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Château

Dossier IA84000103 réalisé en 1969

Fiche

HISTORIQUE

A Grambois, trois édifices ont successivement servi de résidence seigneuriale. Du château primitif on n'a aucune trace. Au début du XVIe siècle, on désignait sous le nom de château une grande maison située entre la place, la rue allant au Portal nou et une ruelle conduisant au four. En très mauvais état déjà en 1537 - au point que le seigneur dut faire étayer les murs - cet édifice s'effondra en 1553.

En 1589, Jean de Gautier invoqua les nécessités de la défense du village pour mettre la main sur la maison claustrale alors inhabitée et à demi ruinée. Cette maison confrontait l'enceinte urbaine, l'église et quelques autres maisons ou casaux que le seigneur acheta aux particuliers qui les possédaient. A la place du pâté de maisons, Jean de Gautier fit construire son château, grosse demeure de type urbain singularisée par une tour d'angle ronde, dont les frères Antoine et Jean Barrière réalisèrent le gros œuvre en maçonnerie enduite et maître Nicolas Bérard les baies (grande porte, croisée, demi-croisées, fenêtres bâtardes), cordons et corniches de la façade ; le tout, complété par des jardins en terrasse aménagés sur l'arrière, était achevé en août 1590. Le prieur de Grambois protesta en vain et n'obtint en échange qu'une petite maison du village pour le logement du clergé paroissial. Le nouveau château resta aux mains des seigneurs et de leurs descendants jusqu'en 1879. Michel-Jules de Roquesante fit vers 1730 transformer la façade telle qu'on la voit aujourd'hui. Une des pièces du premier étage conserve un décor de gypseries du XVIIIe siècle.

DESCRIPTION

Situation et composition d'ensemble

Adossé à l'angle nord-ouest de l'église, l'édifice est bordé par la Place, au nord, par une terrasse et des jardins, à l'ouest par une ruelle. Peu remarquable par son architecture, le château est surtout mis en évidence par sa grosse tour ronde qui forme le contrepoint du beffroi de l'église.

Matériaux et leur mise en œuvre

Ils n'ont pas été étudiés : toute la construction est enduite.

Parti général, plan, coupes et élévations intérieures

L'édifice forme un gros quadrilatère irrégulier, orienté au sud et flanqué au sud-ouest d'une tour circulaire presque entièrement dégagée, accolée à une aile en ressaut de plan rectangulaire. La distribution intérieure irrégulière se développe autour de la cage de l'escalier principal qui occupe une position centrale ; on y accède par un vestibule donnant sur la façade antérieure à gauche duquel se trouve l'escalier descendant à la cave.

Le sous-sol se compose de trois salles correspondant à peu près aux salles du rez-de-chaussée, situées sous la partie nord du château.

La salle principale, de plain-pied avec la terrasse postérieure, est couverte de quatre travées d'arêtes retombant sur un pilier central; elle est flanquée de plusieurs niches et renfoncements. Les deux autres salles ne présentent rien de particulier ; la grande salle ouest, ouvre sur des caves plus anciennes situées sous la rue, où se trouverait l'entrée d'un "souterrain".

L'édifice compte deux étages carrés sans intérêt. Seule une pièce située au premier étage au-dessus de l'escalier de la cave et du vestibule, et donnant sur la tour, conserve un décor de gypseries.

Élévations extérieures

- Façade antérieure sud

Elle se compose de trois parties distinctes : la façade principale, la tour et la façade de l'aile ouest.

La façade principale comprend trois niveaux de trois travées de fenêtres en arc en segment à chambranle saillant ; au premier niveau, la travée centrale présente : deux portes juxtaposées, la porte d'entrée et une porte secondaire en arc en segment.

La tour est percée d'une travée de portes-fenêtres donnant sur un balcon aux deux niveaux supérieurs et d'une fenêtre au premier niveau. Elle est plus élevée que le reste de la façade.

La façade de l'aile ouest est percée sur ses trois niveaux d'une travée de fenêtres.

Sur ces trois parties, les niveaux sont séparés par des cordons ; les fenêtres des niveaux supérieurs sont reliées par des bandeaux verticaux dans le prolongement des piédroits. Couronnement d'une génoise à deux rangs.

- Façade postérieure

Elle est moderne et en partie refaite.

- Façade latérale gauche

Mur pignon enduit percé au premier niveau d'un fenestron.

- Façade latérale droite

Elle est en partie cachée par un bâtiment moderne accolé au côté nord de l'église.

BAIE

Porte de la façade sud

Type de baie : porte piétonne

Matériau : calcaire jaune

Structure : - Embrasure : droite-simple

- Arc : - extérieur : plein cintre

- intérieur : linteau droit

- Clé saillante et passante

- Piédroits : sans bases, avec impostes et feuillure intérieure

Décor :

Architecture : l'arc mouluré, dont la clé est en forme de volute, est encadré de deux pilastres couronnés de chapiteaux ornés de feuilles d'eau et portant un entablement percé au centre d'un oculus ovale.

Combles et couverture

Non étudiés. Tuiles creuses.

Distribution intérieure

Les caves ont été aménagées en pièces de service pour une colonie de vacances. Tous les murs sont enduits. Les baies de la grande salle donnant sur la terrasse sont modernes et se raccordent mal avec les voûtes.

La cage d'escalier.

Une seconde cage d'escalier, moderne, a été installée dans l'aile en ressaut : de plan rectangulaire, c'est un escalier en vis à gauche, desservant tous les niveaux et éclairé au nord par des oculi ovales. Il est construit en bois et en plâtre ; les marches, au nez de bois sont mallonnées.

Premier étage

La pièce du premier étage au-dessus du vestibule, conserve un décor de gypserie qui comprend un dessus de porte, une cheminée et le plafond à voussures. L'ensemble est en bon état de conservation. Les reliefs sont à peine empâtés sous les enduits.

Le dessus de porte est un cadre moulure rectangulaire dont les angles supérieurs sont échancrés et ornés de motifs végétaux ; au centre du côté supérieur, se trouve une palmette : le bord inférieur est cintré au-dessus d'un amour guerrier debout parmi des attributs militaires.

La porte dont le chambranle est mouluré, est murée.

La cheminée se compose d'un chambranle moderne à capucine, en marbre noir, et d'une hotte dont le décor est intact : deux sortes de pilastres encadrent un avant-corps orné d'un grand panneau dont le tympan est surmonté d'un cadre ovale dans lequel est figurée Minerve, en haut-relief.

Les motifs décoratifs sont fins et encore très lisibles sous le badigeon.

ESCALIER

Matériaux et leur mise en œuvre : escalier en pierre, marches rhabillées (nez de bois, mallons), rampes en plâtre.

Cage : - emplacement : cf plan commun au château et à l'église

- plan : rectangulaire très large (3,67 m).

Forme : escalier de deux volées droites parallèles, limon sur limon, à retour gauche sur deux étages.

Volées : - nombre : quatre

- à gauche

- palier : deux

- nombre de volées : quatre

Marches : - profilées oui {nez de bois)

- plafond : plat, sous les volées.

Limon : enduit

Rampe : balustres carrés en plâtre (h : 0,55m). Le balustre de départ est massif, surmonté d'une boule de marbre polychrome. La rampe fait un retour à gauche au deuxième étage.

Mur d'échiffre : évidé au départ de chaque volée.

Organisation des paliers : communications directes avec les pièces des étages.

Couverture des paliers : plafond.

Couverture de la cage : plafond.

Le décor du plafond se compose de la voussure qui fait la liaison avec les murs, et d'une rosace centrale.

La voussure qui se développe au-dessus d'une corniche moulurée, en ressaut au droit de la hotte de la cheminée, porte des scènes allégoriques des quatre saisons :

- l'hiver : un vieillard est assis devant un brasero dont un amour ranime le feu avec un soufflet, tandis que sur le côté droit, un second amour joue de la flûte.

- le printemps : deux amours dansent parmi les fleurs, au rythme du tambour d'un troisième.

- l'été : deux amours moissonnent, munis de faucilles ; un troisième est agenouillé et donne des grains à une oie.

- l'automne : deux amours mangent des raisins, tandis que le troisième boit dans un gobelet.

Les quatre scènes sont traitées de la même manière que celle du dessus de porte, en bas relief, assez empâté ; les corps sont adroitement traités, le modelé est assez simple ; les têtes, volumineuses, semblent stéréotypées.

Les angles nord-est et sud-est sont ornés d'une palmette entourée de rinceaux et encadrée de deux vases : un pot à feu et une aiguière. La rosace se compose essentiellement de riches guirlandes de fleurs retenues par des rubans à des vases alternant avec des médaillons où sont figurés des profils de figures féminines. La rosace est en excellent état.

Dénominations château
Aire d'étude et canton Pertuis
Adresse Commune : Grambois
Cadastre : 1953 H 54, 55 ; 1838 H 20

Édifice construit en 1589 et 1590 sur les ruines de l'ancien logis prioral attenant à l'église paroissiale par 3 maçons pertuisiens, Nicolas Bérard, Antoine et Jean Barrière, pour le seigneur Jean de Gautier ; agrandi et remanié vers 1730 extérieurement (élévations) et intérieurement (escalier, distribution, décor de gypserie) ; remanié au 20e siècle (2e escalier en vis, décors intérieurs).

Période(s) Principale : 4e quart 16e siècle
Principale : 4e quart 18e siècle
Dates 1589, daté par source
Auteur(s) Auteur : Bérard Nicolas, maçon, attribution par source
Auteur : Barrière Antoine, maçon, attribution par source
Auteur : Barrière Jean, maçon, attribution par source

Edifice de plan massé, flanqué au sud-ouest d'une tour ronde ; étage de soubassement voûté d'arêtes ouvrant sur une terrasse ; 2 étages carrés desservis par un escalier rampe sur rampe à mur d'échiffre évidé et rampe à balustres en plâtre ; au 1er étage salon orné de panneaux en gypserie ; élévation sud à 5 travées de baies segmentaires, avec porte à décor architecturé

Murs molasse
enduit
moellon
pierre de taille
Toit tuile creuse
Étages étage de soubassement, 2 étages carrés
Couvrements voûte d'arêtes
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours sans jour, suspendu
Techniques sculpture
décor stuqué
Représentations ordre toscan putto arme déesse saison rosace
Précision représentations

sujet : ordre toscan, support : porte d'entrée ; sujet : putto ailé entouré d'armes, support : dessus de porte ; sujet : minerve, support : hotte de cheminée ; sujet : les 4 saisons, support : voussure du plafond ; sujet : rosace, support : plafond

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Rapport d'expertise du domaine des seigneurs de Grambois, 23 juin 1606.

    Rapport des biens seigneuriaulx du lieu de Gramboys

    Dudit jour ... ont faict rapport à moy notaire royal soubsigné noble Anthoyne Danjou et cappitaine Eyries Roy de ceste ville de Pertuys que, suyvant le pouvoyr à eulx donné par l'acte d'eschange de fruictz passé entre le sieur Gramboys monsieur Jean de Gautier et Claude de Gautier escuyer dudit lieu son filz receu par maistre Honnoré Gilles notaire d'Aix le segond jour d'octobre mil six cens et deux et à la requeste desdits sieurs pere et filz, ilz se sont acheminés audit lieu de Gramboys puys le douziesme du present moys et an pour proceder au faict de leur comission qui est de visiter l'estat et quallité auquel sont de present les biens de ladite seigneurie.

    Où arrivés, ont visité en premier lieu le chasteau, qu'ilz ont truvé entourné d'ung fossé du cousté du couchant servant à present de garenne, despuys la maison de Gauvan Cayre jusques à la tour ronde est revestu de murailhe d'environ sept pans d'ault par le dheors jusques à la tour et d'icelle jusques contre l'esglise continue ladite murailhe environ douze pans d'ault, fermant la basse court où soulloit estre le pont levis dudit chasteau.

    Plus la grande murailhe neufve faicte sur le nouveau dessain de bastir jougnant ladite tour, laquelle est aussi neufve , le tout sepparé de la maison vieilhe d'environ cinq pans. La grande porte est de tailhe avec sa cournisse et le boys est du boys blanc. A ladite murailhe environ dix pans d'ault y a deux petites fenestres quarrées trellissées de fer. Au millieu d'icelle murailhe, une croysiere et deux demy croysieres, le tout de pierre de tailhe, avec le courdon tout du long et à l'entour de ladite tour ; et au dessus de ladite croysiere y a une grande ouverture pour en fere une autre et à chasque cousté une ouverture pour demy croysieres. Ladite tour ronde couverte de thuiles et la murailhe de la maison le long du foussé chaussée à la mesure de l'autre pour le nouveau bastiment et au bout d'icelle une garitte neufve dans laquelle est le privé.

    Et apprès sont entrés dans la maison et truvé à main dextre l'entrée du tinail et de la cave basse. Lequel tinail est soubz la chambre que soulloit estre salle. Le planchier est fort vieulx, une fuste rompue, la plus proche de la porte, les travettes posées fort large et vieilhes, les murailhes doibvent estre soubstenues à cause qu'elles surpassent la mallaussenne sive roc sur lequel elles sont basties pour s'estre de soy mesme miné et rongé. Dansla cave basse, l' esgout de la pluye y penetre tant à l'endroit de la basse court du cousté de la prison que à occasion de l'huyde par où coullent les eaulx de ladite basse court passant dessus ladite cave, qui est rampli ou rompeu, à quoy est besoing remedier.

    Plus à main gauche de ladite entrée y a à plain pied une despance sive charnier avec une fenestre trellisée, le tout bon.

    Plus dudit cousté contre le foussé est l'autre cave, à laquelle n'y a poinct de porte, toutesfoys tout le reste en bon estat fors qu'est besoing rebouquar la murailhe en deux ou troys endroys.

    Plus à cousté d'icelle y a une estage, dans laquel le on tient le boys, contre le barry, et la murailhe dudit estage devers ladite court a besoing d'estrerebouquade.

    Plus au bout de ladite basse court contre l'esglize est la prison faicte de neuf, le tout fermé avec bonnes portes de boys blanc.

    Et de là sont entrés à la salle dudict chasteau, laquelle est du cousté du septentrion, où y a une croysiere à chassis dourmant avec ses quatre vitres. Le canon de la cheminée au plus hault a esté faict de nouveau par ledit filz d'environ dix pans d'ault avec ses chappiteaus. La garde robbe à plain pied de ladite salle n'y a qu'un peu de jour avec une petite vitre, le tout bon fors que du cousté du levant la murailhe s'esquarte ung peu.

    A la chambre que soulloit estre salle y a une croysiere, les portes de noyer avec ses vitres bonnes, le soullier fort vieulx et pedassat et le planchier enfustat fort large et vieulx.

    La garde robbe devers l'esglize de mesmes avec ung fenestron avec sa vitre. Le cabinet du cousté du couchant enfustat de mesmes avec une cheminée planouge, une demy croysiere avec ung autre fenestron avec leur vitres, le plancher neuf et bon fors que du cousté de la cheminée il s'est baissé et est besoing de le retenir et chausser.

    Et de là sont montés à la chambre dessus la susdicte, laquelle visitée ont truvé le plancher fort vieulx, les travettes fort larges et vieilhes, une cheminée vieilhe, le canon de laquelle ne sort que jusques au bort du toict et au millieu dudit canon passe ung cabrion dudit toict qui doibt estre osté pour crainte du feu, le fouyer estant sans aulcune pierre de feu, deux portes de fenestres de boys blanc, la murailhe du cousté de la basse court du septentrion fendue et corrompue.

    La chambre à plain pied d'icelle est blanchie, y ayant une demy croysiere avec ses vittres, le planchier reblanchi et le boys posé fort large et vieulx comme dict est.

    Le dessus desdites chambres est le galatas dans lequel on ne peult aller que couché et à quatre piedz.

    Le cabinet jougneant ladite chambre ayant son entrée par la visette est contre le camarat, la porte de noyer, une fenestre quarrée avec son trellis de fer et sa vitre, le tout bon , avec de petites estagieres de boys à l'antour.

    ET de là ont passé dans la chambre au dessus de la cuysine estant contre le camarat, pour planchier duquel le plastre thumbe en plusieurs endroys à cause qu'il y pleust.

    Plus à la chambre sur la salle servant de greniers est aussi contre le camarat, y ayant deux hueris faictz avec de boys blanc ; la murailhe du cousté de la prison courompue sur le canton, deux petites fenestres avec portes.

    Le courredour allant au privé est faict de neuf, où y a deux petis hueris de gip pour tenir les cendres et grappiers et auprès de la garitte ledit sieur escuyer a faict fere une luquerne pour monter sur les couvers de ladite maison. Lesquelz couvers sont bons, n'ayant besoing que de sarrade le long de la murailhe et recoullar là où il pleust dans la chambre de la cuysine.

    Les degrés par lesquelz on monte à ladite luquerne sont de boys. A ladite garitte y a troys petites fenestres avec leurs port es de boys blanc.

    Plus le bourneau de la cheminée de la salle a esté reffaict à demy par ledit filz avec son chappiteau et aussi a faict poser cinq bouquetz de boys pour marcher à l'antour dudit couvert.

    La visette de ladite maison est de plastre assés vieilhe. Les fenestres le long d'icelle sont fermées avec de chassis garnis de toyles.

    Dans la cuysine n'y deffault rien et y a deux petites fenestres trellissées de fer , toutes les portes de boys blanc, la cheminée vieilhe, avec une petite despance sive garde manger au coing d'icelle, plus une autre despance ayant son entrée au ciel ouvert avec une petite fenestre du cousté de la garenne, les portes de boys blanc.

    Et ce faict sont entrés à l'escuyerie et feniere, dans laquelle ledit filz a faict fere deux petites fenestres, l'une pour donner jour à la feniere, l'autre pour getter le femier hors de l'escuyerie, et à ladite feniere n'y a poinct de porte.

    Et de là sont allés à la terre du bastion, qu'ilz ont truvé environnée de murailhe de pierre seche fors du levant qui est sans murailhe et n'y a aulcuns arbres.

    Le jardin de la basse court joignant la Farrage Brunenque, le tout environné de bonnes murailhes avec deux galliniers crouttas et fermés à clef, le tout en bon estat avec quelques arbres fruictiers et muriers.

    Dans ladite basse court et dans ladite Farrage Brunenque y a trante troys oliviers fort petitz et jeunes. Plus à la terre de la Coste n'y a aulcuns arbres fors deux noyers. A la terre de Sainct Christol y a quelques coudouniers et ung nespier dans ce que soulloit estre jardin à present pred le long du faussé.

    A la grande vigne des Meyletz y en a d'arraché environ une quarteyrade et une autre quarteyrade ou environ que a esté cy devant espoudassade, y deffailhant la moytié des souches et le tout en pauvre estat.

    Et de là arrivés à la bastide du Jas des Boyers, sont entrés à la court descouverte que soulloit estre jas, que confronte du couchant cazal, estable et feniere de Thelme Rachel et du septentrion jardin de Claude Royere et jardin dudit sieur et le cazal de la communauté que feust de Jehan Abel, laquelle court est environnée de murailhes despuis la bastide jusques au cazal de Thelme Rochel, moytié de terre et l'autre d'environ douze pans d'ault, et du cousté de Thelme Rochel la murailhe megiere tant que contient le cazal dudit Rochel est ruynée jusques à terre et l'autre megiere de la communauté est fort vieilhe, y ayant plusieurs trous et doibt estre enduicte et celle qui estait au millieu est aussi ruynée et celle de contre l'estable doibt estre retenue.

    A ladite bastite n'y a qu'un planchier et la murailhe du devant doibt estre rebouquade tant dedans que dheors, comme aussi la pluspart des autres murailhes, et le couvert recoullat.

    A l'estable n'y a qu'une fuste et deux coustieres et au dessus de menu boys servant de planchier pour la feniere et la murailhe de terre.

    Plus ung gallinier sepparé du bastiment au coin de la ferraye, les murailhes de terre sans rebouquar, couvert de thuyles. Ladite ferraye par teste est emmurailhée de pierre seche et dedans icelle quelques amandiers, noyers et poyriers.

    A la terre de la Serriere dessus chemin y a cinquante troys arbres tant gros que petitz.

    Aux pretz tant des Sublieres que du Ponteil n'y a aulcuns saules ny piboulles.

    Item se sont acheminés au mollin dudict sieur au quartier de la Pallun, lequel visité ont truvé l'entremueilhe ne valloir rien, les pierres fort primes, le roudet suyvant le dire du musnyer pourry et doibt estre faict de neuf, le plancher est de petit boys, gaveaulx et esclappes et au dessus, où se sert de feniere, la fuste que porte les coustieres du couvert est rompue et les thuiles soubstenus par de vieulx cabryons et d'esclappes et y a plusieurs gouttyeres. Le jas est en son entier, fors qu'il n'y a poinct de porte.

    A la fugagne, la cheminée est sans bourneau et sans pierre de feu. La coustiere du couvert à main droicte du cousté de la porte est pourrye, le reste du bastiment bon. Ledit meusnier a dict que le puitz du mollin n'est pas bon et à ces fins y ont faict mettre l'eau et treuvé qu'il la rand et pert en plusieurs partz du cousté du mollin despuis la terre environ quatre pans dessus terre. Dans le jardin y a quelques petitz aigriotiers tout à l'entour. Dedans le pred et terre que soulloit estre vigne y a de paumiers, poyriers, pruniers et agriotiers en nombre de trante sept, tant gros que petitz. Et au petit coin de pred dellà le faussé du cousté de ville y a douze pupliers et à l'androit du mollin troys piboulles et despuis ladite terre jusques à l'autre terre en teste du jardin le long du faussé y a trante saules ou piboulles tant gros que petitz, les piboulles toutes d'ung an.

    Et finablement avoyr vizité la grange de Bardounesque, laquelle n'est que en forme de jas, où n'y a qu'une mauvaise porte et le couvert fort vieulx, et aux terres y a quelques amandiers et poyriers.

    Et ainsi ont dict avoyr procédé sellon Dieu et conssiance tel estre leur rapport et se sont soubzsignés.

    A.D . Vaucluse, E Notaires, Etude Enjoubert de Pertuis, n° 719, f° 375 v°-382 v°.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Enquête sur la plainte des habitants de Grambois contre leur seigneur Jean de la Croix, 1536. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Aix-en-Provence : B 1266.

  • Etude notariale de La Bastide-des-Jourdans. Archives départementales de Vaucluse, Avignon : série E, notaires.

    N° 48, f° 19 v°, 33 v°, 50, 63 v°, 66, 112 v°, 170, 210, 214, 217 v°, 239 v°, 288 v°, 292, 364 v°, 400-406, 410.
Bibliographie
  • FAUCHER, Paul de. Un vauclusien oublié : le comte de Roquesante. dans Mémoires de l'Académie de Vaucluse, t. XIII, 1894.

    P. 107.
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