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Château Fort, Château Saint-Elzéar

Dossier IA84000419 réalisé en 1969

Fiche

HISTORIQUE

Situé au sommet du site du village, le château d'Ansouis domine tout le secteur environnant, au-delà même des limites du territoire. A l'origine, il n'occupait que l'extrême pointe du mamelon, de forme quasi triangulaire, mais se développa ensuite, englobant le noyau primitif du village en contrebas au sud, jusqu'à la première enceinte urbaine et à l'église. Des jardins en terrasses l'entourent sur trois côtés, un parc boisé couvre le versant nord-ouest très abrupt. D'autres jardins ornés de pièces d'eau s'étendent au nord-est, sans corrélation directe avec l'édifice.

Edifice antérieur

Du premier château, que les textes mentionnent à partir de 961 et qui appartint aux comtes de Provence et de Forcalquier, il ne reste apparemment rien. Peut-être s'agissait-il d'une fortification assez rudimentaire et exigüe, du type de celles que les fouilles de Michel Fixot ont révélées à Sannes et à Saint-Martin-de-la-Brasque ?

Edifice actuel

Le château médiéval fut probablement édifié et progressivement agrandi pour les barons d'Ansouis, à partir des dernières années du XIIe ou du début du XIIIe siècle. L'existence d'une résidence fortifiée importante ne s'imposait pas, en effet, au comte de Forcalquier qui possédait déjà un château à Pertuis. On ne sait rien de l'édifice avant 1383, date à laquelle fut dressé l'inventaire de la succession du baron Jean de Sabran. Ce texte permet d'entrevoir dans ses grandes lignes la structure du château et d'en tracer un schéma hypothétique, que confirment et éclairent par endroits les données de l'observation archéologique.

Le château se composait d'un ensemble hétérogène de constructions adossées pour la plupart au mur septentrional de l'enceinte. Presque tous ces bâtiments existent encore, plus ou moins remaniés :

- Au centre, sur la partie la plus élevée du site, un donjon rectangulaire G séparé de l'enceinte, au nord, par un étroit passage qui subsiste actuellement sous la forme d'un couloir voûté débouchant dans la cuisine F. En 1383, le donjon comportait trois étages occupés par une garde-robe (rez-de-chaussée), une chambre qui était l'ancienne salle (premier étage) et une lingerie (second étage). La présence de cette construction ne se manifeste plus aujourd'hui que négativement sous la forme d'une masse quadrangulaire inaccessible, masquée par des bâtiments modernes et recouverte, au niveau du deuxième étage, par le petit jardin dit de l'Oratoire. Le petit couloir au nord, la grande citerne creusée dans le rocher (jadis au milieu de la cour) au sud et les corps de bâtiment anciens F et H I conservés à l'est et à l'ouest permettent néanmoins de tracer les contours approximatifs de cette tour, très comparable par ses dimensions au donjon de Pertuis.

- A l'est, entre le donjon et l'angle nord-est de l'enceinte, un petit corps de bâtiment H I d'un seul niveau, appuyé contre le mur d'enceinte, dans lequel se trouvaient deux chambres à plain-pied de la cour. Ces deux pièces existent encore, couvertes de berceaux brisés parallèles ; la plus proche du donjon ouvre au nord par une fenêtre géminée.

- A l'ouest du donjon, un autre corps de bâtiment F également adossé à l'enceinte, comprenant une cuisine au rez-de-chaussée et une chambre à l'étage. Le rez-de-chaussée a été comblé ; la cuisine actuelle, située au premier étage et couverte d'un berceau brisé, aurait été reconstruite au XVe siècle.

- Contigu à celui-ci, un grand corps de bâtiment D E allongé contre la courtine septentrionale jusqu'à l'angle nord-ouest, composé au rez-de-chaussée d'un grand cellier de plain-pied avec la cour et d'un petit cellier accessible par une porte ouverte au fond du grand, à l'étage de trois chambres en enfilade ; le grand cellier correspondrait à l'actuelle chapelle D, en partie creusée dans la roche et couverte d'un berceau brisé sur un doubleau doté de deux claveaux-consoles ; sur le mur oriental, on voit une porte en arc brisé murée, du côté du petit cellier E aujourd'hui condamné.

- Devant ce corps de bâtiment et partiellement collé contre sa façade, un corps de logis C contenant un autre cellier surmonté d'une salle accessible depuis la cour sans doute par un escalier extérieur. Le volume de ce corps de logis peut être identifié avec le bâtiment aujourd'hui appelé donjon en raison de l'élévation qu'il a reçue par la suite. Les niveaux ayant été totalement remaniés, l'ancienne disposition n'est plus reconnaissable.

- Dans l'angle sud-ouest de la cour, deux petites pièces servant d'office et de carnerie et un petit corps de bâtiment contenant le four n'ont pas été retrouvés. L'office et la carnerie se trouvaient peut-être dans la tour sud-ouest, dont ne subsiste que la partie basse des murs et une porte à claveaux extradossés, toute la partie supérieure et la structure interne ayant été refaites ultérieurement.

- Une chapelle B comportant une chapelle latérale avec un autel dédié à Saint-Elzéar (baron d'Ansouis mort en 1331) se dressait dans la partie méridionale de la cour que les constructions modernes ont fait disparaître. Un fragment (tas de charge de voûte d'ogive) trouvé lors de récents travaux au château appartenait peut-être à cet édifice disparu.

- Le texte de 1383 ne parle pas de l'enceinte qui enfermait tout l'ensemble. Il ne subsiste de celle-ci que la base de la tour sud-ouest et de la courtine occidentale, arasées au niveau du premier étage, aux murs épais de 2 m assis sur le rocher entaillé à l'aplomb du parement extérieur et ornés des deux côtés de bossages à chanfrein. Un arrachement conservé au rez-de-chaussée dans le mur oriental de la tour permet de situer le départ de la courtine méridionale, dans laquelle s'ouvrait la porte principale d'accès au château A. Cette courtine rejoignait - en ligne droite ou en ligne brisée? par l'intermédiaire d'une autre tour d'angle sud-est ? - le mur oriental de l'enceinte dont on voit encore une partie du parement intérieur (sans bossages) avec les vestiges d'une poterne K couverte d'un arc à claveaux extradossés. Le parement extérieur des côtés est et nord, irrégulier et peu soigné, résulte vraisemblablement de remaniements consécutifs à des effondrements : surplombant des pentes très abruptes et invisibles du village, ces murs n'avaient peut-être pas reçu le même appareil à bossages que les autres côtés.

Toutes ces constructions, juxtaposées les unes aux autres, devaient conférer au château un aspect quelque peu incohérent. L'hétérogénéité de l'ensemble était en outre accentuée par les différences de niveau provenant des inégalités de terrain et de l'architecture elle-même. Le sol de la cour, élevé dans la partie nord-est, s'abaissait très rapidement en allant vers l'ouest. Pour cette raison, certains corps de bâtiments voisins ne communiquaient pas entre eux (par exemple D E et F).

D'autre part, les hauteurs données aux bâtiments étaient très disparates : seul le donjon comportait au moins trois étages, les autres n'en avaient qu'un (H I, le four) ou deux (C, DE, F). Il est encore possible que d'autres constructions non pourvues de mobilier, - greniers et écuries (l'inventaire de 1383 signale sans les localiser d'importantes quantités de grains et de bétail ainsi que deux véhicules) aient été contenues dans l'enceinte - mais le baron possédait aussi une maison dans le village, une métairie et une bastide dans la campagne.

La distribution intérieure reste imprécise. L'ordre des pièces visitées suggère seulement l'existence de quelques dispositifs d'accès : accès direct à partir de la cour pour tous les rez-de-chaussée, escaliers extérieurs desservant les premiers étages du donjon et du corps de logis C. Les trois chambres en enfilade à l'étage du corps de bâtiment D E communiquaient avec la salle C (peut-être par l'intermédiaire de l'escalier extérieur, qui aurait été bâti dans l'angle des deux corps de bâtiment), la chambre F était accessible à partir du premier étage du donjon. Le seul escalier intérieur - sans doute ménagé dans l'épaisseur du mur - desservait le second étage du donjon.

Il n'est pas possible de dater avec précision la construction de cet ensemble, l'analyse archéologique permet seulement d'établir un ordre chronologique des divers éléments. Le donjon et l'enceinte appartiennent, par leurs dimensions et leur style, au XIIIe siècle et pourraient avoir fait l'objet d'au moins deux campagnes de travaux : une nette différence sépare les bossages à chanfrein de la tour sud-ouest et du mur occidental des bossages rustiques des parties disparues (courtine méridionale, tour sud-est ou donjon ?) remployés dans les élévations de l'église paroissiale. Les autres corps de bâtiment ont été ajoutés par la suite, vraisemblablement dans le courant du XIVe siècle. Le grand cellier D, dont la porte murée à l'est fut construite pour communiquer avec l'extérieur, a précédé probablement la cuisine F et certainement le petit cellier E. Le corps de logis C, par son implantation au milieu de la cour et sa fonction - il abritait la salle remplaçant celle du donjon - semble être l'élément le plus récent. A l'est, les chambres H et I paraissent avoir été édifiées après le remaniement des courtines orientale et septentrionale, auxquelles elles ont été accolées.

On peut, avec quelque vraisemblance, situer la destruction du donjon au cours du XVe siècle ou au début du XVIe siècle. Le vieil édifice, mal entretenu, se serait effondré~ entraînant peut-être dans sa chute le corps de bâtiment F. Faute de moyens suffisants, les propriétaires auraient alors fait araser et combler au niveau du premier étage le donjon, puis reconstruire une cuisine au-dessus de l'ancienne remplie, de même que le petit cellier E, par les décombres : deux portes de l'actuelle cuisine, au linteau orné d'une accolade, attestent et datent ce remaniement.

Le château moderne est le résultat de plusieurs campagnes de travaux échelonnés du XVIe au XVIIIe siècles, qui ont agrandi et transformé considérablement l'édifice médiéval. Il y eut peu de constructions au XVIe siècle. La famille de Sabran, presque ruinée par la crise économique de la fin du moyen-âge qui l'avait obligée à se défaire de la majeure partie de son patrimoine, n'avait guère les moyens de suivre le grand mouvement de rénovation architecturale qui affecta à cette époque la plupart des résidences seigneuriales des environs (Lourmarin, La Tour-d'Aigues, etc...). Une modification très importante fut pourtant effectuée au château à une date inconnue, avant 1578, probablement pendant les guerres de religion auxquelles le baron d'Ansouis participa activement : tout le côté méridional de l'enceinte castrale, depuis la tour sud-ouest jusqu'à l'angle sud-est, fut abattu et remplacé par la première enceinte urbaine en contrebas ; ce vieil ouvrage fut remis en état et modernisé par l'adjonction d'un bastion, Bastion.Bastion. fort éperon triangulaire destiné à couvrir les abords du portail d'entrée - lui-même déjà protégé par un pont-levis -, et d'un chemin de ronde bâti au sommet du mur, y compris sur la portion servant de façade à l'église paroissiale. De vastes terrasses, permettant l'installation de pièces d'artillerie, prirent la place des maisons ruinées du premier noyau aggloméré d'Ansouis, depuis longtemps abandonné et racheté par le baron. La démolition de la courtine méridionale ouvrit un espace suffisant pour la construction d'un escalier en vis desservant la grande salle. Cette "visette", mentionnée dans un prix-fait de 1614, peut être localisée précisément dans l'angle sud-est (hors-œuvre) du corps de bâtiment C. Le piédroit arrondi qui se trouve à l'entrée du couloir N, à 1,90 m au-dessus du sol actuel (creusé par la suite) aurait appartenu à une porte de cet escalier ouvrant sur la cour. Des galeries conduisant aux étages des bâtiments E et D complétaient peut-être ce nouveau dispositif d'accès.

L'espace dégagé par la destruction de l'enceinte ne fut cependant vraiment mis à profit que beaucoup plus tard, en 1614. Le 4 novembre de cette année, Gaspard de Sabran - dernier baron de la dynastie - entreprit d'agrandir sa demeure et confia à deux maçons, Jean Brun de Cucuron et Achille Leaumont d'Ansouis, la construction d'un corps de bâtiment entre le mur contigu à la "visette" et la tour de la prison (tour sud-ouest), avec un rez-de-chaussée voûté et des étages éclairés par des croisées et des demi-croisées : il s'agit apparemment du corps de bâtiment O, dont la façade méridionale était à l'origine - le plan du rez-de-chaussée le montre bien - dans l'alignement de celle de la tour sud-ouest et dont la façade orientale devait retourner contre la "visette" approximativement dans le prolongement de celle du bâtiment C (passant donc au milieu de l'actuelle pièce Oc). A peine ouvert, le chantier fut interrompu par la mort de Gaspard de Sabran, survenue quelques semaines plus tard. L'héritier du baron, son cousin Sextius d'Escalis, n'était encore qu'un enfant. La succession ne fut, semble-t-il, réglée qu'au bout d'une douzaine d'années, après le décès de la veuve de Gaspard (usufruitière) et la prise de majorité de Sextius : en 1626 encore, son tuteur le commandeur de Cabannes était obligé de solliciter une commission du Parlement pour procéder à des réparations indispensables aux cuves à vin du château.

Les travaux reprirent donc seulement après 1626- probablement vers 1630 -. De cette seconde campagne, un seul prix-fait a été retrouvé. Daté du 12 février 1633, il concerne la partie occidentale de l'édifice, où Daniel Sadalian, maçon de Saint-Martin-de-la-Brasque, fut chargé d'édifier une "cave et habitation" de dimensions non précisées. La présence comme témoins de l'acte de deux maçons, Pascal Etienne et Pascal Leaumont, suggère que d'autres travaux étaient déjà en cours. Or la cave dont il est question dans le prix-fait semble devoir être identifiée avec la pièce voûtée Oc (état actuel), dont la construction suppose au préalable la démolition de l'ancien escalier en vis et le remplacement de celui-ci par le grand escalier P. La réalisation de la partie orientale Q du nouveau corps de logis, contenant l'escalier P, aurait donc été entreprise, sinon achevée, au moment de la conclusion du prix-fait de 1633.

Avec cette campagne, le château changea radicalement d'aspect. Le projet de Sextius d'Escalis était d'édifier un grand corps de logis dans la manière des hôtels aixois contemporains. L'implantation de ce nouveau bâtiment fut dictée par la disposition naturelle du site et par l'existence des constructions antérieures : au·nord les bâtiments médiévaux, à l'ouest le corps de logis O précédemment entrepris, au sud et à l'est l'assise rocheuse au-delà de laquelle le terrain, vraisemblablement en forte pente et miné par les vestiges rupestres de l'ancien village (ensevelis sous les terrasses actuelles), rendait précaire toute fondation. La place étant comptée, la nécessité d'assurer l'accès à la fois aux parties anciennes et nouvelles conduisit à la création d'un ensemble monumental complexe groupant autour d'un axe nord-sud (couloir et escalier) Pa, d'une part un escalier rampe-sur-rampe Pb desservant le corps de logis neuf, d'autre part un escalier droit Pc conduisant aux bâtiments médiévaux. L'axe Pa fut traité comme une perspective, avec une niche au fond en trompe-l’œil et des arcs latéraux simulant des ouvertures symétriques aux départs des escaliers. Le berceau qui le couvre peut paraître un archaïsme mais a une fonction visuelle évidente dans cette composition qui ne pouvait se satisfaire d'un simple volume plafonné ; par souci d'harmonie, des berceaux inclinés - évidemment inspirés des escaliers des châteaux de La Tour-d'Aigues et de Villelaure - furent placés au-dessus des volées de l'escalier Pb. A l'origine, l'entrée devait s'effectuer par un vestibule Qa, dont la position latérale participait à l'effet de surprise voulu par l'architecte.

La construction du nouveau corps de logis posait encore un autre problème, celui de l'alignement de la façade et du développement du volume par rapport aux bâtiments préexistants. Tracée à la perpendiculaire de l'escalier principal Pa, à une dizaine de mètres (portée des pièces de charpente ordinairement utilisées) en avant de la cage d'escalier Pb, la façade fut poursuivie vers l'est jusqu'à l'ancienne courtine orientale, ici légèrement déviée pour obtenir un plan orthogonal. A l'ouest, il fallut, pour obtenir un alignement cohérent, redresser la façade du corps de bâtiment O. Ce redressement aboutit à doubler l'épaisseur du mur au niveau du rez-de-chaussée (les étages furent entièrement refaits selon le nouvel alignement), mais ne put être réalisé sur toute la longueur de l'ancienne façade en raison de l'importance grandissante de la distorsion entre les deux tracés et de la dénivellation très forte au pied de la tour sud-ouest. L'interruption fut, à ce moment-là ou un peu plus tard, masquée par la construction d'une aile de communs en retour sur la terrasse antérieure. L'alignement des élévations postérieures, nécessaire pour donner aux pièces de l'étage noble une largeur identique, fut obtenu par un artifice. Il était en effet indispensable de maintenir, au rez-de-chaussée, l'accès par la petite cour M et le passage N aux corps de bâtiments C et D.

Pour porter le mur postérieur entre la cage d'escalier Pa et le corps de bâtiment C, un arc fut lancé sur la cour M ; cet aménagement entraîna le creusement du sol (rocher) de la cour M et du couloir N pour le mettre au niveau du palier de l'escalier Pa. C'est vraisemblablement au cours de la même campagne que, pour la commodité de la circulation intérieure, on couvrit le couloir N et la majeure partie de la cour L. Les corps de bâtiments médiévaux furent également remaniés : en témoigne la croisée du second étage du bâtiment F, comparable à celles de la tour sud-ouest. Faut-il inclure dans ces remaniements la loggia aménagée au premier étage du bâtiment D (aujourd'hui murée)?

Les travaux durèrent certainement plusieurs années. Au mois d'octobre 1641, Daniel Sadalian et son fils Jean se mettaient encore au service de Sextius d'Escalis pour une année complète, moyennant des gages élevés. L'édifice n'était donc .pas achevé à cette date. Outre les difficultés inhérentes au site et à la complexité du projet, un changement de parti dans l'ordonnance de la façade vint retarder la clôture du chantier. Ce changement de parti est en effet visible au rez-de-chaussée et au premier niveau de la façade : la porte d'entrée construite dans l'axe du vestibule Qa fut supprimée et remplacée par la porte actuelle donnant directement dans la cage d'escalier Pa ; à partir de cette porte, l'ensemble des baies fut alors redistribué en six travées régulières, à l'exception des baies du premier niveau de la partie occidentale qui ne purent être déplacées à cause de l'épaisseur du mur. Jean-Jacques Gloton voit dans cet ouvrage, qu'il attribue à Jean Lombard, l'un des plus typiques produits de l'architecture aixoise des années 1640.

Façade principale, vue d'ensemble.Façade principale, vue d'ensemble. Façade principale, porte principale.Façade principale, porte principale.

Vers la fin du XVIIe siècle - entre1690 et 1698 - Henri d'Escalis (fils de Sextius) vendit le château et la seigneurie d'Ansouis à Jean-Baptiste de Villeneuve, dont le fils Jean-Hyacinthe avait épousé sa fille et unique héritière Marie-Thérèse. C'est à cette nouvelle dynastie de barons qu'il faut attribuer les aménagements intérieurs aujourd'hui visibles, qui furent exécutés vers le milieu du XVIIIe siècle. Il semble qu'on reprit complètement la distribution des pièces des deux étages du grand corps de logis dont les croisées furent alors modifiées - on note en particulier la suppression, au milieu de la pièce Qc, d'un refends sur lequel devait s'appuyer le conduit de la cheminée conservée dans l'ancien vestibule Qa. Les nouvelles pièces, ainsi que celles qui furent créées au second étage du bâtiment F (appelé l'Ermitage), reçurent un décor de gypseries au goût du jour. La même époque vit la réalisation des jardins en terrasses qui entourent l'édifice et se prolongent en contrebas au nord jusqu'à la chapelle Saint-Pierre.

Le château échappa, semble-t-il, aux saccages révolutionnaires. Au cours du XIXe siècle, il passa en diverses mains avant d'être acheté en 1836 par le duc de Sabran (descendant d'une branche cadette de la famille des anciens barons d'Ansouis) qui y fit quelques transformations : couverture de la cour M - actuelle salle d'armes -, construction d'une chapelle appuyée contre la façade orientale du grand corps de logis (détruite depuis), reconstruction du portail d'entrée près du bastion, réaménagement des jardins - lion en pierre de Rembrandt Bugatti (1885-1916) ; "oratoire" en calcaire appareillé couvert en dôme, surmonté d'un globe en calcaire et d'une croix en fer forgé et abritant deux statuettes en plâtre représentant saint Elzéar et sainte Delphine. L'édifice, avec son parc et ses jardins, a été classé M.H. en 1948.

DESCRIPTION

Situation et composition d'ensemble

A. Situation : sommet d'une butte de molasse isolée entre la vallée du Marderic à l'est et au sud, et le plateau central du piémont du Luberon au nord et à l'ouest. Les flancs de la butte sont occupés au sud par le village, ailleurs par un parc boisé.

B. Composition d'ensemble :

- effet général des masses

- Accès, dégagements et leurs limites : au sud, du côté du village, série de terrasses reliées par une rampe débouchant sur la rue du château par un portail ; un mur, vestige d'une ancienne enceinte urbaine, isole le château du village. Au nord, un chemin en lacet relie le château à la route D 56 qu'elle franchit par un viaduc.

- Articulation des bâtiments et corps de bâtiment : ensemble groupé de façon compacte.

Matériaux et leur mise en œuvre

Molasse coquillière ou safre d'origine locale, de coloration variant du blanc grisâtre au jaune.

Grande diversité de mise en œuvre, qui traduit la multiplicité des remaniements.

Principaux types de mise en œuvre :

Type

Localisation

Roche en place taillée

- Corps de bâtiment C, rez-de-chaussée, base des quatre murs

- Corps de bâtiment D, rez-de-chaussée, base du mur sud

- Tour sud-ouest, rez-de-chaussée, base des murs sud et est

- Corps de bâtiment HI, rez-de-chaussée, base des murs est et sud

- Corps de bâtiment O, rez-de-chaussée, murs nord, est, sud et refends

- Corps de bâtiment Q, rez-de-chaussée, base des murs sud et est

- Citerne

- Cave sous le jardin du Paradis

- Soubassement de l'ensemble des murs sur les fronts nord, est, ouest

et en partie sur le front sud

Appareil très régulier ;

taille moyenne ; épaisseur

des lits : 18 à 30 cm ;

joints minces bien liaisonnés ;

surface lisse, à stries fines

et parallèles

- Corps de bâtiment D, intérieur, base des murs nord et ouest

- Corps de bâtiment L, intérieur, base du mur ouest

- Tour sud-ouest, intérieur, base des 4 murs

Appareil à bossages à chanfrein

relief : 6 à 7 cm

- Tour sud-ouest, extérieur, premier niveau des quatre murs

- Corps de bâtiment L et D, extérieur, premier niveau du mur ouest

Appareil irrégulier ; taille

variable ; joints assez grossiers

surface rugueuse à stries

désordonnées

- Corps de bâtiment B, murs extérieurs et intérieurs

- Corps de bâtiment D, murs et voûte du rez-de-chaussée

- Corps de bâtiment HI, murs et voûtes

Appareil régulier ; grande taille

joints minces ; surface lisse

- Vestibule et escalier P

Blocage plus ou moins grossier

- Tout le reste

Principaux types de mise en œuvre

Marques de tâcheron

- Tour sud-ouest, façade sud, premier niveau en appareil à bossages : deux croix

- Corps de bâtiment Q, façade est, premier niveau en blocage sur une pierre en remploi. Salle du puits, roche en place à la base du mur est. Traces d'outils.Salle du puits, roche en place à la base du mur est. Traces d'outils.

Parti général, plan, coupes et élévations intérieures

A. Parti général

Édifice hétérogène.

B. Plan

Périmètre irrégulier.

Rez-de-chaussée

- Corps de bâtiment C : Pièce inutilisée ; sol en éboulis ; plafond ; niche en arc en plein cintre dans le mur ouest ; dans le mur sud, porte à 1 m du sol du couloir N, avec inscription sur enduit du piédroit gauche "NOU BOIRON 1783".

- Corps de bâtiment D : chapelle ; voûte en berceau brisé avec doubleau retombant au nord sur une console, au sud sur une pile maçonnée au sol, dallage récent en pierre de Rognes ; dans la voûte, trois ouvertures carrées à encadrement saillant ; dans le mur est, porte murée.

- Corps de bâtiment L : salle du puits ; berceau longitudinal avec pénétrations au-dessus de l'entrée du couloir N et des portes de la tour sud-ouest et de la chapelle ; sol dalle de pierre ; dans la voûte au-dessus du puits grande ouverture murée.

- Tour sud-ouest : prison ; berceau en plein-cintre en blocage : visiblement collé aux murs ; sol en terre battue ; petite lucarne sur le mur ouest ; dans le mur nord, porte en arc brisé, aux claveaux extradossés ornés de bossages ; à l'intérieur, au-dessus de la porte, graffiti gravés dans l'enduit : personnages en culotte courte bouffante, fin XVIe début XVIIe siècle ?

- Couloir N : creusé dans la roche sur environ 1 m de hauteur ; voûte en berceau non cohérente avec les murs ; à l'extrémité est, contre le mur du corps de bâtiment C, à 2 m environ de hauteur, piédroit chanfreiné - vestige d'une ancienne porte.

- Corps de bâtiment M : volume plafonné, divisé en deux parties par une cloison récente ; sol en rocher et dalles de pierre ; dans la partie sud, grand arc appareillé avec piédroit mouluré à la base et à la retombée : cet arc supporte, au premier étage, le mur nord du corps de bâtiment O.

- Corps de bâtiment O : - cave ouest : recoupée par une cloison (cuve à vin) ; berceau en plein-cintre transversal ; dans le mur ouest, ancien mur extérieur de la tour sud-ouest, arrachement visible de l'ancienne courtine sud du château. Au-dessus, au niveau intermédiaire entre cette cave et le premier étage, autre pièce couverte d'un berceau en plein-cintre longitudinal, communiquant avec l'aile des communs.

- Pièce centrale : plafonnée, murs creusés dans la roche ; en partie occupée par la cage d'ascenseur.

- Pièce est : murs creusés dans la roche ; berceau en plein-cintre longitudinal ; arrachements de poutres sur les murs nord et sud et traces de plancher sur les murs est et ouest ; mur sud double en épaisseur (comme celui de la pièce centrale), avec ouvertures murées ; contre le mur nord, banquette taillée dans la roche et anneaux scellés dans le mur - ancienne écurie ?

Hall d'entrée, escalier 1 et palier : vue d'ensemble prise de la porte d'entrée.Hall d'entrée, escalier 1 et palier : vue d'ensemble prise de la porte d'entrée. Escalier 1, premier repos : mur d'échiffre, départ de la seconde volée.Escalier 1, premier repos : mur d'échiffre, départ de la seconde volée.

- Vestibule et escalier P : murs en grand appareil soigné ; berceaux rampants à caissonnage carré en relief sur les volées, voûtes d'arêtes sur les paliers ; au premier palier, à gauche, départ de l'escalier qui dessert au premier étage les corps de bâtiment D, E et F ; au troisième palier, au nord, départ de l'escalier qui dessert au deuxième étage le corps de bâtiment F et le jardin G ; aux deuxième et quatrième paliers, l'escalier prend jour par deux fenêtres dans la cour au nord du corps de bâtiment Q.

- Corps de bâtiment Q : ancien vestibule, ouvrant sur l'escalier par un grand arc ; berceau en plein-cintre longitudinal ; dans le mur est, cheminée désaffectée ; dans le mur sud, porte ouvrant sur la terrasse d'accès ; dans l'angle nord-est, escalier récent conduisant à deux pièces en entresol (non figurées sur le plan).

- Citerne : volume inaccessible, creusé dans la roche.

- Aile des communs : - au nord, pièce couverte d'un berceau en plein-cintre transversale surmontée à mi-niveau du premier-étage par une autre pièce voûtée de même ; séries de trois embrasures de tir rectangulaires dans les murs est et ouest à chaque étage.

- au centre, garage.

- au sud, écurie.

- Couloir d'accès au jardin du Paradis : entre l'aile des communs et le mur nord de l'église ; passage voûté, partie en escalier.

- Cave sous le jardin du Paradis : creusée dans la roche ; sur le mur ouest, porte en plein-cintre appareillée avec un arc plus petit formant feuillure ; accès par un escalier situé dans l'écurie.

Premier étage

- Corps de bâtiment C : planchers, cloison et ouvertures refaits.

- Corps de bâtiment D : chambre dite des Saints ; plafond à la française ; sol dallé de pierre.

- Corps de bâtiment E : lingerie, partie voûtée en berceau brisé, partie plafonnée. Au-dessus, étage intermédiaire composé de deux pièces plafonnées.

- Corps de bâtiment F : cuisine ; berceau brisé irrégulier ; au nord deux croisées ; porte du couloir G et porte d'entrée ornées d'une accolade ; croisée murée dans le mur sud ; au sud, dégagement et escalier d'accès au deuxième étage couverts d'une verrière.

- Couloir G : sol en pente d'ouest en est.

- Salle de la citerne : dans le mur ouest, niche et auge maçonnée recevant par sa partie supérieure l'eau d'écoulement de la terrasse située au-dessus.

- Corps de bâtiment H I : pièce H : berceau brisé appareillé ; sol refait récemment ; fenêtre géminée (partiellement murée) au nord. Pièce I : berceau brisé appareillé ; sol rocheux cimenté en partie ; baies du mur sud refaites récemment. Passage : porte médiane à piédroits arrondis et linteau en cavet.

- Cour : contre le mur est, fontaine adossée et porte en plein-cintre à claveaux extradossés, murée et remplacée par une porte rectangulaire plus petite.

Cour intérieure, fontaine.Cour intérieure, fontaine. Citerne, vue d'ensemble prise du mur est.Citerne, vue d'ensemble prise du mur est.

- Corps de bâtiment L : trois pièces plafonnées, une antichambre (au nord-est) couverte d'une verrière.

- Tour sud-ouest : salle des archives, voûtée d'arêtes.

- Salle M : salle d'armes ; voûte en arc de cloitre, décorée de caissons et de moulures, à ouverture zénithale couverte par une verrière ; sol dallé de marbre (carreaux noirs et blancs) ; quatre portes à décor architecturé (pilastres et corniche).

- Corps de bâtiment O : Quatre pièces plafonnées en enfilade salle-à-manger et deux chambres séparées par une antichambre.

- Corps de bâtiment Q : enfilade de quatre pièces plafonnées : salle de bains, chambre, grand salon, petit salon.

Deuxième étage

- Corps de bâtiment C : une pièce plafonnée ; parement extérieur du mur sud visible dans le corps de bâtiment O) rétréci avec plinthe et chéneau.

- Corps de bâtiment D : quatre pièces desservies par un couloir.

- Corps de bâtiment E : boudoir et antichambre.

- Corps de bâtiment F : chambre octogonale, salle de bains et galerie (en partie au-dessus du couloir G) composant le pavillon appelé "l'Ermitage".

- Jardin suspendu : terrasse au-dessus de la salle de la citerne et du corps de bâtiment H I ; massifs de buis taillés ; margelle abritant l'orifice supérieur de la citerne.

- Corps de bâtiment L : vestibule et chambre.

- Tour sud-ouest : deux pièces ; sur le mur est, corbeau (vestige d'ancien plafond ?).

- Corps de bâtiment O : salon à l'est et deux chambres séparées par une antichambre ; sur le mur est de l'antichambre, deux corbeaux.

- Corps de bâtiment Q : trois chambres et deux séries de cabinets (à l'est et à l'ouest) desservis par une galerie ; dans la chambre orientale, gypseries.

Troisième étage

- Corps de bâtiment C : sur le mur nord, corniche à 1, 28 m de hauteur ; sous le comble, arrachements de deux doubleaux.

Élévations extérieures

- Sud : - Tour sud-ouest et partie du corps de bâtiment O : élévation en partie masquée par le raccord de l'aile des communs ; base taillée dans le rocher ; premier niveau en appareil à bossages, sans ouvertures ; traces d'un corps de bâtiment jadis appuyé contre ce mur ; au premier niveau, demi-croisée partiellement murée et rétrécie avec appui mouluré, deux fenêtres en arc en segment, une porte-fenêtre à imposte récente au deuxième niveau, fenêtre carrée avec appui mouluré (rétrécie), fenêtre en arc en segment et petite fenêtre récente.

- Corps de bâtiment O (partie est), vestibule P et corps de bâtiment Q : façade ordonnancée à six travées sur trois niveaux ; au premier niveau, base taillée dans le rocher, porte monumentale (vestibule) entre deux portes en plein-cintre, deux fenêtres à meneau à l'est, porte en arc-en-segment et petite fenêtre carrée à l'extrémité ouest, trace de porte à fronton murée à côté de la porte latérale ouest ; au deuxième niveau, six fenêtres en arc-en-segment, anciennes croisées rétrécies, avec cordon d'appui mouluré continu, fronton et décor de lambrequin ; au troisième niveau, fenêtres identiques moins hautes, même cordon, frontons en saillie au-dessus de la corniche de couronnement ; chaînes d'angle appareillées.

- Est : - Corps de bâtiment Q : façade ordonnancée à trois travées sur trois niveaux ; au nord, le mur fait retour plus loin que les pièces d'habitation ; premier niveau aveugle, deux baies murées, traces de la chapelle du XIXe siècle appuyée contre ce mur ; au deuxième niveau, trois fenêtres en arc en segment (celles du centre rétrécies), cordon d'appui arraché ; au troisième niveau, trois fenêtres en arc en segment : celle du nord murée ; corniche de couronnement ; chaînes d'angle appareillées.

- Cour et corps de bâtiment H I : mur aveugle ; base partiellement taillée dans le rocher ; petite porte rectangulaire au nord, fenêtre murée.

- Nord : - Corps de bâtiment et jardin suspendu H I : soubassement rocheux un seul niveau, fenêtre géminée ; ancienne chaine d'angle visible au raccord des murs du jardin suspendu et du bâtiment H I ; échauguette suspendue sur des consoles à triple ressaut à l'extrémité ouest.

Angle nord-est du château, baie, affleurement du rocher et échauguette.Angle nord-est du château, baie, affleurement du rocher et échauguette.

- Corps de bâtiment F et G : soubassement rocheux ; élévation sur trois niveaux ; premier niveau aveugle, jour muré ; au deuxième niveau deux croisées (cuisine F), petite fenêtre en arc en segment et jour (couloir G) ; au troisième niveau, quatre fenêtres en arc en segment et petite fenêtre rectangulaire (galerie).

- Corps de bâtiment E : soubassement rocheux ; élévation sur quatre niveaux ; premier niveau aveugle ; au deuxième niveau, fenêtre rectangulaire et jour muré ; au troisième niveau (étage intermédiaire), fenêtre rectangulaire ; au quatrième niveau, fenêtre à meneau partiellement murée.

- Corps de bâtiment D : soubassement rocheux ; élévation sur trois niveaux ; au premier niveau, deux jours (chapelle) ; au deuxième niveau, quatre fenêtres rectangulaires (chambre des saints), porte-fenêtre et petit balcon sur consoles à double ressaut, quatre colonnes, chapiteau et corniche moulurée (vestiges d'une galerie ?) ; au troisième niveau, quatre fenêtres rectangulaires.

- Ouest : - Corps de bâtiment D et L : élévation sur trois niveaux ; soubassement rocheux ; partie sud du premier niveau en appareil à bossages ; au deuxième niveau, trois fenêtres rectangulaires inégales et deux consoles à double ressaut (vestige d'un balcon?) ; au troisième niveau : fenêtre simple et fenêtre à meneau chanfreinées.

- Tour sud-ouest : élévation sur trois niveaux ; soubassement rocheux ; premier niveau en appareil à bossages, fenestron chanfreiné au deuxième niveau, demi-croisée à décor de lambrequins (en partie murée) ; au troisième niveau, fenêtre rectangulaire.

- Aile des communs : partie nord, élévation sur trois niveaux ; deux séries de trois embrasures de tir en partie murées ; sous le couronnement, deux gargouilles.

- Sur la cour : - Corps de bâtiment Q (nord) : élévation sur trois niveaux ; au premier niveau, porte rectangulaire et petite fenêtre éclairant l'escalier d'accès à l'entresol ; au deuxième niveau, petite fenêtre ; au troisième niveau, deux fenêtres en arc-en-segment à meneau.

- Escalier P (est) : élévation sur deux niveaux ; au premier niveau, deux fenêtres en arc en segment ; au deuxième niveau, croisée.

Combles et couvertures

Toitures en tuiles rondes partout, sauf sur la salle M (tuile mécanique et verrière) et sur le corps de passage entre l'escalier P et le corps de bâtiment F (verrière).

Distribution intérieure

A. Répartition et destination des pièces

B. Composition et décor architectural

Premier étage :

- Corps de bâtiment Q :

- Salle de bains : plafond en stuc divisé par deux poutres ; compartiment de droite mouluré, au centre, rose chantournée.

- Chambre : plafond en stuc divisé en deux parties par une poutre transversale ; deux compartiments à encadrement rectangulaire mouluré, contenant un second cadre mouluré rectangulaire avec ses petits côtés en courbes et contrecourbes ; au centre, grand motif elliptique gonflé au milieu, à moulures plates ; voussures soulignées par une petite moulure continue.

Cheminée en marbre veiné gris et blanc rapportée. Trumeau divisé en deux parties ; emplacement de glace souligné par une baguette cannelée autour de laquelle s'enroule un ruban ; au-dessus,cartouche à moulure chantournée contenant un tableau : paysage de ruines au bord de l'eau.

Dessus de la porte du cabinet (est) : cartouche à moulure continue contenant un tableau : marine avec paysage de collines et d'arbres.

Dessus de la porte du salon (ouest) : cartouche identique au précédent contenant un tableau : marine avec paysage d'architecture (arcades et tours).

Premier étage, chambre est (3), cheminée et panneau.Premier étage, chambre est (3), cheminée et panneau. Premier étage, grand salon (4), vue d'ensemble prise du nord-ouest.Premier étage, grand salon (4), vue d'ensemble prise du nord-ouest.

- Grand salon : plafond en stuc divisé par deux poutres transversales, parcourues par un listel en sinusoïde interrompu au nord et au sud par un motif chantourné ; au centre, panneau rectangulaire mouluré aux angles de la voussure, moulure en forme de cœur avec feuille pendante ; second cadre mouluré, aux extrémités arrondies, avec au sommet un petit motif chantourné ; troisième cadre tout en courbes et contre-courbes ; au centre, grande rosace ; de part et d'autre, contre les poutres, petits cartouches moulurés avec motif central chantourné ; dans les compartiments est et ouest, décor presque identique, avec motif central ovale.

Cheminée sur le mur est, surmontée d'un trumeau rectangulaire en stuc : deux pilastres en légère saillie parcourus par une baguette cannelée avec motifs enroulés (feuilles) ; cadre de glace aux angles supérieurs arrondis, orné au sommet d'une tête barbue grimaçante ; au-dessus, cartouche très chantourné : deux putti dans un décor d'arbre l'un chaussé de patins à glace, l'autre assis sur un traîneau ; sur la gauche, un chien assis près d'un feu (l'hiver).

Trumeau sur le mur sud : encadrement de glace mouluré avec palmes et feuillages, orné au sommet d'une tête imberbe et jeune ; cartouche au-dessus : deux putti et un chien mangeant les raisins d'une vigne dans un décor de forêt (l'automne) ; à droite et à gauche du trumeau, panneaux rectangulaires avec motifs chantournés au sommet, à la base et au centre.

Dessus de la porte de la chambre (est) : cinq putti jouant à colin-maillard. Grand salon (4), dessus de porte (chambre 3).Grand salon (4), dessus de porte (chambre 3).

Dessus de la porte du petit salon (ouest), cinq putti jouant à l'escarpolette.

- Petit salon : plafond en stuc divisé par une poutre transversale ; décor de moulures identique à celui de la chambre ci-dessus.

Trois dessus de porte et deux dessus de cheminée en toile peinte dans des cadres moulurés (XIXe siècle) :

- Dessus de porte (ouest) : paysage urbain, place ornée d'une statue et entourée de maisons à pans de bois (vue non identifiée).

- Dessus de cheminée (ouest) : paysage urbain, bord de rivière planté d'arbres, dominé par le chevet d'une vaste église gothique (vue non identifiée).

- Dessus de porte (nord) : Avignon, le pont Saint-Bénézet et ville vus de la Barthelasse.

- Dessus de cheminée (est) : paysage urbain traversé par une rivière et dominé par deux clochers (vue non identifiée).

- Dessus de porte (est) : Château de Blois, aile François Ier

- Corps de bâtiment O :

- Salle à manger : plafond en stuc divisé par deux poutres transversales portant deux registres de fines moulures ; compartiment central avec cadre rectangulaire à moulure saillante, second cadre aux petits côtés en lignes courbes encadrant une guirlande de feuilles, motif ovale au centre rehaussé d'une guirlande de feuilles et d'un chou ; compartiments latéraux identiques avec motif central rond.

- Cinq panneaux en stuc : trumeau de cheminée à l'ouest, panneau central à l'est, dessus des portes nord, est et ouest ; cadres rectangulaires moulurés et cartouches chantournés.

- Chambre est : plafond en stuc divisé par une poutre transversale ornée de moulures rectangulaires avec motif central circulaire ; compartiments ornés de même de cadres rectangulaires et de motifs centraux ovales.

Dessus de porte en stuc à l'est, formé d'un cartouche dans un cadre rectangulaire ; au centre, en fort relief, motif composé des armoiries de la maison de France entourées du collier de l'ordre du Saint-Esprit et de lauriers.

- Chambre ouest : plafond divisé par une poutre transversale moulurée ; deux compartiments identiques, aux angles nord arrondis, ornés de moulures et de petites rosaces aux angles.

Cheminée sur le mur ouest avec trumeau en stuc à décor de moulures rectangulaires, petites rosaces aux angles et bouquet de fleurs au sommet.

Chambre 7, cartouche au-dessus de la porte de la salle manger 6.Chambre 7, cartouche au-dessus de la porte de la salle manger 6. Verrière B (salle d'armes), vue d'ensemble prise du palier.Verrière B (salle d'armes), vue d'ensemble prise du palier.

- Corps de bâtiment L :

- Chambre : plafond en stuc divisé par une poutre transversale ; décor de moulures rectangulaires avec petites rosaces aux angles. Quatre dessus de porte en stuc : cadres rectangulaires moulurés entourant un médaillon ovale orné d'un monogramme : au sud-est B D V Q, au sud-ouest J A C S, au nord-est V M E L, au nord-ouest L D E. Trumeau de cheminée en stuc mouluré avec petits bouquets aux angles.

- Petite bibliothèque : plafond en stuc mouluré avec des rosaces aux angles. Dessus de porte et dessus de bibliothèque identiques à ceux de la chambre (monogramme dans un médaillon ovale), accostés de panneaux rectangulaires contenant des branchages. Dessus de fenêtre en stuc : panneau rectangulaire avec rosaces aux angles.

- Corps de bâtiment M :

- Salle d'armes : voûte en arc de cloître décorée de caissons et de moulures en stuc ; jour central souligné par un gros tore de feuillage.

Deuxième étage :

- Corps de bâtiment Q :

- Chambre est : plafond en stuc à voussure soulignée par une moulure continue, avec petits cartouches aux angles et au centre de chaque côté ; rosace centrale.

Pilastres arrondis moulurés, couronnés d'une chute de roses, aux angles nord de la pièce.

Trumeau de cheminée : cadre central mouluré surmonté d'un cartouche chantourné, cadres latéraux couronnés d'un motif chantourné.

Deux dessus de porte : cartouche chantourné dans un cadre rectangulaire.

- Chambre à l'ouest de la précédente : plafond en stuc souligné par une moulure sinusoïdale. Dessus de porte et trumeau de cheminée : cadre rectangulaire entourant une moulure sinusoïdale.

- Corps de bâtiment F :

- Chambre octogonale (F 1) : plafond en stuc divisé par deux poutres transversales ornées de guirlandes de feuilles ; compartiment central rectangulaire avec quatre cadres (le premier à crossettes ; le deuxième rectangulaire ; le troisième courbe sur les petits côtés ; le quatrième en courbes et contrecourbes avec motif chantourné et rose sur les petits côtés) ; deux médaillons ovales au centre avec motifs chantournés et roses, deux médaillons chantournés et chutes de roses au milieu des voussures des grands côtés ; au nord et au sud, compartiments latéraux en forme de trapèze avec quatre cadres et un médaillon central identiques à ceux du compartiment central, quatre médaillons et bouquet de fleurs aux angles des voussures.

Décor stuqué en deux panneaux, quatre dessus de porte et un linteau d'alcôve : relief blanc sur fond gris-bleu.

Panneau nord, incluant une cheminée en marbre et une glace : au centre, au-dessus de la glace, dans un cadre rectangulaire (baguette autour de laquelle est enroulé un ruban), scène figurée : une femme vêtue à l'antique, couronnée d'une tiare et assise sur une nuée donne à un putti debout à droite un objet rond ; un autre putti debout à gauche tend les bras vers la femme - dont la main, cassée, tendait peut-être un autre objet ; à droite, sur un tapis d'herbes, un putti danse devant un autre putti adossé à un arbre et jouant du hautbois ; un livre ouvert est posé dans l'herbe ; à gauche, un putti joue du tambour à côté d'un meuble formé d'une caisse carrée supportant une haute flèche pyramidale terminée par une boule ; dans le bas, au centre, espace vide assez grand : partie bûchée ? H. 0,60, L. 1, 15 m. A droite et à gauche de la glace, étroit panneau vertical mouluré décoré à la base et au sommet d'un motif en arabesque. L. 0, 20 m.

A droite et à gauche de l'ensemble, panneau vertical mouluré orné en bas d'un motif de palmes, fleurs et feuillages, au sommet d'un cartouche chantourné contenant un bouquet, au centre d'un cartouche chantourné contenant un personnage de chinoiserie : à gauche, un chinois vêtu d'une culotte bouffante et coiffé d'un chapeau à plume regarde dans une lunette astronomique ; à droite, un chinois vêtu d'une veste et d'un pantalon et coiffé d'un chapeau conique ramasse des melons ou des pastèques dans un jardin entouré d'une clôture basse à claire-voie. L. 0,37 .

Panneau sud, incluant une glace : parti décoratif identique à celui du panneau nord ; scène figurée au-dessus de la glace : quatre putti armés d'arcs lancent des flèches dans un cœur suspendu au centre dans une boucle de ruban ; un cinquième putti observe la scène derrière un mur dont l'extrémité est ornée d'un pot à feu ; dans le bas, espace vide identique à celui du panneau nord ; dans le cartouche de gauche, un chinois vêtu d'une tunique et d'un pantalon et coiffé d'un chapeau pointu agite dans chaque main une clochette ; dans le cartouche de gauche, un chinois vêtu d'une veste ouverte et d'un pantalon et coiffé d'un chapeau rond à pointe cueille des fleurs dans un jardin orné de plantes en vases.

L'Ermitage, chambre F1, panneau au-dessus de la glace.L'Ermitage, chambre F1, panneau au-dessus de la glace.

Dessus de porte : cadre rectangulaire orné d'un motif de palmes à chaque angle ; au centre, médaillon ovale suspendu par un nœud de ruban, entouré en haut d'une guirlande de rose, en bas d'un nœud de ruban portant une inscription ; dans le médaillon, scène figurée. L. 1,1 ; H. 1, 40 m.

Porte sud-est : intérieur d'une pièce décorée de panneaux (chutes d'objets) séparés par des pilastres, avec une fenêtre et un rideau ramassé dans une embrasse ; au centre, un bureau chargé de livres ; les personnages ont été soigneusement bûchés et la partie du décor qu'ils masquaient reconstituée par quelques traits gravés ; au-dessous, inscription : L'ESPOIR PATERNEL.

Porte nord-est : intérieur d'une chambre avec une fenêtre munie de contrevents, une alcôve et une bibliothèque ; au centre, de part et d'autre d'une petite table, une femme et une petite fille assises se font face ; sur le sol, derrière la petite fille, sont posés une corbeille, un pot et un objet rond au-dessous, inscription : SATISFACTION MATERNELLE.

Porte nord-ouest : intérieur d'une pièce avec deux fenêtres, une porte, une cheminée et un décor de panneaux et de cartouches en stuc au centre, assise sur un canapé et le pied gauche posé sur un petit escabeau, une femme tient sur ses genoux un enfant ; un petit chien est assis près d'elle ; à gauche on voit un petit lit d'ange au-dessous, inscription : CONSOLATION MATERNELLE.

Porte sud-ouest : intérieur d'un salon avec deux fenêtres entourant un panneau à décor stuqué ; au centre, une console à pied chantourné et tablette de marbre, à droite et à gauche deux chaises ; les personnages de cette scène ont été bûchés comme ceux du dessus de la porte sud-est ; au-dessous, inscription : OBJETS INTÉRESSANTS.

Linteau d'alcôve : dans un cadre rectangulaire, guirlande de roses et de rubans ; au centre, suspendu à un gros nœud de ruban, écusson portant le monogramme V Q.

- Boudoir (F 2) : plafond en stuc ; au centre, dans un octogone mouluré, rosace entrelacée de feuillages ; tout autour, voussure délimitée par une baguette autour de laquelle s'enroule une tige feuillue ; dans la voussure, décor d'entrelacs incluant des bouquets, des objets (pot à feu, cassette, autre cassette ouverte, brosse, pelote d'épingles, pinceau rond, cuvette et pot à eau, oreiller) et quatre petite scènes : - au nord, un putti retire sa chemise et s'apprête à se baigner dans un baquet posé devant lui, sous le regard d'un autre putti debout derrière une commode

- à l'est, une jeune femme admire sa toilette dans la glace d'une coiffeuse placée derrière elle ; un putti placé à sa gauche lui tend un éventail.

- au sud, un putti se coiffe devant une coiffeuse ; devant lui, sur le sol, un fer à friser.

- à l'ouest, un putti assis sur une chaise coiffe un autre putti plus petit agenouillé devant lui et qui étend le bras pour saisir un objet placé sur la table derrière lui.

Tous les reliefs de cette voussure apparaissent en blanc sur un fond gris-bleu très pâle. L'iconographie de cette pièce suggère qu'elle fut à l'origine utilisée comme cabinet de toilette.

Boudoir F2, frise autour du plafond, pan ouest.Boudoir F2, frise autour du plafond, pan ouest. Galerie G, frise autour du plafond, partie au-dessus de l'alcôve est.Galerie G, frise autour du plafond, partie au-dessus de l'alcôve est.

- Salle de bains (F 3) : plafond en stuc, orné au centre d'une rosace chantournée ; tout autour, voussure délimitée par une moulure en courbes et contrecourbes, avec un médaillon chantourné dans chaque angle. Reliefs peints en bleu sur fond blanc.

- Galerie (G) : plafond en stuc, orné au centre de deux rosaces chantournées ; tout autour, cadre mouluré en courbes et contrecourbes ; le tout peint en vert sur fond blanc. La voussure porte une frise continue d'entrelacs incluant des bouquets, des figures (chien courant, tête de putti soufflant sur un moulinet, oiseau huppé, autre chien dressé sur les pattes, tête de griffon ailée, tête couronnée de plumes, aigle) et trois scènes dans des cartouches chantournés, le tout blanc sur fond vert

- à l'ouest : deux putti, l'un assis, l'autre agenouillé près d'un feu de camp, devant une tente et un arbre sans feuilles (l'hiver)

- au sud : un putti s'apprête à verser le contenu de sa hotte dans une cuve en bois où un second putti foule les raisins ; à gauche,un autre putti cueille les raisins d'une treille (l'automne)

- à l'est : un putti assis sur un tas de gerbes, tenant d'une main une faucille et de l'autre un bouquet d'épis, regarde un autre putti courbé en train de moissonner (l'été).

Décor mural en stuc, composé de quatre panneaux rectangulaires et deux encadrements d'alcôves ; tous les reliefs sont blancs sur fond vert.

Encadrements d'alcôves : linteau en arc en segment ; cadre mouluré avec agrafe chantournée au centre et palmes sur les côtés ; de chaque côté, panneau rectangulaire mouluré avec chutes de fleurs en haut et en bas.

Panneaux : cadre mouluré rectangulaire, contenant un grand cartouche chantourné, entrelacé de feuillages et de fleurs ; dans chaque cartouche une scène de chinoiserie dont les personnages ont été bûchés et dont il ne reste plus que le fond : - panneau sud-est : paysage champêtre avec un puits à margelle de bois et dais de chaume.

- panneau sud-ouest : paysage champêtre avec un bananier et un banc en bois

- panneau nord-est : paysage champêtre avec une échelle et un petit pavillon à claire-voie

- panneau nord-ouest : paysage champêtre avec une balançoire, et une clôture à claire-voie.

Galerie G, mur nord, panneau du trumeau ouest.Galerie G, mur nord, panneau du trumeau ouest. Galerie G, mur sud, panneau à droite de la glace.Galerie G, mur sud, panneau à droite de la glace.

BASTION

Bastion de l'enceinte du château

HISTORIQUE

Cf. ci-dessus historique du château.

DESCRIPTION

Situation et composition d'ensemble

A. Situation : au sud du château et à l'ouest du portail d'accès, appuyé à l'angle que forme à cet endroit l'ancienne enceinte fortifiée du village devenue l'enceinte du château. Le bastion domine au sud la rue du Château.

B. Composition d'ensemble : pentagone irrégulier, plus large à la base qu'au sommet. Deux grands côtés sud-est et sud-ouest surplombent la rue, deux petits côtés nord-est et nord-ouest forment avec la courtine un angle rentrant très prononcé. Le côté nord (gorge) est raccordé au mur d'enceinte par un petit retour. L'accès se fait par la terrasse au sommet de l'ouvrage, de plain-pied avec la terrasse sud du château.

Matériaux et leur mise en œuvre

Ouvrage entièrement réalisé en moellons irréguliers, fortement liaisonnés au mortier. Les trois angles sont appareillés. Le couronnement (parapet de la terrasse et échauguette), réalisé en pierre de taille à joints minces et encore peu érodée, est visiblement plus récent que le reste.

Parti général, plan, coupes et élévations intérieures

A. Parti général : bastion plein ouvert à la gorge.

B. Plan : périmètre pentagonal irrégulier enveloppant une structure interne rectangulaire beaucoup plus petite, sur trois niveaux.

- Rez-de-chaussée : petite pièce rectangulaire couverte d'un berceau en plein-cintre surbaissé ; deux petits volumes irréguliers, creusés dans le rocher qui forme la base des murs, prolongent la pièce au nord et au sud ; à l'est et à l'ouest, deux embrasures de tir (canonnières) débouchent au fond de l'angle rentrant que forment les petits côtés nord-est et nord-ouest avec la courtine ; au milieu de la voûte, jour rectangulaire communiquant avec le premier étage et servant d'accès.

- Premier étage : pièce rectangulaire couverte d'un berceau en plein-cintre surbaissé ; dans l'angle nord-est part un escalier droit parallèle à la courtine; cet escalier débouche sur la terrasse à une dizaine de mètres au nord-est du bastion ; deux canonnières jumelées à l'est et à l'ouest débouchent comme celles du rez-de-chaussée ; au centre de la voûte, jour rectangulaire, base de la cheminée d'accès qui débouche sur la terrasse du sommet.

- Second étage : volume probablement identique aux deux précédents, entièrement comblé ; cette pièce, accessible par la cheminée, possédait des canonnières jumelées identiques à celles du premier étage et visibles de l'extérieur.

Élévations extérieures

Façade principale, moitié ouest.Façade principale, moitié ouest.

Sur les quatre côtés, murs aveugles et fortement talutés. Au fond des angles rentrants entre la courtine et les petits côtés, retours très étroits percés sur trois niveaux d'embrasures de tir : canonnières simples à ébrasement extérieur au rez-de-chaussée, canonnières jumelées sans ébrasement aux niveaux supérieurs. Au sommet de l'ouvrage, parapet percé de jours verticaux très étroits, souligné par un gros cordon en quart-de-cercle faisant office de chéneau et portant près de l'angle sud deux gargouilles.

A l'angle sud, échauguette hexagonale reposant sur un culot à double ressaut et couverte d'une coupole à extrados pyramidal en couverture.

Combles et couvertures

Couverture en terrasse, sur laquelle ouvre de plain-pied l'intérieur de l'échauguette ; dallage récent en ciment. La pyramide en pierre qui couronne l'échauguette porte un décor sculpté imitant la tuile ou l'ardoise en écaille.

NOTE DE SYNTHÈSE

Le dispositif de ce bastion présente de fortes analogies avec les ouvrages proposés par les ingénieurs du milieu du XVIe siècle Girolamo Maggi et Jacomo Castriotto (cités par Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l'Architecture..., t. II, p. 231) : notamment sa gorge étroite et défendue par une batterie de canonnières. Le plan irrégulier de l'ouvrage, la présence constante à tous les étages d'un volume rectangulaire sans rapport avec la forme extérieure du bastion suggèrent que ce dernier pourrait avoir été superposé à un ouvrage plus ancien : peut-être une tour de flanquement destinée à couvrir l'angle de la première enceinte du village, au XIIIe ou au XIVe siècles ? Le couronnement de l'édifice - parapet et échauguette -, le comblement du deuxième étage ainsi que l'escalier d'accès au premier étage paraissent dater du XIXe siècle.

JARDINS

HISTORIQUE

Cf. historique du château.

DESCRIPTION

Situation et composition d'ensemble

A. Situation : sur les terrasses qui entourent le château au sud (jardin du Paradis), au nord (jardin de l'Ermitage) et à l'est, sur le versant de colline (parc) et la plaine (Grand Jardin) qui jouxtent l'édifice au nord.

B. Composition d'ensemble : inégale et disparate. Les différents jardins n'ont pas entre eux de véritable cohésion et constituent chacun un élément autonome et différent des autres.

Plan

- Jardin du Paradis : espace compris entre la tour sud-ouest au nord, l'aile des communs à l'est et l'église paroissiale au sud, en surplomb à l'ouest (par un mur de soutènement) au-dessus de la rue du Côté de France. Plantation de buis taillés.

- Jardin de l'Ermitage : espace au niveau du deuxième étage, compris entre les corps de bâtiment (F) à l'ouest et (G) au nord, suspendu au sud et à l'est par un mur de soutènement au-dessus de la cour intérieure. Plantation de buis taillés.

- Terrasses méridionales : trois terrasses, les deux premières en pente, la plus haute plane, comprises entre le grand corps de bâtiment (O-P-Q) au nord, l'aile des communs à l'ouest, le mur d'enceinte au sud et la terrasse orientale à l'est. La terrasse inférieure est plantée de rosiers (plantation faite après 1968), la terrasse intermédiaire d'ifs taillés et d'hémérocalles, la terrasse supérieure d'une allée de marronniers. A l'extrémité est de la terrasse supérieure, statue (lion couché : en pierre).

Terrasse des lions, lion est vu en contre plongée.Terrasse des lions, lion est vu en contre plongée. Lion de Bugatti, vue de face.Lion de Bugatti, vue de face.

- Terrasse orientale : comprise entre la rampe nord d'accès au château à l'ouest, le mur d'enceinte au sud et le parc à l'est et au nord. Accès à l'est par un escalier double et une rampe soutenue par un mur à arcatures. Plantation de buis taillés. En haut du mur dominant la terrasse au nord, grille en fer forgé.

- Parc : versant abrupt au nord, à l'est et à l'ouest du château. Plantation irrégulière d'arbres (surtout pins et chênes) et d'arbustes.

- Le Grand Jardin : dans la plaine au nord du château, entièrement clos de murs et traversé par le chemin d'accès au château qui franchit au moyen d'un pont la route D 56. La partie orientale du jardin est composée d'une prairie et de rangées de cyprès de part et d'autre du chemin. La partie occidentale est agrémentée de pièces d'eau et de buis taillés et abritée derrière un rideau de pins. On y trouve deux terrasses, reliées par une double rampe. La terrasse supérieure est presque entièrement occupée par un grand bassin rectangulaire, alimenté par une fontaine monumentale adossée au mur d'enceinte nord. La terrasse inférieure, gazonnée, comporte au centre un bassin pentagonal et une fontaine adossée au mur de soutènement de la terrasse supérieure, entre les deux rampes. Dans ce jardin, "oratoire" de saint Elzéar et sainte Delphine, portail d'entrée avec grille en fer forgé, lion en pierre.

Bassin et fontaine.Bassin et fontaine. Revers de la grille sur la route.Revers de la grille sur la route.

Vocables Saint-Elzear
Parties constituantes non étudiées chapelle, jardin, pont, miroir d'eau, bassin, oratoire
Dénominations château fort, château
Aire d'étude et canton Pertuis
Adresse Commune : Ansouis
Cadastre : 1934 E 95 ; 1836 E 123

Château édifié et progressivement agrandi à partir du début du 13e ; composé en 1383 d'un donjon rectangulaire de 3 étages, de 4 corps de logis, d'un corps de bâtiment annexe et d'une chapelle, le tout enfermé dans une étroite enceinte fortifiée ; au 15e ou au début du 16e siècle destruction partielle du donjon ; dans le courant du 16e siècle destruction de l'enceinte, remplacée par la première fortification du village ; construction du grand corps de logis sud : 1ère campagne en 1614 par les maçons Jean Brun et Achille Leaumont, 2e campagne en cours en 1633 par le maçon Daniel Sadalian, achèvement après 1641 ; le dessin de l'élévation antérieure serait dû à Jean Lombard d'après J.J. Gloton ; modification des façades, décors intérieurs et jardins réalisés dans le courant du 18e siècle ; quelques transformations après le rachat en 1836 par le duc de Sabran : couverture d'une cour, construction d'une nouvelle chapelle (détruite depuis) et du portail d'entrée, réaménagement des jardins.

Période(s) Principale : 13e siècle
Principale : 1er quart 17e siècle
Principale : 2e quart 17e siècle
Principale : 18e siècle
Dates 1614, daté par source
1633, daté par source
Auteur(s) Auteur : Brun Jean maçon, maçon, attribution par source
Auteur : Leaumont Achille, maçon, attribution par source
Auteur : Sadalian Daniel, maçon, attribution par source
Auteur : Lombard Jean, architecte, attribution par travaux historiques

Edifice composite, de plan très irrégulier ; grand corps de logis sud rectangulaire, simple en profondeur, à étage de soubassement partiel voûté, rez-de-chaussée et étage desservis par un grand escalier hors-oeuvre aux volées parallèles couvertes de berceaux inclinés ; élévation antérieure à 6 travées de fenêtres couronnées de frontons et porte d'entrée à décor architecturé ; au sud-est, corps de logis annexe qui remploie la base (étage de soubassement voûté en berceau brisé et élévations parementées à bossages en table) d'une ancienne tour d'angle ; côté nord, 4 petits corps de bâtiment au rez-de-chaussée voûté, dont un contient la cuisine et un autre un ancien cellier transformé en chapelle, encadrent les vestiges de l'ancien donjon recouverts par un petit jardin suspendu au niveau du premier étage ; importants décors intérieurs en gypserie ; anciennes écuries, rampe fermée par un portail et terrasse d'accès depuis le village au sud ; petit jardin de buis taillés suspendu au niveau du toit de l'église paroissiale ; grand jardin au nord en contrebas, accessible par un pont et par une porte monumentale fermée d'une grille, contenant un miroir d'eau, un bassin et un oratoire ; 4 statues de lions réparties dans les jardins

Murs molasse
pierre de taille
moellon
Toit tuile creuse
Étages étage de soubassement, 1 étage carré
Couvrements voûte en berceau plein-cintre
voûte en berceau brisé
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours sans jour, en maçonnerie
Techniques sculpture
décor stuqué
sculpture
Représentations ordre toscan fronton lion
Précision représentations

sujet : travée toscane surmontée d'un fronton brisé, support : porte d'entrée principale ; sujet : fronton brisé alternativement droit et courbe, support : fenêtres de l'élévation antérieure ; sujet : lion, support : jardin

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections classé MH, 1948/05/10

Références documentaires

Documents figurés
  • Vue d'ensemble du village et du château côté est. Etat au début du 20e siècle. Deydier (photographe). Carte postale, édition Vve Turcan, sd.

  • Ansouis (Vaucluse). Les Vieux Remparts. Carte postale, s.d. (début 20e siècle). Photo Deydier, édition Vve Turcan.

  • Ansouis (Vaucluse). Le Château et l'Eglise. Carte postale s.d. (début 20e siècle). Cliché Deydier, Edition S. Turcan.

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