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demeure (bastide)

Dossier IA84000380 réalisé en 1968

Fiche

HISTORIQUE

Appartenait à la famille d'Estienne-Dubourguet, d'après le cadastre de1727 1 qui mentionne une bastide de 64 cannes carrées et un jas de 10 cannes carrées au quartier de Saint-Hilaire.

DESCRIPTION

SITUATION ET COMPOSITION D' ENSEMBLE

L'édifice est situé à la sortie d'un vallon, dit "vallat de la Bourguette", surplombé au sud par une falaise calcaire d'environ 40 mètres de haut et au nord par un versant en forte pente.

Le chemin de la Bourguette, partant de la route de la Tour-d'Aigues à Mirabeau (chemin vicinal ordinaire n° 5) franchit le vallat par un pont à un confluent et se termine, après un coude, en une allée de marronniers. La masse des bâtiments, entourée de frondaisons - platanes , marronniers - , ne se découvre qu'aux abords immédiats.

L' édifice est construit au pied du versant nord. Il se compose de deux bâtiments parallèles, d'importance sensiblement égale, construits dans l'axe du vallat :

- au sud : le logis (A) est aspecté sur une terrasse ombragée de platanes. Au-delà de la terrasse et jusqu'au vallat s'étendent des cultures maraîchères. Il existe, dans les archives de la Bourguette, un projet d'aménagement de cet espace en jardin d'agrément (1834),

- au nord : séparé du logis par un chemin, les bâtiments d'exploitation (B).

Ce chemin conduit à l'est à une source abritée par une construction (C) entourée de platanes et à un bassin d'arrosage. Un bassin d'arrosage plus grand (D) est construit, 200 mètres à l'est, à l'extrémité de la propriété.

BÂTIMENT (A) - LOGIS

A) Matériaux et leur mise en œuvre :

Pierre calcaire locale. Murs en blocage crépi sur la façade antérieure ; seules les chaînes d'angle et les baies sont appareillées sauf celles du niveau supérieur. Les baies ouvertes dans les pignons après la construction sont en brique (pignon droit), à linteau de bois (pignon gauche).

Façade antérieure, partie gauche.Façade antérieure, partie gauche. Logis (A). Façade antérieure, contrefort à l'angle droit.Logis (A). Façade antérieure, contrefort à l'angle droit.

B) Parti général - Plan, coupe - Élévations intérieures :

Bâtiment de plan rectangulaire (19,50 m x 10, 50 m H.O.), double en profondeur. Le plan primitif, de dimensions plus réduites (13 m x 10, 50 m H.O.) , a été agrandi vers l'ouest (le collage est évident sur les façades) l'escalier autrefois dans la partie antérieure gauche, est aujourd'hui central.

Le rez-de-chaussée, réservé au service, est constitué de trois pièces voûtées en berceau plein cintre transversal encadrant la cage d'escalier et la cuisine (plafonnée). Les étages sont occupés par deux logements indépendants : le logement des maîtres qui occupe les trois-quarts de la surface, et celui des fermiers, situé dans l'angle postérieur droit ; il ne comprend qu'une pièce par étage. Cette disposition caractéristique est commune à plusieurs "bastides" étudiées dans le canton de Pertuis.

Édifice à un étage et un demi-étage dans le comble, en partie plafonné (galetas). Construit sur le versant, le bâtiment utilise la dénivellation : les pièces voûtées du rez-de-chaussée sont en partie creusées dans la roche en place (safre) et l'accès au premier étage est de plain pied sur la façade postérieure.

La cage d'escalier est surmontée d'un pigeonnier de plan carré en retrait sur la façade antérieure.

C) Élévations extérieures

La façade antérieure présente une sobre ordonnance à trois niveaux de cinq travées. Les trois travées centrales, régulières, sont séparées des travées extrêmes par un trumeau plus large, notamment à gauche (extension de la construction).

La façade postérieure est à deux niveaux. La répartition des baies y met en évidence la dualité des fonctions d'habitation insensible sur la façade antérieure, entièrement réservée au logement des maîtres :

- la partie droite, réservée aux maîtres, est percée de trois travées de baies semblables à celles de la façade antérieure,

- la partie gauche, réservée au logement des fermiers, est aveugle, sauf une petite fenêtre de percement récent. Ce logement est aspecté sur le pignon droit.

Logis (A). Façade postérieure.Logis (A). Façade postérieure. Logis (A). Pignon droit.Logis (A). Pignon droit.

Un contrefort affectant la forme d'un pilastre contrebute les façades aux angles du pignon droit ; sur la façade antérieure, il est rythmé par un bandeau plat au niveau de l'appui et de l'arc des baies du deuxième niveau et sous la génoise ; le bandeau inférieur fait retour sur le pignon et s'y poursuit dans l'appui de la fenêtre de la chambre c ; il présente une base et un chapiteau à mi-hauteur du premier niveau sur la façade postérieure.

Des pierres en attente aux angles du pignon gauche, les baies percées à la hâte dans ce pignon sont les témoins d 'un projet d'agrandissement - 1839 - non réalisé.

Une génoise à trois rangs de tuiles porte l’égout de la toiture sur les deux façades. Les baies sont couvertes d'un arc en segment, sauf, sur la façade antérieure, la porte charretière de la travée gauche, en anse de panier ; leur chambranle est appareillé, sauf au niveau supérieur.

Les portes ont une clé saillante passante ; celle de l'escalier sur la façade antérieure est décorée d'une agrafe à motif végétal.

D) Combles et couvertures :

Toit à deux pentes dissymétriques. Pigeonnier couvert en appentis. Tuiles romaines. La charpente n'est pas visible.

E) Distribution intérieure :

a) Rez-de-chaussée : entièrement réservé au service.

La cage d'escalier et la cuisine sont entourées de trois pièces voûtées : à gauche une écurie, derrière une cave, à droite un fournil. Le four, visible sur le relevé de 1839, a été détruit. Ces trois pièces ont un sol en terre battue.

Escalier.

Cuisine : a conservé ses principaux aménagements : évier à gauche de la fenêtre au revers du mur de façade, cheminée sur le refend droit, deux placards au fond ; le potager contre le refend gauche a disparu.

Logis (A). Rez-de-chaussée. Cuisine. Mur est : cheminée.Logis (A). Rez-de-chaussée. Cuisine. Mur est : cheminée. Logis (A). Rez-de-chaussée. Cuisine. Mur sud : évier monolithe.Logis (A). Rez-de-chaussée. Cuisine. Mur sud : évier monolithe.

Évier monolithe en calcaire dur (1, 45 m x 0 ,60 m) avec cuve (0,84m x 0,50 m x 0,06 m) et paillasse. Le mur au-dessus de l'évier est carrelé de mallons vernissés rouges ( 0, 22 m x 0, 22 m ).

Cheminée large de 1, 80 m, à foyer surélevé (une réserve à bois protégée par une porte de fer est ménagée sous le foyer).

b) Logement des maîtres

Premier étage (étage noble) : il comprend, dans la partie antérieure du corps, trois pièces d'apparat en enfilade : un salon (a) séparé des deux autres, salle-à-manger (b) et chambre (c) par la cage d'escalier. Cette enfilade prend jour en façade, le salon(a) et la chambre (c) possèdent également une fenêtre sur le pignon - celle du salon de percement récent - . Le salon et la salle-à-manger ont une cheminée de noyer adossée au refend. Les sols sont carrelés de mallons (0 08 m x 0,17 m). Les plafonds, à poutres apparentes, transversales en (a), longitudinales en (b) et (c), sont entièrement enduits de plâtre, les murs décorés de gypseries, la salle-à-manger a conservé également un ensemble de tentures peintes.

Dans la partie postérieure du corps, trois pièces plus petites communiquent avec (a) et (b) par des portes dans le refend et sont ouvertes de plain-pied sur la façade postérieure ; ces pièces ont été refaites : elles sont couvertes d'un plafond à poutres apparentes enduites, transversales en (d) et (e), longitudinales en (f) qui a conservé une cheminée d'angle. Les sols sont carrelés de tomettes.

Second étage : entièrement refait et redistribué par des cloisons. La distribution, sensiblement la même qu'au premier étage, comportait six chambres (galetas).

c) Logement des fermiers

Refait dans son ensemble ; il comporte une cuisine au premier étage et une chambre au second. Ce logement est desservi par un escalier avec une aile à deux volées dans l'angle sud-ouest (mêmes matériaux que l'escalier principal).

Cette demeure a conservé la quasi totalité de ses menuiseries d'origine : portes, fenêtres, volets, contrevents.

Logis (A). Premier étage. Salon. Décor peint et stuc au-dessus de la cheminée.Logis (A). Premier étage. Salon. Décor peint et stuc au-dessus de la cheminée.

ESCALIER

Tournant suspendu

MATÉRIAUX et leur MISE EN ŒUVRE : cage en blocage - marche en blocage, bois et plâtre - giron mallonné (0 ,17 m x 0,08 m) - nez de bois

- CAGE : - emplacement central, dans la partie antérieure du bâtiment

- plan : rectangulaire (2,30 m x 5,30 m)

- RÉVOLUTIONS et VOLÉES :

- nombre : 5

- sens : à droite

- départ : dans cage

- Palier-révolution : 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

- Différence de niveau : 3,00 3,00 1,50

- Nombre de volées : 2 2 1

- MARCHES :

- Volée- Révolution : 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

- Nombre de marches : 8 9 9 9 8

- Profondeur du giron : 0,35 0,35 0, 35 0, 35 0, 26

- Hauteur contre marche : 0,17 o, 17 o, 17 0, 17 0, 24

- Emmarchement : 110 110 110 110 0, 77

- Plafond : plâtre

- LIMON : à la française

- Rampe : fer forgé

- JOUR : rectangulaire (0,20 m x 2,60 m)

- ORGANISATION DES PALIERS : 2 portes d'enfilade par palier

- COUVERTURE DES PALIERS : plafond enduit

- COUVERTURE DE LA CAGE : comble en appentis enduit

- ÉCLAIRAGE : une fenêtre par palier

- DÉCOR : rampe de fer forgé à alternance de barreaux droits et ondulés sous une frise de volutes.

NOTE DE SYNTHÈSE

Cette bastide aristocratique, comparable à d'autres étudiées dans le canton de Pertuis, présente un intérêt tout particulier :

- elle constitue un des exemples les plus caractéristiques de ce type d'édifice par la simplicité de son parti architectural, la qualité des bâtiments annexes et du site en général

- elle a conservé la quasi totalité de ses aménagements et de son décor.

L'analyse du décor de gypseries confirme ce que l'étude architecturale suggérait, à savoir une construction en deux campagnes, vraisemblablement assez rapprochées (première moitié du XVIIIe siècle pour la partie droite, milieu du XVIIIe siècle pour la partie gauche) et très bien raccordées. Une troisième campagne confiée en 1834 à un architecte aixois, qui devait accroître encore le logis vers l'ouest et permettre l'aménagement des abords en jardin d'agrément, n'a pu être réalisée.

Logis (A). Premier étage. Salle à manger mur ouest. Porte.Logis (A). Premier étage. Salle à manger mur ouest. Porte.

1A.C. La Tour-d'Aigues. Cadastre de 1727.
Précision dénomination bastide
Parties constituantes non étudiées pigeonnier, bergerie, porcherie, fontaine
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Pertuis
Adresse Commune : La Tour-d'Aigues
Lieu-dit : La Bourgette
Cadastre : 1939 D 271 ; 1837 D 276

Bastide de la famille Estienne du Bourguet, construite avant 1727 ; projet d'agrandissement non réalisé en 1839 ; dépendances agricoles agrandies au 19e siècle

Période(s) Principale : 4e quart 17e siècle
Principale : 1er quart 18e siècle
Auteur(s) Auteur : maître d'oeuvre inconnu

Grand corps de logis rectangulaire, double en profondeur, d'un étage carré et un étage de comble en surcroît sur rez-de-chaussée voûté en berceau plein-cintre ; étages desservis par un escalier central surmonté d'un pigeonnier et un escalier secondaire rampe sur rampe ; élévations à travées de baies segmentaires, cantonnées de pilastre en pierre de taille ; au rez-de-chaussée cuisine équipée ; à l'étage décors intérieurs en gypserie et toile peinte et menuiseries en noyer ; dépendances agricoles en 5 corps de bâtiment contigus, contenant une bergerie voûtée en berceau plein-cintre et une étable surmontées d'un étage (fenil et magnanerie) accessible par un escalier à 2 volées, l'une extérieure, l'autre intérieure, une porcherie et une remise ; dans le jardin, fontaine à réservoir voûté enterré avec élévation antérieure en pierre de taille couronnée d'un fronton triangulaire. Dimensions : 190 h ; 225 la.

Murs molasse
enduit
pierre de taille
moellon
Toit tuile creuse
Étages 1 étage carré, étage en surcroît
Couvrements voûte en berceau plein-cintre
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
appentis
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie
escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours sans jour, en maçonnerie
escalier de distribution extérieur : escalier droit, en maçonnerie
Techniques décor stuqué
peinture
menuiserie
ferronnerie
Précision représentations

sujet : alternance de barreaux droits et ondulés sous une frise de volute, support : rampe de l'escalier principal

Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Cadastre [La Tour-d'Aigues], 1727. Archives communales, La Tour-d'Aigues.

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