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Château de Maireste

Dossier IA04002597 réalisé en 2014

Fiche

Analyse historique

Le site castral : antiquité tardive ou époque médiévaleVue de situation prise du nord-estVue de situation prise du nord-est

Sur le sommet de Maireste, haut de 817 m, se trouvent les ruines d'un castrum médiéval : château et église primitifs dateraient de la fin du 12e siècle (certains proposent une datation plus ancienne encore : Haut Moyen-Age ou Antiquité tardive).

Reconstruits au 14e siècle, ces bâtiments sont aujourd'hui détruits. Seuls sont visibles les premières assises de la maçonnerie de l'église, mentionnée comme "Notre-Dame de Mereste" sur la Carte des frontières Est de la France (années 1780) et "Notre-Dame" sur le plan cadastral de 1835. Gallia Christiana Novissima mentionne la présence de deux castri à Meyreste : celui-ci et un "castrum Sancti Mauricieti, S. Maurice, à Meyreste" (peut-être sur l'actuel lieu-dit Saint-Maurin).

La demeure, ou château de Maireste, se trouve 300 mètres en contre-bas, au nord-est du sommet castral.Vue d'ensemble prise depuis le sudVue d'ensemble prise depuis le sud Les élévations témoignent d'ouvertures murées, d'autres repercées et d'une rupture d'alignement. En associant à leur lecture celles de documents écrits et de clichés photographiques du 20e siècle (datant d'avant le pillage des encadrements), on peut proposer une construction en trois étapes.

Construction du bâtiment : fin du 15e siècle ou début du 16e siècle

L'origine du bâtiment actuel pourrait remonter à la fin du 15e siècle ou au début du 16e siècle. La plupart des ouvertures semblant postérieures, on peut émettre l'hypothèse qu'à l'origine il s'agissait d'un grenier fort peut-être assorti d'un logis.

Ce premier bâtiment correspond à la partie orientale du bâtiment actuel, l'actuel mur de refend étant son ancien pignon. Il possédait une porte d'accès située au premier niveau de l'élévation sud, associée à la chaîne d'angle ouest, dont subsiste un jambage. Il possédait une autre porte sur l'élévation nord, également accolée à la chaîne d'angle ouest. La grande croisée située au second niveau de l'élévation sud est placée dans l'axe médian de cette façade initiale. Ce bâtiment possédait alors vraisemblablement deux niveaux de plafond hauts.

Sur cette partie orientale, les encadrements en pierre de taille des baies sont faits de blocs relativement petits, taillés de manière très fruste, qui pourraient être un remploi de matériaux issus du site castral. C'est notamment vrai pour les baies à demi-croisée du premier niveau du bâtiment principal et celle du troisième niveau de la tour orientale. Elévation sud, premier niveau. Fenêtre à demi-croiséeElévation sud, premier niveau. Fenêtre à demi-croiséeSur un cliché ancien, il semble que l'encadrement de la grande croisée orientale était de même nature et que la traverse était constituée de deux blocs accolés.Elévation sud, fenêtre à croisée orientale. Années 1970Elévation sud, fenêtre à croisée orientale. Années 1970

D'après le cadastre de 1588, les Demandolx l'achètent à la famille Carbonel. D'après le manuscrit de la famille Demandolx-La Palud, rédigé en 1877 par Henri de Demandolx, le château de Maireste est mentionné pour la première fois en 1572, dans le testament d'Antoine de Demandolx, accompagné de prés et d'une vigne dite "Madame".

Le manuscrit de Henri de Demandolx reproduit une description du domaine de Maireste au début du 17e siècle, qui "était fort considérable, car la terre commençait à La Palu et allait jusqu'au terroir de Moustiers près d'une lieu de longueur. La largeur s'étendait du Verdon au sommet des montagnes. [...] Indépendamment de plusieurs petites sources, il y avait à Saint Maurin une source très considérable qui, partant du milieu de la montagne, arrosait par cascade successives trois petites prairies superposées d'une grande étendue. [Le climat] était comme à Moustiers le climat de la basse Provence. Vignes, mûriers, oliviers, arbres fruitiers, tout y venait bien, grâce à l'exposition au midi et au rempart de ses montagnes côté nord. La récolte d'olive était fort bonne".

En 1635, le testament d'Elzéar de Demandolx donne à sa femme "la jouissance de la vigne de Meyreste avec la salle du château pour s'aller récréer quand elle voudra", le château possède alors une écurie et une "fenière".

Extension du château : seconde moitié du 17e siècle

La partie orientale du bâtiment semble avoir été ajoutée au cours de la seconde moitié du 17e siècle. La tour occidentale pourrait avoir été construite dans le même temps. La baie à croisée de la partie ouest de l'élévation sud, possède un encadrements en pierre de taille de tuf à angles vifs, qui est caractéristique cette époque. Cette baie à croisée occidentale est décalée par rapport à la baie à croisée orientale, cette dernière étant placée trois assises plus haut.

La partition du château en trois étages - dont l'étage de comble coupant les croisées au niveau des traverses - les aménagements intérieurs qui subsistent aujourd'hui (escalier et cheminées notamment), et les actuelles portes nord et sud, remontent à cette période. Néanmoins, l'aspect frustre des aménagements intérieurs (notamment les sols et les marches d'escalier en mortier) laissent penser que les finitions intérieures du bâtiment n'étaient sans doute pas terminées au moment de la Révolution. Il en était d'ailleurs de même au château de La Palud. L'intégration du four à pain dans le premier niveau de la tour ouest a nécessité de détruire l'angle du bâtiment ancien, mais il est difficile de dater cet aménagement d'avant ou d'après la saisie du château à la Révolution. On notera cependant que quelques pierres de taille, dispersées en remploi dans la coupole, proviennent elles aussi très probablement du site castral.Vue du château et de ses deux tours, depuis le sud estVue du château et de ses deux tours, depuis le sud est

Sur la Carte des Frontières Est de la France, de Colmars à Marseille, dressée dans les années 1780, le château apparaît avec ses tours d'angle. Sur ce document, la chapelle située juste à côté est nommée "Saint Louis". C'est le seul document à fournir son vocable.

Le procès-verbal du 24 juillet 1790 qui "note de l'alivrement des biens privilégiés" de monsieur Demandolx, décrit ainsi le domaine comme "château, ménage, basse cour, patègue, bâtiment démoli, terres cultes agrégées d'amendiers et noyers et terre incultes au quartier de Meyreste". Il n'est pas fait mention de la chapelle qui existait pourtant. La taxe réclamée à M. Demandolx pour ce domaine est de 1089£ ; à titre de comparaison, celle réclamée pour le château de La Palud est une fois et demi supérieure et celle réclamée pour la bastide Ricard, trois fois supérieure.

M. Demandolx possède également à Maireste des "Ecuyeries, basse cour, patègue, haire, jardin, pré, terres cultes, incultes et olives" et une "terre complantée d'oliviers". Il possède aussi une "bastide, basse cour, pateg, aire, terre cultes et incultes, quartier de la Plus Basse Grau de Meyreste".

Après 1793, les domaines estiment le château de Maireste et son domaine à 9000£ ; il est finalement vendu 10120£ au citoyen Dominique Boyer.

Le château au 19e siècle

Sur le cadastre de 1835, le château est divisé en trois parcelles.

L'état des sections de ce cadastre précise que Boyer Honoré, à Mayreste, possède la parcelle 1835 D2 213, mentionnée comme "maison et patègue", la parcelle 1835 D2 215, mentionnée comme "aire" à battre et la moitié de la parcelle 1835 D2 214, mentionnée comme "bâtiment four" à pain. Il possède également un "jardin" (D2, 211) et une autre "maison et patègue" (D2, 212) à Maireste, ainsi que plusieurs parcelles de terrain à proximité.

Vinçon Pierre, à Mayreste, possède la parcelle 1835 D2, 216, mentionnée comme "maison et patègue", la parcelle 1835 D2 217, mentionnée comme "aire" à battre, la moitié de la parcelle 1835 D2 214, mentionnée comme "bâtiment four" à pain et la parcelle 1835 D2 218, mentionnée comme "bâtiment chapelle". Il possède également plusieurs parcelles de terrain à proximité.

Au cours du 19e siècle, des réaménagements minimes ont lieu. Par exemple, dans la partie orientale du rez-de-chaussée surélevé, on remarque que l'ancien encadrement mouluré de la porte intérieure a été masqué par un nouvel enduit épais. Certaines parties des croisées ont été murées pour diminuer la taille des ouvertures imposées. L'enduit de la tour ouest a été refait, mais uniquement sur le niveau concernant le pigeonnier.

On relève plusieurs graffitis gravés dans les enduits intérieurs, notamment dans les escaliers. L'un d'entre eux représente un bâtiment (le château ?) sur trois étages reliés par un escalier et muni d'une tour (un clocher ?), dont la toiture est remplie d'un motif en damier. On note également des dessins gravés de visages de profil, divers lignes de calcul ou de comptabilité, ainsi que la signature "Boyer", "Ferrando Armand". D'autres graffitis et dessins sont peints ou dessinés. Au rez-de-chaussée surélevé, un grand dessin à la peinture noire est réalisé sur la menuiserie de la porte d'entrée. Il montre un personnage masculin, habillé d'un costume avec chemise et gilet à carreaux, et une veste jetée sur l'épaule ; il est coiffé d'une casquette et porte une canne. Ce dessin semble accompagné de la date 1830. A ce même étage, on note également la signature laissée en septembre 1902 par "Aillaud Gabriel" et "Fouquet Antoine", membres du "Club des excursionnistes" sur le trajet Moustiers-La Palud.

Une carte postale de 1929 montre qu'à cette époque le bâtiment est encore couvert en totalité.

Analyse architecturale

Composition

Plan-masse, 2015Plan-masse, 2015 Le château, vue d'ensemble prise du sud-est. Années 1970Le château, vue d'ensemble prise du sud-est. Années 1970

Le château de Maireste est constitué d'un bâtiment principal rectangulaire, adossé perpendiculairement au sens de la pente, et deux tours accolées aux angles sud-est et sud-ouest. Il comporte un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé et un étage de comble.

Le bâtiment principal mesure environ 17,5 mètres de long, par 5,5 mètres de large (dimensions extérieures), avec une maçonnerie d'environ 80 cm d'épaisseur et 50 cm au faîte. La hauteur de l'élévation sud est de 7 mètres, celle de l'élévation nord de 5 mètres. Un mur de refend vient le séparer en deux presque au milieu, sur toute la hauteur, avec une épaisseur d'environ 60 cm. Au premier étage de soubassement, un autre mur de refend limite la cage d'escalier, son épaisseur est de 40 cm.

La tour orientale est issue d'un collage. Elle est de plan pseudo-circulaire et son diamètre maximal extérieur est de presque 5 mètres. Elle mesure près de 10 mètres en élévation, côté est. Du fait de sa position bâtie plus bas sur le terrain, elle possède un demi-niveau de soubassement supplémentaire, éclairé par un jour.

La tour occidentale possède un plan circulaire beaucoup plus régulier, qui possède un diamètre extérieur de 6 mètres. Elle mesure un peu plus de 9 mètres en élévation, côté est. Mais comme elle est bâtie un peu plus en amont sur le terrain, elle dépasse la tour orientale de plus d'1,5 mètres de haut.

Matériaux

L'ensemble du bâtiment est construit en maçonnerie de petits moellons calcaires bien assisés.Elévation nord, second niveau. Détail de la maçonnerie, côté estElévation nord, second niveau. Détail de la maçonnerie, côté est

Cependant, la partie ouest de l'élévation nord ainsi que l'élévation ouest présentent une maçonnerie moins soignée, faisant appel de façon ponctuelle à des blocs de brèche calcaire, la partie nord est directement appuyée sur le ressaut rocheux en place. Les chaînes d'angles sont en gros moellons équarris. Les élévations reçoivent un enduit lisse.

Au premier niveau de l'élévation sud, la porte possède un encadrement en pierre de taille calcaire, en anse de panier, à claveaux extradossés. Elévation sud, premier niveau. Porte avec encadrement en anse de panier, pierre de taille calcaireElévation sud, premier niveau. Porte avec encadrement en anse de panier, pierre de taille calcaireAu même niveau de cette élévation sud, la fenêtre à demi-croisée possède un encadrement constitué de petits blocs de pierre de taille calcaire. Elle est barreaudée.

Au premier niveau de l'élévation nord, la porte du logis possède un encadrement en pierre de taille de tuf, avec un linteau à platebande lisse surmonté d'un fronton et d'une corniche moulurés.Elévation nord, premier niveau. Porte des logis, fronton en pierre de taille de tufElévation nord, premier niveau. Porte des logis, fronton en pierre de taille de tuf

Au deuxième niveau de la tour occidentale, la fenêtre possède un encadrement en petits blocs de pierre de taille calcaire. Au troisième niveau de cette même tour, la baie d'envol du pigeonnier possède une grille d'envol en plâtre rehaussée d'un décor peint ; elle est entourée de carreaux de terre cuite avec glaçure brune et jaune, disposés à l'origine en double rangée. Les encadrements des autres ouvertures sont façonnés au mortier de gypse, avec un linteau en bois.

Toit et couverture

La charpente est à pannes sur chevrons, et le toit à un pan est couvert en tuile creuse. L'avant-toit est constitué d'un rang de génoise. Chaque tour est également couverte par un toit à un pan.

Distribution intérieure

L'étage de soubassement mesure environ 3 mètres de haut. Il est séparé en deux par un couloir, accessible depuis l'extérieur par une porte piétonne, qui sert de vestibule en desservant les parties est et ouest.

Ce vestibule donne aussi accès à l'escalier intérieur tournant à retours, qui mène au rez-de-chaussée surélevé. Cet escalier est construit en maçonnerie de plâtre sur une structure en bois, les marches et les contre-marches sont en mortier, avec des nez-de-marches en bois. Etage de soubassement, montée de l'escalier tournantEtage de soubassement, montée de l'escalier tournant

Il possède une balustrade pleine en mortier de gypse, et le palier intermédiaire est éclairé par un jour.

La partie occidentale de cet étage de soubassement correspond à une pièce de logis, elle est éclairée par une fenêtre ouverte dans le mur sud. Une cheminée est adossée côté nord ; elle dispose de corbeaux en gypserie en quart de rond, se poursuivant par un manteau galbé orné d'une épaisse moulure ; la structure de ce manteau est en menuiserie. Une grande niche est aménagée à l'angle nord-ouest, elle est creusée dans la roche en place. La bouche d'un four à pain s'ouvre à l'angle sud-ouest. Etage de soubassement, logis ouest. Angle sud-ouest, bouche du four à painEtage de soubassement, logis ouest. Angle sud-ouest, bouche du four à painSon diamètre d'environ 2,5 mètres n'occupe qu'un tiers du volume théorique de la tour, le reste étant probablement remplis de sable. La bouche du four est en pierre de taille calcaire, dont un grand segment d'arc en plein-cintre. L'avaloir à disparu mais subsiste son conduit d'évacuation en plâtre, accolé dans l'angle sud-ouest. La coupole du four est construite en maçonnerie de moellons calcaires, dont quelques pierres de taille en remplois.

La partie orientale de cet étage de soubassement correspond à une autre probable pièce de logis, éclairée par une fenêtre en demi-croisée ouverte dans le mur sud. A la base du mur nord, la roche en place est largement visible. Le couvrement en plancher a disparu, mais subsistent les trois arcades en pierre de taille de tuf qui le supportaient. A l'angle sud-est, une porte donne accès à la tour orientale, qui est également accessible depuis l'extérieur par une porte piétonne, et qui est éclairée par un jour percé côté sud.

Le rez-de-chaussée surélevé mesure environ 2,5 mètres de haut. Il est partagé de la même façon en deux parties, séparées par un couloir de distribution qui dessert l'escalier menant à l'étage de comble. Ce couloir est accessible par une porte piétonne percée côté nord et éclairé par un jour côté sud.Plan du rez-de-chaussée surélevé, 2015Plan du rez-de-chaussée surélevé, 2015

La partie occidentale est occupée par une grande pièce de logis, éclairée par une large baie ouverte dans le mur sud. Le sol est une chape de mortier sur plancher, les murs sont enduits alors que le plafond est brut de menuiserie. Une cheminée est adossée au mur nord, elle possède un manteau droit en mortier de gypse.Rez-de-chaussée surélevé, logis ouest. Vue de volume prise du sud-estRez-de-chaussée surélevé, logis ouest. Vue de volume prise du sud-est

La partie orientale ne possède plus ni sols, ni aménagements intérieurs, hormis des vestiges d'enduits sur les murs. On note cependant la présence d'une niche dans l'angle nord-ouest, avec une étagère médiane en bois, et fermée par un volet en menuiserie. Par ailleurs, la porte de communication avec le couloir possède un encadrement mouluré, en gypserie. Une grande baie est ouverte côté sud, et une fenêtre côté est. A l'angle sud-est, une porte permet d'accéder à la tour orientale, qui est aérée par trois jours en fente (dont un muré) et une petite fenêtre.

Le rez-de-chaussée surélevé de la tour occidentale est occupé par un réduit indépendant, accessible par une porte piétonne étroite et éclairé par une fenêtre. Le sol est en carreaux de terre cuite et les murs sont enduits.

L'étage de comble à une hauteur sous rampant de 2,3 mètres au maximum et 1,3 mètres au minimum. Il est séparé sur le même principe que les deux autres étages. Cependant le couloir ne possède qu'une porte, qui ne dessert que la partie orientale, très ruinée.Plan de l'étage de combles, 2015Plan de l'étage de combles, 2015

La partie occidentale est réservée à un fenil, aéré par un jour ouvert côté sud et accessible par une baie fenière percée dans le mur nord.

L'étage de comble de la tour orientale est éclairé par deux jours en fente. L'étage de comble de la tour occidentale est réservé au pigeonnier, il est accessible par une échelle de meunier. Le plafond est enduit, et le sol est en carreaux de terre cuite scellés mortier sur un plancher. La baie d'envol est percée côté sud. On compte plus de 300 boulins de taille rectangulaire (l = 20 cm, la = 18 cm ; pf = 20 cm), qui sont construits en plâtre ; on note également une vingtaine de boulins supplémentaires, avec une niche en anse de panier.Tour ouest. Etage de comble, pigeonnier. Angle nord-estTour ouest. Etage de comble, pigeonnier. Angle nord-est

Espaces libres et dépendances

Un espace plan est aménagé devant l'élévation nord, il servait d'aire à battre. Une grande terrasse se développe devant l'élévation ouest, dans le prolongement du bâtiment.

Un bâtiment ruiné, de plan rectangulaire, est visibles au nord-est du château. Il s'agit de l'ancienne chapelle Saint-Louis.

Appellations château de Maireste
Parties constituantes non étudiées four à pain, pigeonnier
Dénominations château
Aire d'étude et canton Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var - Riez
Adresse Commune : La Palud-sur-Verdon
Lieu-dit : Maireste
Cadastre : 1835 D2 213, 214 et 216 ; 2014 W6 311

La seigneurie de Maireste était une seigneurie distincte de celle de la Palud. D'abord ecclésiastique et dépendant de l'abbaye de Saint-Victor au 11e siècle, elle passe aux mains des comtes de Provence au 14e siècle, pour appartenir aux Demandolx du 16e siècle à la Révolution.

Le château de Maireste remplace un premier château, élevé dès l'antiquité tardive ou le début du moyen âge, perché au sommet d'un oppidum voisin, à proximité d'une chapelle également détruite, la chapelle Notre-Dame.

A la lecture des élévations de l'actuel château, la partie la plus ancienne de la demeure (fin 15e-début 16e siècle) correspondrait à un grenier fort, peut-être déjà associé à un logis. Selon le cadastre de 1588, la bâtisse est achetée par les Demandolx à la famille Carbonnel, puis elle est agrandie pendant la seconde moitié du 17e siècle. Les seigneurs de Maireste y font réaliser de nouveaux aménagements intérieurs dans la seconde moitié du 18e siècle.

A la Révolution, la "bastide et dépendance dite Meireste", appartenant à l'émigré Jean Gaspard Demandolx, est vendue le 22 nivôse an II, au profit de Dominique Boyer.

La ruine de l'édifice est postérieure à 1929. En 1943, lors de l'inscription du site par arrêté du 11 novembre, la chapelle Saint-Louis, toute proche de l'édifice et dont il ne subsiste que des vestiges, est décrite comme étant une "petite église romane intéressante et assez bien conservée". Des photos du château, antérieures à 1974, attestent la présence de l'encadrement des grandes baies mais aussi de son défaut de couverture.

Période(s) Principale : 15e siècle , (?)
Principale : 16e siècle , (?)
Principale : 17e siècle , (?)
Secondaire : 4e quart 18e siècle , (?)
Auteur(s) Personnalité : Demandolx-La Palud,
Demandolx-La Palud

Les Demandolx-La Palud constituent la 3e branche de la famille de Demandolx. Seigneurs de La Palud et de Meyreste entre 1504 (?) et la Révolution.


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propriétaire, commanditaire, attribution par travaux historiques

Ce château est situé au hameau de Maireste, à environ 5 kilomètres à l'ouest du village de La Palud. Il est constitué d'un bâtiment principal rectangulaire, adossé perpendiculairement au sens de la pente, et deux tours accolées aux angles sud-est et sud-ouest. Il comporte un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé et un étage de comble, desservis par un escalier dans œuvre tournant à retours. L'ensemble du bâtiment est construit en maçonnerie de petits moellons calcaires. Le toit à un pan est couvert en tuile creuse.

Murs calcaire moellon sans chaîne en pierre de taille enduit
tuf pierre de taille
Toit tuile creuse
Étages étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, étage de comble
Couvertures toit à un pan
Escaliers escalier intérieur : escalier tournant à retours, en maçonnerie, en charpente
États conservations vestiges
Techniques décor stuqué
Statut de la propriété propriété d'une personne privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Sites de protection site inscrit
Protections
Précisions sur la protection

Le Manoir de Mayreste et ses abords, parcelles du plan cadastral de La Palud section D2 :N° 180 à 192, 206p à 221 : site inscrit par arrêté du 11 novembre 1943.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Matrice cadastrale de La Palud-sur-Verdon, 1588. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : E dépôt 144/8.

    f°136
  • Note de l'alivrement des biens privilégiés consistant les biens droits et facultés de monsieur Demandolx situés dans le lieu de La Palud et son terroir prise par le procès verbal du 24 juillet 1790. 24 juillet 1790. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 Q 063.

    f°8
  • Résumé des opérations de vente des biens nationaux du district de Digne de 1790 à l'an III. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 Q 1.

    22 nivôse an II
  • État de section du cadastre de la commune de La Palud, 1836. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains, 3 P 259.

    Section D, dite de Bourbon
  • DEMANDOLX, Henri de. La famille des Demandolx. Manuscrit, 1877, 2 vol., 297 p. Collection particulière.

    p.122 à 124, 145, 200
  • BOSSY, Sarah. Deux lieux en devenir : le château de La Palud-sur-Verdon et le site de Saint-Maurin. Mémoire de l'école d'architecture de Marseille-Luminy, directeur d'étude S. Hirschi, 1988, 248 p. Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Direction de la Culture, Service Inventaire et Patrimoine, Marseille.

Documents figurés
  • Cartes des frontières Est de la France, de Colmars à Marseille. / Dessin à l'encre sur papier, par Jean Bourcet de La Saigne et Jean-Claude Eléonore Le Michaud d'Arçon, 1764-1778. Echelle 1/14000e. Cartothèque de l’Institut Géographique National, Saint-Mandé : CH 194 à 197.

    Feuille 195-33
  • Plan cadastral de la commune de La Palud. / Dessin à l'encre sur papier par Gelinsky, géomètre du cadastre, 1835. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 105 Fi 144 1 à 105 Fi 144 14.

    Section D, feuille 2, parcelles 213, 214 et 216 Echelle d'origine 1/2500e
  • Gorges du Verdon. Hameau de Mayreste. / Carte postale, années 1950. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 Fi 1929.

  • [Le château de Maireste. Elévation sud, fenêtre à croisée orientale.] / Photographie noir et blanc, par Jacques Cru, années 1970. Dans : « Les Gorges du Verdon dans l'histoire de la Provence » / Jacques et Micheline Cru, Paris 8e : éditions B.P.I., 1981.

  • [Le château de Maireste. Vue d'ensemble prise du sud-est.] / Photographie noir et blanc, par Jacques Cru, années 1970./ Dans : « Histoire des Gorges du Verdon jusqu'à la Révolution » / Jacques Cru, Parc naturel régional du Verdon : Edisud, 2001, p. 159.

Bibliographie
  • BERARD, Géraldine. Carte archéologique de la Gaule. Les Alpes de Haute-Provence 04, dir. Michel Provost, Paris : Académie des Inscriptions et Belles Lettres, Ministère de la Culture, Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, avec l'Association pour les Fouilles Archéologiques Nationales, 1997.

    p.333-335
  • CRU, Jacques. Les gorges du Verdon dans l'histoire de la Provence. Paris : Éditions B.P.I., 1974.

  • CRU, Jacques. Histoire des Gorges du Verdon jusqu'à la Révolution. - Aix-en-Provence : Edisud : Parc naturel régional du Verdon, 2001. 386 pages.

    p.158-160 : Meyreste : le château du XVIe siècle et la chapelle Notre-Dame
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général - Laurent Alexeï - Bonan Aurélie