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Beffroi, Horloge Publique

Dossier IA84000005 réalisé en 1969

Fiche

HISTORIQUE

Le procès-verbal de la visite pastorale des 20 et 21 novembre 1632 à La Bastide-des-Jourdans est le premier document qui signale l'existence de ce clocher, alors garni de trois cloches1. Élevé au·milieu de l'agglomération, assez loin de l'église, sur le sommet du Serret, petite colline faisant face au château, ce clocher a, sans doute, été construit à cet emplacement afin que le son des cloches puisse plus aisément être entendu du village et des campagnes environnantes : le petit clocher arcade de l'église ne contenait qu'une seule cloche, de taille modeste, dont le son ne devait pas porter très loin compte-tenu de la situation de l'église hors des remparts et en contrebas de l'agglomération. Quoique les textes antérieurs à 1632 - et en particulier les procès-verbaux des visites pastorales de 1582 et 1620 - n'y fassent aucune allusion, il est possible que ce clocher ait existé avant cette date : il aurait, en ce cas, peut-être été détruit lors des guerres de la Ligue et réédifié dans ce premier tiers du XVIIème siècle.

La documentation postérieure est, d'ailleurs, tout aussi peu abondante et détaillée. Elle se limite à deux visites pastorales du XVIIème siècle : à la première, en 1639, l'archevêque d'Aix ne trouve plus que deux cloches dans le clocher 2 et à la seconde, en 1653, il ordonne la réfection de la toiture aux frais du prieur pour un tiers et de la communauté pour les deux tiers restants, partage qui montre bien l'appartenance du bâtiment à l'église paroissiale 3.

Nous n'avons aucun renseignement par la suite, jusqu'au début du XIXe siècle. En 1829, la commune fait faire d'importantes réparations au clocher : le devis, dressé par un maçon du lieu, Joseph Verdillon, comportant une réfection totale de la toiture, de l'escalier, des crépis, et la pose de quatre clefs et de deux longues pièces de fer pour consolider l'édifice, s'élève à la somme de 500 francs. La municipalité envisage en outre l'achat d'une cloche au prix de 2000 francs 4, qui serait celle, datée de 1830, aujourd'hui dans la baie nord-ouest.

DESCRIPTION

1. Situation et composition d'ensemble

Édifié au sommet de la colline du Seret (ou Serret) qui constitue la partie la plus élevée du village, il domine celui-ci, face au château dont le sépare le ravin du Bois.

Il est isolé des bâtiments environnants, au centre d'une place de plan irrégulier.

C'est une tour massive, caractérisée par un double évasement à la base et au sommet ; la plateforme supérieure porte un campanile de fer forgé.

2. Matériaux et leur mise en œuvre

Le gros-œuvre est construit en calcaire blanc :

- appareil de gros moellons bruts pour les murs (seul le parement intérieur est visible, les faces extérieures étant enduites).

- pierres de taille pour les chaînes d'angle, l'appareil des baies, du cordon et de la corniche supérieure.

- blocage pour les deux murs de refend de la cage d'escalier.

Matériau de couverture : tuile creuse.

3. Plan et coupe

3 A. Plan : carré. Les deux murs de refend de la cage d'escalier sont collés sur le parement intérieur.

3 C. Coupe :

- la base des murs est talutée pour élargir les assises de la tour,

- la partie supérieure va en s'évasant et atteint au sommet un périmètre analogue à celui de la base :

- côté à la base : 5, 15 m

- côté au tiers de la hauteur : 4, 80 m

- côté au sommet : 5, 12 m.

Cette disposition, apparemment volontaire, a néanmoins entrainé urne menace de déversement des murs : l'étrésillonement assuré par le bandeau du premier niveau et la corniche supérieure étant insuffisant, on a placé quatre tirants de fer au-dessus des grandes baies du second niveau.

- Le volume intérieur est divisé verticalement en un rez-de-chaussée (occupé dans sa majeure partie par la cage de l'escalier) et deux étages.

4. Élévations extérieures

Élévations à deux niveaux

- premier niveau : couronné par un bandeau mouluré régnant à hauteur de l'appui des grandes baies du niveau supérieur ; il ne comporte que deux baies :

- la porte sur la façade nord-ouest ;

- une petite fenêtre, à ébrasement intérieur limité aux tableaux, éclairant la deuxième volée de l'escalier sur la façade sud-ouest ; une fenêtre comparable existait dans la façade sud-est ; elle a été murée extérieurement.

- deuxième niveau : sa partie supérieure, en surcroît, cache la toiture et est couronnée par une corniche moulurée. Il comporte sur chaque façade une grande baie appareillée en plein- cintre.

Au-dessus de la baie nord-est, petite fenêtre rectangulaire non appareillée éclairant le deuxième étage ; au- dessus de la baie sud-est, cadran de l'horloge.

5. Couverture

Toiture à double pente en tuiles creuses sur trois pannes (nord-ouest-sud-est). Il est caché par le surcroît.

6. Distribution intérieure

6 A. Escalier : à vis, tournant à gauche , en plâtre sur armature de bois. Marches à nez de bois et giron garni de mallons carrés.

Trois révolutions : première et deuxième : douze marches

troisième : huit marches.

6 B. Premier étage : chambre des cloches

- plafond : revers de la dalle de béton du second étage

- mur : appareil à nu

- sol : plancher sur poutres, recouvert de mallons.

Trois cloches sont suspendues dans l'embrasure des baies

- baie sud-ouest, cloche datée 1613,

- baie nord-ouest, cloche datée 1830,

- baie nord-est, cloche datée 1869.

Une quatrième, sans date, mais récente, est déposée sur le sol.

6 C. Second étage : sous combles.

- accès : échelle et trappe percée dans la dalle de béton formant le sol

- contre le mur sud-ouest, horloge.

6 D. Campanile au-dessus de la toiture : construction de fer forgé ; la partie supérieure, en forme de bulbe, abrite le timbre de l'horloge et est surmonté d'une croix.

CONCLUSION

Cet édifice, difficile à dater, ne parait pas antérieur au XVIIème siècle. Il dut dès l'origine remplir le double rôle de clocher paroissial - ce que semble confirmer la croix qui le surmonte et les inscriptions de caractère religieux de la cloche de 1613 qui y a été placée - et de beffroi municipal. C'est ce dernier rôle qui a finalement prévalu.

1AD 13, 1 G 1334, f°128-130v°2AD 13, 1 G 1335, f°99-100v°.3AD 13, 1 G 1337, f° 27-29v°.4AD 84, II Q 9 (6).
Dénominations beffroi, horloge publique
Aire d'étude et canton Pertuis
Adresse Commune : La Bastide-des-Jourdans
Cadastre : 1974 AB 156 ; 1838 F 69

Tour édifiée entre 1620 et 1632 pour abriter les cloches de la paroisse et l'horloge communale ; campanile contenant le timbre de l'horloge ajouté au 19e siècle.

Période(s) Principale : 1er quart 17e siècle
Principale : 2e quart 17e siècle
Principale : 19e siècle
Auteur(s) Auteur : maître d'oeuvre inconnu

Tour carrée de 2 étages surmontée d'un campanile en fer forge

Murs calcaire
molasse
enduit
moellon
pierre de taille
Toit tuile creuse
Plans plan carré régulier
Étages 2 étages carrés
Couvertures toit en bâtière
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier en vis sans jour, suspendu
Techniques ferronnerie
Statut de la propriété propriété publique

Références documentaires

Documents d'archives
  • Procès-verbaux des visites pastorales, évêché d'Aix-en-Provence, 1627-1638. 1632. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Aix-en-Provence : 1 G 1334.

    f° 128-130 v°.
  • Procès-verbaux des visites pastorales, évêché d'Aix-en-Provence,1638-1641. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Aix-en-Provence : 1 G 1335.

    f° 99-100 v°.
  • Procès-verbaux des visites pastorales, évêché d'Aix-en-Provence, 1651-1655. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Aix-en-Provence : 1 G 1337.

    f° 27-29 v°.
  • [La Bastide-des-Jourdans, administration communale, église]. Archives départementales de Vaucluse, Avignon : II Q 9 (6).

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