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aqueducs-galeries dits les éléphants des Cornillons

Dossier IA04000642 réalisé en 2006
Précision dénomination aqueducs-galeries
Appellations les élephants des Cornillons
Dénominations aqueduc
Aire d'étude et canton voie ferrée de la ligne Nice - Digne-les-Bains
Adresse Commune : Entrevaux
Lieu-dit : Les Cornillons

Au lieu-dit "les Cornillons", la voie ferrée devait longer la route nationale. Or la circulation sur cette dernière était sujette à de fréquentes interruptions causées par la formation de deux cônes de déjection au débouché de deux torrents de montagne. La décision de construire deux aqueducs supérieurs, ou aqueducs-galeries, pour protéger la voie mais aussi la route, s'est imposée en 1902. Elle s'est appuyée sur l'exemple fourni par une galerie similaire, quoique beaucoup plus imposante, construite sur la ligne Nice-Vintimille tout près de la frontière. En juin 1902, le projet détaillé de la section Puget-Théniers / Annot est validé. Le plus difficile a été de déterminer quelle taille devait atteindre la cuvette des deux aqueducs. Alors que les ingénieurs des Ponts-et-Chaussées disposaient à cette époque de toutes les méthodes nécessaires au calcul mathématique des poussées devant s'exercer sur les différentes parties des ouvrages d'art, ils eurent à faire face dans ce cas précis à une difficulté irréductible. S'il leur était facile de calculer en fonction des valeurs connues des précipitations quels volumes d'eau devraient emprunter les aqueducs, il leur était en revanche impossible de calculer avec précision quelles masses de roche lessivées suivraient le même chemin. Ils durent donc revenir aux méthodes empiriques anciennes, se contenter d'estimer ces volumes puis surdimensionner l'ouvrage en fonction des résultats obtenus. Les aqueducs se trouvent dans le second lot de cette section Puget-Théniers / Annot, attribué le 21 janvier 1904 à l'entreprise Orizet frères et réceptionné en 1907. Depuis la mise en service de cette portion de la voie en 1907, ces ouvrages sont souvent surnommés « les éléphants » en raison de leur ligne massive et de l'eau qu'ils déversent dans le Var pendant la fonte des neiges ou les forts orages. Ils ont chacun été partiellement reconstruits. Le premier parce que la crue de 1994 l'avait en partie emporté et le second parce qu’il a fallu élargir l'arche enjambant la route en 2004. Ces travaux, réalisés par l'entreprise Cozzi d’Annot, ont respecté au mieux le dessin d'origine.

Période(s) Principale : 1er quart 20e siècle
Dates 1906, daté par source
Auteur(s) Auteur : Arnaud
Arnaud

Ingénieur des ponts et chaussées. Actif dans le département des Basses-Alpes dans les premières années du 20e siècle.


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Auteur : Zürcher Philippe Elie Frédéric
Philippe Elie Frédéric Zürcher (01.11.1853 - )

Né à Toulon le 01.11.1853.

Polytechnique le 01.11.1871. Élève des Ponts et Chaussées le 01.11.1873.

En mission dans la Haute Garonne le 01.06.1874, dans l’Aude le 01.06.1875. Placé au port militaire de Toulon le 01.07.1876. Collaborateur adjoint à la carte géologique le 23.05.1883. Chargé de l’arrondissement de Toulon le 01.01.1885. Directeur de la voirie municipale de Toulon le 08.05.1885. Directeur des travaux hydrauliques du port militaire de Toulon le 01.12.1889. Ingénieur en chef de 2ème classe le 16.03.1893. En congé, sans traitement le 01.05.1896. Chargé des Basses Alpes le 01.01.1897. Congé de 3 mois pour se rendre à la Compagnie de Panama le 01.03.1898. Reprend son service le 01.05.1898. En congé, entre à la Société de la Percée des Alpes comme directeur général des travaux le 01.11.1906. Retraité le 01.03.1914.


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Les deux ouvrages sont très similaires : des arches maçonnées soutiennent le passage au-dessus de la voie d'une large cuvette en pente. Ils font 9 m de largeur et leur pile ont 2 m d'épaisseur. Leur dessin reprend les principes qui ont prévalu lors de la conception des grands viaducs de la ligne : chaque élément structurel se signale visuellement par un traitement spécifique de la maçonnerie ou des parements. Les détails sont cependant beaucoup plus travaillés et à la panoplie complète du dessin des moellons en parement s'ajoute un jeu de volumes recherché entre les encadrements, les ressauts des bandeaux, les chaînes harpées ou les modillons cubiques de la corniche. Cette composition complexe s'articule fort bien avec le déséquilibre visuel qui résulte de la ligne des trois arcs rampants dont le dessin vient souligner la pente de la cuvette. Cette dernière a une hauteur de 2,5 m, une largeur de 5 m et une pente de 15 %. La principale différence entre les deux aqueducs vient du nombre des arches - trois pour le premier et deux pour le second. Une autre différence tient à la solidité de leurs cuvettes. Le second aqueduc a été calculé pour résister au passage de volumes de roches plus importants que ceux attendus pour le premier. Les bajoyers de sa cuvette ont ainsi 2,5 m d'épaisseur à la base et 1,85 m au couronnement, alors que ces mêmes mesures pour le premier sont de 1,95 et 1,45 m. Le béton a été utilisé pour les parties reprises dans les années 1990 et 2000. Il a été recouvert de parements similaires à ceux d'origine.

Murs calcaire
béton
pierre de taille
Statut de la propriété propriété publique

Références documentaires

Documents d'archives
  • Chemin de fer de Saint-André à Puget-Théniers, 2e section d'Annot à Puget-Théniers. Rapport de l'ingénieur en chef. Signé Zürcher et Arnaud, le 27 juin 1902. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains, S 1103.

    Description et justification des deux aqueducs.
  • Partie comprise entre la sortie du souterrain d'Entrevaux et le pont de la Reine Jeanne : devis et cahier des charges. Signé Zürcher et Arnaud le 27 juin 1902. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : S 1103.

    Cahier des charges de l'exécution du projet avec description des travaux des ouvrages d'art, dont les aqueducs-galeries p. 26-27.
  • Partie comprise entre la sortie du souterrain d'Entrevaux et le pont de la Reine Jeanne : adjudication à l'entreprise Orizet Frères. 21 janvier 1904. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains, S 1103.

Documents figurés
  • Aqueduc supérieur à Cornillon [aqueduc ouest]. Dans : Souvenir. Ligne Nice-Digne. Section Puget-Théniers - Saint-André. Partie comprise entre Puget-Théniers et Annot. 14 septembre 1907 / Album de 30 photographies de J.J. Giletta, sans lieu, 1907, non paginé (f°6). Photographie, noir et blanc, 11,5 x 16, 5 cm, 1907.

  • Aqueduc supérieur à Cornillon [aqueduc est]. Dans : Souvenir. Ligne Nice-Digne. Section Puget-Théniers - Saint-André. Partie comprise entre Puget-Théniers et Annot. 14 septembre 1907 / Album de 30 photographies de J.J. Giletta, sans lieu, 1907, non paginé (f°6). Photographie, noir et blanc, 11,5 x 16, 5 cm, 1907.

  • Une des deux galeries des Cornillons emportée par la crue du Var de 1994. Dans : Le Haut-Pays / Banaudo, José. février 1996. Numéro hors série édition Var-Vaïre N°1. Photographie, 1994.

Bibliographie
  • BANAUDO, José. Le siècle du Train des Pignes. Breil-sur-Roya : Éditions du Cabri, 1991, 320 p. : ill.

  • Auran, Philippe, Barruol, Guy et Ursch, Jacqueline. D'une rive à l'autre, Les Alpes de lumières n° 113, 2006, 143 p.

    Notice sur les Acqueducs des Cornillons. Une des arches de l'aqueduc qui en comporte deux a été élargie en 2004 et les travaux ont été réalisés par l'entreprise Cozzi d'Annot.
  • BOURRIER-REYNAUD, Colette. Ponts et merveilles. En remontant le cours du Var de Nice aux Entraunes : du comté de Nice aux Alpes-Maritimes. - Nice : Serre éditeur ; Nice : Lou Savel, 2010, 206 p.

    p. 159 : notice sur les Acqueducs des Cornillons.
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