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batterie dite batterie de la Croix de Toulouse

Dossier IA05000135 réalisé en 1987

Fiche

Intérêt stratégique et chronologie du site

Si on ne trouve pas, dans les papiers des ingénieurs militaires, de traces d'ouvrage permanent réalisé avant 1870, on ne saurait exclure que le site ait été occupé de 1709 à 1712 et en 1746 par des postes plus ou moins organisés en fortification passagère.

On trouve un bataillon du régiment de Toulouse infanterie en 1710 dans l'ordre de bataille de l'armée de Berwick.1 Or la croix, nommément désignée, figure sur la carte de 1711 de Tardif. Par contre, il existe des projets de retranchements conçus entre 1710-1711 par l'ingénieur Tardif.

C'est en 1873-74 que le Comité de Défense, dans le cadre de la réorganisation générale de la défense des frontières, prescrivit, pour Briançon, la construction d'une batterie à la Croix de Toulouse, avec mission d'enfiler la route de Montgenèvre, contrebattre le plateau de l'Alpet, flanquer le Janus et l'Infernet.

Le projet paraît avoir été différé, puis relancé en 1892 (avis de la section technique du génie du 6.2.92). (Un projet d'ouvrage avec enceinte fermée et flanquée, avec batterie à quatre pièces et magasin à poudre sous roc avait été établi vers 1885, mais exécuté plus simplement en version réduite. Le calque - non daté - existait en 1987 aux archives locales du génie de Briançon). On construisit alors, sur l'arête de la Penée, quatre positions de pièce, en terre (portées à six peu après) disposées en gradins accolés suivant la ligne de plus grande pente et orientées sur l'obélisque du Mont Genèvre. Le site était desservi par une route militaire bien défilée greffée sur la RN 91 un peu au nord-ouest de Briançon, mettant la position à 8, 5 km du noyau central, avec rocade de jonction avec le fort des Salettes.

A une vingtaine de mètres à contrepente derrière les positions, on établit deux petits abris à munitions en maçonnerie recouverts de terre. Un « chalet alpin », à usage de « poste d'hiver» complété par une citerne maçonnée de 20,8 m3, des latrines, un atelier, un dépôt de charbon etc. assure l'hébergement du détachement permanent d'occupation de la position.

En 1897-98, la protection éloignée du site est complétée par la construction près de 300 m plus haut sur la crête, du blockhaus de Malfosse, qui barre un passage secondaire de la crête de la Pinée.

Entre 1900 et 1905, on établit à proximité un petit magasin à poudre mi caverne partiellement engagé dans la falaise, et contrepente de la batterie, le long de la route stratégique.

En 1899, l'armement de défense prévu est de 4 canons de 95 systèmes Lahitolle, approvisionnés à 300 puis 700 coups par pièce, dont le remplacement par des 120 longs mle 1878 est prévu en 1900. La position est reliée au réseau télégraphique filaire de la place, et dotée, en outre, d'un poste de télégraphie optique.

Les désarmements de 1914 et 1915 ouvrent alors une longue période de sommeil qui va durer jusqu'au début des années 30, où le lancement d'un nouveau programme de réorganisation de la défense des frontières - face à l'Italie fasciste - relance l'activité militaire du Briançonnais. La batterie est alors réactivée et, sans transformation notable autre que la construction d’un petit abri en béton armé (probablement à usage de P.C., près du magasin sous roc), est réarmée, semble-t-il, avec des pièces de 75 mm en 1940. Après l'armistice du 25 juin, elle est désarmée et, depuis, abandonnée.

Analyse architecturale

La crête de Peyrolle, qui sépare les vallées de la Guisaue et de la Clarée, s'incurve vers le sud, à partir du sommet de la Graude Peyrolle, et tombe sur Briançon, par un prolongement dit « Crête de la Pinée ».

La pente de cette crête s'adoucit, à la cote 2000, en un étroit replat ayant pris le nom de « Croix de Toulouse» et lui-même bordant un à pic rocheux de 650 m de dénivelée, dont le pied est bordé par le fort des Salettes, la RN 94, et le pied du glacis nord du « château de Briançon ».

De par sa position, le replat de la Croix de Toulouse permet de surveiller, avec un commandement considérable, le col du Montgenèvre et ses lacets, et toute la vallée de la Durance, le confluent avec la Clarée, la région de la Vachette et le versant nord-ouest de la crête Infernet-Gondran-Janus .

Positions de combat

Constituées par six positions individuelles de pièce, en terre de 8 x 8 m, protégées à l'avant par un parapet, et disposées en gradins le long de l'arête de la Pillée entre les cotes 2011,26 et 1991, 30, soit une dénivelée d'une dizaine de mètres.

Les positions sont desservies, à l'arrière, par un prolongement de la route stratégique qui se poursuit, vers le haut, par le sentier pédestre conduisant au blockhaus de Mal-fosse.

En arrière, deux abris à munitions, petits bâtiments en maçonnerie terrassés, en partie engagés dans la contrepente.

Poste d'hiver

Poste d'hiver a. Vue d'ensemble, côté sud.Poste d'hiver a. Vue d'ensemble, côté sud.Implanté sur une plateforme, en contrebas des positions de batterie, il n'en subsiste que le bâtiment A, rectangle de 6 x 14 m, d'architecture similaire aux autres chalets militaires de montagne du Briançonnais : entrées en pignons ouest et est, quatre fenêtres oblongues dans chaque long pan .

Deux refends transversaux aux premier et troisième quarts de la longueur divisent le bâtiment en trois groupes de pièces: à l'ouest, local du téléphone, vestibule , chambre du télégraphiste , chambre de sous-officiers. Au centre, local 4 : chambre pour 10 soldats. A l'est cuisine surmontant la cave servant de magasin.

A côté, on trouve la citerne f (20 m3) et les latrines e : les baraques annexes plus légères, ont disparu.

Magasin à munitions C

Magasin à munitions sous roc C.Magasin à munitions sous roc C. Situé dans l'épingle à cheveux de la route militaire, avant la montée vers les positions de pièces, cet édifice est constitué par un bâtiment en maçonnerie, type de temps de paix, à un seul niveau sous toiture à un versant, adossé à la falaise rocheuse sous laquelle sont creusées les alvéoles-cavernes de stockage proprement dit.

Le bâtiment extérieur abrite: le dépôt des projectiles vides, les niches aux détonateurs donnant dans le couloir.

Les parties sous roc abritent, elles, l'atelier de chargement des projectiles, le dépôt de poudre l'atelier de vissage des fusées.

Cette structure, adaptée à l'importance de la batterie - correspond de façon typique à l'utilisation de projectiles en fonte stockés vides, qu'on chargeait sur place avec de la poudre noire conservée en caisses étanches, avant de les amorcer et de les expédier, prêts à l'emploi, dans les abris à munitions situés plus haut.

Par la suite, on n'utilisera plus que des obus en acier ou fonte aciérée, chargés en usine de mélinite et qu'il suffisait d'amorcer avant le tir.

On notera que, du poste d'hiver, un sentier redescend vers le fort des Salettes. A l'oratoire en balcon sur l'à pic rocheux et utilisé comme observatoire, on remarque une stèle avec inscription : «A la mémoire du S/Lt Maître Jean, du 159, mort accidentellement dans l'escarpement le 13 mai 1903 ».

Conclusion

Les vues magnifiques qu'on y a, en particulier depuis le rocher de l'oratoire, sur la vallée de la Durance au nord et au sud de Briançon, la ville et tout le massif oriental, en font un site touristique très fréquenté, ce qui devrait naturellement inciter à tirer les organisations et en particulier le poste d'hiver a et le magasin c de l'abandon et à les intégrer à l'infrastructure touristique locale.

1Quincy - Histoire militaire de Louis le Grand. Tome VI pp. 404-405. Edit. 1726
Appellations batterie de la Croix de Toulouse
Parties constituantes non étudiées position, édifice logistique, citerne, magasin de munitions
Dénominations batterie
Aire d'étude et canton Hautes-Alpes - Briançon
Adresse Commune : Briançon
Lieu-dit : la Croix de Toulouse

On ne saurait exclure que le site ait été occupé au 18e siècle par des fortifications passagères. En 1873-1874, le Comité de défense prescrit la construction d'une batterie à la Croix de Toulouse, projet différé puis relancé en 1892. Entre 1900 et 1905, on établit un petit magasin à poudre. Dans les années 1930, la batterie est réarmée et on construit un petit abri en béton armé. Le site est désarmé après l'armistice.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 1ère moitié 20e siècle

Les positions de combat sont constituées par six positions individuelles de pièce. Un bâtiment en rez-de-chaussée avec cave et couvert d'un toit en bâtière a servi de bâtiment logistique. A côté se trouve une citerne. Un magasin à munition en rez-de-chaussée sous toiture à un seul pan se trouve adossé à la falaise rocheuse. Une partie de ses pièces est sous la roche. Un abri en béton se trouve à sa droite.

Murs pierre moellon
béton béton armé
Toit tôle ondulée
Étages en rez-de-chaussée, sous-sol
Couvrements roche en couvrement
Couvertures toit en bâtière
appentis
Statut de la propriété propriété publique

Références documentaires

Documents figurés
  • Sentier de la Croix de Toulouse. Profil en long. / Dessin, 1896. Service historique de la Défense, Vincennes.

  • Poste d'hiver de la Croix de Toulouse. Plan des fondations. / Dessin, 1897. Service historique de la Défense, Vincennes

  • Blockhaus de Malfosse et magasin à munitions du fort de la Croix de Toulouse. Dessin, 1901. Service historique de la Défense, Vincennes, Grand atlas, T 337/7.

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