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batterie (fortin de l'angle Robert)

Dossier IA83002043 réalisé en 2014

Fiche

Construction

Le projet du front de mer de la première enceinte bastionnée de Toulon, défini et réalisé à partir de 1604 par Raymond, puis Jean de Bonnefons, ne comportait pas d'ouvrage de défense particulier aux extrémités des môles fortifiés de part et d'autre de l'entrée de la darse, au point de manœuvre de la chaîne.

La nécessité de tels ouvrages est affirmée en 1637 par Henri d’Escoubleau de Sourdis, archevêque de Bordeaux et lieutenant général de la Marine royale de Louis XIII, à l'issue de sa tournée d'inspection des défenses du littoral provençal. Dès 1638 et 1639, on travaille à la plate-forme "du ponant de la darsene...qui flanque la chaîne". Les deux plates-formes casematées sont figurées de façon réaliste, avec leurs embrasures à canon dans le parapet en pierre de la batterie haute, sur une vue cavalière très détaillée du port, dessinée par Pierre Puget vers 1670 exprimant l’un de ses projets pour l’Arsenal.

Vauban mentionne les plates-formes dans son mémoire de 1679, en proposant de convertir les « vieux corps de garde enfoncez dans le centre de la platte forme » en magasins à poudres, en les voûtant selon les mêmes principes que les magasins à poudres à construire à neuf.

Des plans de la plate-forme casematée ouest datant des années 1760, confirmés par des relevés détaillés de 1818-1820, indiquent l’ajout d’un corps de garde de trois travées de pièces, sur la terrasse de la chaîne vieille, devant la face est, et la présence d'un corps de maison non casematé enclavé dans la plate-forme, côté darse.

Au XXe siècle, La plate-forme ouest est épargnée par les démantèlements des enceintes et le dérasement du revêtement des môles fortifiés.

Analyse architecturale

Cette plate-forme, ou ouvrage casematé destiné à porter une batterie haute défendant les approches de la darse vieille, avait son équivalent de l'autre côté de la passe. Les deux plates-formes apparaissent, sur la vue cavalière de Puget, comme un ouvrage barlong haut de deux niveaux, portant une terrasse d’artillerie bordé d’un parapet que percent quatre embrasures tournées vers la mer. L’ouvrage prolonge le mur d’enceinte de la darse, muni d’embrasures rasantes et portant très vraisemblablement un parapet crénelé.

Dans l’état actuel, la plate-forme ouest conserve l’essentiel de sa masse, soit sa partie principale casematée, mais la maison enclavée a entièrement disparu, laissant un renfoncement en angle rentrant dans le rectangle de base devenu plan en L. Le corps de garde ouest a également entièrement disparu, de même que les murs de garde de la terrasse de la chaîne côté rade. La moitié est (vers la passe) du rectangle de base de la plate-forme abrite deux casemates transversales jumelles voûtées en berceau segmentaire dotées chacune de deux baies au nord vers le quai, et communiquant par une porte dans le mur de refend. Le quart sud-est subsistant du rectangle abrite une ancienne citerne désaffectée, voûtée en berceau avec enduit hydrofuge, devenue casemate aveugle accessible de plain-pied depuis le quai par une porte du XXe siècle.

L’élévation est très remaniée. Le cordon et le parapet d’artillerie qui régnaient seulement sur le côté sud (vers la rade) et le côté est (vers la passe), dont le revêtement accuse un léger fruit, ont entièrement disparu. Le niveau de sol d’origine de la plate-forme était sans doute plus haut d’un mètre que dans l’état actuel, du fait d’une recharge de remblais sur les reins des voûtes des casemates, sur lequel portaient les pièces d’artillerie. Les parements extérieurs sont revêtus d’un enduit couvrant uniforme au ciment ne démasquant que les chaînes d’angles en pierre de taille, sauf sur la face est, vers la passe, qui a conservé son parement d’origine, en blocage de pierres de tout venant, encoignure en pierres de taille grise à l’angle nord-est. Deux baies murées à encadrement en pierre de taille, couvertes d’un arc segmentaire, condamnées dès avant 1760 semblent correspondre à deux embrasures regardant la passe, jadis desservie depuis la casemate est.

L’escalier actuel à deux volées à ciel ouvert qui s’adosse hors-œuvre à cette face pour accéder à la plate-forme, est contemporain de la construction du corps de garde aujourd’hui disparu, donc antérieur à 1760.

Appellations fortin de l'angle Robert
Dénominations batterie
Aire d'étude et canton Var
Adresse Commune : Toulon

Deux ouvrages destinés à défendre l'entrée de la darse vieille ont été réalisés à l'initiative d'Henri d’Escoubleau de Sourdis, archevêque de Bordeaux et lieutenant général de la Marine royale de Louis XIII, en 1638 et 1639. Ils sont visibles sur une vue cavalière du port, dessinée par Pierre Puget vers 1670 et mentionnés par Vauban dans son mémoire de 1679. Un corps de garde est ajouté devant la face est dans les années 1760. Seule la plate-forme ouest subsiste après le dérasement du revêtement des môles fortifiés au 20e siècle.

Période(s) Principale : 2e quart 17e siècle
Secondaire : 3e quart 18e siècle
Auteur(s) Personnalité : Escoubleau de Sourdis Henri d',
Henri d' Escoubleau de Sourdis (1593 - 1645)

Archevêque de Bordeaux de 1629 à 1645 et lieutenant général de la Marine Royale.


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commanditaire, attribution par source

Cet ouvrage casematé destiné à porter une batterie haute était à l'origine un ouvrage barlong sur 2 niveaux portant une terrasse d’artillerie prolongeant le mur d'enceinte e la darse.Dans l’état actuel, la plate-forme ouest conserve sa partie principale casematée. Le corps de garde ouest a entièrement disparu, de même que les murs de garde de la terrasse de la chaîne côté rade. La moitié est (vers la passe) du rectangle de base de la plate-forme abrite deux casemates transversales jumelles voûtées en berceau segmentaire. Le quart sud-est subsistant du rectangle abrite une ancienne citerne désaffectée, voûtée en berceau. L’élévation est très remaniée. Les parements extérieurs sont revêtus d’un enduit couvrant uniforme au ciment ne démasquant que les chaînes d’angles en pierre de taille, sauf sur la face est, vers la passe, qui a conservé son parement d’origine, en blocage de pierres de tout venant, encoignure en pierres de taille grise à l’angle nord-est. L’escalier à deux volées à ciel ouvert qui s’adosse hors-œuvre à cette face pour accéder à la plate-forme, est antérieur à 1760.

Murs calcaire moellon
brique
Toit béton en couverture
Étages 1 étage carré
Couvrements voûte en berceau segmentaire
voûte en berceau
Escaliers escalier de distribution extérieur : escalier tournant à retours
escalier dans-oeuvre : en charpente

L'intérêt architectural propre du "fortin de l'angle Robert" est faible, du fait de ses remaniements. Son intérêt patrimonial historique tient à ce qu'il est l'unique relique du front de mer de la première enceinte bastionnée de Toulon, et l'unique vestige des enceintes remontant a la première moitié du XVIIe s.

Statut de la propriété propriété publique
Intérêt de l'œuvre à signaler

Références documentaires

Documents figurés
  • [Chaîne vieille.] 1807. / Dessin aquarellé, 1807. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1 VH 246.

  • Plan du rez-de-chaussée des établissements situés du côté de l'ouest de la passe de la chaîne vieille [...]. Dessin, plume et encre, 1818. Service Historique de la Défense, Toulon : 2K2 86, n° 3.

  • Coupe sur la ligne CD du plan des établissements situés du côté du sud-ouest de la passe de la chaîne vieille [...]. Elévation sur la ligne EF du plan des établissements situés du côté du sud-ouest de la passe de la chaîne vieille [...]. / Dessin, plume et encre, 1818. Service Historique de la Défense, Toulon : 2K2 86, n° 2.

  • [Front 2-3, élévation de la plate-forme, plans, coupes]. / Dessin, encre et lavis, vers 1820. Service Historique de la Défense, Toulon : 2K2 86, n° 1.

Bibliographie
  • ESCOUBLEAU DE SOURDIS, Henri d'. Correspondance et dépêches de D’Escoubleau de Sourdis, archevêque de Bordeaux, chef des conseils du roi en l’armée navale, commandeur du Saint-Esprit, primat d'Aquitaine, etc. Paris : imprimerie de Crapelet, 1839. 3 vol. (XCVI-550, 686, 572 p.) ; 27 cm.

    Tome 1, p. 403 et suivantes. Mémoire de l’archevêque de Bordeaux des places, garnisons de la Provence, et de ce qu’il faut faire pour mettre la côte en sûreté, 12 juin 1637.
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