieur des Travaux publics de l'Etat, subdivision de Digne, 2e quart 20e siècle


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ingénieur des Ponts et Chaussées, attribution par source
Auteur : Arniaud Etienne,
Etienne Arniaud

Etienne Arniaud, entrepreneur à Digne. Travaux à l'église Notre-Dame d'Entraigue de Tartonne et à l'église Saint-Barthélémy de Moriez.


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entrepreneur, attribution par source
Auteur : Ehrmann J.-P,
J.-P Ehrmann

J.P. Ehrmann, architecte en chef des Monuments Historiques pour le département des Alpes-de-Haute-Provence, 4e quart 20e siècle.


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architecte des Monuments historiques, attribution par source

L'édifice orienté est composé d'un choeur et d'une nef accostée au nord de 2 chapelles latérales et au sud d'un clocher-tour. Le chœoeur, entièrement parementé en moyen-appareil, comprend une abside semi-circulaire voûtée en cul-de-four et une courte travée droite couverte d'un berceau brisé. La nef est couverte d'un berceau brisé et comprend 3 travées séparées par des doubleaux. Des 2 chapelles latérales ouvertes au nord, seule la 1ère a conservé sa voûte en berceau plein-cintre, l'autre, fermée par une cloison, n'a plus qu'un toit en appentis à la place de sa voûte d'arêtes. Au sud, on voit encore les 2 arcades, murées, qui ouvraient jadis sur 2 autres chapelles latérales. Le clocher ouvre au sud de la 3e travée par une porte en anse-de-panier où a été gravée la date 1564. Son rez-de-chaussée est voûté en plein-cintre. Sa flèche carrée, ajourée sur 2 niveaux de fenêtres en plein-cintre, est cantonnée de pyramidions en tuf.

Murs calcaire moyen appareil
calcaire moellon enduit
grès pierre de taille
tuf pierre de taille enduit
Toit grès en couverture, tuile creuse, tuf en couverture
Plans plan allongé
Étages 1 vaisseau
Couvrements voûte en berceau brisé
cul-de-four
voûte d'arêtes
Couvertures toit à longs pans
flèche carrée
Techniques sculpture
peinture
décor stuqué
Représentations feuille volute homme en buste colombe rosace
Précision représentations

Sur les impostes de l'arc triomphal : frise de feuilles nervurées et buste d'homme (illisible). Aux extrémités du cordon qui souligne le cul-de-four de l'abside : volutes affrontées et bouton. Au sommet du cul-de-four : rosace en gypserie. Peinture sur la voûte de la 3e travée de la nef (ancien choeur) : colombe du Saint-Esprit dans une gloire.

Statut de la propriété propriété de la commune, []
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections inscrit MH, 1972/04/12

Annexes

  • Visite pastorale de la paroisse de Tartonne, 1er novembre 1717

    Visite pastorale de l'évêque de Senez, Mgr Jean Soanen

    Archives départementale des Alpes-de-Haute-Provence, 2G 18, folio 418-425.

    1. L’état spirituel de la paroisse est le même que dans notre dernière visite, excepté que le sr Jean-pierre Roman, vicaire, a retranché tous ses embarras d’affaires domestiques et qu’il a depuis deux ans pour secondaire le sr Pierre Coulet, prêtre d’Hyères ordonné par nous et dont on est content.Les laïques en vint-quatre hameaux ou bastides et le terroir de la Penne n’étoient cy-devant que trois cens vint communians et aujourd’huy, on nous en a assuré, trois cens soixante, qui ont fait leur devoir pascal, exceptez quelques bergers absents. Les esprits sont assez doux, mais trop négligents pour les réparations de leur église et trop ardents pour les biens de la terre, ce qui cause du tr… dans les festes, mais nous avons eu la consolation d’apprendre que les trois frères mrs de Tartonne se sont bien réunis et que les pauvres n’y soufrent point.

    2. L’état extérieur de cette église sous le nom de Notre-Dame d’Entraigues est mauvais. Elle est à couvert du torrent depuis la réparation des terres du prieuré, mais l’édifice est en danger par une grande fente qui règne dans toute la voûte jusqu’à la grande porte qui menace encore plus de ruine. Le toit a des pierres trop pesantes et est d’ailleurs trop plat, ce qui cause le séjour des neiges. Le presbytère est comme en 1703. La malpropreté est un peu moindre, mais pour le reste même image de la Vierge à la porte du tabernacle, même ouverture à la voûte, même noirceur aux pilliers par les torches, pavé très mauvais, marchepied de même et tout fort obscur.

    Pour vases sacrez : un calice, une patenne, un ciboire, un ostensoir, petite boite pour le saint viatique, encensoir et navette, bénitier usé, deux burettes d’étain, cruche d’étain sans bassin, une grande croix de loton pour les processions, une … pour l’autel, bonne pierre sacrée, vieux fer pour les hosties, deux chandeliers de leton, lampe et lampier à cinq branches. Pour ornemens : huit chasubles avec leurs accompagnements, la rouge de cordeillat est usée et crasseuse, la noire de camelot est déchirée par devant, comme celle de ligature rouge, celle de camelot verd est bonne, celle de cataloufe rouge est fort vieille et gâtée devant, celles de camelot violet et de camelot noir sont bonnes comme la verte de satin à fleurs. La chape de ligature est aussi bonne. Il y a trois devants d’autels, un de feuillages à plusieurs couleurs, un violet et un verd. Les linges consistent en six napes d’autel usées, six corporaux, six bourses, douse purificatoires, trois lavabos, trois aubes dont la seconde a besoin environ d’une canne de toile par le haut de même que la troisième, deux cordons et trois amits.Pour livres ; un vieux rituel, un graduel et antifonaire de Lyon, un missel de Lyon de l’an 1685 tout déchiré.

    Dans la sacristie : une bonne garde-robe pour les ornemens, une armoire pour le calice mais sans serrure, un cofre, une fenestre trop petite et un tableau de la sainte Vierge.Dans la nef, les vases des saintes huiles sont trop vieux et mauvais, la voûte est fendue, le sol gâté, la pierre sur la porte est dangereuse, l’œil de bœuf trop petit et rond, la nef fort sombre. Les deux confessionaus sont en état. Le clocher a trois cloches. Le bas est un amas de saletez et sans degrés pour aller en haut.Le cimetière est assez grand autour de l’église, mais fort profané par le passage. Les murs sont à chaux et à sable, mais trop bas et point de porte qui ferme comme il faut. La croix de la place ne doit plus servir. Il n’y a nulle maison claustrale, le sr vicaire habitant dhez luy aux Sozeries Hautes.

    3. L’état temporel du prieuré (…). On nous a répété que les documents de ce prieuré sont dans les protocoles de Merigon notaire de Senez et chez les notaires de Tartonne, mais on dit que les meilleurs sont dans le château du seigneur.Pour le prieuré de la Penne, les choses sont comme en 1703, excepté que le prieur d’aujourd’huy est le sr Henry-Honoré Sauteron, théologal de notre cathédrale, et que la chapelle qui devra être bâtie sous le nom de saint Gervais dans le lieu que nous désignâmes n’a été depuis ni bâtie ny pourvue de meubles et de vases sacrés et qu’il n’y a rien de fait sinon les seuls fondements un peu élevés.Pour la chepllenie de saint Jean-Baptiste, nous en avons marqué en 1703 les fonds et les défauts et le sr Larderat, qui en est titulaire encore aujourd’huy, n’ayant rien exécuté de notre sentence d’alors, le service n’est point aquitté faute d’ornements.

    4. Pour les chapelles ou confréries qui sont dans l’église, la confrérie du Saint Sacrement au maître-autel tient le premier lieu et celle-là fournit l’huile et la cire et l’encent nécessaire pour cet autel. Vient ensuite du côté de l’Evangile la chapelle de mr de Tartonne, qui est toujours bien indécente et sans le rideau ordonné pour la cacher. Celle du Rosaire avec confrérie suit du même costé. Elle entretient la lampe, ses meubles marqués en 1703 subsistent aujourd’huy et depuis ce tems ils ont fourni une chasuble noire neuve, une aube et un amit. Nous y ajoutons seulement que son mur n’est point lisse, qu’elle est trop chargée de terrain, qu’il y faut un canal par dehors et que son toict est trop enfoncé dans quelques endroits. Du côté de l’Epitre se trouve la petite nef des chapelles qui s’est écroulée depuis peu de tems et a été un peu réparée dans son plancher supérieur, mais le sol est toujours gâté et fort inégal. La chapelle ou autel de saint Michel n’a rien ajouté depuis 1703 qu’une vitre avec fil d’archal et un beau devant d’autel de cuir doré, mais le marchepied est mauvais, point de pierre sacrée ny d’aube ny de missel ny de chasuble. La confrérie ou autel de sainte Barbe est comme en 1703 et n’a ajouté qu’une vitre et fil d’archal, le marchepied très mauvais et le pavé encore plus. La confrérie ou autel du Purgatoire est comme en 1703 et on n’a point exécuté notre sentence d’alors sur la deffense d’employer les questes en cire avant les réparations ordonnées.

    Il y a deux chapelles hors de l’église paroissiale. La 1ère est celle de saint Pancrace aux Sozeries Hautes. Outre le détail marqué en 1703, on nous a produit l’original, que nous avons mis dans nos archives sauf extrait sur le consentement de notre prédécesseur du 13 may 1680 au bâtiment de la chapelle , du verbal de bénédiction un an aprez et un extrait par Fabre notaire du testament de Catherine Arnaud, veuve de Guillaume Roman, du 30 avril 1682, laquelle lègue à lad. Chapelle une terre au quartier de Coteil Marin, terroir de Clumanc, pour les réparations et deux messes annuelles le jour de saint Pancrace et de la Transfiguration. Les habitans de Thoron ne nous ont point présenté requête sur l’entretien de Sainte-Anne, ce qu’il faut qu’ils fassent incessament.(…)

    2. Pour les réparations du sanctuaire, nous ordonnons que la fente de la voûte sera bouchée, le pavé mieux maloné, le marchepied racomodé, le bas des pilliers blanchi ; défendons d’éteindre les torches contre le pavé ou les murs du sanctuaire, faute de quoy nous serions forcé d’interdire le maître-autel ; enjoignons encore que les chasubles de camelot noir, de ligature rouge, de cordeillat et de cataloufe de même couleur seront réparées par devant, qu’il sera acheté deux napes neuves, un tapis pour l’autel, un autre violet au tems de la Passion pour le tableau, qu’il sera acheté une aube neuve, que de l’aube la plus gâtée on tachera de racomoder l’autre et du restant on fera des lavabos et des essuimains, que le vieux missel sera interdit pour l’autel et qu’il en sera mis un neuf, qu’il y aura une clochette pour l’élévation, que dans la sacristie il sera mis une serrure et clef à l’armoire du calice, un bassin d’étain à la petite fontaine et que la fenestre sera aggrandie avec vitre et fil d’archal pour pouvoir éclairer par poitié la sacristie et le maître-autel ; toutes lesquelles réparations seront faites à nos dépens et à ceux du sr prieur de Tartonne par moitié dans quatre mois de la signification des présentes, passé lequel tems nous permettons au promoteur de sairir le tiers de notre dîme et de celle du sr prieur jusqu’à la perfection des choses ordonnées.Pour la communauté, comme nous avons vu avec douleur que les srs consuls n’ont rien exécuté de nos sentences précédentes de visite, nous renouvellons celle de 1703 comme la plus détaillée et en la confirmant plus fortement à cause du besoin plus pressant. Nous ordonnons que la voûte de la nef sera réparée, que le pavé sera égalé partout, que les pierres qui menacent ruine à l’entrée seront mieux affermies, qu’il sera mis un verrouil à la porte pour la mieux fermer, que la fenestre d’en haut sera aggrandie de la moitié avec la vitre et fil d’archal, que le toit de la nef et des chapelles sera réparé, qu’il y aura des crémières neuves et placées dans une armoire qui ferme à clef prez des fonts baptismaux, que le cimetière sera rehaussé partout à la hateur de six pans et bien fermé par des portes avec une claye sur la terre afin que les bestes n’y puissent entrer quand il est ouvert, que le corps de la nef sera deffendu au plus tôt contre le torrent, que les immondices du clocher seront ostées et qu’il sera fait des degrez de bois pour monter avec moins de danger. Et attendu la négligence de la communauté sur les sud. réparations, ordonnées la plus part depuis 1703 sans exécution, nous ordonnons que si tous les articles cy-dessus dont elle est chargée ne sont pas achevés dans sept mois de la signification des présentes, ladite église sera et demeurera interdite, que son cimetière, comme luy estant contigu, le sera aussi, que le service paroissial sera fait dans la chapelle de saint Jean-Baptiste et que les corps des morts seront portez au cimetière régulier le plus proche.

    (…) Pour le prieuré de la Penne, nous ordonnons au sr prieur Henry-Honoré Sauteron, notre théologal, de presser les srs Jean et Joseph Bonnet ou leurs enfans, en qualité d’héritiers de feu mre Bonnet, prieur de la Penne, d’exécuter la convention passée entre eux et le sr Raynard, dernier prieur, par laquelle, comme il appert de notre dernière visite, lesd. Héritiers se sont engagés à construire une nouvelle chapelle et à la meubler.Pour la chapellenie de saint Jean-Baptiste, nous renouvellons et confirmons notre sentence de 1703 en tous ses chefs, excepté celuy de l’interdit, que nous levons si le service peroissial est trasporté dans lad. Chapelle et non autrement.

    Pour les quatre chapelles et autels qui sont dans l’église, comme nous n’avons pas été édifié d’en voir la plus part dépourvue des meubles nécessaires quoyqu’ordonnez, nous défendons au srs vicaire et secondaire de dire la messe à aucun autel de confrérie s’il n’est pourvu dans six mois d’un crucifix convenable, de deux chandeliers de leton ou de bois propre, de trois napes, d’une pierre sacrée, d’un devant d’autel au moins de camelot et d’un bon marchepied, lesquels meubles demeureront toujours à chaque autel, et défendons d’employer les relicats des comptes ou des questes en cire ou en huile avant l’achet des meubles susdits. Et pour en faciliter davantage l’aquisition et la conservation, nous ordonnons que tous les marguillers de Tartonne, comme ceux de plusieurs de nos paroisses, remettront tout le produit de leurs fondations, questes et rentes entre les mains de ceux du Rosaire, que ceux-cy fourniront à chaque chapelle les six meubles particuliers cy-dessus et auront encore pour toutes ensemble d’autres meubles communs, savoir une demie dousaine de bonnes napes pour changer, trois chasubles, l’une blanche et rouge, l’autre violette, l’autre noire, un missel, une aube avec amit et cordon, un te igitur et la cire nécessaire et que ces meubles communs seront prestez à chaque chapelle quand on y dira la messe ou en d’autres besoins.

    Pour la chapelle de saint Pancrace aux Sozeries Hautes, (…) nous ordonnons au sr vicaire d’aquitter fidellement les deux messes le jour de saint Pancrace et de la Transfiguration et de veiller sur le canal autour de la chapelle et sur les ornemens.Pour la chapelle de sainte Anne au hameau de Thoron, si les habitans ne nous produisent dans trois mois de la signification des présentes un acte par lequel ils se chargent d’une petite rente annuelle de cinq livres pour l’entretien et service de lad. Chapelle, nous ordonnons passé led. Temps la démolition dud. Autel conformément aux saints canons qui veulent que les autels soient dottez ou qu’ils soient détruits.

  • Visite pastorale de le paroisse de Tartonne, 21 juin 1722

    Visite pastorale de l’évêque de Senez, Mgr Jean Soanen.

    Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 2 G 18, folio 667-674.

    I. 1. Le spirituel quant au clergé est le même qu’en 1717, même prieur sr Gassendy aujourd’huy chanoine de Riez, toujours chasseur, toujours cavalier et décidant sur la religion sans l’étudier, même vicaire perpétuel sr Jean-Pierre Roman délivré aujourd’huy de tous embarras d’affaires et qui a pour secondaire depuis deux ans sr Joseph Gravier du Villar et nous sommes content de leur conduite et de leurs fonctions.

    2. Les laïques au nombre de 360 communians ont fait leur devoir pascal et ils ont bien réparé leur nef depuis notre dernière visite. Mais ils ont toujours la même passion pour les biens de la terre, nous y avons trouvé un procez que nous avons mis en voye d’accomodement et il y a moins de pauvres en cette paroisse qu’en toute autre.

    II. 1. Etat de l’église paroissiale

    Cette église sou le titre de Notre-Dame d’Entraigues n’est plus exposée au torrent comme cy-devant, mais le santuaire a toujours les mêmes défauts. Le toit est trop plat et arreste les neiges. Le sol est très rude par de petites pierres et l’entrée en venant de la sacristie trop étroite par un siège de plâtre, l’autel inégal et tout plein de cloux faute d’un chassis pour les devants d’autel et le marchepied trop court.Les vases sacrez sont en bon état, mais le crucifix de bois à l’autel est indécent, mais celuy de leton pour les malades est bon. Quant aux ornemens, il y a huit chasubles, mais la rouge d’étofe de maison est hors d’usage de même que la plus mauvaise de ligature et pour la ligature rouge qui est un peu gâtée par devant, celle de camelot noir qui est aussi percée au devant et celle de soye blanche et verte rapiécée au même endroit ont grand besoin de réparation. Il y a une chape passable de ligature et point de noire, trois devants d’autel ligature violet et noir, huit napes dont quatre mauvaises, trois aubes dont deux fort délabrées et l’autre peut encore passer, six bons corporaux, cinq bourses, mais la blanche et la noire très mauvaises, trois lavabo, neuf purificatoires dont deux mauvais. Pour livres deux missels très mauvais, un rituel assez bon de même que l’antifonaire, mais le graduel mauvais. La sacristie a une fontaine d’étain, une garderobe bonne, mais une fenestre trop petite et sans vitre

    2. La nef est bien accomodée dans sa voûte, assez passablement dans son sol et encore mieux dans la petite nef au côté droit. Les fonts baptismaux sont en état de même que les confessionaux. Mais le cimetière est toujours sans porte et livré au passage public. Il n’i a nulle maison claustrale et l’endroit le plus propre pour la fixer quelque jour sera la maison ou loge aujourd’huy mr le cadet de Tartonne dans le hameau voisin de l’église.

    III. Etat des deux prieurez et de la chapellenie1. Le prieuré de Tartonne étoit autrefois curial comme il appert de la visite de Mr Martin. Il est devenu simple par des surprises faites à Avignon. Notre visite de 1703 porte réclamation et opposition à l’échange faite cy-devant de deux fort bonnes terres de l’ancien domaine de l’église pour deux trez foibles et en de mauvais endroits et il y a une 3e terre à la Palud Basse que les prieurs ont déteriorée.

    2. Le prieuré de la Penne sous le titre de Saint-Gervais uni à notre théologale, dont le sr Olivier est maintenant titulaire, partage avec les évêques de Senez la dixme dudit hameau et il est purement simple et rural.

    3. La chapellenie de saint Jean-Baptiste dont il est parlé au long dans notre visite de 1703 a aujourd’huy un juspatronat dont la nulité y est prouvée parce que la surdotation faite par le sr Marc-Antoine Gassendy lieutenant de Digne, laquelle a été le prétexte du patronage, paroit fausse dans les deux fondemens, dont l’un a été le don de 55 £ de rente sur la bastide de la Clape et l’autre de 100 £ de rente qu’il avoit aquises sur la communauté, mais on nous a soutenu en 1703 que led. sr lieutenant avoit auparavant donné lad. bastide à son fils le président en le mariant et ensuite tous ses biens aquis quand il les luy donna avec substitution. L’acte de la surdotation a été reçu par me Jaques Mariaud notaire de Tartonne. Ainsi, en cas de vacance, nous pouvons encore conférer de plein droit par la nulité de ce patronage, qui n’a donné que deux nominations.

    IV. Etat des chapelles, confréries, comptes etc.

    1. La chapelle des seigneurs de Tartonne qui est dans l’église n’est plus indécente comme autrefois, mais elle est trop petite et trop dénuée de tout ornement pour y faire aucun service et celle du château est encore plus irrégulière, n’étant à bien parler qu’une armoire dans le mur et dans la salle où l’on mange tous les jours.Celle du Rosaire est assez bien, mais son toict luy nuit beaucoup par les pluyes et la pesanteur des pierres ou des lauves fait fendre la voûte. Elle a un légat de 4 à 5 £ de rente et ses ornemens sont marquez en 1717 et son terrain est trop élevé d’un côté.Les chapelles ou plustôt les trois autels de la petite nef sont aujourd’huy beaucoup mieux que cy-devant. Celuy de saint Michel a un crucifix, deux chandeliers de leton, un surciel, un tableau, un devant d’autel, une banière, une lampe, un balustre, une vitre, un missel et tout cela assez bon. Celuy de sainte Barbe est encore mieux : crucifix, chandeliers, te-igitur, chasuble, tapis, devant d’autel, marchepied, pavé, vitre, deux lampes, tout en bon état quoyque trop accessible au peuple. Celuy du Purgatoire a un tableau, un crucifix, deux chandeliers, une chasuble, un tapis, trois napes, un surciel, un devant d’autel, un marchepied, une vitre et tout passable.

    La chapelle de saint Pancrace aux Sozeries Hautes, hameau partagé entre la paroisse de Tartonne et celle de Notre-Dame de Clumanc, est passablement entretenue par la petite rente sur la terre du Coteil Marin pour les réparations et pour deux messes, mais l’édifice est humide parce ue le canal ordonné n’est point fait.La chapelle de sainte Anne dans le hameau de Toron, dont les habitans s’engagèrent d’abord par un acte à l’entretenir et en 1717 ils nous promirent de produire cet acte ou de nous présenter requête avec les mêmes offres d’entretien, ce qu’ils n’ont pas fait malgré notre sentence d’alors.

    2. Les confréries au nombre de cinq dans l’église paroissiale sont unies à celle du Rosaire sous la charge d’entretenir par elle les autres autels. Celle du Saint Sacrement est en coutume de fournir l’huile, la cire et l’encens nécessaires au maître-autel. Celle du Rosaire exécute assez bien la condition de l’union et en aucune des cinq il n’i a plus, Dieu mercy, aucune profanation dans les jours de patron.(…)

    Sentence(…)

    En confirmant et renouvellant notre sentence de 1717 non exécutée, nous ordonnons pour le santuaire d’élever un peu plus le toict trop plat, de boucher les fentes de la voûte, de careler ou barder le sol, d’abbattre le siège de plâtre vers la sacristie, de rendre le maître-autel tout uni, d’en ôter les cloux qui y sont répandus et d’allonger le marchepied, d’acheter aussi un crucifix plus grand et plus convenable pour le maître-autel.

    Pour les ornemens nous interdisons trois chasubles, savoir la rouge d’étoffe de maison, la plus mauvaise de celles de ligature et celle de soye rouge qui est déchirée par devant et tout-à-fait usée. Ordonnons que cellede ligature rouge gâtée par devant, celle de camelot noir, percée, et celle de soye blanche et verte seront réparées et qu’il sera acheté une chasuble de soye rouge pour remplacer la vieille, comme aussi une chape de camelot noir, deux napes pour l’autel, deux aubes neuves et du débris des deux vieilles que nous interdisons on trouvera d’en former une qui puisse un peu servir ; qu’il sera pourvu de deux bourses de camelot pour le blanc et le noir, de six purificatoires, d’un graduel de Lyon in-4°, d’un missel neuf, un des vieux pouvant servir pour les Epitres et les Evangiles des grandes messes et que le fenestre sera élargie avec vitre et fil d’archal pour donner du jour à la sacristie et au maître-autel et sera le tout exécuté moitié à nos dépens et moitié à ceux du sr prieur (…) nous venons d’écrire à Lyon pour en faire venir les meubles d’église qui sont nécessaires.

    2. La communauté ayant très bien réparé la nef, nous n’avons qu’à bénir Dieu de cette bonne œuvre. Ordonnons seulement que le cimetière ne sera plus profané comme il l’est par un passage public, mais sera fermé par une seule porte avec clef et nous exhortons la communauté de se pourvoir d’une maison claustrale pour éviter un procez infaillible et en pure perte sous un autre pasteur.

    III. 1. (…)2. Pour le prieuré de Saint-Gervais de la Penne qui est à la théologale, nous recommandons au sr Olivier que nous en avons pourvu de ne pas tirer la dixme de ce lieu sans rendre quelque service spirituel au peptit nombre des voisins de la chapelle détruite et sans en relever quelque peu les ruines.

    3. Quant à la chapellenie de saint Jean-Baptiste, nous ordonnons au sr Larderat qui en est titulaire d’entretenir l’édifice de la chapelle fort négligée et de la pourvoir des choses nécessaires pour le service qui n’y a cessé que faute d’ornemens. Et pour ce qui est du patronage de lad. chapellenie quoyqu’il ait toujours appartenu à nos devanciers tant qu’elle n’a eu que ses anciennes terres, nous le céderons pourtant volontiers au surdotateur si les biens qu’il a ajoutez à ce bénéfice et qui ont été le fondement de la réserve du patronage entier pour sa famille, n’ont été ni donnez auparavant par luy à son fils, ni substituez à ses descendans.

    IV. 1. Nous ordonnons que la chapelle de Notre-Dame du Rosaire que les marguillers feront un peu élever son toit qui est trop bas et fait séjourner les neiges et trop pesant ce qui fend la voûte et qu’il sera creusé un fossé dans son terrain septentrional.Pour celle de saint Pancrace aux Sozeries Hautes, que les deux messes fondées seront aquittées en leur jour et que le canal trop négligé sera fait sans plus long délai autour de lad. chapelle pour remédier à l’humidité du tableau de l’autel.Pour celle de sainte Anne dans le hameau de Toron, la requeste ordonnée aux habitans par notre sentence de 1717 touchant quelque sûreté de l’entretien de lad. chapelle ne nous ayant pas été présentée dans le tems marqué, nous procéderons à la démolition de l’autel faute d’avoir accompli la condition des saints canons et en attendant nous interdisons led. autel dez maintenant.(…)

  • Visite pastorale de l'église Notre-Dame d'Entraigues à Tartonne, 19 octobre 1750

    Visite pastorale de l’évêque de Senez Louis-Jacques-François de Vocance.

    Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 2 G 19, 3e cahier.

    (…) nous aurions fait la visite de l’église, sacristie, ornemens, chaelles et cimetière et nous aurions trouvé que depuis notre visite le tabernacle a été changé, les vases sacrés sont en état de même que les ornemens, linge et livres de la sacristie.Le marchepied de la chaire a été réparé de même que le bénitier.

    Il a été fait deux confessionaux bois blanc. Il s’est formé une brèche aux murs du cimetière qui d’ailleurs ferme exactement.L’autel du Rosaire a besoin de quelques réparations dans les endroits où le vernis et la dorure se sont détachés, les chandeliers et anges sont tous couverts de cire, il y manque des napes.L’autel de saint Michel a une croix de bois mauvaise, deux chandeliers de table fort grands qui pourroient être changés pour d’autres plus convenables, la porte de son balustre n’est pas en état.

    La chapelle de sainte Barbe et l’autel du Purgatoire sont négligés. Le premier est sans pierre sacrée avec un tableau et un quadre en mauvais état et un surciel hors d’usage. Le second est aussi sans pierre sacrée et son tableau a besoin de réparation.(…)

  • Visite pastorale de l'église paroissiale Notre-Dame d'Entraigues à Tartonne, 4 mai 1764

    Visite pastorale de l’évêque de Senez Antoine-Joseph d’Amat.

    Archives Départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 2 G 19, 4e cahier.

    (…) à Tartonne, où nous sommes descendus au château seigneurial. (…) accompagné de messire Balthazar de Gassendy, seigneur de Tartonne et de la Penne, et de M. ses fils (…) jusqu’à la porte de l’église paroissiale sous le titre de Notre-Dame d’Entraigues (…).

    Visitant tout de suite les vases sacrés, nous avons trouvé le ciboire en bon état à l’exception du voile qui le couvre qui est absolument hors d’usage. Le calice tout en argent avec sa patène est aussi en bon état, la petite boëte pour porter le saint viatique est de même. L’ostensoire qui nous a paru très ancien et dont le travail est fort beau a besoin de réparation pour être mis dans l’état de décence requise. L’intérieur du tabernacle est très proprement doublé d’une étoffe de soye cramoisie et verte, la porte en ferme très bien. Tout le retable du maître-autel paroit avoir besoin de certaines réparations quoiqu’il ne soit pourtant pas en mauvais état. Le tableau représente l’Assomption de la Sainte Vierge, saint Augustin et saint Ambroise. Il y a six flambeau et un crucifix de leton. La pierre sacrée est en très bon état. Le marchepied est bon. Le sr curé nous a ensuite représenté les ornemens de la sacristie et

    • 1° une chasuble blanche et noire de soye avec un galon de soye jaune qui est en assés bon état à l’exception de quelque réparation qu’il faut faire à l’étole ;

    • 2° une chasuble blanche de camelot goffré avec un galon de soye jaune en bon état ;

    • 3° une chasuble de calemandre rayée à toute couleur avec un galon de soye blanc qui est bonne ;

    • 4° une chasuble gros de Tour couleur de rose avec un galon de soye blanc qui est aussi bonne ;

    • 5° une chasuble de camelot goffré blanc avec un galon de soye blanc encore bonne ;

    • 6° une chasuble d’étoffe de soye rouge avec un galon d’or faux assés ancienne qui est encore en état de servir ;

    • 7° une chasuble verte de soye avec un galon à système quoiqu’ancienne encore d’un bon usage ;

    • 8° une chasuble verte neuve de camelot goffré avec un galon de soye vert et blanc ;

    • 9° une chasuble violète camelot goffré avec un galon de soye blanc et violet qui a besoin d’être réparée ;

    • 10° une chasuble noire de camelot goffré avec un galon de soye noir et blanc qui doit être bien réparée et qui en demande une autre ;

    • plus une chappe de satin de toute couleur avec un galon de soye jaune et une grande frange de soye qui entoure le chaperon qui commence d’être fort usée ;

    • une autre chappe de calemandre à rayes de toutes couleurs avec un galon de soye blanc et une frange de soye blanche au chaperon qui est en très bon état ;

    • une autre chappe de ligature de différentes couleurs avec un petit galon de soye blanc qui est presque hors d’usage ;

    • une autre chappe noire de camelot goffré avec une frange de soye blanche au chaperon et un galon de soye blanc en bon état.

    Il n’y a que deux paremens d’autel, un de cuir doré fort ancien et un autre de camelot violet goffré avec un galon de soye blanc et violet qui nous a paru fort usé.

    L’écharpe d’une serge de soye blanche est bonne.

    Il n’y a qu’un seul messel. Il y a un graduel, un antiphonaire et deux rituels.

    L’encensoir avec sa navette est en état. Les deux anciennes croix de cuivre processionnelles sont hors d’état de servir. Des deux on peut en avoir une telle que la décence le requiert. La fontaine et la cuvète pour laver les mains sont en bon état.

    Le sr curé nous a aussi représenté le linge de la sacristie. Il consiste en cinq aubes qui toutes ont besoin de réparations, mais nous avons jugé qu’on pouvoit en fondre une pour mettre en état les autres. Il sera nécessaire d’en faire une propre. Les cordons ont tous besoin d’être changés à cause de leur vétusté. Les amicts sont au nombre de sept dont deux très mauvais. Il y a neuf purificatoires dont quelques-uns ne valent rien, cinq corporaux en bon état et même propres, huit lavabo bons, sept nappes dont quelques-unes à dentelle, quatre très bonnes et les trois autres commencent d’être usées, une seule nappe pour la communion grossière et très usée. Il n’y a point d’essuye-main. La crédence pour renfermer les ornemens nous a paru en assés bon état à quelque réparation près qu’il faut faire à la serrure. Tout l’intérieur de la sacristie n’a besoin d’aucune réparation de même que le sanctuaire, à l’exception d’une grande pierre qui a besoin d’être rafermie et de la porte du clocher qui doit être réparée. Incontinent nous sommes descendus à la nef et nous avons visité la chapelle du saint Rosaire que nous avons trouvée dans un état de propreté. Tout le rétable de l’autel est en bon état et doré. La pierre sacrée est fort bonne. Le marchepié ne vaut rien. L’intérieur de la chapelle auroit besoin d’être un peu recrépie et que l’on rebouchât les ouvertures qui se sont faites à la voûte parce que le toit n’a pas été entretenu.

    Nous sommes ensuite venus visiter la chapelle de saint Michel. Elle devroit être mise dans un état plus décent. La pierre sacrée est très bonne, mais le pavé a besoin d’être réparé.

    La chapelle de sainte Barbe est dans un état de décence. La pierre sacrée est très bonne.

    La chapelle dédiée aux Ames du Purgatoire est pareillement dans un état de décence, mais elle a besoin d’un crucifix et de deux flambeaux. Nous avons ordonné aux srs marguilliers de pourvoir incessamment lad. chapelle de l’un et de l’autre. La pierre sacrée est toute neuve. Le marchepié de l’autel est absolument hors de service. Nous ordonnons aussi auxd. marguilliers d’en faire faire un tout neuf. Les deux confessionaux qui sont en bois blanc nous ont paru bons et dans la régularité.

    Toute la nef de l’église est en assés bon état, mais nous avons exhorté les paroissiens à y faire faire des petites réparations. Tout le pavé a absolument besoin d’être incessamment réparé et nous chargeons expressément les srs consuls de faire sans nul retard travailler à cette réparation pour que l’église ne soit pas plus longtems dans un état d’indécence et pour prévenir les accidens fâcheux qui pourroient arriver. Le bénitier est en assés bon état.

    De là nous nous sommes portés aux fonts baptismaux. La pierre en est très bonne, mais il faut changer le couvert en bois qui est entièrement pourri et y mettre une serrure ou cadenat pour le fermer. La cuvète pour l’eau baptismale nous a paru très ancienne, elle n’est point étamée en dedans et est aussi fort petite, il seroit presque nécessaire d’en substituer une autre. Les crémières sont en bon état.

    La porte d’entrée de l’église a besoin d’une très urgente réparation. Il faut que le seuil soit rafermi par deux grosses pierres de taille et que la serrure soit racommodée. La petite porte de l’église a aussi besoin d’une urgente réparation et nous avons de nouveau exhorté les srs consuls et paroissiens de mettre en sûreté leur église en prenant les précautions nécessaires pour faire faire toutes les réparations d’absolue nécessité.

    Nous sommes ensuite allés faire la visite du cimetière et il nous a paru être dans l’état de décence requise, à l’exception de quelque muraille qui a besoin d’être réparée pour empêcher que lels animaux ne puissent y pénétrer. Il y a aussi un verrouil à placer pour en fermer la porte.

    (…)

  • Visite pastorale de la paroisse de Tartonne, 6 novembre 1779

    Visite pastorale de l’évêque de Senez Jean-Baptiste-Charles-Marie de Beauvais.

    Archives Départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 2 G 19, 8e cahier.

    Procédant à notre visite, nous avons trouvé les choses en l’état qui suit.

    Le ciboire, l’ostensoire et le calice n’ont besoin d’aucune réparation. La patène doit être redorée. La boète pour porter le saint viatique sera réparée pour qu’elle ferme bien. Il y a une petite réparation à faire à l’extérieur du tabernacle. Il sera fait deux gradins à l’autel. Le vuide qui reste entre les gradins et le tableau doit être garni d’une planche peinte en forme de marbre ainsi que les gradins. Il sera fourni un te-igitur avec les cartons, un messel, un cayer pour les messes des morts, un rituel romain, un carton pour la préparation à la messe, un tapis pour l’autel, deux rideaux pour le couvrir. La croix processionnelle sera changée en une neuve. Le pavé du sanctuaire sera réparé. La clochète est en état, de même que la croix et les chandeliers de l’autel et le marchepié.

    Ayant passé à la sacristie qui est derrière le grand autel, nous avons observé qu’il y avoit quelques réparations à faire à l’armoire qui contient les ornemens. Il doit être fourni une chappe de satin à toutes couleurs, une chasuble blanche de camelot gaufré, une autre chasuble violète de camelot aussi gauffré, une écharpe pour les bénédictions du Saint Sacrement, un devant d’autel de cuir doré, un autre devant d’autel d’étoffe de soye à toutes couleurs, une étole pour l’administration des sacremens, deux voiles camelot violet pour couvrir les croix au tems de la Passion, deux aubes avec quatre amicts et cordons, deux corporaux, quatre palles, plusieurs lavabo, deux douzaines de purificatoires, une douzaine d’essuye-mains, dix-huit tours d’étole, quatre nappes d’autel dont deux de toile fine et les deux autres de toile commune, une nappe pour la communion et un moule pour les hosties et deux burettes d’étain. Les chasubles et la chappe de callemandre seront réparées. Il sera mis une charnière à la fontaine d’étain et il sera fait un chassis à la fenêtre de la sacristie et pour le surplus des réparations nous nous réservons d’ordonner ce qui est porté par le rapport de 1771.

    Descendus dans la nef, nous avons visité les fonts baptismaux. La couverture doit être fite à neuf et il y sera mis un cadenat pour qu’elle ferme bien. Le vase pour conserver l’eau baptismale doit être étamé. Les crémières d’étain seront tenues plus proprement. Les confessionnaux et la chaire à prêcher sont en état. Il y a un bénitier fixe à la porte de l’église. Les autels des chapelles sont assés propres. Les murs du sanctuaire et une grande partie de ceux de la nef et des chapelles doivent être blanchis. Le pavé et les vitraux peuvent encore servir. Nous avons remarqué qu’il y avoit une fente à la voûte de l’église depuis le commencement du sanctuaire jusqu’au dernier arc et que même la voûte avoit pris une inclinaison trop forte du côté du midi, ce qui sera examiné par un architecte pour être pourvu selon son devis à cette réparation.

    Le cimetière est clos de bonnes murailles, mais il n’y a point de porte ni de croix. Il y sera mis incessamment les portes nécessaires pour empêcher les profanations et placé une croix d’une hauteur convenable. (…)

    Le septième du mois de novembre de la même année, au moment de notre départ de Tartonne, nous sommes entrés dans la chapelle de saint Jean-Baptiste située dans la cour du château dudit lieu. Nous l’avons visitée. L’autel est décent. Les ornemens et le calice sont propres. Elle est suffisamment pourvue de tout ce qui est nécessaire pour la célébration du service divin. Nous n’avons observé aucune réparation à faire au bâtiment de ladite chapelle. (…)

    (…) sommes venus passer par les hameaux des Sauzeries pour visiter l’église, qui doit servir de succursale suivant la sentence rendue depuis plusieurs années par l’official de notre diocèse aux habitans des Sauzeries Hautes, paroisse de Tartonne, et aux habitans des Sauzeries Basses, paroisse de Notre-Dame de Clumanc (…). Nous en avons trouvé l’autel et ses accompagnemens assés décents. Elle est suffisamment pourvue des choses nécessaires à la célébration du service divin. Il doit être pourtant fourni une chasuble de camelot gauffré blanc, un pan d’étoffe de soye pour tapisser l’intérieur du tabernacle. Le ciboire doit être doré au dedans de la coupe. Il doit être mis des pointes de fer à la couverture des fonts baptismaux et un cadenat pour les fermer. Les phioles ne sont que de verre dans les crémières au lieu d’étain. Il doit être ajouté une coulisse aux grilles du confessionnal. Nous avons observé une fente à la voûte du côté de la porte (…) cette fente sera examinée par les gens de l’art pour y être pourvu selon leur devis (…).

  • Questionnaire sur l'état de la paroisse de Tartonne, 4 février 1833

    Réponse du curé de Tartonne R. Blanc à un questionnaire de l’évêché concernant l’état de sa paroisse.

    Archives Départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 1 V

    Monseigneur,

    Conformément à votre lettre, j’ai l’honneur de vous adresser les détails que votre sollicitude pastorale exige sur la paroisse que vous avez daigné confier à mes soins. Je ne puis vous en donner, selon vos désirs, sur l’annexe des Sauzeries. Elle n’est point à ma charge, mr Féraud, recteur de Notre-Dame, en fait le bis depuis quelques années.

    1° le vaisseau de l’église est en très bon état, il a été réparé il n’y a que trois ans. La chaire est jolie, les fonts baptismaux fort propres. Les confessionaux sont en règle, les autels et les tableaux fort corrompus. Mais une chose qui dépare beaucoup l’ensemble, c’est le pavé, qui est en très mauvais état à cause des grosses pierres irrégulières dont il est composé. Il ne pourra assortir l’embellissement du vaisseau qu’autant qu’il sera en moellons. La balustrade a besoin d’être faite à neuf.

    2° La sacristie est propre, à l’exception du pavé. La crédence est bien. Mais très peu de linge en fil de chanvre. En fait d’aubes, il y a de quoi se servir passablement les jours ouvriers et les simples dimanches, mais il en faudrait une pour les belles fêtes. Les ornemens, à l’exception d’un seul, sont pauvres, mais il y en a de canoniques pour toutes les couleurs. Le grand voile pour la bénédiction pourrait être plus propre.

    3° Le calice et le ciboire ont leur coupe en argent doré. Le pied de l’ostensoir est en cuivre argenté, mais le soleil est tout en argent et le croissant est doré. Il y a une crémière et des ampoules propres, en plomb pour les saintes huiles. Un petit ciboire en cuivre, dont la coupe est dorée très proprement et dont le pied renferme une petite ampoule en étain pour l’huile des infirmes, sert très commodément pour les campagnes. Une autorisation spéciale m’avait été verbalement accordée.

    4° Le presbytère est vaste et assés bien divisé, mais il n’y [a] aucune pièce tant soit peu propre.

    5° Le cimetière est en bien bon état.

    6° J’ai envoyé le registre à double par la voie de mr le curé de notre canton. Je n’ai entre les mains de registres suivis que depuis 1808 inclusivement, ceux d’auparavant manquent de trente ans, c’est-à-dire depuis 1778.

    7° Il n’y a pas de tableau à la sacristie parce qu’il n’y a pas de bénédictions ni de processions particulières, ni messes fondées dans cette paroisse. C’est un usage établi que les fidèles vont recevoir, le 2 février, le collier de saint Blaise, cérémonie qui consiste en ce que le prêtre, tenant une bougie éclairée des deux bouts, l’applique par le milieu sous le menton de chacun en priant le saint de le préserver de tout mal de gorge.

    8° Le ne connais aucun abus directement opposé au saint culte.

    9° Le scapulaire, le chemin de la croix ne sont pas établis. Le saint Rosaire l’a été en 1637 par un religieux dominicain selon toutes les formes. Je trouve dans un grand cahier les éléctions consécutives des dignitaires et officiers de cette congrégation dirigée par les curés du lieu pendant plus d’un siècle et depuis 1761 les noms seulement de ceux et celles qui y étaient enrollés à chaque première communion par mrs les prêtres jusqu’à moi. Je n’ai pourtant pas suivi leur exemple à l’époque de la 1ère communion que j’ai fait faire, parce que j’ai découvert qu’on ignorait entièrement les obligations de la confrérie, qu’on n’observait aucune pratique, qu’on en faisait aucune prière et que le tout consistait à être inscrit dans le grand livre. Je me réservais de vous en faire part, de vous demander une nouvelle autorisation pour enroller sous l’étendard de l’auguste Marie non seulement les enfans, mais encore tous ceux qui le désireraient.

    10° Le catéchisme se fait tous les dimanches de l’année.

    Une chapelle rurale dédiée à sainte Anne et qui était d’une grande utilité pour un quartier de la paroisse menace ruine et n’est plus décente.

    Celle qui est vis à vis le presbytère et où je dis la sainte messe les jours ouvriers est en très bon état. Je supplie humblement votre grandeur, monseigneur, de m’autoriser à y tenir la réserve. La distance de l’église, qui est à un quart d’heure, et le chemin impraticable dans la mauvaise saison me privent de beaucoup de visites au bon Maître. Dans un cas très pressant de maladie, ce serait plus près, surtout la nuit. Parmi une dizaine d’habitans dans ce hameau, il y aurait toujours quelques personnes qui feraient un peu d’adoration, le soir, le matin, avant et après la sainte messe, au moment de la prière, le dimanche et en carême. Il semble que Dieu serait fortifié si vous daigniez, monseigneur, m’accorder cette faveur. (...)

    Note au revers du dernier feuillet : Tartonne. Pavé de l’église à carreller, sainte table à refaire. Autoriser la réserve dans la chapelle du village qui est très décente. Le scapulaire et le chemin de la croix à établir.

  • Devis, avant-métré des travaux et détail estimatif des travaux à faire à l'église de Tartonne, 9 avril 1891

    Commune de Tartonne. Réparation de l’église de Tartonne - Devis, avant-métré des travaux et détail estimatif

    Archives Départementales des Alpes-de-Hautes-Provence : 1 O 475

    Article 1er Les travaux à exécuter à l’église de Tartonne comprennent :

    1 la démolition de 50 mètres cubes de mur

    2 la construction d’une charpente et d’une toiture neuves avec une genevoise de 2 rangs de tuiles, d’une superficie de 240 mètres carrés

    3 le crépissage à la chaux et au plâtre de toutes les parties intérieures décrépies, s’élevant à 50 mètres carrés

    4 la construction de 19 mètres cubes de murs

    5 le crépissage extérieur de toutes les parties décrépies, d’un superficie de 400 mètres carrés

    6 le blanchissage à la chaux de tout l’intérieur de l’église, d’une superficie de 400 mètres carrés

    7 la construction d’une sacristie dans l’intérieur du clocher

    8 la construction de 9 mètres carrés de budget et une dalle

    9 la construction de deux placards

    10 la construction de cinq escaliers en pierre de taille

    11 le dallage du sanctuaire en pierres carrées

    12 réparation aux bancs, aux autels et à la sainte table

    13 réparation de crépissage et de construction aux murs du cimetière

    14 réparation aux fenêtres et aux portes.

    Article 2 Les murs à démolir :

    1° le mur du midi de l’église actuelle jusqu’aux fondations, qui seront démolies aussi ;

    2° une partie du mur du couchant jusqu’au niveau de la petite fenêtre existante ;

    3° une partie du mur sur toute sa longueur pour donner à la toiture un peu plus de pente du côté du midi ;

    4° le mur et l’autel qui se trouvent juxtaposé au milieu de la coquille du sanctuaire ;

    les murs à démolir ont un cube total de 50 mètres cubes, à 0,40 F le mètre cube, 20 francs.

    Article 3 La toiture sera faite en tuiles creuses placées sur des chevrons triangulaires et espacées de 0,25 d’axe en axe. La genevoise aura sur tout le tour de l’église deux rangées de tuiles. Les poutres qui auront 0,20 d’équarrissage porteront sur des piliers établis sur les arceaux de la voûte. La superficie totale de la toiture est de 240 mètres carrés, à 4 F le mètre carré, y compris poutres, génevoise, chevrons, pointes, cailloux, mise en place estimée à la somme totale de 960 francs.

    Article 4 Le crépissage intérieur de l’église sera fait d’abord au mortier partout où il manquera, sur ce mortier on passera une couche de plâtre gris. Les parties intérieures à crépir sont les murs reconstruits à neuf, le budget, le sanctuaire. Il a une superficie totale de 70 mètres carrés, à 1 F le mètre carré, 70 francs.

    Article 5 Les murs à reconstruire seront faits dans chacun des arceaux de la façade du midi et sous l’arceau qui est en face de la porte du clocher. Aux arceaux de la façade du midi, on ménagera une petite fenêtre de 0,75 sur 0,50 de large et à l’arceau de la façade de la porte du clocher on ménagera un placard. Les murs de la façade du midi auront 0,40 d’épaisseur et le mur en face de la porte du clocher 0,30 d’épaisseur. On se servira pour la construction de ces murs des débris et des moellons de la porte démolie. Ces murs ont un cube total de 19 mètres cubes, fondations comprises, à 8 francs le mètre cube, estimé à 152 francs.

    Article 6 Le crépissage extérieur de l’église sera fait partout où il est détérioré. Il sera fait au mortier. Les parties rayées seront réajustées. Il comprend toute la façade du midi, quelques mètres de la façade couchant du clocher et de la chapelle du saint Rosaire. Il a une superficie totale de 100 mètres carrés, à 0,50 le mètre, estimé 50 francs.

    Article 7 Le blanchissage à la chaux comprend tout l’intérieur de l’édifice, il sera fait à trois couches sur toutes les parties, même celles fraichement crépies. Le soubassement sera fait en noir. Il a une superficie de 400 mètres carrés, à 0,25 le mètre carré, estimé 100 francs.

    Article 8 La sacristie sera faite dans l’intérieur du clocher en démolissant la voûte actuelle et en reportant cette même voûte au niveau de la petite fenêtre supérieure. Cette fenêtre sera dans son intérieur rabattue en pente de 0,45 degrés à sa base. La sacristie sera dallée avec des dalles provenant de la démolition, crépie à la chaux et au plâtre, puis blanchie à la chaux. On y transportera la crédence, on y fera un placard dans l’embrasure du mur du nord, dans lequel on ménagera aussi un trou pour mettre le poêle en hiver. A la voûte on mettra une porte tombante pour monter au clocher, tout cela estimé 120 francs.

    Article 9 Les cloisons à faire sont : une dans le mur construit à neuf sur la façade en face de la porte du clocher pour servir de placard et l’autre sous l’arceau à droite de la chapelle du saint Rosaire. Au milieu de cette cloison on fera une porte. La porte dont se servira est celle qui se trouve à la cloison de la façade du midi. Ces cloisons seront faites en dalles crépies à l’extérieur et à l’intérieur. Elles ont une superficie de 10 mètres carrés, à 1 F le mètre francs.

    Article 10 Les deux placards à construire sont l’un dans le mur en face de la porte du clocher. On se servira des portes vieilles en noyer qui existent. Et l’autre celui des fonts baptismaux, que l’on transportera au levant de l’arceau près de la porte sur la façade du midi, estimés à 9 francs chacun, 18 francs.

    Article 11 Les escaliers en pierre de taille seront faits : le 1er à l’entrée de la porte, tout d’une pièce, de 1,60 de longueur sur 0,25 d’équarrissage ; le 2e à dessous du 1er, sous la porte ; le 3e à la place qu’occupe actuellement la sainte table ; le 4e à l’entrée du sanctuaire et le 5e sur le pallier du sanctuaire, s’élevant à 2 mètres cubes, à 60 F le mètre cube, 120 francs.

    Article 12 Le dallage du sanctuaire sera fait en pierres provenant de la toiture, que l’on aura taillées égales sur une dimension de 0,30 au carré. Il en sera de même pour le dallage de la sacristie et des autres parties de l’église à daller à nouveau, 16 mètres en tout, à raison de 3,50 F le mètre, y compris la taille et la mise en place, estimé 56 francs.

    Article 13 Le maître-autel sera réparé aux gradins et aux côtés avec des portes en noyer existantes, il sera adossé au fond de la coquille du sanctuaire et y appuyé. Les tableaux seront fixés aux murs de l’intérieur de l’église, tous les bancs réparés avec leurs agenouilloirs. La porte sera arrangée de manière à s’ouvrir de chaque côté à deux battants. Pour la fenêtre, on se servira de celles qui existent actuellement. Tout ce travail, y compris pointes et ferrures, estimé à 100 francs.

    Article 14 Les murs du cimetière seront crépis extérieurement et intérieurement après avoir préalablement démoli et reconstruit toutes les parties qui ne sont plus d’applomb. Ce travail, qui comporte environ 200 mètres carrés de crépissage et 4 mètres cubes de muraille, est estimé au prix de 132 francs.

    Article 15 Une somme de 92 francs est à valoir pour dépenses imprévues, ci 92 francs.

    Article 16 Le montant de l’entreprise est de 2000 francs.

    Article 17 La chaux à employer proviendra des fours de Tartonne. Le sable sera pris dans le lit du torrent du Sauvage, sera de grain fin, exempt de matières terreuses. Le mortier sera fait sur le chantier avec une partie de chaux vive éteinte et réduite en pâte ferme avec le moins d’eau possible et deux parties de sable. Les moellons proviendront de la démolition, ils eront nettoyés avant l’usage. Si leur quantité n’est pas suffisante, on ira en chercher dans le torrent de la Salaou, ils seront choisis bien gisants, sains, à surfaces vives. Les moellons de pierre de taille proviendront des carrières des coteaux de l’Aubre. Le plâtre proviendra des fours de Barrême, de 1ère qualité. Les bois de charpente seront en sapin et proviendront des forêts de Tartonne. Les tuiles creuses pour la toiture proviendront des fabriques des environs. On les choisira bien cuites, saines et sonores au marteau. Elles seront maintenues dans leur position respective soit par des clous, soit par des cailloux ou du fil de fer.

    Article 18 L’entrepreneur sera soumis aux clauses et conditions générales arrêtées par Mr le ministre des travaux publics le 16 novembre 1866. Il payera le droit d’enregistrement conformément aux lois.

    Article 19 Le montant du cautionnement sera de 66 francs 66, il sera fait en numéraire ou en inscription de rente sur l’Etat.

    Article 20 A défaut d’élection de domicile par l’entrepreneur dans le délai de 15 jours à partir de l’approbation de l’adjudication, les notifications qui se rattachent à l’entreprise lui seront faites à la mairie de Tartonne.

    Article 21 Le délai de garantie sera d’un an pour tous les ouvrages. Jusqu’à l’époque, l’entrepreneur demeure chargé de l’entretien des travaux et garant de leur parfaite conservation.

    Article 22 La main d’oeuvre nécessaire à l’établissement des ouvertures et la façon des encadrements est comptée et comprise dans les prix et cubes de la maçonnerie ordinaire.

    Article 23 L’entrepreneur devra commencer les travaux aussitôt qu’il en aura reçu l’ordre et devra les avoir terminés dans un délai de deux mois à dater du présent ordre de service.

    Article 24 L’entrepreneur ne pourra travailler à son entreprise les jours de dimanche et autres jours fériés reconnus par la loi sous peine d’une amende de un pour cent sur le montant de l’entreprise.

    Article 25 L’entrepreneur pourra recevoir des acomptes pendant la durée des travaux sur le vu d’une situation dressée par un maître maçon approuvé par le maire. Ces acomptes ne pourront dépasser les neuf dixièmes du montant des travaux exécutés.

    Le présent devis et détail estimatif s’élevant à la somme de deux mille francs y compris une somme à valoir de quatre-vingt-douze francs pour dépenses imprévues a été dressé par nous, Cressy Joseph soussigné, maître maçon à Tartonne.

    Fait à Tartonne le 9 avril 1891.

    Cressy

    Vu et approuvé par nous soussigné, à Tartonne le 9 avril 1891, le maire de Tartonne, Paul.

    Vu et approuvé en session ordinaire par les conseillers municipaux soussignés formant la majorité du conseil municipal, à Tartonne le 17 mai 1891,

    Audibert, Maurel, Boyer, Maurel, Roux, Villevieille, Paul.

    Vu et approuvé, Digne le 6 novembre 1891, le préfet des Basse-Alpes, Ardisson.

  • Devis supplémentaire des réparations à faire à l'église de Tartonne, 28 décembre 1891

    Devis supplémentaire des réparations à faire à l’église et au cimetière de la commune de Tartonne, dressé par nous soussigné Cressy Joseph, maître maçon à Tartonne, Basses-Alpes

    Archives Départementales des Alpes-de-haute-Provence, 1 O 475

    Les travaux à exécuter pour finir de réparer l’église et le cimetière de la commune de Tartonne comprennent :

    1° la construction du tiers de la toiture

    2° le crépissage au mortier de tout l’édifice à l’extérieur

    3° la démolition jusqu’aux fondations d’un mur intérieur du cimetière et le déblaiement des matériaux de démolition

    4° l’exhaussement de cinquante centimètres du mur de clôture (côté du nord) du cimetière bordant le chemin n° 5 de Digne à Saint-André

    5° la reprise à neuf des parties menaçant ruine du mur de clôture du cimetière et le crépissage intérieur et extérieur de ce mur.

    Tous ces travaux seront exécutés sous les conditions suivantes.

    Article 1 Toiture

    La toiture sera faite en tuiles creuses, bien cuites, saines et sonores, placées sur des chevrons triangulaires, espacée de vingt-cinq centimètres d’axe en axe. Elle sera maintenue par les murs latéraux et des poutres longitudinales ayant 0,20 d’équarrissage, reposant sur la voûte. Elle sera établie en saillie de 0,20 cent. sur les murs latéraux avec une génevoise à une rangée de tuiles. Le pris d’un mètre carré de toiture faite à neuf, comprenant démolition de l’ancienne, poutres, chevrons, pointes, cailloux et mise en place, est de quatre francs et le nombre de mètres de toiture est de 90, s’élevant à la somme de 360 francs. Le pris d’un mètre courant de génevoise à une rangée de tuiles est de un franc cinquante centimes et le nombre de mètres de génevoise est de 20, s’élevant à la somme de 30 francs.

    Article 2 Crépissage extérieur de l’église

    Le crépissage extérieur de tout l’édifice sera en mortier composé de deux parties de sable fin, pur, exempt de matières terreuses, pris dans le lit du torrent du Sauvage, et d’une partie de chaux apportée vive sur le chantier, éteinte en pâte très ferme au moins vingt-quatre heures avant l’emploi. Le prix d’un mètre carré de crépissage comprenant tous équarrissages d’angles et de fenêtres au plâtre et toutes fournitures de chevrons et de planches pour étagères, est de quatre-vingt-cinq centimes et le nombre de mètres de crépissage est de cent soixante-dix mètres, s’élevant à la somme de 144 francs 50 centimes. Nota : avant de crépir, on aura soin de racler et de laver toutes les parties à crépir de manière à ce que la poussière ou les anciennes parties de crépissage qui n’est plus solide tombent.

    Article 3 Démolition et déblaiement des murs du cimetière

    (...)

    Fait à Tartonne le 28 décembre 1891.

    Vu et approuvé par le conseil municipal.

    Vu et approuvé par le préfet le 3 mars 1892.

    Pour copie conforme à l’original, le 30 avril 1893.

  • Décompte des travaux effectués à l'église de Tartonne, 2 novembre 1892

    Travaux de réparation à l’église paroissiale - Décompte des travaux effectués

    Archives Départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 1 O 475

    1° démolition de 50 m3 de mur à 0,40 le m3 20

    2° toiture 240 m² à 4 francs le m² 960

    3° crépissage intérieur de l’église, 70 m² à 1 franc le m² 70

    4° murs à construire, 19 m3 à 8 francs le m3 152

    5° crépissage extérieur de l’église, 100 m² à 0,50 francs le m² 50

    6° blanchissage à la chaux intérieur de l’église, 400 m² à 0,25 francs le m² 100

    7° travaux de la sacristie, portée et évaluée en bloc à 120

    8° cloisons, 10 m² à 1 franc le m² 10

    9° construction de deux placards évalués à 9 francs l’un 18

    10° pierre de taille, 2 m3 à 60 francs le m3 120

    11° dalles, 16 m² à 3,50 francs le m² 56

    12° réparations au maître-autel porté et évalué en bloc à 100

    13° crépissage de 200 m² mêmes murs, à 0,50 francs le m² 100

    14° murs du cimetière, 4 m3 à 8 francs le m3 32

    Travaux imprévus : porte de la sacristie avec son impost 25

    plafond à la sacristie 16 m² planches 24

    ½ m3 bois sapin pour 2 croix au cimetière 40

    1 journée de charpentier pour confection des croix 3

    Total égal au montant du devis estimatif 2000

    rabais consenti par l’entrepreneur 166

    reste à payer 1834

    Sur cette somme l’entrepreneur a touché il y a un an un acompte de : 1535

    solde définitif : 299

    Fait à Tartonne le 2 novembre 1892

    Signé l’entrepreneur Roux, l’arcitecte Créssy, le maire Paul.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Prix-fait de réparation de l'église paroissiale de Tartonne passé à Pierre Reboul, maçon. Minutes du notaire Antoine Mariaud, 1er octobre 1618. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 E 1037, f° 286.

  • Prix-fait de reconstruction partielle et d'achèvement du clocher de l'église paroissiale de Tartonne, passé à Jean Roubaud et Pierre Lavigne, maçons. Minutes du notaire Antoine Mariaud, 17 mars 1621. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 E 1040, f° 30

  • Prix-fait pour la confection des portes de l'église paroissiale de Tartonne passé à François Viret, menuisier. Minutes du notaire Antoine Mariaud, 30 août 1627. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 E 1046

  • Prix-fait pour la reconstruction de la chapelle Saint-Blaise dans l'église paroissiale de Tartonne, passé à Grégoire Roubaud, maçon. Minutes du notaire Antoine Mariaud, 30 juin 1630. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 E 1049, f° 85.

  • Prix-fait pour la réfection du toit de l'église paroissiale de Tartonne, passé à Jacques Féraud et Pierre Silve, maçons, Minutes du notaire Antoine Mariaud, 8 décembre 1648. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 E 1062

  • Prix-fait pour la construction du mur du cimetière paroissial de Tartonne, passé à Jacques Maurel, maçon. Minutes du notaire Fabre, 3 février 1680. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 E 1069.

  • Procès-verbaux de visites pastorales, évêché de Senez, 1708-1723. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 G 18.

    folio 418-425 : 1er novembre 1717 ; folio 667-674 : 21 juin 1722
  • Prix-fait pour diverses réparations à Tartonne : mur du cimetière, portes et toit de l'église paroissiale, oratoire Saint-Sébastien, fontaine de la Salaou et moulin communal, passé à Honoré Giraud, maçon. Minutes du notaire Fabre, 25 mai 1732. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 E 1079.

  • Prix-fait pour diverses réparations à l'église paroissiale et au presbytère de Tartonne, passé à Philippe Maurel, maçon. 17 avril 1747. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 E

  • Procès-verbaux de visites pastorales, évêché de Senez, 1745-1753, 1764 à 1768, 1775, 1779 à 1781, 1785 à 1788. Registre tenu successivement par Louis Jacques François de Vocance (évêque de Senez de 1741 à1756), Antoine-Joseph D'Amat de Volx (évêque de Senez de 1757 à 1771), Étienne François Xavier des Michels de Champorcin (évêque de Senez de 1771 à 1773), Jean-Baptiste Charles Marie de Beauvais (évêque de Senez de 1774 à 1783), Sixte-Louis-Constance Ruffo (Roux) de Bonneval (évêque de Senez de 1783 à 1784), Jean-Joseph-Victor de Castellane-Adhémar (évêque de Senez de 1784 à 1788). Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 G 19

    3e cahier : 19 octobre 1750 ; 4e cahier : 4 mai 1764 ; 8e cahier : 6 novembre 1779
  • Questionnaire sur l'état des paroisses du diocèse de Digne. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 V 75

    Questionnaire sur l'état de la paroisse de Tartonne, réponse du curé R. Blanc, 4 février 1833.
  • Délibérations du conseil municipal de la commune de Tartonne. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 O 475

    Le 18 août 1860, le conseil décide la reconstruction du clocher de la paroisse, après avoir consulté le projet dressé par Joseph Chaillan, maître maçon à Barrême.
  • Approbation des travaux de réparation du clocher de l'église paroissiale de Tartonne par l'architecte diocésain, 7 janvier 1863. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 O 475

    Le 7 janvier 1863, Raymond, architecte dicésain, valide la projet de réparation du clocher dressé par Arnaud, agent-voyer.
  • Approbation des travaux de reconstruction du clocher de l'église paroissiale de Tartonne par le préfet des Basses-Alpes, 5 mars 1863. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 O 475

  • Procès-verbaux des visites pastorales, évêché de Digne, doyennés d’Allos, Annot, Banon, Barcelonnette, Barrême, de 1840 à 1879. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 V 86

    Visites du 24 octobre 1865 et du 22 mai 1870
  • Lettre de l'agent-voyer en chef au préfet des Basses-Alpes à propos de la réception des travaux de reconstruction du clocher de l'église paroissiale de Tartonne, 5 mai 1868. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 O 475

    5 mai 1868 : le maire de Tartonne demande que la réception des travaux soit confiée à M. Fournier, agent-voyer de canton à Thorame-Haute, vu la mort de M. Arnaud, agent-voyer d'arrondissement à Digne, qui était chargé de la direction des travaux.
  • Echange de correspondance entre le maire de Tartonne et le préfet des Basses-Alpes au sujet des dommages causés par la foudre au clocher de l'église paroissiale, août 1884. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 O 475

  • Procès-verbaux de visites pastorales, évêché de Digne, 1884 - 1891. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 V 93

    Visite du 29 septembre 1891.
  • Commune de Tartonne. Réparation de l'église de Tartonne. Devis, avant-métré des travaux et détail estimatif dressé par Joseph Cressy maître-maçon à Tartonne le 9 avril 1891, approuvé par le conseil municipal le 17 mai 1891, approuvé par le préfet des Basses-Alpes le 6 novembre 1891. Devis supplémentaire dressé le 28 décembre 1891 et approuvé par le préfet le 3 mars 1892. Réception des travaux, 25 octobre 1892. Décompte des travaux effectués dressé par l'entrepreneur Roux et l'architecte (sic) Cressy le 2 novembre 1892. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 O 475

  • Délibérations du conseil municipal de la commune de Tartonne. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 O 475

    23 décembre 1928 : le conseil municipal charge le service des Ponts et Chaussées de dresser un projet de réparation au clocher de l'église paroissiale, endommagé par la foudre. 7 avril 1929, le conseil municipal approuve le projet.
  • Rapport de l'ingénieur des Ponts et Chaussées en charge du projet de réparation du clocher de l'église paroissiale de Tartonne, 12 mars 1929. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 O 475

    Le 12 mars 1929, Parat, ingénieur TPE transmet au préfet le projet de réparation au clocher comprenant la démolition et la reconstruction de la partie supérieure du clocher et de sa flèche.
  • Soumission d'Etienne Arnaud, entrepreneur à Digne, pour les travaux de refection du clocher de l'église paroissiale de Tartonne, 5 août 1929. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 O 475

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