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arsenal, parc d'artillerie dit arsenal de terre

Dossier IA83001932 réalisé en 2014

Fiche

Historique, topographie et typologie générale

Ensemble des trois ailes vu depuis l'entrée.Ensemble des trois ailes vu depuis l'entrée.

La construction de la grande extension nord de l’enceinte urbaine, projetée dès 1845, réalisée de 1853 à 1860, et la mise en place des voies ferrées et de la gare de chemin de fer de Toulon en 1858 créait au nord de la gare de Toulon un secteur intra-muros non bâti dans un périmètre fermé au sud par les voies ferrées, exclusivement accessible de l’extérieur de la ville par une poterne d’usage militaire, dite Porte Sainte-Anne. L’administration de la guerre envisageait d’investir ce terrain anciennement inclus dans le « retranchement Sainte-Anne », pour en faire un quartier militaire.

L’ancien parc d’artillerie qui existait dans le retranchement Sainte-Anne avait été détruit par la mise en place des voies ferrées, et son remplacement était nécessairement envisagé dans la nouvelle aire nord. Le plan d’urbanisme de la nouvelle ville de Toulon, établi en concertation avec l’administration du génie, avait découpé cette aire de plan polygonal tendant au triangle, en trois îlots séparés entre eux par deux rues nord-sud.

Les apostilles aux projets pour 1859 rédigés par le chef du génie Antoine Long proposaient la répartition de trois établissements militaires à construire, chacun dans un îlot de l’agrandissement nord : l’îlot n°3, le plus grand et le plus à l’est, de plan triangulaire, appartenant entièrement à l’Etat, était réservé pour un Arsenal et parc d’artillerie de terre. Cette part seule du projet aboutit sans difficulté, les autres îlots comportant des parcelles privées dont l’acquisition par l’administration de la guerre ne put se réaliser intégralement.

La construction de l’arsenal de terre est assez mal documentée par les archives du Service Historique de la Défense, mais facile à reconstituer, grâce aux plans généraux et aux millésimes encore en place sur certains édifices.

Dès le 30 septembre 1858, était projetée la construction d’une série de 12 casemates en souterrain sous la rue du rempart du front K-L de la nouvelle enceinte nord, casemates ouvrant dans le mur de soutènement de ladite rue, qui participait de l’enclos du parc de l’arsenal d’artillerie. Utilisables comme magasin plutôt que pour loger des troupes, ces casemates furent le premier bâtiment construit dans ce parc d’artillerie.

En 1865, deux des bâtiments du plan définitif de l’arsenal, celui occupant le côté ouest (B), aligné à la rue nord-sud, et celui du nord (A), avaient été construits. Les deux bâtiments sud, alignés, furent bâtis en 1867. Le bâtiment nord-est et la porte de l’enceinte de l’arsenal datent, quand à eux, de 1870.

Avant 1889, à l’ouest de l’arsenal, l’ancien îlot 2 sur lequel les projets successifs de caserne d’infanterie (1858) et d’hôpital militaire (1866) n’avaient pu se concrétiser, fut réuni au parc d’artillerie, en supprimant la rue intermédiaire, seul le mur de clôture qui bordait cette rue étant maintenu en place. Dans l’aire annexée au parc fut édifié un important bloc de hangars d’artillerie contigus, qui ont été détruits dans les années 1960.

L’ancien arsenal de terre, auquel ne manque guère que l’un des deux bâtiments du côté sud (le plus à l’ouest), remplacé par un édifice de même plan construit dans les années 1960, est occupé aujourd’hui par plusieurs institutions publiques, la plupart dédiées aux arts : le Zénith Oméga de Toulon, dont la très vaste salle de spectacle est greffée depuis 1992 à l’arrière du bâtiment ouest, le conservatoire de Musique, dans le bâtiment nord, les Caves des Lices, studios et ateliers voués aux arts de la scène, l’école des Beaux-Arts, dans le bâtiment nord-est, le Service de la Qualité de la DGA région sud-est, le Centre d ‘Information et de Recrutement des Forces Armées installé dans le bâtiment sud de 1867, restauré en 2011.

Analyse architecturale

L’enclos de l’ancien arsenal de terre, de plan polygonal tendant au triangle était constitué sur ses deux côtés sud (en bordure de l’actuel boulevard du commandant Nicolas, parallèle aux voies de chemin de fer) et ouest, d’un mur d’enceinte de hauteur moyenne, qui a presque entièrement disparu aujourd’hui, ou a été remplacé par des murs plus récents, de tracé différent. Le grand côté nord-est, formé de deux longs pans, est délimité par le mur de soutènement de l’ancienne rue du rempart du front d’enceinte K-L de 1853-1860, dans la partie la plus méridionale duquel sont nichées les 12 casemates souterraines établies selon le projet de 1859. Cette partie est aujourd’hui abritée par le viaduc routier en bretelle, sur piliers de béton, qui descend du boulevard du 112e régiment d’infanterie (ancienne rue du rempart) vers le parking du Zénith. Voûtées en berceau segmentaire, les casemates sont très simples, ouvertes en façade par une grande arcade couverte en plein-cintre, encadrée en pierre de taille (assises des jambages et claveaux saillant 1 sur 2), ménagée dans un mur de remplage. Au-dessus de cette arcade, le profil de la voûte est apparent dans le mur de soutènement, sous la forme d’un grand arc de décharge extradossé à longs claveaux, le tout construit en pierre brute grise ou en blocage de tout venant. La pierre de taille blanche est aussi employée pour un bandeau courant au niveau des sommiers des arcs, et pour les chaînes d’angle rentrant du mur. Ces casemates, qui communiquaient entre elles par un passage assez large dans le mur de refend, couvert d’un arc surbaissé, ont été remaniées : l’enduit couvrant et peint ou chaulé qui revêtait leurs parois et la voûte en blocage de pierre soigné , a été en grande partie supprimé par piquage, (sauf au revers du mur de façade) mettant à nu la maçonnerie de blocage, la menuiserie qui occupait les grandes arcades, avec tympan vitré dormant et vantaux ouvrants, a été presque partout supprimé (vantaux remplacées par un mur maigre avec porte plus petites) ou remplacée (dormants vitrés). Ensemble des casemates dans le mur de cloture formant soutènement de la rue du rempart.Ensemble des casemates dans le mur de cloture formant soutènement de la rue du rempart.

La porte d’entrée de l’arsenal de terre s’ouvre au centre d’un pan coupé qui abat l’angle aigu sud-est de l’enclos, lequel est prolongé en avant par une sorte de place triangulaire traversée par l’allée d’accès plantée de platanes et fermée au nord-est par la continuité de la clôture. Le portail proprement dit, est encadré de deux portes secondaires, et de deux grands pavillons de plan rectangulaire, symétriques mais non alignés, chacun adossé par un petit côté, l’un au pan nord-est de l’enclos, l’autre au pan sud. Ces pavillons à un étage, qui abritaient des appartements à l’usage du garde et du personnel du parc d’artillerie, avec leurs portes et fenêtres à chambranle à crossettes fascé, chaînes d’angle en pierre de taille non harpée, plinthe et bandeau mouluré courant à l’appui des fenêtres d’étage, se différencient peu de l’architecture de maisons de maître des années 1870-1880.

Au devant de cet ensemble et à droite de l’allée d’accès, un modeste corps de garde de plan carré adossé à la continuité de la clôture nord-est, présente, à l’échelle d’un petit édifice en simple rez-de-chaussée, les mêmes caractères architecturaux civils que les deux pavillons, ses baies étant en outre équipées de persiennes.

Encadré de deux courts pans de mur joignant les pavillons, percés chacun symétriquement d’une porte piétonne à chambranle rectangulaire, le portail monumental accueille une grande arcade charretière couverte d’un arc segmentaire, dans un encadrement classique à fronton curviligne. Les pilastres nus, couronnés d’un chapiteau ionique portent un entablement avec frise nue en fort retrait, sur laquelle sont scellées les lettres de bronze composant le mot ARSENAL ; au dessus de la corniche saillante, le champ du fronton est meublé d’un grand aigle aux ailes éployées sculpté en moyen relief. La façade postérieure de ce portail, plus sobre (pas de chapiteaux) porte, à la frise, le millésime 1870, en chiffres de bronze. Les vantaux en bois en place, à trois panneaux, l’inférieur en pointe de diamant, les deux autres inscrivant une table en losange, remontent peut-être à la construction d’origine.

Les quatre grands bâtiments conservés (sur cinq) autour de la cour, servant jadis de dépôt d’armement, d’affûts, d’ateliers de confection d’armes et de munitions, sont conçus sur un modèle-type, avec quelques variations de détail : bâtiment allongé en pierre de taille blanche, couvert d’un toit à deux versants, revêtu de tuiles-canal, avec rez-de-chaussée traité en halle à arcades plein-cintre, y compris sur les murs pignon (ou elles sont au nombre de 3 et plus espacées), étage percé de fenêtres rectangulaires (sauf pour le bâtiment ouest) et pignons formant fronton percés d’une baie demi-circulaire. Elévation sur cour, est/sud-est, du bâtiment ouest.Elévation sur cour, est/sud-est, du bâtiment ouest.

La structure interne du volume est modulaire, sans murs de refend ni cloison pérenne, formant trois nefs séparées par des poteaux de bois ou de fonte, à chaque travée, portant le plancher d’étage à poutres transversales et solivage longitudinal. La charpente à faible pente, assez légère, comporte des entraits retroussés, certains moisés et, dans le bâtiment nord-est, un système collaborant de tirants et de raidisseurs métalliques articulés. La plastique murale comporte des bandeaux horizontaux soulignant la transition d’étage et l’appui des fenêtres, et des encadrements des arcs ou des chambranles en bandeau. Les piliers du rez-de-chaussée, entre arcades, les chaînes d’angle, les bandeaux, les corniches, sont en pierre de taille de moyen appareil lisse, tandis que le parement courant intermédiaire est en petit appareil dont deux assises valent une assise du moyen appareil. Le parement des frontons de pignons est revêtu d’un enduit couvrant.

Sur cette trame, le bâtiment ouest (coté A ?), aujourd’hui aile d’entrée de la salle du Zénith, donc entièrement remanié intérieurement, comporte 19 travées, et se distingue par la hauteur de ses murs gouttereaux, légèrement supérieure à celle des autres bâtiments, ce qui répercute le traitement des fenêtres d’étage, elle-même un peu plus hautes du fait de leur couvrement non par une plate-bande, mais par un arc en plein-cintre. Un examen attentif des arcades du rez-de-chaussée, qui partent du sol, tend à prouver que si une ou deux d’entre elles formait une porte, comme en atteste la feuillure pour les vantaux, toutes les autres étaient refermées par un mur de remplage maigre en retrait de l’encadrement extérieur, mur montant jusque dans l’arc ou dégageant un tympan ouvert ou une menuiserie vitrée trouvait place dans une feuillure. Ces remplages de pierre de taille jadis liés aux assises des piles et des arcs ont laissé, après suppression, des traces de bûchage de leur arrachement imparfaitement ravalé.

Le bâtiment nord, construit en même temps que celui de l’ouest ou peu après, comporte quinze travées. Les fenêtres de son étage ont un encadrement rectangulaire à chambranle. La charpente de ce bâtiment est entièrement en bois, comme celle du bâtiment précédent, avec fermes à entraits et entraits retroussé moisé paraissant rajouté après coup. Les piliers libres du rez-de-chaussée sont en bois et délestent les poutres par l’intermédiaire d’un sabot. Les arcades du rez-de-chaussée, celles servant de porte exclues (au centre des murs pignons), ne partent pas du sol, mais d’une plinthe en pierre de moyen appareil. Détail du sabot de couronnement d'un pilier en bois du bâtiment nord.Détail du sabot de couronnement d'un pilier en bois du bâtiment nord.

Le bâtiment nord-est, le plus long de tous avec ses 24 travées, est identique au précédent au niveau du rez-de-chaussée à arcades. Ces arcades, là aussi, étaient à l’origine fermées d’un mur de remplage, dégageant une fenêtre en demi-cercle dans le tympan, pourvue vers l’intérieur, d’un talus en forte pente, ce dont reste des vestiges recoupés lors de la suppression de ces remplages.

L’élévation murale de l’étage diffère sensiblement : les murs gouttereaux n’ont pas de corniche mais sont termines par un bandeau recoupé par les fenêtres, dont l’encadrement, en retrait entre des piliers superposés à ceux des arcades du rez-de-chaussée, ne comporte pas de plate-bande, mais est directement couvert par la panne sablière de la charpente.

Dans les murs pignons, les trois fenêtres comportent un tympan en pierre en retrait sous un arc de décharge plein-cintre, le couvrement en plate-bande étant dans la continuité du bandeau qui termine les murs gouttereaux. Le rez-de-chaussée est rythmé intérieurement de colonnes de fonte délestant les poutres, avec chapiteau et évasement supérieur en fer plat. Les fermes de la charpente ne sont pourvues que d’un entrait retroussé moisé en bois, l’entrait principal étant formé par un tirant en fer jalonné de trois rotules complexes qui l’articulent, au centre avec un tirant vertical en câble, accroché au poinçon pendant en bois, et, de chaque côté, à deux jambes de force métalliques réglables, l’une perpendiculaire à l’arbalétrier, l’autre convergent vers le poinçon.

Le bâtiment sud, enfin, millésimé 1867 et coté C, offre une variation du modèle du précédent, sur un développement bien moindre, de 13 travées. Le mur pignon est identique, mais ce bâtiment se distingue par un rythme particulier des travées du rez-de-chaussée du mur gouttereau sur cour, intercalant entre trois groupes de trois arcades, deux travées doubles formant un avant-corps percé d’une grande entrée charretière à couvrement horizontal en plate-bande. On en conclut que ce bâtiment pouvait servir de garage pour engins sur roue de gros gabarit. Bâtiment sud, détail de l'arcade millésimée en façade sur cour.Bâtiment sud, détail de l'arcade millésimée en façade sur cour.

Précision dénomination parc d'artillerie
Appellations arsenal de terre
Dénominations arsenal
Aire d'étude et canton Var
Adresse Commune : Toulon
Adresse : 168 boulevard Commandant Nicolas

La construction de la grande extension nord de l’enceinte urbaine, projetée dès 1845, réalisée de 1853 à 1860, et la mise en place des voies ferrées et de la gare de chemin de fer de Toulon en 1858, a créé au nord de la gare de Toulon, à l’emplacement de l’ancien « retranchement Sainte-Anne », un secteur intra-muros non bâti. Fermé au sud par les voies ferrées, ce périmètre alors exclusivement accessible de l’extérieur de la ville par une poterne d’usage militaire, dite Porte Sainte-Anne, était réservé par l’administration de la guerre pour établir un quartier militaire. L’ancien parc d’artillerie du retranchement Sainte-Anne, détruit par la mise en place des voies ferrées, devait être remplacé par un nouveau, trouvant logiquement sa place dans l’aire nord. Le plan d’urbanisme de la nouvelle ville de Toulon, établi en concertation avec le génie, avait découpé cette aire de plan polygonal tendant au triangle, en trois îlots séparés entre eux par deux rues nord-sud.

Les apostilles aux projets pour 1859 rédigés par le chef du génie Antoine Long proposaient trois établissements militaires à construire, chacun dans un îlot de l’agrandissement nord : l’îlot n°3, le plus grand et le plus à l’est, de plan triangulaire, appartenant entièrement à l’Etat, était réservé pour un Arsenal et parc d’artillerie de terre. Cette part seule du projet aboutit sans difficulté.

La construction de l’arsenal de terre est assez mal documentée par les archives du Service Historique de la Défense, mais facile à reconstituer, grâce aux plans généraux et aux millésimes encore en place sur certains édifices. Le 30 septembre 1858, était projetée la construction d’une série de 12 casemates en souterrain sous la rue du rempart du front K-L de la nouvelle enceinte nord, casemates ouvrant dans le mur de soutènement de ladite rue, qui participait de l’enclos du parc de l’arsenal d’artillerie. Utilisables comme magasin plutôt que pour loger des troupes, elles sont le premier bâtiment construit dans ce parc d’artillerie.

En 1865, deux des bâtiments du plan définitif de l’arsenal, celui occupant le côté ouest (B), aligné à la rue nord-sud, et celui du nord (A), sont construits. Les deux bâtiments sud, alignés, sont bâtis en 1867. Le bâtiment nord-est et la porte de l’enceinte de l’arsenal datent, quand à eux, de 1870.

L’ancien arsenal de terre, auquel ne manque guère que l’un des deux bâtiments du côté sud (le plus à l’ouest), remplacé par un édifice de même plan construit dans les années 1960, est occupé aujourd’hui par plusieurs institutions publiques, la plupart dédiées aux arts, notamment le Zénith Oméga de Toulon, dont la vaste salle de spectacle est greffée depuis 1992 à l’arrière du bâtiment ouest.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle, 4e quart 19e siècle
Dates 1867, porte la date
1870, porte la date
Auteur(s) Auteur : Long Antoine,
Antoine Long

Colonel du Génie à Toulon au milieu du XIXe siècle. Auteur d'un projet (non réalisé) pour le fort Balaguier en 1858, participe à l'élaboration du projet de la 2e enceinte de Toulon en 1845, conçoit le dessin de la 3e enceinte de Toulon en 1860.


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ingénieur militaire, attribution par source

L’enclos de l’ancien arsenal de terre, de plan polygonal tendant au triangle, était fermé sur deux côtés (sud et ouest), d’un mur d’enceinte de hauteur moyenne, qui a presque entièrement disparu ou a été remplacé par des murs plus récents. Le grand côté nord-est, brisé en deux longs pans, est délimité par le mur de soutènement de l’ancienne rue du rempart du front d’enceinte K-L de 1853-1860, dans la partie méridionale duquel sont nichées 12 casemates souterraines de 1859. Cette partie est aujourd’hui abritée par un viaduc routier sur piliers de béton. Voûtées en berceau segmentaire, les casemates sont ouvertes en façade par une grande arcade en plein-cintre encadrée en pierre de taille, percée dans un mur de remplage. Au-dessus de cette arcade, le profil de la voûte forme un grand arc de décharge extradossé à longs claveaux dans le mur de soutènement.

La porte d’entrée de l’arsenal de terre s’ouvre au centre d’un pan coupé qui abat l’angle aigu sud-est de l’enclos. Le portail est encadré symétriquement de deux grands pavillons de plan rectangulaire. L’architecture de ces pavillons se différencie peu de celle de maisons de maître (civiles) des années 1870-1880.

Relié aux pavillons, par deux courts pans de mur percés chacun d’une porte piétonne à chambranle, le portail monumental accueille une grande arcade charretière couverte d’un arc segmentaire, dans un encadrement classique d’ordre ionique à fronton curviligne. Les pilastres nus, portent un entablement dont la frise affiche en lettres de bronze le mot ARSENAL ; le champ du fronton est meublé d’un aigle aux ailes déployées sculpté en moyen relief. La façade postérieure, plus sobre, porte, à la frise, le millésime 1870, en chiffres de bronze. Les vantaux en place, à trois panneaux, remontent peut-être à la construction d’origine.

Les quatre grands bâtiments conservés (sur cinq) autour de la cour, servant jadis de dépôt d’armement, d’affûts, d’ateliers de confection d’armes et de munitions, sont conçus sur un modèle-type, affecté de quelques variations de détail : bâtiment allongé en pierre de taille blanche, couvert d’un toit à deux versants, revêtu de tuiles-canal, avec rez-de-chaussée traité en halle à arcades plein-cintre, y compris sur les murs pignon (où elles sont au nombre de 3 et plus espacées), étage percé de fenêtres rectangulaires (sauf pour le bâtiment ouest) et pignons formant fronton percés d’une baie demi-circulaire.

La structure interne du volume est modulaire, décloisonnée, formant trois nefs séparées par des poteaux de bois ou de fonte, à chaque travée, portant le plancher d’étage à poutres transversales et solivage longitudinal. La charpente à faible pente, assez légère, comporte des entraits retroussés, certains moisés et, dans le bâtiment nord-est, un système collaborant de tirants et de raidisseurs métalliques articulés. La plastique murale comporte des bandeaux horizontaux soulignant la transition d’étage et l’appui des fenêtres, et des encadrements des arcs ou des chambranles en bandeau.

Sur cette trame, le bâtiment ouest (coté A), aujourd’hui aile d’entrée de la salle du Zénith, comporte 19 travées. Les arcades du rez-de-chaussée, qui partent du sol, étaient à l’origine presque toutes refermées par un mur de remplage dégageant dans l’arc un tympan ouvert à menuiserie vitrée. Le bâtiment nord, construit en même temps que celui de l’ouest ou peu après, comporte 15 travées. Sa charpente est entièrement en bois, y compris les piliers libres du rez-de-chaussée. Les arcades ne partent pas du sol, mais d’une plinthe.

Le bâtiment nord-est, le plus long de tous avec ses 24 travées, est identique au précédent au niveau du rez-de-chaussée à arcades. Celles-ci étaient à l’origine fermées d’un mur de remplage, dégageant une fenêtre en demi-cercle dans le tympan, comme au bâtiment A. A l’étage, les murs gouttereaux n’ont pas de corniche mais sont termines par un bandeau recoupé par les fenêtres. Les trois fenêtres des murs pignons comportent un tympan en pierre en retrait sous un arc de décharge plein-cintre. Le rez-de-chaussée est rythmé intérieurement de colonnes de fonte délestant les poutres, avec chapiteau et évasement supérieur en fer plat. Le bâtiment sud, enfin, millésimé 1867 et coté C offre une variation du modèle du précédent, sur un développement limité à 13 travées. Ce bâtiment se distingue par un rythme particulier des travées du rez-de-chaussée du mur gouttereau sur cour, intercalant entre trois groupes de trois arcades, deux travées doubles formant un avant-corps percé d’une grande entrée charretière à couvrement horizontal en plate-bande, sans doute entrées de garage pour engins sur roue de gros gabarit.

Murs calcaire pierre de taille enduit
calcaire moellon enduit
fonte
Toit tuile creuse, tuile mécanique
Plans plan rectangulaire régulier
Étages 1 étage carré, étage de soubassement
Couvrements voûte en berceau segmentaire
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans croupe

Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant
Statut de la propriété propriété publique

Références documentaires

Documents figurés
  • Arsenal d'artillerie. Casemates sous la rue du rempart nord. Bâtiment coté G au plan d'ensemble. [Plan et élévation]. / Dessin, encre et lavis, 30 septembre 1858. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1 VH 1870 b.

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