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écart de Chaudon

Dossier IA04001185 réalisé en 2008

Fiche

Œuvres contenues

Dénominations écart
Aire d'étude et canton Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var - Barrême
Adresse Commune : Chaudon-Norante
Lieu-dit : Chaudon
Cadastre : 1838 A3 ; 1986 A3

Dès le Moyen Âge Chaudon s’était vu adjoindre la communauté de Norante et en 1908 celle de Bédejun (en réalité La Clappe, tel qu’il apparaît sur le cadastre napoléonien levé en 1838, Bédejun n’étant qu’un lieu-dit sans vocation d’agglomération). Le décret du 28 janvier 1919 a procédé au changement de nom de la commune de Chaudon-Bédejun en celui de Chaudon-Norante, ce dernier village, largement développé entre-temps, ayant en effet atteint des proportions supérieures à celles de Chaudon dès 1840 (environ 280 personnes contre 150) et bien supérieures au sortir de la Première Guerre mondiale, quand Bédejun déclinait inexorablement. Le déclin de Chaudon sanctionne la primauté de Norante, au bord de l’Asse et de la route départementale 4085 Digne-Nice.L’écart de Chaudon constitua la zone d’habitat groupé la plus importante jusqu’au début du 19e siècle. Chaudon possédait encore à cette époque en effet plusieurs centaines d’habitants, si l’on compte la population des hameaux directement environnants. Le questionnaire sur l’état des paroisses réalisé vers 1840 mentionne une population totale de 300 habitants pour la paroisse de Chaudon, une moitié dans le village, l’autre moitié répartie dans les différents hameaux. Le même questionnaire signale que Norante était encore à cette date un hameau de Chaudon, bien que plus peuplé (rapport proche de 1 pour 2). La mise en fonction de la ligne du train dit des Pignes (le tronçon reliant reliant Digne-les-Bains à Saint-André-les-Alpes à partir de 1892) accentua cet état de fait, faisant basculer la dynamique vers le fond de vallée. Chaudon ne disposa jusqu’à la fin des années 1930 que d’un seul accès vers Digne, grâce à la voie impériale qu’emprunta l’empereur Napoléon Ier lors des Cent Jours, alors qu’il venait de quitter Barrême (il fit halte à la Clappe la nuit suivante). Le village disposait d’un presbytère en 1840, transformée en écurie puis en remise sur cave à la fin de la Première Guerre mondiale. On trouvait aussi une école qui a migré avant de fermer ses portes faute d’élèves. D’abord située entre 1908 et 1964 dans la maison à trois niveaux acquise par la mairie pour l’occasion et occupant l’ancienne parcelle 10, actuelle 380, au niveau 2, avant qu’un abaissement ne réduise son élévation et n’entraîne un déplacement au niveau 1, elle s’est installée à partir de 1965 dans une maison neuve (parcelle 366) qui remplaça un bâtiment délabré (ancienne parcelle 51). On dénombre deux moulins, un à eau et à farine et un à huile. Le moulin à huile de noix, sur l’actuelle parcelle A3 379 (ancienne parcelle A3 9 du cadastre napoléonien) a été complètement transformé mais il subsiste la pierre à l’intérieur. Le moulin à farine est situé en contrebas de la route aménagée à la fin des années 1930 (départementale 20), près du pont franchissant le ravin de la Coueste sur la route de Norante. Il n’en reste que des ruines et une bergerie attenante aux murs montés en essentage de bois y a été ajoutée récemment (actuelle parcelle A3 328). La lavande a joué un rôle important à Chaudon à la fin du 19e siècle et dans la première moitié du 20e siècle. À Chaudon même, la phase la plus prolifique atteignit son pic à la veille de la Première Guerre mondiale. La commune était partie prenante du phénomène, par ailleurs très lucratif, mais n’a pas versé dans la culture du lavandin. Les agriculteurs se contentaient de récolter la « fine », la lavande sauvage, sur les versants alors dépourvus de végétation arborée (buis et genêts en revanche étaient présents) de la Barre de Chaudon. Certains exploitants disposaient de leur propre alambic mais le village n’avait pas de distillerie fixe à proprement parler.

Période(s) Principale : Temps modernes
Principale : Epoque contemporaine

L’ancien village de Chaudon devenu écart occupe une situation entre 1 000 et 1 030 m d’altitude. Le cœur du village est circonscrit par deux ravins, celui dit du village qui borde des parcelles laniérées de cultures vivrières à l’ouest et un affluent à l’est, sans nom, qui traverse le hameau de la Lirette au sud. Les différents îlots sont construits autour d’un espace central avec deux bâtiments religieux dont l’ancienne église dédiée à Notre-Dame-du-Plan édifiée après 1633 et aujourd’hui détruite de façon à pallier l’éloignement de l’ancienne église construite en dehors du village. Le bâti lâche ne permet pas de déterminer une forme d’organisation du bâti spécifique. Les îlots ne sont pas homogènes et deux se détachent, au nord-est et au nord-ouest : le premier comporte 16 parcelles bâties plus l’église, le second 9, ce qui implique des parcelles irrégulières et parfois imbriquées mêlant maisons et entrepôts agricoles. On remarque à l’ouest et au sud deux vastes îlots avec un bâti bordant des parcelles de cultures (sûrement des jardins potagers à l’ouest avec le parcellaire laniéré). Dans l’îlot ouest comportant 35 parcelles dont 12 bâties il est évident que les constructions sont tournées vers les cultures, alors qu’à l’est le tissu fait appel à un modèle plus régulier de « centre urbain » de type maison avec cour bordant une rue même s’il est incongru d’employer ce terme pour un village aussi petit que Chaudon. Quoi qu’il en soit, le cœur du village ne comprend pas plus de 39 parcelles bâties, le complément se faisant avec les hameaux environnants dénombrés plus haut, tous à vocation agricole, tous desservis par un axe de communication, et présentant trois dispositions : alignée (le Coulet, la Bourgea, la Vignasse), groupée (Pré Château, les Gommiers, les Laurens, les Granges, la Lirette) ou éclatée (le Tourcha, Pré Jauffret, les Isoards).

Statut de la propriété propriété privée
propriété de la commune, []
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