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édifice fortifié (tour) dit fort-tour du Saint-Hospice, de la place forte de Nice

Dossier IA06000014 réalisé en 1996

Fiche

Il n'existe pratiquement pas, au Service historique de l'Armée de Terre, de documents concernant ces ouvrages, s'agissant d'édifices occupés temporairement à l'occasion de campagnes, et qui n'ont été rattachés à la France qu'en 1860. S'il existe des archives le concernant, c'est vraisemblablement en Italie, et plus probablement à Turin, qu'elles se trouvent.

Fort du Saint-Hospice (ouvrage disparu)

Réputé construit vers 1560 par Emmanuel-Philibert, duc de Savoie, au sommet de la presqu'île du Saint-Hospice, excroissance étroite, vers l'est, de la presqu'île du Cap Ferrat s'avançant de 1200 m environ dans le golfe du même nom. Il s'agissait, semble-t-il, d'un ouvrage d'occupation, également destiné à protéger le village et le port de Saint-Jean-Cap-Ferrat dans les limites de la modeste portée de l'artillerie de l'époque.

Il s'agissait d'un ouvrage rectangulaire de 120 x 80 m à quatre bastions, orienté ouest-est renfermant les bâtiments nécessaires à la garnison, son matériel et ses approvisionnements. Comme les ouvrages voisins de la même génération, le fort n'a à peu près joué aucun rôle dans les campagnes contre la France : pris en 1691 par Catinat, puis en 1705 par Berwick pratiquement sans résistance, le fort sera rasé en 1706 sur l'ordre de Louis XIV et ne sera jamais rétabli : des tronçons de murs se voient encore dans les propriétés construites sur le site après son lotissement. La tour et la chapelle actuelles sont situées sur son emprise.

Tour du Saint-Hospice

Située au sommet topographique de la presqu'île du même nom, à peu près au centre de l'emprise de l'ancien fort disparu.

Vue d'ensemble.Vue d'ensemble.Selon des déclarations recueillies sur place, mais non vérifiées, elle aurait été construite vers 1750 par le roi de Sardaigne et duc de Savoie, probablement comme ouvrage de surveillance côtière, à capacité défensive limitée, dans la tradition des tours « génoises» de Corse, celles de Sardaigne, des Baléares, d'Italie etc., mais aussi de celles voisines de la côte méditerranéenne française dont les « forts» des îles d'Hyères.

Après le rattachement à la France, dans le cadre de l'extension au comté de Nice du programme de réorganisation de la défense des côtes entrepris en 1841, la chefferie de Nice (capitaine Peaucellier) établit, en novembre 1861, le projet d'une «redoute batterie» autour de la tour : l'ouvrage pour 12 canons, 2 mortiers et 2 pièces légères est estimé à 510.000 F. Aucune suite ne sera donnée à ce projet.

Peut-être incorporée au domaine de l’État lors du rattachement, la tour ne semble pas avoir été classée, et a dû être aliénée très tôt, avant 1870. Elle n'est pas mentionnée dans l'historique du commandant Goetschy (1899) ni dans les états d'avancement des batteries de côte (1880), ou des propositions de déclassement de 1888. Elle est actuellement propriété privée, et en bon état.

Analyse architecturale

Édifice tronconique (compte tenu du fruit) d'environ 16 m de diamètre à la base, et 14 m de hauteur jusqu'à la crête du parapet supérieur. Extérieurement, le mur est couronné d'un cordon de magistrale portant un court tronçon de parapet ceinturant la plateforme.

Au nord-ouest - côté en principe le moins exposé - une bretèche, dont les deux corbeaux à deux ressauts en doucine droite coupent le cordon de magistrale, assure la verticale de l'entrée. Elle se prolonge latéralement, de chaque côté, par deux tronçons surélevés de parapet percés, chacun, d'un créneau à fusil à ébrasement extérieur.

Intérieurement, le volume est divisé en trois niveaux habitables, plus en sous-sol une citerne voûtée, le tout surmonté d'une terrasse dallée avec parapet.

L'entrée initiale s'ouvrait au troisième niveau, probablement desservie, extérieurement, par une rampe ou un escalier aujourd'hui disparu, comme dans les tours des îles d'Hyères, pour réduire les risques de surprise. Elle existe toujours, mais par un garde-corps, et le corridor d'accès en est barré par une porte en bois à translation verticale (porte-herse), cloutée extérieurement et renforcée de bandes de fer contre l'attaque à la hache. Cette porte coulisse verticalement dans les feuillures latérales d'un puits rectangulaire, ménagé dans l'épaisseur du mur, et qui en permet en outre la défense verticale, en plus de la bretèche. En haut de ce puits se trouve le treuil de manœuvre, en bois, actionné par leviers amovibles, et sur lequel s'enroulent les deux chaînes de suspension du vantail.

Une nouvelle entrée directe a été percée après coup au rez-de-chaussée et constitue l'entrée normale actuelle de l'édifice.

Vue intérieure du rez-de-chaussée.Vue intérieure du rez-de-chaussée.La circulation entre niveaux se fait par escalier à volées superposées montant dans l'épaisseur du mur extérieur. Les différents niveaux sont constitués d'une pièce centrale, circulaire, d'environ 7 m de diamètre, d'où rayonnent, extérieurement, 8 niches voûtées.

Le rez-de-chaussée est voûté en coupole, ainsi que le deuxième étage, dont la voûte porte la terrasse et comporte un oculus au zénith.

Le premier étage se limite actuellement à une simple mezzanine bordée, intérieurement, d'un garde-corps en bois, portant sur des corbeaux en pierre. Il n'est pas à exclure qu'il s'agisse là d'un aménagement résidentiel récent remplaçant un plancher général.

La terrasse (diamètre intérieur 10 m) est entourée d'un parapet en pierre de 65cm de haut et 2,6 m d'épaisseur, où l'on remarque, scellés, deux jeux ressemblant aux attaches des bragues d'un affût de canon de bord. Au pied de la face intérieure de ce parapet une rigole taillée dans la pierre recueille les eaux de puits pour les conduire, par un conduit vertical interne, vers la citerne.

Conclusion

Ouvrage simple, bien construit (moellons équarris), intéressant malgré l'absence d'éléments décoratifs, et en très bon état, accessoires compris. Du point de l'architecture militaire, on pourra faire d'intéressantes comparaisons avec plusieurs tours de Sardaigne ou de Corse (vers 1570 environ), la tour Balaguier à Toulon (1636) et celles de Descombes (1692) sur les côtes nord de Bretagne, pour ce qui touche aux similitudes ou aux différences.

Il serait intéressant, également, de déterminer les édifices similaires avec lesquels elle était éventuellement en liaison, et qui ont pu disparaître : on sait que, généralement, ce type d'édifice était établi comme composant d'une chaine, sorte de réseau d'alerte.

De la tour, on dispose de très vastes vues, surtout vers l'est, sur le golfe du Saint-Hospice jusqu'au Cap d'Ail, avec des prolongement sur la côte ligure.

Précision dénomination tour
Appellations fort-tour du Saint-Hospice, de la place forte de Nice
Dénominations édifice fortifié
Aire d'étude et canton Alpes-Maritimes - Villefranche-sur-Mer
Adresse Commune : Saint-Jean-Cap-Ferrat
Lieu-dit : Pointe de Saint-Hospice

Le fort du Saint-Hospice, réputé construit vers 1560 par Emmanuel-Philibert, duc de Savoie, est rasé en 1706 sur l'ordre de Louis XIV et n'est jamais rétabli. Selon des témoignages oraux, la tour est construite vers 1750 par le roi de Sardaigne et duc de Savoie, probablement comme ouvrage de surveillance côtière, dans la tradition des tours génoises de Corse, de Sardaigne, des Baléares, d'Italie. La tour ne semble pas avoir été classée, et a dû être aliénée très tôt, avant 1870.

Période(s) Principale : 18e siècle

La tour consiste en un édifice tronconique. Le volume intérieur est divisé en trois niveaux habitables, plus, au sous-sol, une citerne voûtée, le tout surmontée d'une terrasse dallée. La circulation entre les niveaux s'effectue par escalier à volées superposées. Les deux premiers étages sont voûtés en coupole, sachant que le deuxième forme une mezzanine au-dessus du précédent. Le troisième est voûté de même.

Murs pierre moellon
Plans rotonde
Étages 1 étage carré
Couvrements coupole
Couvertures terrasse
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier droit, en maçonnerie
Statut de la propriété propriété privée
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