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casemate du Pont de Tournefort, de la ligne fortifiée des casemates d'intervalle et de deuxième position, secteur fortifié des Alpes-Maritimes

Dossier IA06001392 réalisé en 2005

Fiche

Historique et intérêt stratégique

La mise en place de l’infrastructure défensive du Secteur fortifié des Alpes Maritimes (S.F.A.M.), avait été commencée par la construction entre 1931 et 1935 des dix gros ouvrage mixtes de la « Position de résistance » dirigée par la Commission d’organisation des régions fortifiées (C.O.R.F.), continuée par celle de dix huit petits ouvrages mixtes ou d’infanterie, la plupart construits entre 1937 et 1939. La main d’œuvre militaire (M.O.M.) avait été mise à contribution de façon occasionnelle pour seconder les entreprises de la C.O.R.F. et en réduire les coûts dans la réalisation de certains de ces petits ouvrages mixtes. Toutefois, la M.O.M. avait la responsabilité complète de la construction d’une quinzaine de petits ouvrages d’infanterie plus proches de la frontière, surveillant des passages et constituant la « Ligne d’avant-postes », constituée entre 1934 et 1938. Le dernier apport à ce système défensif fut entrepris par la M.O.M. à la mobilisation de septembre 1939, et comporta la réalisation d’une série d’abris bétonnés et de casemates actives réparties sur la Position de résistance et à l’arrière, sur la « deuxième position », dont les postes les plus éloignés sont dans le secteur du Var et de la Tinée.

La casemate d’infanterie du Pont de Tournefort appartient à cette dernière catégorie de casemates M.O.M. de deuxième position réalisée de l’automne 1939 à l’été 1940.

Elle était armée d’une mitrailleuse et de 4 fusils mitrailleurs.

Après la guerre, la direction du génie de Nice en application d’une note du 30 octobre 1948 a officiellement acheté aux communes les parcelles d’implantation de ces casemates M.O.M., qui ont été définitivement abandonnés après 1960.

Description Flanc et gorge de la casemate, avec deux créneaux pour fusils mitrailleurs (F.M.).Flanc et gorge de la casemate, avec deux créneaux pour fusils mitrailleurs (F.M.).

La casemate d’infanterie « M.O.M. » du pont de Tournefort, destinée a défendre en aval ce pont traversant la Tinée est un petit ouvrage monobloc, l’un des plus grands et des mieux armés réalisés dans sa catégorie, car il comporte, de manière assez exceptionnelle, un souterrain défensif. Le bloc est construit au bord de la route, au pied de l’escarpement rocheux sur la rive gauche de la Tinée, et son souterrain passe sous la route.

Réalisé un peu différemment du projet dessiné, ce bloc de plan trapézoïdal aux angles arrondis et aux parois de béton armé épaisses de 1,75m est subdivisé intérieurement en deux travées de casemates carrées de même taille avec mur de refend intermédiaire. La porte percée à la gorge, face à l’escarpement rocheux, est médiocrement défilée au sud de la route. Contrairement à ce qui était prévu au projet, cette porte n’est pas couverte par une visière, mais entièrement découverte. Son vantail de fer blindé à pentures rivetées et judas obturable est parfaitement conservé ; on remarque à côté l’orifice de ventilation du bloc.

Cette porte donne accès de plain-pied à la première chambre casematée, large de 3,10 m et haute de 2,20 m, qui dans le projet dessert dans l’axe un créneau pour mitrailleuse avec niche blindée. Ce créneau constitue avec celui percée du même côté dans la chambre voisine, la batterie d’infanterie principale de l’ouvrage, orientée vers le pont pour surveiller les approches venues du nord de la vallée. Ce second créneau, non blindé, est adapté dans le projet au fusil mitrailleur (F.M.). Dans l’état réalisé, le créneau de mitrailleuse a été placé dans la seconde chambre casematée, au plus près de la route. A l’extérieur, la façade de cette batterie (Fig. 3) est défilée par des contreforts arrondis encadrant les deux créneaux (sauf à l’angle vers la route, ou le contrefort prévu n’a pas été réalisé en saillie sur la façade, mais sur le flanc), ces contrefort portant une visière en fort relief.

La bouche ébrasée des deux créneaux est à trémie, sur les quatre côtés pour l’embrasure de mitrailleuse, sur les cotés latéraux seulement pour le F.M. Dans la seconde chambre casematée sont ménagés deux autres créneaux pour F.M., l’un perpendiculaire à la route et à la vallée (surmonté d’une visière), l’autre à la gorge du bloc (sans visière), pour flanquer l’approche de la porte.

Au sol de la seconde chambre casematée est percée une trappe donnant accès à une chambre souterraine aveugle pouvant servir de réserve et desservant une galerie casematée passant sous la route (dénivelé de 11 marches) qui aboutit à une position de tir avec embrasure pour FM aménagée dans le rocher portant le mur de terrassement de la route, cette position offrant une défense basse au niveau de la Tinée.

Du fait de l’impossibilité de visite intérieure de cette casemate (porte soudée) , la conformité de l’état des lieux à l’état projeté n’a pu être vérifiée.

Appellations de la ligne fortifiée des casemates d'intervalle et de deuxième position
Dénominations casemate
Aire d'étude et canton Alpes-Maritimes
Adresse Commune : La Tour

La casemate d’infanterie du Pont de Tournefort appartient à cette dernière catégorie de casemates M.O.M. de deuxième position réalisée de l’automne 1939 à l’été 1940.

Période(s) Principale : 2e quart 20e siècle
Dates 1939, daté par source
Statut de la propriété propriété publique

Références documentaires

Documents figurés
  • Plan de la casemate [du Pont de Tournefort]. / Dessin encre (tirage de calque), sans échelle, sd [1939-1940]. Service Historique de la Défense, Vincennes : Archives du Génie, SCOICH

Bibliographie
  • GARIGLIO, Dario, MINOLA, Mauro. Le fortezze delle Alpi occidentali [Les forteresses des Alpes occidentales]. Cuneo : L'Arcière, 1995.

  • MARY, J.-Y. La ligne Maginot, ce qu’elle était et ce qu’il en reste. – Paris : Sercap, 1985.

  • PANICACCI, J.L. La ligne Maginot dans les Alpes-Maritimes. Dans : Vauban et ses successeurs dans les Alpes-Maritimes. Paris : Association Vauban, 2004, p. 97-107.

  • PANICACCI, J.L. La bataille pour Menton (10-25 juin 1940). Dans : Guerres et fortifications en Provence. Mouans-Sartoux, 1995, p. 215-220.

  • SPIRAL, P. La ligne Maginot de l’Est et des Alpes, 1939-1945. Dans : Guerres et fortifications en Provence. Mouans-Sartoux, 1995, p. 199-214.

  • TRUTTMANN, Philippe. La muraille de France ou la ligne Maginot. – Thionville : édition Gérard Klopp, 1988, 627 p.

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