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batterie de la Bégude, de la place forte de Nice

Dossier IA06000997 réalisé en 2005

Fiche

Historique

Il s’agit d’une des batteries ouvertes construites en 1889-1890 en appoint des quatre forts Séré de Rivières du camp retranché de Nice (La Drette, La Tête de Chien, La Revère, Le Mont Chauve d’Aspremont), en réaction à la crise de l’obus torpille (1885). Elle répondait au redéploiement de l’artillerie des forts (prescriptions de l’IM du 22 juillet 1887) dans les batteries ouvertes mais défilées, associées ou non à des abris-cavernes.

En 1913, furent ajoutées à la batterie deux casemates de flanquement pour artillerie légère.

Située à un Km environ à l’est / nord-est de l’ouvrage de Colomars, sur un repli naturel dominant cet ouvrage de quelques mètres, la batterie de la Bégude n’est qu’un ouvrage annexe bien défilé naturellement par sa position. L’armement d’origine était constitué de pièces de 120mm.

Description

Elle se décompose en deux batteries échelonnées sur la pente du terrain (actuellement très boisé) et tirant au nord :

- La batterie dite « principale », au point haut du site, avec quatre emplacements de tir normatifs de plan rectangulaire, tirant plein nord (repère de référence : le clocher de Castagniers). Chaque emplacement de tir et flanqué de part et d’autre du mur de fond de deux petites niches à projectiles. Dans le mur intermédiaire donnant sur la banquette entre les positions de tir sont ménagés des renfoncements voûtés à usage d’abri de combat pour 24 hommes ou de poste de commandement et abri aux armements, non protégés. Au revers de la banquette, l’escarpement en front de taille dans la roche est creusé de quatre petites niches à gargousses et d’un local servant d’atelier d’armement et de transformation des charges.

- La batterie basse (mieux conservée) occupant un léger relief à quelque 300m au nord de la précédente, comporte aussi quatre positions de tir d’axe légèrement divergeant en éventail, dont les deux médianes offre un plan pentagonal spacieux permettant de varier l’orientation des pièces, leur entrée étant elle-même évasée par un pan coupé. Des niches à projectiles et des niches-abris de combat sont ménagées dans les revêtements de ces positions de tir et des murs intermédiaires. Ce revêtement en blocage enduit à pierres vues est couronné d’un cordon continu. Emplacements de tirs polygonaux de la batterie basse.Emplacements de tirs polygonaux de la batterie basse. Détail des emplacements de tir de la batterie basse avec niches-abris.Détail des emplacements de tir de la batterie basse avec niches-abris.

De chaque côté de cette batterie basse , on trouve les deux casemates de flanquement pour artillerie légère ajoutées en 1913, dites batteries est et ouest.

- La batterie est n’a qu’un faible développement souterrain : elle se compose de deux branches de galeries terminées par une embrasure sortant dans un front de taille sommairement aménagé dans le terrain, offrant au cumul deux orientations de tir (une vers le col d’Aspremont, l’autre vers le mont Chauve).

- La batterie ouest forme un souterrain casematé en béton ramifié en deux galeries à partir d’une porte unique semblable à celles du magasin à poudres de Colomars, flanquée à gauche d’un garage à porte de fer (postérieur) creusé en caverne. Ces galeries comportant des niches à munition desservent une embrasure débouchant sur un front de taille vertical taillé dans le poudingue, avec consolidation sommaire au ciment.

Embrasure sous casemate de la batterie ouest.Embrasure sous casemate de la batterie ouest.

Dénominations batterie
Aire d'étude et canton Alpes-Maritimes
Adresse Commune : Colomars

Batterie construite en 1889-1890, complétée par deux casemates en 1913.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle
Secondaire : 1er quart 20e siècle
Statut de la propriété propriété publique

Références documentaires

Documents figurés
  • Batteries de la Bégude. Plan de masse. / Dessin, encre (tirage de calque), échelle 1/500e, 1946. Service Historique de la Défense, Vincennes : Archives du Génie, CDAOA (9), inv. 1946, IXe région militaire, 6V10548, dossier n° 15.

Bibliographie
  • CHIAVASSA, H. L’environnement fortifié de Monaco au XIXe siècle : la ligne « Séré de Rivières ». Dans : Les Alpes-Maritimes. Annales Monégasques, n° 14.

  • CHIAVASSA, H. Essai sur les défenses du comté de Nice de Séré de Rivières (1880) à Maginot (1930). Dans : Guerres et fortifications en Provence. Mouans-Sartoux, 1995.

  • GARIGLIO, Dario, MINOLA, Mauro. Le fortezze delle Alpi occidentali [Les forteresses des Alpes occidentales]. Cuneo : L'Arcière, 1995.

  • TRUTTMANN, Philippe. La barrière de fer, l’architecture des forts du général Séré de Rivières (1872-1914). – Thionville : édition Gérard Klopp, 2000. 542 p.

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