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église Notre-Dame-du-Plan, puis moulin à foulon et à farine, puis usine textile dite usine de drap Barneaud, actuellement maison

Dossier IA04000801 réalisé en 2007

Fiche

Vocables Notre-Dame-du-Plan
Appellations usine de drap Barneaud
Destinations maison
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication
Dénominations église, moulin à foulon, moulin à farine, usine textile
Aire d'étude et canton Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var - Castellane
Hydrographies Les Clastres Source Notre-Dame
Adresse Commune : Castellane
Lieu-dit : Notre-Dame-du-Plan
Adresse :
Cadastre : 1834 D 1501 ; 2008 D 486

Elevée à l'emplacement de la ville antique, l'ancienne église Sainte-Marie puis Notre-Dame-du-Plan aurait succédé, d'après Jacques Thirion, à la cathédrale paléochrétienne du lieu de Cimiran. Castellane aurait en effet été le siège d'un évêché connu entre 439 et 442 (il a ensuite été transféré à Senez).

Entre 993 et 1032, les églises de Castellane Notre-Dame, Saint-Jean et Saint-Laurent sont données à l'évêque de Senez par un nommé Dodon et sa femme Vauburge.

Dans le 1er tiers du 11e siècle (entre 1005 et 1020), l'église Sainte-Marie est cette fois donnée à l'abbaye de Saint-Victor de Marseille par Audibert (ou Eldebert) de Castellane et sa femme Ermengarde, toujours "avec les églises Saint-Jean, Saint-Pierre et Saint-Laurent construites autour de la basilique Sainte-Marie" qui sont, toujours selon Thirion, les traces et preuves de l'existence d'un groupe épiscopal ; donation confirmée par les évêques de Senez à plusieurs reprises au cours du 12e siècle. Les églises qui se trouvaient autour de Notre-Dame-du-Plan ont aujourd'hui disparu.

L'autre prieuré victorin de Castellane, l'église Saint-Victor (référence : IA04000900), lui est uni en vertu d'une charte de 1259.

Dans les pouillés on en trouve mention vers 1300 sous le vocale de Notre-Dame-du-Plan (ecclesia Beate Marie de Plano), puis à nouveau en 1376.

L'édifice religieux tel qu'il peut être en partie observé aujourd'hui pourrait remonter au début du 13e siècle.

Le prieur Laurensi, en 1775, pense que le clocher fut démoli vers 1536, c'est-à-dire peu de temps avant que l'église ne soit entièrement dévastée, aux alentours de 1560. A la Révolution, l'édifice est vendu. Vraisemblablement détruite à ce moment-là, l'abside nous est connue grâce à la description qu'en donne Laurensi. Sa voûte à berceau se termine à l'orient par une belle coquille qui forme le sanctuaire, ornée, en-dehors, d'une corniche, soutenue par des pilastres arrondis qui portent sur une base à différents cordons. Un certain Gaspard Marie y aménage alors un foulon - repris quelques années plus tard par un dénommé Philip ou Phylip - et accole à l'élévation ouest de l'ancienne église une roue hydraulique verticale, qui utilisait une hauteur de chute d'environ 2,5 m. Vers 1834, François Barneaud transforme le foulon en fabrique de draps. C'est sans doute à cette époque que le volume de l'ancienne église a été divisé en hauteur par la construction de deux niveaux de plancher. Un moulin à farine est également aménagé. La fermeture de la fabrique, qui employait une vingtaine d'ouvriers, intervient dans les années 1870. L'agrandissement du bâtiment vers le nord-est est difficile à dater mais il est postérieur à 1854. Après avoir servi de bâtiment agricole à la fin du 19e siècle et dans la première moitié du 20e siècle, le site a été racheté et transformé vers 1950 en habitation. Le premier niveau aménagé dans l'ancienne église est alors cloisonné. Les chapiteaux et le linteau du portail ont été restitués dans le quatrième quart du 20e siècle.

Période(s) Principale : 13e siècle , (?)
Secondaire : 4e quart 18e siècle
Secondaire : 2e quart 19e siècle
Secondaire : 2e moitié 19e siècle
Secondaire : 3e quart 20e siècle
Auteur(s) Auteur : ,

L'édifice se compose de l'ancienne église et de son prolongement vers l'est, ce qui lui donne une longueur totale d'environ 30 m. Il est aujourd'hui partiellement enterré côté nord. La partie ancienne, en pierre de taille de petit appareil réglé et allongé, a ses deux chaînes d'angles côté ouest harpées. Elle a été grossièrement rejointoyée il y a quelques années, tandis que la partie récente est enduite et peinte en blanc. Il faut signaler, au droit du montant gauche du portail roman, juste sous la corniche, un ancien cadran solaire. Il s'agit d'une pierre, bien plus grande que les autres, sur laquelle est gravé un simple motif géométrique constitué de trois traits rectilignes en forme de flèche. De larges baies ont été percées lors de la transformation du foulon en draperie. Le toit à longs pans est couvert de tuiles creuses. Il présente une brisure dans le faîtage à la jonction des deux parties et s'appuie côté église sur une mince corniche composée d'un simple larmier rampant en quart-de-rond aplati et côté prolongement sur une génoise à deux rangs. La pente des deux versants est légèrement plus raide du côté de l'église. Cette dernière, orientée, était à l'origine constituée d'un plan à nef unique de trois travées voûtées en berceau brisé. Elle se terminait par une abside en cul-de-four. Le portail roman, percé dans le mur sud de la nef, existe encore. Il est aujourd'hui dénaturé mais présente encore des éléments intéressants : dichromie des assises des piédroits et archivolte en cintre brisé. La porte a été déplacée vers l'extérieur et changée. La voûte de l'église, encore visible dans l'actuel grenier de la maison, est en blocs de petit appareil calcaire, réglés et allongés. Leur têtes ne sont pas dressées. La voûte est scandée par deux doubleaux de section rectangulaire composés de larges pierres de tailles piquées. Les différences d'assise de part et d'autre des arcs doubleaux montrent clairement que la construction de l'ensemble s'est faite en trois temps. La poussée des arcs doubleaux est reportée au sol par des colonnes engagées couronnées de chapiteaux cubiques, sans contrefort à l'extérieur. Ces colonnes, de 5 m de hauteur, sont d'une pierre beaucoup plus sombre que le reste de la maçonnerie. Un bandeau en quart-de-rond aplati est encore partiellement conservé. Fermant la voûte côté est, l'arc-triomphal est toujours complet. Il est à double rouleau (largeur du premier rouleau : 40 cm ; largeur du second rouleau : 20 cm). Les deux planchers rajoutés au 19e siècle s'appuient sur de puissantes poutres en bois équarries. Celui de l'actuel grenier est encore couvert de carreaux de terre cuite. Il ne reste aujourd'hui quasiment plus de trace du système de transmission de la force motrice du temps de la draperie.

Murs calcaire
pierre de taille
petit appareil
grand appareil
Toit tuile creuse
Plans plan allongé
Étages 1 vaisseau, étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, étage de comble
Couvrements voûte en berceau brisé
Couvertures toit à longs pans
Énergies énergie hydraulique
États conservations remanié
Techniques sculpture
Représentations ornement architectural
Précision représentations

Les coussinets des chapiteaux du portail roman restitué donnent chacun naissance à un petit rouleau bagué en son milieu.

moulins à farine

nombre de roues sans objet
sens de la roue sans objet
matériaux de la roue sans objet
diamètre de la roue sans objet
type de meules sans objet
présence d'un four non
présence d'une cuve de charge non
présence d'un resevroir CN non
présence d'une cuve de charge CN non
position sur le canal d'amenée CN unique
longueur du canal d'amenée en dizaine de mètres CN sans objet
distance séparant le moulin et le bourg dont il dépend en dizaine de mètres CN sans objet
orientation du bâtiment CN parallèle
plan du bâtiment CN rectangulaire
date de réalisation du cadastre napoléonien 1834
Statut de la propriété propriété privée, []
Intérêt de l'œuvre à signaler

Annexes

  • Inventaire des chartes de l'abbaye Saint-Victor de Marseille concernant son prieuré de Notre-Dame-du-Plan à Castellane

    Les cotes en 1 H sont celles du fonds Saint-Victor des archives départementales des Bouches-du-Rhône

    Chartes inédites, Amargier

    - 1 H 7 (n°23) : donation de terres à l’église Sainte-Marie de Castellane par Stravulus en oct 1005 ou 1006.

    - 1 H 13 (n°100) : Donation à l’évêque de Senez, et à son église-cathédrale Sainte-Marie, des églises de Castellane, Notre-Dame, Saint-Jean et Saint-Laurent par Dodon, sa femme Vauburge et ses enfants Pons, Ripert et Laugier.

    - 1 H 30 (n°139) : donation par Audibert et sa femme Ermengarde de l’église Sainte-Marie-du Plan à Castellane et des terres alentour, 1052.

    - 1 H 75 (n°365) : donation par Laugier et sa mère de tout ce qu’ils possèdent dans le territoire du monastère de Castellane, après 1089.

    - 1 H 140 (n°687-688) : échange des églises Saint-Pierre de Bagarry et Notre-Dame de Puiromant, remises par Saint-Victor au prieur de Saint-André de Castellane, en retour des églises Saint-Victor et Saint-Michel, qu’il unit à son prieuré de Notre-Dame-du-Plan, avec l’approbation de Raymond, évêque de Senez [non reproduite dans l’ouvrage].

    Chartes publiées : cartulaire de Guérard

    - Charte n°768 : 1005/1021, Audibert de Lacoste [de Castellane], sa femme Ermengarde, son frère Amiel évêque de Senez, ses neveux Dodon, Abellon, Pons, Galon, Rostan, Arbaud et Isnard [de Castellane] donnent à Saint-Victor l'église Sainte-Marie située au diocèse de Senez, dans le territoire de Castellane, au pied du mont Senaje, dans le lieu autrefois appelé Cimiran, avec les églises Saint-Jean, Saint-Pierre et Saint-Laurent construites autour de la basilique Sainte-Marie, avec les droits paroissiaux sur les habitants du lieu et avec tout ce qui appartient à cette église. Limites : à l'est le vallon de Visclandia [ravin de Cheiron ?] jusqu'à son confluent avec le Verdon; au sud le Verdon; à l'ouest le rocher de Cucar [Peire Espessa ?], la ligne de crête qui passe par le mont Alaman [Pré Chauvin ?] et le lieu-dit Terre [Saint-Vincent ?] jusqu'à la Roubine; au nord, le ruisseau qui descend de la Roubine jusqu'à Almafolla, le vieux chemin qui passe sur le pont de la Palud jusqu'au vallon de Visclandia. 1053, confirmation aposée au bas de la charte par Uc, évêque de Senez, et se frères Pons Pulverel, Ripert, Laugier, Boniface, Aubaud et Peire [de Castellane], l'évêque de Glandèves Pons et ses frères Gérin, Bermon, Roux, Pons et Jonas [de Castellane].

    - Charte n°769 : 1040, Amiel [de Castellane] évêque de Senez confirme à Saint-Victor la possession des églises Sainte-Marie, Saint-Jean-Baptiste, Saint-Pierre et Saint-Laurent du lieu de Castellane, aussi appelé Duselia ou Cimiran. La charte, rédigée à l'abbaye, est souscrite par les évêques de Marseille, Arles, Aix, Apt, Fréjus, Avignon, Nice, Toulon et Vence.

    - Charte n°776 (1 H 22, n°100) : catalogue des propriétés que le prieuré Notre-Dame de Castellane possède à Castellane ou dans les environs par suite des donations de divers bienfaiteurs nommés dans l’acte, vers 1045.

    - Voir également chartes n°770, 771, 772, 774, 843, 844, 848.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Paul Armagier. Chartes inédites du fonds de Saint-Victor de Marseille, XIe siècle. Thèse de troisième cycle sous la direction de Georges Duby (document dactylographié non publié), Université d'Aix-Marseille, 1967. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 8 J 420.

    Mention de chartes non publiées dans le cartulaire de Guérard conservées aux archives départementales des Bouches-du-Rhône : en 1 H 7, 1H 13, 1 H 30, 1 H 75, 1 H 140.
Documents figurés
  • Plan relatif au réglement de la fabrique de draps ou foulon du Sieur Barneaud. / Dessin à l'encre sur papier réalisé apr Castagnol, 30 juin 1854. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : S 944.

  • Plan des fontaines de la ville de Castellane [détail de l'usine Barneaud]. / Dessin à l'encre sur papier de Bourdallon, 25 mars 1862.Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : E DEP 39/92.

Bibliographie
  • GUERARD, Benjamin, DELISLE Léopold, De WAILLY Natalis. Cartulaire de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille. Collection des cartulaires de France, t. VIII, éditeur B. Guérard, Paris : Typographie de Ch. Lahure, 1857, 2 volumes, CLVI-651-945 p.

    Chartes n°768, 769, 770, 771, 772, 774, 776, 843, 844, 848.
  • CLOUZOT, Etienne. Pouillés des provinces d'Aix, d'Arles et d'Embrun. Diocèse de Senez. Paris : imprimerie nationale, 1923.

    Mention de l'ecclesia Beate Marie de Planon vers 1300 dans le compte de décimes et en 1376 dans le compte de procurations.
  • FERAUD, Jean-Joseph-Maxime. Souvenirs religieux des églises de la Haute-Provence. Digne : Vial, 1879, 346 p.

    p. 31-32
  • MISTRAL, Mireille, L'industrie drapière dans la vallée du Verdon - Nice : Don Bosco imprimeur, 1951, 236 p. Cet ouvrage est la publication de la thèse de Mireille Mistral.

  • COLLIER, Raymond. La Haute-Provence monumentale et artistique. Digne: Imprimerie Louis-Jean, 1986, 559 p. : ill.

    p. 136
  • THIRION, Jacques. Alpes romanes. La Pierre-qui-vire (Yonne) : Impr. des Ateliers de la Pierre-qui-Vire et des Ateliers de l'Abbaye Sainte-Marie, 1980, 434 p.

    p. 49 : l'auteur donne un bref historique ainsi qu'un descriptif succint de l'église.
  • Cru, Jacques. Histoire des gorges du Verdon : du Moyen Age à la Révolution. [Moustiers-Sainte-Marie] : Parc naturel régional du Verdon ; [Aix-en-Provence] : Édisud , 327 p. : ill., 2001.

    Chapitre IX : Histoire et architecture des églises de Castellane, Notre-Dame-du-Plan, Notre-Dame-du-Roc, Saint-André et Saint-Victor, p. 125-137.
  • THIRION, Jacques. L'influence lombarde dans les Alpes françaises du sud. Dans : Bulletin monumental, n° 128, 1970, p. 7-40.

  • THIRION, Jacques. Les églises romanes de Castellane. Contribution à une étude de topographie. Dans : Annales de Haute-Provence, n° 294, 1982, p. 149-171.

  • Viré, Marie-Hélène. Etat des églises de Saint-Victor et de Notre-Dame-du-Plan après les incursions protestantes de 1560. Dans : Annales de Haute-Provence, n° 294, 1982, p. 179-189.

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