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abri troglodytique dit Pertuis de Méailles ou Grotte de la Maouna

Dossier IA04002209 réalisé en 2011

Fiche

Dénominations abri troglodytique
Aire d'étude et canton Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var - Annot
Adresse Commune : Méailles
Lieu-dit : la Maouna
Cadastre : 1830 C non cadastré ; 1984 C1 non cadastré

Cet abri troglodytique pourrait être un des premiers sites d'habitat occupé sur l'actuelle commune de Méailles, avec la grotte du Trou de Boeuf. Dans cette dernière, des fouilles archéologiques, menées par l'Association de préhistoire et de spéléologie de Monaco dans les années 1950-1960, ont mis à jour de nombreux vestiges osseux animaux et humains (- 8000 à - 7000 BP), ainsi que des traces d'occupation de l'époque néolithique jusqu'à l'âge du fer. La présence de meurtrières aménagées en arbalétrières sur le mur défensif de cet abri permet de proposer une construction de ce mur au cours du 15e ou du 16e siècle, dans un contexte historique de troubles civils et religieux et d'insécurité générale dans les campagnes. La tradition orale rapporte que cet abri a servi de refuge à la population du village de Méailles. Le cadastre de 1830 ne mentionne rien à son sujet, hormis qu'il se trouve sur une très grande parcelle communale (1830 C 51) nommé « Chanière » à l'état des sections. Une brèche a été pratiquée à la base du mur, probablement lors de la réutilisation de la grotte en bergerie au cours du 19e siècle.

Période(s) Principale : 15e siècle , (?)
Principale : 16e siècle , (?)
Secondaire : 19e siècle

Cet abri troglodytique est isolé à environ un kilomètre au nord du village de Méailles, dans une falaise calcaire qui domine la rive gauche du ravin de la Maouna. Il est constitué d'une grande grotte naturelle, qui correspond à un « drain recoupé » en géologie. Elle est fermée par un mur en maçonnerie de moellons calcaires, sauf dans sa partie supérieure. L'épaisseur du mur est de 85 cm environ. Une porte haute est accessible par quelques marches taillées dans un glacis naturel. Cette porte possède un linteau monolithe et un petit trou de barre (profondeur = 25 cm) est aménagé dans la maçonnerie de l'embrasure. On note la présence de cinq arbalétrières disposées en deux rangées superposées. La rangée inférieure correspond aux arbalétrières 1, 2 et 3 ; ces deux dernières possédant une embrasure commune, en arc segmentaire de moellons clavés. La rangée supérieure correspond aux arbalétrières 4 et 5, qui devaient probablement être desservies par une mezzanine en bois accrochée au parement intérieur du mur. Ces arbalétrières, aménagées en biais pour permettre des tirs croisés, possèdent des encadrements en pierre de taille (tuf) ou en moellons. Certaines possèdent un évasement central permettant d'affiner la position de tir. A noter que l'arrachement inférieur du mur ne correspond sans doute pas à une ouverture, mais plutôt à une brèche pratiquée ultérieurement. A l'intérieur de la grotte, on remarque un grand pierrier central dans lequel semble aménagé un espace circulaire. L'espace compris entre le mur et ce pierrier est couvert d'un lit de paille. Le plafond de la grotte porte d'importantes traces de suie.

Murs calcaire
moellon sans chaîne en pierre de taille
Étages 2 étages de soubassement
Couvrements roche en couvrement
Précision dimensions
mesures spéléologiques : développé = 100 m, profondeur = -19 m
Statut de la propriété propriété de la commune

Références documentaires

Bibliographie
  • AUDRA Ph. et al. Paysages culturels karstiques. Architecture d'une relation homme-territoire unique. Méailles et la région d'Annot. Museo di Storia Naturale e Archeologia de Montebelluna (Italie), Università di Padova Dipartimento di Geografia (Italie), Agenzia Regionale per la Prevenzione e Protezione Ambientale del Veneto (ARPAV, Italie), Institut za raziskovanje krasa ZRC SAZU (Slovénie), Université de Nice Sophia Antipolis Département de Géographie (France). 2005, 106 p.

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