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demeure d'industriel dite Villa la Sabranette ou Villa Santa-Clara

Dossier IA06001577 réalisé en 2006

Fiche

Genre d'industriel
Appellations Villa Santa Clara, Villa la Sabranette
Parties constituantes non étudiées jardin, cour
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Alpes-Maritimes - Grasse
Adresse Commune : Grasse
Adresse : 12 avenue Yves-Emmanuel-Baudoin
Cadastre : 1982 BM 142

En 1909, Pierre Ricord, entrepreneur de travaux publics à Grasse, acquiert un terrain situé sur le domaine de la Sabrane et attenant à l'usine de parfum Hugues Aîné. Il y fait construire une demeure, dont on peut penser qu'elle est achevée en 1916. Il la revend en 1919 à Eugène Charabot, qui vient de prendre le contrôle de la parfumerie, et fait procéder à partir de 1925 à d'importantes transformations conçues par l'architecte Léon Le Bel et réalisées par l'entreprise Thorand et Cie. La maison est augmentée d'une nouvelle façade et de divers ajouts ; une importante extension formant habitation et mur de clôture, grâce à plusieurs niveau de galerie et un campanile, est élevée sur une parcelle achetée en 1925, et reliée à la construction principale par un porche ; un jardin en terrasses, agrémenté d'une collection d'objets d'art et de ruines médiévales, est aménagé entre ce nouvel ensemble et l'usine. C'est l'ingénieur Albert Caquot qui a été chargé de la conception technique de la cour d'entrée.

Période(s) Principale : 1er quart 20e siècle
Secondaire : 2e quart 20e siècle
Auteur(s) Auteur : Caquot Albert,
Albert Caquot (1881 - 1976)

Ingénieur des ponts et chaussées. Il rejoint comme associé, en 1912, le bureau d’études de béton armé d’Armand Considère (1840-1914). A la mort d'Armand Considère, en 1914, le bureau devient Pelnard-Considère et Caquot. Il œuvre dans ce cadre de 1919 à 1928, de 1934 à 1938, puis à partir de 1940. Ses travaux concernent : le béton armé et la résistance des matériaux, le renouveau des ponts à haubans grâce au béton armé (Donzère Mondragon, 1952 : première réalisation au monde de ce type). Albert Caquot enseigne la résistance des matériaux dans les trois Écoles nationales supérieures des Mines, des Ponts et Chaussées et de l’Aéronautique.


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ingénieur, attribution par source
Auteur : Ricord Pierre, entrepreneur, attribution par source
Auteur : Thorand et Cie, entrepreneur, attribution par source
Personnalité : Charabot Eugène, commanditaire, attribution par source
Auteur : Le Bel Léon
Léon Le Bel (1883 - 1968)

DPLG, 1907. Élève de Maurice Denis, se lie avec Vlaminck et Derain. Spécialité avant-guerre de villas pour les industriels grassois et après-guerre de bâtiments industriels pour les parfumeries. Conçoit également des décors intérieurs et fait appel à des artistes comme Louis Süe, Rulhmann, Jaulmes, Jean-Gabriel Domergue, Richard Desvallières et Da Sylva. A travaillé à Cannes pour M. Hachette.


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La demeure patronale de la parfumerie Charabot, appelée Villa la Sabranette ou Villa Santa Clara, se compose de deux parties reliées par un porche. La déclivité du terrain a imposé d'aménager une cour d'entrée relativement petite encadrée d'un soubassement massif en béton armé sur lequel reposent les fondations ainsi qu'une terrasse entièrement recouverte d'une calade aux motifs géométriques variés. Au nord-ouest se trouve le principal corps de bâtiment, constitué d'un étage de soubassement abritant cuisine, buanderie, lingerie, chaufferie ; d'un rez-de-chaussée surélevé dans lequel un large vestibule donne accès à l'escalier d'honneur et, en enfilade, au grand salon, au petit salon puis à la salle à manger ; d'un premier étage carré pour les chambres ; d'un second, uniquement accessible par l'escalier de service (qui part de l'étage de soubassement), pour les chambres de bonnes et une dernière chambre d'apparat ; d'un étage carré dont la surface est beaucoup plus réduite que les précédents, où se trouvent une chambre de bonne et une ancienne citerne. La façade principale, au sud-est, a été augmentée d'une avancée formant balcon et loggia et au niveau de soubassement uniquement, d'une buanderie dans laquelle le lavoir à deux bassins, qui préexistait, a été englobé. Le second corps de bâtiment comporte, au-dessus d'un niveau de caves entièrement en béton, une bibliothèque au rez-de-chaussée surélevé, notamment ornées d'œœuvres en remploi (médaillons de bois, colonnes torsadées ou boiseries), une chambre et une salle de bain à l'étage carré, un niveau de comble. Un immense mur de clôture, au milieu duquel se dresse un campanile d'une vingtaine de mètres de hauteur, ferme la propriété au sud-ouest. Il est composé, pour ses niveaux deux et trois, de galeries ouvertes entre le second corps de bâtiment et le campanile, et de galeries superposées, fermées par des arcatures et couvertes en terrasses, au-delà du campanile. Une fontaine monumentale, située sous les galeries ouvertes, ferme la perspective de la terrasse. La différence de structure entre le bâtiment originel et les extensions des années 1920 est très nette. Les planchers séparant le soubassement du rez-de-chaussée surélevé dans la partie ancienne sont ainsi constitués de voûtains de briques alors que ce sont des dalles en béton banché qui ont été mises en œœuvre dans les parties les plus récentes. D'un point de vue formel, les deux parties ne se distinguent plus guère que de l'intérieur. A noter néanmoins la différence de couverture entre les parties d'origine qui sont couvertes en tuiles mécaniques et celles qui ont été ajoutées, qui font appel à la tuile creuse. A cette exception près, l'extérieur présente de manière uniforme un vocabulaire éclectique qui varie ainsi les baies en plein cintre et les arcs brisés, les formes géométriques et les consoles à ressauts en quart-de-rond, mais reste fortement dominé par les éléments d'une architecture néo-florentine très marquée : loggia, campanile, serlienne ou forme s'en rapprochant, puisque les baies des loggia inversent les dispositions habituelles de la serlienne (deux arcades en plein cintre entourent une baie couverte d'un linteau). Enfin, il faut signaler que des éléments décoratifs anciens ont été intégrés aux façades : médaillon en bas-relief, croisée en remploi, statues, urnes etc. à la mode des villas italiennes de la Renaissance.

Murs maçonnerie
béton armé
Toit tuile creuse, tuile mécanique, zinc en couverture
Couvertures toit en pavillon
toit à longs pans
croupe
Statut de la propriété propriété d'une société privée

Références documentaires

Documents figurés
  • La Sabranette (propriété de M. Charabot) vue de la terrasse des Aigualades ou miroirs d'eau (Le Bel, archit.). / Autochrome. Dans : " L'Illustration", 18 mars 1933, n° 4698, p. 325.

  • Un des cinq [sic] terrasses de la Sabranette vue par un des arceaux du cloître. / Autochrome. Dans : " L'Illustration", 18 mars 1933, n° 4698, p. 326.

  • Cour de la fontaine devant la maison construite dans le style florentin. / Autochrome. Dans : " L'Illustration", 18 mars 1933, n° 4698, p. 325.

  • Plan d'ensemble. / Dans : " Léon Le Bel - Architecte DPJG - Grasse - Travaux d'architecture", 1933, sp. Bibliothèque nationale de France, Paris : Ha191.

  • Le puits de la villa. / Santa Clara" et les antiques. Appartient à M. Sansoldi." / Dans : " La France et ses parfums", décembre 1962, n° 4698, p. 378.

  • Le puits de la villa Santa Clara et les antiques. Appartient à M. Sansoldi. / Photographie. Dans : " La France et ses parfums", décembre 1962, n° 4698, p. 378.

  • Cour de la fontaine devant la maison construite dans le style florentin. / Autochrome. Dans : "L'Illustration", 18 mars 1933, n° 4698, p. 325.

  • La Sabranette (propriété de M. Charabot) vue de la terrasse des Aigualades ou miroirs d'eau (Le Bel, archit.). / Autochrome. Dans : "L'Illustration", 18 mars 1933, n° 4698, p. 325.

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