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batterie de côte de la Cride

Dossier IA83003100 réalisé en 2017

Fiche

Historique et typologie générale

Les projets de l'Ancien Régime pour la protection de la rade de Toulon

Lorsque Vauban, commissaire général des fortifications, fait sa première tournée à Toulon en 1679, seule la petite rade et son débouché sur la grande rade étaient défendus par des ouvrages pérennes de défense côtière. Si la mise en défense de la presqu’île de Saint-Mandrier, au sud de la grande rade, n’est planifiée qu'en 1695, pour prévenir une croisière anglaise en Méditerranée, dès l’année précédente, Vauban avait considéré la nécessité de défendre les rades les plus voisines, et en particulier, à l’ouest, la rade du Brusc.

Dans un mémoire sur la protection des rades entre Marseille et Toulon daté de décembre 16941 , il fait allusion sommairement, pour cette rade, à un principe de défense appuyé sur des batteries de côte, esquissé par son collaborateur et relai local Antoine Niquet directeur des fortifications de Provence : «Ce qui est proposé pour cette rade n’est pas mal, il n’y a qu’à disposer les batteries de manière qu’elles puissent voir toute l’estendue de la rade, les asseurer par un bon retranchement, et y mettre deux fois autant de gros canons que de mortiers » Rien n’est encore lancé le 30 mars 1695, date à laquelle Louis XIV charge le maréchal de Tourville, lieutenant-général des armées navales, vice-amiral du Levant, du commandement des côtes de Marseille à Toulon, devant la menace de croisière anglaise de l’amiral Russel.

Le projet de mise en état de défense opérationnel conçu par Antoine Niquet dès le 22 mars 1695, dans un mémoire sur l'état des batteries à faire et à réparer sur la côte des rades de Toulon, assorti d’une carte2, ne s’étend pas, vers l’ouest, au-delà du pourtour de la presqu’île de Saint-Mandrier et des abords de l’isthme des Sablettes. La question de la défense de la rade du Brusc reste du ressort de Tourville, qui y fait une tournée, et confirme l’importance d’y interdire le mouillage aux ennemis, qui pourraient de ce secteur intercepter les galères circulant entre Toulon et Marseille. Pour couvrir la rade, il propose trois batteries armées d’un mortier et deux canons de 24 livres, au cap de La Cride, au cap Nègre et sur l’île des Embiez. Si les batteries de la presqu’île de Saint-Mandrier, construites par un entrepreneur sous l’autorité de Niquet et selon ses plans, l’exécution de celles de la rade du Brusc est déléguée aux consuls de Sanary et de Six-Fours, et leur garnison est recrutée dans ces deux localités au titre des milices garde-côtes. Ouvrages de temps de crise vite réalisés, de construction sans doute sommaire, sans retranchements ou édifices maçonnés complexes, ces batteries sont achevées fin mai 1695.

En 1715, la paix revenue, ces batteries sont désarmées, et, dix ans plus tard, en 1726, Antoine Niquet songe à améliorer la défense de la rade du Brusc, ce qu’il exprime sur une carte légendée. Il y est écrit que La pointe de la Cride peut être retranchée facilement étant comme une presqu’île, ce qui signifie que la batterie sommaire qui y existait n’était effectivement pas retranchée à la gorge, et ne pouvait être qu’améliorée. Les trois batteries peinant à croiser leurs feux du fait de leur espacement, il en propose deux autres, une à Portissol, au pied d’une tour existante, une autre à l’île de Rouveaux (au large de l’île des Embiez).

On ignore ce qui a été réalisé à la suite, car les différents mémoires consacrés à la défense de la rade de Toulon par les batteries de côte, notamment par François Milet de Monville, directeur des fortifications de Provence, ne concernent pas les batteries de la rade du Brusc et s’arrêtent, à l’ouest, à celles de Fabrégas et du Bau Rouge. Pour autant, on peut admettre que ces batteries, pérennisées, avaient dû être mises aux normes selon les principes énoncés en mars 1768 par le sous-brigadier du génie Louis d’Aguillon dans la partie de son Mémoire sur la ville de Toulon3 intitulé « réflexions générales sur les batteries » ; il constate que presque toutes sont à barbette et dans un très mauvais état, que lorsqu’il est question de les armer, on est obligé d’en former les plates formes en madrier de chêne posées sur des corps morts enterrés. Pour les batteries de la rade de Toulon, il propose de remplacer ces aménagements sujets à se ruiner par des structures maçonnées, munies d’un parapet d’artillerie protégeant les servants, les batteries doivent être retranchées à la gorge par un mur et un fossé, être munies d’un petit magasin à poudres, un magasin d’artillerie et un corps de garde. Ces préconisations valent sans doute aussi pour les batteries de la rade du Brusc.

Un mémoire du 6 octobre 1777 signé du sieur d'Optère4 évoque les amélioration jugées nécessaires à apporter aux batteries de la rade du Brusc, au nombre desquelles :"rétablir de préférence les batteries de Portissol et du Cap de La Cride, qui défendent l'entrée de la rade, leur emplacement étant fort élevé, on doit les construire à barbette et de manière à contenir chacune 8 pièces de gros calibre et deux mortiers (...) du côté des terres on fermera leur gorge par un bon retranchement assez fort pour obliger l'ennemi de débarquer du canon pour les forcer, et assez spacieux pour qu'on puisse intérieurement y placer les magasins et logements nécessaires au service de ces batteries."

Les travaux révolutionnaires

A la période révolutionnaire, en 1791, la direction des places des départements du Var et des Bouches du Rhône définit les dépenses à engager pour mettre les batteries de la côte dans un état de défense désirable. La liste indique pour la batterie de La Cride une dépense de 150 livres pour les réparations de l'existant, et de 2400 livres pour lui donner le degré de force nécessaire5. Après la reprise de Toulon aux anglais par les républicains en 1793, de nouveaux rapports et projets sur la défense des côtes nous renseignent sur l’état de la batterie de la Cride, plus élaborée et pérenne qu’un siècle plus tôt. Le rapport sur la force des batteries de la rade du Brusc dressé le 18 prairial an 2 (6 juin 1794) par quatre commissaires nommés par le ci-devant pouvoir exécutif, indique, dans la colonne donnant l'état existant, pour le poste de la Cride, un armement de quatre canons de 24. La colonne relative à la force projetée prévoit de l'armer de six canons de 36 (livres), d'un mortier et de l'équiper d'un four à caisse6.

Une Commission du septième arrondissement des arrondissement des côtes, comprises entre Marseille et Savone est créée par arrêté du Comité de salut public le 23 brumaire An 2. Le rapport d’un des experts nommé pour examiner l’état de situation des batteries de la rade du Brusc, alors sous la surveillance du citoyen Sarrette, lieutenant d’artillerie de marine, comporte une description de la batterie de La Cride, après son réarmement, soit vers la fin de 1794. Elle est armée de six canons de 36 livres, sur affuts marins, placés sur un épaulement à barbette, la plate-forme, comme dans le cas d’autres batteries regardant le large, sur la presqu’ile de Saint-Mandrier, et en briques, posées de chant et, pour partie, de pierres de taille. Elle est équipée d’un corps de logis à deux corps de garde (pour les canonniers et les volontaires) et d’une caserne pour quarante hommes. Il s’y trouve également un fourneau à réverbère, pour chauffer les boulets pour le tir à boulets rouges. Le mur d’enceinte fermant la batterie à la gorge est en pierres sèches, et laisse à l’extérieur le magasin à poudre. Le service de cette batterie est assuré par trente deux canonniers, de la compagnie de Sanary, commandés par un lieutenant, un caporal et quatre volontaires du bataillon n°5 des Basses Alpes. Deux ans plus tard, la plate-forme est à réparer, l'épaulement à finir, et il et proposé de reconstruire un magasin à poudre dans l’enceinte de la batterie, pour une dépense de 1200 livres7.

La tour-modèle de 1812

En 1811, Napoléon valide les propositions du comité général des fortifications organisant à sa demande un projet général de mise en défense des côtes à l'échelle du territoire de l'Empire, jusqu'aux Pays-Bas au nord, et jusqu'à l'Italie et la Dalmatie au sud-est. Le programme définit et fixe des modules architecturaux normalisés pour les batteries de côte, et en particulier, pour les réduits de batteries. Ces réduits, en forme de tour cubique voûtée à l'épreuve, inspirées de celles bâties en 1801, lors de la campagne d'Egypte, pour défendre la place conquise du Caire, constituent des “tours-modèles” incluant tous les locaux de service de la batterie : en soubassement : magasin à poudre, magasin d’artillerie, réserve de vivres, citerne; à l'étage, logements de la garnison, et plate-forme d'artillerie en couronnement. Les tours-modèle sont retranchées et en partie défilée par un fossé, franchi par un pont dormant avec pont-levis. Cinq tailles de tours sont prévues, les trois premiers seuls casematés : n°1 pour 60 hommes; n°2 pour 30 hommes; n°3 pour 18 hommes. Cent soixante de ces tours devaient être construites sur l'ensemble du littoral, dans un délai de dix ans, dont à peine plus d'une dizaine a été réalisée8.

Cinquante quatre de ces tours étaient prévues sur les côtes de la Méditerranée. Sept d'entre elles devaient être réparties d'ouest en est entre Sanary (île des Embiez) et la presqu'île de Giens, augmentée de quatre autres sur les îles d'Hyères. Dans la presqu'île de Saint-Mandrier sont proposés en 18119, au sud une "tour n° 3" entre la plage des Génois et la batterie de Maregau, et d'une "tour n° 2", au-dessus du Cap Cépet et de sa batterie ; en 1812, est proposée en plus une tour n° 2 sur la hauteur de Saint-Elme. Le programme de principe annoncé dans le rapport de la séance du comité central des fortifications du 11 avril 1812 planifie la construction de six tours modèles pour la place de Toulon, réparties d’ouest en est entre l’île des Embiez et Carqueiranne; l'une d'elles -la seule prévue du type n°1, est proposée à l'appui de la batterie de la Caraque, toujours dans la presqu’île de Saint Mandrier, et doit être construite en 1813. Cette tour, sur la hauteur de la Croix des Signaux, sera la seule effectivement construite. Pour la rade du Brusc, entre Bandol et les Embiez, l’amiral Emériau, préfet maritime, juge indispensable le renforcement des batteries de La Cride, de Portissol et de Saint-Pierre des Embiez, destinées à être armées chacune de cinq ou six canons de 36 livres et un ou deux mortiers. Il est proposé de les compléter d’un réduit de type tour n° 1; une note du 27 mars 1812 précise «Il est très important de commencer les deux tours n°1 des batteries de la Cride et de St Pierre des Embiez ». Le plan de projet de La Cride, établi sous l’autorité colonel Alexandre de Dianous (de La Perrotine), directeur des fortifications de Toulon, daté du 25 mai 1812, est signé de Geoffroy, major du génie, sous-directeur des fortifications, et de Riouffe-Lombard, adjudant du génie. Ce plan montre, de l’état existant, l’épaulement ou banquette d’artillerie de la batterie, de plan en fer à cheval, face au large, avec, à l’arrière, un fourneau à réverbère et un bâtiment de logemens et magasin à poudre, et, plus à l’arrière encore, en dehors du fossé de retranchement creusé sur l’étranglement du cap formant presqu’île, l’ancien magasin à poudre abandonné.

Plan de la batterie de la Cride et profil de la tour à y établir [...] 1812.Plan de la batterie de la Cride et profil de la tour à y établir [...] 1812.

Le plan de l’enceinte incorporant étroitement le bâtiment principal et retranchant la batterie est lavé en jaune sur ce plan, ce qui indique qu’il s’agit d’un projet, différent de l’état existant ; il s’agit d’un mur maigre décrivant un plan en trapèze flanqué aux angles de quatre demi-bastionnets, le front d’entrée formant une sorte de tenaille avec porte à pont-levis au centre, couverte d’une petite traverse à l’intérieur de l’enceinte. La tour-modèle n°1 est projetée à l’extérieur de l’enceinte retranchée de la batterie, en vis-à-vis de sa porte, en position légèrement dominante, en sorte que la porte de la tour fait face à celle de la batterie. Un mur-parapet rectiligne est prévu dans l’axe de la contrescarpe du fossé de la tour, côté de l’entrée, pour procurer un premier barrage à l’accès à la batterie. La planche du projet donne en détail la coupe de la tour-modèle. Une mention marginale sur le plan précise : « on a dépensé 7000 livres », attestant de la réalisation au moins partielle du projet. Le 28 aout 1812, sur un fonds de 20.000 francs alloué par le ministre de la Guerre pour l'exécution des travaux les plus urgents des batteries de la rade du Brusc, une dépense de 8000 francs est imputée "pour achever l'épaulement commencé à la batterie de la Cride, destiné à couvrir le fourneau à réverbère, prolonger sur la gauche l'épaulement de cette batterie de manière à y placer une pièce de plus & pour la fermer par un mur crénelé & perfectionner la coupure de sa gorge" 10.

A la chute de l’Empire, les travaux entrepris sur les batteries de côte sont suspendus, et les garnisons et les pièces d’artilleries sont supprimées. Une inspection de ces batteries de côtes, accompagnée des plans d'atlas, est conduite en 181811; la batterie de la Cride est décrite comme bénéficiant d’une position avantageuse inaccessible dans la majeure partie de son développement, limitée par la mer qui bat le pied des rochers escarpés et inabordables … ne peut être abordée que par la gorge qui présente un étranglement très favorable à la défense le plan montre que la tour modèle n’a fait l’objet d’aucun début d’exécution, et donne le détail des dispositions de la batterie et de son enceinte : elles se rapprochent de celles figurant au projet de 1812, avec de notables différences, aboutissant à un plan beaucoup plus asymétrique : l’épaulement ou parapet de la batterie conserve son plan en fer-à-cheval d’origine, avec une branche ou flanc droit (nord, vers Bandol) très limité, sans banquette d’artillerie, prolongé en simple masque couvrant le four à réverbère (signalé comme semi ruiné en 1818), tandis que la banquette du flanc gauche (sud) peut accueillir plusieurs pièces, tirant vers la rade du Brusc. Le long côté nord de l’enceinte est formé d’un mur crénelé à deux demi-bastions à angle de capitale aigu, plus grands que prévus en 1812, en proportion de la courtine. Cette courtine est seule non crénelée, car elle se confond avec un grand côté du bâtiment préexistant, à la fois caserne, magasin et corps de garde, alors que dans le projet de 1812, ce bâtiment était isolé dans l’enceinte. Le front d’entrée, étroit, en tenaille, non crénelé, avec sa porte centrée, son fossé, est conforme au projet de 1812, y compris la traverse parados derrière la porte, mais sans le pont-levis, non réalisé. C’est le front latéral sud de l’enceinte qui diffère le plus du projet de 1812 ; il n’est composé, après la saillie en angle aigu de l’épi ou pseudo bastion participant du front d’entrée en tenaille, que d’un long mur rectiligne non crénelé dont l’extrémité ouest se retourne à angle droit pour joindre le flanc sud de l’épaulement de batterie. Le plan montre que ce mur d’enceinte était « remparé », soit bordé d’une banquette de terre vers l’intérieur, portant le chemin de ronde d’infanterie qui desservait le crénelage.

[Etat des lieux de la batterie de la Cride] 1818.[Etat des lieux de la batterie de la Cride] 1818.

La tour crénelée type 1846

Comme la plupart des autres batteries de côte de la rade de Toulon et de celle du Brusc, la batterie de La Cride est laissée en l’état pendant plus d'un quart de siècle. La nouvelle commission de défense des côtes, en 184112, lance un programme général de remise aux normes des batteries de côte, en plaçant au premier degré d'importance, dans la presqu'île de Saint-Mandrier, celles de Saint-Elme et de La Carraque, mais en formulant des préconisations générales pour toutes. L’armement des batteries doit être normalisé, constitué de canons de 30 livres et d’obusiers de 22 cm en nombre égal, complété par des mortiers de 32 cm, et non plus de pièces d’artillerie hétérogènes débarquées des vaisseaux, comme dans la situation antérieure.

Le colonel Edouard Picot, directeur des fortifications de Toulon, et le chef du génie Dautheville, bientôt remplacé par le chef de bataillon Joseph Corrèze, sont chargés, à partir de 1843, de travailler aux projets de reconstruction ou de réorganisation des ouvrages de défenses, tant forts que batteries de côte, jusqu’à Bandol. Celle de La Cride fait l'objet d'un premier projet avec début d’exécution 1846, avec une dépense estimée de 57.000 fr, somme considérable, signé par le colonel du génie Huard, également auteur du projet de la batterie du Cap Nègre. Ce projet de la Cride comporte la construction d'un réduit prenant la forme d'une tour crénelée type 1846 n°2 pour 40 hommes, capacité correspondant au service d'une batterie de huit à neuf pièces (quatre canons de 30, quatre obusiers de 22 et un mortier). La tour coûte à elle seule 40.000 fr. Le projet est redessiné de façon définitive en avril 1847 par le capitaine du génie Millot, pour un budget de 60.500 fr, en tenant compte des indications du comité des fortifications13, qui voulait que la tour soit plus près de la gorge de l’épaulement de batterie assurant son défilement du côté du large. Compte tenu de l’exiguïté de l’enceinte, le chef du génie Corrèze précise dans son apostille, en 1847 : « on a rentré autant qu’on a pu la tour n° 2, mais sans pouvoir la faire pénétrer à l’intérieur même de la batterie, vu que la forme du terrain ne permet pas d’ouvrir suffisamment pour cela les deux branches nord et sud de l’épaulement ». On se souvient que le projet de tour-modèle de 1812, d’échelle comparable, était hors enceinte. L’apostille donne d’autres précisions : « la terrasse de la tour est tenue au niveau de la crête des épaulements qui la couvrent du nord-ouest au sud (…) les épaulements ont été massés ou répaissis au moyen des déblais de l’emplacement de la tour, qui sont aujourd’hui presque terminés ».

Le plan du projet montre que l’épaulement en fer à cheval d’origine a été conservé et adapté, en l’évasant et en l’élargissant un peu (et en supprimant l’ancien four à boulets), la tour étant située à sa gorge, enveloppée d’un fossé d’une largeur minimum. La branche ou flanc sud de l’épaulement, toujours plus développée que celui du nord, forme un redan enveloppant en partie le long mur sud de l’enceinte, et défilant la tour de ce côté. Six pièces sont réparties du côté gauche, contre deux du côté droit. De l’enceinte de 1812 est conservé le front d’entrée et la partie attenante des fronts latéraux, mais le tracé bastionné du front nord est entièrement supprimé, pour créer un large redan en saillie, crénelé, à la place de la courtine, du flanc et d’une partie des faces des demi-bastions, afin d’élargir l’aire intérieure de l’enceinte dans des proportions permettant d’y inclure la tour n°2. Celle-ci remplace évidemment l’ancien bâtiment, préalablement rasé. Du demi-bastion nord-ouest subsiste l’angle aigu, auquel s’adosse la branche nord élargie de l’épaulement. Le mémoire sur les travaux de l’exercice 184814, comporte l’achèvement de la batterie de la Cride, assorti d’un plan montrant l’état d’avancement des travaux, pour un budget résiduel de 34.500 fr. Il y est précisé que « le réduit de cette batterie est aujourd’hui élevé jusqu’aux voûtes de la terrasse (…) la feuille de dessin ne le porte que comme arrivé au sol de l’étage parce que c’est là qu’il en était au 31 Xbre 1847. Les parapets de la batterie sont massés, il reste à les régler et à construire le mur de genouillère ainsi que celui de gorge ». La coupe de la tour-réduit montre que le parapet de sa plate-forme supérieur est prévu plus haut du côté est, vers l’entrée de la batterie, côté dominé par le terrain naturel. La réalisation ne tiendra pas compte de cette proposition. La fourniture et la mise en place des pont-levis des différentes batteries du secteur fait l’objet d’un marché groupé mais divers ajustements et réglages en retardent l’installation. Le récapitulatif des travaux exécutés arrêté en 1856 monte à la somme de 56 807 f. , à quoi il faut ajouter le coût des plates-formes d’assise des bouches à feu, qui ne sont réalisées qu’a partir de 1862.

Projets pour 1848. Plan pour l'achèvement de la batterie de la Cride. 1848Projets pour 1848. Plan pour l'achèvement de la batterie de la Cride. 1848Projets pour 1848. Plan pour l'achèvement de la batterie de la Cride. [détail de la coupe du réduit, tour n° 2].Projets pour 1848. Plan pour l'achèvement de la batterie de la Cride. [détail de la coupe du réduit, tour n° 2].

Le rapport de la Commission mixte de révision de la défense du littoral dans le 5è arrondissement maritime de 187315,relève que l’armement en place est alors constitué de huit canons de 30 livres rayés et d’un mortier de 22 cm. L’évolution radicale des armements, en termes de portée des tirs et de précision à l’impact, du notamment à l’artillerie rayée, rend obsolète les pièces pour lesquelles les batteries de la génération 1846 étaient conçues. Les rapporteurs considèrent que les batteries dispersées, pourraient être avantageusement remplacées par de fortes batteries de hauteur. Le projet d’un fort au point haut de l’île des Embiez ayant avorté, la défense à longue portée des rades de Bandol et du Brusc, entre Bandol et les Embiez, est désormais concentrée sur un nouveau fort de hauteur, assurant à la fois une défense terrestre ; projeté et réalisé à l’emplacement de l’ancien château de Six-Fours. L’armement signalé à la Cride sur l’atlas des batteries de côte de 1881 ne compte plus que quatre canons de 30 livres, deux sur chaque branche.

Le poste photo-électrique

Déclassée en 1889 comme celle du Cap Nègre et désarmée, la batterie connait une réutilisation en 1911, dans le cadre du plan d'éclairage défensif du front de mer de Toulon, comme poste photo-électrique. En plus des batteries, la défense du front de mer avait développé dès la fin du XIXe siècle un autre moyen d’action fixe, des lignes de torpilles immergées, soit des mines dont la mise de feu électrique est dirigée et commandée depuis la terre. Un ensemble de postes d’observation optique et de commande électrique ont alors été implantés autour de la rade, et perfectionné au tournant du siècle par des projecteurs permettant de fouiller la nuit pour débusquer d’éventuels navires ennemis. La batterie basse du cap Brun, à l’est de la rade de Toulon, qui comporte aussi un corps de garde crénelé type 1846 (en l'occurrence, un n°1), offre un bon exemple de ce type d'infrastructure, réalisée en 1905-1907, sans se substituer à la batterie proprement dite, maintenue en fonction et actualisée. La batterie de Mord'huy, sur la presqu’île de Saint Mandrier, connaît la même reconversion que celle de la Cride, dès 1904 : il n’est pas question de réarmer l’ancienne batterie mais de l’adapter au service du projecteur. Dans ce cadre, le corps de garde de Mord’huy et la tour n°2 de La Cride sont conservés, au prix de différentes adaptations. Les équipements à intégrer au site sont le poste de combat, le poste de commande et les espaces de production d’énergie. Le projet, rédigé par la direction des Travaux hydrauliques de la marine en novembre 1911, est approuvé le 11 décembre 1911. Dans l’état donné par le plan d’aménagement de 1911, la forme de l’épaulement de batterie parait modifié par rapport à l’état réalisé en 1848 donné par le plan de 1881 et par un autre plan d’atlas des années 1870 : moins ajustée au sud à celle de l’épaulement hérité de la vieille batterie, elle ne forme plus un fer-à-cheval régulier, et la branche sud, plus longue n’adopte plus un tracé brisé, mais s’appuie directement sur toute la longueur de l’ancien mur d’enceinte rectiligne sud de la batterie.[Plans et coupes de l'aménagement de la batterie de la Cride en poste photo-electrique] 1911[Plans et coupes de l'aménagement de la batterie de la Cride en poste photo-electrique] 1911

Le poste de combat, en front de mer, en avant et au pied du front curviligne de l’épaulement, couvert en tôle, accueille le projecteur lorsqu’il est activé la nuit. Le jour, le feu est retiré en arrière dans un poste de repos, passant par une tranchée rectiligne, longue d'une vingtaine de mètres, qui traverse l'épaulement en tunnel, et l’aire intérieure de l’ancienne batterie en partie à ciel ouvert. Cette tranchée se prolonge dans le même axe au-delà de l’abri de jour, pour se brancher dans le fossé de la tour, qui est le point de départ du dispositif. Une voie ferrée est établie dans la tranchée entre abri de jour et abri de combat, avec plaque de rotation à angle droit au droit de l’abri de jour, qui forme une niche de garage latérale. Le service du projecteur est dirigé depuis un poste de commande établi sur la plate-forme de la tour n° 2, en surélévation dans l’angle sud-ouest. L’énergie électrique est produite par un groupe électrogène de type Diesel, est installé dans la casemate souterraine ouest de la tour, ancien magasin à poudres, ce qui nécessite le percement d’une porte de service dans le mur ouest, donnant sur le fossé, face à la tranchée d’accès au projecteur. Le refroidissement du générateur est assuré par un circuit à eau de mer, dont les cuves sont situées près de l’épaulement nord de la batterie.

Adjugés à l’entreprise Philippot le 11 septembre 191216, les travaux doivent s’adapter en cours de chantier à une modification de programme déterminée par la décision d’équiper le poste, non d’un, mais de deux groupes électrogènes (GE Diesel-Polard de 20 kW, soit 100 V à 200 A). L’aménagement d’une salle des machines plus vaste justifie la suppression de la voûte entre rez-de-chaussée et souterrain, pour fusionner ces deux niveaux dans la travée ouest, et la modification des anciens créneaux et jours des casemates, transformées en fenêtres. La porte percée à l’ouest sur le fossé, face à la tranchée, est réalisée plus large (2,6 m) pour permettre la manutention des volants d’inertie. La cuve de stockage du carburant, ou magasin à mazout, initialement prévue dans la casemate, est installée dans le fossé ouest, qu’elle bouche, à côté de cette porte. Les autres casemates de la tour de 1848 gardent une utilisation proche de celle qu’elles avaient du temps de la batterie, notamment pour le couchage du personnel ou casernement ou l’usage de magasin; un poste téléphone est aménagé dans une casemate du sous-sol.

La batterie haute

Durant l’entre-deux guerres, la Marine installe une nouvelle batterie d’artillerie principale de trois canons de 138 mm à La Cride, dite batterie haute de La Cride, au nord-est et au-dessus de l’ancienne batterie, elle-même réaménagée pour recevoir une batterie d’artillerie légère de 3 pièces de 95 mm. A l’armistice du 25 juin 1940, les comptes-rendus adressés à la sous-commission navale franco-italienne font état sur le site de La Cride de trois canons de 95 mm et 600 obus, deux mitrailleuses et 8000 projectiles, deux fusils mitrailleurs et 16000 cartouches, cinquante fusils et 5000 cartouches, 10 revolvers et 600 cartouches. En septembre 1943, à la fin de l’occupation italienne, la batterie de 95, en état, est équipée de deux projecteurs de 150 cm, un Bréguet et un Sautter Harlé, l’un des deux installé à l’extérieur et en avant de la batterie basse, avec abri de jour dans l’angle nord-est de l’enceinte, près de la porte. Prise en charge à la suite par les unités allemandes, la double batterie de la Cride est intégrée à leur système défensif sous l’appellation Stp Tor 038W. Les marins allemands de la 8/MAA 682 arment les trois pièces de 138 mm de la batterie haute, modèle 1910, sur affût C modèle 1919-24, sous masques d’acier, installées dans des cuves bétonnées de 9m de diamètre, et les trois canons de 95 mm de la batterie basse, montés sur affût C modèle 1904, sous masque d’acier, installés sur des plate-formes bétonnées BE modèle 1892-27. Le tout est desservi fin septembre 1943 par un effectif de 113 hommes. La défense rapprochée est assurée par deux pièces de 20mm flak 38, deux canons antichar de 25 mm pak 112, treize MG, dont 10 françaises. La batterie haute comporte deux postes de direction de tir, communs à la batterie de 340 du cap Cépet, que les allemands réutilisent et adaptent. Les tirs de la batterie basse sont commandés depuis le poste de direction construit en 1912 sur la tour pour le projecteur. L’abri du projecteur est utilisé par les allemands pour le stockage des munitions17 ce qui n’empêche pas le maintient en fonction des deux projecteurs français restés en place. Dès la fin de 1943, les allemands déclassent les trois pièces de 950 mm de la batterie basse, jugées inutiles. En mai 1944, les allemands projettent de construire trois casemates blindées en béton de type M 272 pour y placer les pièces de 138mm de la batterie haute, en décalé des cuves existantes, et un poste de commandement (leitstand) un peu en contrebas sur la pente, entre les deux batteries, mais ce projet n'est pas exécuté. Le 25 juillet 1944, le site de la Cride est occupé par 108 marins et 21 sous-officiers allemands sous la direction d’un Kapitänlieutenant. Les 12 et 14 août, elle subit des bombardements américains intensifs (86 tonnes de bombes), qui affectent peu le bâti de l’ancienne batterie et pratiquement pas la tour (hormis des brèches dans le parapet) et, le 20 août, une canonnade de 70 coups de 152 mm, tout ceci ne parvenant pourtant pas à neutraliser l’artillerie en place. La reddition intervient le 24 août, après que le Kapitänlieutenant ait fait saborder les pièces de 138 mm et de 95mm. Le bilan fait à la Libération montre que le projecteur Bréguet avait aussi été sabordé, mais que le projecteur Sautter Harlé et la machinerie des groupes électrogènes étaient en état. L’ouvrage est abandonné à la suite.

Description

Site et implantation générale

Dans l’état actuel, seule la batterie basse, restaurée de 2013 à 201618 , est accessible et conservée. De la batterie haute créée avant la seconde guerre mondiale, ne restent que les trois cuves dans les jardins de villas privées, deux d’entre elles transformées en piscine. La batterie basse occupe la pointe du cap de la Cride, détachée en presqu’île un étranglement naturel du socle rocheux formant une petite crique au nord. La banquette de l’épaulement de la batterie proprement dite, aujourd’hui détruite, régnait à une altitude moyenne d’un peu plus de 11m, le parapet 1, 50m plus haut, la crête du parapet crénelé de la tour réduit crénelé culminant à 14,60m, le fond de son fossé étant à 4,70m.Dominée à l’est par le pendage du terrain naturel du cap, la batterie est desservie par un chemin assez rectiligne partant de la route côtière, chemin aujourd’hui détourné en chicane pour contourner une usine de traitement des eaux installée à mi-distance.

Plan, distribution spatiale, circulations et issues, structure et mise en œuvre

Dans l'état actuel des lieux, la tour crénelée type 1846 n° 2, construite en 1847-1848 et remaniée en 1912, et l’enceinte de 1812, agrandie en 1847 pour envelopper la tour, sont les principaux restes de la batterie, dont l'ancien épaulement, traversé d’un cheminement tardif à l’ouest/sud-ouest, est dégradé et aplani au point d'avoir pratiquement disparu. Un plan de la batterie pendant la seconde guerre montre qu’il était déjà dégradé dans ses contours à cette époque. Deux des trois emplacements des pièces de 93 mm indiqués sur ce plan sont encore reconnaissables, mais nullement mis en valeur. La restauration récente a privilégié l’aspect de l’enceinte et de la tour de la batterie tels qu’elles étaient après les travaux de 1846-1848, en supprimant une partie des réaménagements de 1912 liés au poste optique, notamment le poste de commande maçonné qui était conservé, en assez mauvais état, sur un angle de la plate-forme de la tour. L’ancien magasin à mazout, dans le fossé, entièrement ruiné, n’a pas été restauré.

Vue intérieure de la batterie, le réduit et l'enceinte de gorge vus de l'ancien épaulement.Vue intérieure de la batterie, le réduit et l'enceinte de gorge vus de l'ancien épaulement.

Les aménagements directement liés au service du projecteur de 1912, soit la tranchée dans laquelle passait la voie ferrée, l’abri de jour et le poste de combat, sont ruinés, en notable partie comblés et, dans l’ensemble, très mal conservés, la confusion de leurs vestiges étant aggravée par le brouillage des aménagements réalisés durant la seconde guerre mondiale ou après, implantés sans cohérence avec le plan ancien, tels que des cabanons en ciment, ou une guérite en fer cylindrique.

L’enceinte, bien conservée et restaurée, est conforme aux dispositions projetées et réalisées en 1847. Elle est formée d’un mur maigre construit en blocage de moellons de tout venant sommairement dégrossis calibrés, de faible élévation (de 2 à 3m vers l’intérieur). Le long front latéral nord, entre le front d’entrée et l’ancien épaulement de batterie, adopte un plan tenaillé à deux rentrants encadrant un large saillant obtus, et se termine à l’ouest, côté épaulement, par un angle aigu ou épi. Ce plan est le résultat de la reconstruction partielle de 1847, qui a remplacé un tracé bastionné, en ajoutant le saillant central à la place d’une courtine encadrée des flancs de deux demi-bastions. L’ensemble de ce front est crénelé, soit percé d’une série continue et rapprochée de créneaux de fusillade en fente courte à ébrasement intérieur couvert de linteaux. Les créneaux du redan central de 1847 sont plus bas percé dans le mur et un peu plus espacés que ceux du reste des murs, qui remonte à la construction de 1812 et appartenait aux faces des deux demi bastions. De plus, l’arase du mur des deux faces du redan central est légèrement rampante, en déclivité vers la pointe. Le front d’entrée, étroit, de plan en tenaille, était entièrement détruit, il a été reconstruit en 2015, sans rétablir le fossé comblé, mais avec un crénelage copié sur celui de 1812 et en recréant à neuf un portail central encadré de deux piliers en pierre de taille portant une grille. Le crénelage du front d’entrée est logique pour la défense rapprochée, mais on doit observer qu’il n’est documenté par aucun plan (le plan détaillé de 1818, ceux de 1847 et 1848, n’indiquent pas de créneaux dans ce mur, tout en indiquant ceux du front nord). Le mur rectiligne du front sud de l’enceinte ne présente aucun caractère particulier, et il est dérasé à une hauteur deux fois moindres que celle du reste de l’enceinte; les plans d’archives le montrent d’abord sans crénelage (1818, 1847-1848) puis enveloppé dans un prolongement de l’épaulement sud de la batterie, sur une moitié de sa longueur (1847-1848), puis sur toute sa longueur (1911).Front d'entrée de la batterie, mur d'enceinte crénelé au  tracé tenaillé et bastionné, réduit-tour.Front d'entrée de la batterie, mur d'enceinte crénelé au tracé tenaillé et bastionné, réduit-tour.

Mur d'enceinte crénelé fermant la batterie, front nord, réduit-tour à l'arrière-plan.Mur d'enceinte crénelé fermant la batterie, front nord, réduit-tour à l'arrière-plan.

La tour crénelée type 1846 n° 2, construite en 1847-1848, est contemporaine de celle de la batterie du Cap Nègre, l’autre cap de la rade du Brusc, et légèrement postérieure à celle de la Coudoulière, dans la presqu’île des Saint-Mandrier. Ces trois tours réduits de batterie son conformes au modèle-type, donc identiques : elles ne se différencient que par des variations dans la nature, la répartition et la mise en œuvre de leurs matériaux de construction, par quelques rares autres variantes, dans la forme et la répartition des percements, ou au niveau du parapet. Dans l’état actuel, les principales différences tiennent aux remaniements postérieurs qu’elles ont inégalement subis. La tour de la Cride est enveloppé d'un fossé taillé dans le roc, relativement étroit (c. 3m), à contrescarpe arrondie aux angles et profilé en talus, haute de 3,70m (face d’entrée) à 5m, non revêtue ou seulement en partie haute, pour former un muret d’appui. Le réduit : tour crénelée type 1846 n° 2, côté de l'entrée.Le réduit : tour crénelée type 1846 n° 2, côté de l'entrée.

Assez complète dans son état restauré, en dépit des remaniements qu’elle a subis, cette tour est très proche par ses dimensions en plan, 14,90m X 15,20m, du modèle-type proposant une différence de 20cm entre les façade d'entrée et postérieure et les faces latérales ( 15m X 15,20m). Les faces accusent un léger fruit, et ne marquent aucune transition à la base du parapet du couronnement. Elle est construite pour l'essentiel en pierre, un blocage de gros moellons calcaires blancs extraits sur place, sommairement équarris et assisés caractérisant les parements ordinaires (voûtes comprises), non enduits dans l’état actuel. La pierre de taille dure, de même nature, est réservée aux chaînages d'angle harpés, à l'encadrement de la porte à pont-levis, à la tablette du parapet et à l’encorbellement des bretèches. La brique est aussi assez largement employée, pour les encadrements de toutes les baies autres que la façade de la porte d'entrée, et pour les chaînes d’angle des bretèches. Ces encadrements en briques forment un harpage et des arcs à claveaux saillants un sur deux.Tour crénelée type 1846 n° 2, vue latérale de la façade d'entrée, porte à pont-levis, fossé, bretèches.Tour crénelée type 1846 n° 2, vue latérale de la façade d'entrée, porte à pont-levis, fossé, bretèches.

L'élévation abrite deux niveaux voûtés : un étage de soubassement prenant jour dans le fossé et un rez-de-chaussée, surmontés d'une plate-forme à parapet crénelé à bretèches, sur une hauteur totale de 10,10m depuis le fond du fossé jusqu'à la crête du parapet. Ce parapet est conservé et restauré dans son organisation d'origine, disposant, sur chaque côté, une embrasure centrale, encadrée de deux créneaux, puis de deux bretèches, et enfin de deux autres créneaux près des angles nord-ouest et sud-ouest. Les bretèches, conformes au modèle-type, reposent en encorbellement sur trois consoles portant linteaux ; la console du centre, plus haute, à deux ressauts en quart de rond, est encadrée de deux consoles monolithes, de même profil. Elles comportent chacune trois petits créneaux, un frontal, deux flanquants. Les quatre embrasures de la plate-forme étaient susceptibles d’accueillir, de manière optionnelle, des pièces de plus petit calibre et de moins longue portée que celles de la batterie, par exemple des obusiers de 15 ou de 16cm.

Tour crénelée type 1846 n° 2, façade postérieure, bretèches et créneaux, issue repercée du projecteur.Tour crénelée type 1846 n° 2, façade postérieure, bretèches et créneaux, issue repercée du projecteur.

La distribution intérieure comporte, aux deux niveaux voûtés, deux grandes casemates de casernement transversales couvertes en berceau proche du plein-cintre au rez-de-chaussée, très surbaissé à l'étage de soubassement, dont la hauteur sous voûte est inférieure d'un quart à celle du rez-de-chaussée. Du côté de l'entrée seulement, ces casemates sont complétées par une travée de culée tripartite, c'est à dire subdivisée classiquement en trois petites casemates dont les voûtes en berceau contrebutent perpendiculairement celles des grandes casemates. L'ensemble des locaux est desservi par une circulation axiale en corridor traversant les murs de refend. Ce corridor, au rez-de-chaussée, part de la porte de la tour dont le sas occupe la petite casemate médiane de la travée de culée.

La circulation verticale est assurée par deux escaliers logés symétriquement dans une partie des casemates latérales de la culée, volées droites longeant le mur de refend et passant sur les côtés, dans le mur latéral surépaissi, en tournant autour d'un noyau, sous voûte en berceau rampante. Ces deux escaliers, en double emploi, montent à la plate-forme et descendent au soubassement. Il en résulte une certaine perte de place disponible, la volée droite de l'escalier encombrant les deux casemates aux deux niveaux. Pour autant, le volume restant des casemates du rez-de-chaussée était utilisé, pour celle de droite, par la loge du gardien de batterie, pour celle de gauche, par la loge du chef de poste. En soubassement, la casemate de droite était affectée à la cusine. Tour crénelée type 1846 n° 2, terrasse ou plate-forme, le parapet, pendant la restauration.Tour crénelée type 1846 n° 2, terrasse ou plate-forme, le parapet, pendant la restauration.

Les chambres du soubassement, prenaient jour sur le fossé par neuf soupiraux à bouche extérieure horizontale très petite, encadrée en pierre, actuellement presque tous condamnés ou remplacés par des fenêtres plus grandes repercées en 1912 ; restent celle de la petite casemate sous la porte et de la petite casemate-escalier de droite. Les casemates principales du soubassement étaient affectées au stockage, magasins aux vivres (à droite) et magasin d'artillerie (à gauche) dans la première grande casemate, cloisonnée, encore magasin d'artillerie (à gauche) et magasin à poudre (à droite) dans la seconde grande casemate, séparés par un mur de refend percé d'une porte. Plus grand, le magasin à poudres, d'une contenance de 6700kg en barils de 50kg, n'était percé que de deux évents en chicane au lieu des soupiraux, en forme de fente encadrée en briques à l’extérieur, qui se reconnaissent encore en dépit des remaniements considérables subis en 1912 par cette casemate en particulier, convertie en salle des machines : suppression du mur de refend, de la voûte, percée d’une grande porte sur le fossé au centre du mur ouest, percement de deux hautes fenêtres rectangulaires jumelées sur les deux petits côtés. Sous les travées de culée, en sous-sol, régnait la citerne, d'une capacité de 73.400 litres, dans laquelle on pouvait puiser depuis la casemate de l'escalier de droite. Cette casemate n’était plus la cuisine en 1912, mais le local téléphone ; celle de gauche était la chambre du chef mécanicien ; l’une et l’autre avaient reçu une fenêtre sur le fossé est, remplaçant le soupirail d’origine.

Au rez-de-chaussée, les casemates prenaient jour à l’origine par dix-huit créneaux de fusillade, dans les quatre murs, avec ébrasement extérieur à ressauts en trémie couvert en arc surbaissé, et, dans les murs nord et sud, par des fenêtres en demi-cercle situées au-dessus des créneaux. Les grandes casemates servaient au logement de la troupe. Celle du fond prend jour à ses deux extrémités par deux créneaux surmontés d'une fenêtre, et sur son grand côté extérieur par une série de six créneaux qui, vers l'intérieur, sont percés dans des niches couvertes en plein-cintre, comme presque toutes les baies de cet étage. Les modifications de 1912 ont réuni cette casemate à celle du soubassement, transformé en fenêtres les quatre créneaux latéraux (leur arc muré subsiste en façade au-dessus du linteau des fenêtres 1912), et condamné les deux créneaux médians du grand côté ouest, du fait de la percée de la grande porte donnant sur le fossé. L'axe des créneaux percés près des angles est biaisé, pour améliorer l'angle de tir. La grande casemate centrale comportait le même système de deux créneaux surmontés d'une fenêtre à ses extrémités, mais cette disposition est perturbée par des remaniements de moindre importance : les créneaux ont été agrandis en fenêtre couverte d’un arc plein-cintre. La prise de jour des deux petites casemates de culées combinées avec les cages d'escalier se fait, pour la partie tournante de l'escalier, par un créneau haut percé dans les façades latérales, pour la casemate proprement dite, par une petite fenêtre et in créneau d’axe biais près de l’angle, disposés symétriquement dans la façade d'entrée, de part et d'autre de la porte et sous les bretèches. Tour crénelée type 1846 n° 2, etage de soubassement, travée de culée, ancienne cuisine, arrivée de l'escalier.Tour crénelée type 1846 n° 2, etage de soubassement, travée de culée, ancienne cuisine, arrivée de l'escalier.

La porte de la tour est conforme au modèle-type : arcade d’entrée en pierre de taille appareillée couverte d'un arc plein-cintre, inscrite en retrait dans le tableau rectangulaire d’effacement du tablier du pont-levis, ici encadré d'un chambranle en pierre de taille. A la suite, deux sas successifs avec arcade et vantaux intermédiaire. Le premier sas, le plus court (Fig. 7) abritait sur les côtés les poulies (disparues) et les contrepoids des chaînes du pont-levis. Il est séparé du second sas, ou vestibule, par une arcade intermédiaire à feuillure de vantaux, un peu plus basse, couverte d’un arc plein-cintre, surmontée d'un fenestron de second jour couvert d'un arc surbaissé, le tout en briques. Le second sas dessert, de part et d'autre, les casemates latérales de culée. Un créneau-judas (muré) percé dans un angle de ces casemates défendait le premier sas. Les menuiseries des portes et des fenêtres, tant 1848 que 1912, ont toutes disparu. Tour crénelée type 1846 n° 2, escalier mural montant à la terrasse.Tour crénelée type 1846 n° 2, escalier mural montant à la terrasse.

1Lettre du 4 décembre 1694. SHD Vincennes, Génie2Vincennes, SHD, 1 VH 1831, 1679-1701, n° 23, 25. Malheureusement, la numérotation des ouvrages sur la carte de Vauban ne correspond pas à celle de la carte et du mémoire de Niquet.3Vincennes SHD, 1 VH 1834, 1764-1769 n° 22.4Vincennes, SHD, 1 VH 1835, n° 28.5Vincennes, SHD, 1 VH 1838, n° 196Vincennes, SHD, 1 VH 1839, n° 307Vincennes, SHD, 1 VH 1839, n° 418Sur six tours réalisées en rade de Brest, quatre subsistent, dont deux intactes (Toulonguet, Roscanvel/Cornouailles) , trois subsistent près de Rochefort, celle de Chatellaillon seule bien conservée .9Vincennes, SHD, 1 VH 1840 1799-1811.10Vincennes, SHD, 1 VH 1841 n°2511Toulon, SHD 4B1 1bis.12Toulon, SHD 4B1 47 n° 4413Vincennes, SHD, 1 VH 1864, mémoire n° 1, feuille n° 2314Vincennes, SHD, 1 VH 186515Rapports du 6 mars et du 22 décembre 1873. Toulon, SHD 4B1 22, n° 27516SHD Toulon 94.001.356 Marché pour l’installation du feu de reconnaissance de la Cride, marché de la direction des Travaux hydrauliques et bâtiments civils de la Marine nationale. Informations données par Bernard Cros dans une étude inédite d’octobre 2011 sur la batterie de la Cride, commandée par la mairie de Sanary dans le cadre du projet de restauration du site.17Alain Chazette, Pierre Gimenez, Südwall, batteries côtières de marine, Port-Vendres, Sète, Fos, Marseille, Toulon, Vertou, 2009, p. 162-16618Chantier école du Patrimoine réalisé par l’association Acta Vista en partenariat avec la ville de Sanary, avec des fonds de mécénat alloués à la fondation du Patrimoine par la fondation Total
Précision dénomination batterie de côte
Appellations batterie de la Cride
Dénominations batterie
Aire d'étude et canton Var
Adresse Commune : Sanary-sur-Mer
Lieu-dit : Pointe de la Cride

Une première batterie sommaire, non retranchée, pour un mortier et deux canons, est fondée en 1695 à la Cride sur un projet d'Antoine Niquet. Un retranchement à la gorge en pierres sèches est ajouté après 1726. En 1794, elle est renforcée et réarmée de 6 canons de 36 livres. Elle est équipée d’un corps de corps de garde et d’une caserne pour quarante hommes, d'un fourneau à réverbère, pour chauffer les boulets pour le tir à boulets rouges. Le magasin à poudre est seul à l'extérieur du mur d’enceinte fermant la batterie à la gorge.

A l'époque napoléonienne, la batterie est reconstruite avec un nouvel épaulement sur un projet du 25 mai 1812 signé Geoffroy et Riouffe-Lombard respectivement major et adjudant du Génie, sous l'autorité du colonel Alexandre de Dianous. Seule la tour-modèle n°1 alors projetée à l'arrière, à l'extérieur de l'enceinte, n'est pas réalisée ; le retranchement à la gorge est reconstruit à neuf, sous forme d'un mur maçonné crénelé, sur un plan en trapèze flanqué aux angles de quatre demi bastionnets, le front d’entrée formant une sorte de tenaille avec porte à pont-levis au centre.

Une nouvelle reconstruction, qui conserve le mur de gorge bastionné et l'épaulement de la batterie antérieure, est mise en œuvre entre 1846 et 1850 sous la direction du chef du génie Joseph Corrèze, selon un projet confié au capitaine Huard mais dont le dessin définitif est du au capitaine Millot. L'épaulement est remanié sur un plan plus évasé, pour huit pièces, dont six sur le coté gauche, et un réduit de batterie est construit sous la forme d'une tour crénelée type 1846 n° 2, qui intègre le nouveau magasin à poudres. L'enceinte est modifiée dans son tracé, en ajoutant un redan du côté nord pour envelopper la tour crénelée n° 2.

Déclassée en 1889 comme celle du Cap Nègre et désarmée, la batterie connait une réutilisation en 1911, dans le cadre du plan d'éclairage défensif du front de mer de Toulon, comme poste photo-électrique. Dans ce cadre, la tour n°2 est conservée et adaptée au service du projecteur : salle des machines du groupe électrogène dans la casemate du niveau 1 de la tour qui servait de magasin à poudres, poste de commande en guérite sur la tour, abri de jour dans le fossé, relié par une voie ferrée en tranchée à l'abri de combat établi en avant et au pied de l'épaulement. Ces dispositions sont comparables à celles réalisées à la même époque à la batterie de Mord'huy, sur la presqu’île de Saint-Mandrier.

Durant l’entre-deux guerres, la Marine installe une nouvelle batterie d’artillerie principale de trois canons de 138 mm à La Cride, dite batterie haute de La Cride, au nord-est et au-dessus de l’ancienne batterie, elle-même réaménagée pour recevoir une batterie d’artillerie légère de 3 pièces de 95 mm. Prise en charge en 1943 par les unités allemandes, la double batterie de la Cride est intégrée à leur système défensif sous l’appellation Stp Tor 038W. Les trois pièces de 138 mm de la batterie haute sont installées dans des cuves bétonnées et les trois canons de 95 mm de la batterie basse, sous masque d’acier, sont conservés, puis déclassés. Du 12 au 20 août, les deux batteries subissent des bombardements et tirs d'artillerie alliés. Elles sont abandonnées après guerre.

La batterie basse, seule bien conservée, fait l'objet d'une importante restauration de 2013 à 2016 (chantier Acta Vista en partenariat avec la ville de Sanary).

Période(s) Principale : 4e quart 17e siècle, 1er quart 18e siècle , daté par source , (détruit)
Principale : 1er quart 19e siècle, 2e quart 19e siècle , daté par source
Secondaire : 1er quart 20e siècle
Dates 1812, daté par source
1912, daté par source
Auteur(s) Auteur : Corrèze Joseph,
Joseph Corrèze

Chef du Génie à Toulon en 1845, lieutenant colonel en 1848. Collaboration ou direction de plusieurs chantiers de la place de Toulon :

- 1843-1848 : remaniement du fort Malbousquet

- 1845 : caserne du Pas de la Masque

- 1846 : remaniement du fort Lamalgue

- 1844-1848 : batterie de la Carraque et fort de la Croix des Signaux

- 1846-1849 : remaniement de la batterie basse du Cap Brun et de la batterie de la Cride

- 1861 : 2e enceinte de Toulon


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ingénieur militaire, attribution par source
Auteur : Millot,
Millot

Capitaine du Génie. En poste à Toulon dans la première moitié du 19e siècle.

Auteur des projets des batteries de la Cride et de Portissol (Sanary) en 1847.


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Auteur : Dianous de la Perrotine Alexandre de,
Alexandre de Dianous de la Perrotine

Directeur des fortifications de Toulon autour de 1812-1813.


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Auteur : Geoffroy,
Geoffroy

Major du génie, sous-directeur des fortifications de Toulon en 1812, co-auteur du projet de batterie de la Cride et de la modification de celle de Portissol (Sanary).


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Auteur : Riouffe-Lombard,
Riouffe-Lombard

Adjudant du génie à Toulon en 1812, co-auteur du projet de batterie de la Cride et de la modification de celle de Portissol (Sanary).


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Fondée à la pointe extrême du Cap de la Cride, à une altitude moyenne de 11m, la batterie est mal conservée en ce qui concerne l'épaulement, qui est très érodé, chaotique. Les aménagements liés au projecteur de 1911, abri de combat et tranchée ferrée, sont pratiquement détruits, et la restauration récente a privilégié l’aspect de la batterie telle qu’elle était après les travaux de 1846-1848, en supprimant une partie des réaménagements liés au poste optique.

Dans l'état actuel, les deux éléments les mieux conservés sont l'enceinte qui retranche l'ensemble à la gorge, bâtie en 1812 et remaniée en 1847, et la tour crénelée type 1846 n° 2. L'enceinte est formée d’un mur maigre crénelé construit en blocage de moellons de tout venant, de faible élévation (de 2 à 3m vers l’intérieur). Le long front latéral nord, entre le front d’entrée et l’ancien épaulement de batterie, adopte un plan tenaillé à deux rentrants encadrant un large saillant obtus, et se termine à l’ouest, côté épaulement, par un angle aigu ou épi. Le front d’entrée, étroit, de plan en tenaille, était entièrement détruit, il a été reconstruit en 2015, sans rétablir le fossé comblé, mais avec un crénelage copié sur celui de 1812 et en recréant à neuf un portail central encadré de deux piliers en pierre de taille.

La tour crénelée type 1846 n° 2, est conforme au modèle-type : plan rectangulaire de 14,90m X 15,20m, haute de 10,10m depuis le fond du fossé qui l'enveloppe, abritant deux niveaux voûtés surmontés d'une plate-forme à parapet crénelé à bretèches. La porte, au milieu du petit côté opposé à pointe du cap, était classiquement à pont-levis avec sas. Le parement ordinaire extérieur est un blocage de gros moellons calcaires extraits sur place. De même nature, la pierre de taille est réservée aux chaînages d'angle harpés, à l'encadrement de la porte, à la tablette du parapet et à l’encorbellement des bretèches. La brique est largement employée, pour la totalité des encadrements des baies autres que la porte d'entrée et les angles des bretèches. A l'intérieur, deux grandes casemates de casernement transversales sont couvertes en berceau proche du plein-cintre au rez-de-chaussée, surbaissé à l'étage de soubassement. Celles du fond ont perdu leur voûte intermédiaire en 1912 pour installer la salle des machines, et leurs créneaux d'origine ont été remplacés par des fenêtres hautes sur les côtés, et par une grande porte dans le mur de fond. Du côté de l'entrée seulement, les casemates sont complétées d'origine par une travée de culée subdivisée classiquement en trois petites casemates dont les voûtes en berceau contrebutent perpendiculairement celles des grandes casemates. La circulation verticale est assurée par deux escaliers logés symétriquement dans une partie des casemates latérales de la culée.

Murs calcaire moellon parement
calcaire marbrier pierre de taille parement
brique brique et pierre parement
Plans système bastionné
Étages 1 étage carré, rez-de-chaussée, étage de soubassement
Couvrements voûte en berceau plein-cintre
voûte en berceau segmentaire
Couvertures terrasse
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours sans jour, en maçonnerie
Typologies batterie fermée
États conservations restauré
Techniques

Ensemble ayant fait l'objet d'une restauration récente semi-restitutive qui a supprimé certains témoins des campagnes du 20e siècle.

Statut de la propriété propriété de la commune

Références documentaires

Documents d'archives
  • NIQUET, Antoine. Mémoire sur l'état des batteries à faire et à réparer sur la côte des rades de Toulon, 22 mars 1695. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1 VH 1831 n°23, 25.

  • CORREZE Joseph, MILLOT. Améliorer la batterie de la Cride - Mémoire sur les projets de 1847. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1 VH 1864.

Documents figurés
  • Plan de la batterie de la Cride et profil de la tour à y établir, relatifs au projet rédigé d'après les bases posées par la commission (...) lettre de S Ex le ministre de la guerre du 27 mars 1812. / Dessin aquarellé, signé Geoffroy, Riouffe-Lombard et Dianous de la Perrotine, 1812. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1 VH 1841.

  • [Etat des lieux de la batterie de la Cride] (feuille d'Atlas des batteries de côte). / Dessin aquarellé, 1818. Service Historique de la Défense, Toulon : 4B1 1 bis.

  • Projets pour 1847. Améliorer la batterie de la Cride [Plan et coupes pour les projets de 1847]. / Dessin aquarellé, signé Millot capitaine du Génie, 1847. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH 1864.

  • Projets pour 1848. Plan pour l'achèvement de la batterie de la Cride. / Dessin aquarellé, 1848. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1 VH 1865.

  • [Plans et coupes de l'aménagement de la batterie de la Cride en poste photo-electrique] / Dessin, encre et lavis, 1911. Service Historique de la Défense, Toulon : 94.001.356.

  • Plan du réduit de la batterie de La Cride pour l'aménagement du poste photo-électrique. / Dessin, encre, 1912. Service Historique de la Défense, Toulon : 94.001.356.

  • Coupe du réduit de la batterie de La Cride pour l'aménagement du poste photo-électrique. / Dessin, encre, 1912. Service Historique de la Défense, Toulon : 94.001.356.

Bibliographie
  • FRIJNS, M., MALCHAIR, L., MOULINS, J.-J., PUELINCKX, J. Index de la fortification française, Métropole et Outre-mer, 1874-1914. Welkenraedt : 2008.

    p. 123
  • CHAZETTE, A., GIMENEZ, P. Südwall, batteries côtières de marine, Port-Vendres, Sète, Fos, Marseille, Toulon. Vertou : Editions Histoire & fortifications, 2009.

    p. 162-166
  • CROS, Bernard, La batterie de la Cride, historique, description, propositions de méthodologie d'intervention, Sanary, l'auteur (document inédit commandé par la mairie de Sanary), 2011, 26p.

Liens web

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