Dossier d’œuvre architecture IA06003482 | Réalisé par
Aliotti Jean-Marc (Rédacteur)
Aliotti Jean-Marc

Architecte du patrimoine. Prestataire extérieur pour l'opération de repérage du patrimoine de la villégiature de Menton en 2013-2014, de Beausoleil (06) et de Roquebrune-Cap Martin (06) en 2016 et 2017, de Nice en 2017.

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Thuin-Chaudron Véronique (Rédacteur)
Thuin-Chaudron Véronique

Auteur, Docteur, sa thèse ayant pour titre : Nice, de la colline du Château aux châteaux des collines, architecture, construction, urbanisation de 1860 à 1914. (publiée chez Serre éditeur en 2009).

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Prédal Christophe (Rédacteur)
Prédal Christophe

Responsable de la cellule "inventaire du patrimoine architectural et paysager" à la ville de Nice, depuis septembre 2018.

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  • recensement du patrimoine balnéaire, patrimoine de la villégiature de Nice
immeuble dit Maison Sabatier, un temps siège de la Trésorerie Générale des Alpes-Maritimes
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Ville de Nice
  • (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Nice - Nice
  • Commune Nice
  • Lieu-dit Médecin
  • Adresse 3 passage Victor-Hugo , boulevard Victor-Hugo , 11 rue Longchamp , rue Emmanuel-Costa
  • Cadastre 2017 KT 0390
  • Dénominations
    immeuble
  • Appellations
    Maison Sabatier
  • Autres parties constituantes
    jardin d'agrément

Le terrain a été acheté en 1857 à la famille Tiranty par le facteur de pianos Nicolas Blanchet (co-créateur du piano droit) qui s'adresse à l'architecte Victor Sabatier. La maison, qui correspond à la partie est de l'actuel immeuble, a été élevée par l'entrepreneur Etienne Gilly. La plaque de la "Maison Sabatier" à l'angle sud-est porte la date de 1858 en chiffres romains.

Dès son achèvement, l'immeuble est racheté par Victorine Lacombe (épouse séparée de Bouvier) belle-mère de Victor Sabatier. Ce dernier le lui rachète dans la foulée. Victor Sabatier dépose alors plusieurs demandes à partir de 1859 pour doubler l'immeuble vers l'ouest. Sa demande lui est refusée car l'immeuble ne serait pas, sur sa façade postérieure, à l'alignement du grand boulevard prévu depuis 1855 (actuellement boulevard Victor-Hugo) et ne permettrait pas le recul de sept mètres prévu par le plan régulateur du Consiglio d'Ornato. Mais l'architecte réalise toutefois son projet en 1862. Il commence la construction sans autorisation, c'est à dire sans avoir obtenu l'alignement (l'immeuble n'est pas conforme au plan régulateur). Un long procès s'en suit qui est perdu par la ville de Nice ; le droit français triomphe et Victor Sabatier n'est pas obligé de démolir comme la ville voulait l'y obliger. On ne sait si l'avant-corps arrondi date de 1862 ou s'il s'agit d'une reprise ultérieure car il n'apparaît pas sur certains plans (peut-être peu précis). L'arrondi est visible par contre sur un plan de 1867 et le plan cadastral de 1871. En 1867, Victor Sabatier complète la propriété par l'achat d'un terrain contigu au nord à la famille Audiffret. L'héritière de l'immeuble, Melle Victorine Lacombe-Sabatier (1863-1952) adoptée par la veuve Sabatier en 1915, commence à vendre par appartements à partir de 1928. Des surfaces commerciales ouvrent en façade postérieure, favorisées par la proximité de l'avenue de la gare (actuelle avenue Jean-Médecin). C'est vraisemblablement au 20e siècle qu'une dalle permet l'aménagement d'une terrasse au niveau de l'étage attique (côté oriental de l'immeuble) avec surélévation d'un niveau de comble partiel.

La première villa avant son extension est louée par la grande duchesse de Bade, fille adoptive de Napoleon 1er, qui y décède en 1860 (journal Le Messager de Nice du 30 janvier 1860). Victor Sabatier a sa résidence et son cabinet dans l'immeuble. Au début de la IIIème République (début des années 1870), l'immeuble est un temps le siège de la Trésorerie générale.

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 19e siècle
  • Dates
    • 1858, porte la date
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Sabatier François Victor
      Sabatier François Victor

      Architecte, Nice, 2nd moitié 19e siècle. Il est né en 1823 à Agen. Il est reçu à l’École des Beaux-Arts de Paris en 1848 où il est l’élève de l'architecte Charles-Auguste Questel. Il suit en parallèle les cours du paysagiste Hippolyte Lebas et du peintre Gabriel Decamps. À sa sortie de l'école, il devient attaché au ministère des Affaires étrangères en tant que sous-inspecteur des travaux du Louvre. Puis il est nommé au poste d'architecte des diocèses de Nice et de Fréjus, puis à celui d'architecte départemental à Nice en 1860. En parallèle de sa carrière d'architecte, Sabatier peint beaucoup (aquarelles, dessins, etc.) et expose notamment à Nice où Il devient vice-président de la Société des Beaux-Arts dès sa création en 1877. Il décède à Nice en 1891.

      Il est notamment l'auteur du cercle philharmonique de Menton, actuellement hôtel de ville (1861), et à Nice de sa maison rue Longchamp (vers 1865), de la villa Vigier (1863), de la façade sud et de l'agrandissement du Palais Sarde (1869)...

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      architecte attribution par source
    • Auteur :
      Gilly Etienne
      Gilly Etienne

      Entrepreneur à Nice dans la deuxième moitié du 20ème siècle.

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      entrepreneur attribution par source

Edifice de style néoclassique, implanté sur une parcelle rectangulaire à l'alignement de sa bordure nord, alors rue orientée sud-est / nord-ouest. Il est associé à un grand jardin au sud qui est clôt par un mur bahut. L'entrée se fait par un portail au sud dont les piles sont confortées par une volute (remaniée). Le jardin présente diverses essences dont des palmiers, arbres fruitiers, sapin, haie vive, etc. L'immeuble est composé selon deux types de façades, trois urbaines très ordonnancées et une plus ouverte sur le jardin. Les façades urbaines sont très rythmées et l'effet de masse est évident. L'histoire de l'édifice a comme conséquence qu'il soit le seul à n'avoir pas sa façade principale côté boulevard. La façade sur jardin est plus aérée et montre des dispositifs de galerie, loggia, avant-corps incurvé dynamisant la linéarité importante et justifiant l'usage et la vue sur le jardin. Sur sous-sol, le rez-de-chaussée et le 1er étage comprennent des loggias, le 2e une terrasse. Au-dessus d'une corniche prend place un étage attique et des ajouts et modifications de toiture permettent l'existence d'un étage au niveau des combles. Les percements sont diversifiés et réguliers à la fois. Les fausses chaînes d'angle maçonnées et harpées contrastent avec le fond de parement couleur brique. L'étage attique et étage de comble offrent un parement de fausses briques, peut-être présent à l'origine sur la totalité de la façade, comme semble l'indiquer Charles Gautier dans on ouvrage. La toiture est à deux longs pans avec croupe sur la façade orientale et à pignon découvert à l'ouest, le tout couvert de tuiles plates mécaniques. La surélévation de la partie orientale est couverte de zinc.

Une volée droite donne accès à un grand vestibule avec soubassement de marbre et décor en faux-marbre correspondant aux murs et colonnes. L'escalier est vaste, aux murs et plafonds à grosses moulures rondes. Les cols de cygne du barreaudage de l'escalier sont à tête de lion. L'ascenseur a été ajouté postérieurement au centre de l'escalier tournant à retours avec jour. L'escalier dessert deux grands appartements par niveau avec pièces en enfilade au sud et corridor central desservant ces pièces et celles, plus réduites, alignés sur la façade postérieure au nord. Seuls les appartements de la partie occidentale de l'immeuble bénéficient d'un escalier de service en bois,  tournant à retours avec jour, positionné contre le pignon ouest.

  • Murs
    • pierre moellon enduit
    • enduit d'imitation
    • marbre plaquis
  • Toits
    tuile mécanique, zinc en couverture
  • Étages
    sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 3 étages carrés, étage de comble
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe
  • Escaliers
    • escalier de distribution extérieur : escalier droit en maçonnerie
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour en maçonnerie, suspendu
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour en charpente, suspendu
  • Autres organes de circulation
    ascenseur
  • Techniques
    • maçonnerie
    • sculpture
    • peinture
  • Représentations
    • mascaron, tête de femme, buste d'homme, buste de femme, putto, ange
  • Précision représentations

    L'ornementation des façades demeure discrète. Se remarquent le faux appareillage harpé (fenêtres, angles...), quelques mascarons et têtes de femme en clé et les motifs formés par le plaquis de marbre gris au niveau des loggias. Le faux appareil de brique participe au décor. A l'intérieur il s'impose davantage : colonnes et plafonds à caissons du vestibule, mouluration néo-baroque des voussures et rosaces des pièces principales avec maintien, dans certains cas, d'un décor peint de grande qualité (balustrade s'ouvrant sur un ciel avec angelots).

Z Nice repérage

  • 01-DENO immeuble
  • 02-CHRONO avant 1860
  • 03-CARACTERE éclectique
  • 04-TENDANCES néo-classique
  • 05-INTEGRITE complète
  • 06-VISIBILITE bonne
  • 07-SITUATION isolé
  • 08-IMPLANTATION sur jardin ou parc
  • 09-MATERIAUX oui
  • 10-MACONNERIE enduit avec parements
  • 11-SUR FACADE loggia
  • 12-ENTREE portail
  • 13-TOIT non applicable
  • 14-COMBLES non applicable
  • 15-DOME non applicable
  • 16-BELVEDERE non applicable
  • 17-FRISE peinture décorative sur façade
  • 18-CERAMIQUE non applicable
  • 19-MATERIEUX GROS OEUVRE moellon
  • 20-SITE composition urbaine
  • 21-LOTISSEMENT non applicable
  • 22-PERGOLA non applicable
  • 23-JOINTS non applicable
  • 24-CLOTURES oui
  • 25-AGREMENTS oui
  • 26-COUR ANGLAISE non applicable
  • 27-Châssis vitré et verrière non applicable
  • 28-Eléments de distribution intérieur en verre non applicable
  • Pied-à-terre non applicable
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Éléments remarquables
    élévation, portail, cour jardin, mur de clôture, clôture, galerie, loggia

Protection au titre du PLU n°360.

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Documents d'archives

  • Maison Sabatier, Nice, achat du terrain par Nicolas Blanchet, 24 novembre 1857. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : conservation des hypothèques, vol 359 - n°516.

  • Maison Sabatier, Nice, vente à la découpe de l'immeuble, 30 mai 1928. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : conservation des hypothèques, vol 490 - n°27.

    (historique de l'immeuble)

Bibliographie

  • GAUTIER Charles. Nice ville d'art, ville d'industries, ville de tourisme. Nice : Frinzine-imprimerie du commerce, 1919, 157 p.

    p. 33 (mention d'immeubles à Nice en briques simulées)
  • THUIN-CHAUDRON, Véronique. Le rattachement de Nice à la France à travers le personnage de Victor Sabatier architecte. In Le comté de Nice, la France et l'Italie, regards sur le rattachement de 1860 (colloque, 23 avril 2010, Université de Nice Sophia-Antipolis). Nice : Serre, 2011, p. 143-156.

Documents figurés

  • Plan de la ville de Nice et de ses faubourgs avec le tracé des alignements approuvés. / Plan imprimé, François Aune, échelle 1/3000e, 12 septembre 1860. Archives communales, Nice : 1 Fi 1-18.

  • Nice, Villa Sabatier, habitat de la grande duchesse de Bade. / Photographie anonyme, non datée [circa 1860], 17 x 27 cm. Musées et domaine nationaux de Compiègne : Album photographique, vues du sud-est de la France, cliché 14-515779.

  • [Plan relatif à l'achat du terrain aux hoirs Audiffret, boulevard de la Buffa, Nice]. / Plan imprimé [26 janvier 1867]. Extrait de : "Le rattachement de Nice à la France à travers le personnage de Victor Sabatier architecte" / THUIN-CHAUDRON, Véronique. In Le comté de Nice, la France et l'Italie, regards sur le rattachement de 1860 (colloque, 23 avril 2010, Université de Nice Sophia-Antipolis), Nice : Serre, 2011, p. 143-156.

    p. 155
  • Plan cadastral de la commune de Nice [1871-1873]. / Dessin à l'encre sur papier par les géomètres du cadastre, [1871-1873]. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 25FI 088/1/III/A1/COM à 25FI 088/1/I/G5.

Date(s) d'enquête : 2017; Date(s) de rédaction : 2017
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
(c) Ville de Nice
Aliotti Jean-Marc
Aliotti Jean-Marc

Architecte du patrimoine. Prestataire extérieur pour l'opération de repérage du patrimoine de la villégiature de Menton en 2013-2014, de Beausoleil (06) et de Roquebrune-Cap Martin (06) en 2016 et 2017, de Nice en 2017.

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Thuin-Chaudron Véronique
Thuin-Chaudron Véronique

Auteur, Docteur, sa thèse ayant pour titre : Nice, de la colline du Château aux châteaux des collines, architecture, construction, urbanisation de 1860 à 1914. (publiée chez Serre éditeur en 2009).

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Prédal Christophe
Prédal Christophe

Responsable de la cellule "inventaire du patrimoine architectural et paysager" à la ville de Nice, depuis septembre 2018.

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