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chapelle, puis église paroissiale Notre-Dame-de-l'Assomption, puis Saint-Barnabé

Dossier IA04000135 réalisé en 2004

Fiche

Œuvres contenues

Vocables Notre-Dame-de-l'Assomption, Saint-Barnabé
Dénominations chapelle, église paroissiale
Aire d'étude et canton Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var - Castellane
Adresse Commune : Soleilhas
Cadastre : 1987 C 237 ; 1834 C 1212

Cette église n'est homogène qu'en apparence. Elle n'existait pas en 1640 et peut être datée par le chronogramme 1668 gravé au-dessous d'un petit bas-relief (tête d'homme) inclus dans la chaîne d'angle nord-est du transept. En effet, la nef que décrivent les visites pastorales à partir de 1704 correspond probablement à l'actuel transept, couvert d'un berceau brisé à lunettes, type de voûtement parfois utilisé dans le courant du 17e siècle. Ce vaisseau était probablement prolongé vers l'est par une abside, aujourd'hui détruite, de forme inconnue. Sa travée centrale était accostée de deux chapelles latérales, bâties à une date inconnue entre 1668 et 1704 : l'une, au sud, plus tard remplacée par l'actuelle nef, dédiée à saint Joseph agonisant et à sainte Anne ; l'autre, au nord, aujourd'hui utilisée comme abside, dédiée à Notre-Dame-du-Rosaire. L'état de l'édifice était inchangé en janvier 1833, quand le curé Brun, répondant à une demande de l'évêque, lui faisait part de l'insuffisance de l'église pour la population et des démarches d'un mécène local nommé Bernard et du maire pour réunir la somme nécessaire à l'agrandissement et à la construction d'un clocher. Les travaux durent avoir lieu dans les années suivantes et la reconsécration de l'édifice fut l'occasion de substituer saint Barnabé, patron de la paroisse, à la Vierge, titulaire de l'ancienne église. En 1858, l'édifice, désormais pourvu de quatre autels, ne paraissait déjà plus neuf et avait besoin d'une réfection de la charpente, ce qui fut fait seulement entre 1866 et 1870. Entre 1879 et 1884 la façade antérieure reçut la porte actuelle, précédée de son emmarchement en pierre de taille, et la tribune fut réaménagée.

Période(s) Principale : 3e quart 17e siècle
Principale : 2e quart 19e siècle
Secondaire : 4e quart 19e siècle
Dates 1668, porte la date
Auteur(s) Auteur : ,

Edifice non orienté, composé d'une courte abside rectangulaire voûtée en berceau légèrement brisé, d'un transept dont la croisée et le bras est sont couverts d'un berceau brisé à lunettes et le bras ouest d'un berceau segmentaire, d'une nef dont les trois travées sont voûtées d'arêtes, de deux sacristies, l'une à l'ouest de la nef, l'autre dans l'angle de l'abside et du bras ouest du transept, accostée d'un petit clocher-tour. La construction est entièrement réalisée en blocage de moellons bruts, revêtu à l'extérieur d'un enduit discontinu à pierres vues, avec chaînes d'angle partiellement en pierre de taille, sauf le clocher dont la maçonnerie est masquée par un enduit continu. Au sud de la nef, la porte d'entrée en plein cintre, précédée d'un emmarchement carré de 4 degrés, a un encadrement en pierre de taille orné d'impostes moulurées et sommé d'une croix latine évidée.

Murs calcaire
enduit
moellon
Toit tuile creuse mécanique
Plans plan en croix latine
Étages 1 vaisseau
Couvrements voûte en berceau brisé
voûte d'arêtes
voûte en berceau plein-cintre
voûte en berceau segmentaire
lambris de couvrement
à lunettes
Élévations extérieures élévation ordonnancée sans travées
Couvertures terrasse
toit à longs pans
appentis
Techniques peinture
sculpture
Représentations cartouche rinceau coeur croix colombe fleur coeur tête homme
Précision représentations

Les arcs doubleaux et les pilastres de la nef portent un décor peint sommaire : cartouches avec rinceaux végétaux stylisés, avec en outre un coeur et une croix sur les pilastres de la deuxième travée. Le mur diaphragme au-dessus du troisième doubleau est orné d'une banderole avec une inscription en partie effacée : Domus Dei est et por [...]. Au centre une colombe entourée de bouquets de fleurs. Le tympan en bois de la porte d'entrée porte un coeur enflammé sculpté. Sur la chaîne d'angle nord-est du transept, bloc sculpté en bas relief d'une tête d'homme très fruste.

Statut de la propriété propriété de la commune, []
Intérêt de l'œuvre à signaler

Annexes

  • Analyse architecturale

    1- Situation

    L’église est située en haut du village sur une petite place en pente (dans le sens nord-sud), en terrasse du côté sud.

    2- Composition d’ensemble

    L’édifice se compose de six corps de bâtiments :

    - la nef qui ouvre au sud sur la place ;

    - le chœur qui la prolonge au nord ;

    - le bras droit du transept en saillie à l’est entre la nef et le chœur et qui ouvre de ce côté ;

    - le bras gauche du transept (et l’ancienne sacristie) en saillie à l’ouest, au sud du clocher ;

    - la sacristie actuelle au sud du bras gauche du transept, dans le même alignement ;

    - le clocher en saillie au nord-ouest du chœur et qui ouvre à l’est sur une petite rue.

    3- Matériaux

    Murs en blocage lié au mortier de chaux et repris au ciment par endroits, pour l’ensemble des bâtiments.

    L’ensemble des toits des six corps de bâtiments est couvert de tuile ronde locale.

    Sol en carrelage : carreaux de terre-cuite.

    Les deux portes d’entrée de l’église et celle du clocher, ainsi que les marches qui les précèdent, la fenêtre de la troisième travée à l’est et l’oculus au sud de la nef, les baies, les chaînes d’angle et la base du clocher, sont en pierre de taille (calcaire gris clair).

    4- Structure

    L’édifice comprend :

    - l’église, à plan en croix latine

    - la sacristie actuelle de plan rectangulaire

    - le clocher de plan carré

    - l’ancienne sacristie de forme irrégulière

    L’église :

    Elle se compose d’une nef de trois travées, d’un transept et d’un chœur.

    - La nef :

    Les deux premières travées sont couvertes d’une voûte en berceau, légèrement brisé, à lunettes, tandis que la troisième est couverte d’un voûte d’arêtes.

    Les arcs doubleaux des deux premières travées retombent sur des pilastres à imposte moulurée (filet, doucine, filet). On observe un petit départ de cordon (?) à la hauteur des impostes des pilastres de la deuxième travée.

    L’arc doubleau de la troisième travée est légèrement plus bas que les précédents, et de ce fait surmonté d’un mur diaphragme. Les impostes de ses pilastres, également, sont légèrement différentes (filet, doucine, bandeau, filet).

    - Le transept :

    Le bras droit du transept est couvert d’une voûte en berceau légèrement brisé, à lunettes, et ouvre sur la croisée du transept par un arc légèrement brisé, de section rectangulaire, qui retombe sur des impostes chanfreinées (?).

    La croisée du transept est couverte du même type de voûte et ouvre sur le chœur par un arc, identique au précédent, qui retombe sur des impostes semblables à celles des doubleaux des deux premières travées de la nef (voir plus haut).

    Le bras gauche du transept est couvert d’une voûte en berceau, en anse de panier, et ouvre sur la croisée du transept par un arc en anse de panier, de section rectangulaire, qui retombe sur un pilastre sans imposte du côté sud et avec imposte chanfreinée du côté nord.

    - Le chœur :

    est de plan rectangulaire, couvert d’une voûte en berceau légèrement brisé, à lunettes.

    La sacristie actuelle :

    Accessible depuis le côté sud du bras gauche du transept, elle est couverte d’un plafond avec poutres apparentes.

    L’ancienne sacristie :

    Accessible depuis le côté nord du bras gauche du transept, elle est couverte d’une voûte en berceau plein-cintre.

    Le clocher :

    Accessible depuis l’extérieur seulement, par une porte du côté est, il est couvert d’un plafond en planches dans lequel une trappe donne accès aux cloches.

    5- Elévations :

    - Elévations est : nef , bras droit du transept et chœur (du sud au nord)

    - Nef :

    Mur gouttereau, sans enduit, percé de deux fenêtres en plein-cintre, à ébrasement extérieur, toutes deux munies de grilles en fer forgé : une près de l’angle nord (juste avant le décrochement du transept), en pierre de taille (calcaire jaune) et protégée par un grillage, et l’autre près de l’angle sud.

    Un contrefort en blocage est situé entre les deux fenêtres, à environ un mètre de celle plus au sud.

    - Bras droit du transept :

    Une fenêtre en plein-cintre est percée du côté sud, près de l’angle rentrant formé avec l’élévation de la nef. Elle est ébrasée vers l’extérieur et munie d’un grillage et d’une grille en fer forgé.

    Côté est, mur pignon, sans enduit, en saillie par rapport aux élévations de la nef et du chœur. La porte d’entrée en pierre de taille, précédée de trois marches, est légèrement décentrée sur la droite. Elle est de forme rectangulaire, légèrement arrondie en partie supérieure. Son huisserie à un vantail est en bois, à panneaux sculptés en creux.

    Côté nord, mur gouttereau, aveugle, sans enduit.

    Dans l’angle rentrant formé avec l’élévation est du chœur, une croix en fer forgé, peinte en noir et doré, sur un piquet en bois.

    - Chœur :

    L’élévation, sans enduit, est percée d’une fenêtre en plein-cintre, à ébrasement extérieur, en pierre de taille (calcaire jaune), munie d’une grille en fer forgé peints en noir.

    - Elévations nord : chœur et clocher (d’est en ouest)

    - Chœur :

    Mur gouttereau en saillie par rapport au précédent et en retrait par rapport au clocher. Il est aveugle et sans enduit.

    - Clocher :

    Il s’élève sur quatre niveaux, soulignés chacun par un cordon en ciment : un bandeau entre la base et le 1er niveau, un double bandeau entre le 1er et le 2ème niveau, une corniche en pierre encadrée par deux bandeaux en ciment entre le 2ème et le 3ème niveau, un double cordon en pierre encadré par deux bandeaux en ciment entre le 3ème et le 4ème niveau.

    Ses quatre élévations sont entièrement recouvertes d’un crépi au ciment, sauf la base, les chaînes d’angle et les baies qui sont en pierre de taille.

    Du côté est, le 1er niveau est percé en son centre d’une porte d’entrée rectangulaire en pierre de taille, précédée d’un escalier droit de quatre marches, disposé contre le mur. Les 2ème et 3ème niveaux sont aveugles, et le 4ème est percé d’une baie en plein-cintre.

    Du côté nord, les deux premiers niveaux sont aveugles, le 3ème est percé d’un oculus en partie supérieure, occupé par un cadran d’horloge, et le 4ème est percé d’une baie en plein-cintre abritant une cloche.

    Du côté ouest, les trois premiers niveaux sont aveugles et le 4ème est percé d’une baie en plein-cintre.

    Du côté sud, les 3ème et 4ème niveaux seulement sont visibles au-dessus du toit de l’église, le 3ème est percé d’une petite lucarne carrée en bas, et le 4ème est percé d’une baie en plein-cintre abritant une cloche.

    Une corniche couronne l’ensemble des élévations.

    Un petit pinacle terminé par une boule se dresse au centre du toit.

    Le tout est surmonté par un campanile en fer forgé à décor de volutes, de section carrée, qui abrite une cloche. Une croix, également en fer forgé, se dresse au sommet.

    - Elévations ouest : ancienne sacristie, bras gauche du transept, sacristie actuelle et nef (du nord au sud)

    - Ancienne sacristie :

    Elévation orientée nord-ouest, dans l’angle, sans enduit, percée d’une fenêtre en plein-cintre, à léger ébrasement extérieur, munie d’un grillage et d’une grille en fer forgé. Son embrasure est recouverte d’un enduit au ciment et d’un badigeon rouge terre-cuite. Alignée au-dessus, une lucarne rectangulaire, de plus grandes dimensions, avec un linteau en bois, fermée par un volet en bois.

    Les autres élévations de cette ancienne sacristie sont masquées par le clocher au nord, le chœur à l’est et le bras gauche du transept au sud.

    - Bras gauche du transept :

    Elévation ouest, sans enduit, percée d’une fenêtre en plein-cintre, à léger ébrasement extérieur, munie d’un grillage et d’une grille en fer forgé. Son embrasure est recouverte d’un enduit au ciment et du même badigeon rouge que la précédente.

    Le côté sud est masqué par la sacristie actuelle.

    - Sacristie actuelle, accolée à la nef, sur le tiers nord :

    Elévation ouest, en saillie par rapport à la nef, sans enduit et aveugle, si l’on excepte une lucarne rectangulaire, à linteau et appui en bois, fermée par un volet de bois, située du côté nord dans l’angle supérieur du mur, sous le départ du toit en appentis (sur une pente nord-sud).

    Une petite fenêtre rectangulaire est percée du côté sud, au centre de l’élévation. Elle est munie d’une en fer forgé et son embrasure est recouverte d’un enduit au ciment et d’un badigeon rouge terre-cuite comme les précédentes.

    - Nef :

    Mur gouttereau, sans enduit, percée d’une fenêtre en plein-cintre à huisserie rectangulaire, ébrasée vers l’extérieur, et munie d’une grille en fer forgé, près de l’angle sud.

    Entre la fenêtre et l’angle sud, une grande croix en bois est accrochée au mur.

    Un contrefort en blocage est situé environ un mètre au nord de cette fenêtre.

    Le reste de l’élévation , sur le tiers nord, est masqué en grande partie par la sacristie, seule la partie supérieure est visible, et on observe près de l’angle nord le haut d’une fenêtre en plein-cintre, munie d’un grillage, le bas étant obstrué par la sacristie.

    - Elévation sud : église

    Mur pignon, sans enduit. La porte d’entrée en plein-cintre ouvre au centre de l’élévation. Elle est en pierre de taille, surmontée d’une croix de même, et précédée d’un perron de quatre marches, également en pierre de taille (calcaire gris clair). Son huisserie est en menuiserie, à deux vantaux surmontés d’un tympan : de part et d’autre d’une colonne cannelée centrale, des panneaux sculptés en relief en partie basse et surmontés d’arcades brisées ; un fronton sculpté en relief sur le tympan avec au centre un cœur surmonté de petites flammes.

    Aligné au-dessus de la porte, est percé un oculus, en pierre de taille (calcaire jaune), muni d’un grillage.

    Une croix en fer forgé se dresse sur le faîtage du toit, à l’aplomb de l’élévation.

    6- Couvertures

    L’ensemble des toits, sauf celui du clocher, est couvert de tuiles rondes, y compris les contreforts.

    - Nef : toit à longs pans, à double rang de génoise sur les côté est et ouest, et à un rang de génoise du côté sud, non visible au nord ;

    Contreforts : couvrement taluté, à un rang de génoise ;

    - Chœur : toit en appentis sur une pente sud-nord, partant du pignon nord de la nef, à un rang de génoise du côté nord ;

    - Bras droit du transept : toit à longs pans, à un rang de génoise sur chaque côté (sud, est et nord, non visible à l’ouest) ;

    - Bras gauche du transept et ancienne sacristie : toit en appentis sur une pente nord-sud, partant du haut du 2ème niveau du clocher, à un rang de génoise sur les côtés nord-ouest et ouest, sans génoise du côté sud, non visible à l’est ;

    - Sacristie actuelle : toit en appentis sur une pente nord-sud, partant juste sous le bord sud du toit précédent, à un rang de génoise sur les côtés ouest et sud (accolé au mur de la nef à l’est).

    - Clocher : toit en terrasse (?) surmonté d’un campanile en fer forgé, à double rang de génoise sous la corniche.

    7- Distribution intérieure

    - Nef :

    La voûte : enduit à la chaux et badigeon bleu très abîmés.

    Les murs : enduit à la chaux et badigeon noir pour les plinthes et gris clair, imitant un appareil de pierre de taille, pour le reste des murs.

    Les arcs doubleaux et leurs pilastres à imposte sont aussi recouverts d’un enduit à la chaux et portent un décor peint à motifs stylisés très abîmé :

    Doubleaux des deux premières travées : cartouches à motifs végétaux stylisés bleus sur fond blanc, avec tour bleu également ;

    Pilastres de la 1ère travée : cartouches marbrées (fond blanc à veines roses et bleues) avec tour blanc ;

    Pilastres de la 2ème travée : décor semblable aux précédents avec en outre, un cœur surmonté d’une croix du côté ouest, un cœur transpercé d’un glaive du côté est ;

    Pilastres de la 3ème travée : cartouches à fond blanc avec motifs stylisés bleus en bas et croix noire en haut :

    Mur diaphragme au-dessus du doubleau de la 3ème travée : banderole bleue portant, en lettres dorées, l’inscription « DOMUS DEI EST ET POR[TA] [CAELI] », avec au centre une colombe blanche sur fond bleu encadrée par deux bouquets de fleurs, et au-dessous la date « 1885 ».

    Le sol : carrelage, petits carreaux de terre-cuite, de 16 cm de côté, disposés en quinconce dans le sens de la largeur.

    Dans l’angle sud-est, un escalier, à un retours, monte à la tribune qui occupe presque toute la 1ère travée. Les marches sont carrelées comme le sol de la nef, avec avant-marches en bois.

    La tribune en maçonnerie est supportée par cinq petites voûtes d’arêtes, en anse de panier (la 6ème travée, dans l’angle sud-est étant occupée par la montée d’escalier), qui prennent appui de chaque côté dans les murs ouest et est, et retombent sur quatre colonnes centrales. Les colonnes sont recouvertes d’un badigeon blanc et une croix bleue est peinte sur chacune, les bases et les chapiteaux sont peints en jaune, et les socles et les corniches sont peints en bleu.

    Le sol de la tribune est carrelé comme celui de la nef. Sa balustrade est en fer forgé à balustres droits.

    Le tambour d’entrée, en menuiserie, est situé au centre du mur sud de la nef.

    Un oculus, à léger ébrasement intérieur, est percé dans le mur sud, au-dessus de l’entrée, et donne dans la tribune.

    Première travée : deux fenêtres rectangulaires, à léger ébrasement intérieur, sont percées, l’une dans le mur ouest et l’autre dans le mur est, et donnent également dans la tribune.

    Une niche en anse de panier, abritant les fonds baptismaux, est creusée dans le mur ouest de la première travée. Elle est en maçonnerie de blocage liée au mortier de ciment pour le tour, et au mortier de ciment incrusté de cailloux pour l’intérieur.

    Deuxième travée : les murs ouest et est sont aveugles.

    Troisième travée : deux fenêtres en plein-cintre, à large ébrasement intérieur, sont percées l’une dans le mur ouest et l’autre dans le mur est.

    - Transept :

    Les voûtes et les murs sont recouverts d’un enduit au ciment et d’un badigeon blanc. Il en est de même pour les arcs doubleaux, et leurs pilastres, qui ouvrent sur le chœur et la nef, mais ceux des bras du transept, qui ouvrent sur la croisée du transept, sont en pierre de taille apparente.

    Le sol est carrelé comme celui de la nef, mais disposé dans le sens de la longueur pour le bras gauche du transept, et en diagonale pour la croisée et le bras droit du transept. Une moquette recouvre le carrelage de la croisée du transept.

    Bras droit du transept :

    Le tambour d’entrée, en menuiserie, est située au centre du mur est.

    Une fenêtre rectangulaire , à large ébrasement intérieur, est percée au centre du mur sud.

    De part et d’autre de cette fenêtre, au tiers de sa hauteur, on observe un cordon chanfreiné. Un léger renflement de l’enduit est visible à cette même hauteur le long des murs est et nord : le même cordon existait peut-être aussi sur ces murs.

    Bras gauche du transept :

    Mur sud : une porte donnant accès à la sacristie actuelle est percée au centre.

    Mur ouest : une fenêtre en plein-cintre, à large ébrasement intérieur, est percée au centre.

    Mur nord : une porte donnant accès à l’ancienne sacristie est percée près de l’angle est.

    - Chœur :

    La voûte et les murs sont recouverts d’un enduit au ciment et d’un badigeon blanc.

    Le sol carrelé est surélevé de deux marches par rapport au reste de l’église. Ces marches forment un arrondi sur le devant.

    Le carrelage est en ciment : des carreaux gris de 16 cm de côté, aux angles cassés, sont cantonnés, à chaque angle, de carreaux noirs de 4 cm de côtés, disposés en losange.

    L’ancien maître-autel est disposé sur une estrade en bois de deux marches, contre le mur nord.

    Mur est : une fenêtre en plein-cintre, à léger ébrasement intérieur, est percée au centre. Au-dessous, près de l’angle nord est ménagée une petite niche carrée.

    Mur nord : une niche en plein-cintre voûtée en cul-de-four est percée à mi-hauteur du mur, près de l’angle ouest.

    Mur ouest : une petite niche en plein-cintre est percée dans la partie supérieure du mur.

    - Ancienne sacristie :

    La voûte et les murs est et sud sont recouverts d’un enduit à la chaux et d’un badigeon blanc très abîmés.

    Les murs nord-ouest et nord sont en blocage lié au mortier de chaux, sans enduit.

    Mur sud : la porte d’entrée est située près de l’angle est, et une grande niche en anse de panier est ménagée dans l’épaisseur du mur, près de l’angle ouest.

    Mur nord-ouest : une fenêtre rectangulaire, à léger ébrasement intérieur, est percée tout en haut du mur.

    Mur nord : un passage de forme rectangulaire, légèrement arrondi en partie supérieure, est percé dans toute l’épaisseur du mur, soit environ 1,50 m, et fermé au bout par des planches.

    Mur est : une arcade aveugle est ménagée dans l’épaisseur du mur.

    Le sol est surélevé de deux marches par rapport au reste de l’église : les marches sont carrelées (carreaux de terre-cuite) avec avant-marche en bois, et le sol est en plancher.

    - Sacristie actuelle :

    Le plafond, en plâtre, avec poutres apparentes, est couvert d’un badigeon blanc.

    Les murs sont recouverts d’un enduit au ciment sans badigeon.

    Le sol est carrelé avec les mêmes carreaux en terre-cuite que l’église, disposés en quinconce dans le sens de la longueur.

    Les murs est et ouest sont aveugles.

    Mur nord : la porte d’entrée est située près de l’angle est.

    Mur sud : une fenêtre rectangulaire, à léger ébrasement intérieur sur les côtés uniquement, est percée au centre.

    - Clocher :

    Le sol est cimenté.

    Les murs sont en blocage liés au mortier de ciment, sans enduit ni badigeon.

    Quatre échelles en bois reliées entre elles par des petits paliers en planches donnent accès au niveau sous les cloches, de-là, des barreaux en bois fixés dans l’angle sud-ouest permettent d’accéder à l’étage des cloches par une trappe dans le plafond en planches.

  • Transcription partielle des visites pastorales, paroisse de Soleilhas

    1708, 19 septembre. Soleilhas. – Visite pastorale de l’évêque de Senez Jean Soanen.

    Original, registre, A.D. Alpes-de-Haute-Provence, 2 G 18, pp. 170-181.

    Savoir faisons nous, Jean Soanen, par la permission divine évêue et seigneur de Senez, que l’an mil sept cens huit et le dix-huit septembre, en continuant notre visite générale, nous sommes arrivez à l’entrée de la nuit dans la maison du sr vicaire de Soleillas et, ayant d’abord conféré avec luy sur ce ui le regarde et sa paroisse, puis inventorié les vases sacrez et ornemens et étant allé le lendemain à l’église en procession, aprez y avoir employé la matinée à dire la messe, à déclarer les motifs de notre visite, à faire la prière pour les morts dans l’église et dans le cimetière, à visiter toutes les parties de la maison de Dieu, à catéchiser les enfans et les confirmer, à nous enquérir publiquement des devoirs publics et réciproques des pasteurs et des paroissiens, à faire alors notre exhortation sur les principaux défauts qui ont paru et à finir l’action du matin par la bénédiction du Saint Sacrement en assignant chez nous pour une heure aprez les consuls, notables, marguillers et plaignans s’il y en avoit, puis employé toute la soirée à écouter les remontrances et à donner les avis, à examiner le temporel du bénéfice, les comptes des confréries, les besoins des pauvres, les registres des batêmes et l’école des enfans, nous avons trouvé la paroisse de Soleillas dans le même état qu’en notre visite de 1704 détaillée au long, à laquelle nous nous raportons, ne faisant icy qu’une addition de ce qui ne fut pas énoncé alors ou de ce qui est survenu depuis.

    Etat du spirituel pour le clergé et le peuple

    1° Nous ajoutons à notre visite de 1704 touchant le clergé que le sr Honoré Reboul, prieur de Soleillas et chanoine prébendé de notre cathédrale, absent d’abord à notre exeat, et aprez sa fin depuis plusieurs mois réside à Lyon sous de mauvais prétextes. Sur quoy le promoteur général nous a fait des remontrances que le secondaire d’aujourd’huy nommé sr Louis Bertrand, fait prêtre par nous, nous a paru rebelle à nos ordres et nous a fait juger qu’il désertera.

    2° Quant aux laïques, tous ont fait leur devoir pascal excepté Antoine Bertrand fils de Sauvaire qui ne veut pas bien vivre avec son père. Les principaux vices du lieu sont la négligence d’assister au prône, le violement des dimanches et festes par des voyages, des jeux, des danses, des cabarets. Nous avons ptrouvé un procez fort aigri entre deux cousins germains et nous les avons fait transiger. Nous avons découvert un reste de superstition qui est d’aller prier aux Collettes sur le tombeau d’un prétendu saint non approuvé et de s’imaginer qu’entre les malades qui y vont il n’y aura de guéri que ceux qui formiront sur cette pierre et que les autres qui prieront Dieu toute la nuit sans dormir n’obtiendront rien.

    Etat du sanctuaire, de la nef, cimetière et claustrale

    1° Nous ajoutons seulement à notre visite de 1704 que l’ancienne église paroissiale subsite encore aujourd’huy en son entier à 1500 pas du village vers le couchant, qu’elle a esté délaissée avant notre épiscopat, mais qu’elle est fermée soigneusement et qu’on y dit la messe de tems en tems ; que pour celle qui est aujourd’huy bâtie de neuf dans le village sous le même titre de Notre-Dame du Plan, il est absolument nécessaire de tourner tout le toit du côté du septentrion pour empêcher de plus grands ravages des pluyes ; qu’il y a sept beaux devants d’autel dont il n’avoit point été parlé alors, savoir quatre de camelot violet, verd, rouge, noir, un de satin blanc, un de cuir doré et un de rezeau. Nous n’avions point marqé alors que la lampe brûloit jour et nuit et on nous en a maintenant assuré. Les atrois aubes sont assez usées, de même que quelques napes.

    2° Pour la nef, tout va bien excepté que les confessionaux sont sans porte et sans serrure et que le drap mortuaire est trop mauvais pour estre souffert, à cela prez les fonts baptismaux, les autels, toute la nef, les deux cimetières anciens et nouveaux sont en bon état et la maison claustrale est des meilleures.

    Etat du prieuré et des chapellenies

    1° Le prieuré est aujourd’huy dans sle même état qu’en 1704 pour la première portion de son temporel qui est la dîme, dont il a la moitié avec les évêques. Mais il faut prendre garde qu’il ne se fasse plus de défrichemens et, comme il y avoit eu de l’abus depuis plusieurs années sur le dîme des agneaux qui n’estoient point payez par quelques propriétaires sous prétexte qu’ils la payoient toute entière dans le diocèse de Fréjus où ils habitoient, nous avons cru estre obligé d’appeler en justice les refusans aprez avoir pris auparavant un bon conseil et fait des offres de paix, sur quoy nous avons espérance d’un bon succès. L’autre portion du prieuré consiste dans les terres et leurs confronts ayant été marquez par nous en 1704. Nous observons seulement qu’une desd. Terres nommée la Fouïte, qui étoit alors de quatre journaux, est aujourd’huy réduite à deux faute de réparation contre le torrent.

    2° Quoyqu’en 1704 nous ayions dit que la vicairie a été établie en 1612, le 20 juin, par le sr Guillaume Garcin, notaire Chalvin de Senez, néanmoins nous avons trouvé dans le registre de mr Clausse, fol. 56, qu’elle fut fondée par Pierre Ostande, prêtre du diocèse de Clermont, prieur de Soleillas, le 21 août 1561 et que mr Clausse, en l’homologuant, la conféra le 19 mars 1565 en ajoutant ces paroles remarquables : absque tamen derogatione residentiae priorum Solleillacii et servitii per eos fieri debiti, sed in eorum adjutorium. On ne nous a pas bien assuré que la terre des Plannes appartenant à la vicairut bien réparée.

    3° Pour les chapellenies, celle du Rosaire, dont le sr Jaques Bernard, curé des Hayes, se trouve pourvu, a été marquée en détail dans le verbal de 1704. Nous ajoutons seulement que l’acte de sa fondation est du 7 décembre 1684, notaire Revel de Soleillas, et que le jus-patron d’icelle est Henry Bernard, masson. La 2de chapellenie, sous le titre de saint Jean-Baptiste, dont le sr Joseph Bernard, prêtre, est pourvu, a pour jus-patron Michel Bernard. Les huit cens écus de la fondation sont sur la communauté qui paye bien la rente de 120 £ et le chapelain doit dire cinq messes par semaine à la pointe du jour depuis le 1er d’avril jusqu’au dernier de septembre, le reste de l’année est à sa disposition. Nous avons trouvé une troisième chapellenie, quoyque petite, de laquelle on ne nous avoit rien dit en 1704, c’est celle qui a été fondée par Honoré Bertrand en ses deux testaments du 28 juin et du 4 juillet 1702, notaire Marie de Castellane, vus par nous et nous en avons pourvu sr Philippe Chabaud, curé amovible de Villeneuve-lès-Arles, le 15 novembre 1707, avec patronage pour luy et ses parens en ligne masculine et privilège de faire partout où il voudra le service qui est d’une messe par semaine, mais ses successeurs seront obligés de la dire ou faire dire à Soleillas. Le fond est de six cens livres sur lad. communauté.

    Etat des confréries ou chapelles, fondations, registres etc.

    1° Nous ajoutons à la visite de 1704 comme choses obmises alors 1° que pour la confrérie du Saint-Sacrement elle a six livres de rente pour une terre qui luy appartient prez de l’ancienne église ; 2° que pour la chapelle du Rosaire du côté de l’Evangile, la statue de la Vierge est de marbre, que nonobstant nos ordres d’alors, la voûte porte encore des marques de pluyes, le tableau et l’autel sont toujours trop prez du terrain et le pied du calice est encore de cuivre ; 3° que pour celle de saint Joseph agonisant et de sainte Anne du côté de l’Epitre, le tableau est assez usé et n’est point propre, que depuis 1704 on y a mis deux chandeliers de leton, une chasuble neuve de ligature, un missel neuf, mais pour la pierre sacrée, l’ancienne apartenant au me autel, on n’a pas pu nous assurer assez clairement si celle d’aujourd’huy appartient à la confrérie ; 4° qu’en exécution de notre visite de 1704, les deux autels de saint Barnabé et de sainte Anne ont été démolis et rendent la nef plus régulière, les trois qui restent étant plus que suffisans pour le lieu ; 4° pour la chapelle Saint-Jean-Baptiste, le cavot devroit être éloigné beaucoup davantage du marchepied, mais nous avons justifié que cela ne se peut à cause du roc, le plus sûr est de le tenir toujours fermé ; il faut un pied d’argent au calice et le sr Bernard a déjà donné l’argent au sr Pic pour en avoir un neuf ; 5° pour la chapelle de saint Pierre et de saint Bernard, nous l’avons trouvée en meilleur état qu’en 1704 et réparée en beaucoup d’articles par le sr Pierre Bernard, lieutenant de juge, qui en est chargé ; les murailles et le toit sont en bon état, la voûte bien réparée, les brêches du presbytère du dedans et dehors bien rebouchées, l’autel élargi et on n’a point dansé cette année devant et aprez la procession, mais on l’a fait aprez vespres.

    2° Les fondations mentionnées en 1704 subsistent, mais nous ajoutons 1° que celle de Catherine Veyanne, veuve de Bernardin Bauchier a été payée depuis par le sr Michel Bauchier, curé de Senez, qui a donné les quarante écus sur la communauté le service est de deux messes tous les mois que le sr vicaire de Soleillas est obligé de dire ; 2° qu’il est survenu une petite fondation d’Honorée Bertrand, veuve de Baltazar Bertrand, en l’an 1707, notaire Bernard de Castellane, le fond est de quinse livres et le service est de trois messes par an.

    3° Les comptes sont rendus régulièrement tous les ans et le sr vicaire a une des clefs. Pour les registres et pour l’école tout va bien. En finissant, nous avons observé pour l’antiquité de Soleillas que cette paroisse est dans l’affouagement de 1200 pour trois quarts de feu, c’est-à-dire à peu près comme aujourd’huy.

    Et ainsi que dessus a été par nous procédé somairement à la visite de Soleillas ce dix-neuf septembre mil sept cens huit, le tout contenu dans le présent acte pour servir de fondement à la sentence qui suit.

    Vu le présent verbal de visite de Soleillas, les actes y mentionnés, les registres de l’évêché, les visites des évêques précédens et les nôtres, ouïs les srs vicaire, secondaire, seigneur du lieu, consuls, marguillers et plusieurs fois cy devant le promoteur général, tout considéré, nous évêque avons invoqué le saint nom de Dieu et, employant l’autorité qu’il nous a donnée pour gouverner son église dans nos limites, nous avons ordonné ce qui suit :

    Règlement du spirituel pour le clergé et le peuple

    1° Comme le bon exemple de ministres du Seigneur doit estre la règle et la justification du peuple et que le sr Honoré Reboul, prieur de Soleillas et chanoine prébendé de Senez, ne peut édifier par son absence depuis longtems ny le lieu de Soleillas ny notre cathédrale, nous ordonnons que ce fait sera poursuivi dans notre officialité selon les formes du droit à la diligence du promoteur. Pareillement sur le mépris fait de notre bonté et de nos ordres par le sr Louis Bertrand, prêtre, et sur le dessein qu’il a témoigné de quitter le diocèse contre notre défense, nous ordonnons si cela arrive que led. sr Bertrand sera interdit ipso facto de toutes fonctions, de ses ordres dans notre diocèse afin d’empêcher la contagion de tels violemens des saints canons. Exhortons les autres prêtres et clercs à se faire honneur de la modestie cléricale, à s’abstenir de tous jeux, principalement avec des séculiers, à se souvenir que la moindre portion de la charge pastorale ne laisse guère de momens à perdre pour peu que l’on pense au compte terrible qu’il faut rendre à Dieu de son troupeau et à maintenir la paix partout en sacrifiant même quelque chose de leur intérêt pour conserver la perle prétieuse de la charité.

    2° Nous enjoignons aux laïques de déraciner dans leur famille toute coutume de profaner les dimanches par des travaux serviles, principalement voitures, aires ou moulins ; défendons aux srs prêtres d’absoudre ou de marier sinon aprez un pardon demandé publiquement à la porte de l’église un jour de dimanche ceux ou celles qui scandaliseront le public par un mauvais commerce avant leur mariage, ceux ou celles qui danseront à l’avenir publiquement soit le matin ou le soir dans des festes commandées, tout le jour étant entièrement consacré à Dieu, ceux ou celles qui pratiqueront la superstition payenne d’aller dormir à la campagne sur le tombeau d’un prétendu saint non reconnu, en s’imaginant folement que ceux qui y dorment durant leur prière seront guéris pendant que ceux qui prient toute la nuit sans dormir n’obtiennent rien, et au surplus renvoyons à notre visite de 1704 l’amendement des autres vices dont nous recommandons l’extirpation.

    Règlement pour les décimateurs et les consuls

    1° Pour entretenir la beauté de la maison de Dieu dans la paroisse de Soleillas, nous ordonnons que tout le toit du cantuaire et de la sacristie soit tourné vers le septentrion pour empêcher les pluyes, que le parement usé de camelot rouge sera racomodé et que les six autres de satin blanc, de cuir doré, de camelot violet, verd, noir et réseau comme étant fort propres et non inventoriés en 1704 seront bien maintenus, que la lampe brûlera jour et nuit devant le Saint Sacrement comme de coutume, que des trois aubes usées il en sera fait deux passables et on y ajoutera une troisième de neuf, comme aussi deux napes, tout le reste étant en bon état.

    2° Enjoignons aux srs consuls d’acheter un drap mortuaire qui soit plus honnête, interdisant l’ancien aprez trois mois, de faire mettre une porte de bois blanc au confessional avec une clef et de veiller à l’entretien de leur maison claustrale dans le bon état où elle est aujourd’huy.

    Règlement pour le prieuré, la vicairie et les chapellenies

    1° Le temporel des bénéfices étant chose sainte comme offerte à Dieu par la piété des fidelles et tout le patrimoine de l’église dans la paroisse de Soleillas consistant en dîmes et en fond, nous ordonnons au sr prieur et au sr vicaire de veiller mieux que cy devant contre les violemens de la dîme et contre les défrichemens des terres qui sont deffendus sous de si grièves peines par les arrêts du parlement, déclarons que la dîme des agneaux cy devant refusée depuis quelque tems par les propriétaires des troupeaux qui hyvernoient dans le diocèse de Fréjus seoirent levez à l’avenir dans Soleillas par moitié pour six mois ; et parce que le sr prieur absent depuis longtems sans notre permission a négligé depuis plus de dix ans de réparer les terres de son prieuré et d’exécuter même notre visite de 1704 qui le luy ordonnoit si fortement sous peine de saisie actuelle après trois ans, nous saisissons provisionellement dez maintenant entre les mains de son fermier la troisième partie de son revenu pour d’iceluy réparer tant la terre de la Fouïte, qui de quatre journaux est réduite à deux faute de précautions contre les eaux, que les autres terres mentionnées en 1704.

    2° Chargeons pareillement le sr vicaire de réparer de ses propres deniers selon l’exigence des cas la terre d’un demi journal appellée des Planes qui appartient en propre à lad. vicairie.

    3° Quant aux chapellenies, en expliquant notre sentence de 1704, nous ordonnons pour la chapellenie du Rosaire que les quatre messes par semaine dont le sr Jaques Bernard, curé au diocèse de Vienne, est chargé, seront dites exactement selon l’acte de fondation du sept décembre 1684, notaire Revel de Soleillas, et que led. sr vicaire nous envoyera dans un mois la datte du jour de l’insinuation dud. acte dans notre greffe. Enjoignons aussi au sr Joseph Bernardn chapelain de Saint-Jean-Baptispte, de continuer à dire exactement ses cinq messes par semaine à l’aube du jour depuis le premier d’avril jusqu’au dernier de septembre et laissons le reste de l’année à sa comodité suivant l’intention du fondateur, acte du 7 mars 1672, notaire Revel. Pour la 3me et nouvelle chapellenie fondée par deux testamens d’Honoré Bertrand du 28 juin et 4 juillet 1702, notaire Marie de Castellane, nous confirmons le patronage accordé au sr Philipe Chabaud, curé de Villeneuve au diocèse d’Arles, par nos provisions tant pour luy que pour ses parens mâles du même sang, le chargeons de dire exactement une messe par semaine dans le lieu qu’il voudra à condition qu’après luy elle sera dite nécesairement dans Soleillas suivant les deux actes cy dessus.

    Règlement pour les confréries ou chapelles, fondations, comptes, regitres etc.

    1° L’administration fidelle des offrandes faites à l’autel étant un de nos devoirs selon les canons, nous ordonnons à la confrérie du Saint-Sacrement de bien employer les six livres de rente qu’elle a sur une terre qui luy appartient auprez de l’ancienne église, de quoy on ne nous avoit rien dit en 1704, et chargeons le sr vicaire de nous informer au plus tôt des noms du bienfaicteur et du notaire aussi bien que des dattes du jour, du mois et de l’an, pour l’insérer icy à côté. Enjoignons à celle du Rosaire de veiller davantage sur sa voûte gâtée par le toit et de mettre un pied d’argent à son calice, qui faute de cela demeurera interdite aprez un an. Chargeons la confrérie de Saint-Joseph et de Sainte-Anne de faire réparer son tableau, de l’éloigner s’il se peut du terrain. Ordonnons pour la chapelle de Saint-Jean-Baptiste que le cavot trop prez de l’autel sera fermé et qu’outre le pied d’argent pour le calice dont le prix vient d’être fourni il sera encore acheté deux burettes d’étain et un missel neuf. Quant à la chapelle de Saint-Pierre et de Saint-Bernard, nous enjoignons aux hoirs de sr Jean Bernard, comme chargés par luy de l’entretien dud. saint édifice, de veiller sur le fossé vers le terrain et au surplus de bien exécuter la fondation. Pour ce qui est de la chapelle de Saint-Barnabé, les jeunes gens ayant profané la feste de ce saint appôtre patron du lieu par des danses publiques aprez vespres malgré nos défenses réitérées nous aurions lieu de la supprimer, mais en considération de ce que les srs consuls ont bien fait les réparations de lad. chapelle qui furent ordonnées par nous en 1704, nous déclarons et entendons que si lad. feste du saint patron est encore profanée publiquement une seule fois par telles folies, elle sera dez lors supprimée et la chapelle interdite par le seul fait pour tout le tems de notre épiscopat.

    2° Les saints canons nous recommandant l’aquitement fidelle des fondations, nous ordonnons qu’outre ce qui a eté dit des autres en 1704, le capital de celle de Catherine Veyan veuve de Bernardin Bauchier, qui est de quarante écus, ayant été depuis payé et placé sur la communauté, les deux messes de chaque mois seront dites exactement ; et que la petite fondation faite l’année dernière 1707 par Honorée Bertrand veuve de Baltasar Bertrand pour le capital de quinse livres sera aussi aquitée ponctuellement et que tant des susd. Fondations que des précédentes il sera dressé une table collée sur du bois et attachée avec des cloux au mur de la sacristie.

    3° Finalement l’école publique étant bien conduite et les regitres des baptêmes bien tenus, nous n’avons qu’à souhaiter la persévérance. Et néanmoins les livres susd. Etant un dépost public d’une très grande importance pour toutes les familles, nous recommandons fortement aux srs consuls en cas de changement ou de mort des srs vicaires dans l’avenir de se saisir d’abord des susd. regitres des baptêmes avec la formalité requise et de les remettre au vicaire successeur avec chargement. Mandons au sr Gibert, vicaire de Soleillas, de publier bien distinctement dans son premier prône notre présente sentence de visite, de lire aussi dans le même jour celle de 1704, que nous confirmons dans tous ses chefs pour être exécutées toutes deux provisionellement nonobstant tout appel même d’abus et sans y préjudicier chargeons le sr vicaire de les écrire toutes deux mot à mot dans un cahier fait exprez pour mieux tenir la main à leur fidelle exécution, de laquelle il nous fera apparoir à chaque sinode par son certificat et sera le tout signifié juridiquement aux srs prieur, vicaire et consulsl à la diligence du promoteur. Délibéré à Soleillas en cours de visite ce dix-neuf septembre mil sept cens huit

    Jean évêque de Senez, Dupasquier sec.

    1722, 5-6 mai. Soleilhas. – Visite pastorale de Jean Soanen, évêque de Senez.

    Original, registre, A.D. Alpes-de-Haute-Provence, 2 G 18, pp. 588-595.

    Savoir faisons nous, Jean Soanen, par la permission divine évêque et seigneur de Senez etc., qu’en continuant notre visite générale nous sommes arrivés de Saint-Auban à Soleillas le cinquième de may de l’an mil sept cens vingt-deux sur le soir dans la maison curiale et aprez y avoir conféré avec le sr vicaire sur ses mémoires et les nôtres, être allés le lendemain sixième de may processionellement à l’église parroissiale en chape et mitre sous le dais et ouï la messe, présidé, confirmé, visité la maison de Dieu et le cimetière et conféré la tonsure à six jeunes gens, nous avons trouvé toute la paroisse comme il s’ensuit sommairement, nous rapportant pour le reste à notre visite de 1708 fort détaillée.

    Etat du spirituel

    1° Nous avons trouvé cette paroisse gouvernée comme cy devant avec beaucoup de sagesse et de piété par le sr Joseph Gibert, vicaire, qui a pour son secondaire le sr Antoine Paulet, et que le temporel du prieuré uni depuis quelques années au second chapitre de notre cathédrale fait ajourd’huy partie de la prébende du sr chanoine Niel décimateur avec nous et que le service divin et tous les devoirs de la charge pastorale sont bien aquittés par led. sr Gibert qui a enseigné et élevé quarante-cinq prêtres sortis de Soleillas ou de son école.

    2° Quant aux laïques, tous se sont présentez au devoir pascal et au jubilé. La négligence d’assister au prône ne subsiste plus que parce que le sr vicaire en fait un à chacune des deux messes, mais l’habitude du jeu de boules et de cartes, des imprécations, des profanations des festes par les cabarets règne toujours. Mais nous avons eu la consolation d’être assuré que la superstition des prières et des prétendues guérisons des malades aprez avoir dormi sur une certaine pierre a été abolie et la pierre brisée. Il y a 410 communians.

    Etat du sanctuaire, de la nef, du cimetière etc.

    1° Nous avons visité le sanctuaire et l’avons trouvé dans une grande descence, le tabernacle bien doré, six grands et beaux chandeliers de bois doré donnés par le sr vicaire, un beau crucifix de bois bien travaillé, le retable comme cy devant, deux anges dorés pour chandeliers, deux beaux bustes de reliques par nous approuvés cy devant et un 3e petit reliquaire où sont les mêmes reliques que celles des deux bustes, une belle pierre sacrée, te igitur et les deux cartons tout bons et un autre pour tous les jours, un encensoir et navette propres, deux burettes d’étain et deux de verre avec un bassin d’étain, 4 bouquets de fleurs artificielles, un petit bénitier portatif, deux grands chandeliers de bois, un bon balustre et marchepied de noyer, un bon cadre de bois doré ; pour vases sacrés un bon calice et patenne d’argent dorés, un soleil d’argent, un ciboire de même non doré en dedans, une très belle boite bien dorée pour le viatique à la campagne, une belle boite de leton pour les hosties et une plus simple, deux croix de procession fort propres ; pour ornemens quatorse belles chasubles dont sept ou huit de satin, d’autres de damas avec tous leurs accompagnemens, il n’y en a que deux de camelot et toutes bien suspendues sur une tringle, deux dalmatiques toutes neuves de satin à fleurs pour le blanc, rouge et vert, quatre chapes, une de satin à fleurs, une de ligature, une de camelot noir et la 4e de brocard de soye qui sert pour le violet qui a coûté dix livres payables par les décimateurs, six devants d’autel, un de cuir doré, un de satin blanc, un violet et un verd et un noir de camelot et le 6e qui est sous le cuir doré à l’autel ; pour linges quatre aubes, dont une a de mauvaises manches, il faut une autre aube, huit amits, six cordons, vint-quatre purificatoires, quatorse corporaux, six essuimains, une armoire et une table fermée pour les ornemens de noyer, huit napes, une clochette, six chandeliers de loton ; pour livres trois missels, deux cayers pour les morts, deux rituels, les ordonnances de notre prédécesseur ; la sacristie bien propre et bien tenue, bonne piscine pour les eaux sacrées et pour laver les mains, trois livres in-folio graduel, antifonaire et psautier, un rideau pour le tableau.

    2° La nef nous a paru en bon état pour sa voûte, excepté le mur du Rosaire, le sol a besoin en plusieurs endroits d’être garnis de carreaux ; dans le bas de la nef le mur du côté de l’Epitre a besoin d’être recrépi ; le toict en bon état ; bon lutrin et bon banc pour chanter ; les fonts baptismaux en bon état, les crémières et la cuvette de même ; la tribune bonne et bon balustre, bonne bierre, bon chevalet et bon drap funèbre.

    La chapelle du côté de l’Epitre sous le nom du Rosaire a un bon confessional, tableau propre, petite niche dorée et belle statue de Notre Seigneur et de la Vierge, un crucifix de leton propre, deux chandeliers de même et deux anges dorés pour servir de chandeliers, te igitur et cartons bons, une bonne pierre sacrée, deux devants d’autel, un de cuir doré et un de satin blanc, trois chasubles de damas bleu, de satin à fleurs et noire, une chape de satin blanc à fleurs, deux aubes, amits et cordons, un missel passable, huit napes, un bassin de leton jaune.

    La chapelle de saint Joseph du côté de l’Evangile a un tableau propre, un cadre de plâtre peint avec deux rideaux, un autre pour l’autel, un bn crucifix et deux chendeliers de leton, un marchepied de bois noyer, point d’ornemens ni de missel ; dans le fond il y a un second confessionel avec une porte et un comptoir qui appartient à la confrérie du Saint-Sacrement ; il y a deux fenestres dans cette chapelle avec vitre et fil d’archal, il manque des carreaux.

    Chaque chapelle a sa lampe. La chaire qui est dans cette chapelle est de bois de noyer. Deux beaux dais, un de satin à fleurs et l’autre de simple toile.

    Etat du prieuré et des chapellenies

    1° La dixme de Soleillas est au douse pour le peuple et au dix-huit pour mr de Soleillas par transaction. Les terres du prieuré ont été marquées avec leurs confronts et tout au nombre de huit, comme il paroit dans la visite de 1704, de même que la terre qui est en propre à la vicairie et qui est chargée de six messes, et le tout est uni au second chapitre de la cathédrale et à la prébende du sieur Niel.

    2° Pour les chapellenies, la 1ère en titre est celle du Rosaire, fondée par deux prêtres Jaques Bernard oncle et neveu par 3300 £ de fond dont après 500 £ otées pour l’amortissement, la communauté paye néanmoins cinquante-deux écus de pension, ce qui a été confirmé par la vérification. Le titulaire est le sr Blaise de Grace de Verrayon, prêtre qui doit résider et ne le fait point et doit être pressé et dire quatre messes par semaine. En marge : Vu depuis que la fondation est du 7 décembre 1684, notaire Revel, pour le Rosaire.

    La 2de chapellenie est sous le nom de saint Jean-Baptiste, le P. Gaymard, prêtre de l’Oratoire, la possède, la rente est de 120 £ sur la communauté qui a été confirmée par l’arrest de vérification, il y a cinq messes par semaine.

    La 3e est celle qui a été fondée par Honoré Bertrand en 1702, notaire Marie de Castellane, aucune messe par semaine, dont le sr Joseph Gibert, vicaire, est pourvu, le fond étoit de 600 £ sur la communauté.

    Etat des chapelles, comptes et regitres

    1° Outre les deux chaelles qui sont dans l’église d’aujourd’huy, nou ne devons pas oublier l’ancienne paroisse, qui est à 7 ou 800 pas du village d’aujourd’huy, sous le titre de Notre-Dame du Plan qui est toujours celuy du bénéfice. Elle est en bon état, bien fermée et bon cimetière, quoyqu’on n’y enterre plus.

    Il y a encore une chapelle dans le village sous le nom de saint Jean-Baptiste, elle est en bon état, avec un bon calice d’argent, bon missel, bonne pierre sacrée et meubles suffisant, et c’est là que la fondation dont le P. Gaimard est titulaire a été faite.

    Pour celle de Saint-Pierre et de Saint-Bernard près du village, elle est en bon état et les eaux vuidées depuis notre dernière visite. Il y a dans cette chapelle une fondation par Pierre Bernard depuis 10 ou 12 ans, notaire Antelme de Trigance, de dix messes par an, dont le fond sur une terre vis à vis ladite chapelle produit de rente trois livres cinq sols qui sont payées par le sr Bernard notaire de Castellane héritier.

    La chapelle de saint Barnabé entre Soleillas et Demandols est bien réparée dedans et dehors, il n’y a aucune fondation.

    2° Les petites fondations marquées en 1704 subsistent (…)

    3° Les comptes des marguillers sont maintenant plus réguliers (…).

    Règlement sur le spirituel

    (…)

    Règlement pour les décimateurs et les consuls

    1° Nous ordonnons que le ciboire sera doré en dehors ; que les six livres de la chasuble de brocard de soye seront remboursés par les décimateurs ; qu’il sera acheté une aube neuve et six essuimains, le tout aux frais des décimateurs, et principalement le soin de rehausser le toict du sanctuaire pour donner plus de pente aux eaux et aux pluyes qui ont un peu décrépi la voûte du sanctuaire.

    2° Que pour la nef le sol sera mieux garni de briques où il en manque ; que le mur du Rosaire et les deux de la nef fort décrépis seront mieux enduits et blanchis ; que la fenestre dont plusieurs carreayx sont brisez sera réparée et que le toict sera ressuiry de nouveau.

    (…)

    1745, 15 septembre. Soleilhas. – Visite pastorale de Louis-Jacques-François, évêque de Senez.

    Original, registre, A.D. Alpes-de-Haute-Provence, 2 G 10, cahier 1.

    (…) le sieur vicaire dud. lieu nous seroit venu prendre en procession au château où nous étions logés et nous serions ainsi allés à l’église nous tenant sous le dais porté par les consuls et apparens du lieu étant revêtus de notre rochet, camail, chape et mitre, où après avoir dit la sainte messe, chanté le Veni creator, instruit le peuple, cathéchisé les enfans, donné la confirmation, fait l’absoute pour les morts et donné la bénédiction du Saint Sacrement, nous avons procédé à notre visite et avons trouvé que l’église est sous le vocable de l’Assomption, le tableau la représente, le retable et le tabernacle avec les deux gradins et leurs accompagnemens sont en bois doré, le tabernacle a besoin de quelques réparations, le ciboire d’argent et la boete aussi d’argent pour porter le saint viatique sont en état, l’ostensoire de même si ce n’est qu’une des charnières a besoin d’être racommodée, le calice a besoin de réparation au pied, les burettes et l’assiète d’étain bonnes, l’encensoir et navette de laiton bons, les chaines de l’encensoir ont cependant besoin de quelque réparation de même que le Christ de bois vernis au blanc et qui sert à l’autel ; il y a six chandeliers bois doré en état, deux statues d’anges dorés et vernissés servant de flambeau ont besoin d’être netoyées, six autres chandeliers de laiton ; le maître-autel est à tombeau en plâtre, il y a un quadre doré et vernissé en rouge assés bon, mais inutile ; la pierre sacrée bonne, le te igitur, accompagnemens, le rideau pour l’autel, le marchepied et le pavé du chœur en état ; la fenêtre dud. chœur a besoin d’une vitre. Sur les crédences on expose deux bustes, l’un des saints Prosper et Benigne, l’autre des saintes Théodacte et Vincente, dans les tombeau desquels il y a des reliques considérables desd. saints et saintes duement authentiquées ; il y a un petit reliquaire bois doré, mais dont les reliques peuvent avoir été changées, attendu qu’il ne fermoit pas.

    La sacristie est en état. Il y a un garde-robe bois noyer pour tous les ornemens, une table fermée servant aux prêtres pour s’habiller avec un gradin et une petite armoire pour les vases sacrés aussi bois noyer, le garde-robe a besoin d’une planche au fond et la table fermée a besoin aussi que la serrure d’un des tiroirs soit raccommodée et qu’il soit mis une clef à l’autre. Il y a un petit crucifix, une encoignure servant de prie-Dieu, un carton pour la préparation hors d’usage, les rituels du diocèse et romain usés, un antiphonaire, un graduel et un psautier qui ont besoin d’être reliés, deux missels mauvais, un ornement comprenant chasuble, dalmatiques avec leurs assortimens de brocard de soye de toutes couleurs, qui avoit été acheté on ne sait par qui et pour lequel il fut ordonné que les décimateurs rembourseroient dix livres, une chasuble velours pourpre, six chasubles satin, deux rouges, deux blanches dont un manipule a besoin d’être réparé, une verte et la sixième violette avec leurs assortimens bonnes, deux chasubles noires, une satin, l’autre damas, avec une étole blanche, deux chasubles camelot, une blanche passable, l’autre noire hors d’usage, autre chasuble sans couleur et hors d’usage, autre de ligature hors d’usage. Il y a cinq aubes, deux neuves, deux qui ont besoin de quelque réparation, une à qui il faut changer les manches, une sixième qui pourra encore servir étant réparée vers le cou, treise napes pour l’autel, six amits bons, trois mauvais qui serviront pour des lavabo, plusieurs purificatoires, quatre lavabo, quatre essuimains mauvais, une chape satin de toutes couleurs, ternie, une autre chape ligature assés bonne, une troisième camelot noir assés usée, une autre brocatelle violette mauvaise.

    Les murailles de la nef et des chapelles ont été blanchies, la voûte a besoin de l’être, le balustre demande quelques réparations, la chaire, le pupitre et le banc pour les prêtres sont en état.

    La chapelle du Rosaire du côté de l’Epitre a besoin de réparation à la niche de la sainte Vierge et au retable, le reste de l’autel et pierre sacrée en état. Il y a dans cette chapelle un confessionnal en état. Le chapelain du Rosaire est chargé de quatre messes par semaine. Il y a un calice qui a le pied d’archymie et la coupe d’argent doré, une aube mauvaise, deux amits, une chasuble gros de Naples or et argent bonne, une autre satin rouge et blanc bonne, une de ligature et une autre noire que le chapelain ferme et dont il est responsable.

    La chapelle Saint-Joseph est assés en état, il y a dedans un confessionnal assés bon, la vitre a besoin de quelques carreaux.

    Le cimetière a besoin d’être entouré de murailles et de deux portes, une de chaque côté de l’église, et d’être agrandi de tout le fond apartenant au sr Jean Bauchière prêtre.

    Vu notre présent procès-verbal, nous ordonnons que le tabernacle sera réparé où il est nécessaire, que la charnière de l’ostensoire sera raccommodée et le calice réparé au pied, les chaînes de l’encensoir et le Christ de la croix de l’autel réparés, les statues d’anges dorés netoyées, le quadre de l’autel ne sera plus mis, qu’il sera mis une vitre à la fenêtre du chœur (…)

    1751, 11 octobre. Soleilhas. – Visite pastorale de Louis-Jacques-François évêque de Senez.

    Original, registre, A.D. Alpes-de-Haute-Provence, 2 G 19, cahier 3.

    (…) où étant arrivés, le sieur vicaire seroit venu nous recevoir à la porte de la maison curiale où nous étions logés et nous serions allés en procession à l’église (…). Ensuite nous avons visité et trouvé l’autel et ses dépendances en état. La charnière de l’ostensoire a besoin d’être raccomodée, de même que les chaînettes de l’encensoir et les statues d’ange servant de flambeau doivent être netoyés.

    Le balustre a besoin de quelques réparations et le cimetière n’est ni aggrandi, ni fermé quoique l’un et l’autre ayent été ordonnés par notre précédente ordonnance de visite. On nous a seulement assuré qu’on étoit convenu du prix avec le sr Bauchière, propriétaire du fond qui doit être employé à cet aggrandissement.

    La chapelle du Rosaire a besoin de quelques réparations à son retable et à sa niche et la mauvaise aube du chapellain doit être remplacée par une neuve.

    Les chapelles de Saint-Jean-Baptiste et Saint-Bernard sont en état, de même que les ornemens.

    (…)

    1775, 19 mai. Soleilhas. – Visite pastorale de Jean-Baptiste-Charles-Marie de Beauvais, évêque de Senez.

    Original, registre, A.D. Alpes-de-Haute-Provence, 2 G 19, cahier 7.

    (…) Entrants dans le terroir de cette parroisse, mrs les consuls et lieutenant de juge, précédés d’une compagnie bourgeoise, sont venus au devant de nous, le peuple nous attendant hors le village. Après quelues momens de repos dans la maison presbitérale, le sr curé est venu processionellement avec son clergé nous recevoir et nous étant mis à genoux il nous a présenté la croix à baiser. Le clergé chantant le Veni creator nous nous sommes rendus sous le dais porté par le lieutenant de juge et les consuls à l’église (…).

    Procédant ensuite à la visitte des vases sacrés, nous avons trouvé que l’ostensoire a besoin de quelque réparation, le croissant doit être doré. L’autel a également besoin de quelques réparations ainsi que le tabernacle et le cadre du tableau. Visittant ensuitte les saintes relliques, nous avons trouvé que dans la capsule du buste de sainte Deodate sont déposées les reliques de laditte sainte et de sainte Vincente, ainsi qu’il est constaté par l’authentique de M. de Villerin un de nos prédécesseurs, que nous avons trouvés dans la capsule d’un autre buste de sainte Bénigne, laquelle authentique nous avons remis dans la même capsule où sont égalment déposées les reliques de saint Prosper. Les sieurs consuls nous ayant prié d’extraire une partie des relliques desdits saints Prosper et Bénigne, nous en avons fait l’extraction et nous les avons mise dans la capsule du buste de saint Barnabé, auquel nous avons apposé le sceau de nos armes sur le verre des trois bustes.Le clergé ayant chanté l’antienne des saints martyrs, nous avons encensé lesdittes saintes relliques et avons permis au sieur curé de les exposer à la vénération des fidèles.

    Procédant ensuitte à la visitte des ornemens, nous avons ordonné qu’il sera fourni une chappe pour les solemnitées et une autre noire de camelot. Il sera fait aussi une chasuble blanche de camelot et une autre noire de la même étoffe avec une écharpe. Il sera fait trois aubes avec leurs assortimens ; de plus trois nappes pour l’autel et deux pour la communion. Il sera fourni un antiphonaire et graduel. Le sanctuaire doit être reblanchit et la sacristie sera recrépie et blanchie, la fenêtre sera vitrée et garnie d’une toile de fil de fer. Les fonds baptismaux sont en état, mais il faut une boete pour les saintes huiles. La nef sera recrépie en plusieurs endroits et reblanchie en entier. Il seroit nécessaire de faire un aqueduc pour désécher la sacristie et le sanctuaire. Il manque une boete pour les hostie et un moule. La croix de l’autel doit être remplacée, nous en rapportans de plus pour tout ce qui concerne le bâtiment du sanctuaire et de la sacristie, vases sacrés, ornemens, linges etc. au rapport pris en mil sept cents soixante et onze. Il sera fait à neuf un confessional et la porte sera refaite. La tribune exige quelques réparations.

    (…)

    1785, 4 octobre. Soleilhas. – Visite pastorale de Jean-Joseph-Victor de Castellane, évêque de Senez.

    Original, registre, 2 G 19, cahier 8.

    (…) nous sommes allés prendre notre logement à la maison curiale (…).

    Procédant ensuite à la visite de l’église, l’autel, le sanctuaire nous ont paru en bon état. Les vases sacrés le sont aussi, il n’y a qu’à faire dorer le croissant de l’ostensoire et à réparer quelques rayons. Il faut un autre crucifix au maître-autel.

    La porte de la sacristie doit être refaite. Il y doit être fourni une chappe de satin de toutes couleurs, une écharpe, une aube, un amict, un cordon, un carton pour la préparation à la messe, une fontaine d’étain, un antiphonaire, un graduel, un missel, un bénitier et une boete pour les hosties. La navete de l’encensoir sera réparée, il y a aussi quelques réparations à faire aux chasubles.

    La nef est dans un état de décence. Les deux chapelles du Rosaire et de Saint-Joseph qui sont à côté sont propres. Les confessionaux sont encore d’un bon usage. Il n’y a point de dais à la chaire à prêcher. Il sera mis un cadenat aux fonts baptismaux. La cuvète pour l’eau baptismale sera étamée, les crémaires sont tenues proprement. Le cimetière est en bon état. Il y a un confessionnal qui exige quelques réparations.

    Au retour du cimetière nous avons visité les reliques qui sont au bas de deux bustes et de la statue de saint Barnabé. Et comme nous y avons reconnu les armes de notre prédécesseur, nous nous sommes bornés à leur rendre le culte qui leur est dû. Nous avons fait cependant apposer le sceau de nos armes sur le verre rompu qui ferme la capsule au bas de la statue de saint Barnabé en attendant qu’on puisse le changer.

    Dans le cours de [la] visite, nous sommes allés à la chapelle de saint Jean qui est sur la principale rue au milieu du village. Nous l’avons trouvée dans un état d’indécence qui nous oblige d’en transférer le service au maître-autel de l’église paroissiale. Nous avons interdit le calice félé dans la coupe qui appartient à cette chapelle.

    (…)

    1833, 18 janvier. Soleilhas. – Réponse du curé de Soleilhas à un questionnaire sur l’état des paroisses du diocèse de Senez.

    Original, pièce 2 feuillets papier, A. D. Alpes-de-Haute-Provence, 2 V 75.

    Monseigneur,

    Je m’estime très honoré d’avoir reçu de la main même de Votre Grandeur l’énumération des articles que je dois lui signaler relativement à l’état de ma paroisse.

    1° L’église n’est pas assez vaste eu égard à la population. Tout l’intérieur présente un air passé qui indique la nécessité d’un nouveau blanchissage. Mr Bernard a promis un secours d’environ 3000 francs pour l’aggrandir. Mr le maire a commencé de demander des secours au département et son projet, ainsi que celui de monsr Bernard et le mien, est de faire une dépense d’environ 5000 francs pour aggrandir l’église et construire un clocher.

    2° Nous avons trois chapelles rurales, dont deux en bon état et propres. La 3e, dédiée au prince des Apôtres, est construite en pierres de taille, elle a de fortes murailles, mais l’intérieur n’est pas crépi parce que les orages de la Révolution l’avoient convertie en écurie.

    3° Les deux confessionnaux et la chaire sont en noyer et en bon état. Les fonts sacrés n’ont rien de beau, mais ils sont dans un état de décence et de solidité. Les trois autels, dont un nouvellement construit, sont en bon état et assez bien ornés.

    4° La sacristie vient d’être boisée. Le menuisier y travaille encore. Les linges pour orner les autels sont très suffisans. On ne peut pas en dire autant des aubes. Les autres ornemens sacerdotaux abondent.

    5° Nous avons deux calices, dont l’un porte une petite félure au haut de la coupe. Je ne me suis pas encore procuré un vase usuel pour l’huile des infirmes. L’ostensoir est petit. Je ne puis guère discerner si le croissant a besoin d’être redoré. La sacristie est munie de deux custodes pour porter le st viatique à la campagne.

    6° Le presbytère laisse bien des choses à désirer, mais il est vaste et a des commodités.*

    7° Le cimetière se trouve contigu à la chapelle de Notre-Dame à environ un quart de lieue du village. Il est clos et propre.

    8° J’ai l’avantage de vous transmettre un double du registre de 1832. Je n’ai pas encore eu le temps de faire toutes les recherches nécessaires pour me procurer tous ceux qui manquent. Peut-être ne pourrai-je le faire que quand mon frère sera revenu du séminaire de Fréjus à l’époque des vacances.

    9° Le tableau est apposé à la sacristie. Mais il est encore imparfait. Par défaut de temps, je n’ai pas encore pu y décrire tous les usages religieux de la paroisse pour vous en transmettre un double.

    10° les fondations sont acquittées par certaines personnes, mais négligées par d’autres, qui disent vouloir, avant de mourir, faire des sacrifices pour tout réparer, mais non dans ce moment où ils prétextent d’impuissance.

    11° Angustia loci procure un grand abus dans l’église. Les enfans et en général tout le peuple, étant à l’étroit, y parlent beaucoup trop.

    12° Le saint Rosaire, le Via Crucis, le Scapulaire, le Sacré Coeur, la dévotion aux saints Anges sont établis dans la paroisse. Beaucoup de personnes s’efforcent d’y participer. Pour exciter davantage à la dévotion au saint Scapulaire et à l’association aux saints Anges, Votre Grandeur feroit peut-être un nouveau bien en me désignant deux jours dans l’année où une messe seroit chantée et les vêtres également en faveur des associés et en m’accordant une autorisation pour la confrérie des saints Anges, laquelle est en vigueur ici, mais non autorisée.

    13° Je fais le catéchisme tous les soirs au presbitère. J’y admets un soir les garçons et un soir les filles pour les tirer de la dissipation qui est souvent la suite des longues soirées et pour éviter le froid rigoureux qu’on éprouve à l’église. Le dimanche, je divise le catéchisme des petits garçons et des petites filles en trois classes, que j’ai confiées à l’instituteur, à l’institutrice et à une autre personne pieuse. La paroisse souffrira toujours beaucoup tant qu’elle n’aura qu’un prêtre. Je ne puis pas suffire au sacré tribunal et deux prêtres feroient ici un bien immense.

    Je suis avec un profond respect, Monseigneur, de Votre Grandeur le très humble serviteur

    Brun recteur

Références documentaires

Documents d'archives
  • Procès-verbaux de visites pastorales, évêché de Senez, 1708-1723. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 G 18.

    1708 : p. 170-181 ; 1722 : p. 588-595
  • Procès-verbaux de visites pastorales, évêché de Senez, 1745-1753, 1764 à 1768, 1775, 1779 à 1781, 1785 à 1788. Registre tenu successivement par Louis Jacques François de Vocance (évêque de Senez de 1741 à1756), Antoine-Joseph D'Amat de Volx (évêque de Senez de 1757 à 1771), Étienne François Xavier des Michels de Champorcin (évêque de Senez de 1771 à 1773), Jean-Baptiste Charles Marie de Beauvais (évêque de Senez de 1774 à 1783), Sixte-Louis-Constance Ruffo (Roux) de Bonneval (évêque de Senez de 1783 à 1784), Jean-Joseph-Victor de Castellane-Adhémar (évêque de Senez de 1784 à 1788). Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 G 19

    1745, 1er cahier ; 1751, 3e cahier ; 1775, 7e cahier ; 1785, 8e cahier
  • Questionnaire sur l'état des paroisses du diocèse de Digne. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 V 75

  • Procès-verbaux de visites pastorales, évêché de Digne, doyennés de Castellane, Colmars, Digne et Entrevaux, 1840 - 1879. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 V 87

    Visites de 1858, 1866, 1870, 1879, 1884.
  • Inventaires des biens des fabriques des paroisses de l'arrondissement de Castellane dressés en exécution de l'article 3 de la loi du 9 décembre 1905. 1906. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 V 65

    Fabrique paroissiale de Soleilhas, 14 mars 1906
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