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bourg castral de Rougon

Dossier IA04001951 réalisé en 2010

Fiche

Dénominations bourg castral
Aire d'étude et canton Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var - Castellane
Adresse Commune : Rougon
Cadastre : 1835 B 1445 ; 1995 B6 1716

Le perchement sur le site castral de Rougon remonte sans doute au début du Moyen Age. Une partie des vestiges actuellement visibles datent vraisemblablement du 12e siècle et du 13e siècle. A noter que plusieurs maisons du villages possèdent des pierres d'angle avec des bossages ronds, matériaux qui pourraient provenir du château. Voici la description qu'en fait l'abbé Féraud en 1831 : « L'ancien château seigneurial situé sur un rocher formant un cône tronqué, après avoir appartenu à la maison Brun de Castellane, qui réunissait les seigneurie de Caille et de Rougon, était passé en la possession de l'abbaye de Lérins, qui en jouit jusqu'à la révolution française. Il fut alors vendu comme bien national ».

Les vestiges actuellement visibles sur le site castral remontent sans doute aux 11e, 12e et 13e siècles. Sur le cadastre de 1835, la parcelle appartient au gouvernement et elle est nommée « L'Encien Chateau ». Le 30 septembre 1937, la commune achète un « immeuble » à la succession de Siméon Chaix, « lequel consiste en Rocher de la contenance de un hectare vingt centiares, situé au lieu-dit « Ancien Château » et inscrit au plan cadastral sous le numéro 1445 de la section B ». On apprend à cette occasion que Siméon Chaix avait acheté cette parcelle à l'Etat en 1907. La vente est faite pour la somme de 600 francs. Les vestiges aujourd'hui visibles sur le site castral sont très érodés. Cependant, quelques cartes postales anciennes permettent d'en avoir une vue légèrement plus développée.

Période(s) Principale : Moyen Age

Le bourg castral de Rougon est situé au sommet d'un éperon. Cet éperon, traversé par une faille naturelle, domine les gorges du Verdon. La plate-forme nord était accessible par des marches taillées dans le rocher, donnant accès à une porte dont les feuillures ont été taillées à même un bloc rocheux en place. Au centre de cette plate-forme, on note une cuvette d'éboulis qui pourrait correspondre à un donjon. Des bases de murs sont visibles sur les côtés nord, ouest et sud de cette plate-forme. Un arc franchissant une fissure côté ouest pourrait correspondre à des latrines. Les vestiges de deux voûtes superposées, côté sud, semblent être les restes d'une citerne ; une trappe d'accès est aménagée à travers la voûte supérieure. La plate-forme sud est également accessible par quelques marches taillées. Les restes d'un mur, restaurés avec des créneaux, ferment le côté ouest. L'emplacement de trois bâtiments, aménagés dans l'emprise d'anciennes carrières, est bien visible. Pour le bâtiment situé le plus au nord, on note la trace d'un retrait pour plancher taillé dans le rocher, à l'angle nord-est. Un peu plus au sud, les murs nord et sud du deuxième bâtiment sont constitués des parois rocheuses, taillées et lissées. Elles présentent également des retraits pour plancher, à la même hauteur que dans le premier bâtiment. Enfin, dans le bâtiment le plus au sud, on note un trou pour une assise de poutre dans l'angle nord-est. Sur le site, la présence de nombreux tessons de tuiles creuses suggère des couvertures avec ce matériaux. De nombreux fragments de lauzes laissent penser que ce matériaux a également été utilisé en couverture.

Murs calcaire
moellon sans chaîne en pierre de taille
États conservations vestiges
Statut de la propriété propriété de la commune

Annexes

  • Inventaires du château et de la maison seigneuriale de Rougon.

    État général de la terre et seigneurie de ce lieu de Rougon, 1748. Archives départementales des Alpes-Maritimes, H 897.

    Le château seigneurial

    Il n’y a que les murailles maitresses, en partie croullées, l’intérieur dud. château entièrement démoly,

    trouvé un gros hormeau dans la basse cour entièrement ebranché

    au pied dud. château trouvé un bastiment appelé les sales consistant en une écurie et grenier à foin, la porte de lad. écurie assez bonne avec toute la ferramente nécessaire et serrure, la creche d’icelle en bon ettat

    trouvé sept poutre en un tas, les planchers sont bons, la porte du grenier [ill] sans aucune ferramente

    les couvers en bon ettat de même que les murailles

    La maison seigneuriale sittuée à la place

    trouvé une cuisine dont la porte est assez bonne et aussi sa serrure et autre ferramente

    la cheminée en mauvais ettat

    la porte de la cave fort mauvaise dans laquelle s’y trouve un vieux tonneau, deux petites chambres à côté de lad. cuisine dont les portes sont fort mauvaises et sans serrure

    lad [ill] sans porte led. Me Turrel ayant déclaré y en avoir fait faire une toutte neuve qui a été brulée par les [ill]

    les greniers en bon éttat la poutre réparée normallement en bon ettat avec sa serrure et autre ferramente

    une écurie dont la porte est bonne montée des gons et penture avec un verrouil

    le premier étage consistant en quatre chambres et quatre petits cabinets

    le tout normalement réparé et blanchy, les cheminées neuves les fenêtres aussi neuves bois noyer avec [ill]

    le tout en bon ettat à l’exception de celles de la première chambre qui quoy que bonnes nous ont paru être anciennes

    les portes des chambres en bon ettat avec leurs serrures de même excepté celle de la première chambre qui demanderait réparation

    trouvé dans la première chambre une grosse table et un buffet sans porte le tout en bois noyer et deux bois de lit

    un gros placard posé dans une desd. chambres normalement usé avec ses étagères et serrures

    le second étage à peu près les mêmes appartements les portes et fenêtres en mauvais ettat n’y ayant qu’une serrure

    les planchers en bois bon, de même que les toits et les murailles maitresses

Références documentaires

Documents d'archives
  • Acte de vente des ruines du château de Rougon, 1937. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 O 389

    Le 30 septembre 1937, la Commune achète à la succession de Siméon Chaix un « immeuble », « lequel consiste en Rocher de la contenance de un hectare vingt centiares, situé au lieu-dit « Ancien Château » et inscrit au plan cadastral sous le numéro 1445 de la section B ». On apprend à cette occasion que Siméon Chaix avait acheté cette parcelle à l'Etat en 1907. La vente est faite pour la somme de 600 francs.
Documents figurés
  • Rougon. Le château féodal. Entrée du village. [Vue prise de l'ouest]. / Carte postale, Isidore Blanc photographe, avant 1908. Collection particulière

Bibliographie
  • FERAUD, Jean-Joseph-Maxime. Histoire, géographie et statistique du département des Basses-Alpes. Digne : Vial, 1861, 744 p.

    p. 470
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