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Batterie de côte de Portissol

Dossier IA83003105 réalisé en 2017

Fiche

HISTORIQUE ET TYPOLOGIE GÉNÉRALE

XVIIe et XVIIIe siècles

Un mémoire rédigé en mai 1688 par Antoine Niquet, directeur des fortifications de Provence, collaborateur de Vauban, décrit les avantages topographiques de la rade du Brusc : "La petite isle des Embies forme à ce port une tres bonne rade qu’on nomme le Bruzc ou toutes sortes de vaisseaux sont en sureté. Les galleres et les autres bastimens du Roy s’y retirent souvent (...) sans les ports de Toulon et de Marseille il seroit tres considérable. La depense pour l’accommoder sera très médiocre"1 . Six ans plus tard, l'auteur de ce mémoire avait esquissé un principe de défense de cette rade, appuyé sur des batteries de côte. Vauban l'approuve pour l'essentiel dans un mémoire sur la protection des rades entre Marseille et Toulon daté de décembre 1694 2, qui préconise des batteries retranchées bien armées : " il n’y a qu’à disposer les batteries de manière qu’elles puissent voir toute l’estendue de la rade, les asseurer par un bon retranchement, et y mettre deux fois autant de gros canons que de mortiers ».

Ce programme n’est pas encore lancé le 30 mars 1695, date à laquelle Louis XIV nomme le maréchal de Tourville, son lieutenant-général des armées navales, vice-amiral du Levant, au commandement des côtes de Marseille à Toulon, pour faire face à la menace de croisière anglaise de l’amiral Russel. La question de la défense de la rade du Brusc, non traitée par Niquet dans son projet opérationnel de 1695 concentré sur la défense des rades de Toulon, est laissée à l'appréciation de Tourville. Ce dernier y fait une tournée avec l'intendant de la Marine de Toulon, Jean-Louis Girardin de Vauvré, et confirme l’importance d’y interdir le mouillage aux ennemis, qui pourraient de ce secteur intercepter les galères circulant entre Toulon et Marseille. Pour couvrir la rade, il propose trois batteries armées d’un mortier et deux canons de 24 livres, au cap de La Cride, au cap Nègre et sur l’île des Embiez. Leur exécution est déléguée aux consuls de Sanary et de Six-Fours, et leur garnison recrutée dans ces deux localités au titre des milices garde-côtes3. Ouvrages de temps de crise vite réalisés, de construction sans doute sommaire, sans retranchements ou édifices maçonnés complexes, ces batteries sont achevées fin mai 1695 et servies chacune a minima par un canonnier et deux aides canonnier, complétés de deux bombardiers pour les mortiers.

En 1715, la paix revenue, ces batteries sont désarmées, et, dix ans plus tard, en 1726, Antoine Niquet songe à améliorer la défense de la rade du Brusc, ce qu’il exprime sur une carte légendée. A propos des batteries existantes, du Cap Nègre et de La pointe de la Cride, la légende précise qu'elle peuvent être retranchée facilement, ce qui montre que les batteries de 1695 avaient été réalisées sommairement, sans retranchement à la gorge. Les trois batteries peinant à croiser leurs feux du fait de leur espacement, Niquet en propose deux autres, une à Portissol, au pied d’une tour existante : " Au bas de la tour de Portisseaux on peut faire une batterie comme la figurée à l’ancre elle verrait l’entrée et le mouillage", une autre à l’île de Rouveaux (au large de l’île des Embiez). La réalisation de ce programme et l'amélioration des batteries existantes ne sont pas ou très peu documentés, jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, car les cartes et mémoires relatifs aux batteries de côte de la période intermédiaire ne concernent pas la rade du Brusc, jugée d'importance secondaire. On peut cependant affirmer que, sur ces deux propositions, la batterie de Portissol a seule été réalisée, et qu'une autre batterie non prévue en 1726 a été crée au sud de la rade du Brusc, à la pointe du Rayollet.

Une carte des rade de la ville de Toulon et du Brusq avec les environs, jointe au mémoire sur la défense de Toulon du directeur des fortifications François Milet de Monville, daté de 18 avril 17624 , exprime de manière sommaire, mais lisible, les batteries du Cap Nègre et du Rayollet comme retranchées à la gorge d'un mur tenaillé, à la différence de celles de l'île des Embiez et de Portissol. Le projet général des fortifications 5 de Toulon du même Milet, pour 1764 fait mention de la rade du Brusc à propos de l'établissement de (nouvelles) batteries sur l’île des Embiez, à combiner avec la fortification (renforcement) "de celles de Portissol et du Rayolet qui déffendent la même rade et l’anse ou plage de Bandol6.

Le projet général des fortifications de Toulon de Milet de Monville, pour 1764, se termine sur l'importance défensive des Embiez : "...il est de nécessité indispensable d'établir sur l'isle des Embiez des batteries de gros calibre et de mortier, bien fortifiées, pour interdire le mouillage et l'usage de la rade du Brusq (...) en établissant des batteries sur l'isle des Embiez, il faut fortifier celles de Portissol et du Rayolet qui déffendent la même rade et l’anse ou plage de Bandol” 7. Une note marginale précise : "quelque représentations qui ayent été faites, on a négligé de fortifier par la gorge les batteries de la côte".

Un mémoire du 6 octobre 1777 signé du sieur d'Optère évoque les amélioration jugées nécessaires à apporter aux batteries de la rade du Brusc, au nombre desquelles :"rétablir de préférence les batteries de Portissol et du Cap de La Cride, qui défendent l'entrée de la rade, leur emplacement étant fort élevé, on doit les construire à barbette et de manière à contenir chacune 8 pièces de gros calibre et deux mortiers (...) du côté des terres on fermera leur gorge par un bon retranchement assez fort pour obliger l'ennemi de débarquer du canon pour les forcer, et assez spacieux pour qu'on puisse intérieurement y placer les magasins et logements nécessaires au service de ces batteries."

Durant la période révolutionnaire, en 1791, la direction des places des départements du Var et des Bouches du Rhône définit les dépenses à engager pour mettre les batteries de la côte dans un état de défense désirable. La liste indique pour la batterie de Portissol, une dépense de 60 livres pour les réparations de l'existant, et de 2000 livres pour lui donner le degré de force nécessaire 8. Soit les plus petites dépenses prévues au sein des batteries de la rade. En 1793, un rapport de la députation des sociétés populaires du Midi devant Toulon aux autorités marseillaises, daté du 16 octobre, comporte un état des lieux partiel des défenses de la rade du Brusc: "... il y a à Cride une batterie avec quatre pièces de dix huit et qu'il y en a à Portissol deux de douze et deux de dix-huit "9. Un autre rapport, en forme de liste, sur la force des batteries de la rade du Brusc dressé le 18 prairial an 2 (6 juin 1794) par quatre commissaires nommés par le ci-devant pouvoir exécutif, indique, dans la colonne donnant l'état existant, pour Portissol, un armement de quatre canons de 18. La colonne relative à la force projetée prévoit de l'armer de dix canons de 36 (livres), de deux mortiers et de l'équiper d'un four à caisse, en précisant qu'il convient d'agrandir ce poste et le retrancher du côté de la terre, vu son importance pour battre le mouillage10. Après ce réarmement, revu à la baisse, la commission donne une brève description de l'état des lieux et de sa garnison : "Batterie à barbette, de forme portion circulaire, située à gauche de la tour et plus bas sur le revers de la montagne. Armée de 6 pièces de 36 sur affûts marins. Les plateformes en construction seront en pierres de taille ainsi que les genouillères. Un corps de garde, un fourneau à réverbère presqu’achevé, la tour dite de Port-Issol sert de magasin à poudre, armements complets en bon état. 1 Lt et 26 Cers de la Cie de Sanary, un Cap et 4 volontaires du 5° Bon des Basses Alpes. Protection du mouillage de St Nazaire." Le 21 novembre 1796, le corps de garde de la batterie est à réparer, l'épaulement à terminer, pour une dépense de 400 livres 11.

XIXe siècle

Sous l'Empire, dans le cadre du projet général de 1811 pour la mise en défense des côtes à l'échelle du territoire, le rapport de la séance du comité central des fortifications du 11 avril 1812 planifie la construction de six tours modèles à usage de réduit de batterie pour la place de Toulon, réparties d’ouest en est entre l’île des Embiez et Carqueiranne. Un mémoire sur les batteries qui défendent la rade de Brusc et celle de Bandol daté du 15 octobre 1811 définissait déjà l'armement et le programme de principe, sans évoquer la question des tours. La batterie de Portissol doit être armée de quatre canons de 36, dont trois sur affûts de côte, un sur affut de siège, et d'un canon de 4 de bataille, en précisant : " ... Position facile à retrancher ; forme avec la batterie du cap Nègre la défense de la rade et port de St Nazaire. Il y avait à gauche du port sur la plage une batterie qui n’est plus utile, elle n’est point armée et en ruine."

Plan et profils de la batterie de Portissol, [...] 1812.Plan et profils de la batterie de Portissol, [...] 1812.

Dans la rade du Brusc, entre Bandol et les Embiez, l’amiral Emériau, préfet maritime, juge indispensable le renforcement des batteries du Cap Nègre, de La Cride, de Portissol et de Saint-Pierre des Embiez, destinées à être armées chacune de cinq ou six canons de 36 livres et un ou deux mortiers à la Gomer. Il est proposé de les compléter d’un réduit de type tour n° 1.

Le tableau comparatif de l'armement actuel des batteries de la rade du Brusc avec celui proposé par la commission mixte, en date du 3 mai 1812 mentionne à Portissol, quatre canons de 36 sur affûts marins dont deux de casemate et deux de batterie, armement à renouveler en quatre canons de 36 sur affuts de côte et 2 mortiers à la Gomer 12. Le rapport du colonel du génie chef de la 7e division, en date du 2 juillet 13, résumant les conclusions de la commission mixte, estime que la batterie de Portissol, qui défend les accès de la rade du Brusc au même titre que celle de La Cride, doit, comme cette dernière, être agrandie et fermée à la gorge.

Le 28 août, sur un fonds de 20.000 francs alloué par le ministre de la Guerre pour l'exécution des travaux les plus urgents des batteries de la rade du Brusc, une dépense de 1400 francs est imputée "pour prolonger sur la gauche l'épaulement de la batterie de Portissol de manière à y placer deux mortiers" 14. Ce projet est exprimé sur un plan daté du 25 mai 1812 co-signé du colonel Alexandre de Dianous (de La Perrotine), directeur des fortifications de Toulon, de Geoffroy, major du génie, sous-directeur des fortifications, et de Riouffe-Lombard, adjudant du génie15. Sur ce plan donnant les dispositions générale de la batterie et de ses annexes, on constate qu'il n'est plus proposé d'ajouter à cette batterie une tour-modèle, à la différence des trois autres batteries, dont les plans sont aussi établis à la même date. L'épaulement de Portissol forme trois pans en angle obtus face au sud, auxquels le projet propose l'ajout d'une aile latérale est formé de deux pans à angle droit (pour les deux mortiers à ajouter). Le projet propose aussi de creuser un fossé au pied de l'ensemble de l'épaulement, et de construire un mur crénelé retranchant la batterie à la gorge au nord et à l'est, en reliant entre eux deux bâtiments existant, distantes de 40 à 50m à l'arrière, d'une part le logement du personnel, ou corps de garde (au nord-est) , d'autre part, la tour circulaire qui préexistait à la construction de la batterie (au nord), utilisée comme magasin à poudre. Immédiatement au pied de la banquette de la batterie, se trouvent en outre les fourneaux à réverbère. Dans l'état estimatif associé aux plans, le colonel Dianous évalue à 5400 francs le coût des ouvrages proposés à Portissol, mais dans son apostille, il relativise la priorité des projets de la rade du Brusc 16: "...il est bien difficile de penser que cinq ou six batteries et quatre tours disséminées sur un développement de plus de six mille toises puissent s'opposer efficacement au débarquement d'une armée navale (...) qui serait mue par un intêret puissant (...) il faudrait former dans l'île des Embiez, sur les hauteurs de Portissol et de La Cride et sur celle du Cap Nègre des établissements assez considérables pour ôter à l'ennemi jusqu'a l'idée de tenter une pareille expédition, mais ne remplirait-on pas ce but d'une manière plus utile et moins dispendieuse en complétant le système des défenses immédiates de Toulon qui de ce côté sont extrêmement négligées. Si le gouvernement prenait ce parti, la rade du Brusc cesserait d'être un sujet d'intérêt et d'inquiétude et l'état actuel de ses défenses suffirait à son objet".

Le mémoire du général Campredon sur Toulon et ses dépendances, en 1814 17, programme encore une dépense de 8000 francs pour fermer la batterie de Portissol et la perfectionner, ce qui montre que les travaux projetés deux ans plus tôt restaient à exécuter. Seule l'aile latérale gauche pour les mortiers, financée dès 1812, est construite, mais ni le mur crénelé ni le fossé ne seront réalisés, comme le montre un plan masse d'état des lieux, dans un atlas des batteries de côte de 181818.

La nouvelle commission de défense des côtes constituée en 1841 19, lance un programme général de remise aux normes des batteries de côte, laissées en l'état pendant une trentaine d'années, en plaçant au premier degré d'importance celles de la presqu'île de Saint-Mandrier, mais en formulant des préconisations générales pour toutes. L’armement des batteries doit être normalisé, constitué de canons de 30 livres et d’obusiers de 22 cm en nombre égal, complété par des mortiers de 32 cm, et non plus de pièces d’artillerie hétérogènes débarquées des vaisseaux, comme dans la situation antérieure. S'agissant de Portissol, l'avis de la commission est qu'elle "sera reconstruite. Cette batterie appuyant avec celle du cap Nègre la défense de réserve de la position, est très bien située pour défendre à gauche les approches du port et de la plage de St Nazaire, au milieu et à droite les mouillages et l’entrée de la rade, en croisant ses feux avec les batteries voisines. Il faudrait l’abaisser d’environ 10 mètres en la reconstruisant à une trentaine de mètres plus en avant de l’épaulement existant et sur le bord du rivage. Le réduit de la batterie établi en arrière et sur la hauteur qui la domine serait relié au mur d’enceinte qui fermerait la gorge de la batterie. L’épaulement actuel pourrait trouver son emploi dans l’établissement des accessoires du réduit. Armement prévu 3 c de 30 et 3 ob de 22. Tour n°1 pour réduit. Classée dans le 1° degré d’importance."

Le colonel Edouard Picot, directeur des fortifications de Toulon, et le chef du génie Dautheville, bientôt remplacé par le chef de bataillon Joseph Corrèze, sont chargés, à partir de 1843, de travailler aux projets de reconstruction ou de réorganisation des ouvrages de défenses, tant forts que batteries de côte, jusqu’à Bandol. Celle de Portissol fait l'objet d'un premier projet pour 1846, chiffré à 50.000 francs, revu et corrigé pour 1847, en fonction de l'avis du comité des fortifications du 21 avril 1846. Tel que dessiné le 15 avril 1847 par le capitaine du génie Millot, sous la direction du chef du génie Corrèze, le projet pour terminer la batterie de Portissol est évalué à 48.500 francs20. Dans son apostille, le chef du génie précise qu'il a déjà lancé les travaux proposés concernant l'épaulement, pour un coût de 5000 francs, avec l'accord du directeur des fortifications, "pour donner de l'ouvrage en cette période de disette" et que, selon le plan revu, "le développement de la batterie a été réduit au strict nécessaire pour un armement de six pièces", mais en prolongeant l'épaulement "sur la gauche comme masse couvrante du réduit". Le plan du projet montre bien que, conforme à l'avis de la commission de 1841, l'épaulement ne réutilise pas celui de 1812, car il est implanté plus en avant en en contrebas, en sorte qu'il est construit à neuf. Du fait de ce déplacement "sur le bord de l'escarpement (...) la partie du pied du talus extérieur du parapet qui s'en rapprochait le plus", faisant partie des ouvrages venant d'être réalisés, "a du être soutenue par un mur". De plus, "la crête du parapet a été tenue à la cote 76, comme état la plus basse qu'il soit possible de lui donner". Le plan du nouvel épaulement est a peu près analogue à celui de l'ancien, avec trois pans, un peu plus épais et légèrement plus long, mais son aile gauche (masse couvrante ou traverse) ne forme qu'un pan. Comme dans pratiquement toutes les autres batteries de côte, un réduit de batterie de type 1846 est prévu à la gorge. A Portissol, il est placé très près de l'épaulement, ne laissant qu'un faible espace entre son fossé et la banquette de la batterie, afin de mieux assurer son défilement des tirs ennemis venus de la mer. Le chef du génie propose d'opter pour un corps de garde crénelé n° 2 (de préférence à la tour n°2 "qui avait été admise par le comité"), sans doute du fait de sa structuration moins verticale permettant de mieux la défiler en l'enfonçant moins dans le terrain, donc en limitant l'ampleur des déblais. Les deux modèles ont la même capacité de 40 hommes, et la plus forte résistance d'une tour à l'artillerie venue de la terre n'est pas justifiée sur un site escarpé comme celui de Portissol. Les bâtiments de l'ancienne batterie : four à réverbère, corps de garde, vieille tour circulaire/magasin à poudres, demeurent en place sur le site, sur la pente à l'arrière de la nouvelle.

Projets pour 1847, [...] Terminer la batterie de Portissol [plan et coupe], 1847.Projets pour 1847, [...] Terminer la batterie de Portissol [plan et coupe], 1847.

L'avis du comité de 1847 modifié selon les indications de l'inspecteur général rejette radicalement le projet en cours de réalisation. Non seulement il demande à revenir à un réduit en forme de tour n° 2, mais il change l'emplacement de l'épaulement, pourtant déjà en grande partie construit. Selon le nouveau projet redessiné pour 184821 , l'épaulement doit être reconstruit légèrement en avant (c. 10m) de celui réalisé, en créant un très important talus extérieur pour le parapet d'artillerie, et en appuyant le mur de genouillère du nouveau parapet sur le mur de soutènement de celui construit en 1847. Il n'y a plus de banquette, mais un terre-plein régnant jusqu'au fossé du réduit, et ces changements permettent "d'éloigner le réduit à la distance de 20 à 30m sans trop l'enterrer dans le flanc de la montagne". Le défilement de la tour n°2 nécessite la construction sur la droite d'un "batardeau et d'une traverse" en terre, la batterie étant fermée à la gorge, sur la gauche, par une coupure (fossé relié à celui du réduit), complétée d'un mur de gorge crénelé flanqué d'un bastionnet, entre épaulement et angle du réduit. Le chef du génie Corrèze fait observer dans son apostille que ce nouveau projet représente une augmentation de dépense de 20.100 francs par rapport au précédent, due au fait de refaire un épaulement différent de celui déjà fait, au coût ajouté des coupures, du mur crénelé, du batardeau, et au surcoût de la tour n°2 par rapport à ce qu'aurait coûté le corps de garde. Il propose ensuite "d'examiner si cette augmentation de dépense est sous tous rapports en proportion avec l'amélioration qu'elle permet d'apporter au projet primitif", et en conclut qu'l serait préférable de supprimer les coupures, les batardeaux et le mur de gorge, pour faire une économie de 9500 francs.

A la suite de ces difficultés, les projets pour terminer la batterie de Portissol sont ajournés pendant dix ans, comme ceux du fort et batterie de l'île des Embiez, qui divisent les points de vue des décideurs sur les partis à suivre, trop coûteux pour être lancés sans consensus. Le projet présenté pour 1858-1859 dessiné par le capitaine du génie Coste, sous la direction du lieutenant colonel Antoine Long, nouveau chef du génie de Toulon, en date du 20 avril 1858, évalué à 93.000 francs22, reprend à peu près à l'identique le projet de 1848, en modifiant seulement la position du réduit, placé dans un axe différent et plus proche de la batterie, ce qui limite d'autant le volume de la masse couvrante destinée à le défiler sur la gauche, réduite à une simple traverse. En réalité, si le réduit est plus proche, c'est parce que l'épaulement projeté est reculé pour utiliser et terminer celui construit en 1847.Projets pour 1858-1859. Fortifications. Terminer la batterie de Portissol. [plan et coupes] 1858.Projets pour 1858-1859. Fortifications. Terminer la batterie de Portissol. [plan et coupes] 1858.

Un nouveau dessin, différent cette fois, est proposé pour terminer la batterie de Portissol dans les projets pour 1860-1861, avec un budget abaissé à 76.000 fr, dont 59.000 seraient à dépenser sur 1860, bien que la batterie de Portissol a été classée comme de deuxième urgence par la commission de défense des côtes de 1853; il est précisé qu'elle croise ses feux avec la batterie en projet de St Pierre des Embiez, son coup extrême de gauche étant dirigé vers la batterie du Cap Nègre, et qu'on y a déjà dépensé 7650 francs depuis 1846. Dessiné par le capitaine Bugnot en date du 20 avril 186023, ce nouveau projet témoigne encore de divergences de vues entre l'inspection générale et le chef du génie de Toulon, comme le montre l'apostille de ce dernier : "M. le général inspecteur en 1859 nous a donné des instructions sur place pour le rédaction du projet (..) il a choisi lui-même la force à conserver et à prolonger en ligne droite pour y établir les six pièces dont la batterie doit être armée. Il résulte de cette disposition que la batterie ne peut atteindre aucun des points intérieurs de la baie de St Nazaire dont elle ne défend que les approches. C'est (...) un inconvénient (auquel) il est facile de remédier, il suffira pour cela d'organiser en batterie la traverse de gauche, ce qui n'augmentera pas beaucoup la dépense. M. L'inspecteur général nous avait aussi prescrit de chercher à substituer aux coupures qui assurent la fermeture à la gorge de la batterie, un mur crénelé se reliant à la tour dite le Vaisseau (la vieille tour circulaire), et à l'ancien corps de garde". On notera ici que la proposition de l'inspecteur général reprend le principe du projet de 1812, dans sa partie non réalisée. Le colonel Long poursuit son apostille : "Nos études à ce sujet ne nous ont conduit à rien de satisfaisant (...) mais nous avons un peu modifié le tracé (des coupures) afin de conserver l'ancienne batterie (de 1812) qui pourrait au besoin être armée et dont l'épaulement sert de traverse et de parados à une partie de la batterie, qu'achèvent de couvrir contre les coups de la hauteur en arrière les maçonneries de la tour-réduit et deux traverses en maçonnerie à gauche et à droite de la tour. La traverse de gauche dont l'extrémité sert de mur de profil à la grande traverse terrassée de gauche est percée d'une porte donnant entrée dans le fort au moyen d'un pont en charpente facile à détruire. La dépense totale pour achever la batterie de Portissol s'élève à (...) 76.000 francs, somme inférieure de 17.000 francs à celle portée dans les projets pour 1858-1859. Dans notre nouveau projet, la dépense des terrassements est forcément augmentée par l'abandon d'une partie de l'épaulement déjà fait (en 1847) qu'il faut rectifier pour mettre la batterie en ligne droite (...) La batterie ne devant être armée que de six pièces n'exigera que 30 canonniers, il suffira pour les loger d'une tour n° 2 réduite. Nous avons modifié le modèle-type en diminuant la largeur des chambres de manière à supprimer 10 lits (...) et réduisant de 1,60m environ la longueur de la tour. Le mur nord ne pouvant être d'aucune façon exposé aux coups de l'ennemi, nous avons diminué son épaisseur par raison d'économie (...) nous avons modifié le tracé des coupures de manière à ajouter la fermeture de la batterie à la gorge sans détruire l'ancienne batterie, ces deux coupures sont bien flanquées par le réduit, elles ont 4m de largeur moyenne au fond et sont creusées dans le roc..."

Ce projet étant à son tour ajourné en 1861, du fait de son second degré de priorité, en regard de celui des Embiez, aussi du fait de restrictions budgétaires et d'obsolescence annoncée des batteries de côte du modèle 1846, les propositions contradictoires présentées depuis quinze ans n'aboutissent finalement à rien, l'état des lieux restant celui de 1847, avec l'épaulement de la batterie de 1812, celui de 1847 inachevé, l'ancien corps de garde de 1812 et la tour circulaire, le tout abandonné. La loi du 23 juillet 1881 entraine le déclassement immédiat de la batterie de Portissol, dont le terrain remis aux domaines le 30 décembre suivant.

infrastructure remaniée du premier épaulement de batterie de 1812.infrastructure remaniée du premier épaulement de batterie de 1812.

De la seconde guerre mondiale à nos jours

Le site de Portissol ne connaît une nouvelle phase de fortification -éphémère- que durant l'occupation allemande, après septembre 1943, comme point d'appui accessoire du système défensif du Südwall. Dans ce cadre, deux casemates actives en béton parpaing de type H670 pour deux pièces de 7,5 cm SKM/97 (f) sur affut crinoline sont construites au bord même de la mer, en contrebas de l'ancienne batterie, et une pièce de 6,5 cm KM02 (f) est installée dans une cuve béton 65 mm Mle 1902. Jusque vers le milieu des années 1950, le site de l'ancienne batterie reste vierge de toute construction parasite, d'après la photographie verticale IGN de 1952. Dans l'état actuel, il est occupé par un centre de vacances sportives de l'UCPA (Union nationale des Centre sportifs de Plein Air).

DESCRIPTION

Site et implantation générale

Le site de la batterie est une éminence naturelle formant une protubérance dite du Bau Rouge, sur le flanc sud de la pointe de Portissol, laquelle marque la limite nord de la baie de Sanary, dont la pointe du Cap Nègre forme la limite sud. Ainsi placée,la batterie était en retrait entre celles de la Cride et du Cap Nègre, qui pouvaient croiser leurs tirs sans son secours, d'où son statut en second degré d'urgence stratégique. Le socle rocheux, composé pour l'essentiel de grès bigarrés aux teintes saturées dites "lie de vin" (d'où le toponyme Bau Rouge) ne forme pas une plate-forme, mais accuse une pente assez régulière dont le point culminant, à 38m d'altitude, est occupé par la vieille tour, toujours en place. L'aire intérieure de la batterie de 1812 était à 28m d'altitude, et celle de l'épaulement de la batterie de 1847 à 22m. L'ancien terrain militaire est devenu l'enclos fermé du centre UCPA, quelques bâtiments d'hébergement d'équipement, et un parking, occupant l'emplacement des épaulements.

Plan, distribution spatiale, circulations et issues, structure et mise en œuvre

Ouvrage défensif peu abouti, objet de nombreux projets avortés, la batterie de Portissol est aujourd'hui très mal conservée. Les éléments bâtis encore apparents, soit la vieille tour au point haut, et les deux casemates de 1944 au point le plus bas, témoignent des deux extrêmes de l'histoire militaire du site, l'avant et l'après de la batterie.

Néanmoins, les infrastructures des deux épaulements successifs, celui de 1812 et celui de 1847, sont encore perceptibles sur le site, et restaient bien lisibles dans les années 195024, malgré le dérasement des parapets de terre. Du premier épaulement ne reste qu'une partie limitée du mur de genouillère, sur deux ou trois assises, en partie remonté en ciment (avec plate-forme centrale de trois marches) qui matérialise la limite de l'aire de stationnement du centre UCPA, pour véhicules et embarcations attelée. La souche de l'épaulement de 1847 est plus significative, car il en subsiste l'élévation du mur de soutènement qui portait la base du talus de terre du parapet disparu. Ce mur, bien conservé sur deux côtés et un angle, est parementé en blocage de gros moellons de grès gris plus ou moins équarris et assisés, certains polygonaux, réservant des chantepleures, la chaîne d'angle comporte onze assises de pierre de taille calcaire marbrier blanc de Tourris disposées en besace. Le mur de genouillère de cet épaulement existait encore sur trois côtés en 1952 et 1958, mais l'état actuel a été perturbé par des aménagements récents.La tour, ancien magasin à poudres, vue des abords du premier épaulementLa tour, ancien magasin à poudres, vue des abords du premier épaulement Mur de soutènement de l'épaulement de 1847Mur de soutènement de l'épaulement de 1847

La vieille tour circulaire, d'un diamètre extérieur de 6m, haute d'une dizaine de mètres, légèrement tronconique, construite en blocage de pierres de tout venant revêtue d'un enduit couvrant, n'est pas un bâtiment militaire à l'origine. Elle existait déjà à la fin du XVIIe siècle, mais il est difficile de préciser, faute de preuves documentaires, s'il s'agissait d'un moulin à vent ou d'un farot (tour à signaux), tels qu'il en fut construit dans le secteur du cap Sicié ou sur l'île des Embiez au XVIe siècle. La présence de jours en fente dans la partie supérieure de l'élévation, aujourd'hui à ciel ouvert, font pencher pour la seconde hypothèse. Quoiqu'il en soit, elle comporte un local voûté (non visité) au rez-de-chaussée, le voûtement ayant favorisé, ou ayant été créé pour l'usage de magasin à poudre donné à cette tour en 1812.

Les deux casemates actives allemandes, identiques, sont construites à l'économie en parpaings non revêtus sur les flancs. Leur forme générale les rapprochent, en modèle réduit, des casemates du modèle-type M272, plus solidement bâties (exemples à la Batterie de Six-Fours) Elles ont un plan grossièrement carré, donc un volume cubique, avec deux pans coupés aux angles de la façade active rentrante, réservée à l’ouverture de tir. Cette ouverture est très large et partant du sol, à la différence d’une embrasure classique, car le canon de 7,5cm sur pivot tournant qui s’y ajustait avait son propre tablier de blindage fermant la grande baie à la manière d’une porte de garage. De part et d’autre de l’ouverture, en raccord avec les pans coupés des angles, la façade forme un ébrasement à trois ressauts propres à faire ricocher les projectiles adverses. Le couvrement central de l’ouverture est une visière à trois pans, en principe en encorbellement sur ressauts, dispositif également destiné à protéger le canon verticalement et à faire ricocher les projectiles. Ces dispositions sont aujourd'hui masquées et altérées, pour les deux casemates, par des modifications récentes rendant à refermer l'embrasure par des murs en ciment (sous les 3 pans de la visière centrale, avec porte), pour réutiliser la casemate en local technique fermé.2eme casemate active allemande type M2722eme casemate active allemande type M272

1Mémoire daté de Marseille le 26 mai 1688 , Arch. Nat. 3JJ2062Lettre du 4 décembre 1694. SHD Vincennes, 1 VH 18313Lettre de l'amiral de Vauvré du 15 avril 1695, Arch. Nat. B391 f° 674Vincennes, SHD, 1 VH 18335Vincennes, SHD, 1 VH 1835, n° 28.6Vincennes, SHD, 1 VH 1834, n° 107Vincennes, SHD, 1 VH 1833, n° 43, 1 VH 1834, n°1 et n° 10.8Vincennes, SHD, 1 VH 1838, n° 199J. Gourbin, Devant Toulon 1793 (documents inédits), Annales de la société d'études provençales, 1908, vol. 5, p. 382.10Vincennes, SHD, 1 VH 1839, n° 3011Vincennes, SHD, 1 VH 1839, n° 4112Tableau comparatif de l'armement actuel des batteries formant le système de défense de la rade du Brusc, Vincennes, SHD, 1 VH 1841, n° 3013Vincennes, SHD, 1 VH 1841, n° 2514Vincennes, SHD, 1 VH 1841 n°2515Vincennes, SHD, 1VH 184116Vincennes, SHD, 1VH 1841, n° 1717Vincennes, SHD, 1 VH 1842, n° 1, p. 5418 Toulon, SHD 4B1 1 bis19Toulon, SHD 4B1 47 n° 4420Vincennes, SHD, 1 VH 1864, art 20 du projet, feuille 3221Vincennes, SHD, 1 VH 1865, art 9 du projet, feuille 2522Vincennes, SHD, 1 VH 1870, feuille n° 1923Vincennes, SHD, 1 VH 1872, n° 1, art 14 et feuille n° 1524 D'après les photos aériennes verticales de l'IGN
Précision dénomination batterie de côte
Appellations batterie de Portissol
Dénominations batterie
Aire d'étude et canton Var
Adresse Commune : Sanary-sur-Mer
Lieu-dit : près de Portissol Pointe du Bau Rouge

La batterie de Portissol est fondée en application sur un projet d'amélioration de la défense de la rade du Brusc, défini en 1726 par Antoine Niquet, directeur des fortifications de Provence. Il s'agit d'une simple batterie ouverte construite au pied d'une tour circulaire existante. Des projets de renforcement sont proposés en 1762, et en 1777, non suivis d'effet. En 1794, son armement est passé de quatre canons de 18 à six canons de 36 sur affuts marins, et sont lancés la reconstruction de l'épaulement, la construction d'un corps de garde et d'un fourneau à réverbère, la tour existante servant de magasin à poudres. En 1812, la batterie doit être réarmée de quatre canons de 36 et de deux mortiers à la Gomer, ce qui justifie la modification de l'épaulement de batterie, objet d'un projet dessiné par Geoffroy, major du génie, sous-directeur des fortifications, et Riouffe-Lombard, adjudant du génie, sous la direction du directeur des fortifications de Toulon, le colonel Dianous. Le projet comporte aussi la construction d'un mur crénelé pour retrancher la batterie à la gorge, reliant les bâtiments existants, qui n'est pas réalisé. A partir de 1843, le colonel Edouard Picot, directeur des fortifications de Toulon, et le chef du génie Joseph Corrèze, dirigent les projets de reconstruction ou de réorganisation des forts et batteries de côte, jusqu’à Bandol. Dans ce cadre, la batterie de Portissol fait l'objet d'un projet confié au capitaine du génie Millot, en 1846 et 1847 consistant à reconstruire à neuf l'épaulement de batterie, non sur celui refait en 1812, mais en avant. Un réduit de batterie type 1846 est prévu à l'intérieur, soit un corps de garde crénelé n° 2, soit une tour n°2. Des différents entre le chef du génie et le comité des fortification en 1848 justifient un projet alternatif mais ajournent l'achèvement des ouvrages jusqu'en 1858, dont l'épaulement seul étant réalisé depuis 1847. Le projet est représenté en 1858 et en 1860 dans le souci de limiter les dépenses, avec une tour n° 2 réduite, mais il est ajourné en 1861. La batterie reste dans son état inachevé de 1847 et son déclassement est arrêté en 1881. Le site de Portissol est à nouveau fortifié durant l'occupation allemande, après septembre 1943, comme point d'appui accessoire du système défensif du Südwall. Dans ce cadre, deux casemates actives en béton parpaing de type H670 pour deux pièces de 7,5 cm SKM/97 (f) sur affut crinoline sont construites au bord même de la mer, en contrebas de l'ancienne batterie.

Période(s) Principale : 2e quart 18e siècle, 1er quart 19e siècle, 2e quart 19e siècle , daté par source
Dates 1812, daté par source
1847, daté par source
Auteur(s) Auteur : Niquet Antoine,
Antoine Niquet (vers 1640 - 1726)

Ingénieur général des fortifications de Provence, de Dauphiné, de Languedoc en 1680. En 1700, il est à Toulon où il travaille avec Vauban sur un nouveau projet d'aménagement du site : retranchement de la ville, aménagement du port et de la darse, défense de la ville avec des forts et des tours. Auteur des projets de fortification de la place de Seyne (Alpes-de-Haute-Provence) en 1690.


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ingénieur militaire, attribution par source
Auteur : Dianous de la Perrotine Alexandre de,
Alexandre de Dianous de la Perrotine

Directeur des fortifications de Toulon autour de 1812-1813.


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Auteur : Geoffroy,
Geoffroy

Major du génie, sous-directeur des fortifications de Toulon en 1812, co-auteur du projet de batterie de la Cride et de la modification de celle de Portissol (Sanary).


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Auteur : Riouffe-Lombard,
Riouffe-Lombard

Adjudant du génie à Toulon en 1812, co-auteur du projet de batterie de la Cride et de la modification de celle de Portissol (Sanary).


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ingénieur militaire, attribution par source
Auteur : Corrèze Joseph,
Joseph Corrèze

Chef du Génie à Toulon en 1845, lieutenant colonel en 1848. Collaboration ou direction de plusieurs chantiers de la place de Toulon :

- 1843-1848 : remaniement du fort Malbousquet

- 1845 : caserne du Pas de la Masque

- 1846 : remaniement du fort Lamalgue

- 1844-1848 : batterie de la Carraque et fort de la Croix des Signaux

- 1846-1849 : remaniement de la batterie basse du Cap Brun et de la batterie de la Cride

- 1861 : 2e enceinte de Toulon


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ingénieur militaire, attribution par source
Auteur : Millot,
Millot

Capitaine du Génie. En poste à Toulon dans la première moitié du 19e siècle.

Auteur des projets des batteries de la Cride et de Portissol (Sanary) en 1847.


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ingénieur militaire, attribution par source

Ouvrage défensif peu abouti, objet de nombreux projets avortés, la batterie de Portissol est aujourd'hui très mal conservée. Les éléments bâtis encore apparents, soit la vieille tour préexistante au point haut, et les deux casemates de 1944 au point le plus bas, témoignent des deux extrêmes de l'histoire militaire du site, l'avant et l'après de la batterie. Les infrastructures des deux épaulements successifs, celui de 1812 et celui de 1847, sont encore perceptibles sur le site, plus particulièrement la souche du second, dont subsiste l'élévation du mur de soutènement qui portait la base du talus de terre du parapet disparu. Il est parementé en blocage de gros moellons de grès gris, réservant des chantepleures, avec chaîne d'angle de pierre de taille calcaire marbrier blanc de Tourris disposées en besace. La vieille tour circulaire, d'un diamètre extérieur de 6m, haute d'une dizaine de mètres, légèrement tronconique, construite en blocage de pierres de tout venant, n'est pas un bâtiment militaire à l'origine, mais peut-être un farot (tour à signaux).

Les deux casemates actives allemandes, identiques, sont construites à l'économie en parpaings non revêtus sur les flancs. Leur forme générale les rapprochent, en modèle réduit, des casemates du modèle-type M272 : volume cubique, avec deux pans coupés, façade active rentrante réservée à l’ouverture de tir, formant ébrasement à trois ressauts propres à faire ricocher les projectiles adverses, sous visière à trois pans. Leur état actuel est remanié, pour utilisation comme local technique.

Murs pierre moellon parement
calcaire marbrier pierre de taille parement
béton béton armé
Typologies batterie ouverte
États conservations vestiges

Intérêt patrimonial faible.

Statut de la propriété propriété d'un organisme professionnel

Références documentaires

Documents d'archives
  • Mémoire pour servir au projet général des fortifications de la ville de Toulon, des forts et des batteries retranchées qui en dépendent... 8 janvier 1764. Service Historique de la Défense, Vincennes : Art. 8 sect 1 carton 4 (1 VH 1834).

  • Direction des places des départements du Var et des Bouches-du-Rhône, dépenses à engager pour mettre les batteries de la côte dans un état de défense désirable, 1791. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1 VH 1838, n° 19.

  • Tableau comparatif de l'armement actuel des batteries formant le système de défense de la rade du Brusc, 3 mai 1812. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1 VH 1841, n° 30.

Documents figurés
  • Carte des rade de la ville de Toulon et du Brusq avec les environs. [1762]. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1 VH 1833 n°34.

  • Plan et profils de la batterie de Portissol, relatifs au projet rédigé d'après les bases posées par la commission réunie en vertu de la lettre de S Ex le ministre de la guerre du 27 mars 1812. / Dessin aquarellé, signé Riouffe-Lombard adjudant du Génie et Geoffroy major du Génie, sous la direction de Dianous de la Perrotine directeur des fortification, Toulon, le 25 mai 1812.

  • [Plan masse de la batterie de Portissol] / Dessin aquarellé, 1818. Service Historique de la Défense, Toulon : 4 B1 bis.

  • Projets pour 1847, fortifications, article 20 : Terminer la batterie de Portissol [plan et coupe]. / Dessin aquarellé, par le capitaine du Genie Millot sous la direction du lieutenant colonel chef du génie Corrèze à Toulon le 15 avril 1847. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH 1864.

  • Projets pour 1848, fortifications, article 9 : Construire la batterie de Portissol. Dessin aquarellé, fait sous la direction du lieutenant colonel chef du génie Joseph Corrèze à Toulon le 15 avril 1847. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH1865.

  • Projets pour 1858-1859. Fortifications. Terminer la batterie de Portissol. [plan et coupes]. Dessin aquarellé, par le capitaine du Génie Coste sous la direction du lieutenant colonel Antoine Long, 20 avril 1858. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1 VH 1870, feuille 19.

  • Projets pour 1860-1861. Fortifications. Terminer la batterie de Portissol. / Dessin aquarellé, par le capitaine du Génie Bugnot, 20 avril 1860. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1 VH 1872, n° 1, art 14 et feuille n° 15.

Bibliographie
  • GOURBIN, J, Devant Toulon 1793 (documents inédits). Dans : Annales de la société d'études provençales, 1908, vol. 5.

    p. 382.
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