Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

cabanes dites cabanons

Dossier IA13000746 réalisé en 2000

Fiche

Voir

Les différents types de cabanons

La typologie des cabanons comprend deux grandes classes disjonctives :

- type I : les cabanons de petite superficie (en-dessous de 60m2 de superficie habitable) qui sont en rez-de-chaussée

- type II : les cabanons de superficie plus importante ( au-dessus de 60m2 de superficie habitable) qui sont avec étage carré.

Ensuite, chaque type est subdivisé suivant les caractéristiques des plans-masses; les critères retenus sont identiques pour les 2 types, ceux du 1er type est caractérisé par une variété de plans-masses plus importante. Il nous semble utile de distinguer les matériaux de couverture que l'on regroupe dans 2 sous-classes.

Voici la typologie utilisée :

TYPE 1 : CABANONS EN REZ-DE-CHAUSSEE (de petite superficie: en-dessous de 60m2)

A : parti de plan rectangulaire régulier

B : parti de plan en « L »

C : parti de plan dissymétrique

D : parti de plan rectangulaire avec abside (type cabane de gardian).

Chacune de ses sous-catégories peut être affectée de l'un des deux descripteurs suivants ou des deux à la fois :

a : « matériaux légers » en couverture (éverite, tôle ondulée, sagne, plastique, bois)

b : « matériaux durs » en couverture (tuile plate mécanique, tuile creuse mécanique, dalle bétonnée).

TYPE II : CABANONS AVEC ETAGE CARRE (de grande superficie: au-dessus de 60m2)

A : parti de plan rectangulaire régulier

B : parti de plan en « L ».

Chacune de ses sous-catégories peut être affectée de l'un des deux descripteurs suivants ou des deux à la fois :

a : « matériaux légers » en couverture (éverite, tôle ondulée, sagne, plastique, bois)

b : « matériaux durs » en couverture (tuile plate mécanique, tuile creuse mécanique, dalle bétonnée).

Introduction

1. Conditions de l'enquête

Le repérage des cabanons n'a pu être exhaustif à cause des conditions d'accès difficiles sur certains secteurs; un petit nombre d'entre eux se trouve situé sur certains theys non accessibles à pied; c'est le cas des theys du Pégoulier, de l'Annibal, du they de la Gracieuse où des cabanons apparaissent sur les cadastres.

A part ces quelques cabanons, toutes les habitations accessibles ont été repérées (271) parmi lesquelles 33 ont été étudiées.

Les cabanons du lieu-dit « Cabanes du Levant » et celles du they de Saint-Antoine-ermite ne sont pas cadastrés avec précision, ce qui rend la lecture peu commode; en effet, la lecture des cabanons sur le plan cadastral et le repérage sur le terrain ne coïncident pas toujours.

2. Problème de terminologie

Le terme de « cabanes » pose problème en ce qui concerne le mode de construction de ces habitations ; en effet, la majorité de ces habitations ressemblent plus à des maisonnettes avec les murs en maçonnerie recouverts d'enduit plutôt qu'à des cabanes qui renvoient à des modes de construction entièrement en matériaux légers. Or, en ce qui concerne les habitations étudiées, seule la couverture peut être en matériaux légers (éverite, tôle ondulée, revêtement plastique, bois). La grande majorité des bâtiments ont des murs en maçonnerie, à des rares exceptions prés. Cependant, le thésaurus de l'architecture ne reconnaît que le terme de cabanes, alors que le « cabanon» serait plus juste pour définir ces habitations. C'est pourquoi nous utilisons la double dénomination dans la fiche Mérimée afin de préciser la fonction de cette cabane en indiquant l'expression du thésaurus « rendez-vous de chasse ».

I. Caractères historiques

Les premiers cabanons sont construits dans les années 1920 sur les secteurs de Port-Abri et de la Plage ; la grande partie d'entre eux a été démolie pendant la guerre et reconstruite dans les années 1950, grâce, en partie, aux primes de reconstruction d'après-guerre. Quelques blockhaus datant de la guerre sont encore visibles aux quartiers de la Plage et de Port-Abri.

Les habitations qui sont reconstruites dans les années 1950 sont moins précaires que les précédentes et ressemblent plus à des maisonnettes qu'à des cabanons.

Les agrandissements et le désir de confort n'ont cessé de modifier l'allure de ces habitations, qui sont même devenues des résidences principales pour certaines d'entre elles; c'est le cas notamment du secteur de La Plage où les maisonnettes qui s'alignent le long de la rue principale sont habitées toute l'année. Dans les années 1970, l'étang de Gloria a été comblé pour la mise en place des darses, ce qui entraîne depuis des inondations nombreuses sur ce secteur.

Les propriétaires des cabanons des secteurs de La Plage, Port-Abri, They de Saint-Antoine ermite louent leur terrain au Port Autonome de Marseille, tandis que ceux dont les habitations se situent sur le they de Roustan, sur l'étang Napoléon et they d'Eugène, sur le lieu-dit « Cabanes du Levant » louent le terrain au Domaine Public Maritime.

II. Caractères architecturaux

1. Situation

Tous les cabanons sont situés à l'est de la ville. Le territoire où se trouvent dispersés les cabanons se trouve à l'est du Grand Rhône ; dans sa partie sud, il est essentiellement formé de cordons littoraux qui isolent de vastes nappes d'eau telles que marais, marécages et étangs, dont celui de Napoléon.

Les habitations de Port-Abri et de La Plage se trouvent à l'embouchure du canal Saint-Louis et de la mer. Les cabanes de l'Etang Napoléon et they d'Eugène sont situées au sud de la lône du vieux Rhône, tandis que les cabanes du they du Roustan se trouvent en bordure du Grand Rhône (à l'est). Les Cabanes du Levant, sur deux lieux distincts, se trouvent en contrebas de la route menant à la Plage Napoléon. Ces dernières sont situées en zone inondable, rendant l'accès souvent difficile. Les habitations du they de Saint-Antoine-Ermite se trouvent en bord de mer.

La situation géographique implique une mise en oeuvre différente selon les secteurs.

Ainsi, les « maisonnettes » de la Plage et de Port-Abri ont une structure architecturale assez semblable et une implantation similaire : des rangs de cabanons le long du canal Saint-Louis et le long de la mer avec une rue principale desservant ces deux axes principaux perpendiculaires. Les cabanons situés sur le they de Saint-Antoine-ermite, sur l'étang Napoléon et they d'Eugène, sur le lieu-dit « Cabanes du Levant » sont alignés. Seules les cabanes du they du Roustan sont regroupés de manière plus ou moins aléatoire.

- Le secteur de la Plage est composé d'un alignement d'habitations le long de la route parallèle au canal (axe est ouest). Une route perpendiculaire à la précédente forme l'axe nord-sud au bord de laquelle s'alignent des cabanons. Les habitations placées à l'est de cet axe, sur le secteur appelé « Plage Nord » sont en bord de mer, installées sur la plage ou en bord de l'eau. Un petit canal, parallèle aux deux axes, longe l'arrière des habitations. Il se situe à l'emplacement de l'ancien étang du Gloria, aménagé sur cette portion du territoire depuis les années 1970 pour le complexe portuaire de Fos-sur-Mer.

- Le secteur de Port-Abri forme un espace triangulaire isolé qui s'articule le long de l'axe nord-sud et du canal Saint-Louis. A l'ouest de ces deux axes principaux se trouvent des habitations limitées par une zone inondable sablonneuse. Comme le secteur de la Plage, Port-Abri possède un petit port de plaisance, à l'est du secteur. Un premier rang de cabanons, dont ceux avec étage, se situent le long du canal Saint-Louis. Les cabanons situées à l'arrière se trouvent le long d'une route est-ouest, limitée par les marais. L'axe nord-sud est longé par des cabanons de chaque côté, avec la plage à l'est.

- Les Cabanes du Levant se situent en contrebas de la route menant à la Plage Napoléon, sur deux sites distincts. Cette zone est facilement inondable.

Les habitations du they de Saint-Antoine-ermite se trouvent au sud du Port de Carteau, en bord de mer ; de nombreuses étendues d'eau limitent le site sur sa partie ouest.

Les habitations de l'Etang Napoléon et they d'Eugène alignées le long de l'unique chemin de desserte, sont situées entre la lône du vieux Rhône et l'étang Napoléon.

Les cabanes du they de Roustan se trouvent au bord du grand Rhône ; certaines d'entre elles se sont écroulées à cause des forts courants du Rhône qui érodent petit à petit le bord et entraîne la destruction des habitations.

2. Composition d'ensemble

La plupart des habitations n'ont aucune appellation particulière.

La grande partie des habitations, de petite superficie habitable, visible de la rue principale est en rez-de-chaussée. L'espace de circulation entre les cabanons est aléatoire et non matérialisé.

L'espace libre est variable; la plupart des cabanons présente une terrasse alors que d'autres sont entourées d'un jardin et/ou d'une cour. Cet espace libre extérieur est souvent très aménagé; ainsi, des canisses protègent cet espace où on peut souvent voir une table et des chaises ; une douche extérieure complète quelquefois cet espace de détente. Le barbecue est presque toujours présent. En ce qui concerne les cabanons qui se trouvent en bord de l'eau (comme les cabanes du they de Saint-Antoine -ermite) la barque est toujours présente ; l'accès de la mer vers le cabanon est marqué par un portillon et/ou par des escaliers qui descendent de la terrasse ou du jardin vers la mer.

La terrasse ou la véranda assez fréquentes pour les maisonnettes sont ajoutées sur la façade principale, alors qu'à l'origine, aucune habitation ne devait en possédait. La véranda permet de profiter d'une pièce de plus, lorsque, de cabanon la construction est devenue domicile principal.

Les abords de l'habitation sont souvent soignés ; des pots de fleurs ou des parterres fleuris marquent la façade principale ou l'entrée. Cette façade, visible de la rue est différente de la façade postérieure parfois non enduite, où le désordre règne avec appentis ajoutés sans homogénéité avec le reste du bâtiment.

Les cabanons sont individuels pour la plupart d'entre eux. La mitoyenneté est plutôt représentative des cabanons construits en matériaux légers, comme celles qui se trouvent au they de Saint-Antoine-ermite ; le coût de la construction est alors moindre.

Le parti de plan dissymétrique est le plus fréquent ; il s'explique notamment par l'ajout successif d'appentis qui témoignent, sur certains secteurs, d'une volonté de passer d'une habitation temporaire à une résidence principale. Le plan simple rectangulaire régulier est représenté surtout à Port-Abri où les cabanons ont conservé, pour la plupart d'entre eux, un plan simple initial. Le plan en « L » conceme une petite minorité de maisonnettes sur le Port-Abri et la Plage.

Le type de la cabane de gardian ne concerne que trois cabanons sur Port-Abri. Alors que certains secteurs, tels que La Plage et Port-abri témoignent de partis de plan différents, les Cabanes du Levant, du they de Saint-Antoine-ermite et du they de Roustan ne déclinent que deux types de plans.

Les espaces individuels sont peu clôturés lorsqu'il s'agit de « cabanons d'été » ; les habitations principales sont plus fréquemment clôturées par un grillage ou un mur bahut.

La façade principale la plus représentée est le mur-gouttereau qui est aussi la façade sur rue. La façade principale est orientée sud ou sud est afin de bénéficier du soleil ; la façade nord est souvent aveugle. Le nombre de fenêtres sur la façade principale varie de un à trois. L'état de conservation est assez bon sur l'ensemble des habitations.

3. Matériaux et mise en oeuvre

Les matériaux de couverture utilisés varient selon le secteur géographique. Ainsi, la majorité des cabanons de la Plage et de Port-abri ont une couverture en matériaux durs. Ce choix peut s'expliquer par le nombre important d'habitations devenues domiciles principaux sur ce secteur. Le matériau utilisé dans ces secteurs est représenté surtout par la tuile mécanique. Par contre les Cabanes du Levant, du they de Saint-Antoine-ermite, du they de Roustan et de l'Etang Napoléon et du they d'Eugène présentent majoritairement des toits couverts de matériaux légers, principalement l'éverite ou la tôle. Le sol peu porteur et l'usage temporaire (et non permanent) de ces habitations expliquent également l'utilisation de ce type de matériaux de couverture.

Presque toutes les habitations ont un toit à longs pans. L'autre type de toit est l'appentis qui couvre essentiellement les parties agrandies ; le matériau de couverture surtout utilisé dans ce cas est l'éverite ou la tôle ondulée.

Les murs sont pour la plupart d'entre eux construits en maçonnerie, recouverts d'enduit. Une seule habitation repérée est construite en pierres de taille, non recouvertes d'enduit.

Rares sont ceux entièrement en tôle ou en planches de bois, des murs au toit. Un seul cabanon s'inspire fortement de l'architecture traditionnelle des cabanes de gardian à savoir avec le toit en chaume de roseaux, l'enduit extérieur blanc, l'abside arrondie.

Des éléments de récupération sont parfois utilisés pour la construction tels que caravanes de chantier pour une habitation sur pilotis, planches de bois ou tôles ondulées permettant de protéger les fenêtres, hublot de lave-linge, traverses de chemin de fer ou systèmes d'attache rudimentaires.

4. Distribution

On assiste, dans les années 1960-1970 à l'agrandissement de l'espace intérieur, afin de profiter d'un confort plus important ; W-C et salle d'eau sont aménagés dès ces années là sur les secteurs de La Plage (cf. dossier Port-Saint-Louis-du-Rhône, cabane, Plage Nord 11, REF IA13000747) et de Port-Abri ; pour les cabanes plus rudimentaires du Levant, de Saint-Antoine-ermite, du they de Roustan et de l'Etang Napoléon et they d'Eugène, le W-C est encore souvent à l'extérieur.

Dans de nombreuses habitations, l'entrée principale se fait dans la cuisine directement. De cette pièce, on pénètre généralement dans la chambre. Les pièces intérieures se limitent généralement à la cuisine et une ou deux chambres ; toutes ces pièces sont à peu près de même grandeur.

Certains cabanons ont été agrandis dans les années 1970-80 pour permettre l'ajout d'un salon et d'une salle à manger.

III. Note de synthèse par secteur : Répartition des différents types par lieu-dit

1. La Plage

Sur les 84 cabanons repérés, 80 sont en rez-de-chaussée, ce qui montre une certaine homogénéité de l'élévation; étant donné que nombreux sont ceux qui ont été reconstruits après-guerre, l'élévation d'origine a été respectée.

Ainsi, le développement de ces cabanons aux allures de maisonnettes s'est fait plus de manière horizontale que verticale. En effet, au cours des années, les adjonctions d'appentis (abritant des pièces supplémentaires ou véranda) au bâtiment principal sont nombreuses, ce qui explique le nombre important de cabanons qui relèvent du plan dissymétrique (50% sont couverts de « matériaux durs »). Cette évolution peut notamment s'expliquer par la transformation du cabanon, habitat temporaire en résidence principale, pour certains d'entre eux. La majorité des cabanons en rez-de-chaussée se développe selon plusieurs types de plans différents. Les cabanons avec étage carré, peu nombreux, sont représentés par seulement deux types de plans, à savoir le plan en L et le plan rectangulaire régulier.

Les 33 cabanons qui sont de plan rectangulaire régulier représentent des habitations de superficie plus réduite.

Les 13 cabanons qui ont un plan en L sont peu nombreux ; ce plan, avec façade principale en mur-gouttereau, formé de deux ailes perpendiculaires de différentes dimensions, permet de créer un espace libre fermé de type cour.

Lorsqu'il s'agit de la construction d'une véranda, celle-ci a lieu sur la façade principale, tandis que l'ajout de pièces supplémentaires s'établit sur les façades latérales ou à j'arrière.

Cette évolution du bâti relève d'une volonté d'un plus grand confort et de la transformation initiale du cabanon, habitat occasionnel, en résidence principale, pour certains d'entre eux.

Il est intéressant de signaler également la différente situation de l'espace libre selon l'emplacement du cabanon. Ainsi, les cabanons situés prés de la mer (au lieu dit « Plage Nord ») présentent toutes une terrasse, couverte ou non donnant à l'est, côté mer ; l'entrée principale se fait également sur cette même façade, par un portillon placé sur le côté.

Toutes les autres habitations (non situées en bord de mer) ont leurs terrasses ouvertes sur la rue principale, orientées sud/est. L'accroissement du nombre de fenêtres sur la façade sur rue témoignent également de l'ouverture sur l'espace public et d'une volonté d'une grande clarté lumineuse.

Les cabanons mitoyens situés sur ce secteur représentent le quart des habitations du secteur ; il s'agit, pour la plupart d'entre eux, d'édifices symétriques, de même superficie, construits en partie grâce aux dommages de guerre. On note quelques cabanons construits contre les blockhaus érigés pendant la guerre.

La construction en matériaux durs s'explique également pour des raisons de confort et d'habitat permanent; sur 84 cabanons, 72 présentent ce type de couverture, essentiellement des tuiles mécaniques (creuses et plates). Parmi ces 72 cabanons, seuls 3% sont avec étage ; 29% des habitations dont le toit est couvert de « matériaux légers » sont en rez-de-chaussée ; 1% seulement est avec étage.

On remarque que ce sont les cabanons servant de résidences principales qui sont les plus clôturés, souvent par un mur bahut ou un grillage, afin de bien délimiter l'espace privé de l'espace public.

De nombreux cabanons ont été reconstruits dès les années 1950 jusque dans les années 1970.

2. Port-Abri

Sur les 87 cabanons repérés, 11 sont avec étage carré. C'est le secteur où l'on trouve le plus de cabanons avec étage. La grande majorité reste les habitations en rez-de-chaussée.

Ces cabanes déclinent tous les types de plan, contrairement aux habitations avec étage carré qui sont de plan rectangulaire ou en « L ».

La plupart des cabanons (45) sont construits selon un plan rectangulaire régulier ; cette forme régulière, qui les apparente plus à des maisonnettes qu'à des cabanes s'explique par un nombre d'appentis peu nombreux qui ne transforment pas la forme rectangulaire initiale du cabanon. La superficie est par conséquent moins importante que celles des cabanons situés sur la Plage. Cette superficie plus réduite peut s'expliquer aussi par un nombre de résidents à l'année moins important qu'à la Plage par exemple.

Les cabanons de plan dissymétrique, peu nombreux (20), de superficie plus importante, sont tous en rez-de-chaussée (Annexe II, graphique A). Les cabanons avec plan en « L », peu nombreux également sont soit en rez-de-chaussée (19%) soit avec étage (3%).

Le secteur de Port-Abri est le seul où se trouvent les cabanons inspirés de l'architecture des cabanes de gardian ; les seuls éléments repris de cette forme traditionnelle camarguaise sont l'abside arrondie, la façade principale en mur-pignon découvert, la couverture en matériaux légers et la croix sur l'abside arrondie pour celui couvert de roseaux. Sur les trois cabanons de ce type, un seul respecte la sagne en couverture ; les 2 autres sont couverts de tôle.

C'est dans ce secteur également, occupé pendant la guerre, que l'on trouve un cabanon érigé sur un blockhaus dont l'accès en hauteur est facilité par un escalier extérieur ; l'utilisation des formes existantes, tout comme les contraintes d'un sol sablonneux non porteur et facilement inondable montrent l'adaptation architecturale de ces habitations cabanonnières.

On peut remarquer des ouvertures peu nombreuses sur la voie publique; les vérandas sont peu présentes dans ces habitations, ce qui témoigne également d'un agrandissement peu important réalisé au cours des années sur ce secteur.

L'espace libre est constitué, dans la plupart des cas, d'un jardin ; la situation de l'espace libre varie selon l'emplacement du cabanon; ceux situés au nord du secteur, proches du canal Saint-Louis ont leur jardin face au canal, c'est-à-dire au nord. Les cabanons, situés au sud, parallèles à la voie principale sont orientés est.

Les habitations dont la couverture est en « matériaux durs » dominent dont 40 couverts de tuiles plates, 22 de tuiles creuses mécaniques et deux dont la couverture est une dalle bétonnée. On remarque que les habitations en rez-de-chaussée ont plus souvent une couverture en matériaux durs (55%) contre 33% avec matériaux légers. Pour tous ces partis de plan, ce sont les matériaux durs qui dominent en ce qui concerne la couverture.

Les cabanons, dont la majorité date des années 1950 et 1970, sont presque tous clôturés (68 sont délimités par un mur bahut ou/et un grillage).

3. They de Saint-Antoine-ermite

Les 33 cabanons sont tous en rez-de-chaussée ; les contraintes d'un sol sablonneux peu porteur et le logement utilisé comme habitat temporaire ne justifient pas une élévation supérieure. L'absence d'arrivée d'eau impose l'emplacement d'une citerne individuelle pour chaque habitation.

La majorité des habitations est de plan dissymétrique ; les ajouts de pièces supplémentaires sont fréquents ; la construction se développe petit à petit ; la mitoyenneté est très fréquente pour des raisons d'économie. On relève seulement 12 habitations de plan rectangulaire régulier. Tous ces cabanons sont de petites dimensions. Les cabanons avec plan en L sont inexistants.

Ces petites habitations, dont la majorité est située en bord de l'eau (24/33) ont chacune un espace libre entourant l'habitation avec un côté donnant sur la mer. Les habitations mitoyennes ont un espace libre sur un seul côté. Cet espace est le plus souvent représenté par un jardin ou une terrasse avec accès à la mer matérialisé par un escalier fermé par un portillon.

La couverture en matériaux légers est représentative de la majorité des habitations (76%), qu'elles soient de plan rectangulaire ou dissymétrique ; on note 24 toits en éverite et 11 en tôle ondulée.

Les cabanons, pour la plupart d'entre eux ont des murs en maçonnerie recouverts d'enduit; certains sont construits en matériaux de récupération comme celui construit « sur pilotis », composé de tôles, de planches de bois et de cabane de chantier.

La plupart des cabanons sont clôturés (22/33) par un grillage, une palissade en bois ou un mur bahut peu élevé.

Tous ces cabanons sont datés du début des années 1970.

4. Cabanes du Levant

Les 37 cabanons sont tous en rez-de-chaussée. L'absence d'électricité et d'eau collective, le sol sablonné et inondable imposent des contraintes visibles sur les formes architecturales.

Les habitations ont, pour la plupart d'entre elles, un plan dissymétrique (53%) qui s'explique par des adjonctions d'appentis nombreuses, au fur et à mesure des besoins ; les agrandissements de l'espace initial sont nombreux tels que vérandas, terrasses et remises à l'arrière du bâtiment.

Le bâtiment originel est le plus souvent de forme rectangulaire régulière très simple avec toit couvert de tuiles plates mécaniques ; de nombreuses parties constituantes couvertes en matériaux légers (dans la majorité des cas) ou découvertes se sont ajouté à l'habitat originel.

La plan rectangulaire actuel est représenté par 21 cabanons qui ont subi peu de modifications au cours des années.

L'espace libre est composé de jardin ou cour-jardin pour la majorité d'entre eux (19) ; 16 cabanons présentent une terrasse à l'avant de l'habitation. Cet espace libre est orienté sud ou ouest.

Parmi ces cabanons, 4 sont mitoyens ; séparées lors de la construction originelle, ces habitations se sont retrouvées mitoyennes au fur et à mesure des agrandissements des unes et des autres.

Deux cabanons sont isolés du reste du secteur ; à marée basse, l'accès est carrossable tandis que le reste du temps, l'accès n'est possible qu'en barque.

Quel que soit le type de plan, l'éverite est le matériau utilisé pour tous les cabanons, parfois exclusivement, ou couvrant uniquement les parties ajoutées telles que vérandas, remises. Les matériaux durs en couverture, peu fréquents (13% des habitations) et employés pour la construction des bâtiments les plus anciens sont surtout les tuiles plates mécaniques.

Ces habitations datent, pour la plupart d'entre elles, des années 1970.

5. Etang Napoléon et they d'Eugène

Tous les cabanons situés sur ce secteur sont en rez-de-chaussée. Ces habitations de petite superficie servent occasionnellement, lors de l'ouverture de la chasse et pendant les vacances d'été. Cet habitat temporaire explique un confort moindre ; l'absence d'électricité et d'eau collective obligent les habitants à posséder une citerne d'eau individuelle et des moyens d'éclairage individuels. Le sol sablonneux et les nombreuses inondations sont des contraintes fortes sur ce site.

On remarque deux types de plans, à savoir le plan rectangulaire régulier, fidèle à la construction d'origine et le plan dissymétrique qui témoigne de nombreuses adjonctions réalisées petit à petit, telles qu'appentis, remises ou garages.

Un espace libre entoure les habitations ; une terrasse orientée sud, généralement couverte, est mitoyenne à la façade principale. Un jardin ou cour-jardin est parfois situé à l'arrière de l'habitation.

Ces cabanons sont tous individuels; aucune mitoyenneté ne distingue les habitations. Tous ces cabanons situés le long du chemin de desserte sont espacés les uns des autres.

La plupart des cabanons ont une couverture en matériaux légers (75%), représentée surtout par l'éverite ; les matériaux durs utilisés (ici, les tuiles mécaniques) ne couvrent que 25% des habitations. Le toit le plus souvent représenté est le toit à longs-pans.

Pour chaque type de plan, ce sont les matériaux légers en couverture qui dominent largement tandis que les murs sont tous construits en maçonnerie recouverts d'enduit.

La majorité des habitations n'ont pas de clôture, l'espace privé étant largement ouvert sur l'environnement.

Certains cabanons témoignent d'une volonté d'ornementation, qui leur donne une allure de maisonnettes ; alors que certaines prèsentent un parement de galets en façade principale, d'autres montrent des encadrements de baies.

Ces cabanons sont à dater des années 1950 et 1970.

6. They de Roustan

Les douze cabanons repérés, tous individuels, sont en rez-de-chaussée. L'absence d'électricité et d'eau collective imposent à chaque propriétaire de disposer d'une citerne d'eau individuelle et des propres moyens d'éclairage.

Le bord est du fleuve, où sont situées toutes ces habitations est régulièrement rongé par le courant du fleuve qui entraîne petit à petit la démolition des cabanons les plus proches de la rive. On sait que depuis l'année dernière, six cabanons ont été détruits de la sorte.

Un seul chemin de desserte sablonneux permet d'accéder au site.

La majorité de ces édifices (69% d'entre eux) sont de plan rectangulaire régulier. Il est intéressant de constater que le plan rectangulaire régulier originel a été conservé, malgré les différents ajouts réalisés ces dernières années tels que pièces supplémentaires ou vérandas.

Certaines habitations relèvent du plan dissymétrique (31%) qui s'explique par de l'adjonction d'appentis et de remises.

Quel que soit le type de plan, ce sont les matériaux légers en couverture (69%), en particulier l'éverite qui sont les plus fréquemment employés en couverture. Les rares matériaux durs utilisés sont représentés par les tuiles plates mécaniques.

Alors que la plupart des édifices de plan rectangulaire régulier ont une couverture en éverite (55%), les cabanons de plan dissymétrique présentent une couverture en éverite (15%) comme en tuiles plates mécaniques (15%).

Les murs sont tous en maçonnerie recouverts d'enduit.

Ces cabanons possèdent un jardin qui entoure l'édifice, clôturé généralement par un grillage, des planches de bois ou un mur bahut. Ces clôtures permettent notamment de se protéger contre les tempêtes de sable .

Ces cabanons, construits dans les années 1960-70, ont leur façade principale en mur-pignon, orientée ouest, face au Rhône.

Aires d'études Port-Saint-Louis-du-Rhône
Dénominations cabane, rendez-vous de chasse
Adresse Commune : Port-Saint-Louis-du-Rhône

Les premiers cabanons datent des années 1920 ; la plupart des cabanons sont construits dans les années 1970.

Période(s) Principale : 1er quart 20e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle

Les cabanons sont divisés en 2 classes disjonctives : les cabanons en rez-de-chaussée, qui sont de petite superficie (en dessous de 60m2 de superficie habitable) et les cabanons avec étage carré, de superficie plus importante (au-dessus de 60m2) .

Typologies cabanon en rez-de-chaussée, de plan rectangulaire régulier, avec couverture en matériaux légers (type IAa), cabanon en rez-de-chaussée, de plan rectangulaire régulier, avec couverture en matériaux durs (type IAb), cabanon en rez-de-chaussée, de plan en L, avec couverture en matériaux légers (type IBa), cabanon en rez-de-chaussée, de plan en L, avec couverture en matériaux durs (type IBb), cabanon en rez-de-chaussée, de plan dissymétrique, avec couverture en matériaux légers (type ICa), cabanon en rez-de-chaussée, de plan dissymétrique, avec couverture en matériaux durs (type ICb), cabanon en rez-de-chaussée, de plan rectangulaire avec abside, avec couverture en matériaux légers : modèle de la cabane de gardian (type IDa), cabanon avec étage carré, de plan rectangulaire régulier, avec couverture en matériaux légers (type II Aa), cabanon avec étage carré, de plan rectangulaire régulier, avec couverture en matériaux durs (type IIAb), cabanon avec étage carré, de plan en L, avec couverture en matériaux légers (type IIBa), cabanon avec étage carré, de plan en L, avec couverture en matériaux durs (type IIBb)
Toits tuile plate mécanique, tuile creuse mécanique, tôle ondulée, roseau, matériau synthétique en couverture, béton en couverture, bois en couverture
Murs béton
enduit
essentage de planches
essentage de tôle
maçonnerie
Décompte des œuvres bâti INSEE 338
repérés 271
étudiés 33

Références documentaires

Documents d'archives
  • Correspondance entre Edouard Arnaud et le maire de Port-Saint-Louis-du-Rhône, septembre-octobre 1976. Septembre-octobre 1976. Archives communales, Port-Saint-Louis-du-Rhône : non coté.

Bibliographie
  • MASSOT, Jean-Luc (dir.). Maisons rurales et vie paysanne en Provence : l'habitat en ordre dispersé. Ivry : Société d'Etudes et de Réalisations Graphiques (SERG), 1975, 401 p.

  • BOYER, Jean. Documents inédits sur la construction des cabanes en Camargue aux XVIIe et XVIIIe siècles. Dans : Ethnologie française, t. VI, n° 2, 1976, p. 131-142.

  • GONTIER, Claudie. Le cabanon marseillais, images et pratiques. Marseille : Cerfise, 303 p.

(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général - Pauvarel Carole