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Cinéma dit L'Escurial

Dossier IA06003882 réalisé en 2019

Fiche

Destinations établissement de danse, supermarché
Dénominations cinéma
Aire d'étude et canton Nice - Nice
Adresse Commune : Nice
Lieu-dit : Thiers
Adresse : 29 rue Alphonse-Karr
Cadastre : 2019 LA 0293

Le cinéma ouvre en 1933. Il comporte 1600 places, ce qui en fait le plus important de la ville. Il est exploité jusqu'en 1980. Il est transformé en discothèque puis en supermarché en 2012. C'est à cette occasion que le volume de la salle et les peintures décoratives d'Eugène Doucet (jusqu'alors protégées par des cloisons) sont détruits. De l'intérieur, seul demeure l'orgue (du facteur Auguste Convers), démonté en 1980 et conservé par la ville.

Période(s) Principale : 2e quart 20e siècle , porte la date
Dates 1933, porte la date
Auteur(s) Auteur : Varthaliti Léonard,
Léonard Varthaliti (1881 - 1966)

Léonard Varthaliti, architecte diplômé de l'École royale des Beaux-Arts de Rome vers 1905. Installé dans sa ville natale de Constantinople (aujourd'hui Istanbul), il s'établit plus tard sur la Côte d'Azur, plus précisément à Nice (son agence au 2, rue d'Angleterre). Il collabore avec l'architecte Kevork Arsenian.


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architecte, signature
Auteur : Doucet Eugène,
Eugène Doucet

Peintre notamment des fresques intérieures de l'église Notre-Dame-Auxiliatrice à Nice. Réside au 23 avenue du Ray à Nice.


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peintre, attribution par source
Auteur : Convers Auguste,
Auguste Convers (1884 - 1976)

Facteur d'orgue ayant un temps travaillé pour l'entreprise Cavaillé-Coll avant de créer sa propre manufacture. Il a réalisé notamment des orgues de cinéma dont l'orgue du cinéma Escurial à Nice (1933)


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fabricant, attribution par source

Ce cinéma a fait l'objet de nombreuses descriptions dans les revues d'architecture au moment de sa construction, loué pour son luxe et sa modernité. L'immeuble de logements L'Escurial (référence IA06003445) surmontant le cinéma participait de l'effet global de temple au 7ème Art avec un édicule sommital arrondi, éclairé le soir, de même que les travées surmontant et entourant l'entrée. Afin d'être visible de l'avenue principale de la ville (avenue de la Victoire, aujourd'hui Jean-Médecin), l'entrée se faisait en coin. L'entrée du cinéma était individualisée du reste de la façade par un parement de duralumium poli (alliage de cuivre, magnésium, aluminium et de manganèse), matériau connu depuis 1908 mais utilisé depuis les années 1930 dans le domaine de l'aéronautique. Du hall partait une galerie qui desservait la salle à laquelle on accédait par l'un des côtés et par le fond. Cette galerie permettait aussi d'accéder aux escaliers desservant le balcon. La salle était en éventail, suivant la forme irrégulière de la parcelle mais l'époque privilégiait aussi cette forme pour les salles de cinéma afin de bénéficier de la meilleure acoustique et visibilité. Etaient remarquées les colonnes, alignées sur les murs latéraux, permettant de supporter l'immeuble au-dessus du vide de la salle. La salle était connue pour ses peintures à la détrempe sur panneau d'isorel représentant d'un côté, une scène de l'époque de Périclès (tirée de la procession des Panaténées du Parthénon) et de l'autre un triomphe devant l'arc de Titus à Rome, du temps de l'Empereur Antonin. Un plafond en vagues de staff couronnait l'ensemble. Les torchères de la galerie servaient en même temps de bouche d'aération et une climatisation était obtenue par le passage d'air sur des pains de glace. L'éclairage de la façade et de la salle comportaient 4550 ampoules. Son orgue possédait 15 jeux et présentait l'innovation d'une harpe à ondes électriques sonores. Les tuyaux étaient cachés dans des "chambres expressives" ouvertes sur la salle par des jalousies réglables. Il devait être destiné aux entractes, le cinéma étant inauguré à l'époque du parlant.

Lors de la transformation en supermarché, des ferronneries ont été installées en façade, copiées sur celles de la porte d'entrée de l'immeuble. En effet, à l'origine, le cinéma n'en possédait pas, le hall étant à l'origine totalement ouvert sur la rue et fermé le soir par des volets grillagés.

Couvrements
Énergies
Techniques
Statut de la propriété propriété d'une personne privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Dossier cinéma Escurial, archives communales, Nice : 36 w 24

Documents figurés
  • [cinéma l'Escurial, Nice], dossier, Direction régionale des affaires culturelles de Provence-Alpes-Côte d’Azur, Conservation régionale des Monuments historiques, Aix-en-Provence

Bibliographie
  • PREDAL, René, Les cinémas à Nice des années 30 à nos jours. Nice : Revue de la cinémathèque de Nice, 2010. Collection Hors-série. 169 p. ; 22 cm.

    p. 124
  • NICOLI, Laurence. Nice et ses cinémas : histoire et architecture : 1920-1941. Mémoire de Maîtrise : histoire des arts et archéologie : Aix-en-Provence : 2002

    p.83
  • Roberte Dallo. Art déco, une méditerranée heureuse. E Gilletta, 2015. 165p. ISBN 9782359560657

    p.67
  • "Palais l'Escurial", Béton armé (revue), n°339 mai 1936 et n°340, juin 1936

    Bibliothèque nationale de France, Paris
  • VARTHALITI, Léonard. Travaux d'architecture. Strasbourg : Edai, [1934]. 6 planches

    Bibliothèque nationale de France, Paris : EST.HD 509 in 4°
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général ; (c) Ville de Nice - Prédal Christophe
Christophe Prédal

Responsable de la cellule "inventaire du patrimoine architectural et paysager" à la ville de Nice, depuis septembre 2018.


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