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écart de Hyèges

Dossier IA04001557 réalisé en 2007

Fiche

Œuvres contenues

Appellations de Hyèges
Dénominations écart
Aire d'étude et canton Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var - Saint-André-les-Alpes
Adresse Commune : Moriez
Lieu-dit : Hyèges
Cadastre : 1838 A4 ; 1983 A4

Selon l'abbé Feraud, une pièce romaine du 1er siècle après JC, trouvée à Hyèges vers 1850, pourrait attester d'une occupation antique du site. Cependant, dans les pouillés, aucune trace d'’une église ou chapelle médiévale n'’a pu être trouvée. En revanche, Isnard retrace un état féodal à partir de 1508 avec la famille Arpilhe, puis la famille Puget entre 1509 et 1548, enfin le hameau passe sous l'autorité des seigneurs de Chailan (tout comme le bourg de Moriez) à partir de 1580 et jusqu'à la Révolution. L'église aurait été bénie en 1674. La carte de Cassini mentionne une succursale à Hyèges (ou Hièges), le hameau est représenté à la même période, soit dans la seconde moitié du 18e siècle, sur la carte militaire de Bourcet de la Saigne. Au 18e siècle également, appartiennent les 2 chronogrammes repérés dans le hameau : 1721 et 1757. Au 19e siècle, Hyèges est une paroisse qui comprend les hameaux des Chaillans (succursale de Lambruisse réunie à la paroisse de Hyèges en 1810), des Granges et du Castellet. La commune de Hyèges n'est rattachée à celle de Moriez qu'en 1968, une mairie annexe y est toujours installée.

En 1795, les habitants du hameau sont "au-delà de quarante" ; en 1840 (selon le questionnaire sur l'état des paroisses), la paroisse compte 350 âmes dont 265 dans le bourg ; en 1861, selon l'abbé Féraud, la paroisse de Hyèges, compte 205 âmes.

Sur la carte militaire dressée entre 1764 et 1769, le hameau apparaît très groupé, sans structure apparente, en bord du torrent, la route y arrive et en part sans pouvoir le traverser de manière rectiligne. En 1838 sur le cadastre napoléonien, le village s'est redessiné autour d'une croix à l'intersection de laquelle se trouve la placette avec la fontaine ; cette croix est formée par une route, celle de Moriez aux Chaillans, du nord au sud, et un chemin qui descend, vers l'ouest, vers le torrent et, au-delà, vers les Granges, et vers l'est, vers les hauteurs. En 1983, sur le cadastre moderne, le plan général du village a peu changé. En 1840, le paysage est décrit comme comprenant une multitude de ruisseaux et de sources "qui n'ont pas assez d'écoulements et rendent le climat peu sain et nuisible à la sante", Féraud parle également d'un terrain marécageux ; le nom de Hyèges (ou anciennement Hièges) aurait d'ailleurs comme origine deux mots latin hi aquis et, selon le curé en 1840, "cette conjecture, interprétation serait fondée sur la nature du site qu'elle présente car la plupart des maisons en sont bâties sur pilotis à l'endroit le plus marécageux et le plus malsain qu'on y puisse trouver, sans ordre quelconque".

En 1840 un aperçu de la vie quotidienne est donné par le curé desservant : le genre de vie y est "rustique, sobre et laborieux" et cependant mécréant. La présence d'une chambrette à Hyèges au 19e siècle, témoigne d'une vie sociale masculine assez active. Sans propriétaire "riche" selon le desservant, le travail consiste "dans la culture des terres et à soigner de nombreux mais petits troupeaux de brebis et à faire des toiles". En 1886, le hameau se dote d'une maison d'école, construite à l'entrée sud du village ; jusque là l'école état assurée par un maître dans une maison particulière, en 1840, 24 à 28 enfants fréquentent l'école en hiver (4 à 6 en été). Les habitants de Hyèges ont en effet, jusque dans les années 1980, et pendant environ un siècle, tout d'abord ramassé la lavande sauvage plus en hauteur sur les collines environnantes, puis cultivé cette plante dans les champs aux abords du village. Une coopérative pour distiller la lavande se trouvait à l'entrée du village, on peut encore y observer un alambic. En 1837, la commune construit un four à pain en parcelle 87.

Période(s) Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Dates 1721, porte la date
1757, porte la date

Le hameau de Hyèges se trouve dans la vallée de l'Asse de Moriez, à une altitude moyenne de 932 m, sur la route départementale de Moriez aux Chaillans, précisément entre le village de Moriez au sud et le hameau des Chaillans au nord. Le village est groupé autour de la placette où se trouve la fontaine, à son extrémité ouest coule le torrent de Hyèges et au centre du bourg, passe la route départementale. L'église est située en contrebas, au bord du torrent, l'école à l'entrée sud du bourg, isolée sur une parcelle. Un réseau assez important de canaux d'irrigation (déjà observable sur le cadastre napoléonien de 1838) est alimenté par le torrent de Hyèges et détermine un parcellaire en lanières orientées perpendiculairement aux canaux. Si l'habitat est très généralement groupé, 4 ou 5 fermes sont dispersées alentours du bourg. De plus, la déclivité des pentes à l'ouest et surtout à l'est du hameau étant relativement faible, la vallée est suffisamment large pour avoir un ensemble conséquent parcelles cultivées tout autour du hameau, notamment en blé. Les maisons sont construites en moellons de calcaire, traditionnellement recouvert d'un enduit de gypse rouge à pierres vues, plus récemment d'un enduit lisse. Les tuiles creuses couvrant des toits à longs pans sont souvent remplacées par du ciment amiante en couverture. La grande majorité des maisons, non totalement remaniées, possède au moins une partie agricoles en rez-de-chaussée ou en soubassement, et parfois en partie haute également (fenil).

Murs calcaire
enduit
Toit tuile creuse, ciment amiante en couverture
Couvertures toit à longs pans
Statut de la propriété propriété privée
propriété de la commune, []

Références documentaires

Documents d'archives
  • Procès-verbaux de visites pastorales, évêché de Senez, 1708-1723. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 G 18.

    Visites pastorales de 1708, 1718 et 1723.
  • Procès-verbaux de visites pastorales, évêché de Senez, 1745-1753, 1764 à 1768, 1775, 1779 à 1781, 1785 à 1788. Registre tenu successivement par Louis Jacques François de Vocance (évêque de Senez de 1741 à1756), Antoine-Joseph D'Amat de Volx (évêque de Senez de 1757 à 1771), Étienne François Xavier des Michels de Champorcin (évêque de Senez de 1771 à 1773), Jean-Baptiste Charles Marie de Beauvais (évêque de Senez de 1774 à 1783), Sixte-Louis-Constance Ruffo (Roux) de Bonneval (évêque de Senez de 1783 à 1784), Jean-Joseph-Victor de Castellane-Adhémar (évêque de Senez de 1784 à 1788). Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 G 19

    Visites pastorales de 1764, 1775 et 1785.
  • Procès verbal d'estimation et de divisions des biens nationaux du district de Castellane. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 Q 062

    L'estimation et l'attribution des maisons occupées par les desservants de Hyèges et des Chaillans posent problème. Dans la description de la situation de ces hameaux est mentionné le nombre de personnes y résidant : "celle de Hyèges aux habitants du même hameau qui sont au delà de quarante".
  • Questionnaire sur l'état des paroisses du diocèse de Digne, cantons de Reillanne à Volonne. 1840. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 V 78.

    Paroisse de Hyèges, dont dépend le hameau des Chaillans depuis 1810.
  • Etat de sections du cadastre de la commune de Moriez. 1882-1914. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne : 3 P 0941.

    Section A9 parcelle 87 : four à pain. Construction nouvelle, achevée en 1837, imposable en 1871.
  • Procès-verbal d'adjudication pour un four communal à Hyèges. 1838/02/13. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : E 133 / 18.

    Procès-verbal d'adjudication pour un four communal.
Documents figurés
  • Cartes des frontières Est de la France, de Colmars à Marseille. / Dessin à l'encre sur papier, par Jean Bourcet de La Saigne et Jean-Claude Eléonore Le Michaud d'Arçon, 1764-1778. Echelle 1/14000e. Cartothèque de l’Institut Géographique National, Saint-Mandé : CH 194 à 197.

    Feuille 195-22.
  • Plan cadastral de la commune de Moriez. / Dessin à l'encre par Bonnet, Duc, Frison, Nicolas, Rougier, 1838. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 105 Fi 133 / 001 à 028.

    Section A4.
Bibliographie
  • GRAS-BOURGUET. Antiquités de l'arrondissement de Castellane (Basses-Alpes). Digne : Repos, 1842, 314 p. : ill. ; 21 cm.

    p. 69-70 : Description d'une médaille romaine trouvée à Moriez.
  • FERAUD, Jean-Joseph-Maxime. Histoire, géographie et statistique du département des Basses-Alpes. Digne : Vial, 1861, 744 p.

    Eléments historiques sur la paroisse d'Hièges [sic].
  • ISNARD, Marie Zéphirin. Etat documentaire et féodal de la Haute-Provence. Digne : imprimerie Vial, 1913, 496 p.

    p. 188-189 : Etat féodal entre 1508 et la Révolution.
  • REPARAZ, André de. Les campagnes de l'ancienne Haute-Provence vues par les géographes du passé, 1880-1950. Mane : Les Alpes de Lumière, 2000, 180 p. : ill. ; 21 cm.

    p. 62 : "Les superficies effectivement reboisées [au premier janvier 1942] sont de deux sortes : d'une part celles "de l'Etat", commencées dès 1863 par Demontzey au col du Labouret et "en 1866 dans le bassin du Sasse." Un peu plus tard (1875 et vers 1890) dans la zone des Mées et les Préalpes de Digne, "travaux des Dourbes, de Barrême, de Moriez, de Moustiers, des vallées du Vanson et de l'Esduye...". p. 105 : "Dans la vaste zone des Préalpes de Digne, faite surtout de pauvres communes aux maigres ressources, la lavande fut souvent un recours. [...] "Moriez est la plus grosse commune lavandière des Préalpes de Digne ; de ses plantations et des baïassières elle tire 1200 à 1500 kg d'essence fine qui laissent loin à l'arrière le profit réalisé sur le 2000 moutons, sur le blé et sur le foin. Lavande et moutons, en montagne dignoise, vivent une profitable symbiose" (Blanchard R., 1945)". p. 154 : Au sujet des chemins de fer en Haute-Provence : "La seconde ligne, bien qu'affectée de l'infirmité [d'être à voie étroite], pénètre hardiment en pleine région préalpine, ce qui ne lui rend pas la vie plus facile ; elle doit ainsi, de Digne, escalader un éperon du plateau de Valensole pour rejoindre l'Asse, se couler dans les clues de Chabrières, remonter la vallée jusqu'à Moriez et emboucher un long tunnel pour gagner le haut Verdon, s'en évader vers le système du Var par des pentes atteignant 25mm et un défilé de tunnels et de viaducs." (Blanchard R., 1945)".
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