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batterie la Simboula et batterie la Calanca, de la place forte de Nice

Dossier IA06001388 réalisé en 2006

Fiche

Batterie la Simboula

La Simboula est une des batteries d’intervalle construites en 1888-1890 en appoint des quatre forts Séré de Rivières du camp retranché de Nice (La Drette, La Tête de Chien, La Revère, Le Mont Chauve d’Aspremont), en réaction à la crise de l’obus torpille (1885-1886). Elle complétait plus spécialement les feux du fort de La Revère et direction du nord, en participant au programme de redéploiement de l’artillerie des forts (prescriptions de l’IM du 22 juillet 1887) dans les batteries ouvertes mais défilées, parfois associées à des abris-cavernes. L’armement classique de ce type de batterie était des canons De Bange de 120mm, modèle 1878.

Dans le cas de la Simboula, la batterie ouverte (non retranchée) proprement dite ne dispose pas d’abris en caverne susceptibles de loger une garnison, mais de deux petits magasins. L’équipement a été complété dans un second temps d’un des magasins en caverne servant de magasins de secteur ou de dépôt intermédiaire, organisés hors des forts en 1890-1893. Ceci permettait la répartition du stock de poudres et munition des forts dans des magasins intermédiaires creusés dans le roc en position défilée donc à l’épreuve de l’obus torpille. La mise en place de ces magasins en caverne facilitait le ravitaillement les batteries, étant desservis par des routes militaires défilées aménagées à flanc de rocher.

La Simboula est un des deux exemples dans lesquels le magasin, en l’occurrence un magasin à poudres d’une capacité de 20.000 kg, est creusé latéralement en caverne dans un tunnel de la route de desserte foré dans le rocher.

Description

La route militaire à flanc de rocher partant du Col d’Eze et passant sous le fort de la Revère en direction de La Turbie, établie quelque mètres contrebas au sud de la ligne de crête, traverse en tunnel sur une longueur de plus de 70m une proéminence rocheuse sur laquelle est implantée la gorge de la batterie. Le tunnel, dit « de la Simboula » était fermé à ses deux extrémités par une porte-grille. Le chemin d’accès à la batterie s’amorce pour monter en lacets immédiatement en amont de l’entrée ouest du tunnel. Route et chemin sont assis sur des murets de terrassement en pierres sèches assemblées avec soin en opus incertum.

Batterie la Simboula. Route militaire et tunnel dans le rocher sous la batterie, vus de l'est.Batterie la Simboula. Route militaire et tunnel dans le rocher sous la batterie, vus de l'est.

Parvenu sur la crête, le chemin en lacets se sépare en deux branches, chacune confluant sur un chemin militaire qui reliait exclusivement la batterie au fort de La Revère. Il parait plausible que ce chemin et la batterie aient été mis en place un peu avant la construction de la route, du tunnel et du magasin à poudres, ce qui faisait de cette batterie à l’origine un simple satellite du fort et non encore une batterie d’intervalle.

Le chemin militaire sur la crête desservait d’abord, à droite en venant de La Revère, deux petits magasins en caverne de plan cruciforme rigoureusement symétriques accessibles par une descente d’escalier. Il devait s’agir de magasins à gargousses, comme ceux, très comparables, de la batterie de La Forna (située entre La Simboula et La Turbie).

L’entrée de ces magasins est défilée au nord par un petit terrassement formant parados, qui encaisse cette partie du chemin. Le chemin forme ensuite une chicane à droite pour contourner une banquette d’infanterie permettant des tirs rapprochés au nord. C’est à la gorge de cette banquette que confluent les deux branches du chemin en lacets montant de la route.

Le parapet d’infanterie que dessert la banquette n’est pas un mur maigre crénelé mais un parapet de terre soutenu à l’intérieur par un muret en opus incertum de pierres sèches assemblées avec soin.

Après le contournement de cette banquette, le chemin se termine par la batterie proprement dite, qui comporte quatre emplacements de tir défilés et revêtus, déployés en deux axes en éventail. Les deux premiers tiraient au nord, les deux autres au nord-est. La batterie était directement couverte vers l’ouest par le fort de La Revère. Chaque emplacement de tir comporte sur le flanc droit deux larges niches voûtées en berceau surbaissé ; une niche semblable et percée dans le mur intermédiaire entre les emplacements de tir. Ces niches devaient servir à la fois d’abris de combat et de dépôt de projectiles pour les canons de la batterie. Les revêtements sont en opus incertum maçonné qui, dans les angles saillants, est tantôt continu en arrondi, tantôt interrompu par un chaînage. Le voûtement des niches est en béton décoffré. Batterie la Simboula. Emplacements de tir de la batterie, avec niches-abris, vus de l'ouest.Batterie la Simboula. Emplacements de tir de la batterie, avec niches-abris, vus de l'ouest.

Le tunnel routier de la Simboula , brut de déroquetage, a conservé sa porte-grille orientale, avec imposte fixe et deux vantaux ouvrants. La chaussée, revêtue de cailloux compactés, est bordée sous le tunnel d’un trottoir du côté nord, soit du côté où sont creusés les abris en caverne du magasin à poudres. Ces abris comportent trois travées successives de casemates brutes de déroquetage, dont le débouché perpendiculaire dans le tunnel est fermé par un mur de façade construit en appareil mixte (pierre de taille et opus incertum) maçonné au ciment, avec baies de plain-pied couvertes en arc segmentaire (encadrement bouchardé, baies principales à clef passante), et fenêtre haute à grille ouvrante percée à l’emporte-pièce. La première façade est celle du corps de garde, percée d’une porte, suivie d’une fenêtre ternée. Les deux suivantes, avec porte entre deux fenêtres, étaient celle du magasin au projectiles vides, et celle de l’atelier de chargement.

Au fond à droite de cette dernière travée casematée part une galerie parallèle au tunnel donnant accès au magasin à poudres proprement dit. Celui-ci est creusé plus en retrait dans le rocher et sans façade sur le tunnel. Brut de déroquetage mais précédé d’un sas entre deux gros murs maçonnés, ce magasin communique aussi plus directement au tunnel par une branche de galerie décalée, perpendiculaire. Dans cette branche et dans la galerie parallèle au tunnel, trois petites niches murales abritaient détonateurs, fusées et piles.

Batterie Calanca

Calanca est une simple batterie d’intervalle desservie par la route militaire de crête qui relie le fort de La Drette au fort de La Revère, au même titre qu’une autre batterie un peu en amont (aujourd’hui illisible) dite de Lieusera. L’une et l’autre avaient été construites en 1888-1890 pour des pièces de canon de 120mm De Bange, dans le même contexte que la Batterie de Simboula, en aval d’une batterie isolée antérieure, la batterie des Feuillerins (1882-1885), satellite du fort de La Revère.

Le site de Calanca, aujourd’hui occupé par un observatoire de l’ONF et un pylône-relai Hertzien, est assez dénaturé. Le petit magasin en caverne de plan cruciforme qui accompagnait la batterie et avait son accès propre depuis la route n’est plus identifiable. De la batterie proprement dite subsistent en revanche les trois emplacements de tirs défilés et revêtus, parfaitement alignés et équidistants. Leur revêtement est parementé en opus incertum maçonné au ciment, avec chaînes d’angle. Les flancs des emplacements de tir sont tous creusés de trois niches-abri structurantes semblables, voûtées en berceau surbaissé. La tête des murs intermédiaires est percée d’une niche en arc plein-cintre a appui surélevé, sans doute à usage de dépôt de projectiles. La batterie est en co-visibilité des forts de La Revère et du Mont-Agel. Batterie Calanca. Revêtement à niches-abri des emplacements de tir.Batterie Calanca. Revêtement à niches-abri des emplacements de tir.

Appellations batterie la Simboula, batterie la Calanca
Dénominations batterie
Aire d'étude et canton Alpes-Maritimes
Adresse Commune : Èze

La Simboula est une des batteries d’intervalle construites en 1888-1890 en appoint des quatre forts Séré de Rivières du camp retranché de Nice (La Drette, La Tête de Chien, La Revère, Le Mont Chauve d’Aspremont), en réaction à la crise de l’obus torpille (1885-1886). Calanca est une simple batterie d’intervalle desservie par la route militaire de crête qui relie le fort de La Drette au fort de La Revère, au même titre qu’une autre batterie un peu en amont (aujourd’hui illisible) dite de Lieusera. L’une et l’autre avaient été construites en 1888-1890 pour des pièces de canon de 120mm De Bange, dans le même contexte que la Batterie de Simboula, en aval d’une batterie isolée antérieure, la batterie des Feuillerins (1882-1885), satellite du fort de La Revère.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle
Statut de la propriété propriété publique

Références documentaires

Documents figurés
  • Petit Atlas des Bâtiments militaires. Batterie de la Simboula. Plan de masse. / Tirage de calque, échelle 1/500e, 1946. Service historique de la Défense, Vincennes : CDAOA (9), inv. 1946, IXe région militaire, 6V10548, dossiers n° 33 et 34.

  • Petit Atlas des Bâtiments militaires. Batterie de la Simboula. Magasin à poudres. Plan des dessous. / Dessin encre (tirage de calque), échelle 1/500e, 1946. Service Historique de la Défense, Vincennes : Archives du Génie, CDAOA (9), inv. 1946, IXe région militaire, 6V10548, dossiers n° 33 et 34.

  • Petit Atlas des Bâtiments militaires. Batterie du groupe N° 3 (de Calanca). / Dessin encre (tirage de calque), sans échelle, 1946. Service Historique de la Défense, Vincennes : Archives du Génie, CDAOA (9), inv. 1946, IXe région militaire, 6V10548, dossiers n° 33 et 34.

Bibliographie
  • CHIAVASSA, H. L’environnement fortifié de Monaco au XIXe siècle : la ligne « Séré de Rivières ». Dans : Les Alpes-Maritimes. Annales Monégasques, n° 14.

  • CHIAVASSA, H. Essai sur les défenses du comté de Nice de Séré de Rivières (1880) à Maginot (1930). Dans : Guerres et fortifications en Provence. Mouans-Sartoux, 1995.

  • GARIGLIO, Dario, MINOLA, Mauro. Le fortezze delle Alpi occidentali [Les forteresses des Alpes occidentales]. Cuneo : L'Arcière, 1995.

  • TRUTTMANN, Philippe. La barrière de fer, l’architecture des forts du général Séré de Rivières (1872-1914). – Thionville : édition Gérard Klopp, 2000. 542 p.

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